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​UN DIAMANT MESSAGER

LE DIAMANT MESSAGER

2014

Un diamant rare, piège des indices énigmatiques des profondeurs et les rapporte à la surface.

Un diamant brésilien, pesant moins d'un dixième de gramme, formé à des centaines de kilomètres sous la surface de la Terre, agit comme un émissaire des profondeurs de notre planète.
Il nous informe qu'il pourrait y avoir d’énormes quantités d'eau cachées profondément, loin sous nos pieds.

Ce diamant contient un message des profondeurs de la Terre.
(Région de Juína au Brésil. Note du traducteur)
Crédit photo: Richard Siemens, Université de l'Alberta

Graham Pearson, un géochimiste spécialiste du manteau terrestre à l'Université d’Alberta, a dirigé une équipe de chercheurs qui ont analysé les impuretés piégées dans ce diamant "ultra-profond". Ils voulaient voir quels sont les minéraux qui remplissent la zone de transition entre les couches supérieures et inférieures du manteau terrestre, à quelques 400 à 650 km de profondeur. Typiquement, quand les minéraux remontent vers la surface de la terre, alors que la pression sur le minéral diminue, ils perdent leur structure cristalline d'origine, ils commencent à se réorganiser. Ainsi la « mémoire » de leur milieu de vie est perdue.

Mais quand ce diamant a refroidi, il a « verrouillé » la structure des minéraux à l'intérieur. Les diamants sont si forts qu'ils peuvent garder l'impureté sous une pression énorme. Le diamant a ensuite fait son chemin vers surface, emportant sa cargaison avec lui. Ce diamant est un message d'informations encapsulées dans la pierre précieuse.

Et il avait beaucoup à dire. A l'intérieur, Pearson et ses collègues ont découvert de la ringwoodite, une forme de haute pression de l'olivine. La ringwoodite avait déjà été trouvée dans des météorites ou créée artificiellement en laboratoire.

Contrairement aux formes les mieux étudiées de l'olivine, la ringwoodite peut contenir une quantité importante d'eau. L'échantillon a donc du potentiel pour aider à résoudre une controverse de longue date quant à la quantité d'eau contenue dans la zone de transition. En utilisant la spectroscopie infrarouge, l'équipe de Pearson a constaté que la petite tache de ringwoodite contenait environ 1%, en poids, d'eau. Pearson dit, « cela peut ne pas sembler beaucoup, mais quand vous vous rendez compte de la quantité de ringwoodite, la zone de transition pourrait contenir autant d'eau que tous les océans de la Terre réunis."

D'autres scientifiques ont des conclusions plus modérées. Ils disent qu'un seul échantillon de ringwoodite ne peut pas parler pour l'ensemble de l'intérieur de la Terre, et que l'eau serait sous une forme moléculaire différente de celle de l'eau liquide. Néanmoins, la conclusion pose également des questions sur l'origine de cette eau :

Si l'eau est là depuis que la Terre s'est formée, son rapport deutérium à l'hydrogène normal pourrait être différent de celui trouvé dans l'eau de mer aujourd'hui, et serait proche de la composition de l'eau primordiale. Si c'est le cas, ce rapport pourrait fournir des indices quant à savoir si l'eau venait des astéroïdes ou des comètes, dit Humberto Campins, un chercheur spécialiste des astéroïdes à l'Université de Floride centrale à Orlando.

En d'autres termes, non seulement il pourrait y avoir la valeur d’un océan d'eau là-bas, mais il pourrait y avoir des milliards de litres d’eau qui étaient là quand la Terre était une sphère aqueuse. Pearson hésite à casser le minéral pour en savoir plus, il fait seulement 40 micromètres de diamètre, mais les géologues peuvent tomber sur un autre « courrier » des profondeurs qui contiendrait des indices sur les premiers jours aqueux de notre planète.

 
D’après un article de Richard A. Lovett paru sur le site : http://www.pbs.org/wgbh/nova/next/earth/a-diamonds-journey-from-the-center-of-the-earth-brings-news-of-a-secret-water-reserve/
Traduction JJ Chevallier

NOUVELLES DÉCOUVERTES     2019

NOUVELLES DÉCOUVERTES     2019

 

Il existerait, dans les profondeurs de la Terre, un réservoir de roches gardées intactes quasiment depuis la formation de notre planète. Les analyses menées sur des diamants super profonds en apportent aujourd’hui la preuve. La découverte pourrait éclairer l’histoire de la formation de notre planète.

Un article de Nathalie Mayer journaliste à Futura Planète

Classé sous :géologie , formation de la Terre , manteau terrestre

Un vaste réservoir datant de la Terre primitive existe encore sous nos pieds

Il existerait, quelque part dans le manteau de la Terre, un réservoir de roches primordiales qui pourrait renseigner les chercheurs sur l'histoire de la formation de notre Planète. Et les analyses de diamants super profonds en apportent aujourd'hui la preuve.

Quelque part entre la croûte et le noyau de notre Planète se cache un vaste réservoir de roches datant de la Terre primitive. Les géologues le soupçonnaient depuis longtemps sans avoir pu en trouver de preuve formelle. Mais des analyses menées sur des diamants viennent aujourd'hui enfin confirmer l'existence de ce réservoir, au moins aussi vieux que la Lune et caché à plus de 410 kilomètres sous le niveau de la mer.

Rappelons que peu après sa formation, notre Planète a connu une activité géologique violente et un nombre incalculable d'impacts de météorites. De quoi a priori brasser les matériaux en profondeur. Et de la structure originale de notre Terre, il ne devrait donc plus rien rester. Cependant, dans les années 1980, des géochimistes ont mesuré, dans certaines laves basaltiques, des rapports hélium 3 sur hélium 4 (3He/4He) étonnamment élevés. Ce qui les a menés à penser qu'un réservoir de roches, dont la composition n'aurait pas changé au cours de ces 4 derniers milliards d'années, se cachait encore au fond de notre planète.

Contrairement à l’hélium 4 (4He), la Terre n’a pas généré d’hélium 3 (3He) depuis sa formation. Ainsi un rapport 3He/4He élevé trahit un matériau extrêmement ancien dans l’histoire de notre planète. Ancien et isolé de la surface notamment, sans quoi, son 3He se serait échappé vers l’espace.

Ces rapports 3He/4He si particuliers se retrouvent notamment dans les laves formant des îles telles que les îles d’Hawaï ou l'Islande. « Là, la lave remonte à la surface depuis les profondeurs de la Terre, mais ces basaltes tout de même contaminés ne nous offrent qu'un petit aperçu de l'histoire », explique Suzette Timmerman, chercheure à l'Université nationale australienne. Et c'est pour remédier à ce problème que son équipe a travaillé sur des diamants dits super profonds.

Les diamants super profonds étudiés par l’équipe de Suzette Timmerman (Université nationale australienne) proviennent du Brésil, comme ceux que l’on découvre sur cette photo. Leur structure cristalline robuste a permis de protéger les fluides contenus dans quelques inclusions microscopiques.

© Graham Pearson, Université d’Alberta

Encore beaucoup de points d’interrogation

Car il arrive occasionnellement que des diamants créés à plus de 250 kilomètres de profondeur soient ramenés à la surface de la Terre par de violentes explosions volcaniques. Ces diamants-là - dont la géochimie montre qu'ils ont été formés entre 410 et 660 kilomètres sous terre - viennent de révéler une composition isotopique en hélium caractéristique de celle qui est attendue pour le fameux réservoir ancien caché sous terre. Un rapport 3He/4He d'environ 1/14.300, soit quelque 50 fois celui observé dans l'air.

Le résultat obtenu est qualifié d'intéressant par d'autres chercheurs qui y voient beaucoup de potentiel pour cartographier les domaines de rapport 3He/4He élevés à l'intérieur de notre Planète. Une étape importante dans la compréhension de ce fameux réservoir.

Et si des questions subsistent quant à la forme de ce réservoir ou même quant à savoir s'il s'agit d'un vaste réservoir unique ou de plusieurs plus petits, et concernant la composition chimique complète de ce réservoir - qui est tout de même supposée assez dense -, une chose semble acquise : les chercheurs sont aujourd'hui plus proches que jamais du plus vieux matériau « non perturbé » existant sur Terre... ou dans les profondeurs de la Terre.

Bibliographie

  • Graham Pearson, Université d'Alberta

  • Richard A. Lovett

  • Nathalie Meyer

  • Suzette Timermman Université Nationale Australienne

Travailler sérieusement sans se prendre au sérieux !

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