L'ETAIN ARMORICAIN

Par Yves LULZAC, ancien géologue minier du BRGM

Article paru dans Mines & Carrières

N° 196 - octobre - 2012 (Hors série)

avec l'aimable autorisation de l'auteur

PROVINCE NORD ARMORICAINE

DISTRICT DE MONCONTOUR

Les indices alluvionnaires découverts en "lit vif" sur ce district couvrent l’extrémité occidentale ainsi que le tiers nord-est du massif granitique de Moncontour (département des Côtes d’Armor).

Dans tous les cas, la médiocrité des concentrations superficielles reflète parfaitement le manque d’intérêt des quelques niveaux alluviaux profonds échantillonnés par sondages. Ceci concerne en particulier l’amont du réseau hydrographique du Lié, à l’ouest du bourg de Plœuc, où les meilleures teneurs en cassitérite dépassent à peine les 60 g/m³ (J. Walter, 1963).

Cette minéralisation détritique trouve son origine dans de rares filonnets quartzeux dont on a découverts quelques éboulis à 2 km au nord-nord-ouest de Plœuc, au lieu-dit "Clos Hazaie".

 

Le tiers nord-est du massif granitique se caractérise par une dispersion beaucoup plus restreinte de la cassitérite puisque le principal indice concerne le seul petit ruisseau du Bois-Hardy sur la commune de Bréhand. Le vallon, d’une longueur de 800 mètres, présente dans sa partie aval une forte concentration en "lit vif", tandis que sa partie amont se perd au milieu d’une vaste zone de granite kaolinisé à cassitérite diffuse ou parfois associée à de la wolframite dans des filons de quartz de faible puissance (B. Mulot, 1962).

Aucune recherche plus détaillée n’a été effectuée sur cette zone et l’on ne sait si les Anciens l’avait repérée et exploitée.

 

On mentionnera également l’indice de La Poterie, près de Lamballe, bien qu’il ait échappé à la prospection stratégique alluvionnaire et qu’il soit très excentré par rapport au massif granitique puisqu’il se situe à 17 km au nord-est du bourg de Moncontour. Ce curieux indice, très ponctuel et isolé dans un contexte briovérien, a été découvert en périphérie d’une petite unité basique très complexe appelée "gabbro de Trégomar". Il se révèle dans la partie amont du ruisseau de la Ville Gaudu, par une concentration très locale de gros fragments anguleux de cassitérite dont l’origine est sûrement très proche. De l’or natif est également présent en teneur voisine de1 g /m³.

Les terrains environnants, incultes et parfois difficiles d’accès, laissent entrevoir de nombreuses excavations, larges mais peu profondes, que l’on a toujours considérées comme des anciennes, voire très anciennes exploitations d’argile destinée à la fabrication locale de poteries (d’où le nom de la commune). On y aurait également tiré de la pierre à bâtir.

On suppose que les anciens potiers eurent accès aux alluvions que l’argile pouvait masquer avant son exploitation, et qu’ils y remarquèrent la présence de l’or et du minerai d’étain. Dans l’affirmative, on aimerait croire qu’ils eurent l’idée de les extraire mais il paraît maintenant bien difficile d’en apporter la preuve.

On ignore l’origine de ces deux minéralisations, surtout celle de la cassitérite car aucun contexte de type stannifère n’est connu dans la région ni à proximité de l’indice alluvionnaire.

 

Un autre indice de cassitérite, tout aussi excentré que l’indice précédent puisqu’il se situe à 22 km au sud-est de Plœuc, a été localisé dans le Briovérien à peu de distance du complexe granito-gneissique de Plouguenast. Il intéresse la partie amont du ruisseau de Merdrignac où l’on note une concentration locale de cassitérite dépassant les 100 g/m³. Cet indice n’a jamais été étudié d’une manière détaillée et l’on ne connaît pas son origine.

District de Montcontour , plus indices de Brehat et de la Poterie.jpg

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