DES REPLIQUES DU PLUS CELEBRE DIAMANT BLEU SERONT EXPOSEES
AU NMNH SMITHSONIAN INSTITUTION . . .

Copies des 3 états du Diamant bleu.
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JJ Chevallier d'après un article de Géraldine Fabrikant - 2020

Un artiste lapidaire, New Yorkais, John Hatleberg, 63 ans, réalise la copie des trois états du plus célèbre des diamants bleus, le diamant de Tavernier tel qu'il avait été poli en Inde, le diamant bleu de Louis XIV et le Hope tel que l'on peut le voir au NMNH, Smithsonian Institution à Washington.

Ces copies seront exposées avec une description historique au

National Museum of Natural History, Smithsonian Institution, à Washington DC.

L'ORIGINAL RESTERA-T-IL DANS SA VITRINE TOURNANTE ?

Il a fallu beaucoup de temps pour réaliser ces trois copies afin qu'elles soient parfaitement identiques, c'est la couleur qui a dû faire l'objet de sept voyages à Azotic LLC., un laboratoire de Rochester, Minnesota. Le processus a été éprouvant pour les nerfs, « Nous faisions des essais multiples par approximation », a déclaré le président d’Azotic, Steve Starcke. « Il peut être un peu trop violet ou un peu trop bleu. » John disait: « Pouvez-vous le pousser un peu plus telle direction? » et ce, jusqu'à l'obtention des nuances parfaites.

Une réplique parfaite est une forme d’art qui, pour J. Hatleberg, peut nécessiter des mois, voire des années de travail. Bien que la Smithsonian Institution ait vu de nombreuses répliques du diamant, « nous avons eu le luxe de regarder des gens faire ce genre de travail, mais John est un artiste avec un sens du détail et de la perfection », a déclaré Jeffrey Post, le conservateur de la collection nationale américaine de pierres précieuses et de minéraux à la Smithsonian Institution qui l’a engagé. « Quand John me tend une pierre, je sais qu’il y a réfléchi et analysé, et il ne me la remettrait pas sans penser qu’elle est parfaite. »

 

Pour le Hope, « la difficulté était de faire correspondre la couleur », a déclaré Jeffrey Post, le conservateur de la collection nationale américaine de pierres gemmes et de minéraux à la Smithsonian Institution. « C’est une nuance intéressante, pas comme les autres nuances de bleu. Nous voulions des répliques exactes. » Pour le musée, l’objectif n’était « pas de vendre mais d’aider à raconter l’histoire du diamant. Les visiteurs verront les dimensions et les formes d’une manière forte pour illustrer l’histoire de la taille de la pierre. Vous ne pouvez pas simplement montrer une image d’un objet tridimensionnel. »

 

L’intérêt de J. Hatleberg pour ce travail a commencé dès l’enfance : sa mère était photographe documentaliste pour la collection de pierres précieuses de la Smithsonian. Ayant grandi à Bethesda, dans le Maryland, il se souvient : « Nous avons tous étudié la géologie à l’école à l’époque. Les gens apportaient des cristaux, des agates et toutes sortes de minéraux. J’étais fou de pierres précieuses, alors ma mère a trouvé un centre pour retraités dans un centre de loisirs communautaire où il y avait un cours de taille de pierres gemmes. J’ai adoré.

Après avoir obtenu un diplôme d’études supérieures en sculpture à la Cranbrook Academy of Art, John Hatleberg a progressé en faisant des imitations et d’autres types d’œuvres artisanales.

Il a eu accès pour la première fois au diamant Hope en 1988 lorsqu’il en a fabriqué un moule qui a été utilisé pour des copies en chocolat qui étaient vendues dans la boutique de la Smithsonian Institution.

Puis, en 2007, « j’ai appris une nouvelle méthode pour faire correspondre la couleur à mes répliques de diamants », a-t-il déclaré. « Avant cela, il était difficile de faire correspondre les couleurs des diamants de couleur fantaisie. Cette méthode m’a été extrêmement précieuse car les pierres colorées sont généralement les plus prisées.»

John a exécuté de nombreuses répliques d'autres diamants durant sa carrière.
L’art de reproduire des diamants est délicat, et peut-être que personne n’a travaillé directement avec autant de pierres nommées que John Hatleberg, qui a fait une réplique du diamant Wittelsbach-Graff de 31,06 carats pour Laurence Graff et le diamant Centenary de 273,85 carats découvert en 1986 par DeBeers, la société de diamants géante. Sa copie du Centenaire était si parfaite que lorsqu’un groupe de dirigeants de DeBeers a été invité à comparer les deux, « certains ne pouvaient pas immédiatement faire la différence », a déclaré Rory More O’Ferrall, le directeur de la liaison marketing à l’époque.

Pour l’Okavango Diamond Company, J. Hatleberg a récemment terminé une copie de l’Okavango Blue, un diamant bleu foncé de 20,46 carats trouvé en 2018 au Botswana. « Nous voulions une réplique parce que nous devons conserver une copie de la pierre pour les générations futures », a déclaré Marcus ter Haar, directeur général de l’Okavango Diamond Company.

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Petit résumé de l’Histoire de ce diamant...
par JJ Chevallier

Selon la légende il aurait été découvert vers 1610 dans la mine  Kollur, Guntur, Andhra Pradesh en Inde. Il est acheté par Jean Baptiste Tavernier au sultan de Golconde pour un prix dérisoire en raison de sa « couleur maléfique ». En 1668, à son retour en France Tavrenier le vend au roi de France Louis XIV pour 220 000 livres tournois et un titre de noblesse. Il est d’abord exposé dans le « cabinet de curiosités du roi » puis en 1671 il est confié au lapidaire, Jean Pittan qui mettra trois ans pour lui donner sa forme caractérisée par un soleil, formé par les facettes du pavillon, visible à travers la table.

(pour plus d'infos sur les termes table et pavillon voir ici)


Plus tard, 1749, la pierre sera utilisée pour orner « la Toison d’or » de Louis XV. En 1792 durant la révolution la pierre est volée lors du pillage du « Garde Meuble » du 11 au 17 septembre. L’on se perd en conjectures sur l’itinéraire de la pierre qui finira par être achetée par un collectionneur londonien Thomas Hope qui la fera retailler.  On émet l’hypothèse qu'il a été retaillé pour faire disparaître la véritable identité de la pierre car en fait le diamant réapparait curieusement 20 ans et deux jours après le vol, alors que la prescription était de vingt ans.


En 1812 donc c’est la réapparition d’un nouveau diamant et ce n’est qu’en 1856 qu’un doute sur son origine présume de sa précédente identité. En 1901 la famille Hope le vend au joaillier Joseph Frankel. En 1908 il appartient à Selim Habib, marchand et collectionneur turc, en 1909 au joaillier français Rosenau, puis en 1910 au joaillier Cartier. En 1915 un milliardaire américain l’offre à son épouse, Evalyn Walsh McLean.

 

Pour finir c’est Harry Wilson, un joaillier new yorkais, qui l’achète en 1949, il en fera don à la Smithsonian Institution en 1958. Pour la petite histoire, afin de rendre le transport de la pierre le plus discret et sûr possible, Winston envoie la pierre au Smithsonian par la poste, dans une simple enveloppe kraft.

Reproduction de la Toison d'or, Louis XV.

Reproduction de 
" La Toison d'Or " 
de Louis XV.

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Par Herbert Horovitz, joaillier à Genève - 2010 

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