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LIBAN

" GROTTE DE JEITA "

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La grotte de Jeita, un véritable bijou au Liban qui fait la fierté des libanais et qui impressionne les visiteurs.

Voilà près de 60 ans que les spéléologues libanais explorent les grottes et gouffres des Monts Liban, et on peut estimer à plus de cinq cents le nombre de cavités recensées. Beaucoup d’entre elles ne sont que des abris sous roche de faible développement ou des puits de quelques mètres de profondeur. Leur intérêt n’est pas moindre que les « géants » de plusieurs kilomètres, par les vestiges historiques ou préhistoriques qu’ils recèlent ou l’histoire de la karstogenèse à laquelle ils participent.

HISTOIRE

La grotte de Jeita a été habitée depuis la Préhistoire. Des anciens vestiges d'une fonderie ont été retrouvés dans une petite grotte à proximité de la rivière de Nahr el-Kelb qui donne à penser que cette grotte a été utilisée pour produire des armes durant la Préhistoire.

La découverte moderne de la rivière souterraine de Jeïta en 1836, est attribuée au révérend William Thomson (un missionnaire américain) qui s'aventura jusqu'à près de 50 mètres dans la grotte. Atteignant la rivière souterraine, il tira un coup de pistolet et l'écho lui montra qu'il avait trouvé une caverne d'une importance majeure.

En 1873, W.J. Maxwell et H.G. Huxley, les ingénieurs de l'Etablissement des Eaux de Beyrouth et du Mont Liban, et leur ami le révérend Daniel Bliss, président de la Syrian Protestant College (à côté de l'Université américaine de Beyrouth A.U.B.) ont étudié ces grottes. Au cours de deux expéditions menées en 1873 et 1874, les explorateurs ont pénétré jusqu'à 1 060 mètres dans la grotte qui est la source principale du Nahr el-Kelb, qui fournit l'eau potable à Beyrouth. Ils ont été bloqués par "Hell's Rapids", des torrents qui se cassent sur les rochers d'une netteté remarquable. Le Dr. Bliss, Maxwell et les autres ingénieurs ont enregistré leurs noms et l'année au cours de laquelle l'exploration a eu lieu sur le "Maxwell's Column", un grand pilier de pierre calcaire situé à quelque 625 mètres de l'entrée. Environ 200 mètres plus loin, dans ce qu'on appelle le "Pantheon", ils ont écrit leurs noms et les détails de l'expédition, sur papier, scellés dans une bouteille qu'ils ont placée au sommet d'une stalagmite. L'eau de chaux a, dès lors, déposé sur la bouteille une fine pellicule blanche, de façon à la fixer à la pierre.

Entre 1892 et 1940 d'autres expéditions, ont été effectuées par des explorateurs anglais, américains et français. Elles les ont amenés à un développement de 1 750 mètres.

Depuis les années quarante, les explorateurs libanais, notamment les membres du Spéléo Club du Liban, fondé en 1951 par le premier spéléologue libanais Lionel Ghorra, ont poussé encore plus profondément dans la grotte de Jeita. Leurs expéditions ont révélé un grand système souterrain dont on sait maintenant qu'il a une longueur totale de près de 9 km.

En 1956, les cavernes inférieures ont été ouvertes aux visites du public, quant à l'exploration, elle était toujours en cours principalement par le Spéléo Club libanais qui a conduit à la découverte de la branche supérieure sèche de la grotte, dénommée « galeries supérieures ».

En 1962, le Spéléo Club a contribué à une étude des galeries supérieures qui vise à bâtir un tunnel creusé pour le développement touristique; ce tunnel a été commencé en 1968.

Les cavernes ont été fermées au public en raison de la guerre civile libanaise en 1978, les deux tunnels menant à la partie inférieure et supérieure des galeries ont été utilisés pour stocker des munitions, l'extérieur des bâtiments été utilisé à des fins militaires. Les grottes ont été rouvertes en 1995.

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Située à 18 km au nord de Beyrouth et à 5 km à l'est de la cote, dans la vallée de Nahr el-Kelb, les grottes de Jeita abritent de merveilleuses sculptures naturelles, elles plongent jusqu’à plus de 50 mètres de profondeur, suivant le parcours d’une rivière qui aboutit sur un lac près de l’entrée, le « Lac Noir ». Ces galeries inférieures s’explorent en canot sur un parcours de 600 m environ. Toutefois l’accès à cette partie de la grotte est interdit en hiver parce que le niveau de l’eau est trop élevé.
 
A pied, on  y admire un paysage fantastique de voûtes, piliers stalagmitiques, gours*, draperies, colonnettes de tailles diversifiées et de multiples concrétions cristallines. Trois chambres sont à explorer : la Chambre Blanche qui abrite les formations les plus déroutantes de la grotte, la Chambre Rouge qui tient son nom de la couleur rougeâtre provoquée par l’oxyde de fer, et la dernière chambre, la plus grande qui atteint une hauteur de 120 mètres.
 
Une fois à l’intérieur de la grotte, c’est le grand calme, la visite se fait au rythme des gouttes d’eau qui s’écrasent sur les roches calcaires. Magnifiées par l'éclairage, les roches donnent une sensation de cathédrale à la grotte. On s'émerveille des ces sculptures naturelles aux couleurs changeantes, la grotte de Jeita mérite sa place au Patrimoine de l’UNESCO.

 

*gours : Les gours sont des petits barrages qui se forment en travers d'un écoulement souterrain. 
 

Voilà près de 60 ans que les spéléologues libanais explorent les grottes et gouffres des Monts Liban, et on peut estimer à plus de cinq cents le nombre de cavités recensées. Beaucoup d’entre elles ne sont que des abris sous roche de faible développement ou des puits de quelques mètres de profondeur. Leur intérêt n’est pas moindre que les « géants » de plusieurs kilomètres, par les vestiges historiques ou préhistoriques qu’ils recèlent ou l’histoire de la karstogenèse à laquelle ils participent