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HISTOIRE DE LA MINERALOGIE

D'après une conférence du Dr. Cristiano FERRARI
conservateur du Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris
présentée complétée et remaniée par JJ Chevallier

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DEUXIEME PARTIE
XIXè SIECLE

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Johann August Friedrich Breithaupt, 1791 - 1873 est un minéralogiste saxon.
Il est membre correspondant de nombreuses sociétés scientifiques et académies de sciences européennes. Tout au long de sa carrière, il effectue un travail de recherche et on lui doit la description de 47 espèces minérales, de plus de 3000 mesures sur la calcite et des études sur la structure de la matière amorphe. Il étudie les lois de paragenèse minérale et contribue à réformer la nomenclature minéralogique.

En 1840, Frobel lui a dédié une espèce minérale, la breithauptite.

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Les 47 espèces décrites par Breithaupt :

  • alurgite (variété de muscovite) 1865

  • amblygonite 1817

  • béraunite

  • bismutite 1841

  • bromargyrite

  • calcouranite (synonyme de l'autunite)

  • chalcophyllite

  • cheleutite (espèce déclassée qui est un mélange de bismuthinite et de smaltite)

  • chiléite (synonyme de la goethite)

  • chloanthite (renommée nickelskuttérudite)

  • chrystophite (synonyme de marmatite variété de sphalérite)

  • clinohédrite (synonyme de la tétraédrite)

  • cubanite

  • cuboïte (synonyme d'analcime)

  • diploïte (synonyme d'anorthite)

  • digénite

  • daleminzite (synonyme d'acanthite)

  • desmine (synonyme de stilbite) 18181

  • embrithite 1837

  • énargite

  • euchroïte 1825

  • euzéolite synonyme d'heulandite

  • fauserite 1865

  • ferbérite 1863

  • gamsigradite (synonyme de hornblende)

  • gelbeisenerz (synonyme de copiapite) 1823

  • glaucodot

  • hypargyrite (synonyme de miargyrite) 1832

  • hyposclérite 1830 (Espèce déclassée qui est une albite impure trouvée à Arendal Norvège)

  • isophane (synonyme de franklinite)

  • jalpaïte 1858

  • jarosite

  • kyrosite Déclassée comme synonyme de lonchidite

  • lavendulan

  • lonchidite Déclassée comme variété de marcassite

  • martite variété d'hématite

  • mégabasite synonyme de wolframite

  • merkurfahlerz synonyme de schwartzite

  • méroxène synonyme de biotite

  • mésitine espèce déclassée comme variété de magnésite

  • microcline

  • monazite

  • monophane synonyme d'épistilbite

  • olafite 1866 ; (déclassée comme variété qui est une albite en pseudomorphose de scapolite trouvée à Snarum, Buskerud, Norvège)

  • oligoclase 1826

  • orthoclase 1823

  • oserskite synonyme d'aragonite

  • péponite synonyme de trémolite

  • pistomésite 1847 : déclassée comme variété de magniosidérite

  • phlogopite

  • polysphaerite 1849 (synonyme de phosphohedyphane)

  • pseudo-apatite 1837 (synonyme de carbonate-apatite)

  • pyrrhotite

  • sandbergérite variété de tennantite

  • sexangulite 1863  : synonyme de galène

  • sidéroplésite 1858

  • spartaïte synonyme de manganocalcite

  • tarnovizite variété d'aragonite

  • tautoklin 1830 : synonyme d'ankérite

  • variscite 1835

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En 1801 Déodat Gratet de Dolomieu (1750-1801) explique la nécessité d'établir en minéralogie des bases fixes pour déterminer les espèces. Il découvre la dolomite dans les Alpes qu'il envoie à Nicolas Théodore de Saussure qui la décrit et la nome.

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Déodat Gratet de Dolmieu

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Nicolas Théodore de Saussure

Déodat Gratet de Dolomieu,

, né le 23 juin 1750 au château des Gratet à Dolomieu (Isère), mort le 28 novembre 1801 au château de Châteauneuf (Saône-et-Loire), est n géologue, minéralogiste et volcanologue français, chevalier, puis commandeur, de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, membre de l'Institut de France et de plusieurs académies, dont celle de Göttingen.

 Il fait ses premières observations sur le basalte, un « produit du feu », dit-il. Il étudie la relation éventuelle entre volcans et tremblements de terre. En 1783, il publie les résultats de son voyage à Lipari, où l'on trouve de nombreuses descriptions correctes de phénomènes volcaniques. Il a abondamment décrit les produits de projection volcanique et, en 1788, il publie des mémoires sur les ponces et un catalogue sur les produits volcaniques de l'Etna.

En 1775, en Bretagne et en Anjou, il commence à travailler sur la formation du salpêtre dans les mines de Bretagne. 

Il est aidé dans ses travaux de géologie par le grand chimiste Suisse, Nicolas Théodore de Saussure, qui analyse les échantillons prélevés au cours des recherches. De ses voyages, Dolomieu ramène une collection minéralogique prodigieuse, qui sera répartie, à sa mort, entre l'École des mines et le Muséum d'histoire naturelle de Paris.

Dolomieu décrit plusieurs minéraux et roches comme :

  • Analcime ;

  • Psilomélane ;

  • Béryl ;

  • Émeraude ;

  • Célestine ;

  • Anthracite.

 

En 1791, Dolomieu publie dans le Journal de physique : « Sur un genre de pierres calcaires très peu effervescentes avec les acides et phosphorescentes par la collision ». Il a découvert cette roche dans les Alpes et en envoie quelques échantillons à Saussure à Genève pour analyse. Le savant suisse lui donnera le nom de « dolomie », en hommage à son découvreur, en mars 1792, dans un courrier qu’il adresse à Dolomieu. Le nom de « Dolomites » sera ensuite donné vers 1876 à la région des Alpes italiennes où on la trouve.

 

Dolomieu, amené à effectuer de nombreux voyages en tant qu'ingénieur des mines, va concevoir, au cours d'une de ses expéditions, dès 1794, une théorie sur la structure des Alpes, qui le classera, par la suite, parmi les précurseurs des idées modernes sur la formation des chaînes de montagnes

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A la même époque René Just Haüy grâce aux intuitions géniales de Jean-Baptiste Romé de l’Isle, propose que les formes cristallines soient à la base de la détermination d’une espèce minérale: chaque espèce fait référence à une forme primaire (maille élémentaire) et les formes secondaires dérivent de cette forme par des simples lois du décroissement.

Il est le premier qui donne une définition rigoureuse de l'espèce minérale, qui comprend à la fois la considération de la forme et de la composition élémentaire.

En observant des morceaux de calcite brisée, Haüy bâtit un modèle dans lequel les cristaux résultent de l’empilement de petites briques qu’il appelle des molécules intégrantes. Pour expliquer les faces Haüy remarque aussi que les faces observées résultent d’empilements simples, c’est la loi des décroissements simples. Il introduit une loi de symétrie qui postule que les décroissements sont les mêmes à partir des faces, arêtes et sommets équivalents d’un solide primitif. Les travaux de Romé de L’Isle et de Haüy donnent naissance à une nouvelle science : la « cristallographie ».

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Planche de cristallographie

de René Just Haüy

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René Just Haüy

Haüyne

In den Dellen,, Laach, Eifel, Rhineland-Palatinate, Allemagne

Plus au moins à la même époque dans le domaine de la chimie des minéraux

Une page entière du site est dédiée à l'abbé René Just Haüy

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DECOUVERTE DANS LE DOMAINE

DELA CHIMIE DES MINERAUX.

Louis Nicolas Vauquelin, 1763-1829, pharmacien et chimiste français, sa formation à ses débuts fut autodidacte en raison de ses origines très pauvres, il s'attachât, avec acharnement à étudier et fut enfin remarqué par un pharmacien nommé Cheradame qui, touché de sa triste position, le recueillit. Cheradame lui enseigna la chimie et la pharmacie. Il le présenta à Antoine-François Fourcroy qui lui ouvrit son laboratoire et le prit comme assistant. Ce fut le début de l'ascension de Vauquelin dans le monde scientifique où il occupera de nombreuses fonctions de très haut niveau.

Après la révolution, lorsque, à côté de l’école de médecine et de l’École normale, s’élevèrent l’École polytechnique, l’École des mines et l’Institut, une place fut marquée pour Vauquelin dans ces trois derniers établissements. Dans celle qu’il occupait à l’École des mines, où il était inspecteur et professeur de docimasie, il eut entre les mains une collection de minéraux d’où sont nées les analyses qu’il en fit et qu’il publia dans le Journal des Mines. Il fut un moment successeur du sénateur d’Arcet à la chaire de chimie du Collège de France.

Nicolas Vauquelin.

​Ses premiers travaux paraissent tout d’abord sous le nom de son maître et patron, Fourcroy, puis sous leurs noms conjoints. Il publie ensuite en nom propre 376 écrits entre 1790 et 1833. La plupart d’entre eux ne sont que de simples comptes rendus d’opérations analytiques, patientes et laborieuses, et il est finalement assez surprenant que parmi toutes les substances qu’il a analysées, il n’ait détecté que deux nouveaux éléments : le chrome en 1797 dans un minerai de plomb rouge de Sibérie (Crocoïte), et le béryllium en 1798 dans du béryl. Il réussit également à obtenir de l’ammoniac liquide à la pression atmosphérique.

Vauquelinite.
Chrome.
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Charles Hatchette, 1765-1847, est un minéralogiste et chimiste, britannique.

En 1801, alors qu’il inventorie les collections minéralogiques du British Museum, le chimiste découvre un lot de columbite (ou niobite), en analyse divers morceaux dans lequel il découvre une "nouvelle terre ", en conséquence un élément inconnu qu'il nomme columbium (Cb), en l'honneur de Christophe Colomb, de la même façon que les minéraux noirs denses, à cassure dorée, étaient déjà dédiés à l'Amérique avec la mention "Columbia" ( Mr Hatchett found it to contain a metal, which, from its properties, could not be referred to any hitherto known; hence he was of opinion that it should be considered as a new genus, to which he gave the name Columbium, in honour of the discoverer of America. ...'" d'après Robert Jameson, opus cité. ).

Sa découverte est annoncée à la Royal Society le 26 novembre 1801. Il fait l'objet de publications ultérieures . ( Charles Hatchett "An Analysis of a Mineral Substance from North America, Containing a Metal Hitherto Unknown". Philosophical Transactions of the Royal Society of London. 92: 49–66 (1802). doi:10.1098/rstl.1802.0005. JSTOR 107114. et Charles Hatchett "Eigenschaften und chemisches Verhalten des von Charles Hatchett entdeckten neuen Metalls, Columbium" [Propriétés et comportement chimique d'un nouveau métal, le columbium découvert par Charles Hatchett], Annalen der Physik, Tome 11 (5), 1802, pp 120–122. Bibcode:1802AnP....11..120H. doi:10.1002/andp.18020110507. )

Mais en 1802, le chimiste suédois Ekeberg découvre à partir de la tantalite, corps jugé très similaire à la columbite, élément qu'il nomme tantalum. Une controverse sur les travaux minéralogiques et chimiques de Charles Hatchett se développe, malgré la vérification par ce dernier de la différence entre oxyde de columbium et oxyde de tantale et sa résistance à l'assimilation des deux éléments et des deux espèces minérales. C'est finalement en 1809 le médecin et chimiste William Hyde Wollaston qui s'érige en juge-expert et affirme l'identité, au bénéfice de la chimie suédoise de l'université d'Uppsala. Entre-temps, vilipendé, Charles est revenu à l'industrie des transports, associée à son frère.

Pourtant, les faits et données minéralogiques et l'analyse méticuleuse des corps, malgré des impuretés résiduelles conséquentes, donnent raison quelques décennies plus tard au chimiste anglais, abandonné à l'époque. Seule la tradition scientifique américaine garde très tôt l'apport nominal de Charles Hatchett, il est vrai essentiellement à l'origine pour des raisons subsidiaires reliées à l'origine nord-américaine des échantillons, source primitive de fierté nationale.

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Charles Hatchett

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William Hyde Wollaston , 1766 - 1828, physicien et chimiste britannique, célèbre pour avoir découvert les éléments Rhodium et Paladium.

 

L'analyse chimique liée au processus de purification du platine a conduit Wollaston à découvrir les éléments palladium (symbole Pd) en 1802 et rhodium (symbole Rh) en 1804. ( Melvyn C. Usselman :William Hyde Wollaston Encyclopædia, 2013 )


Après avoir établi un partenariat avec Smithson Tennant en 1800 afin de produire et vendre des produits chimiques, Wollaston s'enrichit en développant la première méthode physico-chimique de traitement du minerai de platine en quantités pratiques. Il a gardé secrets les détails du processus jusqu'à sa mort et a réalisé d'énormes profits pendant environ 20 ans en étant le seul fournisseur en Angleterre de ce produit qui possédait bon nombre des mêmes qualités que l'or, mais était beaucoup moins cher. 

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William Hyde Wollaston

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Benjamin Silliman, 1779-1864, chimiste et minéralogiste américain.

La météorite Weston est tombée sur terre au-dessus de la ville de Weston, Connecticut à environ 6h30 du matin le 14 décembre 1807. La chute du météore a été largement observée [3] et rapportée dans les journaux à l'époque. Des témoins oculaires ont signalé trois fortes explosions et des fragments de pierre sont tombés à au moins six endroits. Silliman fait l’analyse chimique de la météorite, c’est le premier récit scientifique publié d'une météorite américaine. Il donna publiquement des conférences à New Haven en 1808 et en vint à découvrir de nombreux éléments constitutifs de nombreux minéraux . Vers 1818, Ephraim Lane a apporté des échantillons de roches qu'il a trouvés à Saganawamps au professeur Benjamin Silliman de l'Université de Yale pour identification. Silliman a rapporté, dans son nouveau American Journal of Science , qu'il avait identifié le tungstène , le tellure , la topaze et la fluorite.

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Vers 1818, Ephraim Lane a apporté à Silliman des échantillons de roches qu'il a trouvées dans une zone appelée Saganawamps, (la Hubbard Tungsten Mine à Long Hill qui fait maintenant partie du site archéologique du parc Old Mine à Trumbull, Connecticut), pour identification. Par la suite il a révélé (American Journal of Science), qu’il y avait trouvé, du tungstène , du tellure , de la topaze et de la fluorite. En 1837, le premier et seul, à l'époque, minerai de barytine prismatique de tungstène aux États-Unis a été découvert à la Hubbard Tungsten Mine à Long Hill .

 

Silliman a joué un rôle majeur dans les découvertes des premiers poissons fossiles trouvés aux États-Unis. 

 

Silliman a été l'un des premiers partisans de la mixité dans l'Ivy League. Bien que Yale n'ait admis les femmes comme étudiantes que plus de 100 ans plus tard, il a autorisé les jeunes femmes dans ses cours magistraux. Ses efforts ont convaincu Frederick Barnard, plus tard président du Columbia College, que les femmes devaient être admises comme étudiantes. 

 

Plus tard, en 1855, son fils Benjamin Junior reprendra les travaux de son père. (voir plus loin sur la page).

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DECOUVERTE DANS LE DOMAINE

DES PROPRIETES OPTIQUES DES MINERAUX,

LA POLARISATION CHROMATIQUE.

Thomas Young, 1773 – 1829, physicien, médecin et égyptologue anglais.

Son excellence dans de nombreux domaines non reliés fait qu'il est considéré comme un polymathe, par exemple, Francis Bacon. Son savoir était si vaste qu'il fut connu sous le nom de phénomène Young.
 

L'apport de Young au domaine de l'optique est sans doute son plus grand motif de célébrité, en particulier sa célèbre expérience de la double fente (« Fentes de Young : définition et explications», sur Techno-Science.net). En 1801, il fait passer un faisceau de lumière à travers deux fentes parallèles, et le projette sur un écran. La lumière est diffractée au passage des fentes et produit sur l'écran des franges d'interférence, c'est-à-dire une alternance de bandes éclairées et non éclairées. Young en déduit la nature ondulatoire de la lumière (voir aussi Dualité onde-corpuscule).

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Thomas young

Fentes de Young.

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Dans une série d’articles entre 1800 et 1803, Young explique un certain nombre de ses expériences. Il introduit le terme d’interférences lumineuses – qui sera universellement repris. Tout en suivant le raisonnement sur celui de Newton dans Opticks (1704), en en citant plusieurs passages, Young s’écarte de la théorie corpusculaire de son compatriote, pour étayer la théorie ondulatoire de la lumière (initialement imaginée par Huygens). Il essaie aussi d’expliquer par la théorie ondulatoire la diffraction par une seule fente. L’ensemble de ses résultats seront repris par le physicien français Fresnel (sur l’instigation d’Arago), avec qui Young sera en correspondance suivie. Fresnel leur donnera une base mathématique et physique rigoureuse.

En 1809 Étienne-Louis Malus Dumitry, 1775-1812, physicien et mathématicien français.

Il entre à l’École du génie de Mézières dont il est chassé, en 1793, comme suspect, par les révolutionnaires. Il part ensuite à Dunkerque où là, un ingénieur des ponts et chaussées l’estime et lui fait intégrer l’École polytechnique (Promotion X de1794). Muté dans le génie, il part avec Napoléon pour l’expédition d'Égypte de 1798 à 1801 et est membre de l’Institut d’Égypte. Il est élu membre de l’Académie des sciences en 1810.

Ses travaux comme mathématicien sont attachés à l’étude de la lumière. Il effectue des expériences pour confirmer les théories de Huygens sur la lumière qu’il reformule de façon analytique dans le « Traité d’optique analytique »qu’il publie en 1807 ». Il fait la découverte de polarisation de la lumière par réflexion, il la publie en 1809.

En 1810 il publie « Théorie de la double réfraction de la lumière dans les substances cristallines » ce qui lui fait décerner la médaille Rumford de la Royal Society et aussi le prix de l’Académie des sciences.

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François Arago, 1786 – 1853, Astronome, physicien et homme politique français.

En physique, Arago va s'illustrer entre autres, dans le domaines de l'optique. Dès 1806, il effectue avec Biot les premières mesures précises de l'indice de réfraction de l'air et de divers autres gaz. Protecteur et ami d'Augustin Fresnel, il adopte et diffuse sa théorie ondulatoire de la lumière.

En 1811, il découvre la polarisation rotatoire dans les cristaux de quartz, ainsi que la polarisation chromatique, dont Fresnel va donner la théorie, il note aussi qu’un feuillet de mica observé a travers un spath produit des couleurs très brillantes.

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Sir David Brewster, 1781 – 1868 un physicien, minéralogiste, inventeur et écrivain écossais.

Dans la lignée des observations de Malus, David Brewster (1781-1868) établit en 1815 les lois de la polarisation par réflexion, avec notamment l'angle qui porte son nom. 
Il observe aussi que certain cristaux ont un seul axe de symétrie pour la propagation de la lumière et d’autres en ont deux!

 

Ses travaux sur la polarisation de la lumière par réflexion (Angle de Brewster) lui valent d'être élu membre de la Royal Society le 4 mai 1815 et d'en recevoir la médaille Copley la même année. Il est lauréat de la médaille Rumford en 1818, de la médaille Keith en 1827 et de la Royal Medal en 1830.

En 1849, il succède à Berzelius à l'Institut de France.

Son livre Memoirs of the Life, Writings, and Discoveries of Sir Isaac Newton, écrit en 1855, est considéré comme la première biographie scientifique de référence d'Isaac Newton.

Il est l'inventeur du stéréoscope.


En 1819, Brewster, en collaboration avec le minéralogiste Robert Jameson, fonde l'Edinburgh Philosophical Journal, en succession de l'Edinburgh magazine. Les dix premiers volumes (1819-1824) ont été publiés sous la direction de Brewster et Jameson, les quatre autres volumes (1825-1826) édités par Jameson seul.

 

On lui doit la description de deux espèces minérales :

Oxhavérite (synonyme d'apophyllite) ;
Tessélite (synonyme d'apophyllite).
Hopéite

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Axes de symétrue de propagation de la lumiere.jpg

David Brewster

Angle de Brewster - illustrations.jpg

Accéder à l'article dont sont tirées les illustrations ci-dessus :

Ultra-broadband reflectionless Brewster absorber protected by reciprocity

https://www.nature.com/articles/s41377-021-00529-2/figures/1

NOUVEAU CRITERE DANS LE DOMAINE DES

PROPRIETES PHYSIQUE

LA DURETE

Friedrich Mohs, 1773 -1839, est un géologue et minéralogiste allemand.

Friedrich Mohs est connu pour ses travaux sur les minéraux qu'il a classés en fonction de leurs caractéristiques physiques de dureté indépendamment de leur composition chimique comme cela se faisait auparavant. On lui doit notamment l'échelle de dureté qui porte son nom.

C’est à partir de 1812 que Friedrich Mohs entreprend ses premiers travaux majeurs en minéralogie, alors qu’il est professeur à Graz.

C'est à cette époque qu'il imagina l’Échelle de Mohs. Sa classification des minéraux, qui s'appuyait sur leurs propriétés physiques (forme, dureté, fragilité, poids spécifique), l’opposait à la plupart de ses collègues, qui faisaient du poids spécifique une caractéristique fondamentalement chimique. Pour ce faire, il se base sur des recherches effectuées par les Grecs Théophraste et Pline l’ancien dans l’Antiquité.

À l'origine il avait choisi dix minéraux à la dureté croissante auxquels il avait attribué des nombres entiers avec valeur comprise entre 1 et 10. Pour déterminer la dureté, on procède en général à la rayure d’un minéral. Ceux qui ne peuvent pas être rayés par un minéral donné sont donc placés au-dessus sur l’échelle.

Au sommet de l’échelle, on trouve le diamant, minéral le plus dur de la Terre. A l’inverse, des minéraux fragiles comme le talc se voient attribuer le chiffre 1. Par la suite, on rajouta à l'échelle d'autres minéraux avec des valeurs intermédiaires (comme 7.5 pour la tourmaline).

En 1817, il prit la succession de son maître Werner à l’École des mines de Freiberg. Mohs énonça, indépendamment de Christian Samuel Weiss, le concept de Système cristallin, qu'il publia en 1822. En 1826 il était appelé à la chaire de minéralogie de l'université de Vienne. Il y donnait ses conférences dans le cabinet de Minéralogie. En 1834 le conseil de l'université lui accorda, outre sa chaire, le titre de conservateur des collections. En 1835 il était nommé Inspecteur des Mines à la direction régionale de Leoben et abandonna ses activités de conservateur.

On lui doit la description d'espèces minérales : 

  • desmine synonyme de stilbite.

  • smaragdo-chalcite renommée dioptase et décrite par René Just Haüy.

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Mohsite  synonyme de Dessauite-(Y)

(Sr,Pb)(Y,U)(Ti,Fe3+)20O38

Mont-Cenis, Savoie, Auvergne-Rhône-Alpes, France

Echelle de Mohs.
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Nouveau critère de classement dans le domaine de la cristallographie, la symétrie.

A cette époque, des chercheurs français et allemands et déterminent les concepts de symétrie (axe, centre et plan) et de réseau comme critères pour la classification Ils formalisent ces concepts en utilisant les mathématiques.

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Hristian Samuel Weiss

Christian Samuel Weiss (1780 – 1856),  minéralogiste et cristallographe saxon. Il est l'un des pères de la cristallographie mathématique et énonça notamment la seconde loi cristallographique (« loi de rationalité »). La « Biographie universelle ancienne et moderne » de Joseph Fr. Michaud, Volume 66, art. Haüy, p. 558, l'attribue toutefois à Hauÿ.
1810, ii est professeur de Mineralogie à l’Université Frédéric-Guillaume de Berlin récemment créée. C'est à ce poste qu'il donne à la Minéralogie sa forme mathématique par une approche descriptive et naturaliste et pose les bases de la morphologie cristalline. Weiss insiste sur l'importance des directions principales des cristaux, et énonce la loi fondamentale de la cristallographie relative aux zones de Weiss. Il énonce une définition rigoureuse de la notion de système cristallin et publie ses conclusions dans son traité Sur la classification naturelle des systèmes cristallins (Über die natürlichen Abteilungen der Krystallisationssysteme, 1813).

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Johann Friedrich Christian Hessel, 1796 – 1872, médecin et professeur de minéralogie, allemand, a été l'un des premiers à démontrer que les formes morphologiques peuvent se combiner pour donner exactement 32 types de symétrie cristalline dans l'espace euclidien, puisque seulement deux, trois, quatre et six fois des axes de rotation peuvent apparaître. Ses recherches étaient basées exclusivement sur la morphologie cristalline. Il se basait sur les lois de symétrie trouvées par René-Just Haüy à qui il portait une grande admiration. 

Avant Hessel, dans les systèmes de classification des minéralogistes Christian Samuel Weiss, 1780 - 1856 et Friedrich Mohs, 1773 - 1839, la classe isométrique avait été désignée respectivement « sphäroedrisch », sphéroïdale, et « tessularisch », tesseral (cubique). 

Il est à noter qu'au moment des études de Hessel, les 32 groupes ponctuels n'ont pas encore été découverts sous forme de cristaux ou de minéraux. Il dirigeait donc théoriquement les groupes de points par une combinaison d'opérations de symétrie.

 

En 1830,Hessel publie les résultats dans un article « Crystal » du dictionnaire physique de Johann Samuel Traugott Gehler (volume 5, partie 2). Hessel était considéré comme un physicien difficile à comprendre, c’est ce qui explique que cet article est resté longtemps inaperçu. Ce n'est qu'en 1897 qu'une nouvelle édition de l'article retient davantage d'attention. 

Johann Essel

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En 1830,Hessel publie les résultats dans un article « Crystal » du dictionnaire physique de Johann Samuel Traugott Gehler (volume 5, partie 2). Hessel était considéré comme un physicien difficile à comprendre, c’est ce qui explique que cet article est resté longtemps inaperçu. Ce n'est qu'en 1897 qu'une nouvelle édition de l'article a attiré davantage d'attention. 

 

Il faut noter que, déjà, en 1826, Moritz Ludwig Frankenheim avait découvert, lui aussi, les 32 groupes de points cristallographiques. Son travail est cependant resté inconnu pendant plus d’un siècle et demi. 

William Hallowes Miller, en 1839, minéralogiste et cristallographe britannique, introduit les notations des faces cristallographiques, "les indices de Miller".
Il a acquis une certaine notoriété dans le monde savant de son époque par d’intéressants mémoires, insérés dans les Philosophical Transactions, notamment : Sur les cristaux trouvés en scories, Sur les cristaux, Sur la position des axes de l'élasticité optique dans les cristaux, etc. On lui doit une édition refondue de l'Introduction élémentaire à la minéralogie de W. Phillips (1852). Son ouvrage principal, Crystallography, fut publié en 1838. En 1852, il produisit une nouvelle édition de la Elementary Introduction to Mineralogy de H. J. Brooke.

Une espèce minérale lui a été dédié par Wilhelm Karl Ritter von Haidinger : la Millérite.

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William Hallowes Miler

Millerite

NiS

Mine Meikle, Bootstrap,

Elko Co., Nevada, USA

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Les espèces minérales décrites par Miller :

  • Agnesite, décrite en 1852 avec Brooke (déclassée, synonyme de bismutite)

  • Annabergite, décrite en 1852 avec Henry-James Brooke

  • Autunite, décrite en 1852 avec Henry-James Brooke

  • Chessylite, avec Brooke (synonyme d'azurite)

  • Smithsonite, décrite avec Brooke (synonyme d'hémimorphite)

  • Torberite (déclassée, synonyme de torbernite)

  • Towanite, décrite en 1852 avec Henry-James Brooke (déclassée, synonyme de chalcopyrite)

  • Zorgite, décrite en 1852 avec Henry-James Brooke (déclassée, synonyme de clausthalite)

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En 1840, Gabriel Delafosse, 1796 - 1878, minéralogiste, cristallographe, est le dernier élève de René Just Haüy, il collabore à la rédaction de ses derniers traités de cristallographie et de minéralogie, à titre posthume grâce aux notes laissées par son maître. Il soutient sa thèse en cristallographie sur l'hémiédrie en 1840.

Il accède à la chaire de minéralogie du Laboratoire de Minéralogie du Muséum national d'histoire naturelle de Paris, en 1857. Delafosse montra que l'on devait distinguer la molécule intégrante de la molécule chimique.
C'est Delafosse qui proposa le concept de maille en cristallographie.

* Hémiédrie : Caractère de certains cristaux qui ne possèdent que la moitié des faces que la symétrie leur attribue.

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Delafossite

CuFeO2

Mine Clara, Black Forest, Baden-Württemberg, Allemagne

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Gabriel Delafosse

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Cours de Minéralogie de Gabriel Delafosse.

La microscopie se développe dans le domaine de la polarisation.

Au 19e siècle la microscopie se développe dans

le domaine de la polarisation.

Le microscope polarisant à l’assaut des montagnes.

par

Jacques TOURET

Travaux du Comité français d’Histoire de la Géologie, 2012,

3ème série (tome 26, 4), pp.67-80. ffhal-01065569f

Accéder au texte ICI

Schéma d'un très ancien micrscope polarisant..jpg

Si les débuts venaient de Grande-Bretagne, l’aboutissement sera surtout réalisé à Paris, grâce au travail combiné des spécialistes du Collège de France, de l’École des mines et du Muséum national d’Histoire naturelle, avec le soutien de remarquables constructeurs d’instruments et l’aide de l’astronome de la Cour de Florence, Giovanni Battista Amici (1786 – 1863), père du premier système de lentilles de microscope achromatique, en 1893, puis William Henry Fox Talbot (1800-1877) en 1834. Bien que les éléments essentiels, prismes de William Nicol, lentilles achromatiques, lames minces, aient été connus dès le début du XIXe siècle, ce n’est qu’à la fin de ce siècle que le microscope polarisant rentrera dans la pratique courante de la pétrographie. Ainsi Auguste Michel-Lévy (1844 – 1911) pouvait ainsi étudier les volcans du Massif central avec une technique qui ne devait plus guère changer par la suite.

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Giovanni Battista Amici

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William Henry Fox Talbot

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William Nicol

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Auguste Michel-Levy

En France c’est en 1838 que Charles Chevalier construit un microscope pour Charles Brongniart.

En 1839, ce sont Henri Soleil et son père Jean-Baptiste-François à Paris au 21 Rue de l’Odéon, qui conçoivent un microscope pour mesurer  les angles des cristaux biaxiaux.

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Microscope de Chevalier.jpg

Charles Chevallier

Planche 4 de Charles Chevalier Des Microscopes et de Leur Usage.jpg

<Cliquez pour agrandir

Planche 4 de Charles Chevalier "Des Microscopes et de Leur Usage" de 1839, qui montre les détails de la grande forme de "l'Achromatique Universel". Cet instrument est le seul microscope que Chevalier a décrit en profondeur, suggérant qu'il s'agissait d'un nouveau produit en 1839. Les images en haut à droite, étiquetées "Fig. 3" et "Fig. 3 bis", montrent l'instrument configuré comme un microscope inversé pour l'observation de la cristallisation chimique : "Fig. 3 bis" comprend deux petits brûleurs à alcool fixés sous la platine, qui réchauffent la platine pour évaporer l'eau des solutions et permettre une observation rapide des processus de cristallisation. En bas à droite, la "Fig. 8" montre l'instrument configuré comme un microscope à réflexion Amician.

Alexandre Brongniart (1770 - 1847), successeur de Haüy au MNHN, qui décrit de nouvelles espèces minérales, dont la bustamite, la dufrénite, la glaubérite, et la nacrite. Le nom d'Alexandre Brongniart est également resté associé au terme d'ophiolite (du grec ophis, serpent), qu'il emploie en 1813 pour désigner une roche « à base de serpentine » dont l'aspect évoque celui d'une peau de serpent, et d'ophicalce. Aujourd'hui, ce terme d'ophiolite ne désigne plus seulement la roche elle-même mais un complexe de roches caractéristique d'une lithosphère océanique charriée sur le continent, et composé en partie de serpentines. Il donne également le nom de variolite à une roche ou galet qui présente dans sa structure de petites pustules blanches qui rappellent la variole.

Brongniardite  synonyme de Diaphorite.jpg

Brongniardite  synonyme de Diaphorite Ag3Pb2Sb3S8

Mine Fournial, Massiac, Cantal, Auvergne-Rhône-Alpes, France

Patrice Quenau sur Mindat..

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Alexandre Brongniart

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Bustamite
CaMn 2+ (Si 2 O 6 )
Franklin Mine, Franklin, district minier de Franklin, comté de Sussex, New Jersey, États-Unis

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Glauberite
Na2Ca(SO4)2​​​​​​​​

Bertram Mine, Bertram siding, Imperial Co., Californie, USA.
Ex. Carlton Davis Collection Wikipédia.

Lame mince d'ophiolite, serpentinite, orthopyroxène et clinopyroxène.jpg

Dufrénite
Ca0,5 Fe2+ Fe3+ 5 (PO4 )4 (OH)·2H2O

Mine de Bel Air, La Chapelle-Largeau, Mauléon, Bressuire, Deux-Sèvres, Nouvelle-Aquitaine, France

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Nacrite
Al (Si 2 O 5 )(OH) 4​​​​​​​​

Hünersedel, Schweighausen, Schuttertal, Seelbach, Ortenaukreis, Région de Fribourg, Bade-Wurtemberg, Allemagne
Elmar Lakner sur Mindat..

Ophicalcite, (olphicarbonate), serpentine et calcite..jpg
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Dufrenite.jpg

En 1844, Armand Dufrénoy publie le premier volume d'un traité de minéralogie en plusieurs tomes et révisions dans lesquels il décrit les propriétés physiques et chimiques de divers minéraux ainsi que leurs relations géologiques

  • Armand Dufrénoy, Traité de minéralogie, tome 1  , Carilian-Goeury et Victor Dalmont, Paris, 1844

  • Armand Dufrénoy, Traité de minéralogie, tome 2 , Carilian-Goeury et Victor Dalmont, Paris, 1845

  • Armand Dufrénoy, Traité de minéralogie, tome 2 , Victor Dalmont, Éditeur, Paris, 1856, deuxième édition, revue, corrigée, et considérablement augmentée

  • Armand Dufrénoy, Traité de minéralogie, tome 3 , Carilian-Goeury et Victor Dalmont, Paris, 1847

  • Armand Dufrénoy, Traité de minéralogie, tome 3 , Victor Dalmont, Éditeur, Paris, 1856, deuxième édition, revue, corrigée, et considérablement augmentée

  • Armand Dufrénoy, Traité de minéralogie, tome 4 , Dalmont et Dunod, Éditeurs, Paris, 1859, deuxième édition, revue, corrigée, et considérablement augmentée

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Dufrénoysite.

Pb2As2S5

Carrière de Lengenbach,

Vallée de Fäld, Binn, Wallis, Suisse.

Photo Bruno Marello, Collection Domenico Preite

En 1848 Auguste Bravais décrit "les 14 réseaux de Bravais", à partir des 32 classes de symétrie.

À l'époque du formidable essor de la géologie et de l'optique, ce chercheur que n'a jamais quitté l'attrait de l'astronomie, à l'exemple de nombreux polytechniciens nés dans la même décennie, ne peut rester insensible à poser des bases de physique ouvrant la porte à une meilleure compréhension et modélisation des phénomènes observables.

Il pose l'hypothèse d'une structure réticulaire des cristaux en 1849. En appliquant les principes de la géométrie, il dénombre quatorze types différents de réseaux cristallins. Les fameux réseaux de Bravais, proposés pour rendre compte des propriétés d'anisotropie et de symétrie observables des milieux cristallins solides, sont vérifiés en 1912 par Max von Laue, en utilisant pour la première fois la diffraction des rayons X.

Pour information : la Bravaisite est une espèce douteuse non référencée par l'IMA – un aluminosilicate de Mg et K - initialement signalé à Noyer, Allier, Auvergne, France.

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14 Réseaux de Bravais.

A partir de 1848, Alexis Damour, 1808 – 1902, minéralogiste autodidacte se consacre à l’analyse chimique des minéraux. Il commence ainsi une deuxième carrière, avec de multiples publications. Il préside la Société Géologique de France en 1857 et la Société française de minéralogie et de cristallographie en 1880.
On lui doit la description de nombreuses espèces minérales, seul ou associé à d’autres savants :

  • Alluaudite (1848)

  • Bertrandite (1883)

  • Descloizite (1854)

  • Dufrénite (Brongniart 1833)

  • Dufrénoysite (1845)

  • Faujasite (1842)

  • Goyazite (1884)

  • Hydroapatite (1856; déclassée synonyme de phosphorite)

  • Jadéite (1863 ; il la différencie de la néphrite, démontrant que le jade recouvre en fait deux espèces minérales distinctes4,5)

  • Jacobsite (1869)

  • Jéréméjévite (1883)

  • Kentrolite (1880 ; avec Gerhard vom Rath)

  • Roméite (en) ou Roméine (1841)

  • Trippkéite (1880 ; avec Gerhard vom Rath)

  • Vietinghofite (1877 ; décrite avec le minéralogiste V. Lomonosov elle est déclassée comme variété de samarskite)

  • Zincaluminite (1881)

Une variété de muscovite lui a été dédiée par Achille Delesse : la damourite ( Delesse, Achille; Annales de chimie et de physique, vol. 15, no. 3, p. 248-255 1845 )

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En 1836 et 1837, James W. Dana, (1813-1895), minéralogiste américain est assistant de Benjamin Silliman (1779-1864) au laboratoire de chimie de l’Université Yale puis il travaille comme minéralogiste et géologue pendant 4 ans dans une mission d’exploration commanditée par les États-Unis dans le Pacifique et dirigée par Charles Wilkes. Après son retour en 1842, ses rapports sur cette expédition occupent partiellement son temps pendant 13 ans.

En 1844, il se marie avec la fille du professeur Silliman et en 1850, lors de la retraite de ce dernier, il est engagé comme professeur d’histoire naturelle et de géologie au Yale College, position qu’il occupe jusqu’en 1892. À partir de 1846, il rejoint le American Journal of Science and Arts dont il est un auteur régulier, principalement dans le domaine de la géologie et de la minéralogie. Il en devient éditeur en chef dans les dernières années de sa vie.

Les livres de Dana les plus connus sont System of mineralogy (première édition 1837) et Manual of Geology 1862. Une liste bibliographique montre qu’il a publié 214 livres et articles. Il écrit aussi Manual of Mineralogy, 1848, retitré, Manual of Mineralogy and Lithology.

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Danaïte variété cobaltifère de l'Arsénopyrite

FeCoAsS

Mines de Jakobsbakken, Nordland, Norvège.

Photo,  Eugene & Sharon Cisneros 

nommée en l'honneur de James Freeman Dana

1793-1827

On lui doit la description de nombreuses espèces minérales :

  • en 1850

    • connellite  Cu19 Cl4 (SO4) (OH)32 3H2O

    • köttigite     Zn3(AsO4)2·8H2O

    • muscovite KAl2(AlSi3O10)(OH,F)2

  • en 1854

    • arsénolite  As4O6

  • en 1868

    • andradite   Ca3Fe2Si3O12

    • bobierrite   Mg3(PO4)2·8H2O

    • cabrérite (Variété d'annabergite) Ni3(AsO4)2·8H2O + MgO (6%)

    • celestobarite (Variété de celestite riche en baryum) (Sr,Ba)SO4

    • claudétite   As2O3

    • chalcocite  Cu2S

    • sartorite     PbAs2S4

  • en 1888

    • beryllonite NaBePO4

  • en 1890

    • natrophilite décrite avec le minéralogiste Brush. NaMn2+PO4

    • chrome-spinel (Déclassée comme synonyme de picotite (variété d'hercynite)).

    • plessite (Déclassée comme synonyme de gersdorffite)

Au cours du XXe siècle, la classification de Dana sera complétée grâce aux progrès scientifiques, en particulier dans le domaine de la cristallographie.

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En 1862  Alfred Louis Olivier Le Grand Des Cloizeaux (1817-1897) publie son «Manuel de minéralogie».

Il se consacre surtout à l'étude systématique des cristaux de nombreux minéraux, leurs propriétés optiques ainsi que la polarisation, il découvre ainsi la polarisation rotatoire du sulfate de strychnine, et aux critères de classification des feldspaths. Il participe à l'essor de la pétrologie moderne.

En 1869, Alfred Des Cloizeaux est élu membre de l'Académie des sciences, dont il est président en 1889. Il est lauréat de la Médaille Rumford en 1870. Il reçoit la médaille Wollaston décernée par la Geological Society of London en 1886. Il crée la société française de minéralogie et de cristallographie en 1878.

On lui doit la description de nombreuses espèces minérales :

  • Binnite (de Des Cloizeaux) variété argentifère de tennantite.

  • Christianite un minéral d'Islande, nom désuet en l'honneur du roi du Danemark, Christian VIII,  synonyme de sous-groupe Phillipsite

  • Montebrasite en 1871.

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Descloizite.

PbZn(VO4)(OH)

Mine Preguiça, Sobral da Adiça, Moura, Beja, Portugal.

Photo, Joan Rosell 

Alfred Louis Olivier Le Grand Des Cloizeaux
Par le Pr. Alfred Lacroix

Le mois dernier (mai 1897), s’est éteint à Paris, après une longue et douloureuse maladie, un des Savants qui, dans ce siècle, a occupé l’une des places prépondérantes dans la science minéralogique.

Né à Beauvais, le 17 octobre 1817, Des Cloizeaux rencontra à la fin de ses études classiques le cristallographe Lévy qui décida de sa carrière : ce fut sous son influence qu’il entreprit ses premiers travaux dès sa sortie de l’École des Mines. Ils furent consacrés à l’étude cristallographique d’un très grand nombre de minéraux et se firent immédiatement remarquer par leurs qualités de méthode, leur degré de précision, leur ingéniosité d’aperçus, qui sont au plus haut point développés dans. son célèbre.mémoire sur la cristallisation du quartz, resté un modèle du genre.

Ces œuvres de Cristallographie géométrique qui, à elles seules, suffiraient à établir une solide réputation, ne constituent pas cependant l’œuvre principale de Des Cloizeaux, C’est dans l’étude des propriétés optiques des minéraux qu’il devait se tailler une puissante originalité. Il y a quarante ans, leur importance était à peine soupçonnée : élevé à l’école de Senarmont, Des Cloizeaux sut voir nettement le parti que l’on pourrait en tirer et dans un rêve enthousiaste de jeunesse, il se proposa de déterminer les propriétés optiques de toutes les substances cristallisées transparentes. Il se mit résolument à l’œuvre, s’attaquant aussi bien aux sels de la chimie qu’aux minéraux. Longtemps seul sur la brèche, sans dévier un seul jour de la ligne qu’il s’était tracée, il mena à bien cette œuvre colossale, dotant ainsi la Minéralogie d’une branche nouvelle et féconde, dans laquelle se presse aujourd’hui la foule de ses continuateurs. Ce sont les résultats de ses recherches qui ont rendu possible l’étude rationnelle des roches à l’aide des propriétés optiques des minéraux qui les constituent. On peut donc dire que si Des Cloizeaux n’a pas été pétrographe lui-même, il n’en est pas moins l’un des pères de la Pétrographie moderne.

Parmi ses innombrables observations, abondent des découvertes de premier ordre : il trouva la polarisation rotatoire dans le cinabre et aussi dans le sulfate de strychnine, qui fut alors le premier corps connu déviant le plan de polarisation aussi bien en cristaux qu’en solution ; il montra l’existence d’amphiboles et de pyroxènes rhombiques, apporta les premières notions précises sur les propriétés optiques des feldspaths tricliniques, dont il découvrit un nouveau type, le microcline. Il montra aussi l’importance des caractères tirés de la dispersion pour la distinction des minéraux biaxes ; enfin il publia un remarquable ouvrage sur les variations que l’écartement des axes optiques d’un grand nombre de corps cristallisés subit sous l’influence de la chaleur, ouvrage qui eut pour point de départ ses mémorables expériences sur le feldspath orthose.

Il fallut à Des Cloizeaux une persistance dans les desseins, une ténacité remarquables pour arriver au résultat cherché ; il travailla en effet toujours avec des ressources matérielles insuffisantes, ne dut jamais compter que sur lui-même, Il lui fallut imaginer ses méthodes de travail, ses instruments et mener de front les observations au microscope et au goniomètre avec les opérations manuelles au tour de l’opticien.

Tous ces travaux ont fait l’objet de très nombreux mémoires, mais l’œuvre de prédilection de Des Cloizeaux était ce Manuel de Minéralogie, malheureusement inachevé, qui n’a pas tardé à devenir le livre de chevet des minéralogistes du monde entier. Il y a réuni avec ses qualités maitresses de précision, sa conscience toujours en éveil, sa loyauté scientifique impeccable, les constantes cristallographiques, optiques et chimiques de tous les minéraux connus, les indications sur leur gisement, y ajoutant à chaque page une somme prodigieuse d’observations personnelles.

Des Cloizeaux était un minéralogiste complet ; aucun recoin de sa science ne lui était étranger. Il rejetait la conception d’une minéralogie étroitement limitée à des recherches de cabinet : à ses yeux, l’histoire physique et chimique des minéraux était intimement liée à celle de leur histoire naturelle. Aussi, était-il devenu un voyageur intrépide : tous les grands gisements minéraux d’Europe lui étaient connus de l’Islande à l’Oural, et ses longues pérégrinations, ses nombreuses études sur le terrain n’avaient pas peu contribué à faire de lui une autorité incontestée pour tout ce qui touche à la science minéralogique.

Des Cloizeaux avait successivement rempli diverses fonctions dans l’enseignement ; répétiteur à l’École Centrale en 1843, maître de conférences à l’École Normale en 1857, il avait suppléé Delafosse à la Sorbonne de 1873 à 1876 et l’avait remplacé au Muséum, en 1876. Mais, ses goûts l’entraînaient beaucoup plus vers les recherches solitaires que vers l’enseignement dans l’amphithéâtre. C’est dans son cabinet qu’il était vraiment lui-même, véritable bénédictin d’une puissance de travail extraordinaire, ardent à l’œuvre, ne prenant jamais que le repos imposé par la maladie, toujours à l’affût de quelque nouvelle recherche à entreprendre. Aussi, bien que sa réputation fût universelle et incontestée partout où il existe un minéralogiste, était-il peu connu du grand public, auprès duquel il négligeait de faire valoir ses travaux.

Les honneurs étaient venus le trouver dans sa retraite ; élu à l’Académie des Sciences en 1869, il en devint le président en 1889. La Société Royale de Londres, la plupart des grandes Académies et Sociétés scientifiques étrangères le comptaient au nombre de leurs membres ; il avait, en 1889, reçu la rosette d’officier de la Légion d’honneur.

Des Cloizeaux laisse, avec une œuvre considérable, le grand et fortifiant exemple d’une vie exclusivement remplie par le culte désintéressé et passionné de la science.

A. Lacroix, Professeur de Minéralogie au Muséum.

Les 2 tomes téléchargeables en PDF sur Gallica

Binnite de Des Cloizeaux.png

Binnite de Descloizeaux
Cu
6(Cu4(Fe,Zn)2)As4
S13
Carrière de Lengenbach, Fäld , Binn , Conches , Valais , Suisse

Photo,  Chinellato Matteo 

Optique mineralogique.
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Montebrasite.
LiAl(PO
4)(OH)

Revendication Telírio, Linópolis , Divino das Laranjeiras , Minas Gerais , Brésil.

Photo,  Jeff A. Scovil

Microscope minéralogique.

En cette fin de siècle, les méthodes de détermination d’un minéral sont la chimie, la morphologie des cristaux et les caractéristiques optiques. S’il est impossible de déterminer la morphologie avec des mesures angulaires, il devient alors impossible de déterminer la symétrie, ni d’appliquer des méthodes optiques dépendantes de lames minces orientées.

Des Cloizeaux développe ces méthodes optiques en apportant des modifications fondamentales au microscope polarisant. D’après des minéraux aux morphologies presque idéales, il prépare des lames minces obtenues en coupant les cristaux perpendiculairement aux bissectrices des axes optiques méthode que lui permet de déterminer les propriétés optiques de centaines d’échantillons. En effet, la caractérisation optique était presque limitée aux minéraux transparents et biaxiaux. D'autre part, avant l'introduction de la table universelle en 1893 par E.S. Fedorov , il était impossible d'orienter une lame sous le microscope.

 

Il découvre la polarisation circulaire dans le cinabre et des composés synthétiques, et met au point une méthode pour calculer la valeur moyenne de l'indice de réfraction d'un matériau cristallin sur la base de mesures indirectes .

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Albert de Lapparent ou plus exactement Albert Cochon de Lapparent , 1839 -1908, géologue français, membre de l'Académie des sciences.

Polytechnicien et ingénieur des mines, il a travaillé à de grands projets dans le domaine de la cartographie et aussi sur une étude d’un tunnel ferroviaire sous la Manche.

En 1876, Albert de Lapparent accepta l'offre qui lui fut faite d'occuper la chaire de géologie et minéralogie créée par l'université catholique de Paris. Quatre ans plus tard, il fut contraint de renoncer à son poste d'ingénieur des mines. Deux livres à succès témoignent de la vitalité de son enseignement : son Traité de géologie (1883), qui comblait une importante lacune de l'édition française et fut réédité cinq fois, son Cours de minéralogie (1884), à la fois réflexion méthodologique et mise au point de son enseignement, qui connut quatre éditions.

Il est le père du minéralogiste, Jacques de Lapparent, 1883-1936, géologue, pétrographe et minéralogiste.

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Charles Friedel, 1832 - 1899, est un minéralogiste et chimiste français. De 1856 à 1880, Friedel est conservateur des collections de l'École des mines, de Paris où il a un laboratoire, où il a produit des minéraux de synthèse et notamment essayé de produire des diamants synthétiques. 

Successeur de Gabriel Delafosse à la chaire de minéralogie de la faculté des sciences de Paris en 1876, il quitte ce poste en 1885 et il est remplacé par Paul Hautefeuille.
On lui doit la description d'espèces minérales :

  • Adamite

  • Carnotite

  • Delafossite (dédiée à Gabriel Delafosse).

Adamine
Zn
2(AsO4)(OH)

Mine Ojuela, Mapimi, Durango, Mexique

Robert Lavinsky 

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Charles Friedel

1832 - 1899

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Delafossite...jpg

Carnotite
K
2(UO2)2(VO4)2·3H2O

Canal Monument No. 1, Mystery Valley, Mineral Mining District, Comté de Navajo,

Arizona, États-Unis

Photo Enrico Bonacina - Collection Domenico Preite

Delaffossite sur Cuprite

CuFeO2 - Cu2O

Le Moulinal Mine, Rayssac, Castres, Tarn,

Occitanie, France

Collection & Photo: Pascale & Daniel Journet. 

En 1893, Evgraf Stepanovich Fedorov, 1853 - 1919, mathématicien, cristallographe et minéralogiste russe, introduit et développe la Table Universelle, qui permet de déterminer les propriétés optiques de centaines d’échantillons.
Il a entrepris des recherches sur la structure cristalline dès 1881. Son résultat le plus connu est sa dérivation en 1891 des 230 groupes spatiaux de symétrie qui servent aujourd'hui de base mathématique à l'analyse structurelle . 

À l'aube de l'analyse de la structure cristalline, les contacts personnels étroits entre les chercheurs en Russie et en Allemagne, bien documenté dans le « Zei tschrift für Krystallographie und Mineralogie », a contribué de manière significative à l’évolution de nos connaissances actuelles sur l’état cristallin. L'impact du cristallographe russe ES Fedorov sur des scientifiques allemands tels que A.Schoenflies et P. Groth et l'effet de ces contacts pour Fedorov sont mis en valeur cent ans après le décès de ce dernier. Un échange créatif d’idées a ouvert la voie à l’analyse des structures cristallines

à l'aide de la diffraction des rayons X.

E.S. Fedorov a développé le théodolite pour mesurer les angles de minéraux et la platine Fedorov pour microscopes polarisants, un outil de cristallographie qui permet d'étudier un spécimen minéral sous des angles d'inclinaison et de rotation précis, fournissant ainsi une analyse de la structure cristalline.

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Arthur Moritz Schoenflies 

( 1853 –  1928)

mathématicien et cristallographe allemand

Paul Heinrich von Groth 

1843 - 2 décembre 1927) est un minéralogiste allemand.

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Platine Universelle de Fedorov.jpg
Types de symétrie publiés par Fed0rov 1893..jpg

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Il a écrit le classique La symétrie des systèmes réguliers de figures en 1891, qui contenait le premier catalogage des 230 groupes spatiaux . La même année, des résultats équivalents furent présentés par le mathématicien allemand Schönflies . Fedorov et Schönflies ont discuté intensivement du sujet au cours de leurs travaux, de sorte que les résultats peuvent être considérés d'une manière ou d'une autre comme des résultats communs, bien que Schönflies ait noté la priorité de Fedorov pour certaines idées majeures.

En 1898, Pierre Curie et Marie Sklodowska-Curie, découvrent le radium et le polonium.

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Curite et Métatorbernite.

Pb3(UO2)8O8(OH)6 · 3H2O

Cu(UO)2(PO4)2 · 8H2O

Shinkolobwe, district de Kambowé, Haut-Katanga, République Démocratique du Congo

Photo Uwe Haubenreisser

Pierre Curie, 1859 - 1906, physicien, avec son frère, Jacques, alors préparateur de Charles Friedel au laboratoire de minéralogie de la Sorbonne, il étudie les propriétés électriques des cristaux.

Les deux frères découvrent le phénomène de piézo-électricité, c'est à dire la production d'électricité par la compression ou l'étirement des cristaux dépourvus de centre de symétrie, tels le quartz. À partir de cette découverte, en 1885 ils conçoivent un instrument, appelé quartz piézo-électrique, servant à générer des courants électriques de très faible intensité.

Maria Sklodowska-Curie, 1867 - 1934, physiciene et chimiste, d'origine Polonaise elle s'exile en France pour étudier et devient française par son mariage. Scientifique d'exception, elle est la première femme à avoir reçu le prix Nobel, 1903, en physique qu'elle partage avec son époux et Henry Becquerel et, à ce jour, la seule femme à en avoir reçu deux, 1911 en chimie pour ses travaux sur le Radium et le Polonium.. 

 

Elle épouse Pierre Curie, le 26 juillet 1895. 

Marie Curie commence, fin 1897, ses recherches sur les rayons uraniques découverts par Henri Becquerel, pour sa thèse de doctorat de physique.

Très vite, Pierre abandonne ses travaux personnels pour travailler avec elle dans un hangar de l’Ecole de physique et chimie. «Pierre Curie obtint du directeur de l’Ecole l’autorisation d’utiliser un atelier vitré situé au rez-de-chaussée, servant de magasin et de salle de machines. (…) nous ne savions où faire nos traitements chimiques. Il a fallu les organiser dans un hangar abandonné, séparé par une cour de l’atelier où était notre installation électrométrique."

C’était une baraque en planches, au sol bitumé et au toit vitré, protégeant incomplètement contre la pluie, dépourvue de tout aménagement ; elle contenait pour tout matériel des tables de sapins usées, un poêle en fonte dont le chauffage était très insuffisant et le tableau noir dont Pierre aimait tant à se servir. (…) Dans ce laboratoire de fortune, nous avons travaillé presque sans aide pendant deux ans (…)» «(...) Nous étions à cette époque, entièrement absorbés par le nouveau domaine qui s’ouvrait devant nous, grâce à une découverte aussi inespérée.

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Malgré nos conditions de travail nous nous sentions très heureux. Nos journées s’écoulaient au laboratoire, et il nous arrivait d’y déjeuner fort simplement, en étudiants. Dans notre hangar si pauvre régnait une grande tranquillité (…) Nous vivions dans une préoccupation unique, comme dans un rêve.» (Marie Curie, 1923)

C’est dans ce laboratoire de fortune que le jeune couple aboutit, en juillet et en décembre 1898, à la découverte de deux éléments nouveaux, particulièrement radioactifs, le polonium et le radium.

En juin 1903, Marie Curie soutient à la faculté des sciences de l'Université de Paris (Sorbonne) sa thèse de doctorat ès sciences physiques «sur les nouvelles substances radioactives» et, en décembre de la même année, Pierre et Marie Curie reçoivent, avec Henri Becquerel, le prix Nobel de physique, pour la découverte de la radioactivité naturelle. La France commence alors à s’intéresser aux deux savants, déjà honorés à l’étranger.

En 1905, Pierre est nommé professeur à la Sorbonne, et on lui attribue un petit laboratoire, rue Cuvier. Marie Curie, quant à elle, est nommée chef de travaux du laboratoire de son mari.