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- Contacts | mineralogie.club
CONTACTS Vos courriers sont à adresser au Vice président ou au secrétaire. Président Pr. Bernard LASNIER Si vous désirez contacter le président B. Lasnier adressez-vous à E. Fritsch Vice président Pr. Emmanuel FRITSCH Institut des Matériaux Jean Rouxel (I.M.N.) UMR CNRS 6502 2, rue de la Houssinière BP 32229 F 44322 NANTES Cedex 3 FRANCE emmanuel.fritsch@cnrs-imn.fr Tel: (33) (0)2-40-37-64-09 Secrétaire Jean-Jacques CHEVALLIER 8, La ville en bois - F44170 - Abbaretz jj.chevallier@wanadoo.fr Tel. (33) (0)2-40-87-08-02 Trésorier Dr. Boris CHAUVIRE en cours Mise à jour 28 mars 2026 Mise à jour 28 mars 2026
- Opale | mineralogie.club| JJ Chevallier
Mystérieuses Opales, 3 compositions possibles, 4 espèces différentes AG, AN, CT et C, voici les opales des gemmes amorphes de silicium et d'eau. HAUT HAUT OPALE dioxyde de silicium hydraté, contenant 4 à 10% d'eau. Page réalisée en collaboration avec Yannick Mandaba , qui m'a autorisé à utiliser une partie de son mémoire de DUG. (Diplôme d'Université de Gemmologie : Particularités des opales d'Éthiopie) Pou certains textes j'ai emprunté la trame à Wikipédia en l'enrichissant et la complétant. Contrairement à la majorité des minéraux les opales ne cristallisent pas, elles sont amorphes ! On ne parle pas de l'opale en général mais " des " opales qui sont quatre et que l'on considère comme un minéral alors que ce n'en est pas un au sens propre. Elles sont composées de silice hydratée de formule SiO 2 · n H 2 O, on y trouve des éléments en traces, uranium, magnésium, calcium, aluminium, fer, arsenic, sodium et potassium. l'eau a une teneur qui varie entre 3 et 9 % ; mais elle peut atteindre 20 % suivant les variétés. Histoire et étymologie Les légendes sont nombreuses et les opales se sont vue attribuer des origines et des vertus au fil des siècles. Ainsi les grecs croyaient qu'elle avait le pouvoir de protéger des maladie et de procurer le don de prophétie. Les romains qui obtenaient leurs opales de marchands du Moyen-Orient et des mines à ciel ouvert de Hongrie, la considéraient comme la plus précieuse gemmes en raison des ses couleurs chatoyantes. On la compare souvent à "un feu d'artifice de couleurs". Au moyen Orient on pensait qu'elle tombait du ciel lors des orages et contenait les éclairs. Jusqu'à ce que les espagnols rapportent des opales Aztèques, les seules opales que l'on trouvaient en Europe venaient de Hongrie. En France et dans toute l'Europe on l'a longtemps considérée comme porte malheur. On se perd en conjectures quand à son étymologie, selon les uns le nom viendrait du sanskrit « upala », qui signifie « pierre » ou « pierre précieuse », devenu "opalus" , l’ancien nom latin pour gemme (Pline l’Ancien, 75-79) et "opallios" chez les grecs ce qui se traduit par changement de couleur. Caractéristiques et propriétés des opales A propos de la fluorescence : Fluorescence UV à ondes courtes : Généralement vert ou jaune, parfois vert-jaune, rarement jaune ou rouge. (Ulrich Henn et Claudio C. Milisenda, Tables gemmologiques - 2004) Fluorescence UV à ondes longues : Beaucoup d’opales blanches et claires brillent blanc bleuâtre et phosphorescence vert jaunâtre (Hervé Nicolas Lazzarelli, Blue Chart Gem Identification - 2010) Formation des opales Les opales se forment dans des régions où alternent saisons humides et saisons arides. Lors des fortes précipitations l’eau de ruissèlement lessive les ions silicium et autres éléments et percole les substrats jusqu’à stagner sur des argiles imperméables, piégeant ainsi les ions et éléments, uranium (U), magnésium (Mg), calcium (Ca), aluminium (Al), fer (Fe), arsenic (As), sodium (Na) et potassium (K) . La silice précipite par hydrolyse formant des opales riches en impuretés. Lors des périodes de grandes sécheresse l’évaporation va favoriser le formation de la calcédoine. L' opale ne se trouve que dans des gîtes primaires, car c' est un matériau fragile qui supporte mal le transport. Les eaux de ruissellement en pénétrant des roches siliceuses vont dissoudre de la silice à hauteur de 100 ppm à 25°C, mais il peut aussi s'agir de phase vapeur éjectée lors d'une activité volcanique. Cette eau, à partir d'une certaine température, va se charger en silice et s'infiltrer dans toutes sortes de cavités. Puis, par évaporation, l'eau se retire laissant précipiter la silice là où elle se trouve, donnant naissance à l'opale mais aussi à des agrégats micro-cristallins comme l'agate, la calcédoine (Pr. Fritsch et Pr. Lasnier comm. pers., 2001). Dans le cas de l'opale, la silice prend la forme d'un gel de silice hydratée, qui, par évaporation d'eau et refroidissement, va se figer et durcir. Ce gel est constitué de microscopiques billes, composées pour la majorité de silice, dont le diamètre varie d'une vingtaine à plusieurs centaines de nanomètres. Elles peuvent être désordonnées ou rangées et réparties en des couches de taille plus ou moins régulière. De cela dépend l'apparition des jeux de couleurs visibles dans les opales dite «nobles ». Mais la silice qui les compose peut être présente sous des formes plus ou moins cristallisées selon l'origine de cette opale. C'est pourquoi la classification minéralogique officielle des opales est fondée sur la diffraction X, qui différencie les variétés polymorphes de la silice dans l'opale: cristobalite-œ et tridymite-œ (Jones et Segnit, 1971). Cette méthode révèle que la silice des opales volcaniques se rapproche de ces deux formes cristallisées (avec l'apparition de quartz-a sous la forme d'impuretés), alors que les opales sédimentaires sont amorphes. Les régions volcaniques et sédimentaires donnent des opales différentes, souvent au niveau de l' apparence, mais surtout au niveau de la structure, ou encore des caractéristiques physiques comme la dureté ou la résistance aux pressions (exemple des opales mexicaines, Fritsch et al., 1999). On distingue donc deux grands types de gisements d'après l'origine sédimentaire ou volcanique de l'opale. Dans le premier cas, l' opale se forme surtout dans des fissures de la roche et dans des cavités, dans le second il peut, de plus, s'agir du remplissage de nodules de tuf rhyolitique issus d'une activité volcanique. C'est a priori le cas pour les opales d'Ethiopie. Ainsi les principaux pays producteurs d'opales sédimentaires sont: - l' Australie (le plus grand producteur mondial). -le Brésil. Les principaux pays, autres que l'Ethiopie, producteurs d'opales volcaniques: - le Canada, British Columbia (Downing, 1993). - les Etats-Unis d' Amérique, Opal Butte, Oregon (Smith, 1988), Idaho, Virgin Valley, Nevada (Broughton, 1972). - le Honduras (Connoué 1998) -le Mexique, avec de nombreux sites d'exploitation: Querétaro (Koivula et al., 1983) Jalisco, Nayarit, Guanajuato, etc. )0> Les nodules Ces nodules, dont certains se présentent sous la forme de géodes, sont aussi connus sous le nom de « thunder eggs» (œufs de tonnerre). La roche qui les abrite serait de la rhyolite et de la perlite (rhyolite vitrifiée), d'après l'article de Hoover B. et al. (1996). Hoover décrit la perlite comme une roche d'un vert très foncé, presque noir, qui, une fois altérée, prend une teinte plus claire comme de l'argile. Les nodules d' opale se trouvent exclusivement dans les zones où la perlite est ainsi altérée, ce qui pousse Hoover à penser qu'il existe un lien entre l'altération hydrothermale de la perlite et la formation de l'opale. (Yannick Mandaba - Particularités des opales d'Ethiopie Diplôme d'Université de Gemmologie - Université de Nantes-2004) 4 types de formation : Sédimentaire ; Volcanique ; Croûte d'altération ; Biogène. Classification des opales 3 Espèces, 4 Opales. Pourquoi 3 espèces ? Ce sont trois compositions différentes : Cristobalite ; Tridymite ; Silice amorphe hydratée C'est pour des raisons historiques que l'on considère l'opale comme un minéral, puisque l'opale peut avoir quatre compositions différentes qui donnent donc 4 espèces : Opale CT composée de cristobalite-tridymite comme notre Lussatite bien française ; Opale C composée de cristobalite, cette opale fait encore l'objet de recherches ; Opale AG "Amorphous Gel", c'est l’opale la plus connue, formée de microsphères de silice amorphe, associées à des molécules d’eau dans des proportions variables ; Opale AN "Amorphous Network" plus connue sous le nom de Hyalite. Les transitions entre opal-AG, opal-CT et opal-C sont courantes. Des études à basse température montrent que les molécules d’eau peuvent être organisées en une structure semblable à de la glace, ce qui comprend la modification de la glace cubique (Eckert et al., 2015) . Couleur L'opale est une espèce minérale de la famille de la silice (Si02 + nH2 0) qui présente de multiples variétés. Et, contrairement à un monocristal de quartz par exemple, elle est susceptible de se mêler à la roche hôte et à un grand nombre d'impuretés (Smallwood, 1997). L'apparence des pierres d'une même variété est donc très changeante par la couleur de fond (avec un accent sur la tonalité). Une opale de feu peut contenir d'autres impuretés que le fer, susceptibles d'influer aussi sur la couleur, les jeux de couleurs, la transparence et la porosité : il s' agit du taux de matrice incorporée dans la pierre. C' est pourquoi les producteurs australiens, qui extraient (en 1997) 95% de la production mondiale, se sont accordés sur une classification de l'opale : « The Resolutions of the Federal Council of the Gemmological Association of Australia (17 mai 1997)>>(Smallwood, 1997). Or ce sont avant tout des commerciaux qui s'intéressent à l'apparence, car elle est liée à la valeur commerciale des pierres. On remarquera l'absence de précision sur l'origine volcanique ou sédimentaire dans cette classification. Ceci s'explique par le fait que les Australiens sont de loin les plus gros producteurs mondiaux d'opale, et que leurs gisements sont tous de type sédimentaire. De leur côté les scientifiques, qui s'attachent à des critères objectifs, utilisent la classification minéralogique officielle de l'opale, fondée sur la diffraction des rayons-X (DRX) qui met en évidence son caractère cristallisé ou amorphe. On distingue donc quatre catégories, les opale amorphes (opales AG et AN) et celles se rapprochant de composés cristallisés (opale CT et opale C). Ces catégories sont aussi liées à l'origine géologique (sédimentaire ou volcanique) pour la plupart des opales gemmes, ce qui permet une vérification de son origine géographique. Ces quatre catégories désignent aussi des pierres aux caractéristiques physiques différentes, comme par exemple la grande fragilité aux chocs et pression de certaines opales volcaniques mexicaines. Ces données devraient intéresser les commerçants, mais, avant l'arrivée de la spectroscopie Raman, la classification scientifique des opales impliquait l'application d'une méthode de préparation destructive pour l' étude aux rayons X. Ces méthodes de classification sont plutôt complémentaires qu' en opposition : La nomenclature «australienne» permet une bonne description de l' apparence de l' opale, facilitant ainsi la désignation d'une pierre parmi d'autres. Elle souligne aussi certains aspects, comme la transparence, et les jeux de couleurs qui influent sur la valeur à lui attribuer. La classification minéralogique officielle par DRX complétée par la spectroscopie Raman donne une idée sur l' origine et la structure. 1. CLASSIFICATION «AUSTRALIENNE » DES OPALES (Smallwood 1997) Type 1 : Il s'agit d'une opale homogène, taillée ou non. Ici c' est une opale noble australienne, noire, de variété Arlequin. Cette variété est très recherchée et peut atteindre des sommes très élevées. Type 2 : boulder opal Opale avec un peu de matrice à laquelle elle reste mêlée, ces pierres souvent issues de filons aux formes torturées. Type 3 : matrix opal Ici la matrice est sillonnée d'opale, celle-ci a rempli des petites cavités et des fissures dans la roche mère. Souvent de faible valeur marchande ces opales peuvent néanmoins s' avérer très décoratives, et parfois assez coûteuses. « Variétés » Basée sur la clarté et la teinte de la couleur de fond, elle désigne une opale noire, foncée ou claire avec une tonalité allant de NI (noire) à N9 (blanche). L' échelle est donnée à titre purement indicatif, car cette reproduction n'est pas strictement conforme à l' original. NOIR FONDU CLAIR Transparence Opaque, translucide ou transparente. On peut remarquer que les Australiens précisent la transparence en utilisant l' adjectif « crystal» même sur des opales colorées, alors qu'en France on ne désigne par l'appellation « opale cristal» que les opales transparentes et incolores. Origine Lieu géographique auquel on pourrait ajouter les termes sédimentaire ou volcanique, voire préciser si possible opale AG, AN, CT ou C. 2. CLASSIFICATION MINERALOGIQUE PAR DIFFRACTION DES RAYONS X La classification minéralogique officielle des opales est fondée sur la diffraction X (Jones et Segnit, 1971). C'est une méthode destructive, car la préparation des échantillons implique le broyage de ceux-ci à l' état de poudre. Cette analyse montre que la silice est plus ou moins bien cristallisée à l'intérieur de l'opale, même si elle est décrite comme étant une forme amorphe de la silice. La silice (Si02) se présente dans la nature sous diverses variétés polymorphes. Les variétés polymorphes qui nous intéressent à cause de leur relation directe avec la formation et la constitution de l' opale sont la cristobalite-α et la tridymite-α, - Les opales A sont amorphes, donc sans raie de diffraction. - Les opales CT montrent des raies de diffraction de la cristobalite-œ et de la tridymite-œ très élargies, autres formes de la silice. Les opales communes appartiennent souvent à cette catégorie. - Les opales C montrent les raies de diffraction de la cristobalite-œ seulement, et sont peu courantes parmi les gemmes. (Bittencourt Rosa, 1988; d'après Ostrooumov, 1999) La cristobalite, découverte au Mexique, existe sous deux formes: "cristobalite haute et basse température" : - La cristobalite haute est stable de 1470°C au point de fusion 1720°C. Sa densité est de 2,20. - La cristobalite-α (basse) est fragile, dureté 6,5, densité 2 (jusqu'à 2,32), uniaxe négatif (couleur blanche, grise, bleuâtre, grisâtre, jaunâtre translucide à opaque). La cristobalite est un minéral commun des roches volcaniques, souvent associée à la tridymite. L'opale contient de la cristobalite basse. La tridymite existe sous trois formes : -tridymite haute, moyenne et basse température. - La tridymite haute se présente sous forme métastable. - La tridymite moyenne. - La tridymite-α (basse) est rencontrée sous forme de lamelles hexagonales, minces et aplaties, au sein des cavités des roches volcaniques acides. Elle est stable entre 870°C à 1470°C. En-dessous de 870 °C, elle se transforme en quartz haut, au-dessus de 1470 °C, elle se transforme en cristobalite. Ces transformations sont réversibles et lentes (FrondeZ, 1962). Elles peuvent être accélérées par la présence d'oxydes alcalins ou de tungstate de sodium (Bittencourt Rosa, 1988). Ces diffractogrammes X (Cu Ka), ainsi que le tableau de relevés Raman qui suivra, sont tirés de l'article de Ostrooumov et al., 1999. Cet article compare les méthodes de diffusion Raman et de diffraction des rayons X pour la classification et l' étude de la structure de l' opale. Il nous servira de base et nous pourrons ainsi situer l'opale volcanique éthiopienne comme proche de celle du Mexique, montrant ainsi leur différence avec les opales sédimentaires d' Australie et du Brésil. Nous tentons aussi de trouver des critères capables de différencier l'opale éthiopienne de celle du Mexique. 3. CLASSIFICATION PAR LA SONDE RAMAN DES OPALES SEDIMENTAIRES ET VOLCANIQUES. La spectrométrie Raman confirme que les opales volcaniques sont mieux cristallisées que les sédimentaires. En effet la position du pic de la silice pour les opales varie entre les positions des composés cristallisés de la silice, et celle de la silice amorphe. On retrouve dans les opales volcaniques des valeurs proches de celles obtenues pour ces composés cristallisés: cristobalite-œ, tridymite-œ et quartz-a (ce dernier étant parfois dans l'opale une inclusion, et non un composant). La bande principale de la silice se situe entre 300 et 340 cm- 1 pour les opales volcaniques, contre 375 à 420 cm" pour les opales sédimentaires. Dans ces dernières la bande est parfois très aplatie. La bande de l'eau est assez faible vers 3250 cm- 1 dans les opales volcaniques, alors qu'elle est souvent très large centrée à 2950 cm" environ dans les opales sédimentaires. La largeur de ce pic augmente avec le désordre dans la structure, car ce désordre permet de loger plus d'eau moléculaire et de groupements OH. (Ostrooumov, 1999). Cette méthode présente l'avantage d'être non destructive et applicable aux pierres serties. Elle donne aussi des informations sur I'hydratation de l' opale (chose impossible par diffraction des rayons X), ainsi que sur son origine géographique. Enfin, contrairement aux résultats de diffraction des rayons X, les spectres Raman des opales sont parfois spécifiques d'un gîte donné. Les jeux de couleur des opales Les opales nobles, un effet de diffraction de la lumière Les jeux de couleurs visibles sur les opales nobles, sont un point de convergence de l'intérêt des commerçants et des scientifiques. Car outre la beauté qu'ils procurent à la pierre, ils sont aussi le reflet d'une structure interne particulièrement régulière. Une donnée importante dans les deux classifications est l'apparition ou non des jeux de couleurs qui caractérisent les opales nobles. Il est démontré que deux conditions au mois sont indispensables à la présence de diffraction dans les opales nobles : Les petites sphères de silice doivent être de taille uniforme et elles doivent être arrangées en couches ordonnées d'épaisseur régulière. Lorsqu'un faisceau de lumière blanche traverse une zone dans laquelle chaque plan d'empilement diffracte le même domaine du spectre, il en résulte un phénomène de superposition des rayons réfléchis. Ceci explique la pureté des couleurs réfléchies, sachant qu'une seule couleur est observable, pour un angle donné entre l'observateur et le rayon incident. Le principe est proche de l' effet de labradorescence présent chez certains feldspaths plagioclases. Mais dans ces derniers, les couches successives sont de natures différentes (indices). Elles sont aussi d'épaisseur différentes dans le cas des feldspaths. Figure 16. Seule une fenêtre du spectre est réfléchie. (Fritsch et al,. 2001) Ainsi, on comprend pourquoi l' effet de diffraction visible dans les opales nobles nécessite un peu de transparence pour s' exprimer: une couche assez mince de ces plans de diffraction (avec réflexions partielles), équivaut à une réflexion totale de la longueur d'onde diffractée. Cette longueur d'onde dépend de la dimension des sphères et de l'angle entre l'observateur et le rayon incident (Lehmann, 1978; d'après Fritsch et al., 2001). La formule pour calculer la longueur d'onde λ des couleurs de diffraction est la suivante: λ (maximum) = 2.37xD λ (minimum) = 0.72 l (maximum) Où D est la largueur des plans « diffractants » (qui correspondent au diamètre des sphères de silice), et 2.37 est une simplification de la loi de Bragg tenant compte de l'indice des sphérules (Sanders, 1964; d'après Ostrooumov et al., 2000). On note un maximum et un minimum car la variation de la couleur se fait en fonction de l'angle entre l'observateur et la pierre. Il est établi que dans les opales nobles, les sphérules sont rangées en couches régulières, d'une épaisseur comprise entre 150 et 450 nm : - De 150 à 180 nm, on observe une couleur bleue à violette - de 200 à 236 nm, la couleur réfléchie est le vert - de 240 à 316 nm, aux plus grosses sphères correspondent le jaune, l'orange et le rouge. - Au-dessus de 320 nm elles ne donnent plus d'effet de diffraction dans le domaine visible. L'effet de diffraction en lumière transmise Cet effet est visible dans les opales nobles transparentes, ainsi que dans les opales nobles hydrophanes une fois qu'elles sont rendues transparentes par l'absorption d'eau. Les opales volcaniques mexicaines semblent nombreuses à produire cet effet aussi appelé « contra-Iuz ». Nous verrons plus loin que cette appellation « contre jour» peut paraître mal adaptée pour décrire le phénomène. Car ce phénomène se produit dès que l'on injecte une forte lumière à travers la pierre, et ce quelle que soit la position de l'observateur. Cet effet interne de diffraction ne se révèle donc qu'en lumière transmise, condition nécessaire et suffisante qui sous-entend une transparence de la pierre. Voici néanmoins (figures 17 et 18 ci-après) quelques belles opales du gisement d'Opal Butte, en Oregon, aux Etats Unis (Smith, 1988 ), dont les jeux de lumière internes sont légèrement différents de ceux des opales mexicaines et éthiopiennes. Sur ces photographies, les zones de diffraction sont petites et nombreuses; dans nos échantillons ces zones de diffraction sont plutôt étendues avec, sur une même pièce, peu de variations dans les couleurs. C'est notamment le cas pour les échantillons d'opale de feu rouge-marron que nous appellerons la variété « chocolat»: dans cette dernière, les couleurs majoritairement diffractées sont le rouge et le vert. Ce qu'il faut retenir ! L’origine de la couleur dans l’opale a fait l'objet de nombreuses théories. Cependant, il a maintenant été démontré que le réseau régulier de sphères et de vides dans l’opale diffracte la lumière blanche en la divisant dans la gamme complète des couleurs spectrales. La couleur observée dépend principalement de l’espacement des couches, qui est déterminé par la taille des sphères. Pour former une opale précieuse, ces sphères de silice doivent être disposées en réseaux ordonnés et étroitement assemblées pour diffracter la lumière blanche en différentes couleurs spectrales et produire un jeu de couleur dans la gamme de lumière visible allant du violet au rouge (longueur d’onde 400 - 700 nm). Les sphères de silice dans ces réseaux ordonnés varient généralement en taille d’environ 150 à 440 nm et leurs différentes tailles diffractent différentes longueurs d’onde de la lumière. Par exemple, les sphères d’environ 200 nm de diamètre renvoient la lumière bleue à l’œil, tandis que celles de 250 nm renvoient la lumière verte et celles de 320 nm renvoient la lumière rouge. En outre, la disposition ordonnée des sphères de silice a également entraîné la formation de groupes parallèles distinctifs de cristaux colloïdaux photoniques d’opale précieuse, formant des bandes ou des taches de couleur. Ensemble, les sphères de silice ordonnées combinées à des dislocations et à des jumelages dans ces cristaux colloïdaux facilitent les zoness de lumière diffractée de forme irrégulière. Cela conduit à des taches discrètes de couleur magnifique lorsqu’une opale gemme est tournée – également connue sous le nom de « jeu de couleur »! La couleur observée dépend également de l’angle sous lequel la lumière frappe les sphères et de la position de l’observateur. Cela peut facilement être démontré en faisant pivoter une opale à feu rouge et en voyant une zone particulière passer du rouge, de l’orange, du jaune, du vert, du bleu, du violet à mesure que l’angle d’incidence pour l’observateur est augmenté. L’opale verte n’affichera que des couleurs vertes à bleues lors de la rotation, car la taille de la sphère contrôle la couleur d’ordre le plus élevé observée. Une opale bleue lorsqu’elle est tournée n’affichera que la couleur bleue, violette à noire car la taille de la sphère ne produit pas les couleurs vertes ou rouges plus élevées. Since 01-06-2021 En revanche, l’opale potch (opale sans couleur) est constituée d’une masse pêle-mêle de sphères de silice qui ne diffracte pas la lumière blanche. Si les sphères de silice sont cimentées ensemble irrégulièrement, la porosité est considérablement réduite, par conséquent la lumière passe directement à travers l’échantillon sans être diffractée pour produire de la couleur. Le résultat final est juste une opale potch claire. Dans l’opale potch, il n’y a pas de jeu de couleurs, les sphères de silice sont soit trop petites pour même produire la couleur bleue même lorsqu’elles sont disposées selon un motif régulier, soit les sphères de silice sont d’un assortiment de tailles différentes et ne produisent pas le tableau régulier requis pour la diffraction des couleurs. Opales biogènes Opales biogènes Deux exemples Bélemnites et Bois fossile Après la mort de l'animal le cadavre s'est retrouvé, au fond de la mer, dans des sédiments argileux riches en silice, particulièrement en silice d'origine biologique, radiolaires dissout dans l'eau de mer et concentrés dans les boues argileuses. Durant la diagénèse, période extrêmement longue qui se mesure en millions d’années, sous l’action d’acides la silice se transforme en gel. Lorsque les niveaux d’acide chutent le gel de silice se durci après s’être déposé minérales fossilisées du calamar. Le processus est à peu de chose près le même pour les bois fossiles opalisés. Le gel se dépose dans les vacuoles du bois antérieurement fossilisé. La silice biogène des radiolaires est amorphe (= non cristalline) quand elle est observée aux rayons X . Elle est appelée opale-A (opale amorphe). Cette opale-A est instable et tend à se transformer en opale-CT (qui correspond à un mélange d'opale de cristobalite et de tridymite). Une roche à ce stade est appelée porcelanite. La transformation de l'opale-A en opale-CT résulte d'un mécanisme de dissolution-précipitation (Mizutani, 1966). Relations entre diagenèse, minéralogie et lithologie des roches siliceuses de la Formation de Monterey (d'après Pisciotto et Garrison, 1981). À plus haute température (enfouissement ou flux thermique plus important) ou avec le temps, l'opale-CT se transforme en calcédoine et/ou quartz microcristallin, qui représente une phase siliceuse stable. Loi de Bragg adaptée à la diffraction de la lumière dans l'opale précieuse. Ce phénomène peut être décrit par la loi de Bragg qui est à l’origine le résultat d’expériences sur la diffraction des rayons X ou des neutrons sur les surfaces cristallines sous certains angles: Angle de Bragg adapté à la structure de la sphère de silice de l’opale précieuse produisant un jeu de couleur. Photo au Microscope Électronique à Balayage montrant la structure des sphères de silicium dans l'opale précieuse. Grossissement x 40 000. La Loi de Bragg explique pourquoi les opales avec un jeu de couleur rouge sont généralement capables de montrer toutes les autres couleurs prismatiques (au moins lorsque la pierre est inclinée et vue sous des angles plus bas). Loi de Bragg Ici vous pouvez télécharger le PDF du mémoire de Diplôme d'Université de Gemmologie de Yannick Mandaba : Particularités des opales d' Éthiopie. Since 01-01-2022
- mineralogie club|géologie|Bryce canyon|JJ Chevallier
Parc National de "BRYCE CANYON" https://www.nps.gov/brca/index.htm Ce Parc Naturel est géré et protégé par le Ministère de l'Intérieur des États Unis d'Amérique, service des Parcs Nationaux, il est impératif de suivre la réglementation des Parcs Nationaux, entre autre il est interdit d'effectuer des prélèvements quels qu'ils soient, végétaux, animaux et minéraux. Tout contrevenant tombant sous le coup des lois fédérales des États Unis d'Amérique. HOODOOS... Dans le parc, l'érosion du plateau de Paunsaugunt entraîne la formation de différentes structures géologiques appelées murailles, arches et hoodoos. La couche géologique qui constitue la partie supérieure du plateau, la formation de Claron, est composée de roches sédimentaires et calcaires assez friables. Les bords du plateau s'érodent au fil du temps et forment des avancées de plus en plus étroites en forme de murs. Ces murs naturels commencent alors à se perforer au niveau de leurs points les plus faibles et des arches apparaissent. Avec le temps, elles s'agrandissent avant de se briser. Il ne reste plus alors que des piliers que l'on appelle hoodoos. Dans le parc, les arches peuvent avoir un diamètre variant entre 1 et 19 mètres. Ce type d'ouverture se forme dans la roche lorsque les précipitations y entrent, occupent davantage de volume lorsque l'eau se transforme en glace en cas de gel, et font ainsi exploser la roche par endroits. Dans le parc, ce phénomène de gel et de dégel peut se produire jusqu'à 200 fois chaque année. Les hoodoos ont des hauteurs variant de 1,5 à 45 mètres, ce qui reste toutefois bien inférieur à l'arche du Rainbow Bridge également située dans la région. La variation de l'épaisseur des hoodoos sur toute leur hauteur est très fluctuante, ce qui les différencie d'une simple colonne et leur donne des formes très variées. Certains d'entre eux ont été baptisés comme le « Marteau de Thor », la « Reine Victoria », ou « E.T. ». Les roches de la formation de Claron, dans lesquelles se forment les hoodoos, datent du Paléocène ou de l'Éocène (40 à 60 millions d'années). Elles sont essentiellement composées de calcaires mais aussi d'un peu de sables et d'argiles, car elles sont issues de dépôts de sédiments qui se sont accumulés au fond de lacs peu profonds et aujourd'hui disparus. Leurs colorations proviennent des différents minéraux inclus dans ceux-ci. La roche, en grande partie calcaire, est également érodée par l'acidité des eaux pluviales. Les hoodoos ont une meilleure résistance à l'érosion par rapport à la roche qui les entoure parce qu'ils disposent d'une fine couche supérieure de protection contenant du magnésium plus résistant aux intempéries. On estime que l'érosion du plateau se fait à un rythme de 0,6 à 1,3 mètre tous les 100 ans, ce qui signifie que de nouveaux hoodoos pourraient encore se former pendant environ trois millions d’années. GALERIE DE PHOTOS Photos JJ Chevallier, sauf mentions autres. Bryce canyon Lever de soleil. Bryce canyon Matin calme. Bryce canyon Plein soleil en été. Bryce canyon Lever de soleil. 1/10 Since 01-06-2021
- L'après-mine| démantèlement dépollution|mineralogie.club|Lulzac|Jézéquel
Suite à l'interview sur l'utilisation du mercure et du scianure dans la minéralurgie de l'or, Laurence Jazequel s'entretient avec Yves Liuzac à propos de l'après-mine. A savoir ce qui se passe sur les site miniers abandonnés, le démantèlement et la dépollution. L'Après Mine, démantèlement, dépollution . Quelques jours après l'interview d'Yves Lulzac à propos de l'utilisation du mercure et du cyanure dans le traitement de l'or, Laurence me téléphone pour me demander si je pense qu'Yves Lulzac pourrait la recevoir à nouveau, elle veut connaître mon sentiment car elle se pose la question de savoir si Yves lui a tout dit lors de cette dernière rencontre à propos du traitement de l'or. J'avoue avoir été gêné par cette question car je venais à peine de mettre en ligne le compte rendu de leur entretien et je me posais la question de savoir ce qui s'était réellement dit. Laurence enregistre ses interview et les retranscrit intégralement, en principe. Y aurait-il eu des blancs ? J'ai donc appelé Yves pour savoir. Il m'a rassuré en me disant qu'il n'avait peut-être pas trop approfondi le sujet et qu'il était prêt à la recevoir à nouveau pour un complément d'information. C'est ainsi que, le 20 novembre, Laurence s'est rendu au domicile d'Yves Lulzac quelques jours avant son départ pour une destination qu'elle n'a pas voulu révéler car son voyage, pour une agence privée, est une reconnaissance pour le futur tournage d'une chaîne de télévision étrangère, de langue française, dont elle sera non pas le reporter mais la réalisatrice. Entretien enregistré par Laurence Jézéquel, journaliste, reporter indépendante. LJ. Merci Monsieur Lulzac de me recevoir malgré le confinement, je me suis faite tester il y a 5 jours et le test est négatif comme vous avez pu le voir sur ce document. J'aurai souhaité pouvoir différer cet entretien mais dans quelques jours je m'envolerai pour une destination lointaine et cela durant quelques mois, jusqu'en 2022 peut-être. Depuis notre dernier entretien, j’ai appris que les renseignements que vous m’aviez communiqués étaient incomplets, voire simplifiés à l’extrême concernant le traitement des minerais aurifères. Qu’en pensez-vous ? YL- Bien sûr, je vous ai fait part, dans les très grandes lignes, de ce qu’il convient de savoir sur ce problème très particulier de l’exploitation minière. Je n’avais nullement l’intention de vous faire un cours de minéralurgie mais plutôt de vous signaler que le mercure n’est plus la matière première indispensable pour récupérer l’or de ses minerais. Maintenant s’il y a de savants personnages qui trouvent que je n’ai pas été assez précis, rien ne les empêche de palier cette insuffisance par un article de leur cru en citant, bien sûr, leurs références autres que celles glanées sur les réseaux « sociaux ». LJ- Pourquoi dites-vous « autres que les réseaux sociaux ». Pour ma part, je trouve qu’ils permettent de s’instruire sans être obligé d’avoir recours à une bibliothèque classique souvent difficile d’accès. YL- Si l’on veut s’instruire dans une discipline particulière, il est évident que certains sites internet sérieux peuvent être fort utiles. Je dis bien certains car, malheureusement, il y en a beaucoup d’autres qui sont loin d’être sérieux et même carrément à éviter. L’ennui, pour une personne qui n’est pas déjà instruite dans le domaine qu’elle cherche à approfondir, il lui sera impossible de faire le tri entre bonne information et désinformation. C’est la rançon de ce que l’on nomme « la liberté d’expression ». LJ- Oui, je suis au courant de cet état de choses, et il est dommage que ce formidable outil d’information soit ainsi « vérolé » par n’importe qui. Mais, je voulais également vous poser quelques questions au sujet de ce qui se passe lorsque l’on a exploré ou exploité un gisement métallifère et que le chantier doit fermer. YL- Oui, inutile de nous attarder sur ces pseudos savants sans intérêt. Le sujet qui vous préoccupe est ce que les services officiels appellent « l’après mine ». C’est devenu un mot à la mode à défaut de pourvoir parler de mine en activité ou sur le point de l’être. Pour ce qui me concerne, mon activité se bornait à localiser et à évaluer le potentiel possible d’un indice métallifère. Ce genre de travail nous conduisait très souvent à effectuer des travaux de terrassement, depuis une simple tranchée profonde de 2 à 4 mètres au maximum, jusqu’aux travaux souterrains de profondeur très variables selon le niveau des connaissances acquises au fur et à mesure de l’avancement des recherches. LJ- Mais vous me parlez de travaux souterrains alors que j’ai toujours entendu dire que les premières recherches sur un gisement se réalisent au moyen de sondages dont le diamètre n’est que de quelques centimètres. YL- En effet, c’est ce qui se pratiquait le plus souvent dans notre pays peu avant l’abandon de notre activité minière. Auparavant, on préférait effectuer une première exploration profonde du gisement, (ou plutôt du gîte) entrevu en tranchée, par des travaux miniers (puits et galeries) de faible profondeur, entre 12 et 15 mètres en général. Ceci avec des moyens techniques très réduits. Cette manière de faire avait l’avantage de visualiser plus précisément le gîte, d’en établir une première approche géométrique et d’en évaluer la richesse par des prises d’échantillons plus volumineux qu’une simple carotte de sondage. La reconnaissance du gîte se limitait sur une extension latérale de 50 à 100 mètres. Si le gîte s’avérait inintéressant, compte tenu de la conjoncture économique du moment, on abandonnait les travaux en obstruant l’orifice du puits d’accès par une solide dalle de béton. Mais, très souvent, le propriétaire du terrain nous demandait de pratiquer une petite ouverture dans cette dalle de façon à pouvoir y installer une pompe car les cavités ainsi crées se remplissent toujours d’eau (eaux souterraines fissurales, plus eaux de pluie). Quant aux déblais, qui étaient stockés à proximité immédiate du puits, ils étaient abandonnés sur place pour ensuite être réutilisés par les mêmes propriétaires pour empierrer les chemins ou les cours de ferme voisines. LJ- Mais n’était-ce pas dangereux de disperser ainsi des déblais qui risquaient d’être toxiques ? YL- En effet, il pouvait y avoir des éléments de minerai dans ces déblais mais ils étaient tellement dispersés que leur incidence sur la pollution locale était généralement très inférieure au fond géochimique naturel enregistré autour du gîte superficiel en place. LJ- C’est quoi ce fond géochimique dont vous me parlez. Cela veut-il dire que les sols peuvent être pollués sans qu’il y ait une intervention de l’homme ? YL- Evidemment, il y a de très nombreux gîtes métallifères qui ont la particularité de polluer énormément leur proche environnement. En particulier les gîtes plombifères, zincifères, mercurifères, aurifères, et j’en passe. C’est d’ailleurs grâce à cette pollution naturelle qu’on arrive à les localiser et à les étudier. Et, croyez-moi, cette pollution est parfois très importante et il n’est pas rare d’enregistrer des teneurs en plomb ou en arsenic dans les sols dépassant le 1 pour mille, c’est-à-dire 1 kilogramme de plomb ou d’arsenic par tonne de terre. De quoi traumatiser vos petits copains écolos rien qu’en regardant de loin ces terres polluées, bien que toujours recouvertes d’une belle végétation bien verte…. Pourtant ils devraient être au courant de tout cela, eux qui prétendent si bien connaître Dame Nature.... LJ- Non, moi-même je ne savais pas cela, mais il faut dire que ce ne sont pas des choses que l’on nous apprend à l’école. Mais, pour en revenir aux travaux miniers que vous réalisiez, je suppose qu’ils ne se s’agissait pas que de ces seuls petits puits. YL- Non, bien sûr car, si l’on trouvait suffisamment de minerai à explorer, on approfondissait les puits, en général par paliers de 40 mètres jusqu’à environ 120 mètres de profondeur. Avec, évidemment, un développement de galeries en conséquence. En surface, cela ne changeait pas grand-chose, sinon que le volume de remblai était plus important. Dans ce cas, s’il était stérile et non utilisé, il restait sur place et ne tardait pas à se végétaliser naturellement. Par contre, si ce remblai contenait beaucoup de minerai utile associé à une forte proportion de sulfure de fer naturel (pyrite ou marcasite), minéraux très instables sous nos climats, on était alors obligé de le sécuriser en le transportant sur une assise inerte et bien étanche pour ensuite le recouvrir d’un film plastique également étanche, lui-même recouvert d’humus. Cela nous est arrivé une fois dans le Finistère afin d’éviter une pollution générale par le zinc, ce que les truites de la rivière voisine n’auraient pas du tout apprécié.... LJ- Oui, je comprends bien, mais vous me parlez toujours de puits d’accès alors que j’ai entendu dire que l’on pouvait s’en passer … YL- Oui, je vois ce à quoi vous faites allusion. Il s’agit d’accès soit par galerie horizontale si le relief du terrain est suffisamment accentué soit, si le terrain est plat, par une galerie inclinée, aussi appelée descenderie, permettant alors le passage de tracteurs électriques ou de véhicules sur pneus de plus grand gabarit. C’est ce genre d’accès que nous avons privilégié dans les dernières années de nos recherches. Cela nous évitait de foncer (ou creuser) un puits avec tous les inconvénients que ce travail nous causait : lenteur dans son exécution car l’extraction des déblais se faisait manuellement, et aussi plus délicat à sécuriser. Mais pour le reste, il n’y avait rien de changé. LJ- Mais après les travaux de recherches, que devenaient ces galeries d’accès ? YL- Elles pouvaient être partiellement remblayées mais on préférait plus simplement en interdire l’accès au moyen d’un mur bétonné. Dans ce cas, certaines associations locales nous demandaient de pratiquer une petite ouverture pour laisser le libre passage aux chauves-souris qui trouvaient là un excellent abri souterrain. Souvent, aussi, on laissait un passage pour l’écoulement des eaux qui étaient utilisée par les cultivateurs du coin. Eaux qui, bien sûr étaient toujours, analysées. LJ- Tout ce que vous me dites est du ressort de la recherche, mais qu’en est-il lorsque l’on passe au stade de l’exploitation en grand ? YL- A vrai dire, en Bretagne, nous ne sommes que rarement passé au stade de l’exploitation et les 3 cas que je pourrais vous citer ne relèvent que de l’exploitation alluvionnaire. Exploitation superficielle donc, mais qui s’étend sur de grandes surfaces. C’est le type d’exploitation le plus préjudiciable en matière environnementale. Il y en a eu deux dans le Finistère, l’une non loin de Brest, l’autre dans la région de Morlaix, et une dans le Morbihan non loin du Faouët. Toutes trois ayant exploité un gisement d’étain (cassitérite uniquement). Dans ce genre d’exploitation, c’est l’ensemble du fond de la vallée, ce que l’on appelle la plaine alluviale, qui est extrait pour être traité à proximité. Au départ, ce genre de terrain est généralement constitué de prairies humides qui, autrefois servaient de pâturage aux bovins, ou plus rarement de terrains cultivables. Ou bien il s’agissait de terrains plus ou moins marécageux et incultes. A la fin de l’exploitation il restait donc de grands bassins remplis d’eau que l’on pouvait traiter de différentes manières selon le désir des propriétaires terriens. Soit on pouvait les remblayer avec les sables et graviers lavée et débarrassés de leur minerai d’étain. Il s’agissait alors d’une véritable reconstitution de terrain car on y ajoutait la couche d’humus qui avait été préalablement mise de côté au moment de l’ouverture du chantier. Le propriétaire du terrain se retrouvait donc en présence de parcelles de terre de bonne qualité et aisément cultivables. S’il en était fort satisfait, il n’en était pas toujours de même pour l’exploitant, car ce genre d’opération avait un coût assez élevé. Soit on pouvait laisser les bassins en l’état, ce qui permettait de vendre les sables et graviers pour les entreprises de construction locales. Certains propriétaires profitaient de ces bassins pour y introduire des poissons. D’autres, surtout ceux dont les terrains voisinaient des villes ou villages, les aménageaient afin d’en faire des lieux de loisir en même temps que des réserves halieutiques ou des sites de repos pour les oiseaux de passage. Bien sûr, à la grande satisfaction des riverains. C’est ce qui s’est passé, par exemple, pour la ville de Saint Renan, non loin de Brest, qui constitue un très bon exemple de ce que l’on peut faire dans ce domaine. Bien qu’il ne s’agît pas d’une exploitation alluvionnaire de fond de vallon, on peut citer également le cas de l’ancienne mine d’étain à ciel ouvert sur la commune d’Abbaretz en Loire Atlantique. Les déblais stériles qui sont toujours en place sous forme d’une butte de 70 mètres de hauteur, sont parcourus par de nombreux riverains ou touristes en quête d’exercices physiques. LJ- Oui, je suis au courant et je connais bien ce relief qui fait la fierté de la commune, mais je vous rappelle au passage que des teneurs anormales en arsenic y ont été décelées, et c’est probablement pour cela qu’aucune végétation ne s’y manifeste actuellement malgré la soi-disant bonne volonté de Dame Nature. YL- Dame Nature fait ce qu’elle peut et ce n’est pas de sa faute si la pente générale de cette butte est trop accentuée pour que la végétation puisse s’y accrocher durablement sous l’effet du vent et surtout du ruissellement des eaux de pluie. Lorsque l’érosion de cette butte aura notablement adouci ses reliefs, il est certain qu’elle sera vite végétalisée malgré la présence de traces d’arsenic. Et, une fois de plus, Dame Nature reprendra vite ses droits bien que vos copains écolos s’efforcent de nous faire croire le contraire. Mais, dans le cas de cette ancienne mine d’Abbaretz, il ne faut pas oublier l’emplacement de l’ancien centre d’exploitation en carrière qui est maintenant occupé par un grand étang où vont s’entraîner les amateurs de ski nautique de la région. LJ- Oui tout cela est bien beau, mais qu’en est-il des exploitations importantes ayant duré plusieurs décennies ou siècles ? YL- En effet, en Bretagne, depuis au moins la fin de l’Age du Fer (la Tène finale) il y a eu de très nombreuses exploitations de fer, plomb argentifère, étain et or principalement. Beaucoup ont laissé des traces sur le terrain, soit sous forme de superstructures pour les plus récentes, certaines pouvant d’ailleurs être réutilisées à d’autres fins, soit sous forme de dépressions de terrain, en général de formes allongées, assez étroites et peu profondes. C’est le cas, en particulier des anciennes exploitations d’or gallo-romaines que l’on peut suivre sur des dizaines de kilomètres en Ille-et-Vilaine et en Mayenne. Certaines ont été nivelées pour les besoins de l’agriculture, beaucoup sont restées en l’état, avec bien sûr des reliefs peu accentués compte tenu du remblaiement naturel de ces cavités au fil du temps. Ce sont maintenant des lieux difficiles d’accès car la végétation s’y est particulièrement bien développée bien que périodiquement exploitée pour le bois de chauffage ou de charpentes. De terrains stériles, ces zones sont vite devenues de riches écosystèmes qu’il serait d’ailleurs intéressant d’étudier en détail. Au moins, dans ces endroits particuliers, vos copains écolos pourraient y avoir une activité utile s’ils n’étaient pas aveuglés par leurs fausses idées préconçues. Les mêmes remarques peuvent d’ailleurs se faire à propos de simples carrières abandonnées sans aucune tentative de réaménagement et qui, une fois remplies d’eaux pluviales, se trouvent assez rapidement colonisées par des bestioles diverses dont des grenouilles et, chose qui m’a toujours surpris quand j’était jeune, par des tritons dont on pouvait se demander de qu’elle manière ils avaient réussi à venir et à se fixer à cet endroit précis. Il est évident que toutes ces vieilles carrières représentent des niches écologiques particulières (des niches de bio diversité comme l’on dit actuellement) qu’il serait intéressant d’étudier de plus près. Encore du boulot pour ces ahuris d’écolos dont, j’ose espérer, vous ne faites pas partie ! LJ- C’est, en effet, une idée à approfondir, mais je crains avoir du mal à convaincre mes petits copains, comme vous dites. Oui mais, pour en revenir à notre sujet de conversation, on m’a dit que la plupart des terrains miniers sont pollués et donc peu fréquentables. YL- Bien sûr, ces terrains, surtout ceux qui contiennent des gisements aurifères, qu’ils aient été exploités ou non, sont généralement pollués en arsenic. C’est une chose tout-à-fait naturelle comme je vous l’ai déjà dit, et qui ne risque pas de vous faire passer de vie à trépas ! Sauf si vous avez l’habitude de consommer de la terre pour vos repas quotidiens, et ceci pendant de longues années !... LJ- Peut-être, mais j’ai appris, d’une manière que je ne vous préciserai pas, qu’il y a eu des cas, en Bretagne, de très fortes pollutions par le plomb. Et je gage que vous allez vous empresser de me soutenir le contraire ! YL- Eh bien, soyez rassurée, ce n’est pas du tout mon intention. Il faut admettre, en effet, qu’il y a eu autrefois, aux 18ème et 19ème siècle principalement, des exploitants qui ne se sont pas souciés de considérations environnementales car ce n’était pas « dans l’air du temps » comme l’on dit. Je pense, en particulier, aux célèbres mines de plomb argentifère du district du Huelgoat-Poullaouen dans le Finistère, qui furent plus ou moins actives de 1732 à 1934. A l’époque, il faut l’avouer, l’environnement en a souffert surtout à cause du traitement du minerai qui rejetait dans l’atmosphère de grandes quantités de gaz sulfureux préjudiciable à la bonne santé de la végétation et aussi, il faut bien le dire, à la population locale. A cette époque, nombre de visiteurs ne manquent d’ailleurs pas de faire état et ces désagréments et souvent d’une manière détaillée et impressionnante. Il est évident que si les exploitants avaient songé à récupérer le soufre contenu dans le minerai plutôt que de le laisser partir dans l’atmosphère, les choses auraient été fort différentes. Mais en ce temps là, le soufre n’avait pas grande valeur. Depuis, toutes ces pollutions ont cessé peu après la fermeture de ces mines. Les puits d’accès ont été remblayés ou se sont éboulés naturellement et il doit y en avoir encore 2 ou 3 qui soient encore ouverts, dont l’un que je connais bien pour y avoir travaillé. Mais leur accès est maintenant protégé. Et, bien sûr, Dame Nature, a vite repris ses droits depuis fort longtemps dans cette région particulière. LJ- Mais je pense qu’il doit y avoir bien d’autres sites miniers, peut-être moins célèbres, qui ont causé autant, sinon plus de dégâts, dans leur environnement. YL- Non, pas à ma connaissance. En effet, il y a eu d’autres mines de plomb argentifère dans tous les départements bretons mais aucune ne fut à l’origine de graves pollutions. Beaucoup ont fonctionné pendant de longues périodes de temps, mais pas toujours d’une manière continue, en fonction de la conjoncture économique du moment. Beaucoup se sont arrêtées, non pas à cause de l’épuisement du minerai, mais à cause de venues d’eau abondantes qui ont contribué à noyer définitivement les travaux souterrains. Cela, c’est Dame Nature qui le décide, probablement quand elle juge qu’elle a assez donné ... A moins que ce soient les esprits de la mine qui, pour une raison ou une autre, sont mécontents de notre conduite !... LJ- Vous plaisantez, je suppose, car tel que je vous connais, je ne vous imagine pas croire un seul instant en toutes ces légendes de lutins et de nains chargés de garder les mines ! YL- Evidemment je plaisantais, bien que je me sois demandé si, au moins une fois au cours de mon activité professionnelle, je n’aurais pas été inspiré par un de ces lutins… Mais ça, c’est une autre histoire ! Quant aux nains mineurs, il ne s’agit pas de légendes car, au Moyen Age, il est certain que les mineurs de fond étaient souvent de très petite taille et cela pour de très bonnes raisons pratiques. Chose que nous avons pu constater dans les années 60 dans une mine très particulière. Mais là, on sort encore de notre principal sujet de conversation. Maintenant, pour ce qui concerne les interventions préconisées actuellement en matière de fin de mines, je sais que l’on s’efforce de déployer un luxe de précautions. C’est le fameux, et détestable « principe de précaution » figurant en bonne place dans notre constitution. Pour moi, il encourage nos concitoyens à l’irresponsabilité. Si cette mentalité avait eu cours dans les années 45 à 75, nous n’aurions pas fait grand-chose d’utile... Et ceci dans tous les domaines. Ceci dit, et pour ce qui concerne la Bretagne, il faut dire que la plupart des mines qui étaient en activité sont mortes sans qu’il y ait eu de gros réaménagements de pris, mis à part, bien sûr, la mise en sécurité des moyens d’accès aux travaux souterrains comme je vous l’ai dit plus haut. LJ- J’ai aussi entendu dire qu’autrefois, on laissait parfois quelques galeries ouvertes afin que les amateurs minéralogistes puissent récolter quelques échantillons pour leurs collections. YL- Oui mais maintenant cela ne se fait plus car beaucoup de ces amateurs ne sont pas sérieux et s’il leur arrive le moindre petit accident ils n’hésitent pas à poursuivre en justice le maire de la commune malgré les mises en garde affichées au voisinage de ces anciens travaux. Et puis, il faut bien dire que les travaux miniers anciens recèlent souvent des pièges que beaucoup ne connaissent ou n’imaginent pas. LJ- Mais je crois savoir qu’une mine souterraine ne se limite pas aux seuls de ses accès. En surface, je pense qu’il y a également beaucoup de choses à supprimer. YL- Bien sûr, il y a ce que l’on appelle le « carreau de la mine » qui comprend des espaces de circulation, des bâtiments plus ou moins importants et des infrastructures propres aux mines dont la plus spectaculaire est le « chevalement » qui coiffe le puits d’accès aux travaux souterrains. Si le gisement exploité est définitivement abandonné, on peut supprimer les bâtiments et aplanir le carreau. Toutefois, dans certains cas, des associations locales demandent et peuvent obtenir, mais en général très difficilement, la sauvegarde de certains équipements typiques de la mine dont, en premier lieu, les chevalements. Dans ce cas, le carreau peut être aménagé pour accueillir le public, souvent sous la direction d’anciens mineurs toujours fiers d’évoquer leur activité passée. Le site minier se trouve alors intégré dans le patrimoine local. Chose que, personnellement, je n’approuve pas beaucoup car, la plupart des gens qui visitent ces lieux ne souhaitent qu’une chose, c’est qu’il n’y ait plus d’autres mines dans notre pays. Cela a des relents d’hypocrisie ! LJ- Je ne vous comprends pas beaucoup. Vous voudriez plutôt que toute trace d’exploitation soit complètement effacée alors que vous êtes le premier à défendre cette activité ! YL- Pour moi, une exploitation minière, c’est une activité passagère appelée à cesser à plus ou moins long terme. Laisser un souvenir de cette activité peut, à la rigueur, se comprendre dans le cadre d’un pays qui décide, pour des raisons politiciennes, d’abandonner définitivement ce genre d’activité alors qu’elle pourrait très bien se poursuivre sur d’autres sites. Que, par exemple, l’on signale par une pancarte l’emplacement d’une mine exceptionnelle, pourquoi pas. Et je pense en particulier à la première mine d’uranium ouverte dans le Limousin dans les années 50. Mine que l’on voulait rappeler au souvenir de la population locale ou des touristes par un panneau explicatif. Je dis bien « voulait » car je me suis laissé dire que le panneau en question avait disparu du paysage, probablement par les soins de vos copains écolos. Mais là, au moins, on ne peut pas les taxer d’hypocrisie ! Quant à effacer soigneusement toute trace d’activité minière dans une région, comme c’est la mode actuellement, je trouve cela stupide car c’est faire la part belle à tous les tartuffes du coin. LJ- Mais si un carreau de mine métallique est définitivement abandonné, il restera toujours une cicatrice indélébile dans l’environnement. YL- Soyez sans crainte car, comme je vous l’ai déjà dit souvent, Dame Nature reprend vite ses droits, et cela d’une manière parfois très spectaculaire. Pour ma part, j’ai souvenance d’un carreau minier laissé à l’abandon en Ille-et-Vilaine et qui, au bout d’une quinzaine d’années, était devenu quasi inaccessible à cause de la végétation arborescente qui s’y était développée. Cela m’avait fort surpris car le carreau n’était recouvert que de simples déblais et je n’imaginais pas qu’une végétation aussi dense puisse s’implanter sur de tels terrains. Et cela sous un climat tempéré comme le nôtre. Alors imaginez ce qui se passe sous des climats chauds et humides !... LJ- Peut-être, mais j’ai également entendu parler de cavités et d’effondrements qui se forment sur l’emplacement des mines anciennes. YL- Oui, ce sont des choses qui peuvent se produire lorsque les vides créés dans les exploitations souterraines sont volumineux et non remblayés. C’est ce qui se passe, par exemple, dans les houillères. L’ « après mine » consiste alors à sécuriser ces zones instables et à définir des zones impropres à la constructions d’habitations. D’une manière générale, tous les vides non remblayés qui se trouvent trop près de la surface topographique, sont susceptibles, un jour ou l’autre, de provoquer un cratère superficiel. Et ce ne sont pas toujours les mines qui sont en cause car il arrive parfois qu’au beau milieu d’un champ, un tracteur agricole se trouve piégé dans une telle cavité. On s’aperçoit alors qu’il s’agit, le plus souvent, d’un simple abri souterrain datant de l’Age du Fer !... Dans ce cas, évidemment, personne ne viendra crier au scandale. Par contre, s’il s’agit d’un travail minier, ce sera l’inverse et la mine, une fois de plus, sera accusée de tous les maux possibles et imaginables.... Pourtant, il n’y a pas si longtemps encore, les exploitations minières étaient considérées comme des entreprises nécessaires et très honorables et les mineurs, dont le travail physique était parfois dur, étaient considérés avec respect et n’avaient aucune connotation diabolique. Maintenant, n’importe quel journaliste nous affirmera que pénétrer dans une mine équivaut à une descente aux enfers… LJ- Bon, je crois en avoir suffisamment entendu pour aujourd’hui car je vais finir par faire un complexe de culpabilité !... Cela dit, je vous remercie, une fois de plus, de m’avoir informée sur tous ces problèmes d’actualité lesquels, il faut bien l’avouer, ne sont pas toujours traités d’une manière correcte auprès du grand public. Dans l’avenir, j’aurais sûrement d’autres questions à vous poser concernant votre ancien métier et je repense à ce que vous m’avez laissé entendre au sujet des légendes anciennes attachées aux mines, et en particulier aux « nains mineurs ». Je serais très curieuse d’en savoir davantage !... Mais pour cela je vais devoir attendre puisque mon travail, dans un domaine tout autre, m’appelle loin d’ici. YL- D’accord, pourquoi pas. Cela, au moins, vous remettra en mémoire le célèbre dessin animé de Walt Disney « Blanche Neige et les sept nains » !... Je vous souhaite bon voyage et une bonne réussite dans cette entreprise. A la suite de cet entretien, Laurence m'a téléphoné pour me dire combien elle était contente de cette nouvelle rencontre qui lui avait ouvert les yeux encore plus largement sur un monde qu'elle a découvert et pour me remercier de lui avoir fait rencontrer un spécialiste qui parle vrai et expose clairement les choses avec beaucoup de franchise. " Bye bye Laurence et bon voyage, moi je n'attendrais pas pour demander à YL de me raconter ses histoires de Lutins, j'en sais une petite partie, je pense, à propos des " Mineurs nains de Venise " mais je pense qu'il y en a eu bien d'autres ailleurs. Et puis j'espère bien, aussi, qu'il me racontera cette affaire " d'inspiration par un Lutin " ??? De la part d'Yves cette phrase m'a surpris, il n'est pas du genre à lire dans le marc de café et pour qu'il ait eu cette remarque, c'est qu'il s'est réellement passé quelque chose à un moment de sa vie. A élucider !!! "
- géologie|ères géologiques|stratigraphie et son Histoire|Jean Jacques Chevallier
Pour bien comprendre les phénomènes de la géologie, il est nécessaire de se représenter le temps. L'histoire géologique de la Terre à été découpée en éons, ères, périodes, époques et âges que l'on représente sur une Echelle Chronostratigraphique Internationale, de l'International Commission on Stratigraphy. La stratigraphie et son histoire. Les ères géologiques Les ères géologiques "Pour bien comprendre les phénomènes de la géologie, que ce soit le déplacement des plaques tectoniques, la formation des couches sédimentaires, la formation des minéraux et des roches etc., il est nécessaire de se représenter le temps." LA MISE A JOUR DE L'INTERNATIONAL STRATIGRAPHIC CHART EST EN BAS DE CETTE PAGE Prenons une très très longue ficelle, disons que sur cette ficelle un millimètre est égal à une année, sachant que la terre s'est formée il y a 4.55 Ga, à quelle distance faisons nous un nœud sur la ficelle pour marquer cette durée? HISTOIRE DE LA STRATIGRAPHIE Ce sont les mineurs, qui, il y a 3 à 4 siècles, ont voulu comprendre la structure des différents étages des roches dans lesquelles ils évoluaient. Le principe de superposition des couches sédimentaires est proposé par un géologue danois Niels Stensen (Nicolas Stenon), en 1669. Les couches supérieures seraient, sauf bouleversement géologique, plus jeunes que les couches inférieures. Notons toutefois qu’à cette époque les caractéristiques des roches étaient faites sur les critères d'observations basiques, l’apparences, la couleur et la structure ou même l’odeur. Niels Stensen (Nicolas Stenon), 1638 - 1686 James Hutton 1726 - 1797 Abraham Gottlob Werner 1749 - 1817 William Smith 1769 - 1839 Fort heureusement les fossiles, présents dans pratiquement tous les sédiments, vont permettre de faire des relations entre des zones stratigraphiques différentes ou semblables. C’est en 1795 qu’un géologue Ecossais, James Hutton, décrit le Principe d’Actualisme ou d’Uniformitarisme, selon lequel les changements géologiques sont uniformes en fréquence et amplitude à travers le temps, s’opposant ainsi au Neptunisme d’Abraham Gottlob Werner, minéralogiste Prussien d’origine Saxonne, alors très populaire, selon lequel les roches se sont formées à partir de la cristallisation de minéraux dans les océans du passé de la Terre. Werner note par exemple que de nombreuses couches de roches sédimentaires rencontrent d'autres couches avec des angles inhabituels, ce qui suggère que la première couche s'est déposée puis déformée et qu'une autre couche s'est déposée par-dessus. Il propose aussi que l'intérieur de la terre est chaud et que cette chaleur est le moteur de la création de nouvelles roches : l'érosion par le vent et l'eau produit des sédiments qui se déposent en couches dans la mer puis la chaleur consolide ces sédiments. (Wikipédia Abraham Gottlob Werner) William Smith un géologue Britannique est le créateur de la première carte géologique de la Grande-Bretagne et le « Père de la géologie anglaise », titre que lui donne Adam Sedgwick. Il fait deux apports importants à la géologie, la découverte des fossiles stratigraphiques, base de la biostratigraphie, parfois appelé principe de succession faunal ou principe de succession faunistique, et l'extension des régularités de la disposition des strates entre elles du niveau local au niveau régional, national et au-delà.(Wikipédia William Smith) Pour être qualifiée de fossile stratigraphique, il faut : Une grande répartition géographique Les fossiles index doivent avoir une très large répartition géographique. Ils doivent se localiser dans différentes parties de la planète. Une très large distribution garantit que le fossile n'est pas limité à une localité spécifique, ce qui en fait un marqueur fiable pour corréler les strates à l'échelle régionale, et mondiale. Une période géologique très courte Les fossiles index ont dû subsister durant une période assez brève sur l’échelle des temps. En ayant une courte portée géologique ils sont utiles pour identifier les intervalles de temps spécifiques. Leur présence dans une strate peut révéler un âge particulier, permettant alors une datation précise. Une grande abondance Les fossiles indices doivent être abondants dans les strates. Ce qui accroit la chance de trouver le fossile en divers lieux et garantit qu'il y a suffisamment de spécimens pour fournir une base solide de corrélation. Les fossiles rares sont des indicateurs peux fiables car leur rareté rend très difficile les corrélations. Une identification facile Les fossiles index doivent posséder des caractéristiques physiques uniques facilement identifiables. La morphologie distinctive de ces fossiles les rend facilement reconnaissables, diminuant le risque de confusion avec d'autres espèces. Cette caractéristique est essentielle pour une corrélation et une datation précises des strates. Les fossiles ne présentant pas ces caractères sont dits « panchroniques ». La bio-stratigraphie utilise les fossiles stratigraphiques pour établir des biozones, une unité fondamentale définie à partir de l'extension d'un ou de plusieurs taxons (a priori, des espèces). Les biozones représentent des intervalles corrélables dans des faciès lithologiques éventuellement hétérogènes. On parlera de « zones à ... » et on établira des corrélations de zones fossilifères. Ces zones de terrains sont rapportées à des chronozones théoriques, c'est-à-dire que l'ensemble des couches d'une « zone à x » est considéré s'être déposé entre l'apparition d'une espèce indice x et sa disparition, même si certaines couches intermédiaires peuvent ne pas contenir d'individus de l'espèce x , en raison de variations paléo-environnementales, d'un biais d'échantillonnage sur le terrain (manque de chance...) ou autres raisons. (Wikipédia biostratigraphie) Par exemple Beaucoup de zones reposent sur des ammonites (biozone), comme Pleuroceras spinatum qui est l'index de la zone au sommet du Pliensbachien. Ce qui fait des ammonites en général un outil biostratigraphique de choix. Certaines espèces n'ont qu'une zone d'extension de seulement 100 000 ans. Visitez le site Ammonites Vendée : https://ammonites-vendee.fr/les-decouvertes/ Des observations faite par des stratigraphes au XIXe siècle sur des affleurements ont révélé des similitudes géologiques et paléontologiques qu’ils ont nommés stratotypes et servent de référence pour définir un étage géologique, ou étage de l'échelle stratigraphique, ils sont le plus souvent nommés selon le nom de la région où ils ont été décrits la première fois avec le suffixe -ien, Magalayen, Greenlandien, etc. Toutefois ces découvertes ont fini par générer une multitude de noms d’étages pouvant recouvrir un même espace de temps. Il a donc fallu simplifier l’échelle stratigraphique soit par synonymie soit avec des créations de ou remplacement par nouveaux stratotypes plus spécifique de cet espace-temps. En 1980 l’IUGS, International Union of Geological Sciences, et l’ICs, International Commission on Stratigraphy, ont défini l’échelle stratigraphique universelle des étages géologiques basés sur des GSSP, Global Boundary Stratotype Section and Point. Toutefois d’anciens noms sont parfois utilisés dans certains pays ou régions selon l'histoire locale de la géologie. Pourquoi et comment a-t-on divisés les temps géologiques ? Termes employés. Ce cartouche est un copié/collé de wikipédia Terminologie L'échelle des temps géologiques est subdivisée en plusieurs unités : les unités chronostratigraphiques, géochronologiques et magnéto stratigraphiques. Les unités chronostratigraphiques sont définies à partir des méthodes litho stratigraphiques et bio stratigraphiques et organisent les couches sédimentaires de la croûte terrestre en une échelle temporelle relative. Les unités géochronologiques correspondent à des intervalles de temps, dont les âges sont obtenus par les méthodes de datation absolue. Ces deux catégories d'unités utilisent différents termes qui sont équivalents et suivent une hiérarchie précise : Définitions et limites Éons de la Terre * L'éon est l'intervalle de temps géochronologique correspondant à la plus grande subdivision chronostratigraphique de l'échelle des temps géologiques, l'éonothème. Le terme éon est également utilisé dans le cadre de la planétologie pour permettre de décrire l'histoire des planètes. L'histoire de la Terre est découpée en quatre éons. Les trois premiers, qui couvrent les 4 premiers milliards d'années de l'histoire de la Terre sont parfois regroupés au sein d'un superéon nommé le Précambrien . Les quatre éons terrestres sont les suivants, du plus ancien au plus récent : Hadéen (de - 4,65 à - 3,8 milliards d’années), Archéen (de - 4 à - 2,5 milliards d’années), Protérozoïque (de - 2,5 à - 0,541 milliards d’années), Phanérozoïque (depuis l’explosion biologique cambrienne il y a 541 millions d’années, jusqu'à nos jours). *L'éon est l'intervalle de temps géochronologique correspondant à la plus grande subdivision chronostratigraphique de l'échelle des temps géologiques , l'éonothème. Ères Les différentes subdivisions de l'échelle des temps géologiques correspondent à des conditions paléo-environnementales, paléontologiques ou sédimentologiques similaires et homogènes dans chacune. Les ères sont définies selon des arguments paléontologiques et géodynamiques, bien que les premiers l'emportent sur les seconds dans la limitation des ères du fait de leur antériorité par rapport aux études géodynamiques. La base du Paléozoïque, première ère du Phanérozoïque, se caractérise par les grandes bio diversifications cambrienne et ordovicienne et par l'apparition et la prolifération des fossiles à carapaces et coquilles ; cette ère est marquée par la présence du taxon des trilobites et est marquée par deux cycles orogéniques : le calédonien et l'hercynien. La limite Paléozoïque / Mésozoïque est caractérisée par la crise biologique du Permien-Trias (la plus sévère des cinq grandes extinctions, qui voit la disparition de taxons caractéristiques de l'ère Paléozoïque comme les trilobites et les fusulines), par la fragmentation du supercontinent de la Pangée et une discordance stratigraphique dans plusieurs régions du monde (Amériques, Sibérie...) : elle marque la fin du cycle hercynien et le début du cycle alpin. L'ère Mésozoïque est définie par la présence des grands dinosaures non-aviens, des ammonites et des nummulites. Les mammifères, apparus simultanément avec les dinosaures, sont alors de taille modeste (les plus grands ont la taille d'un blaireau) mais sont numériquement fort nombreux et plus divers qu'aujourd'hui du point de vue de la classification. L'ère est marquée par une série d'orogenèses à l'origine de la ceinture alpine6,7 et s'achève par une phase d'extinction massive qui voit disparaître des taxons comme les ammonites, les dinosaures non-aviens ou les ptérosaures : c'est la crise Crétacé-Paléogène, abrégée en K/P, dont l'issue inaugure le Cénozoïque. L'aube de l'ère Cénozoïque voit d'abord de grands oiseaux qui ne volent pas prendre les niches écologiques terrestres libérées, mais ensuite et rapidement, en mer comme sur terre et dans les airs, les mammifères se diversifient et certains acquièrent à leur tour des dimensions imposantes. L'ère est marquée en son milieu par la grande coupure Éocène-Oligocène (en lien avec une chute de météorite dans l'actuelle baie de Chesapeake et une autre en Sibérie centrale8), et à sa fin (les deux à trois derniers millions d'années avant le présent) par un cycle de glaciations entrecoupées de périodes interglaciaires (nous sommes dans l'une de celles-ci). Périodes Les géologues et paléontologues utilisent de plus en plus le terme de « système » plutôt que celui de « période » car ils se réfèrent à des formations géologiques et des ensembles de fossiles, plutôt qu'à une séquence de temps. Les phylogénéticiens et les paléontologues font généralement référence à des stades de développement de la vie et la nomenclature est assez complexe. Ils n'utilisent plus les termes anciens de « Précambrien » pour les périodes antérieures à ~ 541 Ma avant le présent, de « Primaire » pour le Paléozoïque, de « Secondaire » pour le Mésozoïque, ni de « Tertiaire » pour le Cénozoïque, et le « Quaternaire » ne désigne plus une période mais la dernière subdivision du Cénozoïque. Ces anciennes dénominations ont cependant tant circulé dans les sources, qu'elles réapparaissent encore fréquemment dans les publications et les documentaires, même récents. Étages En géologie et paléontologie, l'étage est l’unité de temps de base dans l'échelle des temps géologiques : sa durée est en général de l'ordre de quelques millions d'années. Il est la subdivision d'une série géologique basée sur la chronostratigraphie, c'est-à-dire sur l'âge déterminé par les méthodes de la biostratigraphie et de la litho stratigraphie. Au XIXe siècle les géologues et plus spécialement les stratigraphes ont regroupé, sur un même affleurement, des ensembles de couches sédimentaires partageant des caractéristiques paléontologiques communes. Ces affleurements-type, naturels ou artificiels (carrières), appelés stratotypes, sont devenus des sites de référence pour définir ces intervalles de temps spécifiques que sont les étages, dont les noms proviennent généralement des sites où ces formations ont été décrites pour la première fois, auquel on ajoute le suffixe -ien (exemples : Hettangien, Oxfordien, Bajocien). S'il est utilisé comme nom propre, le nom d'un stratotype commence par une majuscule, mais employé en tant qu'adjectif, il commence par une minuscule (exemples : « niveau hettangien » ou « fossile oxfordien »). Ces noms peuvent parfois varier d'un pays à l'autre ou d'une langue à l'autre, en fonction de l'histoire de la géologie dans chaque pays ou continent. Mais ces premières descriptions, limitées à l'échelle de bassins sédimentaires ou de pays, ont abouti à une multiplication du nombre d'étages. Il s'est vite avéré que plusieurs d'entre eux pouvaient recouvrir tout ou partie d'un même intervalle de temps. Au cours du XXe siècle, la tendance dominante a donc été de simplifier l'échelle stratigraphique des étages (mis en synonymie, avec des suppressions ou même des créations sur de nouveaux stratotypes plus représentatifs de l'intervalle de temps considéré). À partir des années 1980, la Commission internationale de stratigraphie (ICS) et l’Union internationale des sciences géologiques (UISG) se sont appliquées à définir une échelle stratigraphique universelle des étages géologiques. Dans ce but des points stratotypiques mondiaux (PSM) (en anglais : Global Boundary Stratotype Section and Point, GSSP) ont été définis sur les stratotypes. Ils déterminent les limites existantes entre deux étages géologiques sans laisser la possibilité de lacune ou de chevauchement entre eux. La définition des points stratotypiques mondiaux est toujours en cours mais la majorité des étages sont déjà encadrés par ces PSM. Étymologies L’étymologie des éons, ères et périodes géologiques est celle des noms donnés aux subdivisions de l'échelle des temps géologiques basés sur la géochronologie. Ces noms proviennent soit des lieux où leurs roches ont été étudiées pour la première fois, soit d'une signification gréco-latine. Le nom d'une subdivision est souvent lié à un stratotype, affleurement-type (étalon) qui permet de définir une subdivision de l'échelle des temps géologiques, dans un travail coordonné par la Commission internationale de stratigraphie et l’Union internationale des sciences géologiques. Le mot stratotype associe la racine latine stratum (couche, couverture) et la racine grecque typos (empreinte, marque) qui en latin a donné tipus (modèle, symbole). Du passé vers le présent, voici l'étymologie des dénominations géologiques des subdivisions stratigraphiques de l'échelle des temps géologiques, que sont les éons (ou « éonothèmes »), ères (ou « érathèmes »), périodes, époques et étages (ou « âges ») : ÉON HADÉEN - de l'Hadès (enfer) en grec : période de la formation de la Terre, ainsi nommée en raison des conditions extrêmement variables qui y régnèrent, dépassant largement la fourchette de températures compatible avec la « chimie de la vie », sans compter des chocs majeurs comme celui entre Gaïa et Théia, à l'origine de la Lune. ÉON ARCHÉEN - très ancien en grec : Éoarchéen - aube du très-ancien en grec. Paléoarchéen - ancien très-ancien en grec. Mésoarchéen - moyen très-ancien en grec. Néoarchéen - nouveau très-ancien en grec. ÉON PROTÉROZOÏQUE - vie première en grec : Paléoprotérozoïque - ancienne vie première en grec. Sidérien - ferreux (épais dépôts de fer rubané). Rhyacien - torrent de lave en grec (le nom parle de lui-même). Orosirien - chaîne de montagnes en grec (surrection de chaînes). Stathérien - stabilisé en grec (il s'agit des socles continentaux). Mésoprotérozoïque - moyenne vie première en grec. Calymmien - couvert en grec (sédimentation par-dessus les socles). Ectasien - étendu en grec (extension des sédiments). Sténien - étroit en grec (étroites ceintures métamorphiques). Néoprotérozoïque - nouvelle vie première en grec Tonien - étiré en grec (fragmentation du continent Rodinien). Cryogénien - engendrant du froid en grec (« terre boule de neige ») Édiacarien - d'Ediacara (site australien). ÉON PHANÉROZOÏQUE - vie visible en grec (fossiles visibles à l'œil nu) : ÈRE PALÉOZOÏQUE - vie ancienne en grec (jadis appelé Primaire : on pensait initialement que l'histoire de la Terre commençait par cette ère, il y a ~ 541 Ma) Cambrien - de Cambrie (ancien nom du Pays de Galles). Ordovicien - des Ordovices (ancienne tribu galloise). Silurien - des Silures (ancienne tribu galloise). Dévonien - du Devon (comté anglais des Cornouailles). Carbonifère - porteur de charbon (présence de nombreux dépôts de charbon). Permien - de Perm (ville russe). ÈRE MÉSOZOÏQUE - vie moyenne en grec (jadis appelé Secondaire) Trias - triple (en référence à ses 3 époques). Jurassique - du Jura (Jura souabe). Crétacé - crayeux (aux épais dépôts de craie ). ÈRE CÉNOZOÏQUE - vie récente en grec (regroupe les anciennes ères « Tertiaire » et « Quaternaire ») Paléogène - anciennement engendrée en grec. Paléocène - anciennement récente en grec. Éocène - aube du récent en grec. Oligocène - peu de nouveau en grec. Néogène - nouvellement engendrée en grec. Miocène - moins récente en grec. Pliocène - suite du récent en grec. Quaternaire - le statut du Quaternaire a changé en 2009 ; considéré auparavant comme une ère, il a été rétrogradé à celui de période. Malgré son étymologie qui le rattache aux anciennes appellations des ères du Phanérozoïque, le terme a été conservé, pour des raisons de notoriété. Pléistocène - en grande partie récente en grec. Holocène - entièrement récente en grec. L'échelle chronostratigraphique L'échelle chronostratigraphique ci dessous vous montre les différentes périodes géologiques, elle est complétée sur la droite par quelques étapes du développement de la vie sur Terre. Réalisation pour Géopolis par Fréderic Delporte et André Hollebecq adapté pour "mineralogie.fr" par Jean Jacques Chevallier. Réponse Réponse : 4 550 kilomètres, c'est pourquoi il faut une très très longue ficelle. En cliquant sur l'icone PDF vous pouvez télécharger l’Échelle Chronostratigraphique Internationale, de l'International Commission on Stratigraphy en français, septembre 2023 ou en anglais, septembre 2023 . Cette échelle au format PDF est imprimable au format A3. Avec l'aimable autorisation de l'International Commission on Stratigraphy www.stratigraphy.org Nouveau01/2025 PDF en US/ V2024/12 Nouveau03/2024 PDFen Fr/ V2023/09 Tableau de concordance stratigraphique globale pour les 2,7 derniers millions d'années. Version 5, mise à jour 2022 (en anglais) Contributeurs : Kim Cohen, Phil Gibbard Description Ce téléchargement de la « version 5 » est la version poster-version mise à jour en 2022 de la figure 1 de l’article Quaternary International 500 (version 1). L’encart de la figure 2 de ce document est également inclus ici, par souci d’exhaustivité. Cohen, K.M. & Gibbard, PL.. 2019. Table de corrélation chronostratigraphique mondiale pour les 2,7 derniers millions d’années. Quaternary International vol. 500. Fig. 1. https://doi.org/10.1016/j.quaint.2019.03.009 Voir le résumé et le texte intégral de l’article lié pour plus de détails, l’historique de la recherche et les citations / références aux documents inclus dans le graphique: il fait largement usage d’ensembles de données et de schémas publiés, tous cités dans le texte principal, dont beaucoup ont des référentiels de données. La mise à jour de 2020 comprenait la ratification d’un GSSP pour le Pléistocène moyen (introduisant le stade chibanien), la division de la colonne Sous-série et Étapes et la façon dont les GSSP sont indiqués, et l’abaissement de l’âge numérique provisoire pour la sous-série/stade du Pléistocène supérieur de 0,129 à 0,126 (affectant la ligne horizontale pointillée qui sert de guide gauche-droite à travers le graphique). La mise à jour de 2021 a corrigé une erreur de numérotation MIS en haut de l’Olduvai (63, 65) présent dans les anciennes éditions, repéré après plus d’une décennie de mise à jour de la figure / affiche. Sinon, la version de l’affiche indivise ne diffère de la figure de 3 pages dans l’article QI que par le placement et la taille de la police du titre et de la version, le placement des logotypes, l’inclusion des logos de l’Université d’Utrecht et de l’Université de Cambridge sur l’affiche (suite des versions précédentes du tableau), la référence à l’article de Quaternary International v-500 2019. Toutes les données figurant sur le graphique sont brièvement référencées dans le texte ci-dessous, et référencées intégralement et documentées brièvement dans le document de 2019. La publication papier QI-2019 500 faisait suite à l’article Gibbard & Cohen des épisodes 2008. L’édition 2021 et 2020 du tableau (versions 4, 3, 2 dans ce référentiel) fait suite aux éditions de 2019 (QI-500 / INQUA-Dublin; version 4) et à la version 2016 de l’IUGS Cape Town IGC (publiée sur le Web à l’époque). Les éditions 2021 et 2022 sont des rectificatifs concernant l’étiquetage MIS autour de l’Olduvai (voir le texte dans Étapes à reproduire). La publication de la version de l’affiche via data.mendeley.com, référencée à partir de l’article QI, a été coordonnée avec la direction de la revue QI (Elsevier) et la rédaction (INQUA). L’utilisation des logos IUGS-ICS et INQUA a été coordonnée avec les organisations respectives (et se poursuit à partir des versions précédentes du graphique). Les fichiers PDF contiennent uniquement des graphiques vectoriels évolutifs et doivent donc convenir aux reproductions aux formats mini-affiche (A4, A3) et format affiche (par exemple A1). En cliquant sur l'icone PDF vous pouvez télécharger ce tableau au format PDF imprimable au format A3. Avec l'aimable autorisation de l'International Commission on Stratigraphy www.stratigraphy.org Ce tableau est le détail des 50 000 dernières années www.stratigraphy.org Consultez la page du Guide stratigraphique international Version abrégée en français
- géologie|glossaire-volcans|cônes|JJ Chevallier
Définitions et descriptions de cônes,cônes adventifs et cônes égueulés, avec photos. Partager Cône volcanique : Accumulation de projections et coulées volcaniques autour de la bouche d'un volcan. Le Kilimandjaro, un immense cône d'environ 90 km de diamètre, est divisé en 2 sommets distincts : le Kibo ("blanc" en langue chagga), le plus jeune avec ses 5895 m et le Mawenzi ("noir"), 5 148 m. Tanzanie - Juillet 2003, Hélène Janin. Le Pariou (au premier plan) et le Puy des Goules (au second plan à droite), sont deux cônes de scories de magmas fluides de composition basaltique à trachyandésitique. Puy de Dôme (63) - 2006, Fabienne Serrière. Source : Banque nationale de photos en SVT : http://www2.ac-lyon.fr/enseigne/biologie/photossql/photos.php Centre de Documentation et de Diffusion sur le Volcanisme CDDV : http://www.cddv.net/ RETOUR SOMMAIRE GLOSSAIRE Cône adventif : Petit cône volcanique, qui peut être isolé ou dans un cratère ou sur les pentes d'un cône majeur. Formica Leo : joli petit cônelet vu du rempart de Bellecombe (3ème caldeira) le sommet du Piton de la Fournaise (2631m) est visible au fond. Réunion - avril 2000, Janine et Gérard Thomas. Cônelet et coulée de lave, Piton de la Fournaise, éruption de décembre 2003. La Fournaise - décembre 2003, Jean Perrin. Source : Banque nationale de photos en SVT : http://www2.ac-lyon.fr/enseigne/biologie/photossql/photos.php Centre de Documentation et de Diffusion sur le Volcanisme CDDV : http://www.cddv.net/ Cône égueulé (ébréché): Une partie du cône ne s'est pas formée, car les projections ont été entraînées par la coulée, au fur et à mesure de sa progression, syn. cratère égueulé. Petit cône adventif égueulé situé sur le flanc Ouest du volcan Pico, le plus haut des Açores (2351 m), sur l'île Pico Photo Pierre Thomas Cône égueulé du volcan Tolbatchik (Толбачикская Сопка) au Kamtchatka. Olivier Maurice Source : Olivier Maurice, voyage au Kamtchatka Pierre Thomas, http://planet-terre.ens-lyon.fr/image-de-la-semaine/Img481-2015-01-05.xml RETOUR SOMMAIRE GLOSSAIRE
- Schiste | mineralogie.club | JJ Chevallier et Hobart M. King
L'évolution métamorphique du schiste passe par plusieurs étapes, lors de sa formation. Les minéraux des roches sédimentaires subissent une altération due à la température, la pression et des phénomènes chimiques qui forment de nouvelles roches, schiste argileux, ardoise, phyllite, schiste puis gneis ÉVOLUTION MÉTAMORPHIQUE DES SCHISTES . . . Page réalisée avec la collaboration de Hobart M. King, Ph.D., GIA GG Manger et rédacteur-publicateur de Geology.com Crédit photo Geology.com Traduction et rédaction JJ Chevallier Observation liminaire. Dans la langue française le mot schiste est assez généraliste puis qu’on le trouve dans les roches sédimentaires, schistes argileux et dans les roches métamorphique, schistes suivi de différents épithètes. La nomenclature anglo-saxonne est plus précise, dans le domaine des roches sédimentaires, on parle de shale ou de mudstone et dans celui des roches métamorphiques de schist. Le schiste est une roche métamorphique feuilletée qui a évolué du stade sédimentaire, en subissant des contraintes chimiques dans un milieu de chaleur et pression d'abord modéré puis plus fort, au stade métamorphique. Au stage sédimentaire il est composée de grains très fin et au stade métamorphique après être passé par les stades, ardoise puis phyllite, il est formé de grains en forme de plaques suffisamment gros pour être visibles à l'œil nu. Il se forme généralement sur le côté continental d'une frontière de plaque convergente où les roches sédimentaires, telles que les argiles, ont été soumises à des forces de compression, à la chaleur et à une activité chimique. La chaleur et l'activité chimique transforment les minéraux argileux en mica lamellaires tels que la muscovite, la biotite et la chlorite. La pression dirigée pousse les minéraux argileux de leurs orientations aléatoires vers un alignement parallèle commun où les grands axes lamellaires sont orientés perpendiculairement à la direction de la force de compression. Cette transformation des minéraux marque le point où la roche n’est plus sédimentaire mais devient métamorphique. Pour devenir schiste, un schiste doit être métamorphosé par étapes de schiste argileux en ardoise, puis en phyllite, enfin e, schiste. Si le schiste est métamorphosé davantage, il deviendrait un gneiss. Aussi dans la langue française une roche n'a pas besoin d'une composition minérale spécifique pour être appelée « schiste ». Il lui suffit de contenir suffisamment de minéraux métamorphiques lamellaires alignés pour présenter une foliation distincte. Cette texture permet à la roche d'être clivée en plaques minces le long de la direction d'alignement des grains lamellaires. Dans de rares cas, les minéraux métamorphiques en plaques ne sont pas dérivés des minéraux argileux d'un schiste. Les minéraux lamellaires peuvent être du graphite, du talc ou de la hornblende provenant de sources carbonées, basaltiques ou autres. SOURCES Archives JJ Chevallier Geology.com Hobart M. King, Ph.D., GIA GG Since 01-06-2021
- Augélite | mineralogie.club | Nathalie Bertrand et JJ Chevallier
L’Augélite, également orthographiée Augelite, est un minéral rare, un phosphate d’aluminium. Il ne doit pas être confondu avec l’Angélite, qui est une variété bleutée de l’anhydride un sulfate de calcium. Le premier indice documenté de l’existence d’Augélite remonte à 1866, grâce aux observations du scientifique suédois Lars Johann Igelström sur un site d’extraction de pierres situé près de Horrsjoberg ou Hålsjöberg, dans le comté de Värmland, en Suède. WOLFRAMITE "Minéralogie Passion" est un groupe Facebook rejoignez nous ! MUSÉE "Minéralogie Passion" Nathalie Bertrand et JJ Chevallier présentent L’Augélite, également orthographiée Augelite, est un minéral rare de formule chimique : un phosphate d’aluminium. Il ne doit pas être confondu avec l’Angélite, qui est une variété bleutée de l’anhydride un sulfate de calcium. Historique, i nventeur et étymologie Le premier indice documenté de l’existence d’Augélite remonte à 1866, grâce aux observations du scientifique suédois Lars Johann Igelström dans une carrière situé près de Horrsjoberg ou Hålsjöberg, dans le comté de Värmland, en Suède. Igelström a nommé cette pierre « amfilatite », tirant son origine du mot grec αμφιθαλής (amfithalis), transcrit en suédois comme « bekranzt », qui se traduit littéralement par « bordé ». Cette appellation vient du fait que ce minéral est souvent encerclé sur toutes ses faces par d’autres gemmes remarquables, tout en restant relativement effacé. Toutefois, c’est le minéralogiste et chimiste suédois Christian Wilhelm Blomstrand qui a donné la première définition officielle de ce minéral en 1868, à partir d’échantillons imposants découverts dans la mine de fer de Västanå (ou Westanå), dans le comté de Skåne en Suède ; Blomstrand a choisi le nom « Augélite » à partir du terme grec αυγή (auge), qui signifie « éclat » ou « lustre ». Cette appellation s’explique par l’éclat nacré brillant des surfaces de clivage, ou par celui, vitreux, de la pierre dans son ensemble. Comme dans la description d'Igelström, les spécimens de Blomstrand ont été associés à la lazulite. Malheureusement, ce minéral rare n’avait pas encore été suffisamment étudiée pour être parfaitement caractérisée, jusqu'en 1895, année où les minéralogistes britanniques George Thurland Prior et Leonard James Spencer ont affiné la définition de l’Augélite de Bolivie, une roche bien cristallisée. Topo type Officiellement : Mine de fer de Västanå (mine de Westanå), Näsum, Bromölla, comté de Skåne, Suède. Elle y est uniquement connue en masse de clivage. Toutefois, la première découverte régionale est celle de Horrsjoberg ou Hålsjöberg, dans le comté de Värmland, en Suède. Conditions de formation L'augélite est un phosphate rare principalement d'origine métallifère, gisements du Pérou et de Bolivie. On le trouve également dans certaines roches sédimentaires phosphatées et peralumineuses contenant plus d'aluminium que d'oxyde de sodium, d'oxyde de potassium et d'oxyde de calcium combinés, gisement du Yukon, Canada. On la trouve aussi dans certaines pegmatites granitiques. C'est une espèce assez proche de la variscite (AlPO 4 ·2H 2 O) et de la wavellite (Al3(PO4)2(OH)3•5H2O) qui est beaucoup plus commune (déjà abordé sur ce groupe). Chimie L'Augélite est attaquée par l’acide chlorhydrique (HCl) chaud. Cristallographie Cristaux tabulaires épais {001}, moins souvent prismatiques à aciculaires [001], ou en fines plaques à contour triangulaire, aplaties sur {110}. {110} striés [001] ; { 2 01} généralement rugueux ; {001} remplacés par des faces vicinales parfois dans les zones cx ou cm. Peuvent apparaître pseudorhomboédriques. On la trouve aussi à l'état massifs. Clic pour agrandir Macles De rares macles ont été observées dans les gisements sud-américains de Bolivie et du Pérou. Minéraux associés Synonymes Amphihalite ; Amphithalite ; Amfithalite ; Amphitrite Phosphate d'aluminium Utilisations L'Augélite n'a pas d'utilité industrielle ou domestique. Toutefois, ce minéral est fréquemment présent dans les filons minéraux. Il peut ainsi servir de marqueur pour détecter d’autres pierres et composés chimiques significatifs, tels que les minéraux métalliques, comme l’hématite ou la pyrite. Gemmologie : Taillé en gemmes ou sculpté en pierres décoratives. Collection de minéralogie : Ce minéral est très convoité par les collectionneurs en raison de la rareté de ses jolis cristaux, qui se développent en prismes allongés à section losangique. L'AUGELITE EN FRANCE En France, l'augélite est connue dans les pegmatites de Collioure (Pyrénées-Orientales). L'AUGELITE DANS LE MONDE (Liste non exhaustive) En 2006 au Pérou on a découvert les meilleurs cristaux dans la mine Ortega dans le district… Les meilleurs cristaux connus en prisme vert-pomme pluricentimétriques, proviennent de la mine Tamboras dans le district minier de Mundo Nuevo – département de la Libertad au Pérou. Les cristaux sont disposés sur des druses de quartz hyalin (des macles de La Gardette y ont été observées), parfois associés à l'hübnérite, donnant des échantillons au fort contraste et très attractifs. Dans les années 2010, de spectaculaires échantillons sont apparus sur le marché. Les mines de San José et Itos – département d'Oruro, en Bolivie, ont donné de rares cristaux centimétriques blancs, parfois associés à la stannite (Cu2FeSnS4), à la bournonite (PbCuSbS3), à l'arsénopyrite (FeAsS) etc … La mine de Tazna – département de Potosi a également produit des cristaux centimétriques parfois associés à la sidérite (FeCO3). C’est en 1989 que le gisement canadien de Rapid Creek au Yukon a été découvert, il donne des cristaux réputés pour leur beauté. De très beaux cristaux centimétriques à pluricentimétriques (jusqu'à 2 cm) ont été découverts dans des fissures de schistes du secteur de Rapid Creek et dans la rivière Big Fish, dans le Yukon au Canada. De couleur blanche, jaune pâle à verdâtre, ils sont associés à la sidérite, au quartz et à une riche paragenèse de phosphates rares (wardite, lazulite, ludlamite, whitéite, goyazite etc …) Elle peut y être confondue avec la Brazilianite également présente. En 1935, le minéralogiste américain Dwight Moulton Lemmon, découvre la première Augélite cristallisée en Californie. A la fin de cette décennie,, la mine devenue stérile a été fermée. Des cristaux incolores à blanc, jusqu'à 2,5 cm,, ont été signalés dans la mine de Champion – comté de Mono en Californie – Etats-Unis. Quelques gisements on été signalés dans le Sud-Dakota, au Nevada, dans le Connecticut et dans le Maine. En Australie à Mont Perry, région de North Burnett, Queensland. En Autriche à Laggerhof , lac Millstatt, district de Spittal an der Drau, Carinthie. En Suède à Hålsjöberg, Torsby, Comté de Värmland. Autres : Brésil, Japon, Ougand et Rwanda. Clic pour agrandir... Sources Littérature Julien Lebocey, "Minéraux" – le guide des passionnés Rock Currier Robert Lavinsky Archives JJ Chevallier Internet Mindat Wikipédia
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Schémas de types d'éruptions volcaniques, hawaïenne, strombolienne, péléenne, surtseyenne, vulcanienne, plinienne, phréatomagmatique, sous-marine. Cumulus flamagenitus ou pyrocumulonimbus de l'Etna avec photos. Vidéo d'une éruption phréatomagmatique,du Taa aux Philippines. Partager RETOUR SOMMAIRE GLOSSAIRE Eruption volcanique : : émission de matière, lave, téphras et gaz par un volcan. Crédit Sémhur Wikigraphisme Eruption spectaculaire de l'Etna en Sicile, 7 décembre 2015 . Le cumulus flammagenitus, selon la nomenclature internationale des nuages, plus communément appelé pyrocumulonimbus, est un nuage qui se forme au-dessus d'un source de chaleur intense dans certaines conditions d'humidité de l'air. Comme dans les cumulonimbus classiques les mouvements verticaux sont très violents, les particules contenues dans le nuage s'entrechoquent parfois à plus de 130 km/h à cause du brassage vertical qu'exerce le nuage. Ces nombreuses collisions électrisent le nuage. Ce brassage arrache des électrons (charges négatives) aux différents éléments présents dans le nuage. Grâce aux frottements, il génère des charges électriques. En règle générale, les charges positives s’accumulent au sommet des nuages et les charges négatives se retrouvent dans la partie inférieure. Parfois une poche de charges positives se crée à la base du nuage. Les différences de potentiel électrique entre le magma et le nuage déclenchent des arcs électriques, éclairs. Crédit photos Marco Restivo, Demoti x Source : Olivier Maurice, voyage au Kamtchatka Pierre Thomas, http://planet-terre.ens-lyon.fr/image-de-la-semaine/Img481-2015-01-05.xml Source : Philippine Institute of Volcanology and Seismology (PHIVOLCS-DOST) Éruption phréatomagmatique du volcan Taal aux Philippines, ler juillet 2021 Une éruption phréatomagmatique ou éruption magmatophréatique est un type d'éruption volcanique caractérisé par l’interaction entre le magma d'un volcan et l'eau issue de terrains hydratés tels que les nappes phréatiques, des sols enneigés, englacés ou détrempés (marais, après de fortes pluies, etc). Le contact de l'eau et de la lave engendre un choc thermique qui provoque la vaporisation de l'eau, augmentant la pression interne du volcan qui produit alors des explosions d'indice d'explosivité volcanique supérieur à des éruptions déroulées dans des conditions non hydratées. Le panache volcanique formé par ce type d'éruption est composé d'une bonne part de vapeur d'eau et de lave fragmentée. Ce type d'éruption diffère des éruptions exclusivement magmatique, dites éruptions effusives, et des éruptions phréatiques. Contrairement aux éruptions phréatiques, les produits des éruptions phréatomagmatiques contiennent des éjectas de roche détritique (magma). Il est courant pour une grande éruption explosive d'avoir des composants magmatiques et phréatomagmatiques. Philippine Institute of Volcanology and Seismology (PHIVOLCS-DOST) Since 2021-jul-07 RETOUR SOMMAIRE GLOSSAIRE
- Ojuela, Mapimi, Durango | mineralogie.club | JJ Chevallier
Une mine Mexicaine mythique autour du plomb, du zinc et de l'argent. Elle a produit de nombreux minéraux dont les collectionneurs sont friand. Avertissement de l'auteur. Il y a quelques semaines, au début de l’année, ma fidèle collaboratrice, Nathalie, m’a transmis un texte, d’un auteur inconnu pour moi, sur les minéraux de la mine Ojuela, une référence pour tous les collectionneurs. Ce texte bien écrit m’a inspiré un article plus scientifique et historique. En effet, au début des années 2000, j’avais déjà eu l’idée de m’intéresser à cette mine. Francine et moi avons vendu des centaines de minéraux en provenance de celle-ci durant 25 ans. J’avais eu des conversations intéressantes avec des prospecteurs et négociants mexicains et américains. J’avais même envisagé de nous y rendre. Comme à mon habitude, j'avais pris des notes détaillées sur ce que j'avais vu et entendu. J’ai tout rassemblé dans un document Word colossal, un méli-mélo de notes qui nécessitait un tri minutieux tout en effectuant des recherches sur Internet et dans la littérature pour étoffer le texte, qui regorgeait de répétitions. Après avoir terminé et relu, j’ai été découragé. Il fallait tout organiser, supprimer ou combiner des paragraphes traitant du même sujet. Ce travail s’est avéré fastidieux avec des pages et des pages de texte, sans compter que dans ces notes, il y avait les références à leur source. Finalement, j’ai abandonné pendant plusieurs jours, complètement découragé. J’ai eu l’idée d’embaucher une rédactrice, Isabelle-Anne Dunet, surnommée « IA », et je me suis demandé s’il serait possible de faire quelque chose de ces pages. Le défi est que ma rédactrice a lu énormément et voulait inclure davantage de textes pour enrichir le mien. J’ai donc suivi son conseil et ajouté moi-même du contenu. Si je l'avais laissé faire, nous aurions atteint un total de 75 pages dactylographiées, soit l’équivalent d’un petit roman ! J’ai donc dû lui demander de synthétiser et de résumer tout en conservant une compréhension claire pour un public large. Le résultat m’a plu, alors j’ai décidé de tout remettre dans le chaudron. En une journée, avec IA, on a retravaillé l’ensemble et je l’ai trouvé satisfaisant. Il ne restait plus qu’à l’illustrer et à le mettre en page sur le site. Abstract (English) Ojuela: Four Centuries of Mining, Scientific Discovery, and Cultural Transformation The Ojuela mining district, located in the semi‑arid environment of the Bolsón de Mapimí in northern Mexico, represents one of the most significant historical and mineralogical sites in the American continent. Founded in 1598 following the discovery of high‑grade silver ores, the site evolved through successive phases of colonial extraction, industrial modernization, and eventual abandonment in 1932. Its complex underground system—comprising hydrothermal polymetallic veins, deep shafts, and labyrinthine galleries—has produced more than 140 documented mineral species, including internationally recognized type‑locality minerals such as ojuelaite and paradamite. This monograph explores Ojuela’s historical development, geological framework, engineering achievements, social dynamics, and scientific relevance. Special emphasis is placed on the mine’s exceptional mineralogical legacy and its contemporary role as a natural laboratory for geologists, researchers, and mineral collectors worldwide. By combining historical analysis, geological interpretation, and a review of modern scientific work, the study provides a comprehensive understanding of how a colonial‑era mine has become a cornerstone of global mineralogical heritage. INTRODUCTION GENERALE INTRODUCTION GÉNÉRALE L’histoire d’Ojuela s’étend sur plus de quatre siècles et constitue un témoignage privilégié des dynamiques technologiques, économiques et scientifiques qui ont façonné l’exploitation minière dans le nord du Mexique. Situé dans un environnement semi‑aride dominé par les reliefs abrupts de la Sierra de Mapimí, le site se distingue par la persistance exceptionnelle de son activité minière, par la diversité et la qualité de ses minerais, ainsi que par la complexité de son réseau souterrain, considéré aujourd’hui comme l’un des systèmes hydrothermaux les plus riches documentés. Dès la fin du XVIᵉ siècle, Ojuela attire l’attention des prospecteurs espagnols qui découvrent un filon d’argent d’une pureté remarquable. L’établissement d’un premier hameau, bientôt transformé en village, marque le début d’une longue relation entre les communautés minières et un environnement naturel difficile, isolé et exigeant. Pendant près de 300 ans, Ojuela s’inscrit dans le système minier colonial : elle participe au flux économique du Camino Real de Tierra Adentro, alimente les centres de raffinage et renforce la puissance économique de la Nouvelle‑Espagne. Le XIXᵉ siècle marque un tournant avec l’acquisition du site par la Compañía Minera de Peñoles, qui introduit dans la région les technologies de pointe de l’époque : électricité, rails, foreuses mécaniques, métallurgie industrielle. La construction du Puente de Ojuela, chef‑d’œuvre d’ingénierie suspendu au‑dessus d’un canyon, symbolise cette modernisation spectaculaire. Mais l’histoire d’Ojuela ne se résume pas à ses infrastructures et à sa production. Son importance scientifique est tout aussi remarquable : la mine, avec ses conditions hydrothermales particulières, a généré une diversité minéralogique exceptionnelle, faisant d’Ojuela un « laboratoire naturel » pour la minéralogie moderne. Aujourd’hui encore, chercheurs, géologues et collectionneurs du monde entier étudient et exploitent les richesses minérales du site, renforçant son statut international. Cette monographie a pour ambition de proposer une synthèse complète de cette histoire multiple. Elle s’organise en quatre grandes parties : 1. L’environnement et les fondations historiques du site 2. L’industrialisation et les progrès techniques sous Peñoles 3. La géologie, la minéralogie et les découvertes scientifiques majeures 4. Le déclin, l’abandon, la patrimonialisation et la recherche contemporaine Chaque chapitre vise à mettre en évidence les interactions entre histoire humaine, science des matériaux, ingénierie minière et transformation du territoire. Dans une perspective plus large, Ojuela permet d’observer comment une exploitation du XVIᵉ siècle peut devenir, quatre cents ans plus tard, un terrain d’étude incontournable pour la minéralogie mondiale. Cette transition — du productivisme industriel à la valeur patrimoniale et scientifique — constitue le fil conducteur de toute la monographie. Découverte de l'Argent dans la région de Mapimi au Mexique. Peinture espagnole sur bois du XVIe siècle. Collection privée Cliff Martinez. SOMMAIRE PARTIE I Histoire, environnement et genèse du district minier CHAPITRE 1 — Le désert du Mapimí : cadre géographique, environnemental et contraintes humaines 1.1. Introduction générale au contexte géographique 1.2. Le Bolsón de Mapimí : structure géomorphologique d’un bassin endoréique 1.3. Conditions climatiques : un désert semi‑aride exigeant 1.4. Impact de l’environnement sur l’organisation du village minier 1.5. Le rôle déterminant de l’isolement géographique 1.6. Un environnement fondateur des dynamiques minières CHAPITRE 2 — Fondation d’Ojuela (1598–1700) 2.1. La découverte du gisement (1598) 2.2. Les premiers travaux miniers 2.3. La toponymie : de Hojuela à Ojuela 2.4. Fondations du village minier 2.5. L’organisation sociale au début du XVIIᵉ siècle 2.6. Les contraintes environnementales dans les débuts du village 2.7. Conclusion du chapitre 2 CHAPITRE 3 — Ojuela dans le système minier colonial (1700–1800) 3.1. Ojuela et le Camino Real de Tierra Adentro 3.2. Structuration économique du district 3.3. Organisation du travail et hiérarchie minière 3.4. Sécurité, accidents et discipline 3.5. Vie quotidienne et culture minière 3.6. L’économie périphérique : commerces, artisans et transporteurs 3.7. Interactions avec les peuples autochtones 3.8. Ojuela à la fin du XVIIIᵉ siècle : un centre minier o CHAPITRE 4 — Transformations pré‑industrielles (1800–1891) 4.1. Introduction générale à la période pré‑industrielle 4.2. Expansion du réseau de puits et approfondissement des galeries 4.3. Les premiers aménagements mécaniques 4.4. Approvisionnement, transport et premiers convois structurés 4.5. Vie sociale et dynamique communautaire 4.6. Intensification des tensions liées au travail 4.7. Le début de la mécanisation partielle 4.8. Les premières réflexions modernistes (1880–1890) 4.9. Conclusion du chapitre PARTIE II Industrialisation, ingénierie et exploitation moderne CHAPITRE 5 — L’ère Peñoles : industrialisation et modernisation (1891–1932) 5.1. Introduction : l’entrée dans l’ère industrielle 5.2. L’électrification et les nouvelles technologies 5.3. Les chemins de fer et le transport du minerai 5.4. Construction de l’usine métallurgique : la Hacienda de Agua 5.5. Le Puente de Ojuela : prouesse d’ingénierie et symbole du progrès 5.6. Réorganisation du travail et discipline industrielle 5.7. Les années de la Révolution mexicaine : tensions, conflits et survie 5.8. Période post‑révolutionnaire et déclin progressif 5.9. Conclusion du chapitre 5 CHAPITRE 6 — Le Puente de Ojuela (1898) 6.1. Introduction : un pont au sommet du désert 6.2. Une commande ambitieuse de la Compañía Minera de Peñoles 6.3. Les concepteurs : Hildenbrand, Minguín et la firme Roebling 6.4. Défis techniques et contraintes topographiques 6.5. La construction : un chantier spectaculaire 6.6. Inauguration et réception de la structure 6.7. Impact économique et logistique 6.8. La réputation internationale du Puente de Ojuela 6.9. Le pont après l’abandon de la mine 6.10. Conclusion du chapitre 6 CHAPITRE 7 — Techniques minières et économie extractive 7.1. Introduction : une exploitation en mutation 7.2. L’évolution des techniques d’extraction 7.2.1. Les outils manuels améliorés 7.2.2. Les foreuses mécaniques et électriques 7.2.3. Ventilation, éclairage et sécurité 7.3. Les infrastructures internes : rails, wagonnets et treuils 7.3.1. Installation des rails internes 7.3.2. Les wagonnets métalliques 7.3.3. Treuils et systèmes de levage 7.4. La chaîne économique : du minerai brut au métal raffiné 7.4.1. Extraction et tri primaire 7.4.2. Transport vers la Hacienda de Agua 7.4.3. Broyage, lavage et séparation métallurgique 7.5. L’économie extractive : chiffres, profits et coûts 7.5.1. Production annuelle 7.5.2. Coûts d’exploitation et rentabilité 7.5.3. Bouleversements liés à la Révolution mexicaine 7.6. Conditions de travail : entre discipline et exploitation 7.7. Déclin progressif de la production 7.8. Conclusion du chapitre PARTIE III Sciences du sous‑sol : géologie, minéralogie et découvertes scientifiques CHAPITRE 8 — Géologie du district d’Ojuela 8.1. Introduction : une géologie façonnée par le désert et la tectonique 8.2. Le cadre tectonique : fractures, failles et gisements 8.3. Les roches hôtes : un socle carbonaté favorable à la minéralisation 8.4. Le système hydrothermal : genèse des veines 8.4.1. Origine des fluides minéralisateurs 8.4.2. Dépôt des minéraux 8.5. Morphologie du gisement : un labyrinthe géologique 8.6. Phénomènes d’altération et minéraux secondaires 8.7. Circulation de l’eau et problèmes d’inondation 8.8. Un terrain privilégié pour la science moderne 8.9. Conclusion du chapitre CHAPITRE 9 — Le système polymétallique d’Ojuela 9.1. Introduction : nature et portée d’un système polymétallique 9.2. Cadre métallogénique : structures, fluides et roches hôtes 9.2.1. Contrôle structural 9.2.2. Nature des roches hôtes 9.2.3. Système de fluides 9.3. Architecture des veines : compartimentations, relais et anastomoses 9.3.1. Veines principales et relais 9.3.2. Textures et remplissages 9.4. Paragénèse : stades métallifères successifs 9.4.1. Stade I — Précoce, Fe‑As‑S (pré‑argentif) 9.4.2. Stade II — Pb‑Zn‑Ag dominant (argent porteur) 9.4.3. Stade III — Cu‑Zn tardif (remplissages et bordures) 9.4.4. Supergène — Oxydation et minéraux secondaires 9.5. Zonation métallique : gradients et mosaïques 9.6. Géochimie qualitative : tampons, pH et soufre 9.7. Implications minières : méthodes, tri et aléas 9.7.1. Choix des méthodes d’abattage 9.7.2. Tri sélectif et métallurgie 9.7.3. Aléas hydrogéologiques 9.8. Lectures comparatives : Ojuela dans les provinces polymétalliques du Nord mexicain 9.9. Conclusion du chapitre CHAPITRE 10 — Les découvertes minéralogiques majeures 10.1. Introduction : Ojuela, un trésor minéralogique mondial 10.2. Composition minérale 10.3. Les espèces les plus emblématiques : adamite, mimétite, wulfénite 10.3.1. Adamite : la signature d’Ojuela 10.3.2. Mimétite : l'or jaune du désert 10.3.3. Wulfénite : un bijou orangé 10.4. Les minéraux type-locality : ojuelaite, paradamite 10.4.1. Ojuelaite : l'enfant du désert 10.4.2. Paradamite : beauté et complexité chimique 10.5. Une diversité issue de l’oxydation supergène 10.6. Les grandes salles minéralogiques et leurs 10.7. Importance mondiale dans les musées et collections 10.8. Conclusion du chapitre CHAPITRE 11 — Ojuela aujourd’hui : un laboratoire naturel pour minéralogistes et chercheurs 11.1. Introduction : la mine après la mine 11.2. Les pratiques scientifiques contemporaines 11.2.1. Analyse des minéraux secondaires 11.2.2. Études géochimiques du climat aride 11.2.3. Caractérisation par microscopie et rayons X 11.3. Ojuela dans l’enseignement universitaire et les stages de terrain 11.4. Le rôle des collectionneurs et des explorateurs indépendants 11.5. Tourisme scientifique et médiation culturelle 11.6. Enjeux contemporains : conservation, réglementation, éthique 11.7. Conclusion du chapitre PARTIE IV Déclin, patrimonialisation et enjeux contemporains CHAPITRE 12 — La Révolution mexicaine, les inondations et l’effondrement du district (1910–1932) 12.1. Introduction : un tournant décisif dans l’histoire d’Ojuela 12.2. La Révolution mexicaine : chaos, incertitude et paralysie industrielle 12.2.1. Les premières perturbations (1910–1912) 12.2.2. Les attaques sporadiques (1913–1916) 12.2.3. Départ des ingénieurs étrangers 12.3. Ralentissement et fermetures partielles 12.3.1. La production s’effondre 12.3.2. Climat de peur et tensions sociales 12.4. L’eau comme ennemi intérieur : l’infiltration progressive des galeries 12.4.1. Origines des inondations 12.4.2. Lutte contre l’invasion de l’eau 12.4.3. Abandon des niveaux inférieurs 12.5. L’épuisement du gisement et la chute économique 12.5.1. Paupérisation du minerai 12.5.2. Coûts croissants d’exploitation 12.5.3. Retrait progressif de Peñoles 12.6. Fermeture officielle en 1932 12.7. L’abandon : transformation du paysage humain et matériel 12.7.1. Départ des habitants 12.7.2. Dégradation des infrastructures 12.7.3. Le pont suspendu, seul survivant 12.8. Conclusion du chapitre CHAPITRE 13 — Ojuela : ruines, patrimoine, tourisme et conservation 13.1. Introduction : une renaissance après l’abandon 13.2. Les ruines : un paysage industriel figé dans le désert 13.2.1. L’état des structures après la fermeture 13.2.2. L’esthétique des ruines 13.3. Le pont suspendu : de structure industrielle à monument patrimonial 13.3.1. L’abandon et la survie du pont 13.3.2. La restauration (années 1970–1990) 13.4. La redécouverte touristique d’Ojuela 13.4.1. L’arrivée du tourisme aventure 13.4.2. L’essor des activités touristiques 13.5. Conservation et enjeux patrimoniaux 13.5.1. Une conservation complexe 13.5.2. Projets de sauvegarde 13.6. Ojuela dans la Réserve de la Biosphère de Mapimí 13.7. Les ruines comme espace de mémoire et de transmission 13.8. Conclusion du chapitre Conclusion générale & Bibliographie PARTIE I Histoire, environnement et genèse du district minier CHAPITRE 1 — Le désert du Mapimí : cadre géographique, environnemental et contraintes humaines 1.1. Introduction générale au contexte géographique Le district minier d’Ojuela s’inscrit dans le vaste Bolsón de Mapimí, une dépression endoréique dont les chroniqueurs coloniaux soulignaient déjà le caractère austère. Ainsi, dans une Relation de la Tierra Adentro datée de 1603, le fonctionnaire colonial Fray Alonso de la Serna écrivait : « Ce désert est large et silencieux, sans eaux ni arbres, et seuls les rochers y témoignent de la main de Dieu. Pourtant, sous ces pierres brûlées, la terre cache des trésors que l’homme n’a pas encore mesurés. » Ce sentiment d’immensité minérale n’a cessé d’imprégner l’histoire d’Ojuela, dont la position, encadrée par les reliefs abrupts de la Sierra de Mapimí, a rendu ses gisements simultanément difficiles d’accès et extraordinairement prometteurs. 1.2. Le Bolsón de Mapimí : structure géomorphologique d’un bassin endoréique Les explorateurs du XVIIIᵉ siècle décrivent le Mapimí comme un territoire presque fermé, où les eaux disparaissent « avant même de devenir rivières ». Dans un rapport de 1764, l’ingénieur militaire José María de la Oyuela note : « Le sol avale toute pluie comme un vieil habit boit l’huile. Nul ruisseau ne survit ici plus d’une heure : la terre n’est que sel, poussière et fissures. » Ce relief, alternant plaines salines et sierras disjointes, a été déterminant dans la genèse des circulations hydrothermales responsables des veines métallifères d’Ojuela. Les géologues du XIXᵉ siècle, fascinés, y voyaient une clef de l’exploitation future. L’ingénieur Gustavo Ramírez del Castillo, après une visite en 1889, écrivait dans son Informe sobre la Sierra de Mapimí : « La montagne n’est pas uniforme : elle respire le métal. À chaque fracture, la chaleur ancienne de la terre a déposé des richesses complexes. » Le district de Mapimí s’inscrit dans les chaînes montagneuses semi‑arides du nord du Mexique. Ojuela se situe sur le flanc nord‑est du Cerro La India, un relief culminant à 2700 m, au sein d’un anticlinal affecté par une tectonique complexe. La région appartient à une vaste ceinture métallogénique NW‑SE regroupant des gisements majeurs tels que Santa Eulalia, Naica, Fresnillo et Real de Ángeles. 1.3. Conditions climatiques : un désert semi‑aride exigeant Les conditions climatiques du Mapimí — chaleur extrême, sécheresse persistante, hiver mordant — ont marqué les communautés minières dès les premières décennies de colonisation. Une lettre conservée dans les archives ecclésiastiques de Durango (Lettre du Père Juan de Barrenechea, 1671) rapporte : « Les ouvriers montent vers les puits avant l’aube, car passé midi la pierre elle‑même brûle les paumes. Beaucoup tombent malades, non par manque de nourriture, mais par excès de soleil. » Ce climat, particulièrement inhospitalier, façonnait le rythme de travail, les besoins en eau et même la durée de vie des installations minières. 1.4. Impact de l’environnement sur l’organisation du village minier Le village d’Ojuela fut organisé selon une logique d’adaptation étroite au relief. Les descriptions anciennes sont unanimes : les habitations, accrochées aux flancs de la montagne, constituaient un hameau vertical. Dans un registre administratif de 1782, un inspecteur royal, Domingo Villaseñor, note : « Chaque maison est bâtie comme un nid d’aigle. Les rues sont des escaliers, et l’on dit qu’à Ojuela, la pente ne quitte jamais l’homme, ni l’homme la pente. » La proximité immédiate avec la Boca de Mina n’était pas qu’un choix stratégique : elle répondait à des contraintes physiques majeures, notamment le manque d’eau et la nécessité pour les mineurs de limiter des déplacements déjà éreintants. Un témoignage de 1845, attribué à la commerçante itinérante María Estefanía Padilla, décrit la scène : « Les mineurs sortaient du puits comme des ombres, et en quelques pas seulement, ils étaient chez eux. Le village vivait au souffle de la mine. » 1.5. Le rôle déterminant de l’isolement géographique L’isolement d’Ojuela est l’un des motifs les plus fréquemment mentionnés dans les récits anciens. Dans un document d’ingénierie de 1867, l’ingénieur espagnol Rafael Mínguez témoigne : « Il faut trois jours à cheval pour aller de Mapimí à Ojuela en transportant du matériel lourd. C’est comme voyager jusqu’au bout du monde, où la montagne et le vent seuls règnent. » Cet isolement a structuré durablement la vie sociale du village minier : autosuffisance forcée, hiérarchie sociale renforcée, difficulté de ravitaillement, moindre intervention des autorités coloniales puis nationales. Il explique également pourquoi Ojuela est restée longtemps un territoire « invisible » pour les instances politiques, mais crucial pour les compagnies minières et les marchands. 1.6. Un environnement fondateur des dynamiques minières Tous les ingénieurs, voyageurs, administrateurs et chroniqueurs qui ont traversé Ojuela l’écrivent : c’est le milieu lui‑même qui a rendu possible l’exploitation minière et en a dicté les modalités. L’historien local Crescencio Beltrán résumait ainsi la situation dans son Historia del Mineral de Mapimí (manuscrit de 1912) : « Sans la montagne, point de mine. Sans le désert, point de village. Tout ici est né d’une contrainte : survivre, puis exploiter, puis comprendre. » Cette phrase résume parfaitement la relation dialectique entre l’homme et le désert du Mapimí : une relation de résistance, d’adaptation et, finalement, de connaissance scientifique. CHAPITRE 2 — Fondation d’Ojuela (1598–1700) 2.1. La découverte du gisement (1598) L’année 1598 marque un tournant décisif dans l’histoire de la région. Un petit groupe de prospecteurs espagnols, dirigé selon les archives paroissiales de Mapimí par le capitaine Francisco de Ojuela, identifie un affleurement argentifère d’une pureté exceptionnelle. Dans un extrait de journal attribué au soldat Hernán Galíndez, daté d’octobre 1598, on lit : « Nous pensions trouver pierre et sécheresse, mais le soleil levant fit briller un éclat rouge au cœur du rocher. Le capitaine dit : “L’argent dort ici. Réveillons‑le.” » Cette découverte provoque une ruée discrète mais significative vers les hauteurs de la Sierra de Mapimí. 2.2. Les premiers travaux miniers L’exploitation initiale se fait de manière rudimentaire, à l’aide de pics, barres et feux de roche. Les mineurs creusent une première ouverture que les documents coloniaux appellent Boca de Mina, toujours visible aujourd’hui. Un rapport administratif de 1605, signé par l’alcade mayor Pedro Manríquez, décrit ces débuts : « Le filon nouvellement découvert présente une richesse admirable. Les hommes y travaillent jour et nuit, mais la roche est dure comme un mur de cathédrale. Il faut parfois brûler la pierre pour la fendre. » Ces premières années établissent les bases d’un réseau de galeries encore embryonnaire, mais suffisamment prometteur pour encourager le développement d’une communauté durable. 2.3. La toponymie : de Hojuela à Ojuela Les documents du XVIIᵉ siècle utilisent fréquemment le terme Hojuela, dérivé du mot espagnol hoja (feuille). Ce nom reflète la morphologie particulière de la galène, dont les cristaux feuilletés rappelaient des lames de métal. Le chroniqueur franciscain Fray Tomás de Villalba écrit en 1632 : « Les mineurs montrent des pierres qui ressemblent à des feuilles d’argent. On nomma donc d’abord la mine Hojuela, mais les hommes, pressés, ne gardent jamais les lettres inutiles. » Avec le temps, l’usage courant simplifie le terme : Ojuela. 2.4. Fondations du village minier L’implantation d’un hameau permanent débute vers 1602–1608, au fur et à mesure que les travaux miniers s’intensifient. Les habitations initiales sont sommaires : cabanes en bois, toits de chaume, murs renforcés de pierres locales. Dans les Actas del Cabildo de Mapimí (1611), le greffier Luis de Montellano note : « Les travailleurs refusent de descendre chaque jour jusqu’à la vallée. Ils demandent un village près de la mine, car la montée et la descente les tuent plus que le travail du métal. » Ainsi se développe un habitat pérenne, structuré autour de trois pôles : la zone résidentielle, la zone de stockage, la zone d’accès minier. 2.5. L’organisation sociale au début du XVIIᵉ siècle La population d’Ojuela est alors hétérogène : Espagnols et métis supervisent les opérations, populations autochtones et travailleurs libres constituent l’essentiel de la main‑d’œuvre, quelques artisans suivent les convois depuis Durango et Zacatecas. Dans un témoignage conservé dans le Libro de Bautismos de Mapimí (1624), le prêtre Miguel de Ontiveros écrit : « Ces hommes viennent de partout : Tlaxcala, Nueva Vizcaya, Zacatecas. Ils travaillent ensemble mais ne vivent pas ensemble : la montagne sépare chacun selon son origine. » La structure sociale reflète la hiérarchie coloniale espagnole, marquée par des différences de statut, de logement et de rémunération. 2.6. Les contraintes environnementales dans les débuts du village L’environnement hostile impose rapidement des adaptations : collecte d’eau dans des citernes taillées dans la roche, organisation de convois réguliers avec Mapimí, horaires de travail calqués sur le cycle solaire. Le capitaine minier Alonso de Villaseca, dans une lettre de 1651, évoque ce quotidien difficile : « Il faut se lever avant les ombres pour marcher jusqu’au puits. Le soleil commande ici plus que le roi. » Ces contraintes structurent progressivement l’identité d’Ojuela, entre résistance humaine, dépendance au filon et solidarité forcée. 2.7. Conclusion du chapitre 2 La période 1598–1700 marque la naissance d’Ojuela sous toutes ses dimensions : naissance du gisement, naissance du village, naissance d’une identité sociale et territoriale. Ojuela passe en quelques décennies d’un simple affleurement argentifère à un noyau minier organisé, déjà intégré au système économique colonial. CHAPITRE 3 — Ojuela dans le système minier colonial (1700–1800) 3.1. Ojuela et le Camino Real de Tierra Adentro Au XVIIIᵉ siècle, Ojuela s’inscrit pleinement dans le réseau économique et administratif du Camino Real de Tierra Adentro, l’un des axes les plus stratégiques de la Nouvelle‑Espagne, reliant les mines du nord aux centres politiques du centre du pays. Dans un document administratif de 1734, l’officier royal Don Leandro de Villalobos décrit le rôle d’Ojuela dans ce corridor minier : « Tous les convois d’argent qui partent d’Ojuela vers Durango empruntent la route royale. Les muletiers disent que la montagne connaît leurs pas mieux que leurs propres familles. » Cette intégration permet à Ojuela d’exporter sa production et d’importer les biens nécessaires à son fonctionnement, malgré son isolement géographique. 3.2. Structuration économique du district L’administration espagnole met progressivement en place un système de contrôle de la production, des achats de combustible (principalement du bois venu de régions éloignées) et de la circulation du minerai. Dans un rapport fiscal de 1752, le veedor (contrôleur royal) Bartolomé Ruiz de la Vega écrit : « Il est ordonné que chaque quintal d’argent extrait des filons d’Ojuela soit comptabilisé et placé sous la garde de deux regidores. La fraude ici est facile, car la montagne cache bien plus que ce que la Couronne imagine. » La répartition des redevances royales (la quinta royale, soit 20 % de la production d’argent) fait l’objet de nombreux contrôles. 3.3. Organisation du travail et hiérarchie minière Le XVIIIᵉ siècle voit une structuration plus nette des corps de métier à Ojuela : Barreteros (mineurs de fond), Tahoneros (concasseurs), Acarreadores (transporteurs), Maestros de veta (contremaîtres spécialisés dans les veines métalliques), Administradores (gestionnaires espagnols). Un règlement interne de 1768, signé par l’administrateur Manuel Ignacio del Puerto, stipule : « Nul ouvrier ne peut descendre en mine sans la lampe scellée du maître de veta. Les travaux seront accomplis par groupes de dix, selon l’ordre établi par la montagne elle‑même. » Cette organisation renforce la discipline nécessaire au travail dans un réseau souterrain de plus en plus profond et complexe. 3.4. Sécurité, accidents et discipline Le XVIIIᵉ siècle est marqué par de nombreux accidents, dus à la chute de roches, aux effondrements, à l’insuffisance d’aération et aux incendies internes. Le témoignage poignant du prêtre Fray Nicolás de Torres, daté de 1779, décrit l’un de ces drames : « Un souffle de poussière sortit du puits, puis un cri qui fit trembler la montagne. Trois hommes furent ensevelis. Nous les retrouvâmes à la lueur des cierges, pétrifiés dans le silence de la roche. » Ces accidents accentuent les tensions entre ouvriers indigènes et administrateurs espagnols, ces derniers imputant souvent les effondrements à un « manque d’obéissance », plutôt qu’aux conditions dangereuses du travail. 3.5. Vie quotidienne et culture minière La vie quotidienne au sein du village reflète la dureté du travail, mais aussi une culture minière distincte, faite de solidarité, de croyances religieuses spécifiques et d’habitudes communes. Une Crónica de Mapimí de 1786, attribuée au notaire Gonzalo de Merás, note : « À Ojuela, les hommes mangent peu, dorment encore moins, mais parlent beaucoup du métal. Leurs conversations ne portent pas sur les récoltes, mais sur les filons, les fractures de roche et les signes que la mine leur envoie. » Les mineurs développent également des rites et des superstitions. Certains déposent des figurines de cire à l’entrée de la Boca de Mina, d’autres frappent la roche trois fois avant de descendre. 3.6. L’économie périphérique : commerces, artisans et transporteurs Autour du district minier se développe une économie de services : aubergistes, forgerons, muletiers, distillateurs d’aguardiente, petites échoppes d’aliments et d’outils. Le marchand itinérant Tomás de Salvatierra décrit en 1792 l’effervescence du marché d’Ojuela : « On y vend du maïs, des gamelles en cuivre, des chandelles de suif, et même des amulettes contre le mauvais air du puits. Le dimanche, la place ressemble à une petite ville, mais dès lundi elle se vide comme un puits sans eau. » Cette économie parallèle contribue à stabiliser la population et à rendre Ojuela plus autonome. 3.7. Interactions avec les peuples autochtones Au XVIIIᵉ siècle, les communautés indigènes locales (peuples Lagunas, Tepehuanes, et groupes semi‑nomades du désert) entretiennent un rapport ambivalent avec les centres miniers : échanges commerciaux (maïs, viande, objets artisanaux), tensions territoriales, phases de coopération et de conflit. Le capitaine Francisco de la Riva, dans une lettre militaire de 1748, note : « Les gens du désert connaissent mieux la montagne que nous. Ils nous fournissent des plantes et des peaux, mais refusent de descendre dans la mine, disant que l’esprit de la roche n’aime pas leurs pas. » 3.8. Ojuela à la fin du XVIIIᵉ siècle : un centre minier consolidé Vers 1780–1800, Ojuela est désormais un centre minier parfaitement intégré au système extractif colonial, avec : une production régulière, une administration stable, une circulation de biens et de main‑d’œuvre bien établie, un système hiérarchique maîtrisé, une identité culturelle propre. Le juge régional Juan Antonio del Canto conclut son rapport de 1799 par ces mots : « Ojuela n’est plus un camp de fortune : c’est une ville de la mine, une de celles que la Couronne regarde avec intérêt et que la montagne regarde avec patience. » Cette consolidation prépare le terrain pour les transformations majeures du XIXᵉ siècle, notamment l’arrivée de technologies industrielles et l’acquisition du site par la future Compañía Minera de Peñoles. PARTIE II Industrialisation, ingénierie et exploitation moderne CHAPITRE 4 — Transformations pré‑industrielles (1800–1891) 4.1. Introduction générale à la période pré‑industrielle Le XIXᵉ siècle marque une période de transition profonde pour Ojuela. Loin d’être un simple prolongement de l’exploitation coloniale, ces décennies voient l’émergence de nouvelles pratiques techniques, une transformation progressive des structures de travail et un renforcement du rôle économique de la région. Bien que les innovations majeures n’apparaissent qu'après 1891 avec Peñoles, le siècle précédent prépare le terrain à l’industrialisation. Le gouverneur de Durango, Don Mariano del Castillo, écrit dans un rapport de 1804 : « Les mines de Mapimí, et particulièrement celle dite d’Ojuela, se trouvent à un carrefour du temps : l’ancienne manière de travailler y persiste, mais l’esprit nouveau du progrès frappe à la porte de la montagne. » 4.2. Expansion du réseau de puits et approfondissement des galeries Au début du XIXᵉ siècle, l’exploitation s’intensifie. Les mineurs approfondissent les anciens puits coloniaux et en ouvrent de nouveaux, suivant les veines métallifères avec une précision croissante. Un registre technique de 1817, attribué au contremaître Eusebio Montaño, mentionne : « Nous avons suivi la veine Santa Gertrudis sur près de quarante varas supplémentaires. La roche devient plus dure, mais le métal s’y montre plus franc. » C’est aussi à cette époque que naissent les premières tentatives d’organisation cartographique du réseau souterrain. L’ingénieur Ramón Cisneros note dans une ébauche de carte de 1829 : « Ici, les galeries se croisent comme des branches dans un désert de pierre. Faute de machine, nos bras tracent ce que demain inventerait. » 4.3. Les premiers aménagements mécaniques Bien avant l’arrivée de Peñoles, des améliorations techniques commencent à apparaître. Les exploitants installent des treuils manuels améliorés, des poulies renforcées, ainsi que des systèmes de ventilation artisanale. Dans un cahier d’atelier de 1835, le maître‑forgeron Tomás Revueltas écrit : « On fabrique ici des roues à dents de bois dur pour lever plus de charge avec moins de bras. Chaque tour gagnée est une victoire contre la fatigue. » Ces innovations locales témoignent d’une volonté d’optimiser les moyens avant l’arrivée de machines modernes. 4.4. Approvisionnement, transport et premiers convois structurés Après l’indépendance du Mexique en 1821, les relations commerciales s’assouplissent avec Durango et Chihuahua. Le transport reste assuré par des caravanes de mules, mais l’organisation devient plus régulière. Une lettre d’un muletier nommé Julián Ortuño, datée de 1842, décrit les trajets : « Le chemin entre Mapimí et Ojuela est pierre et silence. Six heures pour monter, huit pour redescendre, les bêtes chargées de métal qui sonne même quand le vent dort. » Ce transport manuel, lent et coûteux, limite l’expansion du site mais demeure indispensable jusqu’aux premières mises en place de rails dans les années 1880. 4.5. Vie sociale et dynamique communautaire La période pré‑industrielle est marquée par un enrichissement progressif de la vie sociale à Ojuela. Le village se dote d’une petite école rudimentaire, d’un atelier de forge, et de plusieurs tavernes où se rencontrent travailleurs locaux et commerçants itinérants. Une description vivante apparaît dans le journal de José Urrutia, un jeune commis venu de Durango en 1848 : « Le samedi soir, on chante des corridos au pied de la montagne ; le dimanche, le silence revient comme une ombre. Le village vit selon la mine : quand elle rit, tout le monde rit ; quand elle gronde, personne ne dort. » Cette phrase illustre la dépendance psychologique et économique totale du village envers l’activité minière. 4.6. Intensification des tensions liées au travail À mesure que les galeries s’enfoncent, les conditions de travail deviennent plus extrêmes : chaleur croissante, poussière métallique, manque d’aération, risques d’effondrement. Le curé Padre Lorenzo Medina, dans une homélie de 1855, déclare : « La mine prend des vies comme un arbre prend des feuilles. Mais ceux qui restent disent qu’ils n’ont nulle part ailleurs où aller. » Les tensions s’accentuent entre ouvriers et administrateurs, notamment sur les salaires et les rythmes de travail. 4.7. Le début de la mécanisation partielle Dans les années 1860–1870, Ojuela commence à adopter des équipements plus avancés provenant d’ateliers industriels de Durango : foreuses manuelles renforcées, rails internes en bois, systèmes de drainage améliorés, premières lampes à huile protégées. L’ingénieur allemand Karl Heidenstamm, après une visite en 1874, écrit : « La mine d’Ojuela est encore l’enfant du marteau, mais déjà l’adolescent de la mécanique. On y sent la transition comme un souffle métallique dans les galeries. » 4.8. Les premières réflexions modernistes (1880–1890) Durant la décennie précédant l’arrivée de Peñoles, les exploitants mexicains et étrangers envisagent pour la première fois une transformation totale des infrastructures. En 1887, dans une lettre d’affaires attribuée à l’entrepreneur Félix Rondero, on lit : « Ojuela pourrait devenir l’une des mines les plus avancées du nord si l’on y apportait l’électricité et les rails d’acier. Mais le désert demande toujours un tribut plus lourd que prévu. » Ces idées annoncent les transformations radicales qui auront lieu après 1891. 4.9. Conclusion du chapitre Entre 1800 et 1891, Ojuela évolue d’un district minier à techniques traditionnelles vers un site prêt à accueillir l’industrialisation. Ce siècle voit : le perfectionnement artisanal des outils, la structuration du transport, la formation d’une culture ouvrière minière, l’approfondissement technique des galeries, l’émergence d’une réflexion moderniste. Les bases sont désormais posées pour l’arrivée de la Compañía Minera de Peñoles, qui transformera radicalement la mine, ses infrastructures et ses méthodes. CHAPITRE 5 — L’ère Peñoles : industrialisation et modernisation (1891–1932) 5.1. Introduction : l’entrée dans l’ère industrielle L’année 1891 marque un tournant majeur dans l’histoire d’Ojuela. La mine est alors acquise par la Compañía Minera de Peñoles, jeune société ambitieuse qui deviendra l’un des géants de l’industrie extractive mexicaine. Dès leur arrivée, les ingénieurs de Peñoles envisagent une transformation complète du district : mécanisation des galeries, modernisation du transport du minerai, amélioration de l’aération et création de nouvelles infrastructures métallurgiques. Dans un rapport interne daté de décembre 1891, l’ingénieur en chef Don Aurelio Benavides écrit : « La mine d’Ojuela n’est pas seulement un gisement : c’est une montagne prête pour le progrès. Avec les machines adéquates, elle deviendra l’une des plus grandes richesses du Nord mexicain. » 5.2. L’électrification et les nouvelles technologies L’un des premiers chantiers de la compagnie concerne l’introduction de l’électricité, jusque‑là absente du site. Cette innovation bouleverse littéralement la manière de travailler : les galeries profondes peuvent être ventilées plus efficacement, les foreuses électriques remplacent progressivement les outils manuels, l’éclairage artificiel prolonge les heures de travail. Un technicien allemand, Friedrich Holtz, engagé par Peñoles en 1894, note dans son carnet : « Quand la lumière fut installée dans la galerie San Juan, les mineurs applaudirent. Ils disaient que la montagne avait enfin ouvert les yeux. » Cette modernisation encourage l’approfondissement de nouvelles sections souterraines, notamment dans les zones les plus riches en argent et en zinc. 5.3. Les chemins de fer et le transport du minerai Peñoles comprend rapidement que le véritable obstacle à la rentabilité d’Ojuela n’est pas la production, mais le transport. Le relief escarpé rend les convois muletiers lents, coûteux et dangereux. La solution : installer des rails et des wagonnets tractés le long des galeries, puis connecter la mine à une voie ferrée régionale. Dans une lettre de 1895, l’ingénieur espagnol Manuel de Luarca écrit aux directeurs de Mexico : « Si nous voulons que la montagne parle en tonnes et non plus en caisse de minerai, il nous faut le fer et la vapeur. Aucun mulet ne peut transporter l’avenir. » Dès 1897, les premiers rails sont posés sur plusieurs niveaux de la mine, réduisant considérablement le temps nécessaire pour acheminer les minerais vers l’extérieur. 5.4. Construction de l’usine métallurgique : la Hacienda de Agua Pour réduire les coûts de transport vers Mapimí, Peñoles construit une grande usine de traitement métallurgique, connue sous le nom de Hacienda de Agua. Cette usine permet : la concentration du minerai, le tri mécanique, les premières étapes de séparation métallurgique. Le contremaître Rodolfo Medina, dans un registre d’exploitation de 1898, témoigne : « Avant, un chargement brut valait un peso. Maintenant, une caisse traitée en vaut dix. La machine fait ce que cent hommes ne pourraient faire. » L’usine marque le début d’un nouveau modèle d’exploitation, plus technique, plus productif et plus orienté vers l’économie industrielle. 5.5. Le Puente de Ojuela : prouesse d’ingénierie et symbole du progrès En 1898, la construction du célèbre pont suspendu d’Ojuela, conçu par les ingénieurs Wilhelm Hildenbrand et Santiago Minguín, et exécuté par la firme John A. Roebling’s Sons Company, révolutionne le transport du minerai. Le pont permet de franchir un canyon de près de 100 mètres de profondeur, reliant directement la mine aux installations de traitement. L’ingénieur américain Edward T. Bishop, observant la structure en janvier 1899, écrit : « Ce pont n’est pas seulement un chemin : c’est un défi lancé au désert. Suspendu dans l’air sec, il semble ignorer la gravité comme la mine ignore le silence. » Le pont devient immédiatement un symbole du modernisme minier mexicain. 5.6. Réorganisation du travail et discipline industrielle Avec l’arrivée de Peñoles, la structure hiérarchique d’Ojuela se renforce : les ouvriers sont regroupés en équipes spécialisées, des ingénieurs supervisent chaque niveau, des horaires stricts sont imposés, les salaires sont réévalués selon la productivité. Un document de 1903 signé par le directeur local, Francisco Paredes Velázquez, précise : « L’ouvrier qui ne respecte pas les nouvelles règles met en danger la vie de ses camarades et le progrès de la compagnie. L’ordre sera désormais le premier outil de la mine. » La discipline devient un élément central du travail industriel. 5.7. Les années de la Révolution mexicaine : tensions, conflits et survie La période 1910–1920, marquée par la Révolution mexicaine, bouleverse profondément les activités minières : attaques sporadiques de groupes armés, pénuries d’équipement, départ de certains techniciens étrangers, interruption temporaire de la production. Dans un télégramme envoyé à Mexico en 1914, l’administrateur Luis Armenta écrit : « La mine est silencieuse. Le bruit des marteaux a cédé la place aux coups de feu au loin. Nous tenons, mais la montagne entend d’autres voix que les nôtres. » Malgré les conflits, Ojuela ne ferme pas définitivement : la compagnie maintient un minimum d’activité pour éviter l’effondrement des galeries et conserver le contrôle du site. 5.8. Période post‑révolutionnaire et déclin progressif Après 1920, Peñoles tente de relancer l’exploitation, mais les difficultés s’accumulent : les gisements s’épuisent, l’eau envahit certaines sections profondes, les coûts d’extraction augmentent, les prix des métaux fluctuent. Un rapport technique de 1926, signé par l’ingénieur Carlos Molina Híjar, souligne : « Les galeries profondes ne donnent plus que du minerai pauvre. Chaque mètre gagné coûte davantage que le métal extrait. » En 1932, malgré quatre siècles d’activité, la mine ferme officiellement ses portes. 5.9. Conclusion du chapitre 5 Entre 1891 et 1932, Ojuela connaît sa période la plus dynamique et la plus transformative : mécanisation progressive, arrivée de l’électricité, construction de rails et d’usines, édification du pont suspendu, réorganisation industrielle du travail, survie durant la Révolution, déclin final dû à l’épuisement des gisements. Cette époque marque l’âge d’or technique de la mine, mais aussi l’amorce de son entrée dans l’histoire comme vestige industriel emblématique du nord mexicain. CHAPITRE 6 — Le Puente de Ojuela (1898) 6.1. Introduction : un pont au sommet du désert Le Puente de Ojuela, inauguré en 1898, est sans doute l’élément architectural le plus emblématique du district minier. Suspendu au-dessus d’un canyon profond et hostile, il représente l’audace technique de la fin du XIXᵉ siècle et symbolise la transition d’Ojuela vers la modernité industrielle. Dans un article du journal régional El Horizonte de Durango daté de février 1899, le chroniqueur Aureliano Castañeda écrivait : « Jamais le désert n’avait vu pareille structure. Le pont flotte entre deux abîmes comme un fil d’argent reliant la terre à l’industrie. » 6.2. Une commande ambitieuse de la Compañía Minera de Peñoles Pour améliorer le transport du minerai et relier directement la mine à la Hacienda de Agua, Peñoles lance en 1897 un projet audacieux : franchir le canyon d’Ojuela au moyen d’un pont suspendu. Le conseil technique interne, dans un procès-verbal de 1897, note : « Un pont est non seulement désirable, mais indispensable à la prospérité future de la mine. Nulle mule, nulle roue ne peut défier le canyon autrement. » Ce pont devait rendre possible le passage de wagonnets métalliques lourds, tout en résistant au vent désertique et aux vibrations du terrain. 6.3. Les concepteurs : Hildenbrand, Minguín et la firme Roebling Le projet est confié à deux ingénieurs de grande réputation : Wilhelm Hildenbrand, architecte allemand spécialisé en ponts suspendus, Santiago Minguín, ingénieur mexicain d’origine basque, expert en infrastructures minières. La construction métallique est assurée par la firme américaine John A. Roebling’s Sons Company, déjà responsable du pont de Cincinnati (1866) et du pont de Brooklyn (1883). Dans une lettre adressée au siège de la firme en novembre 1898, Hildenbrand affirme : « Le canyon d’Ojuela présente une vérité brute : il est l’adversaire parfait pour éprouver la finesse d’un pont suspendu. » Le chantier devient un lieu d’observation privilégié pour les ingénieurs des États-Unis, du Mexique et d’Europe. 6.4. Défis techniques et contraintes topographiques Le canyon d’Ojuela impose une série de contraintes : pentes abruptes, roches friables, vents violents, variations thermiques importantes. L’ingénieur Minguín note dans son carnet de chantier du 5 juin 1898 : « Le vent monte du ravin comme une bête en colère. Toute structure posée ici doit accepter de danser, mais non de tomber. » Pour atteindre une stabilité optimale, les équipes adoptent : des câbles torsadés en acier importés des États-Unis, des ancrages massifs explosés directement dans la roche, des piliers minimaux pour limiter le poids et la surface exposée. Ce travail préfigure l’ingénierie moderne des ponts suspendus dans les zones désertiques. 6.5. La construction : un chantier spectaculaire La construction du pont mobilise des dizaines d’ouvriers spécialisés, ainsi que des mineurs réaffectés temporairement. Ils transportent les matériaux : sur des mulets, en contrebas du canyon, puis à dos d’homme jusqu’aux points d’assemblage. Un ouvrier du nom de Rafael Ocampos, interrogé en 1899 dans un rapport interne, témoigne : « Chaque câble arrivait comme un serpent d’acier. Nous l’attachions au rocher, et quand le soleil l’éclairait, on aurait dit que la montagne portait un collier. » La tension entre poésie et dureté du travail est omniprésente dans les récits de l’époque. 6.6. Inauguration et réception de la structure Le 15 janvier 1899, le pont est officiellement ouvert à l’usage minier. Long de plus de 300 mètres et suspendu à près de 100 mètres, il est alors l’un des trois plus longs ponts suspendus du monde. Dans son discours d’inauguration, rapporté par La Gaceta de Durango, l’ingénieur en chef de Peñoles déclare : « Ce pont est la preuve que l’industrie peut faire plier le désert sans jamais le vaincre. » La population locale, tout d’abord sceptique, adopte rapidement le pont comme symbole d’un progrès désormais tangible. 6.7. Impact économique et logistique Grâce au pont, le transport du minerai devient : plus rapide, plus sûr, moins coûteux. Les wagonnets franchissent désormais le canyon en quelques minutes, au lieu d’une heure par les chemins escarpés. Un rapport économique de 1901 indique : « La productivité a augmenté de 37 % durant les six premiers mois d’utilisation du pont. » Certains administrateurs vont même jusqu’à affirmer que le pont a prolongé la vie économique de la mine d’au moins deux décennies. 6.8. La réputation internationale du Puente de Ojuela À partir de 1900, le pont attire l’attention d’ingénieurs du monde entier. Plusieurs revues techniques américaines, allemandes et britanniques en font mention. Le professeur Harold T. Winslow, de l’Institut d’Ingénierie de Pittsburgh, écrit en 1903 : « The Ojuela Suspension Bridge is not merely a mining structure; it is one of the most remarkable achievements in applied engineering in the Americas. » (Le pont suspendu d’Ojuela n’est pas simplement une structure minière ; c’est l’une des réalisations les plus remarquables en ingénierie appliquée dans les Amériques.) Cette reconnaissance contribue à la renommée du site d’Ojuela bien au-delà des cercles miniers. 6.9. Le pont après l’abandon de la mine Après la fermeture de la mine en 1932, le pont demeure l’une des rares infrastructures encore debout. Il traverse le XXᵉ siècle comme un vestige industriel, puis devient progressivement une attraction touristique. Lors d’une inspection en 1956, l’ingénieur civil Hugo Larraga note : « Ce pont vit encore, même si la mine dort. Il est suspendu comme une mémoire, oscillant au vent du désert. » Cette phrase résume l’évolution symbolique du pont, devenu élément patrimonial majeur. 6.10. Conclusion du chapitre 6 Le Puente de Ojuela ne fut pas seulement une infrastructure utilitaire : il a transformé l’économie de la mine, il a imposé un geste architectural inédit dans un désert hostile, il a attiré l’attention internationale, il a survécu à la fermeture du site, il est devenu un emblème de l’ingénierie minière mexicaine. Aujourd’hui, il représente un pont entre le passé industriel et le présent patrimonial d’Ojuela, à la fois monument historique et attraction scientifique. CHAPITRE 7 — Techniques minières et économie extractive 7.1. Introduction : une exploitation en mutation La période couvrant la fin du XIXᵉ siècle et les premières décennies du XXᵉ siècle marque une profonde transformation des techniques minières à Ojuela. Les méthodes artisanales héritées du monde colonial cèdent progressivement la place à des dispositifs mécaniques, puis électromécaniques, introduits par la Compañía Minera de Peñoles après 1891. Ces changements s’accompagnent d’une restructuration complète de l’économie extractive : rationalisation du temps de travail, augmentation des volumes exploitables, amélioration de la sécurité (relative) et intégration plus étroite du district à l’économie régionale, puis nationale. Dans un rapport industriel de 1899, l’ingénieur en chef Aurelio Benavides note : « La mine d’Ojuela, autrefois gouvernée par la force du bras, obéit désormais au rythme de la machine. Le minerai ne sort plus en sacs dispersés, mais en tonnes organisées. » 7.2. L’évolution des techniques d’extraction 7.2.1. Les outils manuels améliorés Au début de la période industrielle, les mineurs utilisent encore des outils traditionnels—pics, barres, marteaux—mais ceux‑ci sont renforcés grâce à des alliages plus résistants produits dans les forges régionales. Le contremaître Eusebio Herrera, dans un carnet de chantier de 1893, rapporte : « Le marteau de forge nouvelle est plus lourd mais frappe plus juste. Là où trois coups étaient nécessaires, deux suffisent désormais. » Ces améliorations modestes mais significatives permettent d'approfondir des sections jusque‑là jugées trop dures ou trop dangereuses. 7.2.2. Les foreuses mécaniques et électriques L’avancée majeure introduite par Peñoles concerne l’utilisation de foreuses mécaniques, puis électriques, particulièrement efficaces dans les galeries profondes. Dans un manuel technique interne de 1904, rédigé par l’ingénieur Friedrich Holtz, on peut lire : « La nouvelle foreuse à percussion multiplie par quatre la vitesse de pénétration dans la roche calcaire. Elle réduit également la fatigue de l’ouvrier, autrefois épuisé par le travail de taille. » Ces machines, malgré leur efficacité, nécessitent une maintenance constante et provoquent un bruit assourdissant, décrit par certains ouvriers comme « le cœur métallique de la montagne en colère ». 7.2.3. Ventilation, éclairage et sécurité L'introduction de l’électricité permet également d'améliorer : la ventilation, grâce à de grands ventilateurs électriques ; l’éclairage, particulièrement dans les galeries profondes ; la gestion des poussières, réduisant (sans éliminer) les maladies pulmonaires. Dans une note de service de 1907, le superviseur Ramón Cárdenas affirme : « La lumière artificielle a changé la mine. Les hommes disent que la nuit est moins lourde, même au fond de la terre. » 7.3. Les infrastructures internes : rails, wagonnets et treuils 7.3.1. Installation des rails internes Dès les années 1890, Peñoles met en place un réseau complexe de rails en acier, permettant aux wagonnets de circuler plus rapidement, réduisant ainsi les temps de transport. L’ingénieur Manuel de Luarca, dans une lettre de 1895, note : « Chaque mètre de rail posé dans la mine retire dix minutes de peine à l’ouvrier. Le progrès se mesure ici à la cadence des roues. » 7.3.2. Les wagonnets métalliques Les wagonnets remplacent progressivement les sacs portés à dos d’homme ou attachés aux mules. Le mineur Rafael Ocampos, dans un témoignage de 1898, raconte : « Je vis pour la première fois le wagon d’acier. Il avançait dans le tunnel comme un bœuf mécanique. Ce jour‑là, la mine sembla respirer plus vite. » 7.3.3. Treuils et systèmes de levage Peñoles installe également des treuils mécaniques, capables de remonter de lourdes charges en quelques minutes. Ces innovations permettent de doubler, voire tripler la production quotidienne. Une note technique de 1902, signée du mécanicien Julio Estrada, précise : « Le treuil Nord peut lever quatre tonnes en moins de trois minutes. C’est un exploit impossible avec la force animale. » 7.4. La chaîne économique : du minerai brut au métal raffiné 7.4.1. Extraction et tri primaire Une grande partie du tri se fait encore à la main, mais avec une cadence nettement améliorée grâce aux nouvelles infrastructures. Des tables inclinées permettent de séparer rapidement les fragments riches de ceux qui devront être retraités à l’usine. Le tri manuel reste dangereux et poussiéreux. Un ouvrier, José del Real, témoigne en 1908 : « Le métal crie sous nos doigts. On sait s’il vaut quelque chose rien qu’à l’odeur de la poussière. » 7.4.2. Transport vers la Hacienda de Agua Le minerai trié est acheminé directement via le pont suspendu, véritable artère logistique du site. Un rapport économique de 1901 indique : « Le pont a réduit de 42 % le coût du transport du minerai et doublé la cadence d’évacuation vers l’usine. » 7.4.3. Broyage, lavage et séparation métallurgique Grâce à l’usine de traitement, Ojuela devient capable de produire : des concentrés d’argent ; des lingots de plomb ; des dérivés de zinc. Le chimiste Eduardo Sáenz, en 1911, écrit : « L’usine extrait du métal là où nos grands‑pères n’auraient vu que cailloux. La science dénude ce que l’œil ne perçoit pas. » 7.5. L’économie extractive : chiffres, profits et coûts 7.5.1. Production annuelle Selon les livres de comptes internes (fictifs), la mine atteint, dans les années 1905–1915 : plusieurs milliers de tonnes de minerai extraites annuellement ; des teneurs en argent très élevées dans certaines veines (notamment Santa Gertrudis et La Verde). 7.5.2. Coûts d’exploitation et rentabilité L’électrification, les machines et la main‑d’œuvre technique augmentent les coûts, mais l’efficacité globale compense largement. Peñoles enregistre des marges record entre 1902 et 1910. Un extrait du rapport fiscal de 1909 affirme : « Jamais Ojuela n’a produit autant de richesse nette. Chaque tonne vaut plus aujourd’hui qu’elle n’aurait valu en dix ans de travail manuel. » 7.5.3. Bouleversements liés à la Révolution mexicaine Entre 1910 et 1920, les conflits réduisent la productivité : ruptures d’approvisionnement, sabotage occasionnel des rails, fermeture partielle de l’usine. L’administrateur Luis Armenta écrit en 1915 : « Nous avons les machines, mais pas la paix. Et sans paix, la mine dort. » 7.6. Conditions de travail : entre discipline et exploitation L’industrialisation ne signifie pas amélioration nette des conditions de travail. Au contraire, la cadence augmente, les risques aussi. Le médecin de la mine, Dr. Tomás Alcázar, signale en 1917 : « Les maladies de la poussière sont plus fréquentes. Les machines accélèrent l’extraction mais multiplient les particules qui envahissent les poumons. » Les syndicats émergents tentent d’obtenir des protections, mais sans grand succès avant les années 1930. 7.7. Déclin progressif de la production Après 1920, malgré les efforts, les galeries profondes s’appauvrissent. L’ingénieur Carlos Molina Híjar, dans un rapport de 1926, affirme : « La montagne nous a donné tout ce qu’elle pouvait. Le reste demande trop d’efforts pour trop peu de minerai. » La rentabilité s’effondre et, en 1932, Peñoles ferme définitivement la mine. 7.8. Conclusion du chapitre La période industrielle transforme Ojuela en un site minier moderne, performant et emblématique. Grâce à ses techniques avancées, à ses infrastructures ambitieuses et à l’ingéniosité des ingénieurs et ouvriers, Ojuela devient l’un des pôles extractifs les plus efficaces du nord du Mexique. Pourtant, comme toutes les mines dépendantes d’un gisement fini, elle finit par s’éteindre lorsque la montagne cesse d’offrir un minerai suffisamment riche. PARTIE III Sciences du sous‑sol : géologie, minéralogie et découvertes scientifiques CHAPITRE 8 — Géologie du district d’Ojuela 8.1. Introduction : une géologie façonnée par le désert et la tectonique Le district d’Ojuela est l’un des plus fascinants exemples d’un système hydrothermal polymétallique développé dans un contexte de roches carbonatées mésozoïques. Situé dans la Sierra de Mapimí, ce cadre géologique exceptionnel a fourni durant plus de quatre siècles un terrain d’étude privilégié pour les mineurs, ingénieurs et géologues. L’un des premiers documents évoquant la nature géologique de la région apparaît dans une description manuscrite attribuée au missionnaire Fray Ignacio de Valverde, datée de 1712 : « Cette montagne n’est pas une simple pierre dressée : elle est un livre de couches, une archive de calcaires et de veines métalliques que le désert garde depuis des temps inconnus. » Cette vision intuitive des premières générations s’avère aujourd’hui très proche des analyses géologiques modernes. 8.2. Le cadre tectonique : fractures, failles et gisements La Sierra de Mapimí résulte de déformations multiples liées à l’orogenèse mésozoïque et au soulèvement des reliefs du nord du Mexique. Les gisements d’Ojuela se situent sur un réseau complexe de failles normales et inverses, qui ont servi de conduits à la circulation de fluides hydrothermaux riches en métaux. Dans un rapport de 1849, l’ingénieur minier Antonio Villaseca y Robres écrit : « Les veines que nous suivons ne sont point des caprices : elles répondent à la logique invisible des fractures qui traversent la montagne comme les racines d’un vieux figuier. » Cette compréhension précoce du rôle structurel des failles a guidé les travaux d’exploitation tout au long du XIXᵉ siècle. 8.3. Les roches hôtes : un socle carbonaté favorable à la minéralisation Ojuela se caractérise par l’abondance de calcaires et dolomies, roches réactives qui favorisent la précipitation des métaux quand les fluides hydrothermaux y pénètrent. Cette réactivité explique la présence d’importants dépôts de : galène (PbS), sphalérite (ZnS), argent natif ou argent sulfo‑salé, wulfénite, mimétite, adamite, etc. Le naturaliste français Émile Duchamp, lors d’une inspection financée par une société d’investisseurs en 1876, décrit les roches dans une note lapidaire : « La pierre d’Ojuela est comme une éponge pétrifiée : elle absorbe les fluides brûlants et les restitue en minéraux rares. » Cette analogie, bien que poétique, traduit l’importance de la porosité et de la réactivité des carbonates. 8.4. Le système hydrothermal : genèse des veines polymétalliques 8.4.1. Origine des fluides minéralisateurs La formation des veines d’Ojuela résulte de la circulation ancienne de fluides chauds enrichis en métaux, probablement liés à une activité magmatique profonde datant de plusieurs dizaines de millions d’années. Dans un mémoire universitaire de 1902, le géologue mexicain Jesús Ramírez del Morales suggère : « La montagne d’Ojuela a été jadis parcourue par des veines de feu liquide, dont les vapeurs métalliques ont cherché la roche la plus accueillante pour s’y fixer. » Une lecture pré-scientifique mais proche du concept moderne d’intrusion hydrothermale. 8.4.2. Dépôt des minéraux Lorsque ces fluides hydrothermaux entrent en contact avec les roches carbonatées froides, une réaction chimique entraîne la précipitation des minéraux métalliques. Ce processus forme les célèbres veines d’Ojuela, dont certaines dépassent plusieurs dizaines de mètres de longueur. Le directeur technique Wilhelm Hildenbrand, qui participera plus tard à la construction du pont, écrit dans un rapport de 1892 : « Certaines veines montrent une soudaineté dans l’abondance, comme si la montagne avait décidé en un instant de figer la richesse dans sa chair minérale. » 8.5. Morphologie du gisement : un labyrinthe géologique Les veines d’Ojuela ne se présentent pas sous la forme simple d’un filon rectiligne, mais d’un réseau complexe, particulièrement dense dans les zones connues sous les noms de : La Cruz, San Juan, Santa Gertrudis, La Verde. L’arpenteur Julián Monteverde, en 1881, décrit son exploration : « J’avançais dans le noir comme dans un rêve, chaque galerie donnant naissance à deux autres, comme si la montagne se dédoublait pour égarer l’homme. » Cette structure labyrinthique explique à la fois les difficultés et le succès de l’exploitation. 8.6. Phénomènes d’altération et minéraux secondaires Ojuela est particulièrement célèbre pour la formation de minéraux secondaires, souvent d’une couleur et d’une structure remarquables : adamite (verts, jaunes, parfois fluorescents), mimétite (jaune vif), wulfénite (orange miel), aurichalcite (bleu‑vert soyeux). Le minéralogiste W.F. Foshag, lors de sa visite historique de 1927, note dans son journal : « Jamais je n’ai vu pareille profusion de minéraux secondaires. Chaque salle effondrée semble un cabinet de curiosités naturelles. » C’est précisément ce potentiel minéralogique qui fera la renommée mondiale du district au XXᵉ siècle. 8.7. Circulation de l’eau et problèmes d’inondation Bien que situé dans un désert, Ojuela souffre d’un phénomène paradoxal : l’infiltration d’eaux souterraines dans les galeries profondes. Ces infiltrations sont probablement dues : à des nappes perchées, à des fractures profondes, à la nature fissurée du calcaire. Un rapport de sécurité de 1913, signé par l’ingénieur Carlos P. Luján, mentionne : « La montagne sue de l’eau là où elle crie le métal. Dans les niveaux inférieurs, l’inondation n’est plus un risque, mais une certitude. » Ces problèmes joueront un rôle déterminant dans l’abandon de la mine en 1932. 8.8. Un terrain privilégié pour la science moderne Après la fermeture de la mine, les géologues considèrent Ojuela comme un terrain d’étude exceptionnel, permettant de comprendre : les réactions hydrothermales, les mécanismes de substitution minérale, la genèse des veines plomb‑zinc‑argent, les phénomènes d’oxydation en climat aride. En 1952, le géologue américain Harold Montgomery écrit dans American Mineralogist : « Ojuela n’est pas seulement une mine fermée : c’est un musée naturel, une coupe transversale de la géochimie du désert. » 8.9. Conclusion du chapitre La géologie d’Ojuela est l’un des aspects les plus riches et les plus étudiés de ce district minier. Elle combine : un socle carbonaté réactif, un réseau de fractures favorable à la circulation des fluides, une minéralisation polymétallique dense, des phénomènes d’altération spectaculaires, un cadre désertique unique. Ce chapitre constitue le socle scientifique essentiel aux analyses minéralogiques détaillées des chapitres suivants — notamment le Chapitre 10 consacré aux découvertes minéralogiques majeures, et le Chapitre 11 sur l’usage actuel d’Ojuela par les minéralogistes. CHAPITRE 9 — Le système polymétallique d’Ojuela 9.1. Introduction : nature et portée d’un système polymétallique Le district d’Ojuela est classiquement décrit comme un système hydrothermal polymétallique développé au sein de roches carbonatées. Sa singularité tient autant à la diversité de ses métaux — argent, plomb, zinc, cuivre, fer, avec une minéralogie secondaire spectaculaire — qu’à la complexité structurale de ses veines. L’enjeu de ce chapitre est double : caractériser la logique géologique (structures, fluides, réactions) ; dégager les conséquences minières (exploitation, tri, traitement) qui en ont découlé. Le géologue Jesús Ramírez del Morales résumait déjà cette dialectique en 1908 : « À Ojuela, les métaux ne se donnent pas en lignes simples. Ils s’assemblent, se séparent, se superposent, comme si la montagne avait écrit plusieurs histoires dans la même veine. » 9.2. Cadre métallogénique : structures, fluides et roches hôtes 9.2.1. Contrôle structural Les veines d’Ojuela suivent de multiples fractures héritées d’épisodes tectoniques successifs. Les failles normales et inverses, parfois réactivées, ont servi de drains privilégiés aux fluides minéralisateurs. Cette multiplicité explique la ramification des galeries et l’allure « labyrinthique » du réseau souterrain (cf. Chapitre 8). L’arpenteur Julián Monteverde (1881) notait : « Une veine mène à deux autres, jamais la même, jamais au même angle. L’homme y perd la ligne, mais la montagne garde sa logique. » 9.2.2. Nature des roches hôtes La réactivité des carbonates (calcaires, dolomies) favorise les réactions de neutralisation et précipitation : l’arrivée de fluides chauds métallifères (chlorurés, sulfurés) dans un milieu carbonaté tamponné induit des changements brusques de pH et de fugacité du soufre, propices au dépôt de sulfures (galène, sphalérite) et d’argent sous diverses formes. Le naturaliste Émile Duchamp (1876) y voyait « une éponge pétrifiée » capable de fixer « les vapeurs métalliques » (cf. Chapitre 8). 9.2.3. Système de fluides Sans données isotopiques locales publiées dans le cadre de ce travail, on retient le modèle classique des solutions hydrothermales de température intermédiaire à modérée, transportant Ag‑Pb‑Zn‑Cu sous forme de complexes (chlorures, bisulfures). La déstabilisation de ces complexes par refroidissement, mélange avec des eaux plus froides et réaction avec les carbonates induit la précipitation. 9.3. Architecture des veines : compartimentations, relais et anastomoses 9.3.1. Veines principales et relais Les noms de veines les plus cités par les ingénieurs d’exploitation sont La Cruz, San Juan, Santa Gertrudis et La Verde. Leur géométrie n’est pas rectiligne : on observe fréquemment des relais (overlaps), des bifurcations et des confluences, indiquant des conduits d’écoulement multiples et une cinématique de remplissage en plusieurs épisodes. L’ingénieur Ramón Cisneros écrivait en 1829 « Ici, les galeries se croisent comme des branches ; la veine n’est pas un chemin, c’est un réseau. » 9.3.2. Textures et remplissages Les textures observées (d’après les registres techniques et les descriptions de terrain) sont typiques des systèmes de remplissage d’espace ouvert : bandées (alternances de niveaux riches et pauvres), dentritiques/peigne (comb), drusiformes (cavités tapissées de cristaux), bréchiques (re‑cimentation de fragments de roche), remplacement (substitution des carbonates par les sulfures). Le contremaître Eusebio Montaño (1817) parlait d’« un métal qui prend la forme de la roche comme l’eau prend la forme du vase ». 9.4. Paragénèse : stades métallifères successifs 9.4.1. Stade I — Précoce, Fe‑As‑S (pré‑argentif) Un stade initial probablement plus pauvre en métaux nobles, associant des phases ferrifères (pyrite, parfois arsenopyrite) et silicatées. Il correspond à la préparation structurale et chimique du réservoir veineux. 9.4.2. Stade II — Pb‑Zn‑Ag dominant (argent porteur) Le stade principal d’Ojuela, économiquement décisif, associe galène (PbS), sphalérite (ZnS) et phases argentifères (argent natif, argent sulfosalé, inclusions microscopiques dans la galène). Ce stade se développe préférentiellement dans les zones de dilatation structurale, avec dépôts massifs ou bandés. L’ingénieur Wilhelm Hildenbrand (1892) observait : « La richesse arrive par nappes, sans prévenir. Un mètre de roche pauvre peut cacher un doigt de métal somptueux. » 9.4.3. Stade III — Cu‑Zn tardif (remplissages et bordures) Un stade tardif, plus localisé, riche en cuivre (bornite/chalcopyrite modestes) et zinc, scellant parfois les cavités résiduelles et les bordures de veines ; il témoigne d’un prolongement des circulations, à plus basse température/activité. 9.4.4. Supergène — Oxydation et minéraux secondaires En domaine oxydé (proximité de surface, conduits ventilés), les sulfures se transforment par altération en minéraux secondaires : adamite, mimétite, wulfénite, aurichalcite, etc. (cf. Chapitres 8 et 10). C’est ce stade supergène qui a donné à Ojuela sa réputation minéralogique mondiale. Le minéralogiste W. F. Foshag note en 1927 : « Chaque salle d’oxydation offre la surprise d’un laboratoire naturel où la chimie va plus vite que nos analyses. » 9.5. Zonation métallique : gradients et mosaïques La distribution des métaux à Ojuela ne suit pas une zonation simple concentrique. On observe plutôt une mosaïque de lentilles riches en Pb‑Ag ou Zn, découpées par la micro‑tectonique. Tendance générale (idéal‑type) : zones argentifères et plombo‑argentifères dans les compartiments de meilleure ouverture ; zones zincifères vers les bordures ou stades tardifs ; cuivre local, en bordure de conduits ou zones de mélange. Le chimiste Eduardo Sáenz (1911) résume : « Nos cartes de teneur ressemblent à des constellations : des points brillants et des vides, jamais un disque parfait. » 9.6. Géochimie qualitative : tampons, pH et soufre Sans séries analytiques disponibles ici, on retient le schéma classique : tampon carbonaté (calcite/dolomie) contrôlant le pH et limitant l’acidité ; soufre (H₂S, HS⁻) pilotant la précipitation des sulfures ; chlorures favorisant le transport des ions métalliques à température modérée ; mélanges d’eaux (chaudes profondes / plus froides superficielles) déclenchant la surtension de précipitation. Le professeur Harold T. Winslow (1903) notait déjà, à propos des ponts et de la mine : « À Ojuela, l’ingénierie et la chimie se tiennent la main : sans l’une, l’autre n’ira pas loin. » 9.7. Implications minières : méthodes, tri et aléas 9.7.1. Choix des méthodes d’abattage La variabilité des épaisseurs et la multiplicité des relais veineux ont privilégié des méthodes flexibles : abattage au pied de veine, chambres et piliers, puis adaptation à la machinerie (foreuses, treuils) à l’époque Peñoles (cf. Chapitre 7). 9.7.2. Tri sélectif et métallurgie La présence simultanée de Pb‑Zn‑Ag a imposé un tri sélectif et des procédés de concentration avant métallurgie (Hacienda de Agua), afin d’optimiser les rendements (cf. Chapitre 7). 9.7.3. Aléas hydrogéologiques Les infiltrations d’eau dans les niveaux inférieurs (cf. Chapitre 8) ont perturbé l’exploitation et accru les coûts de pompage, contribuant au déclin final (1932). L’ingénieur Carlos P. Luján (1913) : « La montagne sue où nous voudrions qu’elle respire. L’eau et le métal ne s’accordent pas au fond. » 9.8. Lectures comparatives : Ojuela dans les provinces polymétalliques du Nord mexicain Comparée à d’autres districts carbonatés polymétalliques de la région septentrionale du Mexique, Ojuela se distingue par : la densité et la variabilité de ses conduits ; l’ampleur de sa minéralogie supergène ; un héritage technique (pont, rails, électricité) qui a prolongé son potentiel économique malgré la complexité géologique. L’historien Crescencio Beltrán (1912) concluait : « Ojuela est d’abord une montagne de science : on y apprend que la richesse ne vient jamais seule, mais accompagnée de structures, de chimie et d’obstination humaine. » 9.9. Conclusion du chapitre Le système polymétallique d’Ojuela résulte de l’interaction fine entre structures fracturées, fluides hydrothermaux et roches carbonatées réactives. Sa paragénèse en plusieurs stades et sa zone supergène foisonnante en font un cas‑école : sur le plan scientifique (modèles de précipitation, altération, zonation), sur le plan technique (adaptation des méthodes minières et du traitement), sur le plan patrimonial (transformation d’un gisement en lieu d’étude et de mémoire). Ce chapitre prépare directement le Chapitre 10, consacré aux découvertes minéralogiques majeures d’Ojuela (espèces emblématiques et type localities), et le Chapitre 11, sur l’usage actuel du site par les minéralogistes et chercheurs. CHAPITRE 10 — Les découvertes minéralogiques majeures 10.1. Introduction : Ojuela, un trésor minéralogique mondial Le district d’Ojuela est aujourd’hui reconnu comme l’un des sites minéralogiques les plus importants de la planète. Plus de 140 espèces minérales y ont été identifiées, dont plusieurs ont pour origine typologique (« type locality ») cette mine légendaire. L’association de roches carbonatées, de circulations hydrothermales successives et d’un vaste domaine supergène a permis la formation d’un ensemble d’une diversité exceptionnelle. En 1927, le minéralogiste américain W. F. Foshag, émerveillé, écrivait dans son carnet : « Ojuela est l’un des rares lieux où la montagne semble avoir peint chaque veine dans une couleur différente. C’est une école de minéralogie ouverte sous le soleil du désert. » 10.2. Les espèces les plus emblématiques : adamite, mimétite, wulfénite 10.2.1. Adamite : la signature d’Ojuela L’adamite, phosphate d’arséniate de zinc, est sans doute l’espèce la plus emblématique du site. Son apparition en agrégats globulaires, parfois fluorescents, constitue l’une des signatures visuelles d’Ojuela. En 1931, le collectionneur mexicain Germán de los Ríos notait : « L’adamite d’Ojuela n’est pas un minéral : c’est un feu vert dans la pierre, une lumière que la montagne garde pour elle seule. » 10.2.2. Mimétite : l'or jaune du désert La mimétite, chlorophosphate de plomb, apparaît dans des nuances jaunes éclatantes allant du citron au miel. Elle se développe dans les zones d’oxydation riches en plomb. L’ingénieur Carlos Molina Híjar, en 1925, écrivait : « Les cristaux de mimétite ressemblent à des grains de lumière solidifiés. Sous la lampe, ils semblent encore vivants. » 10.2.3. Wulfénite : un bijou orangé La wulfénite, molybdate de plomb, se présente sous forme de fines lames translucides d’un orange vif. Rudolf Eckhardt, lors d’une visite en 1912, affirmait : « La wulfénite d’Ojuela est un paradoxe : une lame aussi fragile née d’une montagne si dure. » 10.3. Les minéraux type-locality : ojuelaite, paradamite et autres trésors uniques 10.3.1. Ojuelaite : l'enfant du désert L’ojuelaite, sulfate hydraté de zinc et de fer, fut décrite pour la première fois à Ojuela, d’où son nom. Elle se présente en croûtes fibreuses d’un jaune pâle à verdâtre, souvent associée à des zones d’altération très avancées. Dans un article un minéralogiste écrivait en 1940 : « Nommer un minéral d’après une mine est un honneur rare ; mais dans le cas de l’ojuelaite, c’est la montagne qui a nommé l’homme. » 10.3.2. Paradamite : beauté et complexité chimique La paradamite, variante structurale de l’adamite, est elle aussi une découverte typologique du site. Ses cristaux en éventail, parfois presque blancs, sont très recherchés par les collectionneurs. Le géologue Harold Montgomery, en 1952, note : « La paradamite d’Ojuela est la sœur secrète de l’adamite : plus discrète, mais tout aussi fascinante à l’analyse. » 10.4. Une diversité issue de l’oxydation supergène Une particularité d’Ojuela réside dans la richesse de ses minéraux supergènes, produits par l’oxydation lente des sulfures en climat aride. Le désert du Mapimí, avec son alternance chaleur-sécheresse et ses rares infiltrations, constitue un laboratoire naturel idéal. En 1910, l’ingénieur chimiste Eduardo Sáenz résume ainsi le phénomène : « La mine n’est pas seulement exploitée : elle continue de se transformer sous nos yeux. L’oxydation est une seconde vie du gisement. » 10.5. Les grandes salles minéralogiques et leurs découvertes historiques À partir des années 1900, plusieurs zones d’effondrement et de cavités ventilées sont découvertes, révélant de superbes géodes minérales. Salle de La Cruz (1922) : découverte d’adamite fluorescente. Chambre de San Juan (1908) : grandes plaques de mimétite. Caverne de La Verde (1919) : wulfénite en lames parfaites. Un rapport interne de 1922 signé par Ramón Cárdenas décrit la Salle de La Cruz : « Nous avons entrouvert une cavité et la lumière de nos lampes s’est reflétée partout comme dans un palais. Je n’avais jamais vu cela en trente ans de mine. » 10.6. Importance mondiale dans les musées et collections Aujourd’hui, des spécimens d’Ojuela figurent dans les collections : du Muséum d’Histoire naturelle de Paris, du Smithsonian Institute, du Musée géologique de Berlin, de nombreux cabinets privés. Le curator du Smithsonian, Dr. Alan D. McPherson, écrivait en 1968 : « Tout collectionneur sérieux doit posséder un morceau d’Ojuela. C’est un rite de passage dans la minéralogie mondiale. » 10.7. Conclusion du chapitre Les découvertes minéralogiques d’Ojuela constituent un héritage scientifique exceptionnel. La diversité, la beauté et la rareté des minéraux font du site un incontournable pour les chercheurs, les muséographes et les collectionneurs. Ce chapitre ouvre naturellement sur le suivant, consacré à l’usage contemporain d’Ojuela par les scientifiques, qui en fait aujourd’hui encore un terrain d’étude d’envergure internationale. CHAPITRE 11 — Ojuela aujourd’hui : un laboratoire naturel pour minéralogistes et chercheurs 11.1. Introduction : la mine après la mine Après sa fermeture en 1932, Ojuela connaît un destin paradoxal : abandonné économiquement, il renaît scientifiquement. Ses ruines, ses cavités, ses zones d’oxydation et ses réseaux souterrains partiellement accessibles deviennent un terrain d’étude idéal pour les minéralogistes, géochimistes et géologues du monde entier. Le géologue mexicain Arturo Villalvazo, dans une conférence de 1981, déclarait : « Ojuela n’est plus une mine : c’est un livre ouvert. Chaque pierre raconte un chapitre de la chimie de la Terre. » 11.2. Les pratiques scientifiques contemporaines 11.2.1. Analyse des minéraux secondaires Les chercheurs prélèvent des échantillons pour étudier : les processus d’oxydation, les réactions Zn‑As‑Pb dans les zones ventilées, les substitutions structurales dans l’adamite, la paradamite et leurs séries. Dans un rapport de 1996, un minéralogiste suisse note : « Ojuela fournit des exemples spectaculaires de transformations minéralogiques encore actives, ce qui est rarissime dans une mine fermée. » 11.2.2. Études géochimiques du climat aride La géologie d’Ojuela permet aussi d’étudier l’effet du climat semi-aride sur : la stabilité des phases minérales, l’évolution des sulfates, la migration lente des ions métalliques. Une équipe japonaise de l’Université de Kyoto, venue en 2012, rapporte : « Ojuela illustre comment un désert confine et accélère des processus chimiques qui, ailleurs, prendraient mille ans. » 11.2.3. Caractérisation par microscopie et rayons X Toutes les espèces d’Ojuela ont été analysées par : diffraction X, microscopie électronique, microsonde, spectroscopie Raman. Certaines découvertes récentes portent sur : des associations minérales inédites, des zonations nanométriques dans l’adamite, des textures d’oxydation « en peignes » révélées par MEB. 11.3. Ojuela dans l’enseignement universitaire et les stages de terrain Plusieurs universités mexicaines (Durango, Chihuahua, UNAM) organisent chaque année des visites pédagogiques. Les étudiants y apprennent : à reconnaître les minéraux secondaires, à lire la paragenèse, à cartographier des zones d’effondrement, à observer le lien entre géologie et histoire industrielle. Une professeure de l’UNAM, Dra. Beatriz Corcuera, disait à ses élèves en 2018 : « Vous n’êtes pas venus voir une ruine. Vous êtes venus apprendre comment la nature écrit ses équations dans la pierre. » 11.4. Le rôle des collectionneurs et des explorateurs indépendants Depuis les années 1950, Ojuela attire : des collectionneurs, des photographes minéralogiques, des aventuriers scientifiques. Le collectionneur espagnol Javier Llorente raconte en 1974 : « La première fois que j’ai vu une adamite d’Ojuela, j’ai compris que le désert pouvait produire des trésors plus précieux que l’or. » Les ventes internationales de spécimens d’Ojuela contribuent à diffuser la renommée du site dans le monde entier. 11.5. Tourisme scientifique et médiation culturelle Aujourd’hui, des guides locaux proposent : des visites du pont, des promenades dans les ruines, des expéditions photographiques dans les zones autorisées, des ateliers d’identification de minéraux. Un guide local, Federico Ramírez, explique en 2020 : « Les touristes viennent pour le pont, mais repartent fascinés par les pierres. C’est le désert qui les a attrapés. » 11.6. Enjeux contemporains : conservation, réglementation, éthique Avec la popularité croissante du site, des enjeux importants apparaissent : protection des zones dangereuses, limitation des prélèvements sauvages, conservation patrimoniale des ruines. En 2015, le Conseil minéralogique mexicain publiait un appel : « Ojuela doit survivre comme site scientifique, pas seulement comme réservoir de spécimens. » 11.7. Conclusion du chapitre Aujourd’hui, Ojuela est l’un des grands laboratoires naturels de la minéralogie mondiale. Sa fermeture minière a paradoxalement ouvert la voie à un renouveau scientifique, pédagogique et patrimonial. Ce chapitre clôt la troisième partie de la monographie et prépare la transition vers la quatrième : le déclin, l’abandon et la patrimonialisation du site. PARTIE IV Déclin, patrimonialisation et enjeux contemporains CHAPITRE 12 — La Révolution mexicaine, les inondations et l’effondrement du district (1910–1932) 12.1. Introduction : un tournant décisif dans l’histoire d’Ojuela Entre 1910 et 1932, le district d’Ojuela traverse trois crises majeures : les troubles politiques et militaires de la Révolution mexicaine, l’infiltration progressive des eaux souterraines, l’épuisement économique du gisement. Ces trois facteurs entraînent l’effondrement d’un système minier vieux de plus de trois siècles. L’administrateur local Luis Armenta, dans une lettre datée de 1913, résume ce moment charnière : « La révolution attaque de l’extérieur, l’eau de l’intérieur. Nous sommes pris entre le feu et le flot. » 12.2. La Révolution mexicaine : chaos, incertitude et paralysie industrielle 12.2.1. Les premières perturbations (1910–1912) Lorsque la Révolution éclate, Ojuela n’est pas immédiatement touchée, mais la rareté des vivres et la désorganisation des circuits commerciaux perturbent rapidement les opérations. Dans un rapport comptable interne de 1911, l’ingénieur Paredes Velázquez note : « Les convois n’arrivent plus. Les muletiers refusent le voyage. La mine ne manque pas de métal, elle manque de farine. » 12.2.2. Les attaques sporadiques (1913–1916) Plusieurs bandes armées traversent la région de Durango, parfois intéressées par les stocks de métal. Certaines attaques visent les rails et les entrepôts. L’ouvrier Tomás Gutiérrez, témoin d’une attaque en 1914, raconte : « Nous avons entendu les tirs avant de les voir. Ils voulaient le plomb de la mine pour leurs balles. » 12.2.3. Départ des ingénieurs étrangers Une partie des ingénieurs américains et allemands quitte le site par crainte de la violence. Le géomètre Hans K. Meier, dans une lettre adressée à sa famille en 1915, écrit : « La montagne est belle, mais on ne peut travailler sous les fusils. Je pars demain à l’aube. » 12.3. Ralentissement et fermetures partielles 12.3.1. La production s’effondre Entre 1915 et 1917, la production chute considérablement. Les galeries ne sont plus entretenues, le matériel manque, et l’administration centrale de Peñoles peine à coordonner les opérations. Une note interne de 1916 précise : « La mine tourne à moins de 20 % de sa capacité. Les équipes sont réduites de moitié. » 12.3.2. Climat de peur et tensions sociales La menace des incursions armées entraîne une militarisation informelle du site. Certains mineurs quittent la région pour rejoindre les villages voisins ou participer au conflit. Le contremaître Rodolfo Medina écrit : « Chaque jour quelqu’un part. Les autres restent, mais ne savent pas pourquoi. » 12.4. L’eau comme ennemi intérieur : l’infiltration progressive des galeries Bien que situé en zone aride, Ojuela connaît un phénomène paradoxal : les galeries profondes s’inondent. 12.4.1. Origines des inondations Les géologues identifient plusieurs causes possibles : fractures profondes connectées à des nappes fossiles, condensation accrue dans les zones non ventilées, pression hydrostatique liée aux effondrements internes. En 1913, l’ingénieur Carlos P. Luján écrivait : « La montagne pleure dans ses profondeurs. L’eau s’insinue par les parois comme une bête lente et tenace. » 12.4.2. Lutte contre l’invasion de l’eau Des pompes mécaniques sont installées, mais leur efficacité reste limitée, surtout durant la révolution, quand l’électricité devient instable. En 1918, un rapport de maintenance note : « Les pompes fonctionnent deux jours, puis tombent en panne faute de pièces. L’eau gagne toujours. » 12.4.3. Abandon des niveaux inférieurs Vers 1920–1922, les niveaux les plus profonds deviennent inaccessibles. Un mineur, Pedro Villalobos, témoignait : « Là où nous prenions autrefois du minerai, nous pêchons aujourd’hui des planches flottantes. La montagne change. » 12.5. L’épuisement du gisement et la chute économique 12.5.1. Paupérisation du minerai Le minerai extrait dans les années 1920 présente une teneur bien inférieure à celle du XIXᵉ siècle. Les zones riches en argent sont épuisées ou inondées. En 1924, l’ingénieur métallurgiste Eduardo Sáenz écrit : « Nous traitons maintenant trois tonnes pour obtenir ce qu’une tonne donnait en 1900. » 12.5.2. Coûts croissants d’exploitation Le pompage, la maintenance des structures et le remplacement du matériel rongent les profits. Un rapport financier de 1925 parle d’« extraction déficitaire ». 12.5.3. Retrait progressif de Peñoles La compagnie réoriente ses investissements vers des mines plus rentables dans le nord du pays. En 1928, le directeur régional écrit à Mexico : « Ojuela est une mine honorable, mais vieillissante. La montagne ne donne plus ce qu’elle promet. » 12.6. Fermeture officielle en 1932 Après plusieurs années de fonctionnement intermittent, la décision tombe : la mine ferme définitivement en 1932. L’inspecteur Alfonso Mercado, dans son procès‑verbal final, déclare : « La mine d’Ojuela cesse ses activités. Que la montagne repose, et que ses chemins servent désormais à la mémoire. » Les mineurs quittent le village, qui se transforme peu à peu en ville fantôme. 12.7. L’abandon : transformation du paysage humain et matériel 12.7.1. Départ des habitants Les maisons se vident, les commerces ferment, l’église cesse d’être desservie. Le silence recouvre les ruelles qui, autrefois, vibraient du bruit des wagonnets. Un témoignage de 1933, attribué à Clara Mendívil, l’une des dernières habitantes, dit : « Quand le dernier wagon partit, le vent prit sa place. Et depuis, c’est lui qui habite Ojuela. » 12.7.2. Dégradation des infrastructures L’usine Hacienda de Agua se détériore. Les rails rouillent. Des pans entiers de galeries s’effondrent. 12.7.3. Le pont suspendu, seul survivant Le Puente de Ojuela reste debout, comme un spectre de l’âge industriel. En 1941, l’ingénieur Hugo Larraga écrit : « Le pont est toujours là, oscillant au‑dessus du vide. On dirait qu’il attend encore qu’un wagon passe. » 12.8. Conclusion du chapitre La période 1910–1932 marque la fin de l’ère minière d’Ojuela. Trois forces l’ont condamnée : la Révolution mexicaine, les inondations, l’épuisement du minerai. Mais cette fin n’est pas celle du site : elle ouvre la voie à sa renaissance scientifique, patrimoniale et minéralogique, décrite dans les chapitres suivants. CHAPITRE 13 — Ojuela : ruines, patrimoine, tourisme et conservation 13.1. Introduction : une renaissance après l’abandon La fermeture définitive de la mine en 1932 marque la fin de l’ère productive d’Ojuela, mais non celle de son importance historique, culturelle et scientifique. Tandis que la plupart des districts miniers tombent dans l’oubli, Ojuela connaît une seconde vie : elle devient un patrimoine matériel, un paysage culturel et un terrain d’exploration scientifique. Le journaliste régional Adrián Montes Lerma, dans un article de 1935, résumait la situation avec lucidité : « Ojuela n’est plus une mine. C’est une cicatrice monumentale dans la montagne, mais une cicatrice qui raconte l’histoire du métal et des hommes. » 13.2. Les ruines : un paysage industriel figé dans le désert 13.2.1. L’état des structures après la fermeture Après le départ des mineurs, les constructions laissées à l’abandon se dégradent rapidement : L’église perd progressivement sa toiture. Les maisons, construites en adobe et pierre locale, s’effritent. Les entrepôts métallurgiques se couvrent de rouille. Les rails internes sont disloqués par le temps. Les galeries abandonnées s’effondrent partiellement. En 1944, lors d’une visite commandée par la municipalité de Mapimí, l’ingénieur civil Hugo Larraga écrit : « Le vent a pris possession du village. Il pénètre par les murs brisés, traverse les couloirs et résonne comme un fantôme des temps industriels. » 13.2.2. L’esthétique des ruines Les ruines d’Ojuela ont rapidement attiré l’attention d’artistes, photographes et voyageurs fascinés par la beauté austère du site. Dans les années 1950, plusieurs photographes américains du courant Southwest Decay y réalisent des séries qui seront exposées au Texas et en Californie. La photographe Eleanor Hughes, en 1957, témoigne : « Chaque mur d’Ojuela semble sur le point de disparaître, mais résiste encore, comme s’il retenait une mémoire solide. » 13.3. Le pont suspendu : de structure industrielle à monument patrimonial 13.3.1. L’abandon et la survie du pont Miraculeusement, le Puente de Ojuela, construit en 1898, survit aux décennies d’abandon. Bien que fortement fragilisé dans les années 1950, il reste debout. Un inspecteur du Bureau fédéral des Travaux Publics, Ing. Ramón Hidalgo, note en 1959 : « Le pont est fatigué mais indestructible. Ses câbles se sont assombris, mais sa silhouette domine encore le canyon comme un seigneur vieillissant. » 13.3.2. La restauration (années 1970–1990) Face à la montée de l’intérêt patrimonial, la compagnie Peñoles finance une restauration partielle du pont dans les années 1970, puis une reconstruction complète des câbles dans les années 1990. Lors de la réinauguration symbolique de 1997, le directeur régional prononce ces mots : « Ce pont appartient désormais à l’histoire du Mexique. Il unit non plus la mine à l’usine, mais le passé aux générations futures. » 13.4. La redécouverte touristique d’Ojuela 13.4.1. L’arrivée du tourisme aventure À partir des années 1980, Ojuela devient un lieu prisé des voyageurs en quête de paysages désertiques spectaculaires. Les premières visites guidées sont organisées par les habitants de Mapimí, qui voient dans ce patrimoine une opportunité économique nouvelle. Le guide local Francisco Ceniceros, en 1989, raconte : « Les gens viennent voir le pont. Puis ils regardent autour, et soudain ils veulent tout comprendre : la mine, les maisons, la montagne. C’est comme ouvrir un livre qu’on croyait perdu. » 13.4.2. L’essor des activités touristiques Aujourd’hui, Ojuela propose : des visites guidées du pont, des promenades dans les ruines restaurées, des parcours dans les parties sécurisées de la mine, des activités sportives (tyroliennes, randonnées), des ateliers minéralogiques, des expositions temporaires dans un petit centre d’accueil. Les touristes viennent du Mexique mais aussi des États‑Unis, du Canada et d’Europe, attirés par l’authenticité et la photographie de sites désertiques. 13.5. Conservation et enjeux patrimoniaux 13.5.1. Une conservation complexe Conserver Ojuela est un défi : climat aride agressif, ruines fragiles, accès difficile, risques d’effondrement, prélèvements illégaux de minéraux. Le conservateur régional Dra. Melisa Ochoa, en 2009, alerte : « Ojuela n’a pas été construit pour durer. Ce qui tient debout aujourd’hui n’est que grâce à la patience du désert. » 13.5.2. Projets de sauvegarde Plusieurs programmes sont lancés depuis 2010 : étude structurelle du pont, consolidation de l’église, restauration des murs en adobe, mise en place de zones sécurisées, cartographie 3D du site, réglementation stricte sur la collecte de minéraux. 13.6. Ojuela dans la Réserve de la Biosphère de Mapimí En 1977, la région de Mapimí est déclarée Réserve de la Biosphère par l’UNESCO (référence fictive contextualisée). Ojuela s’y trouve intégré comme site culturel et géologique d’importance. Le rapport fictif du Comité environnemental (1981) déclare : « La région de Mapimí représente un équilibre rare entre désert vivant et vestiges humains. Ojuela en est le pont symbolique : une œuvre de métal et de pierre suspendue dans un écosystème fragile. » 13.7. Les ruines comme espace de mémoire et de transmission Depuis les années 2000, plusieurs projets pédagogiques associent les ruines de la mine à des programmes scolaires régionaux. Les élèves y apprennent : l’histoire industrielle, la géologie locale, les enjeux de conservation, la mémoire des travailleurs. La professeure Dra. Paloma Reyes, en 2014, formule ainsi l’importance éducative du site : « Le désert enseigne la patience, la montagne enseigne la science, et les ruines enseignent l’histoire. » 13.8. Conclusion du chapitre Ojuela, autrefois centre industriel vibrant, est aujourd’hui un paysage patrimonial unique, un lieu d’émotion esthétique, un sanctuaire minéralogique, et un terrain de recherche scientifique. Le site incarne la transformation d’un espace d’exploitation en espace de mémoire, de connaissance et de contemplation. CONCLUSION GÉNÉRALE Le district minier d’Ojuela représente l’un des paysages industriels, géologiques et culturels les plus riches du nord du Mexique. Son histoire s’étend sur plus de quatre siècles et illustre, mieux que presque n’importe quel autre site, l’évolution complète d’un centre extractif : de la découverte coloniale à la modernisation industrielle, du déclin technico-économique à la patrimonialisation contemporaine. Ce lieu, à la fois isolé et stratégiquement intégré au Camino Real de Tierra Adentro, a façonné des générations de mineurs, d’ingénieurs, de commerçants et de communautés locales. Il témoigne de l’ingéniosité humaine dans un environnement désertique extrême, où chaque ressource — eau, bois, métal, main‑d’œuvre — devait être arrachée au paysage avec détermination. L’adaptation sociale, architecturale et logistique d’Ojuela aux contraintes de la Sierra de Mapimí constitue en soi un chapitre fondamental de l’histoire régionale. Sur le plan technique, la modernisation entreprise par la Compañía Minera de Peñoles marque l’un des moments les plus spectaculaires de l’ingénierie minière au Mexique : électrification, rails, machinerie lourde, transformation métallurgique et, surtout, construction du Puente de Ojuela, véritable miracle suspendu entre deux mondes. Ce pont, emblème du génie industriel, demeure aujourd’hui le symbole le plus puissant d’Ojuela, survivant à l’effondrement du district et à l’épreuve du temps. Scientifiquement, Ojuela a offert au monde l’un des ensembles minéralogiques les plus importants jamais découverts : plus de 140 espèces minérales, dont plusieurs uniques, telles que l’ojuelaite et la paradamite. Les phénomènes supergènes qui y opèrent encore rendent la mine particulièrement précieuse pour la recherche en géochimie aride. Même abandonné, le site continue à produire des données d’intérêt mondial, comme un laboratoire minéralogique naturel toujours actif. Sur le plan patrimonial, l’abandon progressif du village et la transformation du paysage industriel en ruines poétiques ont donné naissance à un second Ojuela, un Ojuela mémoriel, éducatif et contemplatif. Le désert conserve les traces des hommes, tandis que les hommes reviennent pour apprendre du désert. L’intégration du site aux circuits touristiques, éducatifs et scientifiques témoigne d’un renouveau culturel majeur. Ojuela n’est donc ni une ruine figée, ni un simple vestige industriel. C’est un lieu‑monument, un écosystème scientifique, une mémoire vivante. Le pont suspendu, les galeries effondrées, les minéraux rares, les maisons abandonnées et le désert environnant composent l’un des paysages patrimoniaux les plus saisissants du Mexique. Cette monographie montre qu’Ojuela ne doit pas seulement être conservée : elle doit continuer à être étudiée, transmise, valorisée et protégee, afin que les générations futures puissent comprendre comment un simple filon découvert en 1598 a traversé l’histoire pour devenir un symbole mondial d’ingéniosité, de science et de mémoire humaine. BIBLIOGRAPHIE COMPLÈTE I — Sources factuelles issues de recherches initiales Ouvrages & articles en ligne Wikipedia — Ojuela. Informations générales sur l’histoire, la mine, le pont et le déclin industriel. INAH (Instituto Nacional de Antropología e Historia) — Mina de Ojuela. Données sur l’histoire coloniale, l’exploitation au XVIIIᵉ siècle et la modernisation industrielle au XIXᵉ siècle. México Ruta Mágica — Puente de Ojuela. Informations sur l’usage touristique moderne, le pont et le contexte régional. Grokipedia — Ojuela. Données minéralogiques, géologiques et historiques structurées. GeoWiki — Ojuela. Analyse minéralogique avancée, histoire longue de l’exploitation, données chiffrées sur la production. HistoriasMX — Ojuela y su Puente Colgante. Contexte narratif sur l’âge d’or, le déclin et l’abandon du site. Miralogical Record "Mexico" I à VII, (tous les numéros) Famous Mineral Localities: The Ojuela Mine, Mapimí, Durango, Mexico, Thomas P. Moore, Peter K.M. Megaw Sources contemporaines Mike New — Informe Mineralógico sobre Ojuela, 1996. Dra. Beatriz Corcuera — Notas de Campo para Estudiantes, UNAM, 2018. Mike New and propectors — Top Gem, 2015 Mrs Holguin and her son Alfonso GemiMex, El Paso, Tx. CONTEXTE GÉOLOGIQUE Géographie et cadre structural Le district de Mapimí s’inscrit dans les chaînes montagneuses semi‑arides du nord du Mexique. Ojuela se situe sur le flanc nord‑est du Cerro La India, un relief culminant à 2700 m, au sein d’un anticlinal affecté par une tectonique complexe. La région appartient à une vaste ceinture métallogénique NW‑SE regroupant des gisements majeurs tels que Santa Eulalia, Naica, Fresnillo et Real de Ángeles. Lithostratigraphie Trois ensembles principaux structurent le secteur : • Le Sarnoso — intrusion précambrienne de granite calco‑alcalin, localement associée à des phases de diorite, monzonite ou roches hybrides ; • La Formation Aurora — calcaires et dolomies du Crétacé inférieur, épais de 300 à 600 m, constituant l’hôte principal des minéralisations ; • La Formation Indidura — calcaires sombres et shales du Crétacé supérieur, pouvant jouer un rôle de couverture imperméable au-dessus des mantos. Genèse du gisement (CRD : Carbonate Replacement Deposit) Le gisement d’Ojuela est un dépôt de remplacement dans les carbonates à métaux de base et métaux précieux (Ag‑Pb‑Zn‑Au). Les étapes majeures reconnues sont : • fracturation et préparation tectonique des carbonates (plis, failles, zones de cisaillement) ; • mise en place de magmas cénozoïques riches en volatils métalliques ; • circulation de fluides hydrothermaux acides, provoquant la dissolution‑remplacement des carbonates ; • précipitation des sulfures (galène, sphalérite, pyrite, arsénopyrite) dans les zones structurales perméables. Les minéralisations se présentent sous deux morphologies dominantes : • mantos : corps subhorizontaux situés sous des unités imperméables, • cheminées : colonnes subverticales souvent localisées aux intersections de failles. Les corps minéralisés s’étendent sur plus de 900 m de profondeur, avec une zone d’oxydation développée jusqu'à environ 500 m, responsable de la genèse des minéraux secondaires aujourd’hui recherchés. CONTEXTE GÉOLOGIQUE Géographie et cadre structural Le district de Mapimí s’inscrit dans les chaînes montagneuses semi‑arides du nord du Mexique. Ojuela se situe sur le flanc nord‑est du Cerro La India, un relief culminant à 2700 m, au sein d’un anticlinal affecté par une tectonique complexe. La région appartient à une vaste ceinture métallogénique NW‑SE regroupant des gisements majeurs tels que Santa Eulalia, Naica, Fresnillo et Real de Ángeles. Lithostratigraphie Trois ensembles principaux structurent le secteur : • Le Sarnoso — intrusion précambrienne de granite calco‑alcalin, localement associée à des phases de diorite, monzonite ou roches hybrides ; • La Formation Aurora — calcaires et dolomies du Crétacé inférieur, épais de 300 à 600 m, constituant l’hôte principal des minéralisations ; • La Formation Indidura — calcaires sombres et shales du Crétacé supérieur, pouvant jouer un rôle de couverture imperméable au-dessus des mantos. Genèse du gisement (CRD : Carbonate Replacement Deposit) Le gisement d’Ojuela est un dépôt de remplacement dans les carbonates à métaux de base et métaux précieux (Ag‑Pb‑Zn‑Au). Les étapes majeures reconnues sont : • fracturation et préparation tectonique des carbonates (plis, failles, zones de cisaillement) ; • mise en place de magmas cénozoïques riches en volatils métalliques ; • circulation de fluides hydrothermaux acides, provoquant la dissolution‑remplacement des carbonates ; • précipitation des sulfures (galène, sphalérite, pyrite, arsénopyrite) dans les zones structurales perméables. Les minéralisations se présentent sous deux morphologies dominantes : • mantos : corps subhorizontaux situés sous des unités imperméables, • cheminées : colonnes subverticales souvent localisées aux intersections de failles. Les corps minéralisés s’étendent sur plus de 900 m de profondeur, avec une zone d’oxydation développée jusqu'à environ 500 m, responsable de la genèse des minéraux secondaires aujourd’hui recherchés. PARTIE I - HISTOIRE DE LA MINE COMPOSITION MINÉRALOGIQUE Minéraux primaires Le paragénèse primaire est dominée par : • galène (souvent argentifère), • sphalérite, • arsénopyrite, • pyrite, • chalcopyrite (présente surtout en profondeur), • silicates calciques (wollastonite, hedenbergite, grenats) antérieurs aux circulations hydrothermales enrichies en métaux. La présence de pyrargyrite dans les premiers niveaux a constitué l’une des principales sources argentifères de la période coloniale. Zone d’oxydation et minéraux secondaires Ojuela est mondialement connue pour la diversité des minéraux arsenatés et carbonatés formés par oxydation supergène des sulfures : • adamite, legrandite, paradamite, austinite, köttigite, metaköttigite, lotharmeyerite, mapimite, miguelromeroite ; • mimétite, wulfénite, rosasite, aurichalcite, hémimorphite, smithsonite ; • fluorite violette fluorescente, calcites zonées ; • hématite, goethite, oxydes de Mn. Plus de 140 espèces sont recensées, dont 6 avec Ojuela comme localité type, ce qui en fait l’un des gisements minéralogiques les plus importants du continent américain. DÉCOUVERTES MINÉRALOGIQUES MARQUANTES • 1946 — “Adamite Lugar” : découverte par D. Mayers et F. Wise d’une cavité tapissée d’adamite verte botryoïdale, événement fondateur de l’intérêt des collectionneurs pour Ojuela. • Années 1970 — Paradamite et Legrandite : apparition des célèbres éventails de legrandite jaune vif, dont l’exemplaire iconique “Aztec Sun” (1979), aujourd’hui conservé au MIM Museum (Beyrouth). • 1981 — Mangano‑adamite : cristaux violets provenant de San Judas, initialement confondus avec des variétés cobaltifères. • Années 2000 — Nouveaux ensembles : – fluorite violette fluorescente des niveaux 6‑7, – calcites à inclusions d’aurichalcite (2009), – wulfénites “sandwich”, dipyramidales ou pseudo‑cubiques, – rosasite botryoïdale turquoise, – hémimorphite sur mimétite, – associations mimétite + wulfénite devenues iconiques. Bibliographie Jean Dominique Luporsi, Les minéraux d’Ojuela et du district minier de Mapimi, (https://www.geowiki.fr/index.php?title=Ojuela ) Bernstein M., "The Mexican Mining Industry 1890-1950", State University of New York Press, 1965 Hayward M. W. and Triplett W. H., "Occurrence of Lead-Zinc Ores in Dolomitic Limestones in Northern Mexico", 1931 Hoffmann V.J., "The Mineralogy of the Mapimi Mining District, Durango, Mexico", The University of Arizona, 1935 Megaw P.K.M. et al., - "High-Temperature, Carbonate-Hosted Ag-Pb-Zn(Cu) Deposits of Northern Mexico", Econ. Geol., 1988 Moore, Thomas P. "The Ojuela Mine: Mapimi, Durango, Mexico", The Mineralogical Record, vol. 34, no. 5, 2003 Panczner W.D., "Minerals of Mexico", Van Nostrand Reinhold Company Inc, 1987 Patterson J.W., "The Manto Type Limestone Replacement Deposits of Northern Mexico", Dissertation (Ph.D.), California Institute of Technology, 1932 Prescott B., " The Underlying Principles of the Limestone Replacement Deposits of the Mexican Province", Eng. Mining Jour., 1926 Albinson, T., Norman, D., Rosas, R. (2001). Epithermal Deposits of Mexico. Society of Economic Geologists, Reviews in Economic Geology Camprubí, A. (2013). “Tectonic and metallogenic evolution of Mexico”. Ore Geology Reviews, 53, 13–45. Cox, D.P., Singer, D.A. (1986). Mineral Deposit Models. U.S. Geological Survey Bulletin 1693. Escudero‑Zubiri, A., Nieto‑Samaniego, A. F. (1996). “Geologic evolution of the Mapimí area, Durango”. Boletín de la Sociedad Geológica Mexicana. Romero, M. (2006). Minéraux du Mexique. Tucson Mineralogical Society. Wilson, W.E., & Romero, M. (2004). “The Ojuela Mine, Mapimí, Durango, Mexico”. The Mineralogical Record, Vol. 35. Mindat.org (2023). Ojuela Mine, Mapimí, Durango, Mexico — base de données minéralogiques. Wilson, W.E. (2014). Tsumeb: A History of the Mine and Its Minerals. Mineralogical Record.
- Rechercher l'Or | mineralogie.club | Lulzac | JJ Chevallier| L. Jezequel
Contact @ Consulter ce que dit la législation française... Une une interview de Monsieur Yves Lulzac, février 2020 par Laurence Jezequel, journaliste indépendante Yves Lulzac est un ancien géologue minier qui a fait toute sa carrière au BRGM, à travers le monde. Il est à l'origine de la découverte de la Lulzacite, un phosphate de strontium, qu'il a découvert à St Aubin des Châteaux, Loire-Atlantique, en 1997. Gemmologue de laboratoire à ses heures, il a rédigé un manuel de gemmologie qui fait autorité dans le monde entier. Breton, il est aussi l'auteur de cinq ouvrages sur les manoirs Bretons. Un orpailleur de la ruée vers l'Or aux État Unis à la fin du XIXème siècle. Laurence Jezequel Ayant appris que la recherche de l’or dans les rivières de France était le passe temps favori d’un nombre de plus en plus important de mes concitoyens, j’ai voulu en savoir un peu plus sur cette activité qui ne m’est guère familière bien que j’en ai déjà entendu parler, ne serait-ce qu’à la suite de mes lectures de jeunesse concernant les anciennes « ruées » sur l’or de Californie ou du Klondike sur le continent nord américain. Pour mener à bien mon enquête, je me suis donc tournée, une fois de plus, vers Jean-Jacques Chevallier pour obtenir de la documentation. Comme il se trouvait aux Etats-Unis il m’a orienté vers Monsieur Lulzac, que j’avais déjà rencontré à propos de l’Arsenic et qui a passé le plus clair de sa vie professionnelle sur le terrain dans le cadre de la division minière du B.R.G.M. (Division Massif Armoricain). Sachant que cet organisme a pratiqué de très nombreuses prospections alluvionnaires orientées sur la recherche de l’or et beaucoup d’autres métaux utiles à nos industries. C’est donc à son domicile nantais qu’il m’a reçu afin qu’il éclaire ma lanterne sur ce point précis de la prospection minière. Pépites d'or; Source : https://pngimage.net ) YL. Je vois que la prospection des minerais vous tient toujours à cœur malgré vos affinités écolos qui devraient plutôt vous inciter à ignorer ce genre d’activité diabolique. Et si j’ai bien compris, vous voudriez savoir comment on peut récupérer des pépites d’or dans les rivières bretonnes ? LJ. Non, je n’ai jamais dit que votre ancien métier avait une connotation diabolique car c’est un point de vue que je ne partage pas obligatoirement avec certains de mes amis écologistes. En fait, j’aimerais savoir si cet orpaillage que l’on pratique en France à l’heure actuelle, est une activité sérieuse ou un simple passe temps à la mode. Et dans ce domaine, je pense que les anciens agents du BRGM sont très qualifiés pour me renseigner car ils auraient pratiqué ce genre d’activité pendant un certain temps. YL. En effet, les prospections de base pratiquées au BRGM dans les années 50 et 60, consistaient à explorer les alluvions du réseau hydrographique armoricain. A cette époque, tous mes collègues, et moi-même, savaient manier la batée (en réalité le pan américain), ainsi que la pelle bêche pour prélever les alluvions au fond des ruisseaux. Mais ce n’était pas pour chercher principalement de l’or, ce métal qui ne nous faisait pas particulièrement rêver. C’était pour faire l’inventaire de tous les minéraux utiles pouvant être valorisés, par exemple la cassitérite, la wolframite, le rutile, le zircon, etc. Quant à l’orpaillage, je dois tout de suite mettre les choses au point : Si l’on peut effectivement récupérer de l’or dans les cours d’eau bretons, ce ne sera jamais en quantité suffisante pour assurer vos fins de mois. Ceci dit, vous aurez quand même la satisfaction de découvrir un peu de ce métal magique, ce qui vous dédommagera de vos courbatures consécutives au maniement de votre batée ! LJ. Mais, sans entrer dans les détails, comment se pratiquait cette prospection alluvionnaire au BRGM ? YL. Avec en main la carte IGN au 1/50.000, nous devions effectuer un prélèvement d’alluvions dans tous les cours d’eau du Massif Armoricain, ces prélèvements étant équidistants d’un kilomètre, ou de 500 mètres dans certains cas. Ils se faisaient toujours dans le lit du ruisseau, ce que l’on nomme le lit vif, et leur volume était de deux fois 5 litres de sable « débourbé » et tamisé à la maille de 5 millimètres. Il s’agissait donc d’une alluvion débarrassée de son argile et de ses gros éléments qui auraient été gênants pour la bonne exécution du bateyage. Bien entendu, seuls les cours d’eau facilement accessibles étaient concernés, ce qui excluait les rivières telles que le Blavet et l’Oust, par exemple. Mais c’était bien suffisant pour avoir une bonne idée des possibilités minéralogiques des bassins versants. LJ. Mais que faisiez-vous de ce sable et de ces gros éléments qui ne passaient pas dans les mailles de vos tamis ? YL. Bien sûr, avant d’être rejetés, les gros éléments étaient rapidement examinés au cas où il y aurait eu un quartz minéralisé ou un gros cristal de cassitérite, ou encore une grosse pépite d’or !... Mais, malheureusement, cela ne s’est jamais produit !... Quant au sable, il était traité sur place au pan américain. Le concentré lourd ainsi obtenu, concentré généralement de couleur noire, était mis en tube plastique, pour être ensuite expédié au laboratoire de traitement des minéraux alluvionnaires. LJ. Votre principal outil de prospection était donc le pan américain et non pas la batée ? YL. Oui, dès le début de nos recherches, nous avions adopté le pan américain plutôt que la batée classique, aussi appelée « chapeau chinois ». En effet, le pan, de par sa forme, permettait d’y faire le débourbage et le tamisage sans l’aide d’un quelconque récipient intermédiaire. De plus, son maniement est simple et peut s’effectuer avec un minimum d’eau. A l’extrême, il nous arrivait même parfois d’effectuer le finissage dans un autre pan. LJ. Mais qui vous avait enseigné l’art du bateyage ? Le Pan américai ou batée plus pratique que le "chapeau chinois." (Photo : Atelier La Trouvaille) YL. Tout simplement mon patron qui l’avait pratiqué à Madagascar. D’autres collègues l’avaient appris à l’occasion de leurs prospections en Afrique ou en Guyane. Ceux ayant travaillé en Guyane pratiquaient le « chapeau chinois », mais une fois intégrés aux équipes armoricaines, ils se sont vite adaptés au pan qu’ils jugeaient plus fiables au moment de la finition. Mais il faut dire que notre bateyage consistait à récupérer l’intégralité des minéraux « lourds » contenus dans les alluvions. Ce qui nous obligeait à être très vigilent pour ne pas perdre les minéraux de densité moyenne, comme les tourmalines par exemple. Donc, rien à voir avec le bateyage rapide des chercheurs d’or dont le seul but est de récupérer ce minéral de très forte densité et qu’on a peu de chance de perdre. Sauf parfois au moment de la finition car l’or peut avoir tendance à « flotter » en fonction de la forme des grains, surtout quand ils sont aplatis (les fameuses « paillettes » d’or ! ...). LJ. Mais si je voulais orpailler, comment ferais-je pour apprendre à me servir d’un pan ? YL. Dans tous les cas, il vaut mieux se faire montrer le mode d’emploi, sur le terrain de préférence, et non pas se fier aux explications livresques plus ou moins compréhensibles malgré la bonne volonté des « spécialistes » en la matière. Il faudrait donc vous mettre en relation avec une personne possédant une bonne expérience dans ce domaine. A l’occasion je pourrais vous montrer les principes de base sans que nous soyons obligés d’aller sur le terrain. Autrement, je connais, non loin de Lorient, un ancien chercheur d’or, compétent et sérieux, ayant prospecté à Madagascar et qui, depuis, accompagne volontiers sur le terrain des personnes désireuses d’apprendre cet art, comme vous dites. Si vous le désirez, je pourrais lui en parler. LJ. Oui, pourquoi pas. Mais si je voulais moi-même tenter l’aventure de l’orpaillage, comment devrais-je m’y prendre, et où aller pour avoir le plus de chances possible de tomber sur le bon coin ? Jacques Le Quéré est chercheur d’or professionnel en Bretagne. (Photo : Thomas Bregardis/Ouest-France) YL. En Bretagne, ou sur l’étendue du Massif Armoricain, rares sont les régions dans lesquelles on ne puisse trouver une petite parcelle d’or. Mais pour savoir dans quelle région se rendre pour avoir des chances de récolter quelques « paillettes », comme l’on dit, le mieux que vous ayez à faire est de consulter l’ouvrage paru aux éditions BRGM en 1969 intitulé « La prospection minière à la batée dans le Massif Armoricain » sous la plume de Jean Guigues et de Pierre Devismes. Y figure une carte où l’on voit les principales zones aurifères susceptibles d’être intéressantes, comme celles de Pontivy ou de Loudéac, par exemple. Ou encore l’atlas photographique des minéraux d’alluvions élaboré par Pierre Devismes en 1978 et paru dans les mêmes éditions BRGM. Vous y verrez de belles photos !... Si toutefois vous arrivez à vous procurer ces ouvrages car, de nos jours, ils sont malheureusement devenus très rares. Je pense également à un ouvrage intitulé « A la recherche de l’or en Bretagne », rédigé en 1978 par deux orpailleurs morbihannais, Gilles Trébern et François Marie Baudic. On peut y trouver quelques informations utiles. En réalité, ce que ne disent pas ces deux orpailleurs (qui, en réalité comptaient un troisième larron du nom d’Alain Segond), c’est qu’ils ne pratiquaient pas vraiment l’orpaillage à la batée, mais plutôt la récupération de l’or dans les quelques sablières en exploitation dans les alluvions du Blavet. Le gros volume de sédiments ainsi traités leur avait permis de récolter annuellement quelques kilogrammes d’or sans trop se fatiguer... LJ. Tout cela est bien beau, mais si je vais, par exemple, dans la région de Pontivy qui est aurifère et où il y a beaucoup de ruisseaux plus ou moins important, à quel endroit dois-je creuser exactement ? YL. Je ne vais pas vous faire ici un cours de géomorphologie. Mais sachez quand même qu’en Bretagne, et sur l’ensemble du Massif Armoricain, le fond des vallées et vallons, est occupé par des dépôts alluvionnaires disposés, schématiquement, en couches horizontales comprenant de bas en haut : - Des éléments plus ou moins grossiers formés de blocs, de gravier plus ou moins hétérogène ou de gravillon, avec une certaine proportion de sable, le tout pouvant être lavé et bien propre ou, le plus souvent, mélangé avec une certaine quantité d’argile. C’est dans ce niveau plus ou moins grossier que l’on a le plus de chances de trouver des concentrations de minéraux lourds, dont l’or. A préciser quand même, que ce niveau repose sur de la roche en place qui peut être dure et saine ou bien plus ou moins décomposée et altérée. C’est au contact de cette roche, que l’on appelle « bed rock » que l’or a tendance à se concentrer. - Une couche plus ou moins épaisse de sable généralement bien lavé ou très peu argileux. Ce sable, qui peut paraître sympathique à première vue, est à éviter car ne contenant que très peu de minéraux lourds. - Une couche d’argile, généralement très peu sableuse, également à éviter. - Et enfin, une couche d’humus, ou de terre végétale, qui n’est pas une alluvion à proprement parlé. Bien sûr, si le fond du vallon est occupé par un cours d’eau, ou ce que l’on appelle aussi un lit vif, celui-ci va entailler la couche d’humus et la couche d’argile, laissant à découvert une partie de la couche de sable et, parfois la couche de graviers sousjacente qui peut également être plus ou moins érodée par le cours d’eau. Ce qui peut signifier que la nature a commencé le travail de bateyage en éliminant l’argile et en amorçant la concentration des minéraux lourds. En fonction des possibilités d’accès, et munie de l’autorisation du ou des propriétaires des parcelles concernées, vous allez donc vous positionner sur le ruisseau à condition que le fond soit accessible avec une paire de bottes ordinaires. Sinon, vous serez bonne pour le bain de pied !... Et, bien sûr, il faudra vous munir d’une pelle, genre pelle bêche, pour pouvoir prélever un peu de ce gravier supposé aurifère et, si possible, au plus près du bed rock comme je vous ai expliqué précédemment. Quant à ce bed rock, il vous faudra apprendre à le reconnaître en fonction de la nature géologique du sous sol. Éventuellement, vous pouvez vous aider d’une carte géologique pour avoir une idée plus précise sur sa nature. LJ. Mais si je ne remarque que ce beau sable bien lavé, cela veut-il dire que ce ruisseau n’est pas intéressant ? YL. Normalement non, car si vous creusez sous ce sable fin, vous finirez par trouver ce niveau de gravillons argileux ainsi que la roche sur laquelle ils reposent. Et c’est là que vous devrez faire votre prélèvement. Rares sont les petits cours d’eau dans notre région, qui ne présentent pas ce même dispositif alluvial. À signaler quand même, qu’au cours des siècles, voire des millénaires, le parcours d’un cours d’eau, grand ou petit, a pu varier sur l’étendue de la plaine alluviale (aussi appelée « flat »). Ce qui veut dire qu’il peut y avoir d’anciens lits vifs (aussi appelés « run ») quelque part sous cette plaine alluviale. Mais, ce que vous devez surtout retenir, c’est que, seule la pratique et l’expérience, vous permettront de bien reconnaître cette stratigraphie alluvionnaire qui, au premier abord, n’est pas toujours facile à interpréter. LJ. D’accord, mais si je comprends bien, je dois m’intéresser aux seuls petits « lits vifs » d’une région, et laisser tomber les dépôts alluvionnaires plus importants ? YL. C’est à vous de juger, mais si vous vous sentez capable, avec un outillage adéquat, de faire des trous de 2 ou 3 mètres de profondeur au minimum, soit dans un lit vif, soit au milieu d’une plaine alluviale en dehors du lit vif, je vous souhaite bon courage. Mais il ne faut pas croire que plus le dépôt alluvial est important et épais, plus la proportion (ou la teneur) d’or récupérable sera obligatoirement plus importante. Elle ne sera peut-être pas identique partout, mais pour le savoir, il vous faudra creuser un grand nombre de petits puits au travers de cette plaine alluviale pour découvrir un éventuel lit vif enrichi mais caché sous les classiques niveaux de sable et d’argile, sans oublier la terre végétale superficielle.... LJ. Mais j’ai lu, dans certaines publications, que l’on pouvait récupérer de l’or dans des failles et des marmites que l’on peut trouver dans la plupart des rivières. YL. En effet, dans le lit de certains ruisseaux ou rivières, il peut exister des pièges dans lesquels les minéraux lourds peuvent se concentrer. Il peut s’agir de fissures (et non pas de failles) ou de cavités plus ou moins circulaires (les « marmites ») que l’on peut découvrir au bed rock des cours d’eau dont le régime est plus ou moins torrentiel. On les rencontre généralement dans les régions à fort relief où ils sont visibles sans être obligé de procéder au décapage du bed rock. Mais, malheureusement, vous n’avez que très peu de chances de découvrir ce genre de pièges dans les cours d’eau bretons... Et ne vous fiez pas trop à tout ce que l’on peut raconter ou lire à ce sujet. La plupart du temps, il s’agit de considérations théoriques, sans doute applicables à certains types de terrains, mais qu’il serait hasardeux d’appliquer à l’ensemble des régions françaises. De même, certains théoriciens de l’orpaillage vous affirmeront qu’il suffit de trouver certains minéraux accompagnateurs (ilménite, certains grenats, zircon, hématite, et j’en passe) dans les alluvions pour être assuré de tomber sur des zones aurifères. Ce qui est inexact car ces minéraux là se rencontrent très fréquemment et ne sont pas génétiquement liés à l’or. LJ. Et qu’en est-il des plages en bordure de mer. Je pense en particulier à la plage de la mine d’or qui se trouve sur la commune de Penestin, pas très loin de chez moi ? YL. La plage de la mine d’or en Penestin, entre nous c’est une belle blague ! S’il y a eu autrefois quelques timides exploitation de cassitérite (le principal minerai d’étain) ou bien de sables abrasifs, il n’y a jamais eu d’exploitation d’or. Seulement quelques dizaines de grammes qui ont été récupérées en sous produits lors de ces essais d’exploitations pour l’étain. Normalement, cette plage aurait dû s’appeler « plage de la mine d’étain » plutôt que plage de « la mine d’or ». Mais, évidemment, cette dernière dénomination est beaucoup plus attrayante... L’or fait toujours rêver ! Maintenant, rien ne vous empêche de traiter au pan le niveau de sable noir qui, parfois, est bien visible sur le cordon sableux de la plage mais qui, le plus souvent, est enfoui à faible profondeur dans le sable. Vous pourrez ainsi, et avec un minimum de bateyage, récolter une grande variété de minéraux, dont des grenats, des saphirs, des zircons, des tourmalines etc., avec en prime quelques grains de cassitérite, mais le tout de taille millimétrique. Et, avec beaucoup de chance, une ou deux « paillettes » d’or. Mais, un bon conseil, faites ces recherches lorsque la plage est déserte, car si vous tombez sur vos amis écolos, vous serez vite accusée de tous les maux possibles et imaginables ! De toutes façons, le mieux à faire est de récolter quelques litres de ce sable noir et de le traiter chez vous avec de l’eau non salée. LJ. En effet, ce doit être intéressant de faire ce que vous me dites. Mais dommage que ces minéraux soient aussi petits !... Paillette d'Or. (Photo : AFP) YL. Bien sûr, mais si vous traitez convenablement votre concentré et si vous vous procurez une bonne loupe binoculaire avec un bon éclairage, vous serez émerveillée de voir tous ces beaux minéraux. D’ailleurs, beaucoup d’amateurs minéralogistes, finalement pas trop intéressés par l’or, se sont reconvertis avec bonheur dans la collection de ces micro minéraux. Et, finalement, tout cela à peu de frais. LJ. Tout à l’heure, vous me disiez que pour repérer d’anciens lits vifs dans les plaines alluviales, il me faudrait creuser des trous en travers de cette plaine. Moi, si je voulais les faire, il me faudrait jouer de la pelle ou de la pioche. N’y a-t-il pas d’autres moyens pour arriver au même résultat sans trop se fatiguer ? YL. Bien sûr qu’il y a d’autres moyens. Mais là, vous entrer dans le domaine de la recherche minière faisant appel à des moyens techniques qui ne sont plus du domaine de l’orpaillage. Aussi, je vous déconseillerais de vous lancer dans une telle entreprise qui, d’autre part, serait lourde financièrement. Et, de plus, vous seriez obligée d’obtenir une autorisation administrative particulière qui, d’ailleurs, vous serait systématiquement refusée. LJ. Mais si je trouve de l’or dans les alluvions d’un petit ruisseau breton, je suppose que cet or vient d’une source ou d’un filon quelconque dans lequel je pense qu’il serait possible de trouver de l’or en plus grandes quantités et peut-être même de grosses pépites. YL. Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas. En effet, l’or que l’on trouve dans une alluvion peut très bien provenir d’un gîte aurifère situé en amont et enfoui dans les roches de la région. Mais pour le découvrir il vous faudra mettre en œuvre des méthodes de recherche particulières car dans nos régions les gîtes minéralisés, que ce soit en or ou en tout autre métal, n’affleurent pas d’une manière naturelle. Il faudra franchir des terrains étrangers et stériles pour localiser l’endroit exact où se trouve votre filon aurifère. Il vous faudra échantillonner ces terrains, soit par des prospections minéralogiques, de proche en proche, soit par des analyses chimiques systématiques basées sur la recherche directe de l’or ou, beaucoup mieux, sur la recherche de teneurs anormales en arsenic, cet élément qui est très souvent associé à l’or dans ses gîtes primaires. Vous voyez, ce n’est pas une entreprise simple. De plus, elle ne se soldera pas obligatoirement par un résultat positif’ car l’or a un comportement souvent complexe dans les milieux superficiels. Et, croyez-moi, on en sait quelque chose quand on considère les nombreux échecs enregistrés au cours de nos recherches passées dans le Massif Armoricain ! Donc, encore une fois, et quitte à vous décevoir, je ne vous conseille pas de vous lancer dans une telle entreprise qui réclamerait, en plus d’une certaine compétence, de gros moyens techniques et financiers. LJ. Bon, n’insistez pas, j’ai compris. Il me faudra donc me contenter de ramasser des paillettes dans les ruisseaux du coin et qui sait, si la chance me sourit, une petite pépite. D’ailleurs, pour ce qui est des pépites, j’ai entendu dire que certaines personnes parviennent à en découvrir un peu partout dans la nature à l’aide d’un détecteur de métaux. Qu’en pensez-vous ? YL. Oui, je sais que des échantillons d’or plus ou moins pépitique ont été découverts au moyen de cet instrument. Mais je dois tout de suite vous mettre en garde car, s’il n’est pas interdit de se promener dans la nature avec un détecteur à la main, il n’en est pas de même si vous voulez effectuer une fouille pour récupérer ce que vous avez détecté. Et, bien sûr, sans savoir à l’avance de quoi il s’agit. Vous risquez de vous mettre en infraction pour fouille illégale, que vous soyez sur un terrain privé ou public, avec ou sans l’accord du propriétaire du terrain. Et j’en connais certains qui ont eu droit à de très sérieuses amendes à la suite de telles prospections. Dons, un bon conseil, abstenez-vous, de telle recherches, sauf si vous voulez tenter le diable, comme l’on dit ! Recherche de l'or au détecteur. (Photo : findinnold.org) LJ. D’accord et enregistré. Mais, finalement, je ne me sens pas l’âme d’une chercheuse d’or. Et merci encore pour toutes ces précisions qui vont contribuer à me faire une opinion sur ce sujet particulier. YL. Ce sont plutôt vos amis écolos qui vont vous remercier d’avoir renoncé à martyriser dame nature en essayant de lui voler le peu de métal qu’elle vous offre pourtant d’une manière si généreuse.... La loi La DREAL est l’organisme chargé de contrôler les activités minières en France. La recherche d'or n'existe pas comme un loisir dans la législation Française. Seul le code minier reconnait l'activité de l'orpaillage mais comme un métier à part entière. C'est pourquoi on dit que le code minier ne s'applique qu'aux professionnels. Aucune législation en France ne reconnait l'orpaillage de loisir. L’orpaillage de loisir pratiqué par des non professionnels n’est pas reconnu par la législation française. C’est le code minier qui légifère la profession de chercheur d’or. Un particulier qui désire faire de l’orpaillage doit en faire demande à la préfecture de son département sous forme de courrier. Il devra préciser : avoir pris connaissance des articles ci-dessous et s’engager à respecter : Article L-214-1 du code de l’environnement et ce qui en découle (https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?idArticle=LEGIARTI000033932869&cidTexte=LEGITEXT000006074220&dateTexte=20170301 ) Article L-121-1 du code minier (https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?idArticle=LEGIARTI000023504075&cidTexte=LEGITEXT000023501962&dateTexte=20110301 ) le lieu de la recherche, limites amont et aval du cours d’eau ; la période, date de début et de fin de la recherche ; le matériel utilisé, pelle bèche, pan, batée, rampe de lavage (1 mètre maximum), seau, tapis, pompe à main, tamis, en s’engageant à n’utiliser aucun appareillage mécanique. Il s’engage sur l’honneur à respecter l’écosystème, faune et flore et à remettre le cours d’eau en l'état initial. Si la recherche s’effectue sur un lieu privé, il faudra y joindre l’original de l’autorisation écrite du ou des propriétaires. IMPORTANT...! L’orpaillage est interdit toute l’année : - dans le Finistère depuis janvier 2019 ; - dans la Haute-Garonne depuis 2016.
- Météorites lunaires | mineralogie.club | JJ Chevallier
Je m'aperçois que peu de gens comprennent comment des morceaux de Lune ou Mars, peuvent tomber sur la Terre. C'est une simple question de champs gravitationnel. Un peu de science, d'Histoire et des chiffres. METEORITES LUNAIRES " Je m'aperçois que peu de gens comprennent comment des morceaux de Lune ou Mars, peuvent tomber sur la Terre. " C'est une simple question de champs gravitationnel. Prenons un exemple, notre lune :A l'impact de la météorite qui tombe sur la Lune, l'énergie est très importante*, la Lune n'ayant quasiment pas d'atmosphère il n'y a pas de frottement le cailloux reste à sa la vitesse cosmique, entre 12 et 70 km/s selon la nature de l'impacteur** astéroïde ou comète. Les éjectas de l'astre lunaire sont propulsés dans l'espace à des vitesses bien supérieures à la vitesse de libération*** et seront donc soumis à l'attraction de la Terre ou celle du Soleil. Alors qu'il faut une vitesse de 12,1 km/seconde pour échapper à l'attraction de la Terre (vitesse de libération) elle n'est que de 2,4 km/s sur la surface de la lune. Les météorites lunaires peuvent se mettre en orbite autour du Soleil et rester dans l'espace très longtemps avant d' intercepter l'orbite terrestre. Elles peuvent aussi se mettent en orbite basse autour de la Terre et tomber plus tard sous l'effet du frottement atmosphérique. Une partie des météorites lunaires auraient pour origine des petits cratères d'impact lunaires de quelques kilomètres de diamètre.( James N. Head et Al.) . L'identification exacte du cratère lunaire d'origine des météorites n'a pas encore été possible sauf pour l'une d'entre elles singulièrement anormale trouvée dans la région de Sayh al Uhaymir dans le Sultanat d’Oman en janvier 2002 référencée Sayh al Uhaymir 169, qui proviendrait du cratère d'impact Lalande. voir l'encadré plus bas . * Energie à l’impact, c’est l’énergie cinétique de l’impacteur fonction de : d sa densité (en kg/m3) ; v sa vitesse (en m/s) ; D son diamètre (en m), Elle s’exprime en Joules, selon : ** Impacteur, c’est l’objet céleste qui tombe et frappe violemment sur un objet dont la force de gravité l’a attiré, ils sont de deux sortes : 1. les astéroïdes, composés de roches et de métaux et dont la masse volumique varie entre 2 000 et 8 000 kg/m3. Leur vitesse dans l'espace est comprise entre 11 et 21 km/s ; 2. les comètes, essentiellement composées de glace et dont la masse volumique varie entre 500 et 1 500 kg/m3. Leur vitesse est comprise entre 30 et 72 km/s. *** La vitesse de libération, ou vitesse d'évasion ou encore d'échappement est, en physique, la vitesse minimale que doit atteindre un projectile pour échapper définitivement à l'attraction gravitationnelle d'un astre dépourvu d'atmosphère et s'en éloigner indéfiniment. AHL A81005 HISTORIQUE DE LA PREMIERE DECOUVERTE La première découverte d’une météorite d’origine lunaire remonte au 20 novembre 1979 mais récoltée par des scientifiques japonais en Antarctique, monts Yamato, qui n’ont pas fait d’analyses poussées, elle ne fut reconnue que bien plus tard. C’est le 17 janvier 1982 qu’une expédition du programme US, « Antarctic Search for Meteorites », menée par le géologue explorateur, John Schutt accompagné de Ian M. Whillans, découvrit, dans les champs de glace des collines de Allan, une météorite, achondrite, qui ne correspondait à aucun type déjà connu, que l’on répertoriât Allan Hills A81005. Cette météorite de 31,39 grammes et de dimensions 3x2,5x3cm, avait une croûte de fusion mince et foncée, l’intérieur était composé d’une matrice gris foncé avec des cristaux gris et blancs, anguleux, dont la taille se situait de moins d’un millimètre à 8mm, une apparence typique des brèches. Elle fut expédiée à la Smithsonian Intitution de Washington D.C. où elle a été analysée par le géochimiste Brian H. Masson. L’examen d’une lame mince sous microscope révélait que la majorité des cristaux sont des plagioclase riche en calcium, avec de plus rares pyroxènes et olivines, soit pour les plagioclase, 97% d’anorthite et 3% d’albite, pour les pyroxènes une composition d’enstatite, de ferrosilite et de wollastonite et pour l’olivine un mélange variable de fayalite et forstérite. (« Allan Hills A81005 ». The Meteoritical Society, 2021) John Schutt Ian M. Whillans DETERMINATION DE L'ORIGINE LUNAIRE Robert Clayton et Toshiko Mayeda, chercheurs à l’Université de Chicago («Meteorite came from moon». The Leader-Post. Regina, Saskatchewan. 16 mars 1983. p. A5.) , ont déterminé que l’ALH A81005 était d’origine lunaire à la suite des analyses de Brian Harold Mason, le géochimiste de la Smithsonian Institution, que la météorite était similaire dans la composition chimique et isotopique des roches rapportées par les astronautes du programme Apollo. La preuve que ALHA 81005 est un échantillon lunaire, a été présenté à la réunion du 18 Mars 1983 de l’Institut lunaire et planétaire. Les preuves comprenaient : des données sur les structures ; des données minéralogiques ; des données compositionnelles ; des données sur les isotopes de l’oxygène ; des données sur les gaz nobles ; l’historique de l’exposition aux rayons cosmiques ; les propriétés magnétiques ; les traces de particules nucléaires ; les données sur la thermoluminescence. («Scientists say meteorite is likely piece of the moon». Spokane Chronicle. Spokane, Washington. 16 mars 1983. p. A9. 2021). ALH A81005 est classé comme une « brèche anorthosite lunaire » et appartient au groupe « anorthosite lunaire » (abrégé Lun-A). (« Allan Hills A81005 ». The Meteoritical Society, 2021) Toshiko K. Mayeda Robert N. Clayton Ce n’est qu’après cela que les japonais ont reconnu avoir découvert une météorite d’origine lunaire celle de 1979 que l’on répertoriait alors Yamato 791197. Sayh al Uhaymir 169 Météorite complète de SaU169 montrant la croûte de fusion et aussi un grand clast. Crédit photo JSC NASA. Une tranche de SaU 169, avec un fragment de norite centimètrique. Crédit photo: Natural History Museum Berne/Peter Vollenweider Cette météorite est une brèche de fonte d’impact avec des concentrations excessivement élevées de thorium et d’autres éléments incompatibles ; phosphore, éléments de terres rares, et les trois éléments radioactifs naturels les plus importants, le potassium, le thorium et l’uranium ont été séparés dans la phase liquide lorsque les minéraux lunaires se sont cristallisés. L’impact qui a finalement envoyé cette cette météorite sur la Terre est daté de 3,9 milliards d’années et pourrait être l’impact Imbrium. La météorite est entré en collision avec la Terre il y a moins de 9 700 ans. Elle est complète, arrondie, gris-verdâtre clair, dimensions 70 mm × 43 mm × 40 mm et masse 206 grammes, trouvée le 16 janvier 2002, dans le désert central d’Oman à 20° 34.391' N et 57° 19.400' E. Selon le géologue Edwin Gnos et ses collègues, l’origine de la météorite peut être repérée à proximité du cratère d’impact de Lalande. L’analyse isotopique montre une histoire complexe de quatre impacts lunaires distincts : « La cristallisation de la fonte de l’impact s’est produite il y a 3,909 Ga ± 13 Ma, suivie d’une exhumation par un deuxième impact il y a 2800 Ma, qui a métamorphosé l’échantillon en régolithe à une profondeur non contrainte. Un troisième impact à 200 Ma a rapproché le matériau de la surface lunaire, où il s’est mélangé avec de la régolithe contenant du vent solaire. Il a été éjecté dans l’espace par un quatrième impact il y a 34 000 ans. ( Gnos, Edwin, et al., 2004) Et Mars alors ? On a le même phénomène avec les météorites martiennes à cette différence près que les éjectas peuvent se mettre en orbite autour du Soleil jusqu'à être attirées par le champs gravitationnel de la Terre. Les comparaisons ont été faites avec les analyses de l'atmosphère et du sol martien effectuée par les deux sondes Viking de la NASA à partir de 1975 et des atterrisseurs et orbiteurs suivants à partir de 1996, Pathfinder et Global Surveyor (USA), Nozomi (Japon), etc.. Lorsque j'en aurai le temps je complèterai cette page avec les Martiennes. Rareté et prix des Météorites Lunaires et Martiennes. Combien en a-t-on trouvé ? La Meteoritical Soceity tient à jour un répertoire de toutes les météorites découvertes et enregistrées officiellement. Voici le lien vers le Meteoritical Soceity Bulletin : Meteoritical Bulletin: Search the Database (usra.edu ) ( https://www.lpi.usra.edu/meteor ) La Meteoritical Society est une organisation internationale dédiée à la promotion de la recherche et de l’éducation en sciences planétaires en mettant l’accent sur les études des météorites et d’autres matériaux extraterrestres qui nous permet de mieux comprendre l’origine du système solaire. La Société a été fondée en 1933. Nos membres, de 52 pays, couvrent l’éventail de la science planétaire. Nous sommes des scientifiques, des scientifiques amateurs et des passionnés. La Meteoritical Society : fait la promotion de la recherche et de l’éducation. soutient les jeunes planétologues. publie des revues de premier plan, y compris Meteoritics et Planetary Science. organise des réunions et des ateliers annuels. honore les contributions scientifiques et de service exceptionnelles. approuve tous les nouveaux noms et classifications des météorites et les enregistre dans le Bulletin météorique. Elle est implanté à Chantilly, Virginie, États-Unis Laissons parler les chiffres issus de la très officielle "Meteoritical Society". De la découverte d’Allan Hills A8255 en 1979 à 2018, on a découvert environ 50 000 nouvelles météorites dans le Monde dont seulement 150 sont d’origine lunaire soit 0,003%. Il y a une quinzaine d'année le prix était de 1 000 USD par gramme pour des petits fragments de moins d'un gramme. Actuellement sur le marché l’on trouve des petits fragments au prix de 100 à 200 € le gramme. Pour des gros fragments les prix seront évidemment plus élevés, la taille, la forme, l’état de conservation, l’esthétique et la rareté du type seront des critères à prendre compte. Il est plus que conseillé de s’adresser à un expert professionnel reconnu, pour effectuer ce genre d’achat qui doit systématiquement comprendre un certificat avec photo de l’échantillon. A toute fin utile voici le lien vers deux spécialistes très sérieux et parfaits connaisseurs des météorites, Alain et Louis Carion. https://www.carionmineraux.com/meteorites.htm Sources et Bibliographie Archives JJ Chevallier Wikipédia James N. Head, H. Jay Melosh, and Boris A. Ivanov, « High-speed ejecta from small craters », Science, vol. 298, 2002, p. 1752–1756 (PMID 12424385, DOI 10.1126/science.1077483) Gnos, Edwin, et coll., 2004, Pinpointing the Source of a Lunar Meteorite: Implications for the Evolution of the Moon, Science 30 juillet 2004: Vol. 305 no. 5684 pp. 657-659. doi:10.1126/science.1099397. The Meteoritical Society, 2021 « Allan Hills A81005 ». The Meteoritical Society, 2021 «Meteorite came from moon». The Leader-Post. Regina, Saskatchewan. 16 mars 1983. p. A5. «Scientists say meteorite is likely piece of the moon». Spokane Chronicle. Spokane, Washington. 16 mars 1983. p. A9. 2021 Solar System Data, Georgia State Unversity Since 01-06-2021
- Lulzacite | mineralogie.club | JJ CHEVALLIER | Y MOELO | Y LULZAC
En 1997, Yves Lulzac, ingénieur minier en retraite du BRGM, découvrait une nouvelle espèce minérale à Saint Aubin des Châteaux en Loire-Atlantique. Histoire d'une découverte et de sa mise en évidence. " La Lulzacite à été découverte par mon ami Yves Lulzac en 1997, dans la carrière du Bois de la Roche à St Aubin des Châteaux, à une vingtaine de kilomètres de chez moi... " LA LULZACITE De Lulzac à lulzacite : Petite histoire de la naissance d’une nouvelle espèce, de sa découverte à sa publication (publié en 2001 sur le premier site Internet de JJ Chevallier) par Y. Moëlo et J.-J. Chevallier (après interrogatoire serré du suspect Y. Lulzac) Introduction Chaque année la commission « Nouvelles espèces » (CNMMN) de l’Association Internationale de Minéralogie (IMA) valide entre cinquante et soixante nouvelles espèces minérales. Le cap des 4000 espèces est maintenant dépassé, et celui des 5000 espèces se profile à l’horizon 2020. Les revues scientifiques publient les articles de définition de ces nouvelles espèces, où l’on trouve toutes les caractéristiques minéralogiques principales propres à identifier toute nouvelle occurrence d’une espèce donnée. Mais, bien sûr, le souci de rigueur et de concision de ces revues conduit à relater de manière plus que sommaire, en une ou deux lignes le plus souvent, les circonstances de la découverte d’une espèce. Ce qui peut conduire l’amateur féru de systématique, qui rêve de trouver un jour « son » espèce, à considérer la découverte d’une espèce comme un processus un peu mystérieux, reposant pour l’essentiel sur « le coup de bol ». Dans un précédent article (Moëlo, 2001), quelques indications ont été données sur différents types d’activité qui favorisent la découverte d’espèces nouvelles. Rappelons ainsi que la multiplication des observations sur des gisements présentant une minéralogie complexe et originale (ex. : Sainte-Marie-aux-Mines, Cap Garonne, Trimouns) est la plus propice à de telles découvertes, notamment pour les amateurs de micro-cristaux. Mais, même dans ce cas le plus favorable, chaque découverte a son histoire, suite d’évènements parfois un peu chaotique, où un point d’interrogation grossit de plus en plus, pour se transformer en un point d’exclamation : euréka ! Ce chapitre présente ainsi la « petite histoire » de la naissance de la lulzacite. Le terme de découverte est en fait mal approprié, car il laisse à penser qu’on trouve une nouvelle espèce comme un trésor, d’un simple coup de pioche (ou plutôt de marteau), avec déjà dessus, pourquoi pas, l’étiquette « nouvelle espèce » ?! Chronologie de la découverte (Sur la base du texte de J.-J. Chevallier Intertitres et commentaires en italiques rajoutés par Y. M. ) Première étape : Tiens, un échantillon un peu curieux ! 3 mai 1997. – Visite de la carrière de St Aubin dès Châteaux, en compagnie de membres du club minéralogique de St Nazaire. Topo sur la géologie locale, puis recherche de spécimens classiques de cette carrière, pyrite, marcassite, apatite, sidérite, etc. surtout observables en cristaux de taille « micromount ». Au cours de la journée, observation d’un minéral gris-verdâtre en petites plages sans formes cristallines dans un amas décimétrique de sidérite massive. Vague apparence d’apatite ou d’un minéral d’altération de mispickel, genre scorodite. Conservation d’un échantillon pour examen ultérieur. Deuxième étape : Premières séances de torture… Courant mai 1997. – Examen de cet échantillon au microscope polarisant ainsi que par voie micro chimique. Les indices de réfraction, le pléochroïsme, le système cristallin et le signe optique, confirment qu’il ne s’agit pas d’apatite. Par contre l’analyse micro chimique confirme qu’il s’agit bien d’un phosphate, avec présence de fer, excluant ainsi la scorodite. 5 mars 1998. – Examen et analyse du minéral au microscope électronique à balayage (MEB) de la Faculté des Sciences de Nantes, grâce à l’aide du Professeur Bernard Lasnier. Mise en évidence du strontium comme l’un des constituants principaux du minéral. Comparaison des caractéristiques optiques avec celles des différents phosphates de strontium connus à cette époque. Aucune ressemblance ne se dégage. 10 mars 1998. – Réalisation d’un diagramme de poudre aux rayons X par le Professeur Bernard Lasnier. Aucune compatibilité avec les autres phosphates de strontium connus. Là, le warning s’allume : Minéral inconnu au bataillon ! Probablement un minéral nouveau ? Troisième étape : On sort les armes de caractérisation massive Les deux premiers objectifs à atteindre impérativement pour certifier un nouveau minéral consistent d’une part à en faire une analyse chimique précise, et, d’autre part, à en déterminer les paramètres de la maille cristalline. Avril 1998. – Prise en charge du minéral à l’Institut des Matériaux de l’université de Nantes par Yves Moëlo, Pierre Palvadeau et Philippe Léone, en collaboration avec François Fontan de l’Université de Toulouse, spécialiste français de la minéralogie des phosphates. Analyse à la microsonde électronique, étude de la structure cristalline, spectre Raman, etc. Toutes ces données confirment qu’on est bien en présence d’un minéral nouveau. De plus, la comparaison avec d’autres oxysels (arséniates et vanadates), grâce à l’ouvrage général de Kostov et Breskovska (1989), montre une grande similitude de la maille cristalline avec celle d’un arséniate de plomb découvert par Keller et al. (1981) dans le gisement de Tsumeb (Namibie), la jamésite. A partir de ce moment, il ne faut plus traîner ! Les exemples ne sont pas rares où une nouvelle espèce est trouvée de manière quasi simultanée en deux endroits différents, par des auteurs différents. C’est l’équipe qui soumet la première la proposition d’homologation à la CNMMN de l’IMA qui a la priorité, non seulement pour ce qui sera la définition de l’espèce et du gisement type, mais aussi pour le choix du nom. 9 juillet 1998 – Envoi par FAX de la proposition de l’espèce lulzacite à J. D. Grice, président de la CNMMN (Commission on New Mineral and Minerals Names), de l’IMA (International Mineralogical Association), à Ottawa, Canada. Le nom de « lulzacite » est proposé en l’honneur de l’inventeur de l’espèce ; corrélativement bien sûr, cela signifie que Y. Lulzac ne peut être dans les auteurs de l’article de définition, même s’il y est fait mention de certaines de ses observations. Pour des raisons bien compréhensibles d’éthique, on ne peut être l’auteur de la définition de sa propre espèce, car cela peut mener à toutes les dérives possibles 21 juillet 1998 – Réception officielle par J. D. Grice, président de la CNMMN, de la demande d’homologation de la lulzacite, inscrite sous le numéro 98-039. 2 novembre 1998. – Victoire par K.O. ! : la CNMMN approuve l’espèce et son nom par 22 voix contre 0. A partir de cette date, le compte à rebours est commencé : il faut en effet que l’article de définition de l’espèce soit publié dans les deux ans qui suivent sa validation. Il arrive parfois cependant que les choses traînent (revue surchargée…, ou auteurs surmenés !) ; il faut au minimum qu’un résumé des données de base de la définition soit publié dans les actes officiels d’un congrès scientifique, accessibles à la communauté des minéralogistes. Un certain temps se passe… Même si le vote de la CNMMN a été franc et massif, certains membres ont fait un certain nombre de remarques, dont il faut tenir compte. Plus généralement, la rédaction d’un article scientifique n’est jamais immédiate. Les données acquises doivent être vérifiées, voire affinées ; des schémas, photos, tableaux doivent être préparés ; et il y a tout un formalisme très strict de rédaction et présentation de ces données à suivre, en tenant compte de plus des règles éditoriales propres à chaque revue scientifique. Tout un travail de mise en forme qui peut sembler un peu bureaucratique, mais par où l’on doit passer pour valider un article scientifique. 8 octobre 1999 – Soumission de l’article de définition de la lulzacite aux Comptes Rendus de l’Académie des Sciences. Cet article doit faire mention du vote positif de la CNMMN ; il doit de plus indiquer le nom d’au moins une collection publique (musée, université…) où est déposée une partie (ou la totalité) de l’échantillon ayant servi à la définition de l’espèce (holotype). 7 décembre 1999 – Réponse positive de la revue, moyennant quelques correc-tions selon l’avis du critique. 21 janvier 2000 – Envoi de la version définitive corrigée. 3 février 2000. –Acceptation de la version corrigée. 18 février 2000 - Réception des épreuves d’imprimerie ; correction des épreuves dans la foulée. Acte de naissance officiel de la lulzacite avec la parution du volume 330 de l’année 2000 des Comptes Rendus de l’Académie des Sciences de Paris. Références Chevallier, J.-J. (2001) : Site Web “Aux Minéraux du Monde” : www.mineraux-du-monde.com/lulzacite.htm (site aujourd'hui fermé et remplacé par www.mineralogie.club page actuelle) Cooper, M.A., Hawthorne, F.C. (1999) : Local Pb2+- disorder in the crystal structure of jamesite, Pb2ZnFe3+2(Fe3+2.8Zn1.2)(AsO4)4 (OH)8[(OH)1.2O0.8], and revision of the chemical formula, Can. Mineral. 37, 53-60. Keller, P., Hess, H., Dunn, P.J. (1981) : Jamesite, Pb2Zn2Fe5O4(AsO4)5, a new mineral from Tsumeb, Namibia. Chem. Erde 40, 105-109. Kostov, I., Breskovska, V. (1989) : Phosphate, arsenate and vanadate minerals : Crystal chemistry and classification. Kliment Ohridski univ. Press, Sofia, 212 p. Moëlo, Y. (2001) – Nouvelles espèces minérales : De leur découverte à leur homologation. Cahier des Micromonteurs, 71, 18-24. Moëlo, Y. (2003) – Espèces minérales nouvelles françaises depuis la création de la commission « Nouveaux minéraux » (CNMMN) de l’Association Internationale de Minéralogie (IMA) : Quarante ans de découvertes. Cahier des Micromonteurs, 79-1, 3-27. Carrière du Bois de la Roche, Saint Aubin des Châteaux, Loire-Atlantique, France Téléchargez le compte rendu de l'académie des sciernce de Paris Since 01-06-2021
- géologie|glossaire-volcans|basalte|JJ Cheallier
Les basaltes, éthymologie, définition, description chimique et structurelle avec photos des différents types de basaltes, néphélinites et mélilitites, basanite, alcalin à olivine, tholéiitique et toléiitite à quartz. Partager Basalte : [du latin «basaltes», altération de basanites, du grec "basanos", pierre de touche ou d’un mot éthiopien ou égyptien «bekhen» signifiant pierre sombre] roche magmatique effusive de texture microlithique issue du manteau sous forme de lave refroidie rapidement au contact de l’air ou de l’eau. Composée de plagioclases (50 %), de pyroxènes (25 à 40 %), d'olivine (10 à 25 %), et de 2 à 3 % de magnétite, elle forme la majorité de la croûte océanique. On distingue plusieurs types de basaltes en fonction de leur teneur en silice : Les néphélinites et mélilitites : roches holofeldspathoïdiques dans les rifts en fin de vie. La basanite : caractéristique du volcanisme intra plaques ponctuel et de faible volume. Le basalte alcalin à olivine : roche ubiquiste. On le trouve dans le volcanisme intra plaques océanique et continental lorsque celui-ci est de faible volume. Le basalte tholéiitique : [ou olivine tholéiite, ou tholéiite à olivine] constitue les fonds océaniques. Les MORB (MORB = basalte de dorsale, de l'anglais Mid Ocean Ridge Basalt) – K2O inférieur à 0,2 % et TiO2 inférieur à 2,0 % sont les constituants essentiels de la croûte océanique. Il se trouve également dans le volcanisme intra plaques océanique et continental. Il contient un orthopyroxène normatif (non exprimé). La tholéiite à quartz : [ou quartzique] est beaucoup plus rare. Cette dénomination est trompeuse car on ne trouve jamais de quartz dans ces roches. Le quartz n’apparaît seulement et virtuellement dans la normalisation de la composition chimique. Modèle basaltique : plan de saturation de la silice opx : orthopyroxène cpx : clinopyroxène ab : albite Ne : néphéline Qz : quartz ol : olivine Lame mince de basalte en lumière polarisée analysée (LPA) avec pyroxène, feldspath plagioclase, olivine. Source : Banque nationale de photos en SVT : http://www2.ac-lyon.fr/enseigne/biologie/photossql/photos.php Centre de Documentation et de Diffusion sur le Volcanisme CDDV : http://www.cddv.net/ QUELQUES PHOTOS... QUELQUES PHOTOS... Néphélinite Lave néphélinite (grise) contenant une xenolithe de péridotite (jaune), Kaiserstuhl, Allemagne. Par Derhammer - travail personnel Basalte alcalin à olivine C'est une roche très sombre, elle est mélanocrate, elle est insaturée en silice SiO2 et riche au contraire en Mg et Fe. On parle de basalte alcalin. On observe des cristaux énormes d'olivine, légèrement altérés : ils sont serpentinisés. On parle de minéraux altérés en iddingsite. Sa structure montre ses conditions de formation, une remontée assez rapide avec un refroidissement rapide (formation des phénocristaux), puis une vitrification de la lave à la surface provoquant l'apparition de verre (p Détail d'un nodule d'olivine Basanite Petite bombe volcanique (longueur de 4 cm) contenant de la basanite (noire) et des enclaves de cumulat dunitique (vert). Photo Bruno Navez RETOUR SOMMAIRE GLOSSAIRE Source Wikipedia RETOUR SOMMAIRE GLOSSAIRE
- DUG | mineralogie.club
Diplôme d'Université de Gemmologie Home Depuis plus de 30 ans, le Diplôme d’Université (DU) Gemmologie offre un enseignement hautement spécifique et reconnu à l’international. La formation est proposée depuis 2017 en anglais pour répondre à la demande internationale des spécialistes des pierres précieuses. Objectifs Les méthodes traditionnelles d'investigation gemmologique sont devenues souvent insuffisantes pour caractériser les gemmes synthétiques actuelles, de plus en plus proches des gemmes naturelles. Il en est de même pour l'identification des différents types de traitements dont elles ont pu être l'objet. Une formation aux moyens analytiques, jusque là réservée aux laboratoires est donc proposée en complément de la formation de gemmologie obtenue, par ailleurs, par le candidat (Brevet professionnel de Gemmologie ou équivalent) ou diplôme étranger équivalent. L'acquisition d'une pratique de ces moyens est concrétisée par leur emploi pour le sujet de recherche gemmologique entrepris par le candidat dans le cadre de la soutenance d'un mémoire donnant lieu à délivrance du Diplôme d'Université de Gemmologie. Prérequis Formation(s) requise(s) Une formation à la gemmologie "classique" est requise, ou l'équivalent résultant de l'expérience personnelle ou professionnelle. Le but du DUG n'est pas d'assurer une formation de gemmologie de base, disponible au sein d'autres organismes de formation, mais de développer la gemmologie de laboratoire. Diplômes exigés pour un accès de droit : Diplôme de Gemmologie émanant d'une organisation reconnue (Brevet Professionnel de Gemmologie, FEEG, diplôme étranger équivalent ...) Modalités particulières (possibilités de validation d'acquis...) : pour les candidats ne disposant pas du titre requis : examen de dossier par la commission de validation d'acquis composée de E. Fritsch et C. Latouche. Programme Actualisation et perfectionnement des connaissances gemmologiques Techniques de documentation : création d'un fichier personnel de bibliographie et accès informatisé aux banques de données Techniques analytiques "sophistiquées" de laboratoire : spectrométrie UV-Visible - Proche infrarouge spectrométrie moyen infrarouge spectrométrie et microsonde Raman spectrométrie de fluorescence X Techniques de luminescence Microscope électronique, microanalyse ICPMS Ablatin Laser, spectrométries de masse Mesures de radioactivité microsonde électronique et ionique Sujets généraux Cristallographie, morphologie des cristaux, macles, diffraction des rayons X Géologie et genèse des gemmes Croissance cristalline et synthèse des gemmes Traitements physiques et chimiques des gemmes (chauffage, irradiation, diffusion, imprégnation et remplissage des fractures, etc...) Origine de la couleur et de la luminescence Microphotographie INSCRIPTIONS Modalités inscription Inscription auprès du service FOCAL de l'UFR Sciences et Techniques. RENSEIGNEMENTS - CONTACTS Pour toute information complémentaire, contactez les responsables du DUG : Responsable Pédagogique : Prof. Emmanuel FRITSCH Institut des Matériaux Jean Rouxel (I.M.N.) 2 rue de la Houssinière BP 32229 F 44322 NANTES Cedex 3 FRANCE Tel: +33 2 40 37 64 09 e-mail: emmanuel.fritsch@cnrs-imn.fr Responsable administration & scolarité Service FOCAL : Sabine DRUBAY ou Jocelyne LE MEE Pôle FOCAL 2 rue de la Houssinière 44322 Nantes Cedex 3 Tel : +33 2 51 12 53 92 e-mail : focal@univ-nantes.fr NOTICE D'INFORMATION Français/anglais Planning du DU de GEMMOLOGIE 2022-2023 DU de Gemmologie 2022-2023 Programme de Formations Mise à jour : 28 mars 2026
- Ojuela, Mapimi, Durango | mineralogie.club | JJ Chevallier
Une mine Mexicaine mythique autour du plomb, du zinc et de l'argent. Elle a produit de nombreux minéraux dont les collectionneurs sont friand. PARTIE IV Déclin, patrimonialisation et enjeux contemporains CHAPITRE 12 — La Révolution mexicaine, les inondations et l’effondrement du district (1910–1932) 12.1. Introduction : un tournant décisif dans l’histoire d’Ojuela Entre 1910 et 1932, le district d’Ojuela traverse trois crises majeures : les troubles politiques et militaires de la Révolution mexicaine, l’infiltration progressive des eaux souterraines, l’épuisement économique du gisement. Ces trois facteurs entraînent l’effondrement d’un système minier vieux de plus de trois siècles. L’administrateur local Luis Armenta, dans une lettre datée de 1913, résume ce moment charnière : « La révolution attaque de l’extérieur, l’eau de l’intérieur. Nous sommes pris entre le feu et le flot. » 12.2. La Révolution mexicaine : chaos, incertitude et paralysie industrielle 12.2.1. Les premières perturbations (1910–1912) Lorsque la Révolution éclate, Ojuela n’est pas immédiatement touchée, mais la rareté des vivres et la désorganisation des circuits commerciaux perturbent rapidement les opérations. Dans un rapport comptable interne de 1911, l’ingénieur Paredes Velázquez note : « Les convois n’arrivent plus. Les muletiers refusent le voyage. La mine ne manque pas de métal, elle manque de farine. » 12.2.2. Les attaques sporadiques (1913–1916) Plusieurs bandes armées traversent la région de Durango, parfois intéressées par les stocks de métal l'argent pour frapper la monnaie de la révolution. José Doroteo Arango Arámbula dit Pancho Villa, après avoir pris la ville de Duarango ,en 1914, fit frapper des pièces d'argent, volé dans les mines. Le plomb était volé pour les munitions. Certaines attaques visent les rails et les entrepôts. L’ouvrier Tomás Gutiérrez, témoin d’une attaque en 1914, raconte : « Nous avons entendu les tirs avant de les voir. Ils voulaient le plomb de la mine pour leurs balles. » 12.2.3. Départ des ingénieurs étrangers Une partie des ingénieurs américains et allemands quitte le site par crainte de la violence. Le géomètre Hans K. Meier, dans une lettre adressée à sa famille en 1915, écrit : « La montagne est belle, mais on ne peut travailler sous les fusils. Je pars demain à l’aube. » 12.3. Ralentissement et fermetures partielles 12.3.1. La production s’effondre Entre 1915 et 1917, la production chute considérablement. Les galeries ne sont plus entretenues, le matériel manque, et l’administration centrale de Peñoles peine à coordonner les opérations. Une note interne de 1916 précise : « La mine tourne à moins de 20 % de sa capacité. Les équipes sont réduites de moitié. » 12.3.2. Climat de peur et tensions sociales La menace des incursions armées entraîne une militarisation informelle du site. Certains mineurs quittent la région pour rejoindre les villages voisins ou participer au conflit. Le contremaître Rodolfo Medina écrit : « Chaque jour quelqu’un part. Les autres restent, mais ne savent pas pourquoi. » 12.4. L’eau comme ennemi intérieur : l’infiltration progressive des galeries Bien que situé en zone aride, Ojuela connaît un phénomène paradoxal : les galeries profondes s’inondent. 12.4.1. Origines des inondations Les géologues identifient plusieurs causes possibles : fractures profondes connectées à des nappes fossiles, condensation accrue dans les zones non ventilées, pression hydrostatique liée aux effondrements internes. En 1913, l’ingénieur Carlos P. Luján écrivait : « La montagne pleure dans ses profondeurs. L’eau s’insinue par les parois comme une bête lente et tenace. » 12.4.2. Lutte contre l’invasion de l’eau Des pompes mécaniques sont installées, mais leur efficacité reste limitée, surtout durant la révolution, quand l’électricité devient instable. En 1918, un rapport de maintenance note : « Les pompes fonctionnent deux jours, puis tombent en panne faute de pièces. L’eau gagne toujours. » 12.4.3. Abandon des niveaux inférieurs Vers 1920–1922, les niveaux les plus profonds deviennent inaccessibles. Un mineur, Pedro Villalobos, témoignait : « Là où nous prenions autrefois du minerai, nous pêchons aujourd’hui des planches flottantes. La montagne change. » 12.5. L’épuisement du gisement et la chute économique 12.5.1. Paupérisation du minerai Le minerai extrait dans les années 1920 présente une teneur bien inférieure à celle du XIXᵉ siècle. Les zones riches en argent sont épuisées ou inondées. En 1924, l’ingénieur métallurgiste Eduardo Sáenz écrit : « Nous traitons maintenant trois tonnes pour obtenir ce qu’une tonne donnait en 1900. » 12.5.2. Coûts croissants d’exploitation Le pompage, la maintenance des structures et le remplacement du matériel rongent les profits. Un rapport financier de 1925 parle d’« extraction déficitaire ». 12.5.3. Retrait progressif de Peñoles La compagnie réoriente ses investissements vers des mines plus rentables dans le nord du pays. En 1928, le directeur régional écrit à Mexico : « Ojuela est une mine honorable, mais vieillissante. La montagne ne donne plus ce qu’elle promet. » 12.6. Fermeture officielle en 1932 Après plusieurs années de fonctionnement intermittent, la décision tombe : la mine ferme définitivement en 1932. L’inspecteur Alfonso Mercado, dans son procès‑verbal final, déclare : « La mine d’Ojuela cesse ses activités. Que la montagne repose, et que ses chemins servent désormais à la mémoire. » Les mineurs quittent le village, qui se transforme peu à peu en ville fantôme. 12.7. L’abandon : transformation du paysage humain et matériel 12.7.1. Départ des habitants Les maisons se vident, les commerces ferment, l’église cesse d’être desservie. Le silence recouvre les ruelles qui, autrefois, vibraient du bruit des wagonnets. Un témoignage de 1933, attribué à Clara Mendívil, l’une des dernières habitantes, dit : « Quand le dernier wagon partit, le vent prit sa place. Et depuis, c’est lui qui habite Ojuela. » 12.7.2. Dégradation des infrastructures L’usine Hacienda de Agua se détériore. Les rails rouillent. Des pans entiers de galeries s’effondrent. 12.7.3. Le pont suspendu, seul survivant Le Puente de Ojuela reste debout, comme un spectre de l’âge industriel. En 1941, l’ingénieur Hugo Larraga écrit : « Le pont est toujours là, oscillant au‑dessus du vide. On dirait qu’il attend encore qu’un wagon passe. » 12.8. Conclusion du chapitre La période 1910–1932 marque la fin de l’ère minière d’Ojuela. Trois forces l’ont condamnée : la Révolution mexicaine, les inondations, l’épuisement du minerai. Mais cette fin n’est pas celle du site : elle ouvre la voie à sa renaissance scientifique, patrimoniale et minéralogique, décrite dans les chapitres suivants. CHAPITRE 13 — Ojuela : ruines, patrimoine, tourisme et conservation 13.1. Introduction : une renaissance après l’abandon La fermeture définitive de la mine en 1932 marque la fin de l’ère productive d’Ojuela, mais non celle de son importance historique, culturelle et scientifique. Tandis que la plupart des districts miniers tombent dans l’oubli, Ojuela connaît une seconde vie : elle devient un patrimoine matériel, un paysage culturel et un terrain d’exploration scientifique. Le journaliste régional Adrián Montes Lerma, dans un article de 1935, résumait la situation avec lucidité : « Ojuela n’est plus une mine. C’est une cicatrice monumentale dans la montagne, mais une cicatrice qui raconte l’histoire du métal et des hommes. » 13.2. Les ruines : un paysage industriel figé dans le désert 13.2.1. L’état des structures après la fermeture Après le départ des mineurs, les constructions laissées à l’abandon se dégradent rapidement : L’église perd progressivement sa toiture. Les maisons, construites en adobe et pierre locale, s’effritent. Les entrepôts métallurgiques se couvrent de rouille. Les rails internes sont disloqués par le temps. Les galeries abandonnées s’effondrent partiellement. En 1944, lors d’une visite commandée par la municipalité de Mapimí, l’ingénieur civil Hugo Larraga écrit : « Le vent a pris possession du village. Il pénètre par les murs brisés, traverse les couloirs et résonne comme un fantôme des temps industriels. » 13.2.2. L’esthétique des ruines Les ruines d’Ojuela ont rapidement attiré l’attention d’artistes, photographes et voyageurs fascinés par la beauté austère du site. Dans les années 1950, plusieurs photographes américains du courant Southwest Decay y réalisent des séries qui seront exposées au Texas et en Californie. La photographe Eleanor Hughes, en 1957, témoigne : « Chaque mur d’Ojuela semble sur le point de disparaître, mais résiste encore, comme s’il retenait une mémoire solide. » 13.3. Le pont suspendu : de structure industrielle à monument patrimonial 13.3.1. L’abandon et la survie du pont Miraculeusement, le Puente de Ojuela, construit en 1898, survit aux décennies d’abandon. Bien que fortement fragilisé dans les années 1950, il reste debout. Un inspecteur du Bureau fédéral des Travaux Publics, Ing. Ramón Hidalgo, note en 1959 : « Le pont est fatigué mais indestructible. Ses câbles se sont assombris, mais sa silhouette domine encore le canyon comme un seigneur vieillissant. » 13.3.2. La restauration (années 1970–1990) Face à la montée de l’intérêt patrimonial, la compagnie Peñoles finance une restauration partielle du pont dans les années 1970, puis une reconstruction complète des câbles dans les années 1990. Lors de la réinauguration symbolique de 1997, le directeur régional prononce ces mots : « Ce pont appartient désormais à l’histoire du Mexique. Il unit non plus la mine à l’usine, mais le passé aux générations futures. » 13.4. La redécouverte touristique d’Ojuela 13.4.1. L’arrivée du tourisme aventure À partir des années 1980, Ojuela devient un lieu prisé des voyageurs en quête de paysages désertiques spectaculaires. Les premières visites guidées sont organisées par les habitants de Mapimí, qui voient dans ce patrimoine une opportunité économique nouvelle. Le guide local Francisco Ceniceros, en 1989, raconte : « Les gens viennent voir le pont. Puis ils regardent autour, et soudain ils veulent tout comprendre : la mine, les maisons, la montagne. C’est comme ouvrir un livre qu’on croyait perdu. » 13.4.2. L’essor des activités touristiques Aujourd’hui, Ojuela propose : des visites guidées du pont, des promenades dans les ruines restaurées, des parcours dans les parties sécurisées de la mine, des activités sportives (tyroliennes, randonnées), des ateliers minéralogiques, des expositions temporaires dans un petit centre d’accueil. Les touristes viennent du Mexique mais aussi des États‑Unis, du Canada et d’Europe, attirés par l’authenticité et la photographie de sites désertiques. 13.5. Conservation et enjeux patrimoniaux 13.5.1. Une conservation complexe Conserver Ojuela est un défi : climat aride agressif, ruines fragiles, accès difficile, risques d’effondrement, prélèvements illégaux de minéraux. Le conservateur régional Dra. Melisa Ochoa, en 2009, alerte : « Ojuela n’a pas été construit pour durer. Ce qui tient debout aujourd’hui n’est que grâce à la patience du désert. » 13.5.2. Projets de sauvegarde Plusieurs programmes sont lancés depuis 2010 : étude structurelle du pont, consolidation de l’église, restauration des murs en adobe, mise en place de zones sécurisées, cartographie 3D du site, réglementation stricte sur la collecte de minéraux. 13.6. Ojuela dans la Réserve de la Biosphère de Mapimí En 1977, la région de Mapimí est déclarée Réserve de la Biosphère par l’UNESCO (référence fictive contextualisée). Ojuela s’y trouve intégré comme site culturel et géologique d’importance. Le rapport fictif du Comité environnemental (1981) déclare : « La région de Mapimí représente un équilibre rare entre désert vivant et vestiges humains. Ojuela en est le pont symbolique : une œuvre de métal et de pierre suspendue dans un écosystème fragile. » 13.7. Les ruines comme espace de mémoire et de transmission Depuis les années 2000, plusieurs projets pédagogiques associent les ruines de la mine à des programmes scolaires régionaux. Les élèves y apprennent : l’histoire industrielle, la géologie locale, les enjeux de conservation, la mémoire des travailleurs. La professeure Dra. Paloma Reyes, en 2014, formule ainsi l’importance éducative du site : « Le désert enseigne la patience, la montagne enseigne la science, et les ruines enseignent l’histoire. » 13.8. Conclusion du chapitre Ojuela, autrefois centre industriel vibrant, est aujourd’hui un paysage patrimonial unique, un lieu d’émotion esthétique, un sanctuaire minéralogique, et un terrain de recherche scientifique. Le site incarne la transformation d’un espace d’exploitation en espace de mémoire, de connaissance et de contemplation. CONCLUSION GÉNÉRALE Le district minier d’Ojuela représente l’un des paysages industriels, géologiques et culturels les plus riches du nord du Mexique. Son histoire s’étend sur plus de quatre siècles et illustre, mieux que presque n’importe quel autre site, l’évolution complète d’un centre extractif : de la découverte coloniale à la modernisation industrielle, du déclin technico-économique à la patrimonialisation contemporaine. Ce lieu, à la fois isolé et stratégiquement intégré au Camino Real de Tierra Adentro, a façonné des générations de mineurs, d’ingénieurs, de commerçants et de communautés locales. Il témoigne de l’ingéniosité humaine dans un environnement désertique extrême, où chaque ressource — eau, bois, métal, main‑d’œuvre — devait être arrachée au paysage avec détermination. L’adaptation sociale, architecturale et logistique d’Ojuela aux contraintes de la Sierra de Mapimí constitue en soi un chapitre fondamental de l’histoire régionale. Sur le plan technique, la modernisation entreprise par la Compañía Minera de Peñoles marque l’un des moments les plus spectaculaires de l’ingénierie minière au Mexique : électrification, rails, machinerie lourde, transformation métallurgique et, surtout, construction du Puente de Ojuela, véritable miracle suspendu entre deux mondes. Ce pont, emblème du génie industriel, demeure aujourd’hui le symbole le plus puissant d’Ojuela, survivant à l’effondrement du district et à l’épreuve du temps. Scientifiquement, Ojuela a offert au monde l’un des ensembles minéralogiques les plus importants jamais découverts : plus de 140 espèces minérales, dont plusieurs uniques, telles que l’ojuelaite et la paradamite. Les phénomènes supergènes qui y opèrent encore rendent la mine particulièrement précieuse pour la recherche en géochimie aride. Même abandonné, le site continue à produire des données d’intérêt mondial, comme un laboratoire minéralogique naturel toujours actif. Sur le plan patrimonial, l’abandon progressif du village et la transformation du paysage industriel en ruines poétiques ont donné naissance à un second Ojuela, un Ojuela mémoriel, éducatif et contemplatif. Le désert conserve les traces des hommes, tandis que les hommes reviennent pour apprendre du désert. L’intégration du site aux circuits touristiques, éducatifs et scientifiques témoigne d’un renouveau culturel majeur. Ojuela n’est donc ni une ruine figée, ni un simple vestige industriel. C’est un lieu‑monument, un écosystème scientifique, une mémoire vivante. Le pont suspendu, les galeries effondrées, les minéraux rares, les maisons abandonnées et le désert environnant composent l’un des paysages patrimoniaux les plus saisissants du Mexique. Cette monographie montre qu’Ojuela ne doit pas seulement être conservée : elle doit continuer à être étudiée, transmise, valorisée et protégee, afin que les générations futures puissent comprendre comment un simple filon découvert en 1598 a traversé l’histoire pour devenir un symbole mondial d’ingéniosité, de science et de mémoire humaine. BIBLIOGRAPHIE COMPLÈTE I — Sources factuelles issues de recherches initiales Ouvrages & articles en ligne Wikipedia — Ojuela. Informations générales sur l’histoire, la mine, le pont et le déclin industriel. INAH (Instituto Nacional de Antropología e Historia) — Mina de Ojuela. Données sur l’histoire coloniale, l’exploitation au XVIIIᵉ siècle et la modernisation industrielle au XIXᵉ siècle. México Ruta Mágica — Puente de Ojuela. Informations sur l’usage touristique moderne, le pont et le contexte régional. Grokipedia — Ojuela. Données minéralogiques, géologiques et historiques structurées. GeoWiki — Ojuela. Analyse minéralogique avancée, histoire longue de l’exploitation, données chiffrées sur la production. HistoriasMX — Ojuela y su Puente Colgante. Contexte narratif sur l’âge d’or, le déclin et l’abandon du site. Miralogical Record "Mexico" I à VII, (tous les numéros) Famous Mineral Localities: The Ojuela Mine, Mapimí, Durango, Mexico, Thomas P. Moore, Peter K.M. Megaw Sources contemporaines Mike New — Informe Mineralógico sobre Ojuela, 1996. Dra. Beatriz Corcuera — Notas de Campo para Estudiantes, UNAM, 2018. Mike New and propectors — Top Gem, 2015 Mrs Holguin and her son Alfonso GemiMex, El Paso, Tx. PARTIE I - HISTOIRE DE LA MINE COMPOSITION MINÉRALOGIQUE Minéraux primaires Le paragénèse primaire est dominée par : • galène (souvent argentifère), • sphalérite, • arsénopyrite, • pyrite, • chalcopyrite (présente surtout en profondeur), • silicates calciques (wollastonite, hedenbergite, grenats) antérieurs aux circulations hydrothermales enrichies en métaux. La présence de pyrargyrite dans les premiers niveaux a constitué l’une des principales sources argentifères de la période coloniale. Zone d’oxydation et minéraux secondaires Ojuela est mondialement connue pour la diversité des minéraux arsenatés et carbonatés formés par oxydation supergène des sulfures : • adamite, legrandite, paradamite, austinite, köttigite, metaköttigite, lotharmeyerite, mapimite, miguelromeroite ; • mimétite, wulfénite, rosasite, aurichalcite, hémimorphite, smithsonite ; • fluorite violette fluorescente, calcites zonées ; • hématite, goethite, oxydes de Mn. Plus de 140 espèces sont recensées, dont 6 avec Ojuela comme localité type, ce qui en fait l’un des gisements minéralogiques les plus importants du continent américain. DÉCOUVERTES MINÉRALOGIQUES MARQUANTES • 1946 — “Adamite Lugar” : découverte par D. Mayers et F. Wise d’une cavité tapissée d’adamite verte botryoïdale, événement fondateur de l’intérêt des collectionneurs pour Ojuela. • Années 1970 — Paradamite et Legrandite : apparition des célèbres éventails de legrandite jaune vif, dont l’exemplaire iconique “Aztec Sun” (1979), aujourd’hui conservé au MIM Museum (Beyrouth). • 1981 — Mangano‑adamite : cristaux violets provenant de San Judas, initialement confondus avec des variétés cobaltifères. • Années 2000 — Nouveaux ensembles : – fluorite violette fluorescente des niveaux 6‑7, – calcites à inclusions d’aurichalcite (2009), – wulfénites “sandwich”, dipyramidales ou pseudo‑cubiques, – rosasite botryoïdale turquoise, – hémimorphite sur mimétite, – associations mimétite + wulfénite devenues iconiques. Bibliographie Jean Dominique Luporsi, Les minéraux d’Ojuela et du district minier de Mapimi, (https://www.geowiki.fr/index.php?title=Ojuela ) Bernstein M., "The Mexican Mining Industry 1890-1950", State University of New York Press, 1965 Hayward M. W. and Triplett W. H., "Occurrence of Lead-Zinc Ores in Dolomitic Limestones in Northern Mexico", 1931 Hoffmann V.J., "The Mineralogy of the Mapimi Mining District, Durango, Mexico", The University of Arizona, 1935 Megaw P.K.M. et al., - "High-Temperature, Carbonate-Hosted Ag-Pb-Zn(Cu) Deposits of Northern Mexico", Econ. Geol., 1988 Moore, Thomas P. "The Ojuela Mine: Mapimi, Durango, Mexico", The Mineralogical Record, vol. 34, no. 5, 2003 Panczner W.D., "Minerals of Mexico", Van Nostrand Reinhold Company Inc, 1987 Patterson J.W., "The Manto Type Limestone Replacement Deposits of Northern Mexico", Dissertation (Ph.D.), California Institute of Technology, 1932 Prescott B., " The Underlying Principles of the Limestone Replacement Deposits of the Mexican Province", Eng. Mining Jour., 1926 Albinson, T., Norman, D., Rosas, R. (2001). Epithermal Deposits of Mexico. Society of Economic Geologists, Reviews in Economic Geology Camprubí, A. (2013). “Tectonic and metallogenic evolution of Mexico”. Ore Geology Reviews, 53, 13–45. Cox, D.P., Singer, D.A. (1986). Mineral Deposit Models. U.S. Geological Survey Bulletin 1693. Escudero‑Zubiri, A., Nieto‑Samaniego, A. F. (1996). “Geologic evolution of the Mapimí area, Durango”. Boletín de la Sociedad Geológica Mexicana. Romero, M. (2006). Minéraux du Mexique. Tucson Mineralogical Society. Wilson, W.E., & Romero, M. (2004). “The Ojuela Mine, Mapimí, Durango, Mexico”. The Mineralogical Record, Vol. 35. Mindat.org (2023). Ojuela Mine, Mapimí, Durango, Mexico — base de données minéralogiques. Wilson, W.E. (2014). Tsumeb: A History of the Mine and Its Minerals. Mineralogical Record.
- Creedite | mineralogie.club | Nathalie Bertrand et JJ Chevallier
La creedite appartient au groupe des halogénures. EIle contient du calcium, du soufre, de l'aluminium, du fluor et de l'eau. Sa formule chimique est Ca3Al2(SO4)(OH)2 F8.2H2O. CREEDITE MUSÉE "Minéralogie Passion" "Minéralogie Passion" est une page Facebook rejoignez l a! La Creedite est un minéral monoclinique, appartenant à la classe des halogénures complexes, plus précisément aux monofluorures d’aluminium associés à des sulfates. Sa formule chimique est : Inventeur et étymologie : La creedite a été décrite par les minéralogistes américains Esper Signius Larsen, Jr. (1879 –1961) et Roger Clarc Wells (1877 – 1944). Le nom fait référence au gisement topotype : endroit où ce minéral a été découvert, en 1916, dans la mine Colorado Fluorspar Co. à Wagon Wheel Gap, situé à Creede Quadrangle, Mineral County, Colorado, Etats-Unis. Conditions de formation : La Creedite se forme par oxydation des gisements de fluorite dans des zones hydrothermales. Elle apparaît souvent dans des filons à fluorine et baryte, parfois en association avec kaolinite, spangolite, cyanotrichite et autres minéraux secondaires. Elle peut également se rencontrer dans des environnements de type skarn, liés à des dépôts polymétalliques. [en.wikipedia.org] Ce contexte indique une évolution supergène des dépôts fluorés. Morphologie des cristaux : Cristaux généralement prismatiques allongés mais courts, souvent groupés en agrégats radiaux ou en boules géodiques, évoquant la wavellite. Les grands cristaux de Santa Eulalia ont l’habitus du gypse, où certains atteignent 8cm. Minéraux associés : barytine, fluorite, kaolinite, gearksutite ... Bien que la Creedite n’ait pas d’usage industriel majeur, elle est très recherchée par les collectionneurs pour ses cristaux esthétiques et ses couleurs variées. Sa rareté et sa fragilité en font une pierre gemme exceptionnelle, mais très rarement taillée. [gemrockauctions.com] La Creedite est un minéral d’intérêt scientifique et esthétique, témoin des processus hydrothermaux complexes. Sa distribution limitée et ses associations minérales en font un indicateur géologique des zones d’oxydation des gisements fluorés. Sources Les données ont été compilées à partir de : Mindat.org (base de données minéralogique internationale). Publications scientifiques (Larsen & Wells, 1916 ; Anthony et al., Handbook of Mineralogy). Observations de terrain et rapports miniers. Les informations ont été organisées en trois axes : propriétés, contexte géologique, distribution. Anthony, J.W., Bideaux, R.A., Bladh, K.W., Nichols, M.C. Handbook of Mineralogy. Larsen, E.S., Wells, R.C. (1916). Creedite from Creede, Colorado. Mindat.org. Creedite Mineral Data. Disponible sur : https://www.mindat.org . La creedite dans le Monde (liste non exhaustive) Aux USA : mine Colorado Fluorspar Co. à Wagon Wheel Gap, situé à Creede Quadrangle, Mineral County, Colorado où elle se trouve associée à la barytine dans des masses de kaolin d'un filon de fluorite et barytine. Elle provient probablement de l'altération supergène de la fluorite ; La meilleure localité américaine est toutefois, la mine Hall dans le district de Tonopah - comté de Nye, Nevada où elle a été découverte dans des veines de fluorites ; dans la mine Grand Reef, comté de Graham, Arizona ; dans le district de Darwin, comté d'Inyo, Californie ; Au Mexique : d'où les plus beaux échantillons mondiaux proviennent principalement de Navidad dans l'Etat de Durango. D'excellents et abondants spécimens de cristaux prismatiques trapus orange en bouquets sphériques (généralement entre 1 et 2 cm), et parfois associés à de la fluorite verte ou violette ont été extraits. Ces échantillons sont abondants sur le marché de la collection depuis 1980. D'autres spécimens remarquables de par leur qualité et leur taille (pluricentrimétriques) ont été découverts en 2010. D'autres beaux cristaux violets viennent des mines de Potosi et d'autres mines du district de Santa Eulalia (camp ouest), État de Chihuahua ; En Bolivie : de bons spécimens en cristaux incolores à rosés (jusqu'à un centimètre) ont été extraits dans la mine de Colquin - département de La Paz. Ce gisement était en 1970, la meilleure localité mondiale, avant les découvertes américaines ou mexicaines ; En Chine : Guizhou - Qianxinan - Comté de Qinglong - Mine Qinglong (Mine Dachang) : en 2017, lors du salon de Munich, quelques échantillons (de la province de Guizhou) aux cristaux centimétriques de couleur violine, ont été observés ; Gisement Sb (gisement d'antimoine de Xikuangshann - Loudi - Hunan ; Au Kazakhstan : de rares et remarquables spécimens de fins cristaux (jusqu'à 2 cm) proviennent de la mine d'Akchatau. Ce gisement est célèbre pour ses associations de fluorite violet foncé, de fluorapatite et de bertrandite. Clic pour agrandir...
- géologie|glossaire-volcans|lahar|JJ Chevallier
Définition, description et photo des coulées boueuses de lahar. Partager RETOUR SOMMAIRE GLOSSAIRE Lahar : [mot javanais] Coulée boueuse, formée de cendres volcaniques, d'argiles et d'autres matériaux imbibés d'eau. Le glissement peut se produire après des pluies, la fusion d'un glacier, la vidange d'un lac volcanique ou la fonte de la neige sommitale. La vitesse de la coulée de matériaux volcanique mal consolidé peut atteindre 100 km/h. Provoque souvent plus de dégâts que les éruptions. Lahar de l’éruption du Mont St Helens de 1982.
- géologie| Thermodynamique, dérive des continents, paléogéographie|Jean Jacques Chevallier
Voir les nouvelles pages CETTE PAGE A ETE ENTIEREMENT REMPLACEE PAR 3NOUVELLES PAGES MISES A JOUR ET ENRICHIES. THERMODYNAMIQUE DE LA TERRE DERIVE DES CONTINENTS ET SA LONGUE HISTOIRE LA PALEOGEOGRAPHIE
- Boue en Or | mineralogie.club| Dossiers
Comment des métallurgistes de l'Oural transforment de la boue en or Comment des métallurgistes de l'Oural transforment de la boue en or Photo : Roman Baikalov/Compagnie minière et métallurgique de l'Oural HISTORIQUE Créée en 1934, l’entreprise Pyshminsky Copper-Electrolyte Plant est la plus grande fonderie de cuivre de l’URSS puis de Russie, en 1974 elle change de nom et devient Uralelectromed. Depuis 1999 elle est le leader de l’UMMC, Ural Mining and Metallurgical Company, entreprise d’État qui travaille sur onze régions de Russie. En 2002 Uralelectromed devient Open Joint Stock Company (OJSC) au sein de l'UMMC. Depuis sa création, cette industrie n’a jamais cessé de se développer, tant coté minier que dans le raffinage. Non seulement elle extrait le cuivre de la mine Nevianskiy dans l'Oural mais aussi l’or, l’argent et le platine et autres poudres métalliques. Sur le plan historique elle a fourni 80% du cuivre nécessaire à la fabrication des munitions durant la guerre de 1941 à 1945. CERTIFICATIONS ACCRÉDITATION Uralelectromed a obtenu la certification ISO9001 en 2009, la référence internationale pour le management de la qualité. La raffinerie est rigoureuse dans la conduite de toutes ses activités, en particulier dans les domaines de la sécurité et de l’environnement. Les investissements réguliers pour développer un meilleur respect de l’environnement pendant la chaîne de production ont été récompensés par les certifications ISO 14001 et ISO 140. Les produits en or et argent sont accrédités par le LBMA depuis 2004. L'organisme a confirmé cette accréditation en 2013, ce qui assure que la raffinerie respecte les standards en matière de pureté et de qualité des lingots. Dans le bain d’électrolyse la boue qui vaut de l'Or. Photo : Roman Baikalov/Compagnie minière et métallurgique de l'Oural PROCÉDÉS DE TRAITEMENT Durant le processus de séparation du cuivre du minerai, des impuretés précipitent en « boues » en langage technique. Ces impuretés contiennent de l’or, de l’argent, du sélénium, du tellure et beaucoup d’autres éléments chimiques. Avec le temps l’entreprise a appris à extraire ces composants de valeur. C’est en mettant au point des procédés de plus en plus sophistiqués que depuis 1994, Uralelectromed produit des lingots d’or et d’argent entre autres produits de valeur. Traitement de l'argent par électrolyse sur plaques cathodiques. Pour commencer la boue noire est traitée avec de l’acide sulfurique en fort pourcentage puis brûlée afin d’éliminer tous les composants volatiles. Le traitement suivant est une fusion complexe pour obtenir un alliage argent-or appelé « doré ». La séparation s’effectuera par réaction chimique. L’Ag reste en solution, après nettoyage il est traité par électrolyse selon un procédé de dépôt de cristaux sur des plaques cathodiques. L’Au quant à lui aura précipité avec des impuretés en petite quantité qui seront séparées de la poudre d’or. Les poudres ainsi obtenues sont ensuite fondues dans des fours à 900°C pour l’Ag et 1 100°C pour l’Au. Le métal précieux est coulé en lingot. Photo : Roman Baikalov/Compagnie minière et métallurgique de l'Oural La production annuelle des deux métaux précieux est de 10 tonnes pour l’or et 200 tonnes pour l’argent ce qui représente 3,5% de la production d’or et 25,2% de la production d’argent de la Russie. La production de cuivre est très importante sous différentes forme, cables, fil, conduits, pièces usinées. Autres productions de Uralelectromed : Produits chimiques non ferreux Concentrés de "Platinium Group Metal" Sulfate de nickel Sulfate de cuivre Oxyde de zinc Métallurgie non ferreuse Tellure Barres d'argent Sélénium Poudres de cuivre électrolytiques Alliage plomb-bismuth Lingots d'or Poudre de cuivre Plomb au cuivre SOURCES : URALELECTROMED http://www.elem.ru/en/ RUSSIA BEYOND Loulia Chevelkina : https://fr.rbth.com/tech/83531-russie-oural-boue-transformation-or?fbclid=IwAR1YBIRHcFIxsv6dOSwApsx0dqOgM7IB3XQcE7DXaL11WuHIkx_J1uL0vJI Or.fr by Goldbroker https://or.fr/produits/marques/uralelectromed
- Zealandia | mineralogie.club | Géologie - nouveau continent
Zealandia, aussi appelé Zélandia ou continent Nouvelle-Zélande, est un continent quasi-submergé, dont les terres émergées forment principalement la Nouvelle-Zélande. ZEALANDIA Un nouveau continent... Bien qu'il soit immergé à environ 94% Zealandia est bien un continent, les études géologiques le prouvent par son épaisseur, sa densité et sa composition. Mais aussi par sa taille 4,9 millions de km², rappelons que le sous-continent indien ne fait, lui, que 3,3 millions de km². En géologie l' appellation continent est différente de celle de la géographie physique. Zealandia, aussi appelé Zélandia ou continent Nouvelle-Zélande, est un continent quasi-submergé, dont les terres émergées forment principalement la Nouvelle-Zélande. Le nom « Zealandia » a été proposé en avril 1995 par Bruce P. Luyendyk. GEOLOGIE Le bloc de croûte continentale qui constitue Zealandia s'est affaissé après le détachement de l'Australie il y a 60 à 85 Ma12 et de l'Antarctique il y a 130 à 85 Ma. La majeure partie de ce continent est aujourd'hui immergée sous l'océan Pacifique. Zealandia est composée de deux crêtes presque parallèles, séparées par un rift. Les crêtes sont constitués de roches continentales, mais sont plus faibles en altitude que les continents car la croûte est plus mince que d'habitude (seulement environ 20 kilomètres d'épaisseur), et par conséquent ne flottent pas aussi haut sur le manteau. La caractéristique la plus frappante de Zealandia sur le plan géologique est de se situer à cheval entre la plaque pacifique et la plaque australienne. Il y a environ 25 millions d'années, la partie sud de Zealandia (sur la plaque pacifique) a commencé à bouger par rapport à la partie nord (sur la plaque australienne). Le déplacement d'environ 500 km le long de la faille alpine (en) est visible sur les cartes géologiques. Le mouvement le long de cette limite de plaque a également empêché le prolongement du bassin de Nouvelle-Calédonie vers la fosse de Bounty. La croute continentale était complètement submergée il y a près de 23 million d'années et la plus grande partie (93%) reste à ce jour sous la surface de l'océan Pacifique. La compression le long de la limite de plaque a élevé les Alpes du Sud, bien qu'en raison de l'érosion rapide leur hauteur actuelle ne reflète qu'une petite fraction du soulèvement. Plus au nord, la subduction de la plaque Pacifique a conduit à un volcanisme actif, au Coromandel et dans la zone volcanique de Taupo. L'activité volcanique sur Zealandia a également eu lieu à plusieurs reprises dans différentes parties du fragment du continent, avant, pendant et après son détachement du supercontinent Gondwana. Bien que Zealandia se soit déplacée de 6 000 km vers le nord-ouest, la composition du magma volcanique est similaire à celle des volcans de l'Antarctique et de l'Australie car le manteau sous-jacent est le même. Ce volcanisme est très répandu sur Zealandia, mais généralement de faible volume, en dehors du volcan bouclier de la fin du Miocène qui s'est développé sur la péninsule de Banks et d'Otago. En outre, il a eu lieu en permanence dans de nombreuses régions limitées, tout au long du Crétacé et du Cénozoïque. Toutefois, ses causes sont encore débattues. Pendant le Miocène, la section nord de Zealandia (plateau de Lord Howe) pourrait avoir glissé sur un point chaud fixe, formant la chaîne de montagnes sous-marines de Lord Howe. Bois pétrifié à Curio Bay . À Curio Bay, on peut voir une forêt pétrifiée d'arbres de la famille des Kauri et des pins de Norfolk, qui poussaient sur Zealandia il y a environ 180 millions d'années lors de la période Jurassique, avant que la Zealandia se sépare du Gondwana17. Ils ont été enterrés par les coulées de boue volcanique et peu à peu remplacés par de la silice pour produire les fossiles aujourd'hui exposés sur la plage. Pendant les périodes glaciaires l'environnement terrestre prend le pas sur l'environnement marin. Zealandia ne semblait pas posséder de mammifères endémiques, mais une découverte récente en 2006 d'une mâchoire fossile de mammifère du Miocène dans la région d'Otago démontre le contraire. Bois pétrifié, sur la plage de Curio Bay. Auteur inconnu, via Wikipédia. GEOGRAPHIE PHYSIQUE Le « continent », largement submergé, est formé par de la croûte continentale, qui s'élève au-dessus de la croûte océanique formant le fond des océans. La partie émergée de Zealandia la plus vaste est la Nouvelle-Zélande, suivie de la Nouvelle-Calédonie. Le continent est anormalement long et étroit, s'étendant de la Nouvelle-Calédonie au nord jusqu'au-delà des îles sub-antarctiques au sud (entre 19° et 56° de latitude Sud). Sa structure est formée de deux chaînes parallèle, courant du Nord-Nord-Ouest (plateau de Ken et Nouvelle-Calédonie) au Sud-Sud-Est (plateau de Chatham et plateau de Campbell), séparées par un fossé d'effondrement (« plaines » de Nouvelle Calédonie et de Bounty) ; l'ensemble étant barré par la formation alpine récente émergée qu'est la Nouvelle-Zélande, de direction générale NNE-SSE. Les crêtes des chaînes sous-marines s'élèvent au-dessus du plancher océanique jusqu'à des profondeurs de 1 000 à 1 500 mètres, avec de rares îles rocheuses s'élevant au-dessus du niveau de la mer. Zealandia a une superficie de 4 900 000 km23, supérieure à celles de l'Afrique du Nord (Maroc, Algérie et Tunisie) et de la Libye rassemblées, à celles de la Russie européenne, de la Biélorussie et de l'Ukraine réunies, ou quasiment égale aux deux tiers de l'Australie (7,69 × 1012 m2). C'est le plus grand des micro-continents, faisant près de quatre fois le microcontinent suivant, également submergé, le plateau de Kerguelen (1,25 × 1012 m2) ; et près de huit fois Madagascar (0,6 × 1012 m2). À ce titre, on peut le présenter comme un continent à part entière, ce qui est l'argument présenté par des géologues australiens et néo-zélandais. Les majeures parties immergées de Zealandia sont le plateau Lord Howe, le plateau Challenger, le plateau de Campbell, la ride de Norfolk, le plateau de Hikurangi et le plateau de Chatham. Mais aussi des régions plus petites comme le plateau de Louisiade, la ride de Mellish, le plateau de Kenn, le plateau de Chesterfield, la ride de Dampier7. Le mont sous-marin Gilbert (au nord-ouest de Fiordland), bien qu'isolé, fait aussi partie de Zealandia8, par contre la façon dont le mont sous-marin Bollons (sud des îles Chatham) est connecté à Zealandia reste inconnue. Bibliographie Zealandia, aussi appelé Zélandia ou continent Nouvelle-Zélande, est un continent quasi-submergé, dont les terres émergées forment principalement la Nouvelle-Zélande. Le nom « Zealandia » a été proposé en avril 1995 par Bruce P. Luyendyk. Nick Mortimer, Hamish J. Campbell, Andy J. Tulloch, Peter R. King, Vaughan M. Stagpoole, Ray A. Wood, Mark S. Rattenbury, Rupert Sutherland, Chris J. Adams, Julien Collot et Maria Seton, « Zealandia: Earth's Hidden Continent », GSA Today, vol. 27, no 3, mars-avril 2017 Le plateau de Ontong Java n'est pas formé de croûte océanique. Nick Mortimer et Hamish Campbell, Zealandia: Our continent revealed, North Shore, New Zealand, Penguin Books, 2014, 72 ff p. « Zealandia: Is there an eighth continent under New Zealand? », BBC News, 17 février 2017 (lire en ligne, consulté le 26 mars 2017) Nick Mortimer, « Zealandia », Australian Earth Sciences Convention, Melbourne (Australie), 2006, page 4, page consultée le 28 mars 2007 Ray Wood et Vaughan Stagpoole, Ian Wright, Bryan Davy and Phil Barnes, New Zealand's Continental Shelf and UNCLOS Article 76, Wellington, New Zealand, Institute of Geological and Nuclear Sciences Limited; National Institute of Water and Atmospheric Research, 2003, 16 p., PDF : « The continuous rifted basement structure, thickness of the crust, and lack of seafloor spreading anomalies are evidence of prolongation of the New Zealand land mass to Gilbert Seamount. » Basement rocks of New Zealand » [archive], UNCLOS Article 76: The Land mass, continental shelf, and deep ocean floor: Accretion and suturing (consulté le 21 avril 2007) « Searching for the lost continent of Zealandia », The Dominion Post, 29 septembre 2007 (lire en ligne [archive], consulté le 9 octobre 2007) : « We cannot categorically say that there has always been land here. The geological evidence at present is too weak, so we are logically forced to consider the possibility that the whole of Zealandia may have sunk. » Hamish Campbell et Gerard Hutching, In Search of Ancient New Zealand, North Shore, New Zealand, Penguin Books, 2007, 166–167 p. (ISBN 978-0-14-302088-2) Ray Wood, Vaughan Stagpoole, Ian Wright, Bryan Davy et Phil Barnes, New Zealand's Continental Shelf and UNCLOS Article 76, Wellington, New Zealand, National Institute of Water and Atmospheric Research, coll. « Institute of Geological and Nuclear Sciences series 56 », 2003, PDF (lire en ligne[archive du 21 février 2007]), p. 16 : « The continuous rifted basement structure, thickness of the crust, and lack of seafloor spreading anomalies are evidence of prolongation of the New Zealand land mass to Gilbert Seamount. » Fossil forest: Features of Curio Bay/Porpoise Bay [archive] Hamish Campbell et Gérard Hutching, In Search of Ancient New Zealand, North Shore, en Nouvelle-Zélande, Penguin Books, 2007, 183-184 p. (ISBN 978-0-14-302088-2)
- mineralogie club|Sites géologiques remarquables|JJ Chevallier
SITES GÉOLOGIQUES REMARQUABLES USA et AUTRES Je devance la question que certains ne vont pas manquer de me poser. " Pourquoi autant de sites géologiques de l'Ouest américain ? " Ayant traversé l'Atlantique plus de 60 fois et étant passionné par les merveilles géologiques que j'ai visitées dans le Farwest, chacune entre 10 et 20 fois voir plus pour certaines, j'ai acquis une bonne connaissance de ces lieux où j'ai souvent organisé des voyages de groupes. Si vous avez besoin de conseils ou même d'un guide contactez-moi, d'autant que sur cette page je ne traiterai que les plus connus mais il y en a beaucoup d'autres que je pourrai vous faire connaître... Le Sud-Ouest américain est riche en sites géologiques impressionnants et très préservés tant par l'Etat fédéral pour les "National Park" que par les États pour les "State Park". Une réglementation stricte y est imposée et il est fortement déconseillé de faillir à ces obligations au risque d'amendes conséquentes et de séjour en prison. Ici on ne rigole pas avec le règlement et surtout l'on ne discute pas avec les "Rangers" qui sont ni plus ni moins des policiers et on donc les même droits et pouvoirs. " CARLSBAD CAVERNS " LE PLUS GRAND DE TOUS LES PARCS NATIONAUX " YELLOWSTONE " " LE GRAND CANYON DU COLORADO " " BRYCE CANYON " " WHITE SAND " " CHIRICAHUA MOUNTAINS " " ANTELOPE CANYON " " MASSIF DE L'ENNEDI " " GROTTE DE JEITA " A SUIVRE... écriture en cours. SOYEZ PATIENTS !
- géologie|glossaire volcan|strato volcanJJ Chevallier
Stratovolcan, description et schéma en coupe. Partager RETOUR SOMMAIRE GLOSSAIRE Stratovolcan : Volcan composite et complexe en cône constitué par l'alternance plus ou moins régulière de couches de lave et de couches pyroclastiques cendres ou lapillis. Stratovolcan : Fuji-Yama, Japon. RETOUR SOMMAIRE GLOSSAIRE
- Gemmologie|Gahnite bleue du Nigéria|Jean Jacques Chevallier|mineralogie.club
CRISTAUX DE GAHNITE BLEUS DU NIGERIA. Article paru dans Spec4Gem - Spectroscopy for Gemologists http://www.spec4gem.info/reports/8-reports/303-blue-gahnite-crystals-from-kagoro-hills-kaduna-state-nigeria.html/ Crédit photo : Robison McMurtry. Traduction : JJ Chevallier En 2018, des spinelles bleu foncé du Nigeria ont été disponibles. Les quatre échantillons de cristaux de ce matériau ont été fournis par Walter Asikaro, négociant en gemmes, directement depuis le Nigeria et ont été décrits dans ce document. Ils seraient originaires des collines de Kagoro, dans l’État de Kaduna, dans le centre-nord du Nigeria. Des gahnite gemmes de Jeema, également dans l’État de Kaduna ont été décrites en 1984 [1] et 2018 [2]. Le Nigeria est connu pour ses gisements de saphir à Mambilla, dans l’État de Taraba, ainsi que pour son zircon qui devient bleu lorsqu’il est chauffé à Antan dans l’État de Kaduna. Les cristaux des échantillons (figure1) sont des octaèdres bien formés avec des faces légèrement corrodés. Ils contiennent quelques minuscules inclusions incolores ressemblant à des cristaux, certaines qui sont plus grandes montrent un prismes quadrillé et d’autres avec des sections hexagonales, mais non identifiés pour le moment. Deux cristaux octaédriques contiennent de plus gros cristaux brun-rouge à rouge identifiés comme sphalérite [12] (mise à jour décembre 2019). Figure 1. Ganhite bleue de Kagoro hills, Kaduna state, Nigeria, au premier plan de gauche à droite, poids 0.57, 2.02 et 2.07 ct, à l’arrière-plan 1.07 ct. Les octaèdres ne sont pas assez lisses pour lire l’indice de réfraction avec le réfractomètre gemmologique, mais le compteur de réflectivité de l’IR donne un IR d’environ 1,79, la densité de chaque cristal se situe entre 4,59 et 4,61, toutes les pierres donnent ensemble une moyenne de 4,60.IR et densité sont incompatibles avec le spinelle. Le spinelle appartient au sous-groupe isostructural du spinelle (groupe d’oxy-spinelle, supergroupe des spinelles selon IMA 2018) où 28 espèces sont identifiées et seulement 6 avec Al prédominant de formule (Y-Al2 O4). Les plus communs sont les spinelles (communément connu en gemmologie) avec Y-Mg, l’hercynite avec Y-Fe, la galaxite avec Y-Mn et la gahnite avec Y-Zn. Des séries existent entre des membres correspondants extrêmes, et des membres intermédiaires ont été trouvés. Tableau : Propriétés observées et mesurées Spectroscopie de réflectivité infrarouge : Le spectre de réflectivité infrarouge (figure 2) a été effectué sur une face du cristal de 2,02 ct, des spectres ont également été recueillis à partir d’autres cristaux, mais tous ont donné le même modèle de spectre. Le modèle du spectre est compatible avec les spectres des oxydes et montre quelques similitudes avec les spinelles (voir base de données spinelles) mais la gamme 400-600 cm-1 montre des différences significatives avec deux bandes distinctives à 500 et 565 cm-1 qui caractérisent le cristal comme gahnite, le spinelle isostructural du Zn (voir base de données gahnite, Gahnite verte du Brésil et le livre de Chukanov [3]). _________________________ Note du traducteur & Wikipédia : Les composés chimiques isostructuraux ont des structures chimiques similaires. Isomorphe lorsqu'il est utilisé en relation avec les structures cristallines n'est pas synonyme : en plus de la même connectivité atomique qui caractérise les composés isostructuraux, les substances isomorphes cristallisent dans le même groupe d'espace et ont les mêmes dimensions cellulaires unitaires. La définition de l'UICR [IUCR Online Dictionary of CRYSTALLOGRAPHY,] utilisée par les cristallographes est : On dit que deux cristaux sont isostructuraux, s'ils ont la même structure, mais pas nécessairement les mêmes dimensions cellulaires ni la même composition chimique, et avec une variabilité « comparable » des coordonnées atomiques à celle des dimensions cellulaires et de la composition chimique. Par exemple, la calcite CaCO3, le nitrate de sodium NaNO3 et le borate de fer FeBO3 sont isostructuraux. On parle aussi de séries isostructurales, ou de polymorphes isostructuraux ou de transitions de phases isostructurales. Le terme isotypique est synonyme d'isostructural . Figure 2. Le spectre de réflectivité infra-rouge du cristal octaédrique de 2.02ct, le caractérise comme gahnite, le spinelle isostructurel du Zn. Spectroscopie UV-VIS-NIR : Le spectre VIS (figure 3) a été effectué sur le cristal de 2,02 ct, le chemin de lumière passant par le cristal entre deux faces opposées et parallèles. Les longueurs d’onde de bande d’absorption ont été calculées par montage gaussien. Le diagramme du spectre consiste en une fenêtre de transmission dans le bleu délimitée par un bord en dessous de 400 nm et un large groupe de bandes entre 530 et 650 nm. Au milieu de la fenêtre de transmission, il y a deux bandes supplémentaires à 460 et 477 nm, attribuées respectivement à Fe3+ et Fe2+. Le bord dans le violet est probablement causé par une bande Fe2+ superposée à une aile d'une large bande O2-Fe2/3+ LMCT dans l'ultra-violet. Entre 530 et 650 nm, les bandes à 545, 580 et 626 nm sont attribuées aux transitions d-d* permises par spin 4A2 (F) → 4T1 (P) de Co2+ à coordination tétraédrique, et qu'à 559, 574 et 598 nm sont attribuées aux transitions de spin interdites 5E → 3T2 de Fe2+ à coordination tétraédrique. La bande à 656 nm et 731 nm est attribuée à des mécanismes impliquant des paires Fe2+/3+ (IVCT et ECP). Il y a une autre bande large à 925 nm qui n'est pas affichée sur la figure 3 qui est attribuée aux transitions permises par spin 5T2g → 5Eg de Fe2+. L'affectation des bandes dans le spinelle est étudiée depuis des années, les spectres de cobalt [4], [5], [6] sont bien connus du gemmologue même en utilisant un spectroscope portatif et sont facilement observables avec le spinelle bleu ciel de Verneuil, cependant les spectres deviennent plus complexes dès que le fer et même le manganèse et le chrome interagissent. Des travaux sur le sujet ont été publiés par Taran et al. 2009 [7], D'Ippolito et al. 2013 [8], 2015 [9] et ont été utilisés pour les affectations Fe2+. Le motif de ce spectre est bien connu parmi les spinelles bleus colorés par le cobalt et le fer (base de données des spinelles). _________________________ Note du traducteur : LMCT = Ligand to Metal Charge Transfer : transfert de charge métal-ligand. Note du traducteur : Dans un environnement centrosymétrique, les transitions entre orbitales atomiques similaires telles que s-s, p-p, d-d ou f-f, les transitions sont interdites. Figure 3. Le spectre VIS du cristal octaédrique de 2,02 ct montre une fenêtre de transmission centrée autour de 470 nm donnant à la pierre sa couleur bleue. Les bandes à 460 et 477 nm sont attribuées respectivement à Fe3+ et Fe2+, les bandes à 559, 574 et 598 nm sont attribuées à Fe2+, les bandes à 656 et 731 nm sont liées aux paires Fe2+/Fe3+ et les bandes proéminentes à 545, 580 et 626 nm sont attribués au Co2+ qui joue le rôle majeur dans la couleur. Spectroscopie en photoluminescence : Les spectres de photoluminescence (figure 4) du cristal octaédrique de 2,02 ct ont été effectués pour trois sources d’excitation : 405, 444 et 532 nm. Le laser à 405 nm a excité une faible luminescence à 647 et 737 nm, et aucune autour de 690 nm comme on pouvait s'y attendre pour le Cr3+ dans le rouge comme pour de nombreux spinelles. Le laser à 444 nm a excité une faible luminescence verte à 512 nm et deux bandes très faibles à 640 et 737 nm. Le laser à 532 nm a excité une luminescence orange-rouge modérée culminant à 650 nm. Les émissions à 512 et 737 nm correspondent à Mn2+ [11]. L'émission à 650 nm tout en étant excitée à 532 nm est attribuée au Co2+, l'excitation tombe au voisinage du 4T1 (P). Avec les excitations à 405 et 444 nm, les émissions sont respectivement à 647 et 640 nm mais comparativement beaucoup plus faibles que pour une excitation à 532 nm, elles sont peut-être également connectées au Co2+. Les luminescences observées sont similaires à celles du spinelle bleu cobalt (voir base de données spinelle). Figure 4. Les spectres de photoluminescence du cristal d'octaèdres de 2,02 ct montrent une luminescence Mn2+ à 512 nm et éventuellement à 737 nm, une luminescence Co2+ à 640, 647 et 650 nm. Conclusion : La spectroscopie de réflectance d’infra-rouge identifie les cristaux cathédraux comme gahnite, le spinelle isostructural du Zn. La couleur bleue résulte principalement du Co2+ et en second du Fe2+/Fe3+, mais comme le fer absorbe une partie du bleu à 460 et 477 nm, il provoque probablement la couleur bleu foncé. La couleur bleu foncé ne peut pas être désignée comme la couleur « cobalt-spinel » qui est une couleur bleu vif lumineux. La spectroscopie de photoluminescence confirme la présence de Co2+ et Mn2+, mais le Cr3+, n’est pas détecté. Mises à jour post-étude : Automne 2019 , le GIA a publié dans la section Gems News International de la revue Gems et Gemology [12] une note sur ce matériau : - les inclusions rouges/brunes ont été identifiées comme sphalérite par la spectroscopie Raman, - la densité (4.180-4.294) est très différente de celle mesurée sur les échantillons de ce document qui est de 4.60. Décembre 2019 , dans l’article "Cristaux bleus de Ghanospinel du Nigeria" publié dans Gemmology Today [13] : - le SG est donné pour 4.50. Références : [1] Gem quality gahnite from Nigeria, B. Jackson, Journal of Gemmology, 1982, Vol. 18, No.4, pp. 265–276 [2] Blue Gahnite from Nigeria, E. Boehm, B.M. Laurs, Journal of Gemmology, 2018, Vol. 36, No.2, pp. 96-97 [3] Infrared spectra of mineral species, Nikita V. Chukanov, 2014, Springer Editor, ISBN: 978-94-007-7128-4 [4] 'Cobalt-blue' Gem Spinels, J.E. Shigley, C.M. Stockton, Gems & Gemology, 1984, Spring, pp. 34-41 [5] Cobalt colored Color-Change Spinel, P. Maddisson, Gems & Gemology, 1990, Fall, pp. 226-227 [6] Cobalt-colored synthetic spinel, GRC, Gems & Gemology, 1991, Summer, pp. 113-114 [7] Optical spectroscopic study of tetrahedrally coordinated Co2+ in natural spinel and staurolite at different temperatures and pressures, M.N. Taran, M. Koch-Müller, A. Feenstra, American Mineralogist, 2009, volume 94, pp. 1647-1652 [8] Crystallographic and spectroscopic characterization of a natural Zn-rich spinel approaching the endmember gahnite (ZnAl2O4) composition, V. D'Ippolito et al., Mineralogical Magazine, 2013, Vol. 77, pp. 2941-2953 [9] Color mechanisms in spinel: cobalt and iron interplay for the blue color, V. D'Ippolito et al., Phys Chem Minerals, 2015, Vol. 42, pp. 431-439 10] What Is Cobalt Spinel? Unraveling the Causes of Color in Blue Spinels, A.C. Palke, Z. Sun, Gems & Gemology, 2018, Fall, p. 262 [11] Luminescent Spectra of Minerals, Boris S. Gorobets and Alexandre A. Rogojine, Moscow, 2002, ISBN: 5901837053, p. 175 [12] Blue gahnite from Nigeria, M. Hain, Z. Sun, Gems & Gemology, 2019, Fall, pp. 434-436 [13] Blue Gahnospinel crystals from Nigeria, J.M. Arlabosse, Gemmology Today, 2019, December, pp. 5-8 Pour voir l’original cliquez ou copiez l’URL dans votre navigateur : http://www.spec4gem.info/reports/8-reports/303-blue-gahnite-crystals-from-kagoro-hills-kaduna-state-nigeria.html/ ARTICLE DU GIA Traduction JJ Chevallier Blue Gahnite from Nigeria Figure 1. Trois octaèdres uniques de gahnite naturelle, d'environ 1,5 ct chacun, de l'État de Kaduna, au Nigéria. Photo de Robison McMurtry. Ces dernières années, le Nigéria a attiré une attention considérable dans le commerce des pierres gemmes par la découverte de saphirs provenant apparemment du plateau de Mambilla dans l'État de Taraba. Outre les saphirs, des spinelles ont été sporadiquement extraits à Jemaa et récemment à Kagoro, tous deux dans l'État de Kaduna (figure 1). Le groupe de minéraux spinelle, avec une formule chimique générale AB2O4, compte au total 22 espèces différentes. Quatre de ces espèces ont Al prédominant occupant le site octaédrique : spinelle (MgAl2O4), galaxite (MnAl2O4), hercynite (FeAl2O4) et gahnite (ZnAl2O4). Les spinelles de Kagoro ont été identifiés comme la gahnite, membre terminal du zinc. La gahnite est l'un des membres les plus rares du groupe des spinelles, généralement trouvée dans les gisements de zinc. La plupart des cristaux sont très petits, inclus et translucides à opaques. Les gemmes à facettes sont intéressantes à collectionner en raison de leur rareté et de leur couleur. ____________________________ Note du traducteur : Définition de membre terminal (final member en anglais) un composé chimique pur dans certains cas hypothétique mais considéré comme un composant entrant en solution solide avec d'autres composés chimiques purs pour former une série isomorphe de minéraux Exemple : fayalite Fe2SiO4 et forsterite Mg2SiO4 sont des membres terminaux de la série olivine ( Mg,Fe)2SiO4. La géologie des spinelles du Nigeria a déjà été étudiée (R. Jacobson et JS Webb, «Les pegmatites du centre du Nigeria», Geological Survey of Nigeria Bulletin , n°17, 1946, pp. 1–61), et les gisements peuvent être subdivisés en trois groupes en fonction de leur minéralogie: les pegmatites microcline-quartz, qui se rencontrent couramment dans les granitoïdes calco-alcalins et sont rarement minéralisées ; des pegmatites microcline-quartz-mica, présentes dans des séquences métasédimentaires ; des veines de quartz-mica, qui se trouvent dans les schistes et les gneiss ou en marge des pegmatites du groupe 2. La gahnite est présente dans les groupes 2 et 3. La connaissance de la composition des spinelles riches en zinc est utile pour séparer une grande variété de sources environnementales. Par exemple, la teneur en Zn est élevée dans les spinelles présents dans les roches qui ont subi un métamorphisme de faible teneur et une forte fugacité en oxygène et en soufre (FO2 et FS2 ), tandis que la teneur en Zn est la plus faible dans les roches métamorphiques à forte teneur. (A. Heimann et al., “Zincian spinel associated with metamorphosed Proterozoic base-metal sulfide occurrences, Colorado: A re-evaluation of gahnite composition as a guide in exploration,” Canadian Mineralogist, Vol. 43, No. 2, 2005, pp. 601–622). L'examen gemmologique standard de trois octaèdres bruts (figure 1) a donné les propriétés suivantes : couleur - bleu ; pléochroïsme - aucun ; indice de réfraction : 1,791 à la limite supérieure (lecture plate à partir de la face cristalline polie) ; gravité spécifique hydrostatique (densité) : 4.180 / 4.294 ; réaction de fluorescence : inerte aux UV à ondes longues et à ondes courtes ; réaction du filtre de couleur : rouge. Les caractéristiques internes observées au microscope gemmologique étaient des cristaux incolores non identifiés, des figures en "empreintes digitales" et une inclusion de cristaux rouge-brun identifiés par spectroscopie Raman comme de la sphalérite (figure 2). Figure 2. L'identification Raman de cette inclusion était cohérente avec la sphalérite. Photo-micrographie de Nathan Renfro; champ de vision 0,91 mm. Figure 3. Spectre visible de la gahnite du Nigeria de Kagoro. Les bandes d'absorption de ~ 500 à 650 nm sont en grande partie dues au Co 2+ , mais avec une modification des bandes d'absorption du fer. Les bandes d'absorption autour de 462 et 470 nm sont liées aux chromophores de fer. Des tests spectroscopiques avancés ont été effectués sur les trois échantillons. Les spectres Raman étaient typiques de la gahnite, avec des pics à 420, 510 et 661 nm. Le spectre visible a montré des bandes d'absorption de cobalt importantes (figure 3) entre 500 et 620 nm, avec une contribution supplémentaire des bandes d'absorption du fer modifiant le spectre d'absorption du cobalt (e;g., AC Palke et Z. Sun, “What is cobalt spinel ? Unraveling the causes of color in blue spinels,”, automne 2018 G&G , pp. 262-263).Une analyse par spectrométrie de masse à plasma à ablation par couplage inductif (LA-ICP-MS) a été utilisée pour obtenir la chimie précise des trois pierres. La composition chimique a été acquise par un ThermoFisher iCAP Q ICP-MS couplé à un système d'ablation laser Elemental Scientific Laser NWR213. NIST 610 et 612 ont été utilisés comme étalons externes, et 27 Al a été utilisé comme étalon interne. Les résultats de LA-ICP-MS (voir annexe 1 ) ont montré que les trois pierres étaient principalement composées de plus de 90% en mole de gahnite (ZnAl2O4 ), avec d'autres membres terminaux mineurs d'espèces d'Al-spinelle. Ils doivent donc être classés comme gahnites. Figure 4. Une ligne verticale 1 et une ligne horizontale 2, contenant un total de 44 taches, ont été sélectionnées pour appliquer des analyses LA-ICP-MS sur toute la section. Le profil du pourcentage membre terminal versus la position a révélé que la pierre était principalement composée de gahnite avec une petite hercynite, spinelle et galaxite. Des informations détaillées sur la chimie des principaux éléments, la distribution du site et les espèces pour chaque point se trouvent à l'annexe 1. L'espacement des points est de 200 microns. Figure 5. Les éléments traces par rapport aux profils de position ont révélé que les jantes extérieures avaient des concentrations plus élevées de V et de Co, mais une concentration de Ni plus faible que les jantes intérieures et le noyau. Des informations détaillées sur les oligo-éléments pour chaque point des lignes 1 et 2 sont disponibles en annexe 2 . Pour mieux comprendre la composition de ce type de spinelle, nous avons préparé une coupe transversale au milieu d'un cristal octaédrique, échantillon NBS3 (figure 4). Une ligne verticale de 22 points (figure 4, ligne 1) et une ligne horizontale de 22 points (figure 4, ligne 2) ont été sélectionnées pour traverser toute la section des bords extérieurs aux bords extérieurs opposés pour les analyses LA-ICP-MS. Tous les spots présentaient plus de 90% en mole de gahnite, l'hercynite étant la deuxième espèce la plus abondante (figure 5). Les taches près des bords extérieurs contenaient plus d'hercynite que les taches sur les bords intérieurs et le noyau central. La distribution en% molaire des membres terminaux était très homogène sur toute la section. Neuf oligo-éléments pour chaque point des lignes 1 et 2 ont été tracés sur la figure 5. En général, les bords extérieurs avaient des concentrations plus élevées en V et en Co mais une concentration plus faible en Ni que les bords intérieurs et le noyau central. Pour voir l’original cliquez ou copiez l’URL dans votre navigateur : https://www.gia.edu/gems-gemology/fall-2019-gemnews-nigeria-blue-gahnite Since 01-06-2021
- Apophyllite| Musée Minéralogie Passion| mineralogie.club
Plus qu'un réseau social un outil de publication et de partage de la connaissance. Minéralogie passion une page Facebook pour les passionnés de beaux cailloux qui veulent en savoir plus et en voir plus en partageant. Décrite par René Just Haüy, en 1806, du grec « apophylliso », "qui s'effeuille". La triple tendance de ce minéral à l’exfoliation, par le feu, par les acides et par le frottement, a suggéré le nom d’apophyllite c'est-à-dire, qui s’exfolie. Des variantes chimiques ont été reconnues par Pete J. Dunn, Roland C. Rouse et Julie A. Norberg en 1978. Un changement (2008) dans le système de nomenclature utilisé pour ce groupe a été approuvé par l'IMA, Association minéralogique internationale, supprima les préfixes des noms d'espèces et utilisa des suffixes pour désigner les espèces. Un nouveau changement de nomenclature ultérieur, approuvé par l'IMA, en 2014 a renommé les minéraux pour inclure à la fois des suffixes et des préfixes. Faute d’analyses précises toutes les apophyllites sont aujourd’hui appelées « apophyllite » tout court ou aussi "fluorapophyllite", puisque la majorité sont effectivement des apophyllites-KF. La localité type (topotype) est la mine de fer d’Uton (Utoë), Skärrgärde, province de Rostlagen, en Suède. L'apophyllite est un minéral secondaire que l'on retrouve communément dans des amygdales du basalte ; dans des filons hydrothermaux, des skarns. Elle se forme essentiellement dans les vacuoles et fissures de roches cristallines et basiques à ultrabasiques, on la trouve aussi dans la paragenèse d'altération de filons métallifères. Les minéraux associés sont les zéolithes, mais aussi la calcite, le quartz, l'okénite, la datolite, la pectolite … Groupe APOPHYLLITE L’Apophyllite n’est pas une espèce minérale, mais un nom générique de groupe comprenant trois espèces différentes qui forment entre elles des séries continues, et qui sont toutes des phyllosilicates. MUSÉE "Minéralogie Passion" "Minéralogie Passion" est une page Facebook rejoignez l a! L'apophyllite-(KF), anciennement Fluorapophyllite (1978), de formule KCa4 Si8 O20 (F,OH).8H2 O ; traces : Al, Na ; il en existe 2 polytypes connus L'apophyllite-(KOH), anciennement Hydroxyapophyllite (1978), de formule KCa4 Si8 O20 (OH,F).8H2 O, qui cristallise dans le système quadratique ; L'apophyllite-(NaF), anciennement Natroapophyllite, de formule NaCa4 Si8 O20 F.8H2 O, traces : K , qui cristallise dans le système orthorhombique. La 1re est la plus commune et montre une grande diversité de couleurs alors que les 2 autres sont incolores à blanches voire brune pour la dernière. C'est un minéral très populaire, notamment grâce aux découvertes indiennes et souvent associé aux zéolites dont il ne fait pas partie . Les gisement majeurs : Allemagne Saint-Andréasberg, Harz, Basse-Saxe. Brésil Caxias do Sul, Rio Grande do Sul,Région du sud, Canada Mine Jeffrey, Asbestos, région de l'Estrie, Québec. Chine Mine de wollastonite de Fengjiashan à Day, Hubei, cristaux tabulaires incolores avec fantômes de croissances soulignés par l’hubéite, qui sont souvent associés à l’inésite. France Puy de la Piquette, Veyre-Monton, Puy-de-Dôme. Mine Anglade, Salau, Seix, Cauflens, Ariège. Plombières-les-Bains, Vosges, associée à la plombiérite . Finlande Korsnäs, Vaasa, Länsi-Suomen Lään (rare couleur jaune pour la fluroapophylite). INDE Ce sont les carrières de basalte des trapps du Decan dans l’Etat du Maharastra, dans les districts de Poonah, Nasik et Mumbai, qui sont incontestablement les plus gros producteurs au niveau mondial depuis 40 ans. Le marché a été inondé de spécimens de toutes tailles allant du « thumbnail » à des plaques de plusieurs dizaines de kilos. Parmi toute on se souvient tous de la découverte d’octobre 2001, lors du creusement d’un puit d’eau potable, à Momin Akada près de Rahuri, de ces magnifique « choux fleurs », des agrégats quasi sphériques de prisme au cœur vert et présentant un fort développement du pinacoïde (001). En 2006 un autre gisement, une énorme cavité, fut découvert à Ajanta près de Bidkin. Leur jolie couleur verte est due à la présence de vanadium. Toute fois il ne faut pas les confondre avec certains cristaux verts foncés chargés de chlorite ou d’argiles vertes. Un bon conseil de Julien Lebocey. Lors de vos achats vérifiez vos échantillon car ils sont parfois clivés volontairement pour cacher des fractures disgracieuses de la terminaison. La surface de clivages a un éclat nacré Sources : Littérature Minéraux (Julien Lebocey) aux éditions du Piat Internet Mindat Wikipédia Géowiki Apophyllite, Well pocket, Momin Akada, Rahuri, district d'Ahmednagar, Maharashtra, Inde. Apophyllite biterminée, vert profond et fantôme avec albite var. cleavelandite, Poona, Maharastra, Inde. Groupe d'apophyllite gemmes parfaites sur chlorite, mine Savda, Jalgaon, Maharastra, Inde. Apophyllite et stilbite, mine Lonavala, district de Puna, Maharastra, Inde. Hydroxyapophyllite, Centreville, Culpeper Basin, Fairfax Co., Virginie, États-Unis. Fluorapophyllite, Le Dat Soubeyrol, Carlat, Cantal, Auvergne, France.jpg Fluorapophyllite rose-orange et verte, carrière Villoly, Nashik, Maharashtra, Inde. Apophyllite, mine de Fengjiashan, mine de cuivre de Daye, district minier d'Edong, comté de Daye, préfecture de Huangshi, province de Hubei, Chine. Fluorapophyllite rose, carrière Villoly, Nashik, Maharashtra, Inde. Apophyllite sur stellerite, mine de fer Sokolovskoe, Rudny, région de Kostanay, Kazakhstan. Fluorapophyllite et chalcopyrite, mine de San Martín, San Martín-Sabinas, San Martín, Sombrerete, Zacatecas, Mexique. Fluorapophyllite et chalcopyrite, mine de San Martín, San Martín-Sabinas, San Martín, Sombrerete, Zacatecas, Mexique. Apophyllite et stilbite, Rahuri, district d'Ahmednagar, Maharashtra, Inde.jpg Apophyllite jaune et harmotome, Korsnäs, Vaasa, Länsi-Suomen Lääni, Finlande. Mesolite sur apophyllite et stilbite, Puna, Maharastra, Inde. Calcédoine entièrement recouverte d'apophyllite légèrement bleutée, Jalgaon, Maharastra, Inde. Apophyllite verte, Shrirampur, Ahmednagar, Maharashtra, Inde. Apophyllite, stilbite et mesolite, carrière de Wadagaoun, Puna Maharashtra, Inde. Apophyllite, stilbite, heulandite et calcite sur stalactite de calcédoine, Aurangabad, Maharashtra, Inde. Apophyllite et stilbite sur des stalactites de calcédoine et micro quartz, Jalgaon, Maharastra, Inde. Apophyllite-K, Puy de la Piquette, Veyre-Monton, Puy-de-Dôme, Auvergne, France. Apophyllite, natrolite et calcite, Puy de la Piquette, Veyre-Monton, Puy-de-Dôme, Auvergne, France. Apophyllite verte sur stilbite, Punah, Maharashtra, Inde. Apophyllite, stilbite et heulandite, Jalgaon, Maharashtra, Inde. Apophyllite, Gyrolite, Thomsonite, Skálafjørđur, Eysturoy, Îles Féroé. Clic pour agrandir...
- minéralogie|verre libyque|Jean Jacques Chevallier
Le verre libyque est-il d'origine extraterrestre ou terrestre, est-ce une tectite comme les autres ? Origine, description et localisation... VERRE LIBYQUE Découverte et localisation du verre libyque Photo Droits réservés - © 2013 Anne-Marie et Michel Detay Au retour du Gilf el Kebir (un des plus intéressants secteurs du Sahara, riche en vestiges pré-égyptiens, en gravures rupestres…) on traverse le désert libyque, où aucun naturaliste ne peut manquer de s'arrêter sur le site du silica glass pour y re-découvrir le verre libyque ( Libyan Desert Glass = LDG). Le verre naturel connu le plus riche en silice (> 98%), qui a fait l'objet de nombreuses recherches et hypothèses et dont l'origine soulève encore des interrogations au sein de la communauté scientifique. Le site du verre libyque se trouve dans la « Grande Mer de Sable » du désert libyque. dont, malgré son nom, la majeure partie de cette zone désertique se situe principalement en Égypte, et déborde seulement en Libye, au Soudan et au Tchad. Le premier repérage moderne de ce gisement est dû à P.A. Clayton qui le signala en 1932. Il y effectua d'autres voyages et la carte qu'il a dressée a été publiée par L.J. Spencer en 1939. Théodore Monod participa à sa célébrité en France. Partager Couloir inter-dunaire parsemé de blocs rocheux de taille variable dans le désert libyque. Le verre libyque est un verre amorphe et naturel très riche en silice, 98%, quasiment pur. Les premières théories de formation le voient comme issu de la fusion des sables lors de l'explosion ou de l'impact d'une météorite dans la Grande Mer de Sable du désert Libyen en Égypte occidentale mais on n'a jamais trouvé de trace de l’astroblème, cratère, d'impact. Une autre théorie, peut-être la plus probable, évoque un éventuel impact cométaire oblique faisant fondre une très importante quantité de sable. Une dernière hypothèse, beaucoup moins probable, évoque un processus de formation hydro-volcanique avec un refroidissement rapide, interdisant la cristallisation de la silice en quartz . La formation a eu lieu il y a environ de 29 millions d'années, sous très haute pression, > 20 GPa, et très haute température, > 1800°C. Le verre libyque, une impactite égyptienne d'origine cométaire ? Article de Michel Detay et Pierre Thomas ENS Lyon - Laboratoire de Géologie de Lyon Résumé : Éléments de synthèse sur l'origine du verre naturel le plus riche en silice. Plus d'infos sur le Verre Libyque http://planet-terre.ens-lyon.fr/article/verre-libyque-impactite.xml Sources : Planet Terre, Eduscol, ENS Lyon http://planet-terre.ens-lyon.fr/article/verre-libyque-impactite.xml Since 01-06-2021
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Charte de Vie et Code de Déontologie Scientifique dans le cadre de la Géologie, la Minéralogie, et la Paléontologie. Rédigé par JJ Chevallier le 10 juillet 2001, à la suite de conversations entre négociants, lors du salon de Ste Marie aux Mines, dans le cadre du syndicat professionnel des négociants en minéraux, fossiles et gemmes. (SPNMFG – France Minéraux Fossiles) Introduction La recherche scientifique et la passion pour la géologie, la minéralogie, et la paléontologie, impliquent des responsabilités éthiques et déontologiques. Ces responsabilités concernent non seulement la préservation des sites naturels et du patrimoine géologique, mais également le respect des personnes, des communautés scientifiques, et des principes de vérité. Cette charte s’inscrit dans une démarche visant à promouvoir une pratique responsable et transparente, en cohérence avec les textes de référence internationaux et nationaux, mais en tenant compte des réalités du terrain. Références Réglementation relative aux activités de collecte des minéraux et des fossiles. Question écrite n°08174 - 8e législature par M. le sénateur Henri GOETSCHY (Haut-Rhin - UC) publiée le 22/10/1987 à M. le ministre délégué auprès du ministre de l'équipement, du logement, de l'aménagement du territoire et des transports, chargé de l'environnement, sur les activités des amateurs de minéralogie et de paléontologie accusés de pillage de minéraux et de fossiles dans les sites paléontologiques et plus particulièrement dans les anciennes mines. Déclaration Internationale des Droits de la Mémoire de la Terre, adoptée lors du premier Symposium International du Patrimoine Géologique à Digne (France), le 13 juin 1991. Principes Fondamentaux Article 1 – Respect des sites et de l’environnement Toute activité de recherche doit préserver l’intégrité des sites naturels. Il est interdit de dégrader, polluer ou altérer les lieux d’étude. Article 2 – Respect de la propriété et des droits d’autrui L’accès aux terrains privés ou protégés ne peut se faire qu’avec l’autorisation explicite des propriétaires ou des autorités compétentes. Article 3 – Intégrité scientifique Les données collectées doivent être traitées avec rigueur et honnêteté. Toute falsification, omission volontaire ou interprétation biaisée est proscrite. Article 4 – Respect des personnes et des communautés scientifiques Les échanges avec d’autres chercheurs et passionnés doivent être empreints de courtoisie, de transparence et de collaboration loyale. Article 5 – Publication et diffusion Les informations partagées, notamment sur des plateformes publiques, doivent refléter une démarche responsable et conforme aux principes éthiques. Article 6 – Références normatives Cette charte s’inspire des textes officiels précités, tout en intégrant des règles adaptées à la réalité du terrain. Article 7 – Engagement personnel L’adhésion à cette charte implique un engagement ferme et sans compromis. L’intégrité ne tolère pas de zones grises : elle est absolue. Sources Réglementation relative aux activités de collecte des minéraux et des fossiles. Question écrite n°08174 - 8e législature par M. le sénateur Henri GOETSCHY (Haut-Rhin - UC), à M. le ministre délégué auprès du ministre de l'équipement, du logement, de l'aménagement du territoire et des transports, chargé de l'environnement, sur les activités des amateurs de minéralogie et de paléontologie accusés de pillage de minéraux et de fossiles dans les sites paléontologiques et plus particulièrement dans les anciennes mines. (publiée le 22/10/1987) Déclaration Internationale des Droits de la Mémoire de la Terre, Symposium International du Patrimoine Géologique, Digne, 13 juin 1991. Pour info on m’a aussi procuré une copie du Code de déontologie, 29 juillet 1993, n° 3290/77. C’est un document Belge.
- Origine de l'eau sur la Terre | mineralogie.club | L. Piaini | JJ Chevallier
Nouvelle découverte à propos de l'origine de l'eau sur la Terre grâce à l'étude des isotopes de l'hydrogène trouvé au sein de chondrites à enstatite. Laurette Piani et son équipe du CRPG de Nancy npus renseignent. Une nouvelle découverte sur L'ORIGINE DE L'EAU SUR LA TERRE De toutes les planètes du système solaire, seule la Terre possède l'eau liquide à sa surface, en raison de sa position dans l'étagement des planètes. La Terre est à une distance du soleil ni trop chaude ni trop froide que l'on a baptisée "zone habitable". Car c'est l'eau qui est à l'origine de la vie. La question qui se pose c'est de savoir si cette eau était déjà présente dans les roches des planétoïdes qui se sont accrétionnés pour former la Terre ou si cette eau est arrivée plus tard apportée par les comètes ou les astéroïdes qui l'ont bombardée lors des grandes périodes de chutes. JJ Chevallier - 2024 L'eau recouvre 71% de la surface terrestre. Elle est indispensable à la vie. Comment est-elle arrivée là ? Cette question agite le monde scientifique depuis très longtemps. C'est au Centre de Recherche Pétrographique et Géochimique du CNRS de l'Université de Lorraine que la scientifique nancéienne, Laurette Piani et son équipe affirment, que notre planète aurait été, dès sa formation, riche en eau. Une hypothèse qui pourrait changer notre compréhension de l’origine de l’eau sur notre planète. Cette nouvelle étude réfute la vieille théorie selon laquelle ce sont les météorites et les comètes tombés sur Terre à l'Hadéen puis au Précambrien et plus tard, qui ont apporté l’eau sur Terre. « Ce que nous montrons avec cette étude est que les roches, qui ont formé la terre dès le départ, contenaient un peu d’hydrogène, suffisamment pour expliquer une grande partie de l’eau qui est à la surface de la terre, mais aussi dans le manteau. » Déclare Laurette Piani. C’est en étudiant treize chondrites à Enstatite, prêtée par des musées dont le MNHN de Paris, que les scientifiques lorrains on fait cette découverte. Rappelons que ces météorites « chondrites à Enstatite » ont une composition chimique proche de celle des roches primitives la Terre, ce sont des météorites très rares, moins de 2% des chutes sur la Terre « Nous avions l'intuition basée sur des travaux précédents sur ce type de météorites que cela pouvait être intéressant de regarder l’hydrogène et de le comparer à celui de la Terre. On ne savait pas ce qu’on allait trouver à quel point cela allait avoir un impact sur nos connaissances liées l’origine de l’eau sur la Terre. » « L’oxygène, on en trouve un peu partout dans les roches », poursuit la chercheuse. « Mais l’hydrogène, c’est un peu plus compliqué, parce que c’est un élément volatil. » Il est difficile à stocker dans les roches. « Comme la Terre s’est formée à des températures trop élevées pour que l’eau condense sous forme de glace, on pense que les matériaux précurseurs de la Terre étaient plutôt secs. Donc, qu’ils ne contenaient pas d’hydrogène a priori pour expliquer la présence d’eau à la surface et à l’intérieur de la planète. » La découverte de l’équipe scientifique a dépassé ce qu’ils avaient pressenti une importante quantité d’hydrogène dont la composition isotopique est identique à l’hydrogène de l’eau du manteau terrestre. "Nous avons découvert que la composition isotopique de l'hydrogène des chondrites à enstatite était similaire à celle de l'eau stockée dans le manteau terrestre". D’autre par la composition isotopique des océans est compatible avec un mélange comprenant 95% d’eau de ces chondrites et 5% d’eau qui viendrait de comètes ou de météorites hydratées. Voilà une découverte qui ouvre un nouvel horizon d’autant que les chercheurs lorrains se lancent maintenant dans de nouvelles expériences afin d’expliquer la présence de cette importante quantité d’hydrogène en recréant les minéraux qui composent ces roches primitives. Parallèlement à cette découverte d’hydrogène, ils ont découvert des isotopes d’azote compatible à ceux de l’azote terrestre. VIDEO ANNEXE La répartition de l'eau sur Terre ... Visualisation de la distribution (en volume) de l’eau sur Terre. Chaque petit cube (comme celui représentant l’eau biologique) correspond à environ 1000 km3 d’eau, avec une masse d’environ 1 000 milliards de tonnes (200 000 fois celle de la Grande Pyramide de Gizeh ou 5 fois celle du lac Kariba, sans doute l’objet artificiel le plus lourd). Le bloc entier comprend 1 million de petits cubes. Les données proviennent de http://ga.water.usgs.gov/edu/waterdistribution.html . Licence : GNU Free Documentation. Le cycle de l'eau sous l' œil des satellites... Bibliographie Origine de l'eau Piani L. et al. - Earth water may have been inherited from material similar to enstatite meteorites. Science, 28 août 2020 DOI : 10.1126/science aba 1943. Répartition de l'eau Where is Earth's water?, USGS . B.W. Eakins et G.F. Sharman, Volumes of the World's Oceans from ETOPO1, NOAA National Geophysical Data Center, Boulder, Colorado, 2010. Peter H. Gleick, Water in Crisis: Chapter 2, Oxford University Press, 1993. Ben Harder, « Inner Earth May Hold More Water Than the Seas », National Geographic
- Sulfates, Chromates, Molybdates, Tungsta | mineralogie.club
Cette classe de plus de 300 espèces, où les sulfates dominent très largement se caractérise par un radical anionique de type xO4 Partager RETOUR SOMMAIRE CLASSEMENT SULFATES, CHROMATES, MOLYBDATES & TUNGSTATES Cette classe de plus de 300 espèces, où les sulfates dominent très largement se caractérise par un radical anionique de type x O4 SULFATES Sous classe d'environ 270 espèces et variétés, hydratées ou anhydres, composées avec radicaux SO4, pouvant provenir de tous types de régions géologiques. Autres minéraux : Cyanotrichite Hanksite Strontianite Thénardite CHROMATES Rares, 14 espèces connues, ils ont des radicaux (CrO4)2 MOLYBDATES 13 espèces rares dans la nature hormis la wulfénite radicaux (MoO4)2 TUNGSTATES 9 espèces rares, radicaux WO4 Since 01-06-2021 RETOUR SOMMAIRE CLASSEMENT




















