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LE TUNGSTÈNE ARMORICAIN ...

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Une étude de Monsieur Yves Lulzac, juin 2019
Yves Lulzac est un ancien géologue minier qui a fait toute sa carrière au BRGM, à travers le monde. Il est à l'origine de la découverte de la Lulzacite, un phosphate de strontium, qu'il a découvert à St Aubin des Châteaux, Loire-Atlantique, en 1997.
Gemmologue de laboratoire à ses heures, il a rédigé un manuel de gemmologie qui fait autorité dans le monde entier.
Breton, il est aussi l'auteur de cinq ouvrages sur les manoirs Bretons.

mpoule électrique et wolfram.

SOMMAIRE

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Province sud armorique

LA PROVINCE SUD-ARMORICAINE

Districts et indices tungsifères de la province sud armoricaine.

22- L'Indice de Lervily

Des galets de quartz minéralisés en cristaux centimétriques de wolframite ont été découverts en 1975 à la Pointe de Lervily (commune d'Audierne dans le Finistère) dans le cadre d'une thèse de 3ème cycle. Ils sont localisés dans un contexte granitique hercynien, à priori favorable, mais l’étude plus détaillée de cet indice n'a pas été entreprise.

 

Référence

Fouquet Y. 1980. Le district antimonifère du Cap Sizun-Quimper. Thèse 3ème cycle. Univ. Clermont-Ferrand. 191 pages.

Lenvily
Tréguennec

23-  Le district de Tréguennec

 

Ce district est bien connu pour son filon d'aplite sodolithique, grossièrement orienté est-ouest, intercalé dans le contexte métamorphique de la Baie d'Audierne (Finistère). Minéralisée en amblygonite, cassitérite et columbo-tantalite, cette aplite peut encore être observée au sommet de l'ancienne carrière de Prat ar C'hastel en bordure d'estran. Cette carrière, actuellement inondée, était également connue des amateurs minéralogistes pour avoir fourni de superbes cristaux d'apatite de couleur violette.

En 1984, l'un des trois sondages carottés exécutés en aval pendage de ce gîte a reconnu, au toit du corps aplitique principal, un banc de roche verte de type amphibolite légèrement pointillée de minuscules cristaux de scheelite bien visibles à la lampe de Wood. Un teneur voisine de 0,1 % WO3 y a été enregistrée sur une puissance de 30 centimètres. Un corps aplitique secondaire a également été découvert à peu de distance au mur du corps principal. Il en est séparé par un puissant niveau d'une roche migmatitique admettant de nombreuses intercalations d'aplite plus ou moins schistifiée ainsi que d'une roche de type skarnoïde surtout localisée au mur des migmatites sur un front d'une vingtaine de mètres. Ces bancs de skarnoïde ont une puissance de 40 cm au maximum et leur paragénèse comprend : vésuvianite, zoïsite, scheelite très peu abondante, mispickel, pyrite et chalcopyrite. On note également la présence de tourmaline noire d'aspect feutré.

Totalement inconnu en surface, ce skarnoïde n'a pas fait l'objet d'une étude plus approfondie, l'intérêt principal de ce district résidant dans son potentiel lithinifère avec Sn, Ta, Nb en sous produits, y compris l'aplite elle-même utilisable dans l'industrie céramique.

 

Référence.

Lulzac Y. 1986. Les minéralisations à étain, tantale et lithium de Tréguennec (Finistère). Etat des connaissances au 31 mars 1986. Rapp. BRGM, 86 DAM 011 OP4. Inédit.

District_tungstifère_de_Tréguennec.
Pleuven

24-  L'indice de Pleuven

 

Découvert lors d'une prospection des gîtes béryllifères de la région de Gouesnac'h, il est situé à proximité du village de Lesquidic Izella sur la commune de Pleuven (Finistère). Il concerne un niveau d'embréchites hercyniennes intégrées dans le domaine de l'anticlinal de Cornouaille.

Sur une superficie d'environ un demi-hectare on observe des éboulis de quartz dont certains n'ont pas encore été désolidarisés de leurs épontes de granite feuilleté non transformé. Ils proviennent d'un dispositif en stockwerk constitué de filons directionnels et sécants. La minéralisation est essentiellement wolframifère  sous forme de minces liserés à proximité des épontes, ou sous forme d'amas cristallins de 2 cm au maximum, dispersés dans le quartz d'une manière aléatoire. On note également la présence de cassitérite, mispickel, pyrite et blende en faibles proportions. Deux autres zones d'éboulis quartzeux ont également été localisées à proximité. Ils sont uniquement minéralisés en sulfures divers (pyrite et mispickel principalement)

Cet indice n'a pas été étudié en détail.

 

Référence.

Lulzac Y. 1964. Etude de l'indice stannifère de Pleuven (Sud Finistère). Rapp. interne BRGM du 30 septembre 1964.

Indice_tungstifère_de_Pleuven.
Locronan-Plogonnec

25-  District de Locronan - Plogonnec

La présence de traces de wolframite dans le réseau hydrographique régional est à l'origine de la découverte de formations filoniennes quartzeuses qui recoupent la partie médiane du petit massif granitique de Locronan selon une orientation générale nord-ouest / sud-est. On peut distinguer 4 sites principaux qui ont été étudiés par relevés d'éboulis, prospections éluvionnaires et géochimiques ; décapages par tranchées puis, pour certains d'entre eux, par sondages carottés.

 

Le site de la Forêt du Duc, en Locronan, se situe non loin de la bordure nord du massif granitique dans une vieille carrière en pleine forêt. Il consiste en un filon quartzeux de 5 à 10 cm de puissance principalement minéralisé en cassitérite, mispickel, pyrite, galène, blende et pyrite. La scheelite est également présente en cristaux millimétriques isolées dans le quartz ou au contact des plages de mispickel. Ce site n'a pas été étudié d'une manière détaillée.

 

Le site du Nartous se manifeste par une belle nappe d'éboulis minéralisés dont l'origine a été localisée par tranchées. L'indice principal se présente sous la forme d'un faisceau d'au moins trois filons de quartz plus ou moins lenticulaires dont la puissance peut varier de 10 cm à 5 mètres, sur un front d'une vingtaine de mètres. Ils sont majoritairement minéralisés en wolframite en cristaux de 0,5 cm ou en amas dispersés de 5 cm maximum. On note également la présence de rare cassitérite ainsi que de mispickel souvent altéré en soufre natif, de pyrite et blende peu abondants, tourmaline et calcédoine. La wolframite est rarement épigénisée par la scheelite.

De belles, mais malheureusement très locales concentrations en wolframite (et cassitérite très secondaire) ont été découvertes avec des teneurs atteignant 0,51 % sur 1,20 mètre de puissance ; 0,18 % sur 4,20 mètres; 0,76 % sur 0,70 mètre, et 2,66 % sur 20 cm. On note également une teneur de 0,84 % WO3 sur une puissance de 0,70 mètre.

 

Le site de Ty Hochec qui consiste en un filon quartzeux d'une dizaine de centimètres de puissance mais dont certaines parties un peu plus étroites ont montré des concentrations de wolframite massive et pratiquement pure. A noter que ce quartz englobe parfois de petits amas feldspathiques. Reconnue par tranchées et sondages carottés, cette formation s'est révélée pratiquement stérile dans son aval pendage.

 

Le site de Ty Blancou (ou de Saint Albin). Il se présente sous la forme d'un filon quartzeux d'une quinzaine de centimètres de puissance, minéralisé en mispickel, cassitérite et wolframite dont les teneurs en tranchée peuvent atteindre les 0,63 % wolframite et 0,38 % cassitérite sur une puissance de 12 cm. A noter que cette structure filonienne prend ici une orientation nord-nord-est / sud-sud-ouest. Son aval pendage n'a pas été reconnu.

 

Finalement ce district, très prometteur à première vue, s'est révélé décevant par son caractère trop lenticulaire et dispersé interdisant toute exploitation sélective ou en masse dans les conditions actuelles du marché du tungstène.

 

Référence.

Lulzac Y. 1966. Note sur la répartition des minéralisations stannifères dans le massif granitique de Locronan-Plogonnec. Rapport BRGM du 20 mars 1966.

Distric_wolframifère_de_Locronan-Plogonnec.
Lanmeur Plougasnou

26-  Indice du Saint

 

Inclus dans le district stannifère de Langonnet, cet indice a été découvert à la suite d'une prospection régionale "au marteau" suivie d'un quadrillage éluvionnaire à maille serrée. Il s'agit d'une nappe d'éboulis quartzeux localisée sur la rive droite du ruisseau de Saint Samuel près du village du Quinquis Gleis. Ils sont en relation avec un complexe micaschisteux recoupé par un grand nombre d'apophyses et filons granitiques que l'on peut considérer comme étant des satellites du proche massif de Plouray. Les filons quartzeux à l'origine de ces éboulis sont indifféremment encaissés dans le granite ou les micaschistes. Ils ont une puissance d'une dizaine de cm et montrent une minéralisation en wolframite cristallisée ou en amas d'environ 2 centimètres localement très abondants (teneurs ponctuelles voisines de 20 % en wolframite).

Une tentative infructueuse de localisation en place a été tentée au moyen d'une tranchée réalisée en mai 1961. Depuis, l'étude de cet indice a été abandonnée.

 

Référence.

Lulzac Y. 1961. Rapp. BRGM du 28 février 1961, inédit.

Indice_wolframifère_du_Saint.
Baud

27-  Indice de Baud

 

Il concerne un banc de pyroxénite orienté ouest-est, que l'on peut suivre sur environ 5 km depuis l'extrémité orientale du massif granitique de Pontivy jusqu'au-delà de la rivière Evel. Il est encaissé dans un contexte de micaschistes briovériens minéralisés en staurotides.

Il a été observé aux lieux suivants :

Au nord du village de Kernantec où l'on note une petite nappe d'éboulis constitués d'une roche rubanée de couleur claire à plagioclases, pyroxènes, grenats peu abondants, biotite en minces lits directionnels et traces de pyrrhotite. La scheelite peu abondante est principalement exprimée dans les niveaux les plus feldspathiques sous forme de minces veinules discontinues parallèles au rubanement de la roche.

A la sortie du bourg de Baud en bordure de la route de Pontivy (aire de stationnement). Le banc de pyroxénite, puissant de 3,50 mètres, est visible en affleurement. Il est limité vers le nord par des micaschistes, et vers le sud par un filon de pegmatite à tourmaline de 2,50 mètres de puissance. La roche est identique à celle de Kernantec mais elle peut admettre des passages enrichis en quartz. La scheelite est présente sous forme de ponctuations minuscules dispersées ou rassemblées en minces placages.

Au nord du village de la Roche, la pyroxénite, peu rubannée, est présente sous forme d'éboulis accompagnés par des éléments de pegmatite et d'aplite schisteuse à tourmaline et grenat. La scheelite y est exprimée sous forme de rares inclusions dispersées.

Au voisinage du Moulin de Kergehel, un affleurement montre un banc de pyroxénite puissant d'environ 4 mètres, riche en biotite et dont l'axe est occupé par un banc de pegmatite et de granite très feldspathique peu tourmalinifère. Cette roche semble dépourvue de scheelite.

 

Bien que le massif granitique de Pontivy soit proche et que la pyroxénite soit parfois en contact avec une pegmatite, on ne note pas de transformations de type skarnoïde, la scheelite paraissant être un des constituants normal de cette roche, de formation syngénétique probable. Aucun travail de détail n'a été effectué sur cette zone.

 

Références.

Lulzac Y. 1977. Note sur la présence de scheelite dans la pyroxénite de Baud (Morbihan). Rapp. BRGM du 31 juillet 1977, inédit.

Chauris L; 1986. Les pyroxénites à scheelite de Baud (Morbihan). Bull. SSNOF, nouvelle série, tome 8 (4).

Indice tungstifère de Baud.jpg
Guénin

28- Indice de Guénin