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RÉSULTATS DE LA RECHERCHE

RÉSULTATS DE LA RECHERCHE

400 résultats trouvés avec une recherche vide

  • minéralogie|infos carbonates|JJ Chevallier

    Les éléments qui composent la croûte terrestre, les minéraux les plus fréquents, la formation des sols, leurs ph et leurs texture. Les silicates et les carbonates y sont abondants. Remerciements au professeur Pierre-André Bourque de l'Université Laval au Québec qui m'a autorisé à utiliser ses travaux et chaleureusement encouragé à mes débuts. L'autre groupe important dans la croûte terrestre, LES CARBONATES Une autre classe de minéraux que l''on retrouve fréquemment dans la croûte terrestre, 1,7%, les carbonates. Ils sont un des principaux constituants des roches sédimentaires (exemple : les calcaires), dans les roches métamorphiques qui en sont issues et dans les filons hydrothermaux où ils constituent souvent l'enveloppe, la gangue, des minerais métalliques. Leur structure est relativement simple comparée à celle des silicates : des complexes négatifs (CO3)2-, liés par des ions positifs tels Ca, Mg, Fe. Chez la calcite, CaCO3, les (CO3)2- sont liés par des Ca2+ pour former une structure rhomboédrique typique de ce minéral. Les carbonates constituent une forte partie des roches sédimentaires particulièrement les calcaires. La structure est relativement simple : le radical anionique négatifs (CO3)2-, liés, pour former des combinaisons, par des ions positifs métalliques tels : Mg, magnésium ; Fe, fer ; Ca, calcium ; Mn, manganèse ; Sr, strontium ; Pb, plomb ; Ba, baryum ; Cu, cuivre toujours accompagné de l'anion (OH)1- ; Zn, zinc comme le cuivre avec (OM)1-. Ces minéraux sont caractérisés par leur faible dureté assez faible, leur solubilité dans l'eau et surtout leur biréfringence. Généralement solubles dans les acides avec une effervescence de CO 2 . La classification chimique associe aux carbonates les rares nitrates, 8 espèces, des dépôts superficiels, d'origine communément bactérienne, des régions arise, dont l'azote est d'origine atmosphérique, caractérisés par le groupe anionique (NO3)1-. Les plus connus sont les salpêtres. Les borates sont eux aussi associés aux carbonates dans la classification chimique, 120 espèces et variétés, ils se rencontrent dans des zones d'évaporation (bassins) avec des roches volcaniques. Incolores à blancs et de faible densité et dureté ils sont pratiquement toujours hydratés. Dand la calcite, CaCO3, les (CO3)2- sont liés par des Ca2 + pour former une structure rhomboédrique typique de ce minéral. Tableau montrant quelques exemples de carbonates, avec leur formule chimique, le système cristallin, la densité, la dureté les indices de réfraction et une description sommaire. R=rhomboé Utilisations des carbonate Dans le bâtiment et les travaux publics on utilise les carbonates sous forme de granulats, chaux, ciment, plâtre, tuffeau, etc. Les "carbonates pour charge" micronisés, son des produits, de broyages de craies, calcaires et marbres extrêmement purs, de très haute qualité utilisés dans diverses industrie : pharmacie, agro-alimentaire, élevage, encre, papier, peinture, plastique, adhésifs, caoutchouc sidérurgie, chimie, mélanges bitumineux. Since 01-06-2021

  • nouveau mineral|johnkoivulaite|mineralogie.club|JJ Chevallier

    Nouveau Minéral ... La Johnkoivulaite Septembre 2019 Article du GIA traduit de l'anglais par JJ Chevallier https://www.gia.edu Since 01-06-2021 " Le nouveau minéral johnkoivulaite a été nommé en l'honneur du célèbre gemmologue John Koivula, connu pour ses contributions à la recherche sur l'inclusion et à la photomicrographie. " John Koivula. Photo de Kevin Schumacher / GIA. CARLSBAD, Californie - 17 septembre 2019 - Les chercheurs du GIA ont récemment confirmé la découverte d'une nouvelle espèce minérale, la Johnkoivulaite, en l'honneur du chercheur John Koivula du GIA. Le cristal de 1,16 ct - accepté par l'Association minéralogique internationale comme nouvelle espèce minérale - a été découvert dans la vallée de Mogok au Myanmar par le gemmologue Nay Myo. Le chercheur principal du GIA, Aaron Palke, présentera le minéral récemment nommé à la conférence de la Geological Society of America (GSA) le 25 septembre à Phoenix, en Arizona. «Nous sommes privilégiés de pouvoir nommer ce minéral en l'honneur de John Koivula qui a tant contribué à la science et à l'industrie des pierres précieuses et de la bijouterie en tant que gemmologue reconnu et innovateur en photomicrographie», a déclaré Tom Moses, vice-président exécutif, directeur des laboratoires et responsable de la recherche. Les découvertes comme celle-ci nous rappellent l’importance de notre mission basée sur la recherche et les nombreuses contributions importantes que John a apportées au cours de ses travaux scientifiques, menés depuis plus de quarante ans.» La Johnkoivulaite a une structure cristalline hexagonale qui est très similaire au Beryl et à d'autres membres du groupe des Beryl, tels que la pezzottaite. Les tests gemmologiques standard ont donné un Indice de réfraction de 1,608, avec une biréfringence trop petite pour être mesurée avec précision, une densité de 3,01, une dureté de 7½, une fracture conchoïdale, un éclat vitreux et aucune réaction aux UV à ondes longues ou courtes. Ce minéral est particulièrement unique en raison du fort pléochroïsme qu’il montre du violet foncé à presque incolore lorsqu’il est observé avec une lumière polarisée. Un spécimen de ce nouveau minéral se trouve maintenant dans la collection du musée GIA, située au siège mondial de l'Institut à Carlsbad, en Californie. Since 01-06-2021 La Johnkoivulaite montre un fort pléochroïsme, allant du violet (à gauche) à presque incolore (à droite) lorsqu'elle est examiné avec une lumière polarisée. Champ de vision: 10.05mm. Photomicrographies de Nathan Renfro / GIA. John Koivula a plus de 40 ans d'expérience dans le secteur de la recherche et de la microphotographie. En 1986, Koivula a co-écrit avec Edward J. Gübelin le très populaire Photoatlas of Inclusions in Gemstones , suivi de deux autres volumes. J. Koivula a également écrit The Microworld of Diamonds et a co-écrit Geologica avec Robert Coenraads. Ses nombreuses contributions ont reçu un large succès. Il a reçu : le prix Robert M. Shipley d'AGS, le prix Antonio C. Bonanno d'AGA pour son Excellence en gemologie, le prix Richard T. Liddicoat du GIA pour ses réalisations distinguées, Il a été à la première place du concours Photomicrographic Small World de Nikon en 1984 et a été nommé parmi les 64 Personnes les plus influentes dans l'industrie du bijou au 20ème siècle. Sources : Gemological Institute of America https://www.gia.edu Since 01-06-2021

  • Plougasnou | mineralogie.club | Y Lulzac - JJ Chevallier

    Etain armoricain, le district minier de Plougasnou. L'ETAIN ARMORICAIN Par Yves LULZAC, ancien géologue minier du BRGM Article paru dans Mines & Carrières N° 196 - octobre - 2012 (Hors série) avec l'aimable autorisation de l'auteur PROVINCE NORD ARMORICAINE Retour au sommaire DISTRICT DE PLOUGASNOU Ce district se trouve en relation étroite avec le massif de granite rose de Lanmeur, intrusif dans la série basique dénommée "gabbro de Saint-Jean-du-Doigt" (Finistère). Les premiers indices de cassitérite alluvionnaire découverts au cours des prospections systématiques, ont très vite retenu l’attention par la richesse de leurs concentrations, en particulier dans le vallon du ruisseau qui prend naissance non loin du manoir de Kerprigent (commune de Saint-Jean-du-Doigt) et qui termine son cours entre les Pointes du Diben et de Primel (commune de Plougasnou). A la suite des nombreuses recherches et exploitations qui se sont succédées de 1966 à 1974, quelques vestiges d’activités minières anciennes ont été remarqués dans la partie amont du dépôt alluvionnaire, sur des terrains non inondables. Ces anciens travaux, sans continuité apparente et le plus souvent indécelables sur la surface topographique, se trahissent dans la stratigraphie alluvionnaire par l’absence du recouvrement lœssique, épais de 1 à 2 mètres, qui recouvre habituellement toutes les formations géologiques affleurantes de cette région, qu’elles se trouvent en sommet de butte ou en fond de vallon. Par endroits, le niveau alluvial, remanié et débarrassé de sa couverture de lœss, affleurait directement sous une couche de terre végétale ou de tourbe et se révélait parfois sur la surface topographique par un relief plus ou moins tourmenté, par exemple non loin du village de Saint-Georges. A l’inverse, près du village de Kergueff, ce sont des fosses remplies d‘argile charbonneuse qui occupaient une grande partie de l’horizon alluvial (Y. Lulzac, 1967). Non loin du village de Mesquéau, la découverte simultanée de nombreuses scories associées à des globules d’étain métallique, d’un amas d’épingles en laiton à tête torsadée, ainsi que de petites plaquettes d’or travaillé, démontre la présence, à proximité immédiate de ces exploitations anciennes, d’un atelier de traitement du minerai d’étain, ainsi que d’un atelier d’orfèvre, peut-être contemporain des activités minières quand on sait que l’or était présent en faibles teneurs dans ces alluvions stannifères. L’analyse du métal ayant servi à la confection des épingles a révélé un alliage de composition variable, que ce soit d’une épingle à l’autre, ou bien du corps de l’épingle à sa tête torsadée. Ceci dans des proportions variant de 67% à 70% de cuivre, 25% à 33% de zinc, de 3% à 4% de fer, ce dernier métal n’étant parfois qu’à l’état de traces ou même inexistant. Les anomalies constatées dans la stratigraphie alluviale ont ensuite été confirmées au cours de l’exploitation moderne, mais elles n’ont jamais été décrites d’une manière précise, comme cela se produit souvent sur les chantiers mécanisés. Par contre, l’on sait que la traversée de ces travaux anciens a parfois coïncidé avec un fléchissement de la production de minerai dans une proportion pouvant atteindre les 20% du potentiel prévu. Compte tenu d’une longueur cumulée de vallons exploités estimée à 2 500 mètres, d’une largeur moyenne utile d’environ 30 mètres (de 10 à 40 mètres en général), d’un niveau minéralisé épais de 0,70 mètre et d’une teneur en cassitérite récupérée de 750 g/m³, on peut évaluer à environ 40 tonnes la quantité de minerai extrait de ce district par les Anciens, soit une trentaine de tonnes d’étain métallique. Sans oublier les quelques centaines de grammes d’or qu’ils auraient pu récupérer en admettant qu’ils aient réussi à le séparer de la cassitérite malgré la difficulté de l’entreprise. Le potentiel du gisement alluvionnaire avait été évalué en 1967 à 625 tonnes de cassitérite dont seulement la moitié a pu être exploitée par la CO.MI.REN. en 1974, suite à l’opposition violente des propriétaires terriens. De plus, un traitement spécial du minerai, non prévu au moment de la mise en exploitation, a permis la récupération d’environ 8 kg de poudre d’or. Contrairement au district de Saint-Renan, l’origine de la cassitérite alluvionnaire est ici très bien connue pour avoir fait l’objet de nombreux travaux de recherches superficielles et profondes. Il s’agit d’une dizaine de filons de puissance métrique et longs de plusieurs centaines de mètres, dont le remplissage est constitué de quartz et de tourmalinites stannifères, ainsi que de sulfures souvent très abondants (arsenopyrite et chalcopyrite principalement). Ces formations stanno-cuprifères, très inhabituelles et même uniques dans le cadre du Massif Armoricain, ne sont pas sans rappeler celles des Cornouailles anglaises. Mais ici, elles sont toujours cachées et enfouies sous le recouvrement lœssique propre à cette région, et ne peuvent donc être découvertes que par des méthodes d’investigation profonde. Il n’est donc pas étonnant qu’elles aient totalement échappé au regard des anciens prospecteurs. Actuellement, on estime le potentiel représenté par ces gîtes primaires à environ 5 500 tonnes d’étain métallique et 10 000 tonnes de cuivre (Y. Lulzac, 1970). Since 04-09-2021 Retour au sommaire

  • Pétrole | mineralogie.club | JJ Chevallier

    Le pétrole est un hydrocarbure de composition complexe, c'est un élément important de l'économie mondiale, raffiné, il a de multiples utisations, carburants, gaz, napht, bitume etc., On doit le considérer comme une roche. Pétrole Pétrole Pétrole Pétrole Le pétrole est un mélange complexe d'hydrocarbures, composés principalement d'atomes de carbone et d'hydrogène, mais également d'autres éléments tels que le soufre, l'azote et l'oxygène. Le pétrole se compose de myriades de molécules variées qui doivent être séparées et modifiées chimiquement pour donner lieu à des produits utilisables. Combustible fossile, le pétrole est issu de la minéralisation, par processus thermique, de matières biologiques présentes dans certaines roches, appelées « roches-mères[1]  ». ( voir aussi à la page composés organiques) COMPOSITION Ces roches contiennent des restes fossilisés de plantes aquatiques ou terrestres, de bactéries et d'animaux minuscules qui se sont accumulés au fond d'océans, de lacs, de lagunes ou de deltas. Ces résidus organiques sont connus sous le nom de "kérogène[2] ", ils sont emprisonnés dans des milieux anaérobiques[3] , associés à des minéraux sédimentaires, donnant ainsi naissance à la "roche-mère". Pendant des millions d’années, de nouveaux sédiments vont s'accumuler, enfonçant la roche mère à des profondeurs considérables. PERMINERALISATION Entre 2 500 et 5 000 m sous l’effet de températures élevées, le kérogène se transforme (réaction de craquage[4] thermique) en pétrole liquide et en gaz. Au-delà de 5 000 m, le pétrole se transforme à son tour en gaz. Les hydrocarbures, qui sont plus légers que l’eau, remontent vers des zones de roches poreuses, appelées « roches réservoirs » ou « pièges », où ils sont emprisonnés, sous la condition que des roches imperméables (« roches de couverture ») les retiennent. Sinon, ces fluides s’écoulent à la surface, donnant naissance aux "mares" de pétrole exploitées dès l'Antiquité, comme celles observées au Moyen-Orient, au Venezuela ou encore en France. Le puy de la Poix dans l'Allier (près de Clermont-Ferrand), déjà connu des Romains, est un suintement actif de bitume, depuis plus de 2 000 ans. 1 roche-mère : une roche argileuse feuilleté, un schiste argileux. Gaz et huile de schiste sont des noms dérivés de la roche mère. 2 kérogène : (du grec signifiant « qui engendre la cire ») est la substance solide qui correspond à l'état intermédiaire entre la matière organique et les combustibles fossiles . Charbon , gaz naturel et pétrole . 3 milieu anaérobique : milieu privés d'oxygène. 4 craquage : le craquage (cracking en anglais) est, en pétrochimie, la thermolyse du pétrole et de ses dérivés liquides. L'opération consiste à casser les molécules. Source IFP énergies nouvelles UTILISATION Après raffinage, certains de ses constituants deviendront, à température et à pression ambiantes, gazeux (méthane, propane, etc.), liquides (essences, gasoil, kérosène etc.) et parfois solides (paraffines, asphaltes, etc.). Notons, que le raffinage pétrolier produit une grande partie des matières premières pour l’industrie chimique. Le plastique et les tissus synthétiques n’existeraient pas sans le pétrole. Un baril de pétrole est l’équivalent de 159 litres (42 gallons américains). Le ratio du raffinage du pétrole brut en essence est de 20%. La moitié du pétrole extrait sert au raffinage des carburants. Schématiquement on peut dire que 2 barils extraits représenteront le plein d’une voiturette, Fiat 500. Le raffinage du pétrole est une industrie d’une importance cruciale pour l’économie. Les principaux matériaux plastiques issus du raffinage du pétrole, ainsi que leurs domaines d’utilisation. PVC : Polychlorure de vinyle. Utilisé pour fabriquer des tubes rigides (gouttières, câbles électriques, cadres, fenêtres). Autrefois, il servait à la fabrication de disques vinyle. Polyéthylène basse densité : objets pour l'industrie automobile, sacs d'emballage de supermarché, films (travaux publics), tuyaux et profilés, sacs poubelles, articles injectés (ménagers et jouets), sacs congélation. Polyéthylène haute densité : récipients, tuyaux, matériaux filamenteux, produits façonnés par moulage par injection. Polytétrafluoroéthylène (PTFE) : également connu sous le nom de Teflon, est utilisé comme revêtement sur les poêles Tefal. Il trouve également des applications dans divers domaines de la chimie. Polypropylène : un matériau utilisé dans la fabrication de pièces moulées par injection pour diverses industries, telles que l’automobile, l’électroménager, le mobilier, les jouets, l’électricité, l’emballage alimentaire, les emballages divers, les câbles, les ficelles, les films, les sacs, les boîtiers de phares, entre autres. Polystyrène et les copolymères connexes (ABS) : utilisés pour diverses applications, notamment les emballages (barquettes blanches), l’isolation des bâtiments (polystyrène expansé), les stylos Bic Cristal (transparents), l’industrie automobile, l’électroménager, le mobilier (bureaux et jardins), les jouets, les bagages, les emballages pour cosmétiques, médicaments et produits alimentaires. Poly-isobutène: également connu sous le nom de « caoutchouc butyl », est utilisé dans les pneus. Polybutadiène (BR) : utilisé principalement pour la fabrication des pneus. Styrène butadiène (SBR) : caoutchouc synthétique (latex, par exemple), composé de styrène et de butadiène (élastomères). Les applications du SBR sont nombreuses, on le trouve dans les pneus, les joints, les amortisseurs, les tapis roulants, les semelles et les garnitures de pompes. Il est également utilisé dans la composition des bitumes pour rendre le revêtement plus souple. Acrylates et les méthacrylates, ainsi que le polyméthacrylate de méthyle, également connu sous l’abréviation PMMA . : applications en peintures, revêtement de surface, fibres, adhésifs, encres, verrières (vitrages caravanes, avions, bateaux), verres de lunettes, lavabos, baignoires cabines de douches. Polyamides : famille des nylons : 6-6, 6 et 11, 12. Ils sont utilisés dans une variété d'applications, notamment dans les vêtements, les pièces mécaniques de frottement, les réservoirs d’essence et les seringues. Le Kelvar tissé est utilisé dans les gilets pare-balles. Fibres et résines polyester : à partir de l'acide téréphtalique (obtenu à partir du paraxylène et de l’éthylène glycol, par exemple pour la fibre Tergal), et du polyéthylène téréphtalate (PET) pour les bouteilles. Polyuréthanes : polycondensation de diisocyanate et de diols. Exemple : ex TDI (toluène diisocyanate), MDI diphénylméthane 4-4 diisocyanate,ou HMDI (version hydrogénée) et pour les diols (PEG polyéthylène glycol, le propylène glycol, PPG). Ces matériaux ont une variété d’applications, notamment la fabrication de mousses rigides (isolation thermique et acoustique) et semi-rigides (rembourrage de meubles, coussins, selles), ainsi qu’en tant que revêtements, adhésifs, vernis, peintures, et en enduction pour les rideaux, tentures, bâches et voiles. Polycarbonate : on le retrouve dans la composition des gilets pare-balles, des casques de moto, des bouteilles, des biberons, des moulinets de canne à pêche, des verres de sécurité, des boîtiers, des feux clignotants, etc. Origine de l'unité de mesure BARIL ou BBL (barrel en anglais) L'origine du terme "barrel", abréviation BBL, remonte aux années 1860-1870, aux Etats-Unis. À cette époque, on utilisait des barils fabriqués pour d'autres industries et commerces (whisky, huile de baleine, sel, poissons, etc.) pour stocker et transporter le pétrole par train, bateau chariots. Ils avaient une contenance variant entre 30 et 50 gallons américains (de 110 à 190 litres). Afin d’assurer une plus grande uniformité, il a été décidé d'utiliser des barils de 40 gallons (151 litres). Ces fûts en bois de chêne, bien qu'ils ne soient pas totalement étanches, ont été légèrement surdimensionnés de 5 % pour garantir une livraison plus juste au client. Leur volume est ainsi passé de 40 à 42 gallons américains, soit 159 litres. Ces tonneaux ont été fabriqués par des artisans menuisiers tonneliers, leur coût était considérablement plus élevé que leur contenu. Cependant, lorsque l’industrie pétrolière a pris de l’importance, des méthodes plus adaptées (oléoducs, citernes) ont été utilisées, tout en conservant la même unité de mesure. En vérité, une fois que l'équivalence "1 baril équivaut à 42 gallons" est devenue une norme universellement acceptée, la majorité du pétrole n'était déjà plus acheminée de cette manière. Le double "b" de l'abréviation("bbl" et non " bl") viendrait du "b" de blue barrels, semble-t-il parce que la « Standard Oil of California » utilisait des barils bleus pour les différencier de ceux des autres compagnies, et pour les différencier des autres barils dont ceux de whisky. LE PETROLE DANS LE MONDE Il existe environ 30 000 gisements rentables, allant de quelques dizaines à quelques centaines de kilomètres carrés. Parmi ceux-ci, on distingue 450 à 500 gisements "géants" (dont les réserves excèdent 70 millions de tonnes), dont une soixantaine de "super-géants" (dont les réserves dépassent 700 millions de tonnes). Ces gisements se trouvent dans le monde entier, mais ils sont très inégalement répartis : 60 % des "super-géants" sont situés au Moyen-Orient, et ils représentent 40 % des réserves prouvées de la planète. Les 2/3 des réserves mondiales de pétrole sont concentrées au Moyen-Orient. Les réserves prouvées, un concept crucial. Étant donné que le pétrole n’est pas une source d’énergie renouvelable, l’évaluation des réserves est cruciale. Les réserves représentent la quantité de pétrole qui peut être extraite à partir de gisements déjà exploités ou sur le point de l’être, compte tenu des contraintes techniques et financières actuelles. Les réserves prouvées représentent la quantité de pétrole dont l'existence est avérée et dont la probabilité de récupération, compte tenu des données disponibles, des méthodes d'extraction et des conditions économiques, est d'au moins 90 %. En général, seulement 35 % du pétrole contenu dans un gisement peut être extrait. De nouvelles techniques d’extraction peuvent permettre d’accroître les réserves ; elles peuvent être rentables si le prix du baril est élevé. Le pétrole offshore Les plaines sous-marines recouvertes d’une couche de sédiments peu profonde, c’est-à-dire ne dépassant pas 500 mètres, occupent une surface impressionnante de 30 millions de kilomètres carrés, comparable à celle du continent africain. Ces zones abritent une proportion considérable des ressources et de la production mondiales actuelles, représentant environ 30 % de la production globale et 20 % des réserves. Par conséquent, l’exploitation pétrolière en eaux profondes revêt une importance cruciale pour assurer notre approvisionnement énergétique. L'exploitation en eaux très profondes, soit à une distance supérieure à 1 000 mètres sous la surface, a bénéficié récemment de progrès significatifs sur le plan technologique. Malgré ces avancées, cette forme d’extraction demeure extrêmement ardue et onéreuse, car les objectifs d'exploration sont constamment repoussés vers des profondeurs toujours plus grandes et des environnements toujours plus difficiles. Les trois plus grands pays producteurs de pétrole offshore sont l’Arabie saoudite, les États-Unis et la Russie.

  • géologie|glossaire volcan|tunnel de lave|JJ Chevallier

    Les tunnels de laves avec photos. Partager RETOUR SOMMAIRE GLOSSAIRE Tunnel de lave, tube de lave : Relief en creux, voûte dû à la solidification de la lave au pourtour intérieur d'une coulée de basalte. Un tunnel se forme dans des coulées de lave fluide de type pahoehoe , sous la surface qui se refroidit ou par écoulement sous une croûte déjà solidifiée. Tunnel de lave au Piton des neiges, Réunion. RETOUR SOMMAIRE GLOSSAIRE

  • mineralogie.club|téléchargements utiles|JJ Chevallier

    Des téléchargements de logiciels très utiles et sans problèmes, testés par mes soins depuis de' nombreuses années. TELECHARGEMENTS UTILES Partager Sur cette page je vous propose des liens vers des téléchargements d'utilitaires ou applications utiles et sans danger pour votre ordinateur. J'utilise personnellement ces applications depuis de très nombreuses années. Je vous recommande de toujours télécharger les logiciels depuis le site de leur éditeur afin d'éviter tous problèmes. En effet de nombreux sites proposent des téléchargements de logiciels mais y ajoutent très fréquemment d'autres logiciels douteux qui se chargent en arrière plan. Adobe Acrobat Reader Logiciel entièrement gratuit pour enregistrer, lire et ou imprimer les fichiers PDF, il comporte certaines options gratuite tel la possibilité de remplir un questionnaire avant de l'imprimer. Téléchargement Adobe Acrobat Reader DC GRATUIT Lorsque vous allez cliquer sur le logo d'Adobe Acrobat REader, la page qui va s'ouvrir vous proposera en plus de télécharger deux autres applications : McAfee Security Scan Plus McAfee Safe Connect Je vous déconseille de les télécharger ce sont des versions limitées que vous devrez ensuite activer moyennant finance. Leur utilité n'est pas indispensable. VLC Media Player Lecteur multimédia le plus utilisé dans le monde, il est multiplateforme et peut même réparer des fichiers médias légèrement endommagés. GRATUIT. Téléchargement GRATUIT VLC media player (VLC) A l'origine "VideoLAN Client" est un lecteur multimédia libre issu du projet VideoLAN6. Ce logiciel est multiplateforme puisqu'il fonctionne sous Windows, toutes les tendances GNU/Linux, BSD, OS X, iOS, BeOS, Solaris, Android, QNX et Pocket PC soit en tout près de 20 plateformes. Il est distribué sous licence GNU GPL. Peut tout lire - Fichiers, disques, webcams, périphériques et flux. Lit la plupart des codecs, sans paquets de codecs nécessaires - MPEG-2, MPEG-4, H.264, MKV, WebM, WMV, MP3... Fonctionne sur toutes les plate-formes. - Windows, Linux, Mac OS X, Unix, iOS, Android ... Complètement gratuit - pas de logiciel espion, ni publicité, ni suivi d'utilisateur. Il se montre par ailleurs très tolérant avec les flux légèrement endommagés, allant jusqu'à les réparer de son mieux. VLC est en 2018 l'un des principaux lecteurs multimédias, utilisé par des centaines de millions de personnes dans le monde. Mozilla Firefox C'est un navigateur web libre et gratuit, développé et distribué par la Mozilla Foundation avec l'aide de milliers de bénévoles grâce aux méthodes de développement du logiciel libre/open source et à la liberté du code source. Il est très sécurisé et ne cherche pas à vous espionner. Téléchargement Mozilla Firefox GRATUIT Mozilla Thunderbird Un logiciel pour rendre votre messagerie plus facile. Thunderbird est une application de messagerie facile à configurer et à personnaliser. Elle comporte de nombreuses fonctionnalités très pratiques ! Il est très sécurisé et ne cherche pas à vous espionner. Téléchargement Mozilla Thunderbird GRATUIT Mail Washer Un logiciel pour faire le ménage dans les courriels et trier les SPAM. Le leader dans les logiciels de filtre anti-spam, et la meilleure façon de vérifier et gérer vos e-mails avant de les télécharger sur votre ordinateur. Plus de 20 millions de personnes utilisent MailWasher comme filtre anti-spam! MailWasher est libre et n'expirera jamais. Il fonctionne avec Outlook, Outlook Express, Incredimail, Thunderbird, Windows Live Mail, GMail, Hotmail, Yahoo, EM Client et tout autre programme de messagerie. Utilisez ce puissant logiciel de blocage de spam pour arrêter efficacement le spam e - mail. Découvrez le moyen sûr d'arrêter les e-mails indésirables avant qu'ils arrivent à votre ordinateur. Pas de gimmicks ici, il est si facile à configurer et à utiliser que vous gérerez votre e - mail comme un pro en quelques secondes. Il peut même être utilisé comme un outil de confidentialité efficace car les spammeurs ne peut pas dire si vous avez lu votre e-mail dans MailWasher. Je pense que vous trouverez que c'est le moyen le plus facile et le plus efficace pour gérer vos e-mails entrants et arrêter les spam. Vous serez étonné de la rapidité avec laquelle vous aimerez son utilisation. Téléchargez la version d'essais gratuite. Si vous êtes convaincu vous pourrez acheter une version "à vie" et ses mises à jours régulières. Téléchargement MAIL WASHER

  • Bécon les Granits | mineralogie.club | Y Lulzac - JJ Chevallier

    Etain armoricain, le district minier de bécon les Granits. L'ETAIN ARMORICAIN Par Yves LULZAC, ancien géologue minier du BRGM Article paru dans Mines & Carrières N° 196 - octobre - 2012 (Hors série) avec l'aimable autorisation de l'auteur PROVINCE SUD ARMORICAINE Retour au sommaire DISTRICT DE BECON LES GRANITS Quelques indices de cassitérite alluvionnaire ont été découverts sur la bordure nord-ouest du massif granitique hercynien de Bécon, non loin du granite cadomien de Saint-Jean-des-Marais qui lui est contigu. Les niveaux de concentration en "lit vif" dépassent rarement les 100 g/m³, et ces indices n’ont pas franchi le stade de la prospection stratégique. On ignore donc le potentiel stannifère du niveau alluvial profond. Des éboulis de quartz minéralisé en cassitérite et sulfures divers ont, depuis longtemps, été signalés sur ce district, au lieu-dit "la Hutte" à 800 mètres au nord du bourg de Beaucouzé, ainsi qu’au village de Boisrouzé à 800 mètres au nord-ouest du site précédent (Abbé Jousteau, 1892). Ils sont localisés à 4 ou 5 km à l’est de la terminaison orientale du massif granitique hercynien, en situation très excentrée par rapport aux principaux indices alluvionnaires qui ont plutôt tendance à se grouper en bordure du massif granitique cadomien. Retour au sommaire

  • Orage volcanique | mineralogie.club

    Phénomène électromagnétique dans et autour du panache d'une éruption volcaniqque. Partager RETOUR SOMMAIRE GLOSSAIRE Orage volcanique Un orage volcanique correspond à une libération soudaine d’électricité au sein, et aux abords, d’un nuage de poussières et cendres et/ou de gaz émis par un volcan. Ces masses de particules en suspension deviennent généralement chargées électriquement, donnant lieu à l’apparition fréquente de coups de foudre impressionnants. Depuis 2019, une nouvelle théorie de formation a émergé à la suite des mesures effectuées par un ballon ayant survolé une éruption du Stromboli sans émission de particules, cendres ou poussière. Une charge électrique significative a pu être mesurée dans les nuages volcaniques exclusivement composés de gaz, sans la présence de cendres ou poussières détectables. L'ionisation des gaz, induite par la radioactivité naturelle du radon émis par le volcan créeraient ce phénomène électromagnétique Il est probable qu’il puisse y avoir eu, sur notre planète, une contribution significative de ces décharges électriques à la formation de molécules organiques. Les décharges électromagnétiques observées dans orages volcaniques auraient pu constituer une ressource abondante en nitrates, contribuant ainsi aux premières formes de vie sur Terre. RETOUR SOMMAIRE GLOSSAIRE

  • Minéralogie passion | Sénégalite | mineralogie.club

    Plus qu'un réseau social un outil de publication et de partage de la connaissance. Minéralogie passion une page Facebook pour les passionnés de beaux cailloux qui veulent en savoir plus et en voir plus en partageant. SENEGALITE MUSÉE "Minéralogie Passion" "Minéralogie Passion" est une page Facebook rejoignez l a! La Sénégalite est un minéral très rare, des zones d’oxydation, un phosphate d'aluminium contenant de l'eau avec des ions hydroxyde supplémentaires. C’est un minéral supergène que l’on trouve dans les gisements de minerai de fer, en particulier dans l'environnement latéritique riche en aluminium. Il forme des agrégats, de cristaux bien développés, jusqu'à 3mm. Les cristaux de Sénégalite reposent sur une croûte de Turquoise et sont souvent accompagnés d'Augélite, de Variscite, de Wavellite et de Crandallite . La Sénégalite est l'analogue le plus pauvre en eau de la Bolivarite plus riche en eau , Al 2 (PO 4 )(OH) 3 •4–5H 2 O. L'Augélite , Al 2 (PO 4 )(OH) 3 , est chimiquement la forme anhydre analogue de la Sénégalite. Elle fut découverte, au Sénégal en 1974 et décrite en 1975 par Zdeněk Johan (1935-2016), à l’époque chercheur au BRGM, d’origine tchèque. C’est dans le gisement de minerai de fer, magnétite, de Kouroudiako, vallée de la rivière Falémé, qu’elle a été découverte. La Sénégalite a été reconnue comme espèce minérale en 1975 par l' Association minéralogique internationale (IMA). Zdeněk Johan (1935-2016) Etymologie d’après le nom du pays de découverte le Sénégal. l’échantillon type est conservé à l’Ecole Nationale Supérieure des Mines, Paris, France. Le gisement de fer de Kouroudiako, situé dans la vallée de la Falémé, au Sénégal oriental, constitue la localité type de la Sénégalite, phosphate d’aluminium décrit en 1976. Au cours des activités du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) au Sénégal , un gisement de fer a été découvert sur le mont Kourou Diakouma (Kouroudiako), dans le chapeau de fer duquel des lentilles limoniteuses avec d'importantes des teneurs en phosphore ont été trouvées. Gisements du Brésil : Tous les autres points de découverte se trouvent au nord du Brésil . Il s'agit notamment du gisement de phosphate de Serra do Pirocaua près de l'embouchure de la rivière Maracaçumé à Godofredo Viana , Maranhão ; le gisement de minerai de fer "Mina da Jangada" à Brumadinho dans le Minas Gerais ; et le gisement de latérite protérozoïque contenant des métaux de terres rares du complexe alcalin "Maicuru" à Monte Alegre et le gisement "Morro do Cansa-Perna" à Cachoeira do Piriá , tous deux à Pará Les cristaux de Sénégalite atteignant jusqu'à 3 mm de large provenant du gisement "Pirocaua" au Brésil se sont développés sous une forme tabulaire mince suivant le pinacoïde {010}. Dans la Mina da Jangada, les cristaux de Sénégalite atteignent des tailles de 0,5 mm. En raison de sa rareté, la Sénégalite est un minéral recherché parmi les collectionneurs de minéraux, Cristal de Sénégalite incolore, mont Kouroudiako, Saraya, bassin de Falémé, Tambacounda, Sénégal. Sénégalite sur turqoise et limonite, mont Kouroudiako, Saraya, bassin de Falémé, Tambacoun, Sénégal. Sénégalite sur turqoise, mont Kouroudiako, Saraya, bassin de Falémé, Tambacounda, Sénégal. Sénégalite et Variscite, mont Kouroudiako, Saraya, bassin de Falémé, Tambacounda, Sénégal. Sénégalite incolore sur turqoise et limonite, mont Kouroudiako, Saraya, bassin de Falémé, Tambacounda, Sénégal. Sénégalite sur turqoise et crandallite, mont Kouroudiako, Saraya, bassin de Falémé, Tambacounda, Sénégal. Sénégalite sur turqoise, mont Kouroudiako, Saraya, bassin de Falémé, Tambacounda, Sénégal. Sénégalite, mont Kouroudiako, Saraya, bassin de Famélé, Tambacounda, Sénégal. Sénégalite verte sur Planerite, mont Kouroudiako, Saraya, bassin de Falémé, Tambacounda, Sénégal. Sénégalite sur turqoise, mont Kouroudiako, Saraya, bassin de Falémé, Tambacounda, Sénégal. Sénégalite sur turqoise, mont Kouroudiako, Saraya, bassin de Falémé, Tambacounda, Sénégal. Sénégalite sur turqoise, mont Kouroudiako, Saraya, bassin de Falémé, Tambacounda, Sénégal. Sénégalite sur turqoise et crandallite, mont Kouroudiako, Saraya, bassin de Falémé, Tambacounda, Sénégal. Sénégalite sur turqoise et crandalite, mont Kouroudiako, Saraya, bassin de Falémé, Tambacounda, Sénégal. Sénégalite et Augelite, mont Kouroudiako, Saraya, bassin de Falémé, Tambacounda, Sénégal. Sénégalite et Augelite, mont Kouroudiako, Saraya, bassin de Falémé, Tambacounda, Sénégal. Sénégalite et Augelite, mont Kouroudiako, Saraya, bassin de Falémé, Tambacounda, Sénégal. Sénégalite jaune pâle à orangé sur Turquoise, mont Kouroudiako, Saraya, bassin de Falémé, Tambacounda, Sénégal. Sénégalite sur Turquoise et Crandallite, mont Kouroudiako, Saraya, bassin de Falémé, Tambacounda, Sénégal. Croûte de sénégalite sur matriceincnnue, Mine de Jangada, Brumadinho, Minas Gerais, Brésil. Sénégalite, mine Jangada, Brumadinho, Minas Gerais, Brésil. Sénégalite, mine Jangada, Brumadinho, Minas Gerais, Brésil. Sénégalite sur Turqoise, mont Kouroudiako, Saraya, bassin de Falémé, Tambacounda, Sénégal. Clic pour agrandir... Mon ami et mentor, Yves Lulzac, ancien ingénieur géologue minier au BRGM, était présent dans la région de Kouroudiako où il était responsable de la recherche de l'Or, au Sénéral lors de la découverte de la Sénégalite. Qui mieux que lui pourrait nous narrer cette découverte ? La Sénégalite du Mont Kouroudiako. Sénégal oriental. Historique de la découverte. C’est en 1974 que fut remarquée pour la première fois au sommet du mont Kouroudiako, à environ 300 mètres d’altitude, une petite formation filonienne composée principalement de Turquoise associée à un minéral finement cristallisé, incolore ou jaunâtre très clair, dont la nature restait indéterminée. Cette découverte, due à l’équipe du BRGM en charge de l’étude des gisements de fer de cette région du Sénégal oriental, dont celui du mont Kouroudiako, fut à l’origine d’une étude détaillée conduite par le minéralogiste Zdenek Johan en charge du laboratoire du BRGM à Orléans. Cette étude démontra qu’il s’agissait d’un minéral nouveau qui fut agréé par un vote de l'IMA, l’Association Internationale de Minéralogie, en date du 9 avril 1975. Par 17 voix contre deux, ce vote officialisait également le nom de Sénégalite bien que, primitivement, il avait été suggéré sous le nom de Falémite, tiré du bassin de la rivière Falémé délimitant la frontière avec le Mali. Peu après, Z. Johan publia l’étude de ce minéral nouveau dans la revue Lithos, 1976, 9, pages 105 à 171. La même année, en décembre 1975 plus exactement, une équipe du BRGM responsable de l’étude des gîtes aurifères du district de la Daléma, non loin du mont Kouroudiako, consacra deux journées à récupérer le maximum de ce nouveau minéral dans le cadre du Service de Conservation des Espèces Minérales (SCEM). Ceci afin d’organiser des échanges destinés à enrichir la belle collection de l’Ecole des Mines de Paris. A cette époque, l’accessibilité du gîte à Sénégalite n’était pas des plus aisée, car dépourvue de voies d‘approche faciles au milieu d’une végétation de bambous desséchés. De plus, l’encaissant du gîte, formé principalement de magnétite plus ou moins massive, ne facilitait guère l’extraction d’échantillons de tailles convenables. Carte de situation du gisement de Sénégalite dans la région de la vallée de la rivière Falémé et des collines de Kouroudiako dans le Sénégal oriental près de la frontière du Mali. Cliquez l'image pour l'agrandir en pleine page. Contexte géologique. Le mont Kouroudiako fait partie d’un ensemble de collines ferrifères grossièrement alignées sur une extension d’environ 50 kilomètres selon une orientation nord-sud et à environ 13 kilomètres maximum à l’ouest de la rivière Falémé. Du nord au sud, les 4 principaux gîtes connus actuellement se nomment Karakaene, Kouroudiako, Bambadji et Koudekourou. En général ils prennent l’allure de collines d’environ 300 mètres d’altitude constituées principalement de magnétite parfois peu transformée en hématite ou en goethite. La base de ces collines est entourée d’accumulations de blocs de tailles diverses formés de minerai de fer cimenté par de la latérite. Cet ensemble porte le nom de « canga ». Ces gîtes ferrifères sont en liaison plus ou moins étroite avec un massif granitique nommé granite de Bambadji, lui-même situé à l’est de l’important massif granitique de Saraya. Les roches encaissant ce granite de Bambadji sont principalement constituées de micaschistes, de cornéennes, d’amphibolites et de calcaires métamorphiques, l’ensemble étant en relation souvent très complexe, c’est généralement en liaison avec ces roches carbonatées que semble se localiser la plupart des amas ferrifères. D’où des formations d’allure skarnoïde dans lesquelles, en plus du fer oxydé, on note la présence de fer sulfuré (2 à 10%) et de cuivre sous forme de chalcopyrite (1 à 3% de Cu). Ce caractère polymétallique se vérifie également par la présence à l’analyse d’arsenic et de cobalt. Yves Lulzac présente l'une des plus impressionnantes Sénégalite de sa collection, qu'il a lui même récoltée en 1975. L’existence de ces gîtes ferrifères était connue depuis fort longtemps de la population locale qui utilisait cette magnétite pour confectionner des petits objets taillés. Dont des petites haches, lesquelles sont toujours utilisées actuellement dans le but d’améliorer certaines pratiques agricoles. Mais c’est depuis 1937 (date de la notice géologique de la feuille de Kita Ouest) que la présence de minerai de fer au Sénégal oriental a été connue en France, et c’est à partir de 1956 que le BRGGM (puis le BRGM après 1961) réalisa d’importantes recherches par travaux miniers (galeries à flanc de coteau) et sondages carottés, afin de vérifier le potentiel économique de ces gisements. Le phosphore est un élément délétère majeur dans le minerai de fer où il se présente sous forme d'apatite primaire dans le minerai hypogène, et adsorbé dans les hydroxydes de Mn, Fe et formant des phosphates secondaires dans le minerai supergène. Des minéraux secondaire se sont formés au cours d'une longue histoire d'altération de l'Itabirite* et du minerai de fer hypogène dans le Quadrilátero Ferrífero (QF)**, en cours depuis la fin du Crétacé (~70 Ma). La distribution et la genèse de ces phosphates secondaires sont peu documentées dans la littérature. La Turquoise, l'Augélite et la Sénégalite constituent l'essentiel des phosphates secondaires. Concrétions phosphorifères abritant de rares minéraux Al-phosphates secondaires Sénégalite (Al2 (PO4 )(OH)3 ·3H2O) ; Augélite (Al12 (PO4 )(OH)3 ) ; Turquoise (Cu(Al, Fe3 + )6 (PO4 )4 (OH)8 ·4H2 O). se produisent localement dans les cavités et les fractures du minerai de fer des mines Itatiaiuçu et Jangada, dans la partie ouest de la Serra do Curral, QF (Martins et al., 2005, Nunes, 2009). Les minéraux Aluminium-phosphate-sulfate (APS) sont abondants dans les environnements altérés, en particulier dans les profils de sol latéritique-kaolinitique formés dans des conditions acides et oxydantes (Costa et al., 2016, Dill, 2001, Salama, 2014, Weihrauch et Opp, 2018) . Cependant, l'assemblage turquoise-Augélite-Sénégalite est très rare, avec une seule mention dans la littérature (gisement de fer de Komondiako dans le bassin de la rivière Falcome à l'est du Sénégal, Afrique ; (Johan, 1976, Keegan et al., 1979). Malgré la rareté de ses minéraux Aluminium-phosphate, la présence du QF est mal documentée et mal étudiée. Nunes, 2009, Nunes et al., 2012 ont étudié la flottation des minéraux Al-phosphate, tandis que Frost et al. (2013) ont étudié la structure moléculaire de la Sénégalite obtenue dans un échantillon de minerai de fer de la mine Jangada. Les concrétions contenant du phosphore dans cette étude ont été échantillonnées dans les zones de fracture de l'Itabirite et du minerai de fer situées dans la section sud-ouest de la Serra do Curral, QF, Brésil. Le gisement de fer de Kouroudiako, situé dans la vallée de la Falémé, au Sénégal oriental, constitue la localité-type de la Sénégalite, phosphate d’aluminium décrit en 1976. *Itabirite : Schiste ferrifère à oligiste. **Quadrilátero Ferrífero est une région située dans l’État du Minas Gerais , dans le centre-sud du pays, qui est le plus grand producteur national de minerai de fer brut . Terme repris sous QF pour d’autres gisements ferrifères importants . SOURCES Littérature Yves Lulzac Archives JJ Chevallier Internet Mindat Wikipédia

  • géologie|glossaire volcan|solfatare|JJ Chevallier

    Description de solfatare et photo. Partager RETOUR SOMMAIRE GLOSSAIRE Solfatare : [de l'italien "solfo" : soufre] Fumerolle sulfureuse qui donne des dépôts de soufre par réaction avec l'oxygène de l'air, voir évent, fumerole. Solfatare situé à proximité de la ville de Pouzzoles, à l'ouest de Naples. RETOUR SOMMAIRE GLOSSAIRE

  • Piriac | mineralogie.club | Y Lulzac - JJ Chevallier

    Etain armoricain, le district minier de Piriac. L'ETAIN ARMORICAIN Par Yves LULZAC, ancien géologue minier du BRGM Article paru dans Mines & Carrières N° 196 - octobre - 2012 (Hors série) avec l'aimable autorisation de l'auteur PROVINCE SUD ARMORICAINE Retour au sommaire DISTRICT DE PIRIAC Situé en bordure de mer, il est strictement subordonné au petit massif granitique de Guérande (Loire Atlantique). Bien connu pour les tentatives d’exploitation qui s’y sont succédées entre 1830 et 1929, ce district comprend un réseau lâche de lentilles et filons quartzeux montrant des cristaux assez gros, mais peu nombreux, de cassitérite souvent accompagnée de sulfures divers ainsi que de béryl. Certains de ces filons affleurent naturellement sur l’estran rocheux situé à environ 1 km au sud de la Pointe de Piriac, non loin d’un gros rocher nommé " Tombeau d’Almanzor " (Pointe de Pen ar Ran) où ils ne peuvent échapper au regard. Pourtant ces filons ne semblent pas avoir retenu l’attention car ils ne portent aucune trace superficielle d’exploitation ancienne ou moderne. L’explication de ce manque d’intérêt apparent serait à rechercher dans la trop grande proximité du rivage, et surtout dans le contexte encaissant non altéré et difficile à extraire. Cependant, l’on sait que des puits et des galeries de recherche y ont été effectués à l’époque moderne, travaux qui n’ont d’ailleurs jamais conduit à une véritable exploitation. Il n’en est pas de même pour les petits dépôts alluvionnaires situés non loin de ces filons affleurants et qui furent exploités d’une manière épisodique jusqu’en 1929. On ne sait avec certitude si ces travaux rencontrèrent des traces d’exploitations plus anciennes, bien qu’il serait permis de le penser puisque des scories associées à des globules d’étain métallique y auraient été signalées. Il en est de même pour ce qui concerne les sables de plage, d’ailleurs toujours bien minéralisés à l’heure actuelle, qui auraient été exploités au sud de Pen ar Ran et de Lerat. La quantité totale de cassitérite extraite à l’époque moderne, que ce soit en alluvions ou en gîtes primaires, se chiffrerait à une trentaine de tonnes (J. Meloux, 1963). Since 24-09-2021 Retour au sommaire

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    Coup d’œil sur les synthèses, imitations et traitements appliqués sur les pierres taillées de joaillerie. par Y. Lulzac AVANT-PROPOS. Combien de fois les membres du Centre de Recherche Gemmologique de Nantes n'ont-ils pas entendu cette angoissante question dans le cadre d'un quelconque salon minéralogique : « la pierre ornant cette bague, est-elle vraie ou fausse ?... » Bien que souvent posée sur le mode badin, pour de nombreuses personnes cette question peut être angoissante car sous-entendant de grosses sommes d'argent éventuellement disponibles en cas d'extrême nécessité. Malheureusement, dans beaucoup trop de cas, la réponse est négative, provoquant chez le propriétaire de la pierre, soit une grande tristesse, soit un doute sur la qualité d'une expertise très souvent sujette à caution à cause de sa gratuité. Expertise que l'on s'empressera donc de vérifier, soit chez le "bijoutier de famille", soit dans un laboratoire d'expertise lequel, bien sûr, fera payer sa prestation à un prix qui pourra dépasser la véritable valeur de la pierre. Les gemmologues du CRG au travail à Sainte Marie aux Mines, lors du Salon International de minéralogie et gemmes. Années 2000 Il peut paraître étonnant que tant de pierres "anciennes" soient "fausses" alors qu'on à tendance à imaginer les époques passées exemptes de telles marchandises. Pourtant la fabrication, par exemple de verre teinté en imitation de pierres naturelles, ne date pas d'aujourd'hui puisqu'elle se pratiquait depuis la très haute Antiquité. Il est vrai qu'autrefois on accordait plus d'attention à la couleur d'une pierre plutôt qu'à sa nature. Ce qui ne semble pas être toujours le cas à l'heure actuelle. Mais pour autant peut-on reprocher, par exemple, aux souverains d'Angleterre d'arborer un spinelle rouge plutôt qu'un rubis birman sur leur couronne impériale ? A l'heure actuelle, la véritable nature des pierres vendues sur les marchés, les marchés exotiques plus particulièrement, pose de nombreuses interrogations, que ce soit dans le domaine des pierres de synthèse ou dans celui des améliorations ou traitements au point que, dans certains cas, le matériel standard du gemmologue ne suffit plus pour résoudre certains problèmes particuliers. Néanmoins, avec un peu d'expérience et du bon matériel classique de gemmologie, il est possible de se faire une idée précise sur la qualité de la plupart des pierres en circulation de par le monde. On fera donc ici un rapide tour d'horizon sur les diverses manipulations que l'on peut pratiquer à l'heure actuelle sur les pierres de joaillerie. La plupart de ces manipulations ayant été évoquées également dans les ouvrages cités en bibliographie. Seules seront considérées ici les pierres dites « de couleur », c'est-à-dire autres que le diamant bien que ce dernier puisse aussi être coloré. Il s'agira donc de ce que l'on dénomme communément les "fausses pierres" étant entendu que les "vraies pierres" sont des pierres naturelles dont la couleur est d'origine et sur lesquelles les seules interventions humaines ne se limitent qu’à une action de taille et de polissage. 1- Les pierres de synthèse, c'est-à-dire les pierres ayant la même composition chimique que les pierres naturelles mais qui ont été élaborées par l'homme. On connaît les procédés suivants : 1-1- La fusion à haute température pour ce qui concerne les corindons (saphirs de différentes couleurs ou rubis) ou les spinelles, et qui est actuellement le procédé le plus connu et le moins onéreux. Le principe consiste à projeter de la poudre d'alumine dans la flamme d'un chalumeau. L'alumine fond et se dépose sur un germe animé d'un mouvement de rotation. Il se forme un corindon cristallisé mais qui portera l'empreinte de son mode particulier de fabrication. Ces particularités non naturelles pourront se manifester sous forme de "stries de croissance" ou autres anomalies optiques qui aideront à distinguer ces synthèses des pierres naturelles. Ce procédé, appelé synthèse Verneuil du nom de celui qui l'a mis au point dès 1891, est toujours utilisé à grande échelle puisque l'on évalue à environ 200 tonnes la quantité de pierres produites annuellement de par le monde, entre autres dans les Alpes françaises et suisses. Au début du vingtième siècle, on peut penser que la vente de ces pierres réalisée en première main devaient se faire en toute honnêteté et à des tarifs évidemment très inférieurs à ceux des pierres naturelles. Mais on ignore les conditions exactes des ventes en seconde main et il est certain que des négociants peu scrupuleux ne se sont pas privés de commercialiser des pierres de synthèse de peu de valeur au prix des pierres naturelles de qualité supérieure. Il est évident que la qualité exceptionnelle de ces synthèses Verneuil peut paraître suspecte, aussi est-il possible de leur donner un cachet plus naturel en les soumettant à un choc thermique qui provoquera la formation d’imperfections telles que des micro fractures ou des givres. 1-2- La voie hydrothermale qui se rapproche le plus des conditions naturelles de formation mais dont la mise en œuvre est plus délicate. Ce procédé utilise des autoclaves dans lesquels on met en solution aqueuse, à haute température, des éléments de base qui cristalliseront dans certaines conditions de pression et de gradient thermique. Dans ce cas, les pierres, les corindons et les émeraudes en particulier, montreront aussi certaines particularités dont des inclusions spécifiques ou des anomalies optiques. Ce procédé est également très employé pour produire du quartz, coloré ou non, qu'il n'est pas toujours aisé de distinguer des naturels 1-3- La dissolution anhydre qui permet de faire cristalliser des corindons et des émeraudes à haute température dans un milieu dépourvu d'eau. Là aussi, les pierres issues d'un tel traitement montreront des inclusions et des anomalies optiques rarement ou jamais rencontrées dans la nature. Pour ce qui concerne les émeraudes, ce procédé a été largement développé à partir de 1940 (procédé américain Chatham), et ensuite repris en 1964 (procédé français Gilson). 1-4- La sédimentation en phase aqueuse qui permet de réaliser des opales nobles dont la composition chimique, légèrement différente de celle des pierres naturelles, la positionne à la limite des imitations. Ce procédé a été développé en France par Gilson dès 1974. Bibliographie scientifique Nassau, K. (1980). Gems Made by Man. Chilton Book Company. Ouvrage fondamental sur la synthèse artificielle des gemmes et leurs bases physico‑chimiques. Nassau, K. (1994). Synthetic Gems. Gemological Institute of America. Référence détaillée sur les procédés industriels et les critères d’identification. Schumann, W. (2009). Gemstones of the World. Sterling Publishing. Données minéralogiques et optiques comparatives entre gemmes naturelles et synthétiques. Webster, R. (1994). Gems: Their Sources, Descriptions and Identification. Butterworth‑Heinemann. Ouvrage classique en gemmologie, largement utilisé dans l’enseignement supérieur. Crowningshield, R. (1966). “Synthetic Emeralds”. Gems & Gemology, 12(8), 235‑246. Article clé décrivant les premières productions commerciales d’émeraudes synthétiques. Synthèse artificielle de l’émeraude : évolution historique et principes physico‑chimiques L’émeraude, variété verte du béryl (Be₃Al₂Si₆O₁₈), doit sa coloration principalement à la présence de chrome et, dans certains cas, de vanadium. La complexité de sa structure cristalline et la spécificité de sa composition chimique expliquent les difficultés rencontrées historiquement pour sa reproduction artificielle. Les premières synthèses documentées d’émeraudes remontent au milieu du XIXᵉ siècle et s’inscrivent dans le contexte plus large des recherches sur la cristallogenèse et les équilibres chimiques à haute température. En 1848, le chimiste français Jacques‑Joseph Ebelmen, alors directeur de la Manufacture nationale de Sèvres, réalise les premières émeraudes synthétiques connues. Son approche repose sur un procédé de dissolution anhydre, fondé sur la cristallisation à pression atmosphérique d’un système silicaté fondu. Dans ce procédé, des silicates alcalins sont obtenus par attaque basique, puis enrichis en éléments constitutifs du béryl, notamment le béryllium et l’aluminium, ainsi qu’en éléments chromophores responsables de la couleur verte. La cristallisation se produit lors du refroidissement lent du milieu fondu, permettant l’organisation progressive du réseau cristallin. Les cristaux produits par Ebelmen demeurent cependant de dimensions micrométriques à millimétriques, ce qui limite leur intérêt gemmologique. Au début du XXᵉ siècle, des améliorations techniques — notamment le contrôle plus précis de la composition chimique et des gradients thermiques — permettent d’augmenter la taille des cristaux jusqu’à l’échelle centimétrique. Toutefois, ces avancées restent confinées à un cadre expérimental et ne débouchent pas immédiatement sur une production industrielle viable. Le véritable tournant intervient au début des années 1950 avec les travaux de Carroll Chatham, qui perfectionne la méthode de dissolution anhydre en utilisant un flux alcalin fondu à sec. Ce milieu agit comme solvant à haute température pour les oxydes constitutifs du béryl et favorise une croissance cristalline plus homogène et plus stable. Le procédé de Chatham permet la production de cristaux de taille suffisante pour un usage en joaillerie et marque le début de l’industrialisation de l’émeraude synthétique. Parallèlement, une seconde voie de synthèse se développe au début des années 1960 : la croissance hydrothermale, mise en œuvre notamment par la société Leichleitner. Cette méthode, déjà éprouvée pour le quartz, le rubis et le saphir, repose sur la solubilisation des constituants du béryl dans une solution aqueuse portée à haute température (généralement entre 500 et 700 °C) et sous forte pression. Un germe cristallin, constitué d’aigue‑marine naturelle ou de béryl synthétique, est placé dans le réacteur. La solution, enrichie en chrome ou en vanadium, circule dans l’autoclave et permet la croissance épitaxiale d’une couche d’émeraude autour du noyau initial. Ce procédé reproduit, à une échelle accélérée, certains mécanismes naturels de formation des émeraudes en milieu géologique. À l’heure actuelle, la production d’émeraudes synthétiques repose essentiellement sur ces deux techniques, la dissolution anhydre demeurant la plus largement utilisée pour des raisons de coût, de rendement et de maîtrise industrielle. Contrairement aux rubis et aux saphirs synthétiques, qui présentent souvent une très grande pureté cristalline, les émeraudes synthétiques contiennent fréquemment des inclusions fluides, des zonations de croissance et des discontinuités structurales, communément désignées sous le terme de jardin. Ces caractéristiques visuelles, proches de celles observées dans les émeraudes naturelles, expliquent leur bonne acceptation sur le marché de la joaillerie. Néanmoins, des différences mesurables subsistent entre émeraudes naturelles et synthétiques. Les émeraudes artificielles présentent généralement une densité légèrement inférieure, comprise entre 2,65 et 2,71, ainsi que des indices de réfraction plus faibles. Ces variations résultent de différences subtiles dans la composition chimique, la concentration en éléments traces et les conditions de croissance cristalline. L’identification fiable des émeraudes synthétiques repose donc sur une combinaison d’observations microscopiques, de mesures optiques et, dans certains cas, d’analyses spectroscopiques avancées. 2- Les pierres traitées. Ce sont des pierres naturelles sur lesquelles on applique des techniques destinées à en améliorer la couleur et la transparence. Et dans ce domaine, l'ingéniosité humaine n'a guère de limites car, périodiquement, le gemmologue se trouve confronté à de nouveaux traitements qui, souvent, lui sont de plus en plus difficile à mettre en évidence. Pour ce qui concerne les traitements destinés à améliorer la couleur des pierres naturelles on connaît les méthodes suivantes : 2-1- Le traitement thermique simple, le plus utilisé à l'heure actuelle, qui consiste à chauffer les pierres à plus ou moins haute température en atmosphère oxydante ou réductrice et dans un milieu neutre ou enrichi en éléments bien précis. C'est le traitement que l'on emploie maintenant, et pour ainsi dire d'une manière systématique, sur les corindons et plus particulièrement sur les saphirs. A partir d'une pierre d'un bleu verdâtre ou jaunasse, on parvient à obtenir un beau bleu du plus bel effet. Rares sont les saphirs présentés en bijouterie qui n'ont pas bénéficié d'une telle amélioration, d'autant plus qu'elle est maintenant officiellement considérée comme étant un "traitement traditionnel" dispensant le vendeur de révéler à son client l'origine exacte de la couleur de sa pierre (décret 2002-65 du 14 janvier 2002). Sachant que ce traitement est irréversible, on peut alors se poser la question de savoir où se situe la limite de l'escroquerie… Souvent ce mode de traitement est relativement facile à mettre en évidence par l'examen, sous fort grossissement, des inclusions naturelles de la pierre dont la forme ou leur proche environnement pourra être modifié. L'ambre peut également subir un léger chauffage de façon à faite apparaître des inclusions de formes esthétiques en « feuilles de nénuphar ». 2-2- Le traitement thermique par diffusion. Si le chauffage d'un saphir bleu très clair ou presque incolore est réalisé dans un milieu enrichi en titane, la pierre prendra une belle couleur bleue grâce à la diffusion, généralement superficielle, de ce métal au sein de la pierre. Des zonages de couleur caractéristiques peuvent alors être mis en évidence dans certaines conditions et servir ainsi de moyen de détection. 2-3- Le traitement au béryllium. Il s'agit d'un traitement thermique à haute température permettant la diffusion, jusqu'au cœur même de la pierre, non plus de titane mais de béryllium. Ceci dans le but de modifier agréablement la couleur bleue d'un saphir mais aussi, et surtout, de conférer à certains corindons sans valeur une superbe teinte rose orangé identique à celle des célèbres saphirs padparadschas. Souvent, la température élevée nécessaire à ce traitement peut laisser des traces caractéristiques sur les inclusions naturelles de la pierre. Sinon, une analyse chimique s'impose, mais à l'aide d'un appareillage lourd. De nombreuses autres pierres sont également sujettes à une amélioration par chauffage. Entre autres on peut citer les aigues-marines afin de renforcer leur couleur bleue; les tourmalines pour éclaircir les tons rouges trop foncé; les zircons pour changer leur couleur brune en bleu ou incolore; les quartz améthystes qui virent au jaune citrin, les tanzanites à nuances brunes ou jaune, qui deviennent d'un beau bleu violet, etc. 2-4- L'irradiation (rayons gamma, neutrons, électrons) qui permet de produire des quartz noirs ou améthystes à partir de pierres incolores ou jaunes; de donner une belle couleur bleue à des topazes incolores; de renforcer la couleur rose des tourmalines; de conférer une couleur brun-rouge à des zircons incolores, etc. Contrairement à ce qui a pu être rarement observé jadis, ces traitements ne provoquent plus actuellement de radioactivité gamma rémanente. 2-5- L'application d'un pigment coloré sous forme liquide ou de vernis, soit sur la surface de la pierre, soit au sein même de celle-ci en profitant de sa porosité ou de la présence de micro-fissures. C'est ainsi que la porosité naturelle des agates se prête très bien à ce genre d'amélioration mise au point depuis fort longtemps. De même, il sera possible de renforcer la couleur des turquoises, lapis-lazuli ou jades grâce à leur porosité ou à la présence de fissures. 2-6- L'amélioration de la transparence des pierres d'aspect pierreux plus ou moins chargées d'inclusions ou de fractures (les givres). Le procédé le plus courant et le plus anciennement connu consiste à faire pénétrer, sous vide ou à pression ordinaire, une huile végétale (huile de cèdre en général) dans les givres des émeraudes. C'est un procédé très ancien et reconnu comme étant "traditionnel", donc sans devoir de divulgation. Il améliore la clarté des pierres mais n'a aucune incidence sur leur couleur ni sur leurs inclusions lesquelles, si elles ne sont pas trop gênantes, pourront même apporter une petite plus-value sous le nom de "jardin de l'émeraude". Ce qui est paradoxal car, normalement, moins il y a d'inclusions, plus grande est la valeur de la pierre. Le remplissage des fractures peut s'effectuer également à l'aide de résines synthétiques incolores ou même colorées si l'on veut, par la même occasion, améliorer la couleur de la pierre. C'est ce qui a été récemment appliqué sur les émeraudes, mais sans suite car la polymérisation des résines s'effectue avec de très légères variations de volume qui induisent des tensions internes pouvant fragiliser les pierres. De plus ces résines ont parfois tendance à jaunir au vieillissement ce qui, bien sûr, contribue à modifier la couleur originelle de la pierre. Néanmoins, ce traitement n'a pas été totalement aboli. Le remplissage, ou imprégnation, des fractures et givres peut être aussi effectué à l'aide de matières vitreuses silicatées et boratées. Ce genre de traitement, connu sous le nom de "glass fill", a été appliqué depuis longtemps sur les saphirs, rubis et diamants. Depuis, la pratique s'est maintenue et même largement développée grâce à la découverte de nouvelles formules de verre dont l'amélioration a porté sur leur fluidité ainsi que sur leur indice de réfraction par l'ajout de sels de plomb. C'est ce qui permet actuellement d'écouler les gros stocks inutilisés de rubis plus ou moins fracturés et d'aspect pierreux de provenances diverses. Ce traitement, appliqué sur des pierres peu givrées, entre dans la catégorie des imprégnations classiques par une matière étrangère, mais qui ne modifie pas la couleur originelle des pierres. En l'occurrence, les rubis actuellement traités de cette manière, arborent souvent une magnifique couleur naturelle. Le fait que ces pierres aient été imprégnées ou "glass filled", contribue évidemment à diminuer leur valeur marchande, mais pas au point de provoquer l'effondrement de leur marché comme on peut le constater à l'heure actuelle. Par contre, l'application de ce procédé sur des pierres extrêmement fracturées voire complètement disloquées est quelque peu abusif car l'on rentre alors dans le domaine des pierres reconstituées. De plus, ce verre de nouvelle génération est sensible à la chaleur ainsi qu'à certains produits ménagers. Ce qui tend, dans certaines circonstances, à déformer ou fracturer les pierres ainsi traitées. A l'heure actuelle, ces rubis « rebouchés au plomb » sont commercialisés dans le monde entier et constituent une grosse part des pierres offertes sur les marchés exotiques. 3- Les imitations 3-1- De pierres naturelles par des pierres naturelles d'une autre espèce et de moindre valeur. Par exemple, les pierres de remplacement sont très souvent des grenats ou du quartz. Détecter la tromperie revient alors à mettre un nom sur la pierre de remplacement, ce qui est du ressort de quiconque possédant les compétences et le matériel de base nécessaire. L'exemple type de cette manipulation est le remplacement d'un rubis par un spinelle ou un grenat. 3-2- De pierres naturelles par des composés artificiels. Le plus commun de ces composés étant un verre plus ou moins chargé en sels de plomb pour en renforcer l'indice de réfraction. La présence de bulles ou d'une texture fluidale observable à l'aide d'une simple loupe permet souvent de détecter la fraude, mais pas toujours. Les résines synthétiques se positionnent également pour une bonne part dans les imitations les plus courantes. Beaucoup de composés artificiels proviennent de certaines industries de pointe réalisant des essais entrant dans le domaine de l'électronique ou autres. Souvent, ces composés sont disponibles en quantités limitées mais si leur apparence, leur couleur ou autres qualités susceptibles de rivaliser avec des composés naturels sont reconnues, ils peuvent faire l'objet de fabrications spécifiques afin d'être commercialisés sur le marché des gemmes. C'est, par exemple, le cas du YAG (yttrium aluminium garnet) issu de l'industrie des lasers et qui a acquis une certaine notoriété dans le domaine des imitations du diamant. Ou encore le cas de l'oxyde de zirconium qui est actuellement la plus courante et convaincante imitation du diamant ou autres pierres de couleur. Et enfin la moissanite, plus connue sous le nom de carborundum utilisé pour ses propriétés abrasives (meules, poudres à polir, etc.). Cette moissanite n’est guère utilisée pour simuler une pierre de couleur mais, lorsqu’elle est incolore, elle constitue un redoutable concurrent du diamant à cause de sa grande dureté et surtout de sa thermo-conductivité identique. Ce dernier point est important car, jadis, il était le principal critère de reconnaissance rapide utilisé par tous les bijoutiers. Heureusement, les moissanites non montées sont très faciles à différencier des diamants (densités différentes). 4- Les pierres reconstituées (ou composites) qui sont le résultat de trois manipulations possibles : 4-1- Le collage d'un élément minéral ou synthétique de peu de valeur en remplacement d'une partie de la pierre naturelle. Vue par transparence, l'amélioration sera du plus bel effet. Dans ce cas, la table de la pierre pourra être naturelle tandis que sa culasse sera d'une nature différente. C'est ce que l'on appelle un "doublet". Dans d'autres cas, un film minéral ou organique coloré est inséré entre la pierre naturelle et l'élément rapporté. C'est ce que l'on nomme un "triplet". Ce type d’amélioration peut être appliqué sur la plupart des pierres dites précieuses, ainsi que sur les opales nobles par le collage d’un fond noir à la base des cabochons. En règle générale ce genre de supercherie est assez facile à mettre en évidence à condition que la pierre ne soit pas montée en serti clos. 4-2- Le collage de deux éléments identiques. Il s'agit d'une pratique peu courante qui consiste à assembler par collage deux pierres de nature et de couleur identique afin d'en augmenter le poids. C'est, par exemple, ce qui a pu être constaté parfois dans le domaine des diamants. 4-3- L’assemblage aléatoire de pierres identiques. Cette pratique n'intéresse en général que les pierres que l'on qualifie souvent d' « ornementales » telles que les turquoises, ou bien les lapis-lazulis et les jades dans une moindre mesure. L'ambre, résine naturelle fossilisée, peut également faire l'objet d'une telle pratique. Le procédé consiste à assembler d'une manière aléatoire des fragments d'une même roche ou d'un même minéral à l'aide d'un ciment à base minérale de couleur plus ou moins identique, ou d'une simple résine artificielle teintée ou non. Le résultat apparaît sous la forme d'une brèche à éléments anguleux positionnés d'une manière quelconque qui imite parfois très bien les structures bréchoïdes naturelles. Seule, la nature du ciment peut parfois donner d'utiles indications. Par contre, un ciment à base de résine synthétique sera aisé à mettre en évidence par son point de fusion peu élevé. Aux fragments d'un même minéral, il est parfois judicieux d'ajouter un autre minéral susceptible d'être rencontré en association dans la nature. Par exemple, des petits cristaux de pyrite associés au lapis-lazuli, ou des fragments charbonneux noirs associés à la turquoise. Par contre, l'ambre reconstitué ne nécessite ni ciment ni résine synthétique puisqu'il se soude à lui-même sous l'effet de températures et de pressions adéquates. Ces qualités étant d’ailleurs mises à profit au cours de cette opération pour y inclure des petits fragments végétaux ou, beaucoup mieux, des petites araignées ou des insectes récoltés quelques jours plus tôt… Manipulation principalement destinée à tromper les amateurs de pierres de collection. En conclusion. Dans le domaine des transactions actuelles. Pour les non-initiés ne possédant aucune notion de base susceptible de les aider, il est évident que l'achat de pierres qualifiées de "précieuses" (couramment rubis, saphirs, émeraudes, diamants) dans beaucoup de pays "exotiques" actuels peut se révéler être une entreprise risquée malgré la délivrance d'un certificat. Il faut bien se persuader que s'il y a une "bonne affaire" en jeu, elle ne se fera jamais au profit de l'acheteur, le vendeur connaissant très bien les caractéristiques et la vraie valeur de sa marchandise. Et, dans ce domaine, il n'y a guère de mystères : une pierre naturelle de très bonne qualité ne sera jamais offerte sur le marché à un prix très inférieur à sa valeur réelle. Ce qui nécessite, pour l'acheteur, d'avoir une idée aussi précise que possible des prix pratiqués sur le marché. D'un autre côté, une pierre de synthèse ou une pierre naturelle traitée, sera en général vendue à un prix supérieur à sa valeur réelle, laquelle sera toujours difficile sinon impossible à chiffrer d'un manière exacte, trop de variables entrant en jeu. Mais si cette pierre plaît et si son prix paraît très abordable, on ne prendra guère de risques en l'achetant même sans marchandage préalable. Elle sera à inclure dans le budget des "achat souvenirs". Dans le domaine des pierres anciennes. Il faut bien admettre que, dans beaucoup de cas, nombre de personnes croyant posséder un bijou ancien de grande valeur sont souvent déçues d'apprendre qu'il n'en est rien lorsqu'elles se décident à le faire expertiser avec certificat à l'appui. Trois raisons principales à cela : - achat ancien d'une pierre sans valeur auprès d'un négociant malhonnête. - achat ancien délibéré d'une pierre sans valeur mais qui, à l'issue de multiples donations ou de successions sans expertises, finira par prendre de la valeur simplement sous la foi de la "tradition familiale" ou du fait qu'étant ancienne, elle ne peut être "fausse". Et il faut bien constater que l'évolution des idées et des croyances dans ce domaine très particulier se fait presque toujours dans le même sens. Pourtant, il arrive parfois, mais rarement, que cette évolution s'opère en sens inverse. Par exemple, une simple verroterie qui de révèle être un beau diamant. Bien sûr, à la grande surprise et satisfaction des heureux possesseurs du bijou ! - achat ancien d'une pierre de valeur mais qui, pour une raison ou une autre, aura été vendue plus tard par un des membres de la famille et remplacée discrètement par une pierre sans valeur à l'insu des autres membres de la famille… Mise à jour 28 mars 2026

  • Sables diamantifères de Namibie | mineralogie.club | Pierre Thomas - JJ Chevallier

    En Namibie, des dunes de sables et des plages truffées de diamants venus d'Afrique du Sud par charriage dans les eaux du fleuve Orange. Sables diamantifères de Namibie. Une question posée par Hamid Azzoune , d'Alger, mérite d'être publiée. Est-ce possible de trouver diamant au bord de la mer ? Je me suis permis d'emprunter la réponse au professeur Pierre Thomas, du Laboratoire de Géologie de Lyon / ENS Lyon, sur le site Planet Terre, qui a eu l'amabilité de m'autoriser l'utilisation de ses textes et travaux sur ce site. Les plages et les dunes riches en grenats de la côte namibienne — Planet-Terre (ens-lyon.fr) La côte namibienne entre Walvis Bay, au Nord, et l'embouchure du fleuve l'Orange, 650 km au Sud, correspond à un désert particulièrement aride, le désert du Namib, dont les dunes arrivent jusqu'à l'océan. L'aridité de ce désert est due à sa position sous le tropique Sud, et à la présence d'un courant froid qui longe la côte, le courant du Benguela. Cette énorme masse de sable, ultra-majoritairement constituée de quartz, est, entre autres, alimentée par les quelques fleuves éphémères issus du plateau central qui atteignent la mer lors de grandes crues, et par un important fleuve permanent, le fleuve Orange. Ces fleuves traversent une chaine protérozoïque, la chaine des Damaras, constituée de roches granitiques et métamorphiques, elles-mêmes riches en quartz et en grenats. D'autre part, l'Orange qui vient d'Afrique du Sud, en plus des quartz et des grenats, charrie des diamants venant de l'érosion des pipes de kimberlite nombreux en Afrique australe. Grenats et diamants ont deux caractéristiques communes : ils ne sont pas (ou peu) altérables, et ils sont denses : ρ = 3,5 à 4,3 g/cm3 pour les grenats, 3,5 g/cm pour les diamants, à comparer aux 2,6 g/cm3 pour le quartz. En arrivant à la mer, tout ce matériel détritique se dépose en aval de l'estuaire, est repris par les courants marins allant du Sud au Nord et par les vents qui remobilisent les sables côtiers. Courants marins et vents effectuent alors un tri, essentiellement selon la masse des grains, et donc selon la densité des minéraux pour une granulométrie homogène, et aussi selon la vitesse du courant d'air ou d'eau. Pour une granulométrie donnée, les minéraux denses comme peu denses sont transportés par des courants rapides, mais seuls les minéraux peu denses le sont par des courants lents. Plus au Sud, près de l'embouchure de l'Orange, ce type de tri a également (mais très partiellement) séparé les diamants des autres minéraux. Il est impossible de montrer les effets de ce tri parce que même si le tri multiplie la proportion de diamants par 1000, le sable enrichi en diamants serait bien trop pauvre en gemmes pour que cela se voit à l'œil nu et parce que pénétrer dans ces zones à sable diamantifère est formellement interdit. Mais Google Earth permet d'avoir une idée du gigantisme des terrassements, excavations et autres bassins laissés par cette exploitation des dunes littorales, même si, actuellement, l'essentiel de l'exploitation se fait en mer. Il faut en effet remuer des mètres cubes et des mètres cubes de sable, même déjà pré-enrichi en diamants, pour récupérer quelques carats. Ce type de gisement ayant concentré des minéraux denses (on parle habituellement de minéraux lourds) là ou une baisse de la vitesse d'un courant les a concentrés est nommé « placer ». Outre les diamants, les placers les plus connus et les plus exploités concentrent l'or, mais aussi le rutile et l'ilménite (TiO2 et FeTiO3 , minerais de titane), le zircon (ZrSiO4 , minerai de zirconium), la cassitérite (SnO2 , minerai d'étain), la monazite ([Ce,La,Nd,Th]PO4 minerai de thorium et de quelques terres rares). Installations des mines de diamants des dunes et plages de la côte namibienne. Photo Financial Afrique En 2016 la production était de 1 200 000 carats de diamants bruts, qualité gemme, soit 240 kg. La particularité de ces diamants c'est qu'il sont, pratiquement, tous de qualité gemme, utilisables en joaillerie. Les diamants extraits des mines terrestres de Namibie s'épuisent. Ainsi , les activités minières devraient cesser d’ici 2022 en raison de la raréfaction de la ressource. Sable à grenats des dunes et plages de la côte namibienne. Photo Pierre Thomas Laboratoire de Géologie de Lyon / ENS Lyon L'EXPLOITATION EN MER Since 01-06-2021

  • mineralgie.club|géologie|stromatolites|JJ Chevallier

    STROMATOLITES MàJ Novembre 2023 (Stromatolithes) Il s'agit d'une structure rocheuse chimico biologique qui s'est formée dans des eaux peu profondes par le piégeage, la liaison et la cimentation de grains sédimentaires par les membranes de micro-organismes, des cyanobactéries. Quand les spécialistes parlent de stromatolites ils imputent ces formes à des micro-organismes. Ces derniers, en modifiant leur environnement proche, favorisent la précipitation de fines pellicules de carbonates (de la famille du calcaire), qui au fil du temps se superposent et forment ces structures, que l’on retrouve aussi dans les récifs coralliens. Les stromatolites ne sont donc pas à proprement parler des fossiles, qui enregistrent, eux, directement la forme des organismes. Ces bactéries très anciennes sont loin d’être aussi complexes que les coraux. Il faut les voir plutôt comme formant une sorte de tapis gluant organique, déposé dans des étendues d’eau peu profondes. Leur métabolisme les rendait capables d’assimiler le CO2 de l’atmosphère, gaz plus abondant à l’époque, pour le transformer en carbonate. Traduit et adapté de Geology Leading Lu dans le Monde Sciences... Les plus anciennes traces de vie découvertes au Groenland Des structures rocheuses vieilles de 3,7 milliards d’années pourraient avoir résulté de l’activité de colonies de micro-organismes. L’âge de ces stromatolites recule l’origine de la vie sur Terre de 200 millions d’années. Sacré coup de vieux pour l’origine de la vie sur Terre. Des géologues australiens viennent de découvrir au Groenland des traces d’une activité microbienne remontant à 3,7 milliards d’années, soit 200 millions d’années de plus que les records précédents trouvés dans des roches d’Australie ou d’Afrique du Sud. Et 800 millions d’années environ seulement après la formation de la planète. « C’est fou ! Nous ne pensions pas que de tels indices aient pu subsister aussi longtemps » , souligne Allen Nutman, professeur de l’université Wollongong, premier auteur de l’étude parue dans Nature jeudi 1er septembre relatant la découverte. Il fallait avoir l’œil expert de ce chercheur et de ses collègues de cette université de Nouvelle-Galles du Sud, qui arpentent ces terrains du Groenland depuis les années 1980, pour repérer des formes très particulières dans une roche affleurante, seulement visible en été après la fonte des neiges. Elle se trouve dans la ceinture de roches vertes d’Isua, une île située au sud-ouest du Groenland, des structures géologiques dont l’âge avancé a été déterminé par datation isotopique. Le trésor ne mesure que quelques douzaines de centimètres, « gravé » sur une surface de deux mètres de large. Il a la forme d’une succession de cônes pointus et de bosses écrasées marron, posés sur une sorte de mille-feuille bleuté ; l’ensemble étant recouvert à nouveau de couches de roche irisée. Les stromatolites du Groenland (a) présentent des feuillets internes caractéristiques (b) (lignes en pointillé bleu), coincés entre des dépôts sédimentaires (en pointillé rouge). Ces formes sont identiques à des stromatolites de 2,4 milliards d’années, découverts en Australie (c et d). Nutman et al. , Nature PLUS RÉCENTE SEULEMENT 2,7 Ma Voici une superbe section polie, d'une largeur de 20,3 cm, d'une stromatolite vieille de 2,7 milliards d'années, découverte près de Pilbara en Australie occidentale. La roche est composé principalement d'Oeil de tigre , de jaspe rouge et d'hématite noir dans un motif ondulé en bandes. Elle est exploité principalement dans deux grands gisements, l'un en Afrique du Sud et l'autre en Australie occidentale, tous deux âgés de plus de 2 milliards d'années. Beaucoup de personnes pensent que cette roche devrait techniquement être considéré comme une stromatolite formée d'anciennes cyanobactéries il y a plus de deux milliards d'années. Une théorie est que cette roche est une stromatolite typique qui a subi un remplacement minéral avec de l'oxyde de fer. L'autre est que les microbes ont formé le fer en bandes directement pendant la formation de la stromatolite. Même si, techniquement, l’œil de tigre n'est pas une stromatolite, sa formation, de même que la formation d'autres formations de fer en bandes précambriennes, est indirectement due à la cyanobactérie qui a formé les stromatolites. L'oxygène n'était pas présent dans l'atmosphère primitive mais résultait d'un sous-produit de la photosynthèse par les cyanobactéries. Cet oxygène, associé au fer dissous dans les océans de la Terre, a formé des oxydes de fer insolubles, qui se sont précipités pour former une mince couche au fond de l'océan. Les bandes contenant cette roche représenteraient des variations cycliques (saisonnières?) Des niveaux d'oxygène dans les océans de la Terre. On suppose que la Terre a commencé avec de grandes quantités de fer et de nickel dissoutes dans les mers acides du monde. Les organismes photosynthétiques générant de l'oxygène, le fer disponible dans les océans de la Terre s'est précipité sous forme d'oxydes de fer. À un point de basculement présumé où les océans se sont oxygénés en permanence, de petites variations dans la production d'oxygène ont produit des périodes d'oxygène libre dans les eaux de surface, alternant avec des périodes de dépôt d'oxyde de fer. Les dépôts microbiens laminés benthiques peuvent contenir des précipitations abiogènes et s'intercaler étroitement avec elles. De nombreux stromatolites phanérozoïques et néoprotérozoïques sont probablement essentiellement des tapis microbiens lithifiés, et les exemples plus anciens ont probablement au moins une croûte abiogénique précipitée. Le tissu microbien en carbonate est laminé et composé de fines couches. Le tissu microbien en carbonate est appelé macrofabrique. La réaction qui suit la précipitation du carbonate de calcium est la suivante: En utilisant du dioxyde de carbone (CO 2 ) dissous dans l'eau pour assurer leur photosynthèse, les bactéries déplacent l'équilibre vers la droite, ce qui entraîne la formation de carbonate de calcium (CaCO 3 ) .

  • Contacts | mineralogie.club

    CONTACTS Vos courriers sont à adresser au Vice président ou au secrétaire. Président Pr. Bernard LASNIER Si vous désirez contacter le président B. Lasnier adressez-vous à E. Fritsch Vice président Pr. Emmanuel FRITSCH Institut des Matériaux Jean Rouxel (I.M.N.) UMR CNRS 6502 2, rue de la Houssinière BP 32229 F 44322 NANTES Cedex 3 FRANCE emmanuel.fritsch@cnrs-imn.fr Tel: (33) (0)2-40-37-64-09 Secrétaire Jean-Jacques CHEVALLIER 8, La ville en bois - F44170 - Abbaretz jj.chevallier@wanadoo.fr Tel. (33) (0)2-40-87-08-02 Trésorier Dr. Boris CHAUVIRE en cours Mise à jour 28 mars 2026 Mise à jour 28 mars 2026

  • Opale | mineralogie.club| JJ Chevallier

    Mystérieuses Opales, 3 compositions possibles, 4 espèces différentes AG, AN, CT et C, voici les opales des gemmes amorphes de silicium et d'eau. HAUT HAUT OPALE dioxyde de silicium hydraté, contenant 4 à 10% d'eau. Page réalisée en collaboration avec Yannick Mandaba , qui m'a autorisé à utiliser une partie de son mémoire de DUG. (Diplôme d'Université de Gemmologie : Particularités des opales d'Éthiopie) Pou certains textes j'ai emprunté la trame à Wikipédia en l'enrichissant et la complétant. Contrairement à la majorité des minéraux les opales ne cristallisent pas, elles sont amorphes ! On ne parle pas de l'opale en général mais " des " opales qui sont quatre et que l'on considère comme un minéral alors que ce n'en est pas un au sens propre. Elles sont composées de silice hydratée de formule SiO 2 · n H 2 O, on y trouve des éléments en traces, uranium, magnésium, calcium, aluminium, fer, arsenic, sodium et potassium. l'eau a une teneur qui varie entre 3 et 9 % ; mais elle peut atteindre 20 % suivant les variétés. Histoire et étymologie Les légendes sont nombreuses et les opales se sont vue attribuer des origines et des vertus au fil des siècles. Ainsi les grecs croyaient qu'elle avait le pouvoir de protéger des maladie et de procurer le don de prophétie. Les romains qui obtenaient leurs opales de marchands du Moyen-Orient et des mines à ciel ouvert de Hongrie, la considéraient comme la plus précieuse gemmes en raison des ses couleurs chatoyantes. On la compare souvent à "un feu d'artifice de couleurs". Au moyen Orient on pensait qu'elle tombait du ciel lors des orages et contenait les éclairs. Jusqu'à ce que les espagnols rapportent des opales Aztèques, les seules opales que l'on trouvaient en Europe venaient de Hongrie. En France et dans toute l'Europe on l'a longtemps considérée comme porte malheur. On se perd en conjectures quand à son étymologie, selon les uns le nom viendrait du sanskrit « upala », qui signifie « pierre » ou « pierre précieuse », devenu "opalus" , l’ancien nom latin pour gemme (Pline l’Ancien, 75-79) et "opallios" chez les grecs ce qui se traduit par changement de couleur. Caractéristiques et propriétés des opales A propos de la fluorescence : Fluorescence UV à ondes courtes : Généralement vert ou jaune, parfois vert-jaune, rarement jaune ou rouge. (Ulrich Henn et Claudio C. Milisenda, Tables gemmologiques - 2004) Fluorescence UV à ondes longues : Beaucoup d’opales blanches et claires brillent blanc bleuâtre et phosphorescence vert jaunâtre (Hervé Nicolas Lazzarelli, Blue Chart Gem Identification - 2010) Formation des opales Les opales se forment dans des régions où alternent saisons humides et saisons arides. Lors des fortes précipitations l’eau de ruissèlement lessive les ions silicium et autres éléments et percole les substrats jusqu’à stagner sur des argiles imperméables, piégeant ainsi les ions et éléments, uranium (U), magnésium (Mg), calcium (Ca), aluminium (Al), fer (Fe), arsenic (As), sodium (Na) et potassium (K) . La silice précipite par hydrolyse formant des opales riches en impuretés. Lors des périodes de grandes sécheresse l’évaporation va favoriser le formation de la calcédoine. L' opale ne se trouve que dans des gîtes primaires, car c' est un matériau fragile qui supporte mal le transport. Les eaux de ruissellement en pénétrant des roches siliceuses vont dissoudre de la silice à hauteur de 100 ppm à 25°C, mais il peut aussi s'agir de phase vapeur éjectée lors d'une activité volcanique. Cette eau, à partir d'une certaine température, va se charger en silice et s'infiltrer dans toutes sortes de cavités. Puis, par évaporation, l'eau se retire laissant précipiter la silice là où elle se trouve, donnant naissance à l'opale mais aussi à des agrégats micro-cristallins comme l'agate, la calcédoine (Pr. Fritsch et Pr. Lasnier comm. pers., 2001). Dans le cas de l'opale, la silice prend la forme d'un gel de silice hydratée, qui, par évaporation d'eau et refroidissement, va se figer et durcir. Ce gel est constitué de microscopiques billes, composées pour la majorité de silice, dont le diamètre varie d'une vingtaine à plusieurs centaines de nanomètres. Elles peuvent être désordonnées ou rangées et réparties en des couches de taille plus ou moins régulière. De cela dépend l'apparition des jeux de couleurs visibles dans les opales dite «nobles ». Mais la silice qui les compose peut être présente sous des formes plus ou moins cristallisées selon l'origine de cette opale. C'est pourquoi la classification minéralogique officielle des opales est fondée sur la diffraction X, qui différencie les variétés polymorphes de la silice dans l'opale: cristobalite-œ et tridymite-œ (Jones et Segnit, 1971). Cette méthode révèle que la silice des opales volcaniques se rapproche de ces deux formes cristallisées (avec l'apparition de quartz-a sous la forme d'impuretés), alors que les opales sédimentaires sont amorphes. Les régions volcaniques et sédimentaires donnent des opales différentes, souvent au niveau de l' apparence, mais surtout au niveau de la structure, ou encore des caractéristiques physiques comme la dureté ou la résistance aux pressions (exemple des opales mexicaines, Fritsch et al., 1999). On distingue donc deux grands types de gisements d'après l'origine sédimentaire ou volcanique de l'opale. Dans le premier cas, l' opale se forme surtout dans des fissures de la roche et dans des cavités, dans le second il peut, de plus, s'agir du remplissage de nodules de tuf rhyolitique issus d'une activité volcanique. C'est a priori le cas pour les opales d'Ethiopie. Ainsi les principaux pays producteurs d'opales sédimentaires sont: - l' Australie (le plus grand producteur mondial). -le Brésil. Les principaux pays, autres que l'Ethiopie, producteurs d'opales volcaniques: - le Canada, British Columbia (Downing, 1993). - les Etats-Unis d' Amérique, Opal Butte, Oregon (Smith, 1988), Idaho, Virgin Valley, Nevada (Broughton, 1972). - le Honduras (Connoué 1998) -le Mexique, avec de nombreux sites d'exploitation: Querétaro (Koivula et al., 1983) Jalisco, Nayarit, Guanajuato, etc. )0> Les nodules Ces nodules, dont certains se présentent sous la forme de géodes, sont aussi connus sous le nom de « thunder eggs» (œufs de tonnerre). La roche qui les abrite serait de la rhyolite et de la perlite (rhyolite vitrifiée), d'après l'article de Hoover B. et al. (1996). Hoover décrit la perlite comme une roche d'un vert très foncé, presque noir, qui, une fois altérée, prend une teinte plus claire comme de l'argile. Les nodules d' opale se trouvent exclusivement dans les zones où la perlite est ainsi altérée, ce qui pousse Hoover à penser qu'il existe un lien entre l'altération hydrothermale de la perlite et la formation de l'opale. (Yannick Mandaba - Particularités des opales d'Ethiopie Diplôme d'Université de Gemmologie - Université de Nantes-2004) 4 types de formation : Sédimentaire ; Volcanique ; Croûte d'altération ; Biogène. Classification des opales 3 Espèces, 4 Opales. Pourquoi 3 espèces ? Ce sont trois compositions différentes : Cristobalite ; Tridymite ; Silice amorphe hydratée C'est pour des raisons historiques que l'on considère l'opale comme un minéral, puisque l'opale peut avoir quatre compositions différentes qui donnent donc 4 espèces : Opale CT composée de cristobalite-tridymite comme notre Lussatite bien française ; Opale C composée de cristobalite, cette opale fait encore l'objet de recherches ; Opale AG "Amorphous Gel", c'est l’opale la plus connue, formée de microsphères de silice amorphe, associées à des molécules d’eau dans des proportions variables ; Opale AN "Amorphous Network" plus connue sous le nom de Hyalite. Les transitions entre opal-AG, opal-CT et opal-C sont courantes. Des études à basse température montrent que les molécules d’eau peuvent être organisées en une structure semblable à de la glace, ce qui comprend la modification de la glace cubique (Eckert et al., 2015) . Couleur L'opale est une espèce minérale de la famille de la silice (Si02 + nH2 0) qui présente de multiples variétés. Et, contrairement à un monocristal de quartz par exemple, elle est susceptible de se mêler à la roche hôte et à un grand nombre d'impuretés (Smallwood, 1997). L'apparence des pierres d'une même variété est donc très changeante par la couleur de fond (avec un accent sur la tonalité). Une opale de feu peut contenir d'autres impuretés que le fer, susceptibles d'influer aussi sur la couleur, les jeux de couleurs, la transparence et la porosité : il s' agit du taux de matrice incorporée dans la pierre. C' est pourquoi les producteurs australiens, qui extraient (en 1997) 95% de la production mondiale, se sont accordés sur une classification de l'opale : « The Resolutions of the Federal Council of the Gemmological Association of Australia (17 mai 1997)>>(Smallwood, 1997). Or ce sont avant tout des commerciaux qui s'intéressent à l'apparence, car elle est liée à la valeur commerciale des pierres. On remarquera l'absence de précision sur l'origine volcanique ou sédimentaire dans cette classification. Ceci s'explique par le fait que les Australiens sont de loin les plus gros producteurs mondiaux d'opale, et que leurs gisements sont tous de type sédimentaire. De leur côté les scientifiques, qui s'attachent à des critères objectifs, utilisent la classification minéralogique officielle de l'opale, fondée sur la diffraction des rayons-X (DRX) qui met en évidence son caractère cristallisé ou amorphe. On distingue donc quatre catégories, les opale amorphes (opales AG et AN) et celles se rapprochant de composés cristallisés (opale CT et opale C). Ces catégories sont aussi liées à l'origine géologique (sédimentaire ou volcanique) pour la plupart des opales gemmes, ce qui permet une vérification de son origine géographique. Ces quatre catégories désignent aussi des pierres aux caractéristiques physiques différentes, comme par exemple la grande fragilité aux chocs et pression de certaines opales volcaniques mexicaines. Ces données devraient intéresser les commerçants, mais, avant l'arrivée de la spectroscopie Raman, la classification scientifique des opales impliquait l'application d'une méthode de préparation destructive pour l' étude aux rayons X. Ces méthodes de classification sont plutôt complémentaires qu' en opposition : La nomenclature «australienne» permet une bonne description de l' apparence de l' opale, facilitant ainsi la désignation d'une pierre parmi d'autres. Elle souligne aussi certains aspects, comme la transparence, et les jeux de couleurs qui influent sur la valeur à lui attribuer. La classification minéralogique officielle par DRX complétée par la spectroscopie Raman donne une idée sur l' origine et la structure. 1. CLASSIFICATION «AUSTRALIENNE » DES OPALES (Smallwood 1997) Type 1 : Il s'agit d'une opale homogène, taillée ou non. Ici c' est une opale noble australienne, noire, de variété Arlequin. Cette variété est très recherchée et peut atteindre des sommes très élevées. Type 2 : boulder opal Opale avec un peu de matrice à laquelle elle reste mêlée, ces pierres souvent issues de filons aux formes torturées. Type 3 : matrix opal Ici la matrice est sillonnée d'opale, celle-ci a rempli des petites cavités et des fissures dans la roche mère. Souvent de faible valeur marchande ces opales peuvent néanmoins s' avérer très décoratives, et parfois assez coûteuses. « Variétés » Basée sur la clarté et la teinte de la couleur de fond, elle désigne une opale noire, foncée ou claire avec une tonalité allant de NI (noire) à N9 (blanche). L' échelle est donnée à titre purement indicatif, car cette reproduction n'est pas strictement conforme à l' original. NOIR FONDU CLAIR Transparence Opaque, translucide ou transparente. On peut remarquer que les Australiens précisent la transparence en utilisant l' adjectif « crystal» même sur des opales colorées, alors qu'en France on ne désigne par l'appellation « opale cristal» que les opales transparentes et incolores. Origine Lieu géographique auquel on pourrait ajouter les termes sédimentaire ou volcanique, voire préciser si possible opale AG, AN, CT ou C. 2. CLASSIFICATION MINERALOGIQUE PAR DIFFRACTION DES RAYONS X La classification minéralogique officielle des opales est fondée sur la diffraction X (Jones et Segnit, 1971). C'est une méthode destructive, car la préparation des échantillons implique le broyage de ceux-ci à l' état de poudre. Cette analyse montre que la silice est plus ou moins bien cristallisée à l'intérieur de l'opale, même si elle est décrite comme étant une forme amorphe de la silice. La silice (Si02) se présente dans la nature sous diverses variétés polymorphes. Les variétés polymorphes qui nous intéressent à cause de leur relation directe avec la formation et la constitution de l' opale sont la cristobalite-α et la tridymite-α, - Les opales A sont amorphes, donc sans raie de diffraction. - Les opales CT montrent des raies de diffraction de la cristobalite-œ et de la tridymite-œ très élargies, autres formes de la silice. Les opales communes appartiennent souvent à cette catégorie. - Les opales C montrent les raies de diffraction de la cristobalite-œ seulement, et sont peu courantes parmi les gemmes. (Bittencourt Rosa, 1988; d'après Ostrooumov, 1999) La cristobalite, découverte au Mexique, existe sous deux formes: "cristobalite haute et basse température" : - La cristobalite haute est stable de 1470°C au point de fusion 1720°C. Sa densité est de 2,20. - La cristobalite-α (basse) est fragile, dureté 6,5, densité 2 (jusqu'à 2,32), uniaxe négatif (couleur blanche, grise, bleuâtre, grisâtre, jaunâtre translucide à opaque). La cristobalite est un minéral commun des roches volcaniques, souvent associée à la tridymite. L'opale contient de la cristobalite basse. La tridymite existe sous trois formes : -tridymite haute, moyenne et basse température. - La tridymite haute se présente sous forme métastable. - La tridymite moyenne. - La tridymite-α (basse) est rencontrée sous forme de lamelles hexagonales, minces et aplaties, au sein des cavités des roches volcaniques acides. Elle est stable entre 870°C à 1470°C. En-dessous de 870 °C, elle se transforme en quartz haut, au-dessus de 1470 °C, elle se transforme en cristobalite. Ces transformations sont réversibles et lentes (FrondeZ, 1962). Elles peuvent être accélérées par la présence d'oxydes alcalins ou de tungstate de sodium (Bittencourt Rosa, 1988). Ces diffractogrammes X (Cu Ka), ainsi que le tableau de relevés Raman qui suivra, sont tirés de l'article de Ostrooumov et al., 1999. Cet article compare les méthodes de diffusion Raman et de diffraction des rayons X pour la classification et l' étude de la structure de l' opale. Il nous servira de base et nous pourrons ainsi situer l'opale volcanique éthiopienne comme proche de celle du Mexique, montrant ainsi leur différence avec les opales sédimentaires d' Australie et du Brésil. Nous tentons aussi de trouver des critères capables de différencier l'opale éthiopienne de celle du Mexique. 3. CLASSIFICATION PAR LA SONDE RAMAN DES OPALES SEDIMENTAIRES ET VOLCANIQUES. La spectrométrie Raman confirme que les opales volcaniques sont mieux cristallisées que les sédimentaires. En effet la position du pic de la silice pour les opales varie entre les positions des composés cristallisés de la silice, et celle de la silice amorphe. On retrouve dans les opales volcaniques des valeurs proches de celles obtenues pour ces composés cristallisés: cristobalite-œ, tridymite-œ et quartz-a (ce dernier étant parfois dans l'opale une inclusion, et non un composant). La bande principale de la silice se situe entre 300 et 340 cm- 1 pour les opales volcaniques, contre 375 à 420 cm" pour les opales sédimentaires. Dans ces dernières la bande est parfois très aplatie. La bande de l'eau est assez faible vers 3250 cm- 1 dans les opales volcaniques, alors qu'elle est souvent très large centrée à 2950 cm" environ dans les opales sédimentaires. La largeur de ce pic augmente avec le désordre dans la structure, car ce désordre permet de loger plus d'eau moléculaire et de groupements OH. (Ostrooumov, 1999). Cette méthode présente l'avantage d'être non destructive et applicable aux pierres serties. Elle donne aussi des informations sur I'hydratation de l' opale (chose impossible par diffraction des rayons X), ainsi que sur son origine géographique. Enfin, contrairement aux résultats de diffraction des rayons X, les spectres Raman des opales sont parfois spécifiques d'un gîte donné. Les jeux de couleur des opales Les opales nobles, un effet de diffraction de la lumière Les jeux de couleurs visibles sur les opales nobles, sont un point de convergence de l'intérêt des commerçants et des scientifiques. Car outre la beauté qu'ils procurent à la pierre, ils sont aussi le reflet d'une structure interne particulièrement régulière. Une donnée importante dans les deux classifications est l'apparition ou non des jeux de couleurs qui caractérisent les opales nobles. Il est démontré que deux conditions au mois sont indispensables à la présence de diffraction dans les opales nobles : Les petites sphères de silice doivent être de taille uniforme et elles doivent être arrangées en couches ordonnées d'épaisseur régulière. Lorsqu'un faisceau de lumière blanche traverse une zone dans laquelle chaque plan d'empilement diffracte le même domaine du spectre, il en résulte un phénomène de superposition des rayons réfléchis. Ceci explique la pureté des couleurs réfléchies, sachant qu'une seule couleur est observable, pour un angle donné entre l'observateur et le rayon incident. Le principe est proche de l' effet de labradorescence présent chez certains feldspaths plagioclases. Mais dans ces derniers, les couches successives sont de natures différentes (indices). Elles sont aussi d'épaisseur différentes dans le cas des feldspaths. Figure 16. Seule une fenêtre du spectre est réfléchie. (Fritsch et al,. 2001) Ainsi, on comprend pourquoi l' effet de diffraction visible dans les opales nobles nécessite un peu de transparence pour s' exprimer: une couche assez mince de ces plans de diffraction (avec réflexions partielles), équivaut à une réflexion totale de la longueur d'onde diffractée. Cette longueur d'onde dépend de la dimension des sphères et de l'angle entre l'observateur et le rayon incident (Lehmann, 1978; d'après Fritsch et al., 2001). La formule pour calculer la longueur d'onde λ des couleurs de diffraction est la suivante: λ (maximum) = 2.37xD λ (minimum) = 0.72 l (maximum) Où D est la largueur des plans « diffractants » (qui correspondent au diamètre des sphères de silice), et 2.37 est une simplification de la loi de Bragg tenant compte de l'indice des sphérules (Sanders, 1964; d'après Ostrooumov et al., 2000). On note un maximum et un minimum car la variation de la couleur se fait en fonction de l'angle entre l'observateur et la pierre. Il est établi que dans les opales nobles, les sphérules sont rangées en couches régulières, d'une épaisseur comprise entre 150 et 450 nm : - De 150 à 180 nm, on observe une couleur bleue à violette - de 200 à 236 nm, la couleur réfléchie est le vert - de 240 à 316 nm, aux plus grosses sphères correspondent le jaune, l'orange et le rouge. - Au-dessus de 320 nm elles ne donnent plus d'effet de diffraction dans le domaine visible. L'effet de diffraction en lumière transmise Cet effet est visible dans les opales nobles transparentes, ainsi que dans les opales nobles hydrophanes une fois qu'elles sont rendues transparentes par l'absorption d'eau. Les opales volcaniques mexicaines semblent nombreuses à produire cet effet aussi appelé « contra-Iuz ». Nous verrons plus loin que cette appellation « contre jour» peut paraître mal adaptée pour décrire le phénomène. Car ce phénomène se produit dès que l'on injecte une forte lumière à travers la pierre, et ce quelle que soit la position de l'observateur. Cet effet interne de diffraction ne se révèle donc qu'en lumière transmise, condition nécessaire et suffisante qui sous-entend une transparence de la pierre. Voici néanmoins (figures 17 et 18 ci-après) quelques belles opales du gisement d'Opal Butte, en Oregon, aux Etats Unis (Smith, 1988 ), dont les jeux de lumière internes sont légèrement différents de ceux des opales mexicaines et éthiopiennes. Sur ces photographies, les zones de diffraction sont petites et nombreuses; dans nos échantillons ces zones de diffraction sont plutôt étendues avec, sur une même pièce, peu de variations dans les couleurs. C'est notamment le cas pour les échantillons d'opale de feu rouge-marron que nous appellerons la variété « chocolat»: dans cette dernière, les couleurs majoritairement diffractées sont le rouge et le vert. Ce qu'il faut retenir ! L’origine de la couleur dans l’opale a fait l'objet de nombreuses théories. Cependant, il a maintenant été démontré que le réseau régulier de sphères et de vides dans l’opale diffracte la lumière blanche en la divisant dans la gamme complète des couleurs spectrales. La couleur observée dépend principalement de l’espacement des couches, qui est déterminé par la taille des sphères. Pour former une opale précieuse, ces sphères de silice doivent être disposées en réseaux ordonnés et étroitement assemblées pour diffracter la lumière blanche en différentes couleurs spectrales et produire un jeu de couleur dans la gamme de lumière visible allant du violet au rouge (longueur d’onde 400 - 700 nm). Les sphères de silice dans ces réseaux ordonnés varient généralement en taille d’environ 150 à 440 nm et leurs différentes tailles diffractent différentes longueurs d’onde de la lumière. Par exemple, les sphères d’environ 200 nm de diamètre renvoient la lumière bleue à l’œil, tandis que celles de 250 nm renvoient la lumière verte et celles de 320 nm renvoient la lumière rouge. En outre, la disposition ordonnée des sphères de silice a également entraîné la formation de groupes parallèles distinctifs de cristaux colloïdaux photoniques d’opale précieuse, formant des bandes ou des taches de couleur. Ensemble, les sphères de silice ordonnées combinées à des dislocations et à des jumelages dans ces cristaux colloïdaux facilitent les zoness de lumière diffractée de forme irrégulière. Cela conduit à des taches discrètes de couleur magnifique lorsqu’une opale gemme est tournée – également connue sous le nom de « jeu de couleur »! La couleur observée dépend également de l’angle sous lequel la lumière frappe les sphères et de la position de l’observateur. Cela peut facilement être démontré en faisant pivoter une opale à feu rouge et en voyant une zone particulière passer du rouge, de l’orange, du jaune, du vert, du bleu, du violet à mesure que l’angle d’incidence pour l’observateur est augmenté. L’opale verte n’affichera que des couleurs vertes à bleues lors de la rotation, car la taille de la sphère contrôle la couleur d’ordre le plus élevé observée. Une opale bleue lorsqu’elle est tournée n’affichera que la couleur bleue, violette à noire car la taille de la sphère ne produit pas les couleurs vertes ou rouges plus élevées. Since 01-06-2021 En revanche, l’opale potch (opale sans couleur) est constituée d’une masse pêle-mêle de sphères de silice qui ne diffracte pas la lumière blanche. Si les sphères de silice sont cimentées ensemble irrégulièrement, la porosité est considérablement réduite, par conséquent la lumière passe directement à travers l’échantillon sans être diffractée pour produire de la couleur. Le résultat final est juste une opale potch claire. Dans l’opale potch, il n’y a pas de jeu de couleurs, les sphères de silice sont soit trop petites pour même produire la couleur bleue même lorsqu’elles sont disposées selon un motif régulier, soit les sphères de silice sont d’un assortiment de tailles différentes et ne produisent pas le tableau régulier requis pour la diffraction des couleurs. Opales biogènes Opales biogènes Deux exemples Bélemnites et Bois fossile Après la mort de l'animal le cadavre s'est retrouvé, au fond de la mer, dans des sédiments argileux riches en silice, particulièrement en silice d'origine biologique, radiolaires dissout dans l'eau de mer et concentrés dans les boues argileuses. Durant la diagénèse, période extrêmement longue qui se mesure en millions d’années, sous l’action d’acides la silice se transforme en gel. Lorsque les niveaux d’acide chutent le gel de silice se durci après s’être déposé minérales fossilisées du calamar. Le processus est à peu de chose près le même pour les bois fossiles opalisés. Le gel se dépose dans les vacuoles du bois antérieurement fossilisé. La silice biogène des radiolaires est amorphe (= non cristalline) quand elle est observée aux rayons X . Elle est appelée opale-A (opale amorphe). Cette opale-A est instable et tend à se transformer en opale-CT (qui correspond à un mélange d'opale de cristobalite et de tridymite). Une roche à ce stade est appelée porcelanite. La transformation de l'opale-A en opale-CT résulte d'un mécanisme de dissolution-précipitation (Mizutani, 1966). Relations entre diagenèse, minéralogie et lithologie des roches siliceuses de la Formation de Monterey (d'après Pisciotto et Garrison, 1981). À plus haute température (enfouissement ou flux thermique plus important) ou avec le temps, l'opale-CT se transforme en calcédoine et/ou quartz microcristallin, qui représente une phase siliceuse stable. Loi de Bragg adaptée à la diffraction de la lumière dans l'opale précieuse. Ce phénomène peut être décrit par la loi de Bragg qui est à l’origine le résultat d’expériences sur la diffraction des rayons X ou des neutrons sur les surfaces cristallines sous certains angles: Angle de Bragg adapté à la structure de la sphère de silice de l’opale précieuse produisant un jeu de couleur. Photo au Microscope Électronique à Balayage montrant la structure des sphères de silicium dans l'opale précieuse. Grossissement x 40 000. La Loi de Bragg explique pourquoi les opales avec un jeu de couleur rouge sont généralement capables de montrer toutes les autres couleurs prismatiques (au moins lorsque la pierre est inclinée et vue sous des angles plus bas). Loi de Bragg Ici vous pouvez télécharger le PDF du mémoire de Diplôme d'Université de Gemmologie de Yannick Mandaba : Particularités des opales d' Éthiopie. Since 01-01-2022

  • mineralogie club|géologie|Bryce canyon|JJ Chevallier

    Parc National de "BRYCE CANYON" https://www.nps.gov/brca/index.htm Ce Parc Naturel est géré et protégé par le Ministère de l'Intérieur des États Unis d'Amérique, service des Parcs Nationaux, il est impératif de suivre la réglementation des Parcs Nationaux, entre autre il est interdit d'effectuer des prélèvements quels qu'ils soient, végétaux, animaux et minéraux. Tout contrevenant tombant sous le coup des lois fédérales des États Unis d'Amérique. HOODOOS... Dans le parc, l'érosion du plateau de Paunsaugunt entraîne la formation de différentes structures géologiques appelées murailles, arches et hoodoos. La couche géologique qui constitue la partie supérieure du plateau, la formation de Claron, est composée de roches sédimentaires et calcaires assez friables. Les bords du plateau s'érodent au fil du temps et forment des avancées de plus en plus étroites en forme de murs. Ces murs naturels commencent alors à se perforer au niveau de leurs points les plus faibles et des arches apparaissent. Avec le temps, elles s'agrandissent avant de se briser. Il ne reste plus alors que des piliers que l'on appelle hoodoos. Dans le parc, les arches peuvent avoir un diamètre variant entre 1 et 19 mètres. Ce type d'ouverture se forme dans la roche lorsque les précipitations y entrent, occupent davantage de volume lorsque l'eau se transforme en glace en cas de gel, et font ainsi exploser la roche par endroits. Dans le parc, ce phénomène de gel et de dégel peut se produire jusqu'à 200 fois chaque année. Les hoodoos ont des hauteurs variant de 1,5 à 45 mètres, ce qui reste toutefois bien inférieur à l'arche du Rainbow Bridge également située dans la région. La variation de l'épaisseur des hoodoos sur toute leur hauteur est très fluctuante, ce qui les différencie d'une simple colonne et leur donne des formes très variées. Certains d'entre eux ont été baptisés comme le « Marteau de Thor », la « Reine Victoria », ou « E.T. ». Les roches de la formation de Claron, dans lesquelles se forment les hoodoos, datent du Paléocène ou de l'Éocène (40 à 60 millions d'années). Elles sont essentiellement composées de calcaires mais aussi d'un peu de sables et d'argiles, car elles sont issues de dépôts de sédiments qui se sont accumulés au fond de lacs peu profonds et aujourd'hui disparus. Leurs colorations proviennent des différents minéraux inclus dans ceux-ci. La roche, en grande partie calcaire, est également érodée par l'acidité des eaux pluviales. Les hoodoos ont une meilleure résistance à l'érosion par rapport à la roche qui les entoure parce qu'ils disposent d'une fine couche supérieure de protection contenant du magnésium plus résistant aux intempéries. On estime que l'érosion du plateau se fait à un rythme de 0,6 à 1,3 mètre tous les 100 ans, ce qui signifie que de nouveaux hoodoos pourraient encore se former pendant environ trois millions d’années. GALERIE DE PHOTOS Photos JJ Chevallier, sauf mentions autres. Bryce canyon Lever de soleil. Bryce canyon Matin calme. Bryce canyon Plein soleil en été. Bryce canyon Lever de soleil. 1/10 Since 01-06-2021

  • L'après-mine| démantèlement dépollution|mineralogie.club|Lulzac|Jézéquel

    Suite à l'interview sur l'utilisation du mercure et du scianure dans la minéralurgie de l'or, Laurence Jazequel s'entretient avec Yves Liuzac à propos de l'après-mine. A savoir ce qui se passe sur les site miniers abandonnés, le démantèlement et la dépollution. L'Après Mine, démantèlement, dépollution . Quelques jours après l'interview d'Yves Lulzac à propos de l'utilisation du mercure et du cyanure dans le traitement de l'or, Laurence me téléphone pour me demander si je pense qu'Yves Lulzac pourrait la recevoir à nouveau, elle veut connaître mon sentiment car elle se pose la question de savoir si Yves lui a tout dit lors de cette dernière rencontre à propos du traitement de l'or. J'avoue avoir été gêné par cette question car je venais à peine de mettre en ligne le compte rendu de leur entretien et je me posais la question de savoir ce qui s'était réellement dit. Laurence enregistre ses interview et les retranscrit intégralement, en principe. Y aurait-il eu des blancs ? J'ai donc appelé Yves pour savoir. Il m'a rassuré en me disant qu'il n'avait peut-être pas trop approfondi le sujet et qu'il était prêt à la recevoir à nouveau pour un complément d'information. C'est ainsi que, le 20 novembre, Laurence s'est rendu au domicile d'Yves Lulzac quelques jours avant son départ pour une destination qu'elle n'a pas voulu révéler car son voyage, pour une agence privée, est une reconnaissance pour le futur tournage d'une chaîne de télévision étrangère, de langue française, dont elle sera non pas le reporter mais la réalisatrice. Entretien enregistré par Laurence Jézéquel, journaliste, reporter indépendante. LJ. Merci Monsieur Lulzac de me recevoir malgré le confinement, je me suis faite tester il y a 5 jours et le test est négatif comme vous avez pu le voir sur ce document. J'aurai souhaité pouvoir différer cet entretien mais dans quelques jours je m'envolerai pour une destination lointaine et cela durant quelques mois, jusqu'en 2022 peut-être. Depuis notre dernier entretien, j’ai appris que les renseignements que vous m’aviez communiqués étaient incomplets, voire simplifiés à l’extrême concernant le traitement des minerais aurifères. Qu’en pensez-vous ? YL- Bien sûr, je vous ai fait part, dans les très grandes lignes, de ce qu’il convient de savoir sur ce problème très particulier de l’exploitation minière. Je n’avais nullement l’intention de vous faire un cours de minéralurgie mais plutôt de vous signaler que le mercure n’est plus la matière première indispensable pour récupérer l’or de ses minerais. Maintenant s’il y a de savants personnages qui trouvent que je n’ai pas été assez précis, rien ne les empêche de palier cette insuffisance par un article de leur cru en citant, bien sûr, leurs références autres que celles glanées sur les réseaux « sociaux ». LJ- Pourquoi dites-vous « autres que les réseaux sociaux ». Pour ma part, je trouve qu’ils permettent de s’instruire sans être obligé d’avoir recours à une bibliothèque classique souvent difficile d’accès. YL- Si l’on veut s’instruire dans une discipline particulière, il est évident que certains sites internet sérieux peuvent être fort utiles. Je dis bien certains car, malheureusement, il y en a beaucoup d’autres qui sont loin d’être sérieux et même carrément à éviter. L’ennui, pour une personne qui n’est pas déjà instruite dans le domaine qu’elle cherche à approfondir, il lui sera impossible de faire le tri entre bonne information et désinformation. C’est la rançon de ce que l’on nomme « la liberté d’expression ». LJ- Oui, je suis au courant de cet état de choses, et il est dommage que ce formidable outil d’information soit ainsi « vérolé » par n’importe qui. Mais, je voulais également vous poser quelques questions au sujet de ce qui se passe lorsque l’on a exploré ou exploité un gisement métallifère et que le chantier doit fermer. YL- Oui, inutile de nous attarder sur ces pseudos savants sans intérêt. Le sujet qui vous préoccupe est ce que les services officiels appellent « l’après mine ». C’est devenu un mot à la mode à défaut de pourvoir parler de mine en activité ou sur le point de l’être. Pour ce qui me concerne, mon activité se bornait à localiser et à évaluer le potentiel possible d’un indice métallifère. Ce genre de travail nous conduisait très souvent à effectuer des travaux de terrassement, depuis une simple tranchée profonde de 2 à 4 mètres au maximum, jusqu’aux travaux souterrains de profondeur très variables selon le niveau des connaissances acquises au fur et à mesure de l’avancement des recherches. LJ- Mais vous me parlez de travaux souterrains alors que j’ai toujours entendu dire que les premières recherches sur un gisement se réalisent au moyen de sondages dont le diamètre n’est que de quelques centimètres. YL- En effet, c’est ce qui se pratiquait le plus souvent dans notre pays peu avant l’abandon de notre activité minière. Auparavant, on préférait effectuer une première exploration profonde du gisement, (ou plutôt du gîte) entrevu en tranchée, par des travaux miniers (puits et galeries) de faible profondeur, entre 12 et 15 mètres en général. Ceci avec des moyens techniques très réduits. Cette manière de faire avait l’avantage de visualiser plus précisément le gîte, d’en établir une première approche géométrique et d’en évaluer la richesse par des prises d’échantillons plus volumineux qu’une simple carotte de sondage. La reconnaissance du gîte se limitait sur une extension latérale de 50 à 100 mètres. Si le gîte s’avérait inintéressant, compte tenu de la conjoncture économique du moment, on abandonnait les travaux en obstruant l’orifice du puits d’accès par une solide dalle de béton. Mais, très souvent, le propriétaire du terrain nous demandait de pratiquer une petite ouverture dans cette dalle de façon à pouvoir y installer une pompe car les cavités ainsi crées se remplissent toujours d’eau (eaux souterraines fissurales, plus eaux de pluie). Quant aux déblais, qui étaient stockés à proximité immédiate du puits, ils étaient abandonnés sur place pour ensuite être réutilisés par les mêmes propriétaires pour empierrer les chemins ou les cours de ferme voisines. LJ- Mais n’était-ce pas dangereux de disperser ainsi des déblais qui risquaient d’être toxiques ? YL- En effet, il pouvait y avoir des éléments de minerai dans ces déblais mais ils étaient tellement dispersés que leur incidence sur la pollution locale était généralement très inférieure au fond géochimique naturel enregistré autour du gîte superficiel en place. LJ- C’est quoi ce fond géochimique dont vous me parlez. Cela veut-il dire que les sols peuvent être pollués sans qu’il y ait une intervention de l’homme ? YL- Evidemment, il y a de très nombreux gîtes métallifères qui ont la particularité de polluer énormément leur proche environnement. En particulier les gîtes plombifères, zincifères, mercurifères, aurifères, et j’en passe. C’est d’ailleurs grâce à cette pollution naturelle qu’on arrive à les localiser et à les étudier. Et, croyez-moi, cette pollution est parfois très importante et il n’est pas rare d’enregistrer des teneurs en plomb ou en arsenic dans les sols dépassant le 1 pour mille, c’est-à-dire 1 kilogramme de plomb ou d’arsenic par tonne de terre. De quoi traumatiser vos petits copains écolos rien qu’en regardant de loin ces terres polluées, bien que toujours recouvertes d’une belle végétation bien verte…. Pourtant ils devraient être au courant de tout cela, eux qui prétendent si bien connaître Dame Nature.... LJ- Non, moi-même je ne savais pas cela, mais il faut dire que ce ne sont pas des choses que l’on nous apprend à l’école. Mais, pour en revenir aux travaux miniers que vous réalisiez, je suppose qu’ils ne se s’agissait pas que de ces seuls petits puits. YL- Non, bien sûr car, si l’on trouvait suffisamment de minerai à explorer, on approfondissait les puits, en général par paliers de 40 mètres jusqu’à environ 120 mètres de profondeur. Avec, évidemment, un développement de galeries en conséquence. En surface, cela ne changeait pas grand-chose, sinon que le volume de remblai était plus important. Dans ce cas, s’il était stérile et non utilisé, il restait sur place et ne tardait pas à se végétaliser naturellement. Par contre, si ce remblai contenait beaucoup de minerai utile associé à une forte proportion de sulfure de fer naturel (pyrite ou marcasite), minéraux très instables sous nos climats, on était alors obligé de le sécuriser en le transportant sur une assise inerte et bien étanche pour ensuite le recouvrir d’un film plastique également étanche, lui-même recouvert d’humus. Cela nous est arrivé une fois dans le Finistère afin d’éviter une pollution générale par le zinc, ce que les truites de la rivière voisine n’auraient pas du tout apprécié.... LJ- Oui, je comprends bien, mais vous me parlez toujours de puits d’accès alors que j’ai entendu dire que l’on pouvait s’en passer … YL- Oui, je vois ce à quoi vous faites allusion. Il s’agit d’accès soit par galerie horizontale si le relief du terrain est suffisamment accentué soit, si le terrain est plat, par une galerie inclinée, aussi appelée descenderie, permettant alors le passage de tracteurs électriques ou de véhicules sur pneus de plus grand gabarit. C’est ce genre d’accès que nous avons privilégié dans les dernières années de nos recherches. Cela nous évitait de foncer (ou creuser) un puits avec tous les inconvénients que ce travail nous causait : lenteur dans son exécution car l’extraction des déblais se faisait manuellement, et aussi plus délicat à sécuriser. Mais pour le reste, il n’y avait rien de changé. LJ- Mais après les travaux de recherches, que devenaient ces galeries d’accès ? YL- Elles pouvaient être partiellement remblayées mais on préférait plus simplement en interdire l’accès au moyen d’un mur bétonné. Dans ce cas, certaines associations locales nous demandaient de pratiquer une petite ouverture pour laisser le libre passage aux chauves-souris qui trouvaient là un excellent abri souterrain. Souvent, aussi, on laissait un passage pour l’écoulement des eaux qui étaient utilisée par les cultivateurs du coin. Eaux qui, bien sûr étaient toujours, analysées. LJ- Tout ce que vous me dites est du ressort de la recherche, mais qu’en est-il lorsque l’on passe au stade de l’exploitation en grand ? YL- A vrai dire, en Bretagne, nous ne sommes que rarement passé au stade de l’exploitation et les 3 cas que je pourrais vous citer ne relèvent que de l’exploitation alluvionnaire. Exploitation superficielle donc, mais qui s’étend sur de grandes surfaces. C’est le type d’exploitation le plus préjudiciable en matière environnementale. Il y en a eu deux dans le Finistère, l’une non loin de Brest, l’autre dans la région de Morlaix, et une dans le Morbihan non loin du Faouët. Toutes trois ayant exploité un gisement d’étain (cassitérite uniquement). Dans ce genre d’exploitation, c’est l’ensemble du fond de la vallée, ce que l’on appelle la plaine alluviale, qui est extrait pour être traité à proximité. Au départ, ce genre de terrain est généralement constitué de prairies humides qui, autrefois servaient de pâturage aux bovins, ou plus rarement de terrains cultivables. Ou bien il s’agissait de terrains plus ou moins marécageux et incultes. A la fin de l’exploitation il restait donc de grands bassins remplis d’eau que l’on pouvait traiter de différentes manières selon le désir des propriétaires terriens. Soit on pouvait les remblayer avec les sables et graviers lavée et débarrassés de leur minerai d’étain. Il s’agissait alors d’une véritable reconstitution de terrain car on y ajoutait la couche d’humus qui avait été préalablement mise de côté au moment de l’ouverture du chantier. Le propriétaire du terrain se retrouvait donc en présence de parcelles de terre de bonne qualité et aisément cultivables. S’il en était fort satisfait, il n’en était pas toujours de même pour l’exploitant, car ce genre d’opération avait un coût assez élevé. Soit on pouvait laisser les bassins en l’état, ce qui permettait de vendre les sables et graviers pour les entreprises de construction locales. Certains propriétaires profitaient de ces bassins pour y introduire des poissons. D’autres, surtout ceux dont les terrains voisinaient des villes ou villages, les aménageaient afin d’en faire des lieux de loisir en même temps que des réserves halieutiques ou des sites de repos pour les oiseaux de passage. Bien sûr, à la grande satisfaction des riverains. C’est ce qui s’est passé, par exemple, pour la ville de Saint Renan, non loin de Brest, qui constitue un très bon exemple de ce que l’on peut faire dans ce domaine. Bien qu’il ne s’agît pas d’une exploitation alluvionnaire de fond de vallon, on peut citer également le cas de l’ancienne mine d’étain à ciel ouvert sur la commune d’Abbaretz en Loire Atlantique. Les déblais stériles qui sont toujours en place sous forme d’une butte de 70 mètres de hauteur, sont parcourus par de nombreux riverains ou touristes en quête d’exercices physiques. LJ- Oui, je suis au courant et je connais bien ce relief qui fait la fierté de la commune, mais je vous rappelle au passage que des teneurs anormales en arsenic y ont été décelées, et c’est probablement pour cela qu’aucune végétation ne s’y manifeste actuellement malgré la soi-disant bonne volonté de Dame Nature. YL- Dame Nature fait ce qu’elle peut et ce n’est pas de sa faute si la pente générale de cette butte est trop accentuée pour que la végétation puisse s’y accrocher durablement sous l’effet du vent et surtout du ruissellement des eaux de pluie. Lorsque l’érosion de cette butte aura notablement adouci ses reliefs, il est certain qu’elle sera vite végétalisée malgré la présence de traces d’arsenic. Et, une fois de plus, Dame Nature reprendra vite ses droits bien que vos copains écolos s’efforcent de nous faire croire le contraire. Mais, dans le cas de cette ancienne mine d’Abbaretz, il ne faut pas oublier l’emplacement de l’ancien centre d’exploitation en carrière qui est maintenant occupé par un grand étang où vont s’entraîner les amateurs de ski nautique de la région. LJ- Oui tout cela est bien beau, mais qu’en est-il des exploitations importantes ayant duré plusieurs décennies ou siècles ? YL- En effet, en Bretagne, depuis au moins la fin de l’Age du Fer (la Tène finale) il y a eu de très nombreuses exploitations de fer, plomb argentifère, étain et or principalement. Beaucoup ont laissé des traces sur le terrain, soit sous forme de superstructures pour les plus récentes, certaines pouvant d’ailleurs être réutilisées à d’autres fins, soit sous forme de dépressions de terrain, en général de formes allongées, assez étroites et peu profondes. C’est le cas, en particulier des anciennes exploitations d’or gallo-romaines que l’on peut suivre sur des dizaines de kilomètres en Ille-et-Vilaine et en Mayenne. Certaines ont été nivelées pour les besoins de l’agriculture, beaucoup sont restées en l’état, avec bien sûr des reliefs peu accentués compte tenu du remblaiement naturel de ces cavités au fil du temps. Ce sont maintenant des lieux difficiles d’accès car la végétation s’y est particulièrement bien développée bien que périodiquement exploitée pour le bois de chauffage ou de charpentes. De terrains stériles, ces zones sont vite devenues de riches écosystèmes qu’il serait d’ailleurs intéressant d’étudier en détail. Au moins, dans ces endroits particuliers, vos copains écolos pourraient y avoir une activité utile s’ils n’étaient pas aveuglés par leurs fausses idées préconçues. Les mêmes remarques peuvent d’ailleurs se faire à propos de simples carrières abandonnées sans aucune tentative de réaménagement et qui, une fois remplies d’eaux pluviales, se trouvent assez rapidement colonisées par des bestioles diverses dont des grenouilles et, chose qui m’a toujours surpris quand j’était jeune, par des tritons dont on pouvait se demander de qu’elle manière ils avaient réussi à venir et à se fixer à cet endroit précis. Il est évident que toutes ces vieilles carrières représentent des niches écologiques particulières (des niches de bio diversité comme l’on dit actuellement) qu’il serait intéressant d’étudier de plus près. Encore du boulot pour ces ahuris d’écolos dont, j’ose espérer, vous ne faites pas partie ! LJ- C’est, en effet, une idée à approfondir, mais je crains avoir du mal à convaincre mes petits copains, comme vous dites. Oui mais, pour en revenir à notre sujet de conversation, on m’a dit que la plupart des terrains miniers sont pollués et donc peu fréquentables. YL- Bien sûr, ces terrains, surtout ceux qui contiennent des gisements aurifères, qu’ils aient été exploités ou non, sont généralement pollués en arsenic. C’est une chose tout-à-fait naturelle comme je vous l’ai déjà dit, et qui ne risque pas de vous faire passer de vie à trépas ! Sauf si vous avez l’habitude de consommer de la terre pour vos repas quotidiens, et ceci pendant de longues années !... LJ- Peut-être, mais j’ai appris, d’une manière que je ne vous préciserai pas, qu’il y a eu des cas, en Bretagne, de très fortes pollutions par le plomb. Et je gage que vous allez vous empresser de me soutenir le contraire ! YL- Eh bien, soyez rassurée, ce n’est pas du tout mon intention. Il faut admettre, en effet, qu’il y a eu autrefois, aux 18ème et 19ème siècle principalement, des exploitants qui ne se sont pas souciés de considérations environnementales car ce n’était pas « dans l’air du temps » comme l’on dit. Je pense, en particulier, aux célèbres mines de plomb argentifère du district du Huelgoat-Poullaouen dans le Finistère, qui furent plus ou moins actives de 1732 à 1934. A l’époque, il faut l’avouer, l’environnement en a souffert surtout à cause du traitement du minerai qui rejetait dans l’atmosphère de grandes quantités de gaz sulfureux préjudiciable à la bonne santé de la végétation et aussi, il faut bien le dire, à la population locale. A cette époque, nombre de visiteurs ne manquent d’ailleurs pas de faire état et ces désagréments et souvent d’une manière détaillée et impressionnante. Il est évident que si les exploitants avaient songé à récupérer le soufre contenu dans le minerai plutôt que de le laisser partir dans l’atmosphère, les choses auraient été fort différentes. Mais en ce temps là, le soufre n’avait pas grande valeur. Depuis, toutes ces pollutions ont cessé peu après la fermeture de ces mines. Les puits d’accès ont été remblayés ou se sont éboulés naturellement et il doit y en avoir encore 2 ou 3 qui soient encore ouverts, dont l’un que je connais bien pour y avoir travaillé. Mais leur accès est maintenant protégé. Et, bien sûr, Dame Nature, a vite repris ses droits depuis fort longtemps dans cette région particulière. LJ- Mais je pense qu’il doit y avoir bien d’autres sites miniers, peut-être moins célèbres, qui ont causé autant, sinon plus de dégâts, dans leur environnement. YL- Non, pas à ma connaissance. En effet, il y a eu d’autres mines de plomb argentifère dans tous les départements bretons mais aucune ne fut à l’origine de graves pollutions. Beaucoup ont fonctionné pendant de longues périodes de temps, mais pas toujours d’une manière continue, en fonction de la conjoncture économique du moment. Beaucoup se sont arrêtées, non pas à cause de l’épuisement du minerai, mais à cause de venues d’eau abondantes qui ont contribué à noyer définitivement les travaux souterrains. Cela, c’est Dame Nature qui le décide, probablement quand elle juge qu’elle a assez donné ... A moins que ce soient les esprits de la mine qui, pour une raison ou une autre, sont mécontents de notre conduite !... LJ- Vous plaisantez, je suppose, car tel que je vous connais, je ne vous imagine pas croire un seul instant en toutes ces légendes de lutins et de nains chargés de garder les mines ! YL- Evidemment je plaisantais, bien que je me sois demandé si, au moins une fois au cours de mon activité professionnelle, je n’aurais pas été inspiré par un de ces lutins… Mais ça, c’est une autre histoire ! Quant aux nains mineurs, il ne s’agit pas de légendes car, au Moyen Age, il est certain que les mineurs de fond étaient souvent de très petite taille et cela pour de très bonnes raisons pratiques. Chose que nous avons pu constater dans les années 60 dans une mine très particulière. Mais là, on sort encore de notre principal sujet de conversation. Maintenant, pour ce qui concerne les interventions préconisées actuellement en matière de fin de mines, je sais que l’on s’efforce de déployer un luxe de précautions. C’est le fameux, et détestable « principe de précaution » figurant en bonne place dans notre constitution. Pour moi, il encourage nos concitoyens à l’irresponsabilité. Si cette mentalité avait eu cours dans les années 45 à 75, nous n’aurions pas fait grand-chose d’utile... Et ceci dans tous les domaines. Ceci dit, et pour ce qui concerne la Bretagne, il faut dire que la plupart des mines qui étaient en activité sont mortes sans qu’il y ait eu de gros réaménagements de pris, mis à part, bien sûr, la mise en sécurité des moyens d’accès aux travaux souterrains comme je vous l’ai dit plus haut. LJ- J’ai aussi entendu dire qu’autrefois, on laissait parfois quelques galeries ouvertes afin que les amateurs minéralogistes puissent récolter quelques échantillons pour leurs collections. YL- Oui mais maintenant cela ne se fait plus car beaucoup de ces amateurs ne sont pas sérieux et s’il leur arrive le moindre petit accident ils n’hésitent pas à poursuivre en justice le maire de la commune malgré les mises en garde affichées au voisinage de ces anciens travaux. Et puis, il faut bien dire que les travaux miniers anciens recèlent souvent des pièges que beaucoup ne connaissent ou n’imaginent pas. LJ- Mais je crois savoir qu’une mine souterraine ne se limite pas aux seuls de ses accès. En surface, je pense qu’il y a également beaucoup de choses à supprimer. YL- Bien sûr, il y a ce que l’on appelle le « carreau de la mine » qui comprend des espaces de circulation, des bâtiments plus ou moins importants et des infrastructures propres aux mines dont la plus spectaculaire est le « chevalement » qui coiffe le puits d’accès aux travaux souterrains. Si le gisement exploité est définitivement abandonné, on peut supprimer les bâtiments et aplanir le carreau. Toutefois, dans certains cas, des associations locales demandent et peuvent obtenir, mais en général très difficilement, la sauvegarde de certains équipements typiques de la mine dont, en premier lieu, les chevalements. Dans ce cas, le carreau peut être aménagé pour accueillir le public, souvent sous la direction d’anciens mineurs toujours fiers d’évoquer leur activité passée. Le site minier se trouve alors intégré dans le patrimoine local. Chose que, personnellement, je n’approuve pas beaucoup car, la plupart des gens qui visitent ces lieux ne souhaitent qu’une chose, c’est qu’il n’y ait plus d’autres mines dans notre pays. Cela a des relents d’hypocrisie ! LJ- Je ne vous comprends pas beaucoup. Vous voudriez plutôt que toute trace d’exploitation soit complètement effacée alors que vous êtes le premier à défendre cette activité ! YL- Pour moi, une exploitation minière, c’est une activité passagère appelée à cesser à plus ou moins long terme. Laisser un souvenir de cette activité peut, à la rigueur, se comprendre dans le cadre d’un pays qui décide, pour des raisons politiciennes, d’abandonner définitivement ce genre d’activité alors qu’elle pourrait très bien se poursuivre sur d’autres sites. Que, par exemple, l’on signale par une pancarte l’emplacement d’une mine exceptionnelle, pourquoi pas. Et je pense en particulier à la première mine d’uranium ouverte dans le Limousin dans les années 50. Mine que l’on voulait rappeler au souvenir de la population locale ou des touristes par un panneau explicatif. Je dis bien « voulait » car je me suis laissé dire que le panneau en question avait disparu du paysage, probablement par les soins de vos copains écolos. Mais là, au moins, on ne peut pas les taxer d’hypocrisie ! Quant à effacer soigneusement toute trace d’activité minière dans une région, comme c’est la mode actuellement, je trouve cela stupide car c’est faire la part belle à tous les tartuffes du coin. LJ- Mais si un carreau de mine métallique est définitivement abandonné, il restera toujours une cicatrice indélébile dans l’environnement. YL- Soyez sans crainte car, comme je vous l’ai déjà dit souvent, Dame Nature reprend vite ses droits, et cela d’une manière parfois très spectaculaire. Pour ma part, j’ai souvenance d’un carreau minier laissé à l’abandon en Ille-et-Vilaine et qui, au bout d’une quinzaine d’années, était devenu quasi inaccessible à cause de la végétation arborescente qui s’y était développée. Cela m’avait fort surpris car le carreau n’était recouvert que de simples déblais et je n’imaginais pas qu’une végétation aussi dense puisse s’implanter sur de tels terrains. Et cela sous un climat tempéré comme le nôtre. Alors imaginez ce qui se passe sous des climats chauds et humides !... LJ- Peut-être, mais j’ai également entendu parler de cavités et d’effondrements qui se forment sur l’emplacement des mines anciennes. YL- Oui, ce sont des choses qui peuvent se produire lorsque les vides créés dans les exploitations souterraines sont volumineux et non remblayés. C’est ce qui se passe, par exemple, dans les houillères. L’ « après mine » consiste alors à sécuriser ces zones instables et à définir des zones impropres à la constructions d’habitations. D’une manière générale, tous les vides non remblayés qui se trouvent trop près de la surface topographique, sont susceptibles, un jour ou l’autre, de provoquer un cratère superficiel. Et ce ne sont pas toujours les mines qui sont en cause car il arrive parfois qu’au beau milieu d’un champ, un tracteur agricole se trouve piégé dans une telle cavité. On s’aperçoit alors qu’il s’agit, le plus souvent, d’un simple abri souterrain datant de l’Age du Fer !... Dans ce cas, évidemment, personne ne viendra crier au scandale. Par contre, s’il s’agit d’un travail minier, ce sera l’inverse et la mine, une fois de plus, sera accusée de tous les maux possibles et imaginables.... Pourtant, il n’y a pas si longtemps encore, les exploitations minières étaient considérées comme des entreprises nécessaires et très honorables et les mineurs, dont le travail physique était parfois dur, étaient considérés avec respect et n’avaient aucune connotation diabolique. Maintenant, n’importe quel journaliste nous affirmera que pénétrer dans une mine équivaut à une descente aux enfers… LJ- Bon, je crois en avoir suffisamment entendu pour aujourd’hui car je vais finir par faire un complexe de culpabilité !... Cela dit, je vous remercie, une fois de plus, de m’avoir informée sur tous ces problèmes d’actualité lesquels, il faut bien l’avouer, ne sont pas toujours traités d’une manière correcte auprès du grand public. Dans l’avenir, j’aurais sûrement d’autres questions à vous poser concernant votre ancien métier et je repense à ce que vous m’avez laissé entendre au sujet des légendes anciennes attachées aux mines, et en particulier aux « nains mineurs ». Je serais très curieuse d’en savoir davantage !... Mais pour cela je vais devoir attendre puisque mon travail, dans un domaine tout autre, m’appelle loin d’ici. YL- D’accord, pourquoi pas. Cela, au moins, vous remettra en mémoire le célèbre dessin animé de Walt Disney « Blanche Neige et les sept nains » !... Je vous souhaite bon voyage et une bonne réussite dans cette entreprise. A la suite de cet entretien, Laurence m'a téléphoné pour me dire combien elle était contente de cette nouvelle rencontre qui lui avait ouvert les yeux encore plus largement sur un monde qu'elle a découvert et pour me remercier de lui avoir fait rencontrer un spécialiste qui parle vrai et expose clairement les choses avec beaucoup de franchise. " Bye bye Laurence et bon voyage, moi je n'attendrais pas pour demander à YL de me raconter ses histoires de Lutins, j'en sais une petite partie, je pense, à propos des " Mineurs nains de Venise " mais je pense qu'il y en a eu bien d'autres ailleurs. Et puis j'espère bien, aussi, qu'il me racontera cette affaire " d'inspiration par un Lutin " ??? De la part d'Yves cette phrase m'a surpris, il n'est pas du genre à lire dans le marc de café et pour qu'il ait eu cette remarque, c'est qu'il s'est réellement passé quelque chose à un moment de sa vie. A élucider !!! "

  • géologie|ères géologiques|stratigraphie et son Histoire|Jean Jacques Chevallier

    Pour bien comprendre les phénomènes de la géologie, il est nécessaire de se représenter le temps. L'histoire géologique de la Terre à été découpée en éons, ères, périodes, époques et âges que l'on représente sur une Echelle Chronostratigraphique Internationale, de l'International Commission on Stratigraphy. La stratigraphie et son histoire. Les ères géologiques Les ères géologiques "Pour bien comprendre les phénomènes de la géologie, que ce soit le déplacement des plaques tectoniques, la formation des couches sédimentaires, la formation des minéraux et des roches etc., il est nécessaire de se représenter le temps." LA MISE A JOUR DE L'INTERNATIONAL STRATIGRAPHIC CHART EST EN BAS DE CETTE PAGE Prenons une très très longue ficelle, disons que sur cette ficelle un millimètre est égal à une année, sachant que la terre s'est formée il y a 4.55 Ga, à quelle distance faisons nous un nœud sur la ficelle pour marquer cette durée? HISTOIRE DE LA STRATIGRAPHIE Ce sont les mineurs, qui, il y a 3 à 4 siècles, ont voulu comprendre la structure des différents étages des roches dans lesquelles ils évoluaient. Le principe de superposition des couches sédimentaires est proposé par un géologue danois Niels Stensen (Nicolas Stenon), en 1669. Les couches supérieures seraient, sauf bouleversement géologique, plus jeunes que les couches inférieures. Notons toutefois qu’à cette époque les caractéristiques des roches étaient faites sur les critères d'observations basiques, l’apparences, la couleur et la structure ou même l’odeur. Niels Stensen (Nicolas Stenon), 1638 - 1686 James Hutton 1726 - 1797 Abraham Gottlob Werner 1749 - 1817 William Smith 1769 - 1839 Fort heureusement les fossiles, présents dans pratiquement tous les sédiments, vont permettre de faire des relations entre des zones stratigraphiques différentes ou semblables. C’est en 1795 qu’un géologue Ecossais, James Hutton, décrit le Principe d’Actualisme ou d’Uniformitarisme, selon lequel les changements géologiques sont uniformes en fréquence et amplitude à travers le temps, s’opposant ainsi au Neptunisme d’Abraham Gottlob Werner, minéralogiste Prussien d’origine Saxonne, alors très populaire, selon lequel les roches se sont formées à partir de la cristallisation de minéraux dans les océans du passé de la Terre. Werner note par exemple que de nombreuses couches de roches sédimentaires rencontrent d'autres couches avec des angles inhabituels, ce qui suggère que la première couche s'est déposée puis déformée et qu'une autre couche s'est déposée par-dessus. Il propose aussi que l'intérieur de la terre est chaud et que cette chaleur est le moteur de la création de nouvelles roches : l'érosion par le vent et l'eau produit des sédiments qui se déposent en couches dans la mer puis la chaleur consolide ces sédiments. (Wikipédia Abraham Gottlob Werner) William Smith un géologue Britannique est le créateur de la première carte géologique de la Grande-Bretagne et le « Père de la géologie anglaise », titre que lui donne Adam Sedgwick. Il fait deux apports importants à la géologie, la découverte des fossiles stratigraphiques, base de la biostratigraphie, parfois appelé principe de succession faunal ou principe de succession faunistique, et l'extension des régularités de la disposition des strates entre elles du niveau local au niveau régional, national et au-delà.(Wikipédia William Smith) Pour être qualifiée de fossile stratigraphique, il faut : Une grande répartition géographique Les fossiles index doivent avoir une très large répartition géographique. Ils doivent se localiser dans différentes parties de la planète. Une très large distribution garantit que le fossile n'est pas limité à une localité spécifique, ce qui en fait un marqueur fiable pour corréler les strates à l'échelle régionale, et mondiale. Une période géologique très courte Les fossiles index ont dû subsister durant une période assez brève sur l’échelle des temps. En ayant une courte portée géologique ils sont utiles pour identifier les intervalles de temps spécifiques. Leur présence dans une strate peut révéler un âge particulier, permettant alors une datation précise. Une grande abondance Les fossiles indices doivent être abondants dans les strates. Ce qui accroit la chance de trouver le fossile en divers lieux et garantit qu'il y a suffisamment de spécimens pour fournir une base solide de corrélation. Les fossiles rares sont des indicateurs peux fiables car leur rareté rend très difficile les corrélations. Une identification facile Les fossiles index doivent posséder des caractéristiques physiques uniques facilement identifiables. La morphologie distinctive de ces fossiles les rend facilement reconnaissables, diminuant le risque de confusion avec d'autres espèces. Cette caractéristique est essentielle pour une corrélation et une datation précises des strates. Les fossiles ne présentant pas ces caractères sont dits « panchroniques ». La bio-stratigraphie utilise les fossiles stratigraphiques pour établir des biozones, une unité fondamentale définie à partir de l'extension d'un ou de plusieurs taxons (a priori, des espèces). Les biozones représentent des intervalles corrélables dans des faciès lithologiques éventuellement hétérogènes. On parlera de « zones à ... » et on établira des corrélations de zones fossilifères. Ces zones de terrains sont rapportées à des chronozones théoriques, c'est-à-dire que l'ensemble des couches d'une « zone à x » est considéré s'être déposé entre l'apparition d'une espèce indice x et sa disparition, même si certaines couches intermédiaires peuvent ne pas contenir d'individus de l'espèce x , en raison de variations paléo-environnementales, d'un biais d'échantillonnage sur le terrain (manque de chance...) ou autres raisons. (Wikipédia biostratigraphie) Par exemple Beaucoup de zones reposent sur des ammonites (biozone), comme Pleuroceras spinatum qui est l'index de la zone au sommet du Pliensbachien. Ce qui fait des ammonites en général un outil biostratigraphique de choix. Certaines espèces n'ont qu'une zone d'extension de seulement 100 000 ans. Visitez le site Ammonites Vendée : https://ammonites-vendee.fr/les-decouvertes/ Des observations faite par des stratigraphes au XIXe siècle sur des affleurements ont révélé des similitudes géologiques et paléontologiques qu’ils ont nommés stratotypes et servent de référence pour définir un étage géologique, ou étage de l'échelle stratigraphique, ils sont le plus souvent nommés selon le nom de la région où ils ont été décrits la première fois avec le suffixe -ien, Magalayen, Greenlandien, etc. Toutefois ces découvertes ont fini par générer une multitude de noms d’étages pouvant recouvrir un même espace de temps. Il a donc fallu simplifier l’échelle stratigraphique soit par synonymie soit avec des créations de ou remplacement par nouveaux stratotypes plus spécifique de cet espace-temps. En 1980 l’IUGS, International Union of Geological Sciences, et l’ICs, International Commission on Stratigraphy, ont défini l’échelle stratigraphique universelle des étages géologiques basés sur des GSSP, Global Boundary Stratotype Section and Point. Toutefois d’anciens noms sont parfois utilisés dans certains pays ou régions selon l'histoire locale de la géologie. Pourquoi et comment a-t-on divisés les temps géologiques ? Termes employés. Ce cartouche est un copié/collé de wikipédia Terminologie L'échelle des temps géologiques est subdivisée en plusieurs unités : les unités chronostratigraphiques, géochronologiques et magnéto stratigraphiques. Les unités chronostratigraphiques sont définies à partir des méthodes litho stratigraphiques et bio stratigraphiques et organisent les couches sédimentaires de la croûte terrestre en une échelle temporelle relative. Les unités géochronologiques correspondent à des intervalles de temps, dont les âges sont obtenus par les méthodes de datation absolue. Ces deux catégories d'unités utilisent différents termes qui sont équivalents et suivent une hiérarchie précise : Définitions et limites Éons de la Terre * L'éon est l'intervalle de temps géochronologique correspondant à la plus grande subdivision chronostratigraphique de l'échelle des temps géologiques, l'éonothème. Le terme éon est également utilisé dans le cadre de la planétologie pour permettre de décrire l'histoire des planètes. L'histoire de la Terre est découpée en quatre éons. Les trois premiers, qui couvrent les 4 premiers milliards d'années de l'histoire de la Terre sont parfois regroupés au sein d'un superéon nommé le Précambrien . Les quatre éons terrestres sont les suivants, du plus ancien au plus récent : Hadéen (de - 4,65 à - 3,8 milliards d’années), Archéen (de - 4 à - 2,5 milliards d’années), Protérozoïque (de - 2,5 à - 0,541 milliards d’années), Phanérozoïque (depuis l’explosion biologique cambrienne il y a 541 millions d’années, jusqu'à nos jours). *L'éon est l'intervalle de temps géochronologique correspondant à la plus grande subdivision chronostratigraphique de l'échelle des temps géologiques , l'éonothème. Ères Les différentes subdivisions de l'échelle des temps géologiques correspondent à des conditions paléo-environnementales, paléontologiques ou sédimentologiques similaires et homogènes dans chacune. Les ères sont définies selon des arguments paléontologiques et géodynamiques, bien que les premiers l'emportent sur les seconds dans la limitation des ères du fait de leur antériorité par rapport aux études géodynamiques. La base du Paléozoïque, première ère du Phanérozoïque, se caractérise par les grandes bio diversifications cambrienne et ordovicienne et par l'apparition et la prolifération des fossiles à carapaces et coquilles ; cette ère est marquée par la présence du taxon des trilobites et est marquée par deux cycles orogéniques : le calédonien et l'hercynien. La limite Paléozoïque / Mésozoïque est caractérisée par la crise biologique du Permien-Trias (la plus sévère des cinq grandes extinctions, qui voit la disparition de taxons caractéristiques de l'ère Paléozoïque comme les trilobites et les fusulines), par la fragmentation du supercontinent de la Pangée et une discordance stratigraphique dans plusieurs régions du monde (Amériques, Sibérie...) : elle marque la fin du cycle hercynien et le début du cycle alpin. L'ère Mésozoïque est définie par la présence des grands dinosaures non-aviens, des ammonites et des nummulites. Les mammifères, apparus simultanément avec les dinosaures, sont alors de taille modeste (les plus grands ont la taille d'un blaireau) mais sont numériquement fort nombreux et plus divers qu'aujourd'hui du point de vue de la classification. L'ère est marquée par une série d'orogenèses à l'origine de la ceinture alpine6,7 et s'achève par une phase d'extinction massive qui voit disparaître des taxons comme les ammonites, les dinosaures non-aviens ou les ptérosaures : c'est la crise Crétacé-Paléogène, abrégée en K/P, dont l'issue inaugure le Cénozoïque. L'aube de l'ère Cénozoïque voit d'abord de grands oiseaux qui ne volent pas prendre les niches écologiques terrestres libérées, mais ensuite et rapidement, en mer comme sur terre et dans les airs, les mammifères se diversifient et certains acquièrent à leur tour des dimensions imposantes. L'ère est marquée en son milieu par la grande coupure Éocène-Oligocène (en lien avec une chute de météorite dans l'actuelle baie de Chesapeake et une autre en Sibérie centrale8), et à sa fin (les deux à trois derniers millions d'années avant le présent) par un cycle de glaciations entrecoupées de périodes interglaciaires (nous sommes dans l'une de celles-ci). Périodes Les géologues et paléontologues utilisent de plus en plus le terme de « système » plutôt que celui de « période » car ils se réfèrent à des formations géologiques et des ensembles de fossiles, plutôt qu'à une séquence de temps. Les phylogénéticiens et les paléontologues font généralement référence à des stades de développement de la vie et la nomenclature est assez complexe. Ils n'utilisent plus les termes anciens de « Précambrien » pour les périodes antérieures à ~ 541 Ma avant le présent, de « Primaire » pour le Paléozoïque, de « Secondaire » pour le Mésozoïque, ni de « Tertiaire » pour le Cénozoïque, et le « Quaternaire » ne désigne plus une période mais la dernière subdivision du Cénozoïque. Ces anciennes dénominations ont cependant tant circulé dans les sources, qu'elles réapparaissent encore fréquemment dans les publications et les documentaires, même récents. Étages En géologie et paléontologie, l'étage est l’unité de temps de base dans l'échelle des temps géologiques : sa durée est en général de l'ordre de quelques millions d'années. Il est la subdivision d'une série géologique basée sur la chronostratigraphie, c'est-à-dire sur l'âge déterminé par les méthodes de la biostratigraphie et de la litho stratigraphie. Au XIXe siècle les géologues et plus spécialement les stratigraphes ont regroupé, sur un même affleurement, des ensembles de couches sédimentaires partageant des caractéristiques paléontologiques communes. Ces affleurements-type, naturels ou artificiels (carrières), appelés stratotypes, sont devenus des sites de référence pour définir ces intervalles de temps spécifiques que sont les étages, dont les noms proviennent généralement des sites où ces formations ont été décrites pour la première fois, auquel on ajoute le suffixe -ien (exemples : Hettangien, Oxfordien, Bajocien). S'il est utilisé comme nom propre, le nom d'un stratotype commence par une majuscule, mais employé en tant qu'adjectif, il commence par une minuscule (exemples : « niveau hettangien » ou « fossile oxfordien »). Ces noms peuvent parfois varier d'un pays à l'autre ou d'une langue à l'autre, en fonction de l'histoire de la géologie dans chaque pays ou continent. Mais ces premières descriptions, limitées à l'échelle de bassins sédimentaires ou de pays, ont abouti à une multiplication du nombre d'étages. Il s'est vite avéré que plusieurs d'entre eux pouvaient recouvrir tout ou partie d'un même intervalle de temps. Au cours du XXe siècle, la tendance dominante a donc été de simplifier l'échelle stratigraphique des étages (mis en synonymie, avec des suppressions ou même des créations sur de nouveaux stratotypes plus représentatifs de l'intervalle de temps considéré). À partir des années 1980, la Commission internationale de stratigraphie (ICS) et l’Union internationale des sciences géologiques (UISG) se sont appliquées à définir une échelle stratigraphique universelle des étages géologiques. Dans ce but des points stratotypiques mondiaux (PSM) (en anglais : Global Boundary Stratotype Section and Point, GSSP) ont été définis sur les stratotypes. Ils déterminent les limites existantes entre deux étages géologiques sans laisser la possibilité de lacune ou de chevauchement entre eux. La définition des points stratotypiques mondiaux est toujours en cours mais la majorité des étages sont déjà encadrés par ces PSM. Étymologies L’étymologie des éons, ères et périodes géologiques est celle des noms donnés aux subdivisions de l'échelle des temps géologiques basés sur la géochronologie. Ces noms proviennent soit des lieux où leurs roches ont été étudiées pour la première fois, soit d'une signification gréco-latine. Le nom d'une subdivision est souvent lié à un stratotype, affleurement-type (étalon) qui permet de définir une subdivision de l'échelle des temps géologiques, dans un travail coordonné par la Commission internationale de stratigraphie et l’Union internationale des sciences géologiques. Le mot stratotype associe la racine latine stratum (couche, couverture) et la racine grecque typos (empreinte, marque) qui en latin a donné tipus (modèle, symbole). Du passé vers le présent, voici l'étymologie des dénominations géologiques des subdivisions stratigraphiques de l'échelle des temps géologiques, que sont les éons (ou « éonothèmes »), ères (ou « érathèmes »), périodes, époques et étages (ou « âges ») : ÉON HADÉEN - de l'Hadès (enfer) en grec : période de la formation de la Terre, ainsi nommée en raison des conditions extrêmement variables qui y régnèrent, dépassant largement la fourchette de températures compatible avec la « chimie de la vie », sans compter des chocs majeurs comme celui entre Gaïa et Théia, à l'origine de la Lune. ÉON ARCHÉEN - très ancien en grec : Éoarchéen - aube du très-ancien en grec. Paléoarchéen - ancien très-ancien en grec. Mésoarchéen - moyen très-ancien en grec. Néoarchéen - nouveau très-ancien en grec. ÉON PROTÉROZOÏQUE - vie première en grec : Paléoprotérozoïque - ancienne vie première en grec. Sidérien - ferreux (épais dépôts de fer rubané). Rhyacien - torrent de lave en grec (le nom parle de lui-même). Orosirien - chaîne de montagnes en grec (surrection de chaînes). Stathérien - stabilisé en grec (il s'agit des socles continentaux). Mésoprotérozoïque - moyenne vie première en grec. Calymmien - couvert en grec (sédimentation par-dessus les socles). Ectasien - étendu en grec (extension des sédiments). Sténien - étroit en grec (étroites ceintures métamorphiques). Néoprotérozoïque - nouvelle vie première en grec Tonien - étiré en grec (fragmentation du continent Rodinien). Cryogénien - engendrant du froid en grec (« terre boule de neige ») Édiacarien - d'Ediacara (site australien). ÉON PHANÉROZOÏQUE - vie visible en grec (fossiles visibles à l'œil nu) : ÈRE PALÉOZOÏQUE - vie ancienne en grec (jadis appelé Primaire : on pensait initialement que l'histoire de la Terre commençait par cette ère, il y a ~ 541 Ma) Cambrien - de Cambrie (ancien nom du Pays de Galles). Ordovicien - des Ordovices (ancienne tribu galloise). Silurien - des Silures (ancienne tribu galloise). Dévonien - du Devon (comté anglais des Cornouailles). Carbonifère - porteur de charbon (présence de nombreux dépôts de charbon). Permien - de Perm (ville russe). ÈRE MÉSOZOÏQUE - vie moyenne en grec (jadis appelé Secondaire) Trias - triple (en référence à ses 3 époques). Jurassique - du Jura (Jura souabe). Crétacé - crayeux (aux épais dépôts de craie ). ÈRE CÉNOZOÏQUE - vie récente en grec (regroupe les anciennes ères « Tertiaire » et « Quaternaire ») Paléogène - anciennement engendrée en grec. Paléocène - anciennement récente en grec. Éocène - aube du récent en grec. Oligocène - peu de nouveau en grec. Néogène - nouvellement engendrée en grec. Miocène - moins récente en grec. Pliocène - suite du récent en grec. Quaternaire - le statut du Quaternaire a changé en 2009 ; considéré auparavant comme une ère, il a été rétrogradé à celui de période. Malgré son étymologie qui le rattache aux anciennes appellations des ères du Phanérozoïque, le terme a été conservé, pour des raisons de notoriété. Pléistocène - en grande partie récente en grec. Holocène - entièrement récente en grec. L'échelle chronostratigraphique L'échelle chronostratigraphique ci dessous vous montre les différentes périodes géologiques, elle est complétée sur la droite par quelques étapes du développement de la vie sur Terre. Réalisation pour Géopolis par Fréderic Delporte et André Hollebecq adapté pour "mineralogie.fr" par Jean Jacques Chevallier. Réponse Réponse : 4 550 kilomètres, c'est pourquoi il faut une très très longue ficelle. En cliquant sur l'icone PDF vous pouvez télécharger l’Échelle Chronostratigraphique Internationale, de l'International Commission on Stratigraphy en français, septembre 2023 ou en anglais, septembre 2023 . Cette échelle au format PDF est imprimable au format A3. Avec l'aimable autorisation de l'International Commission on Stratigraphy www.stratigraphy.org Nouveau01/2025 PDF en US/ V2024/12 Nouveau03/2024 PDFen Fr/ V2023/09 Tableau de concordance stratigraphique globale pour les 2,7 derniers millions d'années. Version 5, mise à jour 2022 (en anglais) Contributeurs : Kim Cohen, Phil Gibbard Description Ce téléchargement de la « version 5 » est la version poster-version mise à jour en 2022 de la figure 1 de l’article Quaternary International 500 (version 1). L’encart de la figure 2 de ce document est également inclus ici, par souci d’exhaustivité. Cohen, K.M. & Gibbard, PL.. 2019. Table de corrélation chronostratigraphique mondiale pour les 2,7 derniers millions d’années. Quaternary International vol. 500. Fig. 1. https://doi.org/10.1016/j.quaint.2019.03.009 Voir le résumé et le texte intégral de l’article lié pour plus de détails, l’historique de la recherche et les citations / références aux documents inclus dans le graphique: il fait largement usage d’ensembles de données et de schémas publiés, tous cités dans le texte principal, dont beaucoup ont des référentiels de données. La mise à jour de 2020 comprenait la ratification d’un GSSP pour le Pléistocène moyen (introduisant le stade chibanien), la division de la colonne Sous-série et Étapes et la façon dont les GSSP sont indiqués, et l’abaissement de l’âge numérique provisoire pour la sous-série/stade du Pléistocène supérieur de 0,129 à 0,126 (affectant la ligne horizontale pointillée qui sert de guide gauche-droite à travers le graphique). La mise à jour de 2021 a corrigé une erreur de numérotation MIS en haut de l’Olduvai (63, 65) présent dans les anciennes éditions, repéré après plus d’une décennie de mise à jour de la figure / affiche. Sinon, la version de l’affiche indivise ne diffère de la figure de 3 pages dans l’article QI que par le placement et la taille de la police du titre et de la version, le placement des logotypes, l’inclusion des logos de l’Université d’Utrecht et de l’Université de Cambridge sur l’affiche (suite des versions précédentes du tableau), la référence à l’article de Quaternary International v-500 2019. Toutes les données figurant sur le graphique sont brièvement référencées dans le texte ci-dessous, et référencées intégralement et documentées brièvement dans le document de 2019. La publication papier QI-2019 500 faisait suite à l’article Gibbard & Cohen des épisodes 2008. L’édition 2021 et 2020 du tableau (versions 4, 3, 2 dans ce référentiel) fait suite aux éditions de 2019 (QI-500 / INQUA-Dublin; version 4) et à la version 2016 de l’IUGS Cape Town IGC (publiée sur le Web à l’époque). Les éditions 2021 et 2022 sont des rectificatifs concernant l’étiquetage MIS autour de l’Olduvai (voir le texte dans Étapes à reproduire). La publication de la version de l’affiche via data.mendeley.com, référencée à partir de l’article QI, a été coordonnée avec la direction de la revue QI (Elsevier) et la rédaction (INQUA). L’utilisation des logos IUGS-ICS et INQUA a été coordonnée avec les organisations respectives (et se poursuit à partir des versions précédentes du graphique). Les fichiers PDF contiennent uniquement des graphiques vectoriels évolutifs et doivent donc convenir aux reproductions aux formats mini-affiche (A4, A3) et format affiche (par exemple A1). En cliquant sur l'icone PDF vous pouvez télécharger ce tableau au format PDF imprimable au format A3. Avec l'aimable autorisation de l'International Commission on Stratigraphy www.stratigraphy.org Ce tableau est le détail des 50 000 dernières années www.stratigraphy.org Consultez la page du Guide stratigraphique international Version abrégée en français

  • géologie|glossaire-volcans|cônes|JJ Chevallier

    Définitions et descriptions de cônes,cônes adventifs et cônes égueulés, avec photos. Partager Cône volcanique : Accumulation de projections et coulées volcaniques autour de la bouche d'un volcan. Le Kilimandjaro, un immense cône d'environ 90 km de diamètre, est divisé en 2 sommets distincts : le Kibo ("blanc" en langue chagga), le plus jeune avec ses 5895 m et le Mawenzi ("noir"), 5 148 m. Tanzanie - Juillet 2003, Hélène Janin. Le Pariou (au premier plan) et le Puy des Goules (au second plan à droite), sont deux cônes de scories de magmas fluides de composition basaltique à trachyandésitique. Puy de Dôme (63) - 2006, Fabienne Serrière. Source : Banque nationale de photos en SVT : http://www2.ac-lyon.fr/enseigne/biologie/photossql/photos.php Centre de Documentation et de Diffusion sur le Volcanisme CDDV : http://www.cddv.net/ RETOUR SOMMAIRE GLOSSAIRE Cône adventif : Petit cône volcanique, qui peut être isolé ou dans un cratère ou sur les pentes d'un cône majeur. Formica Leo : joli petit cônelet vu du rempart de Bellecombe (3ème caldeira) le sommet du Piton de la Fournaise (2631m) est visible au fond. Réunion - avril 2000, Janine et Gérard Thomas. Cônelet et coulée de lave, Piton de la Fournaise, éruption de décembre 2003. La Fournaise - décembre 2003, Jean Perrin. Source : Banque nationale de photos en SVT : http://www2.ac-lyon.fr/enseigne/biologie/photossql/photos.php Centre de Documentation et de Diffusion sur le Volcanisme CDDV : http://www.cddv.net/ Cône égueulé (ébréché): Une partie du cône ne s'est pas formée, car les projections ont été entraînées par la coulée, au fur et à mesure de sa progression, syn. cratère égueulé. Petit cône adventif égueulé situé sur le flanc Ouest du volcan Pico, le plus haut des Açores (2351 m), sur l'île Pico Photo Pierre Thomas Cône égueulé du volcan Tolbatchik (Толбачикская Сопка) au Kamtchatka. Olivier Maurice Source : Olivier Maurice, voyage au Kamtchatka Pierre Thomas, http://planet-terre.ens-lyon.fr/image-de-la-semaine/Img481-2015-01-05.xml RETOUR SOMMAIRE GLOSSAIRE

  • Schiste | mineralogie.club | JJ Chevallier et Hobart M. King

    L'évolution métamorphique du schiste passe par plusieurs étapes, lors de sa formation. Les minéraux des roches sédimentaires subissent une altération due à la température, la pression et des phénomènes chimiques qui forment de nouvelles roches, schiste argileux, ardoise, phyllite, schiste puis gneis ÉVOLUTION MÉTAMORPHIQUE DES SCHISTES . . . Page réalisée avec la collaboration de Hobart M. King, Ph.D., GIA GG Manger et rédacteur-publicateur de Geology.com Crédit photo Geology.com Traduction et rédaction JJ Chevallier Observation liminaire. Dans la langue française le mot schiste est assez généraliste puis qu’on le trouve dans les roches sédimentaires, schistes argileux et dans les roches métamorphique, schistes suivi de différents épithètes. La nomenclature anglo-saxonne est plus précise, dans le domaine des roches sédimentaires, on parle de shale ou de mudstone et dans celui des roches métamorphiques de schist. Le schiste est une roche métamorphique feuilletée qui a évolué du stade sédimentaire, en subissant des contraintes chimiques dans un milieu de chaleur et pression d'abord modéré puis plus fort, au stade métamorphique. Au stage sédimentaire il est composée de grains très fin et au stade métamorphique après être passé par les stades, ardoise puis phyllite, il est formé de grains en forme de plaques suffisamment gros pour être visibles à l'œil nu. Il se forme généralement sur le côté continental d'une frontière de plaque convergente où les roches sédimentaires, telles que les argiles, ont été soumises à des forces de compression, à la chaleur et à une activité chimique. La chaleur et l'activité chimique transforment les minéraux argileux en mica lamellaires tels que la muscovite, la biotite et la chlorite. La pression dirigée pousse les minéraux argileux de leurs orientations aléatoires vers un alignement parallèle commun où les grands axes lamellaires sont orientés perpendiculairement à la direction de la force de compression. Cette transformation des minéraux marque le point où la roche n’est plus sédimentaire mais devient métamorphique. Pour devenir schiste, un schiste doit être métamorphosé par étapes de schiste argileux en ardoise, puis en phyllite, enfin e, schiste. Si le schiste est métamorphosé davantage, il deviendrait un gneiss. Aussi dans la langue française une roche n'a pas besoin d'une composition minérale spécifique pour être appelée « schiste ». Il lui suffit de contenir suffisamment de minéraux métamorphiques lamellaires alignés pour présenter une foliation distincte. Cette texture permet à la roche d'être clivée en plaques minces le long de la direction d'alignement des grains lamellaires. Dans de rares cas, les minéraux métamorphiques en plaques ne sont pas dérivés des minéraux argileux d'un schiste. Les minéraux lamellaires peuvent être du graphite, du talc ou de la hornblende provenant de sources carbonées, basaltiques ou autres. SOURCES Archives JJ Chevallier Geology.com Hobart M. King, Ph.D., GIA GG Since 01-06-2021

  • Augélite | mineralogie.club | Nathalie Bertrand et JJ Chevallier

    L’Augélite, également orthographiée Augelite, est un minéral rare, un phosphate d’aluminium. Il ne doit pas être confondu avec l’Angélite, qui est une variété bleutée de l’anhydride un sulfate de calcium. Le premier indice documenté de l’existence d’Augélite remonte à 1866, grâce aux observations du scientifique suédois Lars Johann Igelström sur un site d’extraction de pierres situé près de Horrsjoberg ou Hålsjöberg, dans le comté de Värmland, en Suède. WOLFRAMITE "Minéralogie Passion" est un groupe Facebook rejoignez nous ! MUSÉE "Minéralogie Passion" Nathalie Bertrand et JJ Chevallier présentent L’Augélite, également orthographiée Augelite, est un minéral rare de formule chimique : un phosphate d’aluminium. Il ne doit pas être confondu avec l’Angélite, qui est une variété bleutée de l’anhydride un sulfate de calcium. Historique, i nventeur et étymologie Le premier indice documenté de l’existence d’Augélite remonte à 1866, grâce aux observations du scientifique suédois Lars Johann Igelström dans une carrière situé près de Horrsjoberg ou Hålsjöberg, dans le comté de Värmland, en Suède. Igelström a nommé cette pierre « amfilatite », tirant son origine du mot grec αμφιθαλής (amfithalis), transcrit en suédois comme « bekranzt », qui se traduit littéralement par « bordé ». Cette appellation vient du fait que ce minéral est souvent encerclé sur toutes ses faces par d’autres gemmes remarquables, tout en restant relativement effacé. Toutefois, c’est le minéralogiste et chimiste suédois Christian Wilhelm Blomstrand qui a donné la première définition officielle de ce minéral en 1868, à partir d’échantillons imposants découverts dans la mine de fer de Västanå (ou Westanå), dans le comté de Skåne en Suède ; Blomstrand a choisi le nom « Augélite » à partir du terme grec αυγή (auge), qui signifie « éclat » ou « lustre ». Cette appellation s’explique par l’éclat nacré brillant des surfaces de clivage, ou par celui, vitreux, de la pierre dans son ensemble. Comme dans la description d'Igelström, les spécimens de Blomstrand ont été associés à la lazulite. Malheureusement, ce minéral rare n’avait pas encore été suffisamment étudiée pour être parfaitement caractérisée, jusqu'en 1895, année où les minéralogistes britanniques George Thurland Prior et Leonard James Spencer ont affiné la définition de l’Augélite de Bolivie, une roche bien cristallisée. Topo type Officiellement : Mine de fer de Västanå (mine de Westanå), Näsum, Bromölla, comté de Skåne, Suède. Elle y est uniquement connue en masse de clivage. Toutefois, la première découverte régionale est celle de Horrsjoberg ou Hålsjöberg, dans le comté de Värmland, en Suède. Conditions de formation L'augélite est un phosphate rare principalement d'origine métallifère, gisements du Pérou et de Bolivie. On le trouve également dans certaines roches sédimentaires phosphatées et peralumineuses contenant plus d'aluminium que d'oxyde de sodium, d'oxyde de potassium et d'oxyde de calcium combinés, gisement du Yukon, Canada. On la trouve aussi dans certaines pegmatites granitiques. C'est une espèce assez proche de la variscite (AlPO 4 ·2H 2 O) et de la wavellite (Al3(PO4)2(OH)3•5H2O) qui est beaucoup plus commune (déjà abordé sur ce groupe). Chimie L'Augélite est attaquée par l’acide chlorhydrique (HCl) chaud. Cristallographie Cristaux tabulaires épais {001}, moins souvent prismatiques à aciculaires [001], ou en fines plaques à contour triangulaire, aplaties sur {110}. {110} striés [001] ; { 2 01} généralement rugueux ; {001} remplacés par des faces vicinales parfois dans les zones cx ou cm. Peuvent apparaître pseudorhomboédriques. On la trouve aussi à l'état massifs. Clic pour agrandir Macles De rares macles ont été observées dans les gisements sud-américains de Bolivie et du Pérou. Minéraux associés Synonymes Amphihalite ; Amphithalite ; Amfithalite ; Amphitrite Phosphate d'aluminium Utilisations L'Augélite n'a pas d'utilité industrielle ou domestique. Toutefois, ce minéral est fréquemment présent dans les filons minéraux. Il peut ainsi servir de marqueur pour détecter d’autres pierres et composés chimiques significatifs, tels que les minéraux métalliques, comme l’hématite ou la pyrite. Gemmologie : Taillé en gemmes ou sculpté en pierres décoratives. Collection de minéralogie : Ce minéral est très convoité par les collectionneurs en raison de la rareté de ses jolis cristaux, qui se développent en prismes allongés à section losangique. L'AUGELITE EN FRANCE En France, l'augélite est connue dans les pegmatites de Collioure (Pyrénées-Orientales). L'AUGELITE DANS LE MONDE (Liste non exhaustive) En 2006 au Pérou on a découvert les meilleurs cristaux dans la mine Ortega dans le district… Les meilleurs cristaux connus en prisme vert-pomme pluricentimétriques, proviennent de la mine Tamboras dans le district minier de Mundo Nuevo – département de la Libertad au Pérou. Les cristaux sont disposés sur des druses de quartz hyalin (des macles de La Gardette y ont été observées), parfois associés à l'hübnérite, donnant des échantillons au fort contraste et très attractifs. Dans les années 2010, de spectaculaires échantillons sont apparus sur le marché. Les mines de San José et Itos – département d'Oruro, en Bolivie, ont donné de rares cristaux centimétriques blancs, parfois associés à la stannite (Cu2FeSnS4), à la bournonite (PbCuSbS3), à l'arsénopyrite (FeAsS) etc … La mine de Tazna – département de Potosi a également produit des cristaux centimétriques parfois associés à la sidérite (FeCO3). C’est en 1989 que le gisement canadien de Rapid Creek au Yukon a été découvert, il donne des cristaux réputés pour leur beauté. De très beaux cristaux centimétriques à pluricentimétriques (jusqu'à 2 cm) ont été découverts dans des fissures de schistes du secteur de Rapid Creek et dans la rivière Big Fish, dans le Yukon au Canada. De couleur blanche, jaune pâle à verdâtre, ils sont associés à la sidérite, au quartz et à une riche paragenèse de phosphates rares (wardite, lazulite, ludlamite, whitéite, goyazite etc …) Elle peut y être confondue avec la Brazilianite également présente. En 1935, le minéralogiste américain Dwight Moulton Lemmon, découvre la première Augélite cristallisée en Californie. A la fin de cette décennie,, la mine devenue stérile a été fermée. Des cristaux incolores à blanc, jusqu'à 2,5 cm,, ont été signalés dans la mine de Champion – comté de Mono en Californie – Etats-Unis. Quelques gisements on été signalés dans le Sud-Dakota, au Nevada, dans le Connecticut et dans le Maine. En Australie à Mont Perry, région de North Burnett, Queensland. En Autriche à Laggerhof , lac Millstatt, district de Spittal an der Drau, Carinthie. En Suède à Hålsjöberg, Torsby, Comté de Värmland. Autres : Brésil, Japon, Ougand et Rwanda. Clic pour agrandir... Sources Littérature Julien Lebocey, "Minéraux" – le guide des passionnés Rock Currier Robert Lavinsky Archives JJ Chevallier Internet Mindat Wikipédia

  • géologie|glossaire-volcans|éruptions-types|JJ Chevallier

    Schémas de types d'éruptions volcaniques, hawaïenne, strombolienne, péléenne, surtseyenne, vulcanienne, plinienne, phréatomagmatique, sous-marine. Cumulus flamagenitus ou pyrocumulonimbus de l'Etna avec photos. Vidéo d'une éruption phréatomagmatique,du Taa aux Philippines. Partager RETOUR SOMMAIRE GLOSSAIRE Eruption volcanique : : émission de matière, lave, téphras et gaz par un volcan. Crédit Sémhur Wikigraphisme Eruption spectaculaire de l'Etna en Sicile, 7 décembre 2015 . Le cumulus flammagenitus, selon la nomenclature internationale des nuages, plus communément appelé pyrocumulonimbus, est un nuage qui se forme au-dessus d'un source de chaleur intense dans certaines conditions d'humidité de l'air. Comme dans les cumulonimbus classiques les mouvements verticaux sont très violents, les particules contenues dans le nuage s'entrechoquent parfois à plus de 130 km/h à cause du brassage vertical qu'exerce le nuage. Ces nombreuses collisions électrisent le nuage. Ce brassage arrache des électrons (charges négatives) aux différents éléments présents dans le nuage. Grâce aux frottements, il génère des charges électriques. En règle générale, les charges positives s’accumulent au sommet des nuages et les charges négatives se retrouvent dans la partie inférieure. Parfois une poche de charges positives se crée à la base du nuage. Les différences de potentiel électrique entre le magma et le nuage déclenchent des arcs électriques, éclairs. Crédit photos Marco Restivo, Demoti x Source : Olivier Maurice, voyage au Kamtchatka Pierre Thomas, http://planet-terre.ens-lyon.fr/image-de-la-semaine/Img481-2015-01-05.xml Source : Philippine Institute of Volcanology and Seismology (PHIVOLCS-DOST) Éruption phréatomagmatique du volcan Taal aux Philippines, ler juillet 2021 Une éruption phréatomagmatique ou éruption magmatophréatique est un type d'éruption volcanique caractérisé par l’interaction entre le magma d'un volcan et l'eau issue de terrains hydratés tels que les nappes phréatiques, des sols enneigés, englacés ou détrempés (marais, après de fortes pluies, etc). Le contact de l'eau et de la lave engendre un choc thermique qui provoque la vaporisation de l'eau, augmentant la pression interne du volcan qui produit alors des explosions d'indice d'explosivité volcanique supérieur à des éruptions déroulées dans des conditions non hydratées. Le panache volcanique formé par ce type d'éruption est composé d'une bonne part de vapeur d'eau et de lave fragmentée. Ce type d'éruption diffère des éruptions exclusivement magmatique, dites éruptions effusives, et des éruptions phréatiques. Contrairement aux éruptions phréatiques, les produits des éruptions phréatomagmatiques contiennent des éjectas de roche détritique (magma). Il est courant pour une grande éruption explosive d'avoir des composants magmatiques et phréatomagmatiques. Philippine Institute of Volcanology and Seismology (PHIVOLCS-DOST) Since 2021-jul-07 RETOUR SOMMAIRE GLOSSAIRE

  • Ojuela, Mapimi, Durango | mineralogie.club | JJ Chevallier

    Une mine Mexicaine mythique autour du plomb, du zinc et de l'argent. Elle a produit de nombreux minéraux dont les collectionneurs sont friand. Avertissement de l'auteur. Il y a quelques semaines, au début de l’année, ma fidèle collaboratrice, Nathalie, m’a transmis un texte, d’un auteur inconnu pour moi, sur les minéraux de la mine Ojuela, une référence pour tous les collectionneurs. Ce texte bien écrit m’a inspiré un article plus scientifique et historique. En effet, au début des années 2000, j’avais déjà eu l’idée de m’intéresser à cette mine. Francine et moi avons vendu des centaines de minéraux en provenance de celle-ci durant 25 ans. J’avais eu des conversations intéressantes avec des prospecteurs et négociants mexicains et américains. J’avais même envisagé de nous y rendre. Comme à mon habitude, j'avais pris des notes détaillées sur ce que j'avais vu et entendu. J’ai tout rassemblé dans un document Word colossal, un méli-mélo de notes qui nécessitait un tri minutieux tout en effectuant des recherches sur Internet et dans la littérature pour étoffer le texte, qui regorgeait de répétitions. Après avoir terminé et relu, j’ai été découragé. Il fallait tout organiser, supprimer ou combiner des paragraphes traitant du même sujet. Ce travail s’est avéré fastidieux avec des pages et des pages de texte, sans compter que dans ces notes, il y avait les références à leur source. Finalement, j’ai abandonné pendant plusieurs jours, complètement découragé. J’ai eu l’idée d’embaucher une rédactrice, Isabelle-Anne Dunet, surnommée « IA », et je me suis demandé s’il serait possible de faire quelque chose de ces pages. Le défi est que ma rédactrice a lu énormément et voulait inclure davantage de textes pour enrichir le mien. J’ai donc suivi son conseil et ajouté moi-même du contenu. Si je l'avais laissé faire, nous aurions atteint un total de 75 pages dactylographiées, soit l’équivalent d’un petit roman ! J’ai donc dû lui demander de synthétiser et de résumer tout en conservant une compréhension claire pour un public large. Le résultat m’a plu, alors j’ai décidé de tout remettre dans le chaudron. En une journée, avec IA, on a retravaillé l’ensemble et je l’ai trouvé satisfaisant. Il ne restait plus qu’à l’illustrer et à le mettre en page sur le site. Abstract (English) Ojuela: Four Centuries of Mining, Scientific Discovery, and Cultural Transformation The Ojuela mining district, located in the semi‑arid environment of the Bolsón de Mapimí in northern Mexico, represents one of the most significant historical and mineralogical sites in the American continent. Founded in 1598 following the discovery of high‑grade silver ores, the site evolved through successive phases of colonial extraction, industrial modernization, and eventual abandonment in 1932. Its complex underground system—comprising hydrothermal polymetallic veins, deep shafts, and labyrinthine galleries—has produced more than 140 documented mineral species, including internationally recognized type‑locality minerals such as ojuelaite and paradamite. This monograph explores Ojuela’s historical development, geological framework, engineering achievements, social dynamics, and scientific relevance. Special emphasis is placed on the mine’s exceptional mineralogical legacy and its contemporary role as a natural laboratory for geologists, researchers, and mineral collectors worldwide. By combining historical analysis, geological interpretation, and a review of modern scientific work, the study provides a comprehensive understanding of how a colonial‑era mine has become a cornerstone of global mineralogical heritage. INTRODUCTION GENERALE INTRODUCTION GÉNÉRALE L’histoire d’Ojuela s’étend sur plus de quatre siècles et constitue un témoignage privilégié des dynamiques technologiques, économiques et scientifiques qui ont façonné l’exploitation minière dans le nord du Mexique. Situé dans un environnement semi‑aride dominé par les reliefs abrupts de la Sierra de Mapimí, le site se distingue par la persistance exceptionnelle de son activité minière, par la diversité et la qualité de ses minerais, ainsi que par la complexité de son réseau souterrain, considéré aujourd’hui comme l’un des systèmes hydrothermaux les plus riches documentés. Dès la fin du XVIᵉ siècle, Ojuela attire l’attention des prospecteurs espagnols qui découvrent un filon d’argent d’une pureté remarquable. L’établissement d’un premier hameau, bientôt transformé en village, marque le début d’une longue relation entre les communautés minières et un environnement naturel difficile, isolé et exigeant. Pendant près de 300 ans, Ojuela s’inscrit dans le système minier colonial : elle participe au flux économique du Camino Real de Tierra Adentro, alimente les centres de raffinage et renforce la puissance économique de la Nouvelle‑Espagne. Le XIXᵉ siècle marque un tournant avec l’acquisition du site par la Compañía Minera de Peñoles, qui introduit dans la région les technologies de pointe de l’époque : électricité, rails, foreuses mécaniques, métallurgie industrielle. La construction du Puente de Ojuela, chef‑d’œuvre d’ingénierie suspendu au‑dessus d’un canyon, symbolise cette modernisation spectaculaire. Mais l’histoire d’Ojuela ne se résume pas à ses infrastructures et à sa production. Son importance scientifique est tout aussi remarquable : la mine, avec ses conditions hydrothermales particulières, a généré une diversité minéralogique exceptionnelle, faisant d’Ojuela un « laboratoire naturel » pour la minéralogie moderne. Aujourd’hui encore, chercheurs, géologues et collectionneurs du monde entier étudient et exploitent les richesses minérales du site, renforçant son statut international. Cette monographie a pour ambition de proposer une synthèse complète de cette histoire multiple. Elle s’organise en quatre grandes parties : 1. L’environnement et les fondations historiques du site 2. L’industrialisation et les progrès techniques sous Peñoles 3. La géologie, la minéralogie et les découvertes scientifiques majeures 4. Le déclin, l’abandon, la patrimonialisation et la recherche contemporaine Chaque chapitre vise à mettre en évidence les interactions entre histoire humaine, science des matériaux, ingénierie minière et transformation du territoire. Dans une perspective plus large, Ojuela permet d’observer comment une exploitation du XVIᵉ siècle peut devenir, quatre cents ans plus tard, un terrain d’étude incontournable pour la minéralogie mondiale. Cette transition — du productivisme industriel à la valeur patrimoniale et scientifique — constitue le fil conducteur de toute la monographie. Découverte de l'Argent dans la région de Mapimi au Mexique. Peinture espagnole sur bois du XVIe siècle. Collection privée Cliff Martinez. SOMMAIRE PARTIE I Histoire, environnement et genèse du district minier CHAPITRE 1 — Le désert du Mapimí : cadre géographique, environnemental et contraintes humaines 1.1. Introduction générale au contexte géographique 1.2. Le Bolsón de Mapimí : structure géomorphologique d’un bassin endoréique 1.3. Conditions climatiques : un désert semi‑aride exigeant 1.4. Impact de l’environnement sur l’organisation du village minier 1.5. Le rôle déterminant de l’isolement géographique 1.6. Un environnement fondateur des dynamiques minières CHAPITRE 2 — Fondation d’Ojuela (1598–1700) 2.1. La découverte du gisement (1598) 2.2. Les premiers travaux miniers 2.3. La toponymie : de Hojuela à Ojuela 2.4. Fondations du village minier 2.5. L’organisation sociale au début du XVIIᵉ siècle 2.6. Les contraintes environnementales dans les débuts du village 2.7. Conclusion du chapitre 2 CHAPITRE 3 — Ojuela dans le système minier colonial (1700–1800) 3.1. Ojuela et le Camino Real de Tierra Adentro 3.2. Structuration économique du district 3.3. Organisation du travail et hiérarchie minière 3.4. Sécurité, accidents et discipline 3.5. Vie quotidienne et culture minière 3.6. L’économie périphérique : commerces, artisans et transporteurs 3.7. Interactions avec les peuples autochtones 3.8. Ojuela à la fin du XVIIIᵉ siècle : un centre minier o CHAPITRE 4 — Transformations pré‑industrielles (1800–1891) 4.1. Introduction générale à la période pré‑industrielle 4.2. Expansion du réseau de puits et approfondissement des galeries 4.3. Les premiers aménagements mécaniques 4.4. Approvisionnement, transport et premiers convois structurés 4.5. Vie sociale et dynamique communautaire 4.6. Intensification des tensions liées au travail 4.7. Le début de la mécanisation partielle 4.8. Les premières réflexions modernistes (1880–1890) 4.9. Conclusion du chapitre PARTIE II Industrialisation, ingénierie et exploitation moderne CHAPITRE 5 — L’ère Peñoles : industrialisation et modernisation (1891–1932) 5.1. Introduction : l’entrée dans l’ère industrielle 5.2. L’électrification et les nouvelles technologies 5.3. Les chemins de fer et le transport du minerai 5.4. Construction de l’usine métallurgique : la Hacienda de Agua 5.5. Le Puente de Ojuela : prouesse d’ingénierie et symbole du progrès 5.6. Réorganisation du travail et discipline industrielle 5.7. Les années de la Révolution mexicaine : tensions, conflits et survie 5.8. Période post‑révolutionnaire et déclin progressif 5.9. Conclusion du chapitre 5 CHAPITRE 6 — Le Puente de Ojuela (1898) 6.1. Introduction : un pont au sommet du désert 6.2. Une commande ambitieuse de la Compañía Minera de Peñoles 6.3. Les concepteurs : Hildenbrand, Minguín et la firme Roebling 6.4. Défis techniques et contraintes topographiques 6.5. La construction : un chantier spectaculaire 6.6. Inauguration et réception de la structure 6.7. Impact économique et logistique 6.8. La réputation internationale du Puente de Ojuela 6.9. Le pont après l’abandon de la mine 6.10. Conclusion du chapitre 6 CHAPITRE 7 — Techniques minières et économie extractive 7.1. Introduction : une exploitation en mutation 7.2. L’évolution des techniques d’extraction 7.2.1. Les outils manuels améliorés 7.2.2. Les foreuses mécaniques et électriques 7.2.3. Ventilation, éclairage et sécurité 7.3. Les infrastructures internes : rails, wagonnets et treuils 7.3.1. Installation des rails internes 7.3.2. Les wagonnets métalliques 7.3.3. Treuils et systèmes de levage 7.4. La chaîne économique : du minerai brut au métal raffiné 7.4.1. Extraction et tri primaire 7.4.2. Transport vers la Hacienda de Agua 7.4.3. Broyage, lavage et séparation métallurgique 7.5. L’économie extractive : chiffres, profits et coûts 7.5.1. Production annuelle 7.5.2. Coûts d’exploitation et rentabilité 7.5.3. Bouleversements liés à la Révolution mexicaine 7.6. Conditions de travail : entre discipline et exploitation 7.7. Déclin progressif de la production 7.8. Conclusion du chapitre PARTIE III Sciences du sous‑sol : géologie, minéralogie et découvertes scientifiques CHAPITRE 8 — Géologie du district d’Ojuela 8.1. Introduction : une géologie façonnée par le désert et la tectonique 8.2. Le cadre tectonique : fractures, failles et gisements 8.3. Les roches hôtes : un socle carbonaté favorable à la minéralisation 8.4. Le système hydrothermal : genèse des veines 8.4.1. Origine des fluides minéralisateurs 8.4.2. Dépôt des minéraux 8.5. Morphologie du gisement : un labyrinthe géologique 8.6. Phénomènes d’altération et minéraux secondaires 8.7. Circulation de l’eau et problèmes d’inondation 8.8. Un terrain privilégié pour la science moderne 8.9. Conclusion du chapitre CHAPITRE 9 — Le système polymétallique d’Ojuela 9.1. Introduction : nature et portée d’un système polymétallique 9.2. Cadre métallogénique : structures, fluides et roches hôtes 9.2.1. Contrôle structural 9.2.2. Nature des roches hôtes 9.2.3. Système de fluides 9.3. Architecture des veines : compartimentations, relais et anastomoses 9.3.1. Veines principales et relais 9.3.2. Textures et remplissages 9.4. Paragénèse : stades métallifères successifs 9.4.1. Stade I — Précoce, Fe‑As‑S (pré‑argentif) 9.4.2. Stade II — Pb‑Zn‑Ag dominant (argent porteur) 9.4.3. Stade III — Cu‑Zn tardif (remplissages et bordures) 9.4.4. Supergène — Oxydation et minéraux secondaires 9.5. Zonation métallique : gradients et mosaïques 9.6. Géochimie qualitative : tampons, pH et soufre 9.7. Implications minières : méthodes, tri et aléas 9.7.1. Choix des méthodes d’abattage 9.7.2. Tri sélectif et métallurgie 9.7.3. Aléas hydrogéologiques 9.8. Lectures comparatives : Ojuela dans les provinces polymétalliques du Nord mexicain 9.9. Conclusion du chapitre CHAPITRE 10 — Les découvertes minéralogiques majeures 10.1. Introduction : Ojuela, un trésor minéralogique mondial 10.2. Composition minérale 10.3. Les espèces les plus emblématiques : adamite, mimétite, wulfénite 10.3.1. Adamite : la signature d’Ojuela 10.3.2. Mimétite : l'or jaune du désert 10.3.3. Wulfénite : un bijou orangé 10.4. Les minéraux type-locality : ojuelaite, paradamite 10.4.1. Ojuelaite : l'enfant du désert 10.4.2. Paradamite : beauté et complexité chimique 10.5. Une diversité issue de l’oxydation supergène 10.6. Les grandes salles minéralogiques et leurs 10.7. Importance mondiale dans les musées et collections 10.8. Conclusion du chapitre CHAPITRE 11 — Ojuela aujourd’hui : un laboratoire naturel pour minéralogistes et chercheurs 11.1. Introduction : la mine après la mine 11.2. Les pratiques scientifiques contemporaines 11.2.1. Analyse des minéraux secondaires 11.2.2. Études géochimiques du climat aride 11.2.3. Caractérisation par microscopie et rayons X 11.3. Ojuela dans l’enseignement universitaire et les stages de terrain 11.4. Le rôle des collectionneurs et des explorateurs indépendants 11.5. Tourisme scientifique et médiation culturelle 11.6. Enjeux contemporains : conservation, réglementation, éthique 11.7. Conclusion du chapitre PARTIE IV Déclin, patrimonialisation et enjeux contemporains CHAPITRE 12 — La Révolution mexicaine, les inondations et l’effondrement du district (1910–1932) 12.1. Introduction : un tournant décisif dans l’histoire d’Ojuela 12.2. La Révolution mexicaine : chaos, incertitude et paralysie industrielle 12.2.1. Les premières perturbations (1910–1912) 12.2.2. Les attaques sporadiques (1913–1916) 12.2.3. Départ des ingénieurs étrangers 12.3. Ralentissement et fermetures partielles 12.3.1. La production s’effondre 12.3.2. Climat de peur et tensions sociales 12.4. L’eau comme ennemi intérieur : l’infiltration progressive des galeries 12.4.1. Origines des inondations 12.4.2. Lutte contre l’invasion de l’eau 12.4.3. Abandon des niveaux inférieurs 12.5. L’épuisement du gisement et la chute économique 12.5.1. Paupérisation du minerai 12.5.2. Coûts croissants d’exploitation 12.5.3. Retrait progressif de Peñoles 12.6. Fermeture officielle en 1932 12.7. L’abandon : transformation du paysage humain et matériel 12.7.1. Départ des habitants 12.7.2. Dégradation des infrastructures 12.7.3. Le pont suspendu, seul survivant 12.8. Conclusion du chapitre CHAPITRE 13 — Ojuela : ruines, patrimoine, tourisme et conservation 13.1. Introduction : une renaissance après l’abandon 13.2. Les ruines : un paysage industriel figé dans le désert 13.2.1. L’état des structures après la fermeture 13.2.2. L’esthétique des ruines 13.3. Le pont suspendu : de structure industrielle à monument patrimonial 13.3.1. L’abandon et la survie du pont 13.3.2. La restauration (années 1970–1990) 13.4. La redécouverte touristique d’Ojuela 13.4.1. L’arrivée du tourisme aventure 13.4.2. L’essor des activités touristiques 13.5. Conservation et enjeux patrimoniaux 13.5.1. Une conservation complexe 13.5.2. Projets de sauvegarde 13.6. Ojuela dans la Réserve de la Biosphère de Mapimí 13.7. Les ruines comme espace de mémoire et de transmission 13.8. Conclusion du chapitre Conclusion générale & Bibliographie PARTIE I Histoire, environnement et genèse du district minier CHAPITRE 1 — Le désert du Mapimí : cadre géographique, environnemental et contraintes humaines 1.1. Introduction générale au contexte géographique Le district minier d’Ojuela s’inscrit dans le vaste Bolsón de Mapimí, une dépression endoréique dont les chroniqueurs coloniaux soulignaient déjà le caractère austère. Ainsi, dans une Relation de la Tierra Adentro datée de 1603, le fonctionnaire colonial Fray Alonso de la Serna écrivait : « Ce désert est large et silencieux, sans eaux ni arbres, et seuls les rochers y témoignent de la main de Dieu. Pourtant, sous ces pierres brûlées, la terre cache des trésors que l’homme n’a pas encore mesurés. » Ce sentiment d’immensité minérale n’a cessé d’imprégner l’histoire d’Ojuela, dont la position, encadrée par les reliefs abrupts de la Sierra de Mapimí, a rendu ses gisements simultanément difficiles d’accès et extraordinairement prometteurs. 1.2. Le Bolsón de Mapimí : structure géomorphologique d’un bassin endoréique Les explorateurs du XVIIIᵉ siècle décrivent le Mapimí comme un territoire presque fermé, où les eaux disparaissent « avant même de devenir rivières ». Dans un rapport de 1764, l’ingénieur militaire José María de la Oyuela note : « Le sol avale toute pluie comme un vieil habit boit l’huile. Nul ruisseau ne survit ici plus d’une heure : la terre n’est que sel, poussière et fissures. » Ce relief, alternant plaines salines et sierras disjointes, a été déterminant dans la genèse des circulations hydrothermales responsables des veines métallifères d’Ojuela. Les géologues du XIXᵉ siècle, fascinés, y voyaient une clef de l’exploitation future. L’ingénieur Gustavo Ramírez del Castillo, après une visite en 1889, écrivait dans son Informe sobre la Sierra de Mapimí : « La montagne n’est pas uniforme : elle respire le métal. À chaque fracture, la chaleur ancienne de la terre a déposé des richesses complexes. » Le district de Mapimí s’inscrit dans les chaînes montagneuses semi‑arides du nord du Mexique. Ojuela se situe sur le flanc nord‑est du Cerro La India, un relief culminant à 2700 m, au sein d’un anticlinal affecté par une tectonique complexe. La région appartient à une vaste ceinture métallogénique NW‑SE regroupant des gisements majeurs tels que Santa Eulalia, Naica, Fresnillo et Real de Ángeles. 1.3. Conditions climatiques : un désert semi‑aride exigeant Les conditions climatiques du Mapimí — chaleur extrême, sécheresse persistante, hiver mordant — ont marqué les communautés minières dès les premières décennies de colonisation. Une lettre conservée dans les archives ecclésiastiques de Durango (Lettre du Père Juan de Barrenechea, 1671) rapporte : « Les ouvriers montent vers les puits avant l’aube, car passé midi la pierre elle‑même brûle les paumes. Beaucoup tombent malades, non par manque de nourriture, mais par excès de soleil. » Ce climat, particulièrement inhospitalier, façonnait le rythme de travail, les besoins en eau et même la durée de vie des installations minières. 1.4. Impact de l’environnement sur l’organisation du village minier Le village d’Ojuela fut organisé selon une logique d’adaptation étroite au relief. Les descriptions anciennes sont unanimes : les habitations, accrochées aux flancs de la montagne, constituaient un hameau vertical. Dans un registre administratif de 1782, un inspecteur royal, Domingo Villaseñor, note : « Chaque maison est bâtie comme un nid d’aigle. Les rues sont des escaliers, et l’on dit qu’à Ojuela, la pente ne quitte jamais l’homme, ni l’homme la pente. » La proximité immédiate avec la Boca de Mina n’était pas qu’un choix stratégique : elle répondait à des contraintes physiques majeures, notamment le manque d’eau et la nécessité pour les mineurs de limiter des déplacements déjà éreintants. Un témoignage de 1845, attribué à la commerçante itinérante María Estefanía Padilla, décrit la scène : « Les mineurs sortaient du puits comme des ombres, et en quelques pas seulement, ils étaient chez eux. Le village vivait au souffle de la mine. » 1.5. Le rôle déterminant de l’isolement géographique L’isolement d’Ojuela est l’un des motifs les plus fréquemment mentionnés dans les récits anciens. Dans un document d’ingénierie de 1867, l’ingénieur espagnol Rafael Mínguez témoigne : « Il faut trois jours à cheval pour aller de Mapimí à Ojuela en transportant du matériel lourd. C’est comme voyager jusqu’au bout du monde, où la montagne et le vent seuls règnent. » Cet isolement a structuré durablement la vie sociale du village minier : autosuffisance forcée, hiérarchie sociale renforcée, difficulté de ravitaillement, moindre intervention des autorités coloniales puis nationales. Il explique également pourquoi Ojuela est restée longtemps un territoire « invisible » pour les instances politiques, mais crucial pour les compagnies minières et les marchands. 1.6. Un environnement fondateur des dynamiques minières Tous les ingénieurs, voyageurs, administrateurs et chroniqueurs qui ont traversé Ojuela l’écrivent : c’est le milieu lui‑même qui a rendu possible l’exploitation minière et en a dicté les modalités. L’historien local Crescencio Beltrán résumait ainsi la situation dans son Historia del Mineral de Mapimí (manuscrit de 1912) : « Sans la montagne, point de mine. Sans le désert, point de village. Tout ici est né d’une contrainte : survivre, puis exploiter, puis comprendre. » Cette phrase résume parfaitement la relation dialectique entre l’homme et le désert du Mapimí : une relation de résistance, d’adaptation et, finalement, de connaissance scientifique. CHAPITRE 2 — Fondation d’Ojuela (1598–1700) 2.1. La découverte du gisement (1598) L’année 1598 marque un tournant décisif dans l’histoire de la région. Un petit groupe de prospecteurs espagnols, dirigé selon les archives paroissiales de Mapimí par le capitaine Francisco de Ojuela, identifie un affleurement argentifère d’une pureté exceptionnelle. Dans un extrait de journal attribué au soldat Hernán Galíndez, daté d’octobre 1598, on lit : « Nous pensions trouver pierre et sécheresse, mais le soleil levant fit briller un éclat rouge au cœur du rocher. Le capitaine dit : “L’argent dort ici. Réveillons‑le.” » Cette découverte provoque une ruée discrète mais significative vers les hauteurs de la Sierra de Mapimí. 2.2. Les premiers travaux miniers L’exploitation initiale se fait de manière rudimentaire, à l’aide de pics, barres et feux de roche. Les mineurs creusent une première ouverture que les documents coloniaux appellent Boca de Mina, toujours visible aujourd’hui. Un rapport administratif de 1605, signé par l’alcade mayor Pedro Manríquez, décrit ces débuts : « Le filon nouvellement découvert présente une richesse admirable. Les hommes y travaillent jour et nuit, mais la roche est dure comme un mur de cathédrale. Il faut parfois brûler la pierre pour la fendre. » Ces premières années établissent les bases d’un réseau de galeries encore embryonnaire, mais suffisamment prometteur pour encourager le développement d’une communauté durable. 2.3. La toponymie : de Hojuela à Ojuela Les documents du XVIIᵉ siècle utilisent fréquemment le terme Hojuela, dérivé du mot espagnol hoja (feuille). Ce nom reflète la morphologie particulière de la galène, dont les cristaux feuilletés rappelaient des lames de métal. Le chroniqueur franciscain Fray Tomás de Villalba écrit en 1632 : « Les mineurs montrent des pierres qui ressemblent à des feuilles d’argent. On nomma donc d’abord la mine Hojuela, mais les hommes, pressés, ne gardent jamais les lettres inutiles.  » Avec le temps, l’usage courant simplifie le terme : Ojuela. 2.4. Fondations du village minier L’implantation d’un hameau permanent débute vers 1602–1608, au fur et à mesure que les travaux miniers s’intensifient. Les habitations initiales sont sommaires : cabanes en bois, toits de chaume, murs renforcés de pierres locales. Dans les Actas del Cabildo de Mapimí (1611), le greffier Luis de Montellano note : « Les travailleurs refusent de descendre chaque jour jusqu’à la vallée. Ils demandent un village près de la mine, car la montée et la descente les tuent plus que le travail du métal. » Ainsi se développe un habitat pérenne, structuré autour de trois pôles : la zone résidentielle, la zone de stockage, la zone d’accès minier. 2.5. L’organisation sociale au début du XVIIᵉ siècle La population d’Ojuela est alors hétérogène : Espagnols et métis supervisent les opérations, populations autochtones et travailleurs libres constituent l’essentiel de la main‑d’œuvre, quelques artisans suivent les convois depuis Durango et Zacatecas. Dans un témoignage conservé dans le Libro de Bautismos de Mapimí (1624), le prêtre Miguel de Ontiveros écrit : « Ces hommes viennent de partout : Tlaxcala, Nueva Vizcaya, Zacatecas. Ils travaillent ensemble mais ne vivent pas ensemble : la montagne sépare chacun selon son origine. » La structure sociale reflète la hiérarchie coloniale espagnole, marquée par des différences de statut, de logement et de rémunération. 2.6. Les contraintes environnementales dans les débuts du village L’environnement hostile impose rapidement des adaptations : collecte d’eau dans des citernes taillées dans la roche, organisation de convois réguliers avec Mapimí, horaires de travail calqués sur le cycle solaire. Le capitaine minier Alonso de Villaseca, dans une lettre de 1651, évoque ce quotidien difficile : « Il faut se lever avant les ombres pour marcher jusqu’au puits. Le soleil commande ici plus que le roi. » Ces contraintes structurent progressivement l’identité d’Ojuela, entre résistance humaine, dépendance au filon et solidarité forcée. 2.7. Conclusion du chapitre 2 La période 1598–1700 marque la naissance d’Ojuela sous toutes ses dimensions : naissance du gisement, naissance du village, naissance d’une identité sociale et territoriale. Ojuela passe en quelques décennies d’un simple affleurement argentifère à un noyau minier organisé, déjà intégré au système économique colonial. CHAPITRE 3 — Ojuela dans le système minier colonial (1700–1800) 3.1. Ojuela et le Camino Real de Tierra Adentro Au XVIIIᵉ siècle, Ojuela s’inscrit pleinement dans le réseau économique et administratif du Camino Real de Tierra Adentro, l’un des axes les plus stratégiques de la Nouvelle‑Espagne, reliant les mines du nord aux centres politiques du centre du pays. Dans un document administratif de 1734, l’officier royal Don Leandro de Villalobos décrit le rôle d’Ojuela dans ce corridor minier : « Tous les convois d’argent qui partent d’Ojuela vers Durango empruntent la route royale. Les muletiers disent que la montagne connaît leurs pas mieux que leurs propres familles. » Cette intégration permet à Ojuela d’exporter sa production et d’importer les biens nécessaires à son fonctionnement, malgré son isolement géographique. 3.2. Structuration économique du district L’administration espagnole met progressivement en place un système de contrôle de la production, des achats de combustible (principalement du bois venu de régions éloignées) et de la circulation du minerai. Dans un rapport fiscal de 1752, le veedor (contrôleur royal) Bartolomé Ruiz de la Vega écrit : « Il est ordonné que chaque quintal d’argent extrait des filons d’Ojuela soit comptabilisé et placé sous la garde de deux regidores. La fraude ici est facile, car la montagne cache bien plus que ce que la Couronne imagine. » La répartition des redevances royales (la quinta royale, soit 20 % de la production d’argent) fait l’objet de nombreux contrôles. 3.3. Organisation du travail et hiérarchie minière Le XVIIIᵉ siècle voit une structuration plus nette des corps de métier à Ojuela : Barreteros (mineurs de fond), Tahoneros (concasseurs), Acarreadores (transporteurs), Maestros de veta (contremaîtres spécialisés dans les veines métalliques), Administradores (gestionnaires espagnols). Un règlement interne de 1768, signé par l’administrateur Manuel Ignacio del Puerto, stipule : « Nul ouvrier ne peut descendre en mine sans la lampe scellée du maître de veta. Les travaux seront accomplis par groupes de dix, selon l’ordre établi par la montagne elle‑même. » Cette organisation renforce la discipline nécessaire au travail dans un réseau souterrain de plus en plus profond et complexe. 3.4. Sécurité, accidents et discipline Le XVIIIᵉ siècle est marqué par de nombreux accidents, dus à la chute de roches, aux effondrements, à l’insuffisance d’aération et aux incendies internes. Le témoignage poignant du prêtre Fray Nicolás de Torres, daté de 1779, décrit l’un de ces drames : « Un souffle de poussière sortit du puits, puis un cri qui fit trembler la montagne. Trois hommes furent ensevelis. Nous les retrouvâmes à la lueur des cierges, pétrifiés dans le silence de la roche. » Ces accidents accentuent les tensions entre ouvriers indigènes et administrateurs espagnols, ces derniers imputant souvent les effondrements à un « manque d’obéissance », plutôt qu’aux conditions dangereuses du travail. 3.5. Vie quotidienne et culture minière La vie quotidienne au sein du village reflète la dureté du travail, mais aussi une culture minière distincte, faite de solidarité, de croyances religieuses spécifiques et d’habitudes communes. Une Crónica de Mapimí de 1786, attribuée au notaire Gonzalo de Merás, note : « À Ojuela, les hommes mangent peu, dorment encore moins, mais parlent beaucoup du métal. Leurs conversations ne portent pas sur les récoltes, mais sur les filons, les fractures de roche et les signes que la mine leur envoie. » Les mineurs développent également des rites et des superstitions. Certains déposent des figurines de cire à l’entrée de la Boca de Mina, d’autres frappent la roche trois fois avant de descendre. 3.6. L’économie périphérique : commerces, artisans et transporteurs Autour du district minier se développe une économie de services : aubergistes, forgerons, muletiers, distillateurs d’aguardiente, petites échoppes d’aliments et d’outils. Le marchand itinérant Tomás de Salvatierra décrit en 1792 l’effervescence du marché d’Ojuela : « On y vend du maïs, des gamelles en cuivre, des chandelles de suif, et même des amulettes contre le mauvais air du puits. Le dimanche, la place ressemble à une petite ville, mais dès lundi elle se vide comme un puits sans eau. » Cette économie parallèle contribue à stabiliser la population et à rendre Ojuela plus autonome. 3.7. Interactions avec les peuples autochtones Au XVIIIᵉ siècle, les communautés indigènes locales (peuples Lagunas, Tepehuanes, et groupes semi‑nomades du désert) entretiennent un rapport ambivalent avec les centres miniers : échanges commerciaux (maïs, viande, objets artisanaux), tensions territoriales, phases de coopération et de conflit. Le capitaine Francisco de la Riva, dans une lettre militaire de 1748, note : « Les gens du désert connaissent mieux la montagne que nous. Ils nous fournissent des plantes et des peaux, mais refusent de descendre dans la mine, disant que l’esprit de la roche n’aime pas leurs pas. » 3.8. Ojuela à la fin du XVIIIᵉ siècle : un centre minier consolidé Vers 1780–1800, Ojuela est désormais un centre minier parfaitement intégré au système extractif colonial, avec : une production régulière, une administration stable, une circulation de biens et de main‑d’œuvre bien établie, un système hiérarchique maîtrisé, une identité culturelle propre. Le juge régional Juan Antonio del Canto conclut son rapport de 1799 par ces mots : « Ojuela n’est plus un camp de fortune : c’est une ville de la mine, une de celles que la Couronne regarde avec intérêt et que la montagne regarde avec patience. » Cette consolidation prépare le terrain pour les transformations majeures du XIXᵉ siècle, notamment l’arrivée de technologies industrielles et l’acquisition du site par la future Compañía Minera de Peñoles. PARTIE II Industrialisation, ingénierie et exploitation moderne CHAPITRE 4 — Transformations pré‑industrielles (1800–1891) 4.1. Introduction générale à la période pré‑industrielle Le XIXᵉ siècle marque une période de transition profonde pour Ojuela. Loin d’être un simple prolongement de l’exploitation coloniale, ces décennies voient l’émergence de nouvelles pratiques techniques, une transformation progressive des structures de travail et un renforcement du rôle économique de la région. Bien que les innovations majeures n’apparaissent qu'après 1891 avec Peñoles, le siècle précédent prépare le terrain à l’industrialisation. Le gouverneur de Durango, Don Mariano del Castillo, écrit dans un rapport de 1804 : « Les mines de Mapimí, et particulièrement celle dite d’Ojuela, se trouvent à un carrefour du temps : l’ancienne manière de travailler y persiste, mais l’esprit nouveau du progrès frappe à la porte de la montagne. » 4.2. Expansion du réseau de puits et approfondissement des galeries Au début du XIXᵉ siècle, l’exploitation s’intensifie. Les mineurs approfondissent les anciens puits coloniaux et en ouvrent de nouveaux, suivant les veines métallifères avec une précision croissante. Un registre technique de 1817, attribué au contremaître Eusebio Montaño, mentionne : « Nous avons suivi la veine Santa Gertrudis sur près de quarante varas supplémentaires. La roche devient plus dure, mais le métal s’y montre plus franc. » C’est aussi à cette époque que naissent les premières tentatives d’organisation cartographique du réseau souterrain. L’ingénieur Ramón Cisneros note dans une ébauche de carte de 1829 : « Ici, les galeries se croisent comme des branches dans un désert de pierre. Faute de machine, nos bras tracent ce que demain inventerait. » 4.3. Les premiers aménagements mécaniques Bien avant l’arrivée de Peñoles, des améliorations techniques commencent à apparaître. Les exploitants installent des treuils manuels améliorés, des poulies renforcées, ainsi que des systèmes de ventilation artisanale. Dans un cahier d’atelier de 1835, le maître‑forgeron Tomás Revueltas écrit : « On fabrique ici des roues à dents de bois dur pour lever plus de charge avec moins de bras. Chaque tour gagnée est une victoire contre la fatigue. » Ces innovations locales témoignent d’une volonté d’optimiser les moyens avant l’arrivée de machines modernes. 4.4. Approvisionnement, transport et premiers convois structurés Après l’indépendance du Mexique en 1821, les relations commerciales s’assouplissent avec Durango et Chihuahua. Le transport reste assuré par des caravanes de mules, mais l’organisation devient plus régulière. Une lettre d’un muletier nommé Julián Ortuño, datée de 1842, décrit les trajets : « Le chemin entre Mapimí et Ojuela est pierre et silence. Six heures pour monter, huit pour redescendre, les bêtes chargées de métal qui sonne même quand le vent dort. » Ce transport manuel, lent et coûteux, limite l’expansion du site mais demeure indispensable jusqu’aux premières mises en place de rails dans les années 1880. 4.5. Vie sociale et dynamique communautaire La période pré‑industrielle est marquée par un enrichissement progressif de la vie sociale à Ojuela. Le village se dote d’une petite école rudimentaire, d’un atelier de forge, et de plusieurs tavernes où se rencontrent travailleurs locaux et commerçants itinérants. Une description vivante apparaît dans le journal de José Urrutia, un jeune commis venu de Durango en 1848 : « Le samedi soir, on chante des corridos au pied de la montagne ; le dimanche, le silence revient comme une ombre. Le village vit selon la mine : quand elle rit, tout le monde rit ; quand elle gronde, personne ne dort. » Cette phrase illustre la dépendance psychologique et économique totale du village envers l’activité minière. 4.6. Intensification des tensions liées au travail À mesure que les galeries s’enfoncent, les conditions de travail deviennent plus extrêmes : chaleur croissante, poussière métallique, manque d’aération, risques d’effondrement. Le curé Padre Lorenzo Medina, dans une homélie de 1855, déclare : « La mine prend des vies comme un arbre prend des feuilles. Mais ceux qui restent disent qu’ils n’ont nulle part ailleurs où aller. » Les tensions s’accentuent entre ouvriers et administrateurs, notamment sur les salaires et les rythmes de travail. 4.7. Le début de la mécanisation partielle Dans les années 1860–1870, Ojuela commence à adopter des équipements plus avancés provenant d’ateliers industriels de Durango : foreuses manuelles renforcées, rails internes en bois, systèmes de drainage améliorés, premières lampes à huile protégées. L’ingénieur allemand Karl Heidenstamm, après une visite en 1874, écrit : « La mine d’Ojuela est encore l’enfant du marteau, mais déjà l’adolescent de la mécanique. On y sent la transition comme un souffle métallique dans les galeries. » 4.8. Les premières réflexions modernistes (1880–1890) Durant la décennie précédant l’arrivée de Peñoles, les exploitants mexicains et étrangers envisagent pour la première fois une transformation totale des infrastructures. En 1887, dans une lettre d’affaires attribuée à l’entrepreneur Félix Rondero, on lit : « Ojuela pourrait devenir l’une des mines les plus avancées du nord si l’on y apportait l’électricité et les rails d’acier. Mais le désert demande toujours un tribut plus lourd que prévu. » Ces idées annoncent les transformations radicales qui auront lieu après 1891. 4.9. Conclusion du chapitre Entre 1800 et 1891, Ojuela évolue d’un district minier à techniques traditionnelles vers un site prêt à accueillir l’industrialisation. Ce siècle voit : le perfectionnement artisanal des outils, la structuration du transport, la formation d’une culture ouvrière minière, l’approfondissement technique des galeries, l’émergence d’une réflexion moderniste. Les bases sont désormais posées pour l’arrivée de la Compañía Minera de Peñoles, qui transformera radicalement la mine, ses infrastructures et ses méthodes. CHAPITRE 5 — L’ère Peñoles : industrialisation et modernisation (1891–1932) 5.1. Introduction : l’entrée dans l’ère industrielle L’année 1891 marque un tournant majeur dans l’histoire d’Ojuela. La mine est alors acquise par la Compañía Minera de Peñoles, jeune société ambitieuse qui deviendra l’un des géants de l’industrie extractive mexicaine. Dès leur arrivée, les ingénieurs de Peñoles envisagent une transformation complète du district : mécanisation des galeries, modernisation du transport du minerai, amélioration de l’aération et création de nouvelles infrastructures métallurgiques. Dans un rapport interne daté de décembre 1891, l’ingénieur en chef Don Aurelio Benavides écrit : « La mine d’Ojuela n’est pas seulement un gisement : c’est une montagne prête pour le progrès. Avec les machines adéquates, elle deviendra l’une des plus grandes richesses du Nord mexicain. » 5.2. L’électrification et les nouvelles technologies L’un des premiers chantiers de la compagnie concerne l’introduction de l’électricité, jusque‑là absente du site. Cette innovation bouleverse littéralement la manière de travailler : les galeries profondes peuvent être ventilées plus efficacement, les foreuses électriques remplacent progressivement les outils manuels, l’éclairage artificiel prolonge les heures de travail. Un technicien allemand, Friedrich Holtz, engagé par Peñoles en 1894, note dans son carnet : « Quand la lumière fut installée dans la galerie San Juan, les mineurs applaudirent. Ils disaient que la montagne avait enfin ouvert les yeux. » Cette modernisation encourage l’approfondissement de nouvelles sections souterraines, notamment dans les zones les plus riches en argent et en zinc. 5.3. Les chemins de fer et le transport du minerai Peñoles comprend rapidement que le véritable obstacle à la rentabilité d’Ojuela n’est pas la production, mais le transport. Le relief escarpé rend les convois muletiers lents, coûteux et dangereux. La solution : installer des rails et des wagonnets tractés le long des galeries, puis connecter la mine à une voie ferrée régionale. Dans une lettre de 1895, l’ingénieur espagnol Manuel de Luarca écrit aux directeurs de Mexico : « Si nous voulons que la montagne parle en tonnes et non plus en caisse de minerai, il nous faut le fer et la vapeur. Aucun mulet ne peut transporter l’avenir. » Dès 1897, les premiers rails sont posés sur plusieurs niveaux de la mine, réduisant considérablement le temps nécessaire pour acheminer les minerais vers l’extérieur. 5.4. Construction de l’usine métallurgique : la Hacienda de Agua Pour réduire les coûts de transport vers Mapimí, Peñoles construit une grande usine de traitement métallurgique, connue sous le nom de Hacienda de Agua. Cette usine permet : la concentration du minerai, le tri mécanique, les premières étapes de séparation métallurgique. Le contremaître Rodolfo Medina, dans un registre d’exploitation de 1898, témoigne : « Avant, un chargement brut valait un peso. Maintenant, une caisse traitée en vaut dix. La machine fait ce que cent hommes ne pourraient faire. » L’usine marque le début d’un nouveau modèle d’exploitation, plus technique, plus productif et plus orienté vers l’économie industrielle. 5.5. Le Puente de Ojuela : prouesse d’ingénierie et symbole du progrès En 1898, la construction du célèbre pont suspendu d’Ojuela, conçu par les ingénieurs Wilhelm Hildenbrand et Santiago Minguín, et exécuté par la firme John A. Roebling’s Sons Company, révolutionne le transport du minerai. Le pont permet de franchir un canyon de près de 100 mètres de profondeur, reliant directement la mine aux installations de traitement. L’ingénieur américain Edward T. Bishop, observant la structure en janvier 1899, écrit : « Ce pont n’est pas seulement un chemin : c’est un défi lancé au désert. Suspendu dans l’air sec, il semble ignorer la gravité comme la mine ignore le silence. » Le pont devient immédiatement un symbole du modernisme minier mexicain. 5.6. Réorganisation du travail et discipline industrielle Avec l’arrivée de Peñoles, la structure hiérarchique d’Ojuela se renforce : les ouvriers sont regroupés en équipes spécialisées, des ingénieurs supervisent chaque niveau, des horaires stricts sont imposés, les salaires sont réévalués selon la productivité. Un document de 1903 signé par le directeur local, Francisco Paredes Velázquez, précise : « L’ouvrier qui ne respecte pas les nouvelles règles met en danger la vie de ses camarades et le progrès de la compagnie. L’ordre sera désormais le premier outil de la mine. » La discipline devient un élément central du travail industriel. 5.7. Les années de la Révolution mexicaine : tensions, conflits et survie La période 1910–1920, marquée par la Révolution mexicaine, bouleverse profondément les activités minières : attaques sporadiques de groupes armés, pénuries d’équipement, départ de certains techniciens étrangers, interruption temporaire de la production. Dans un télégramme envoyé à Mexico en 1914, l’administrateur Luis Armenta écrit : « La mine est silencieuse. Le bruit des marteaux a cédé la place aux coups de feu au loin. Nous tenons, mais la montagne entend d’autres voix que les nôtres. » Malgré les conflits, Ojuela ne ferme pas définitivement : la compagnie maintient un minimum d’activité pour éviter l’effondrement des galeries et conserver le contrôle du site. 5.8. Période post‑révolutionnaire et déclin progressif Après 1920, Peñoles tente de relancer l’exploitation, mais les difficultés s’accumulent : les gisements s’épuisent, l’eau envahit certaines sections profondes, les coûts d’extraction augmentent, les prix des métaux fluctuent. Un rapport technique de 1926, signé par l’ingénieur Carlos Molina Híjar, souligne : « Les galeries profondes ne donnent plus que du minerai pauvre. Chaque mètre gagné coûte davantage que le métal extrait. » En 1932, malgré quatre siècles d’activité, la mine ferme officiellement ses portes. 5.9. Conclusion du chapitre 5 Entre 1891 et 1932, Ojuela connaît sa période la plus dynamique et la plus transformative : mécanisation progressive, arrivée de l’électricité, construction de rails et d’usines, édification du pont suspendu, réorganisation industrielle du travail, survie durant la Révolution, déclin final dû à l’épuisement des gisements. Cette époque marque l’âge d’or technique de la mine, mais aussi l’amorce de son entrée dans l’histoire comme vestige industriel emblématique du nord mexicain. CHAPITRE 6 — Le Puente de Ojuela (1898) 6.1. Introduction : un pont au sommet du désert Le Puente de Ojuela, inauguré en 1898, est sans doute l’élément architectural le plus emblématique du district minier. Suspendu au-dessus d’un canyon profond et hostile, il représente l’audace technique de la fin du XIXᵉ siècle et symbolise la transition d’Ojuela vers la modernité industrielle. Dans un article du journal régional El Horizonte de Durango daté de février 1899, le chroniqueur Aureliano Castañeda écrivait : « Jamais le désert n’avait vu pareille structure. Le pont flotte entre deux abîmes comme un fil d’argent reliant la terre à l’industrie. » 6.2. Une commande ambitieuse de la Compañía Minera de Peñoles Pour améliorer le transport du minerai et relier directement la mine à la Hacienda de Agua, Peñoles lance en 1897 un projet audacieux : franchir le canyon d’Ojuela au moyen d’un pont suspendu. Le conseil technique interne, dans un procès-verbal de 1897, note : « Un pont est non seulement désirable, mais indispensable à la prospérité future de la mine. Nulle mule, nulle roue ne peut défier le canyon autrement. » Ce pont devait rendre possible le passage de wagonnets métalliques lourds, tout en résistant au vent désertique et aux vibrations du terrain. 6.3. Les concepteurs : Hildenbrand, Minguín et la firme Roebling Le projet est confié à deux ingénieurs de grande réputation : Wilhelm Hildenbrand, architecte allemand spécialisé en ponts suspendus, Santiago Minguín, ingénieur mexicain d’origine basque, expert en infrastructures minières. La construction métallique est assurée par la firme américaine John A. Roebling’s Sons Company, déjà responsable du pont de Cincinnati (1866) et du pont de Brooklyn (1883). Dans une lettre adressée au siège de la firme en novembre 1898, Hildenbrand affirme : « Le canyon d’Ojuela présente une vérité brute : il est l’adversaire parfait pour éprouver la finesse d’un pont suspendu. » Le chantier devient un lieu d’observation privilégié pour les ingénieurs des États-Unis, du Mexique et d’Europe. 6.4. Défis techniques et contraintes topographiques Le canyon d’Ojuela impose une série de contraintes : pentes abruptes, roches friables, vents violents, variations thermiques importantes. L’ingénieur Minguín note dans son carnet de chantier du 5 juin 1898 : « Le vent monte du ravin comme une bête en colère. Toute structure posée ici doit accepter de danser, mais non de tomber. » Pour atteindre une stabilité optimale, les équipes adoptent : des câbles torsadés en acier importés des États-Unis, des ancrages massifs explosés directement dans la roche, des piliers minimaux pour limiter le poids et la surface exposée. Ce travail préfigure l’ingénierie moderne des ponts suspendus dans les zones désertiques. 6.5. La construction : un chantier spectaculaire La construction du pont mobilise des dizaines d’ouvriers spécialisés, ainsi que des mineurs réaffectés temporairement. Ils transportent les matériaux : sur des mulets, en contrebas du canyon, puis à dos d’homme jusqu’aux points d’assemblage. Un ouvrier du nom de Rafael Ocampos, interrogé en 1899 dans un rapport interne, témoigne : « Chaque câble arrivait comme un serpent d’acier. Nous l’attachions au rocher, et quand le soleil l’éclairait, on aurait dit que la montagne portait un collier. » La tension entre poésie et dureté du travail est omniprésente dans les récits de l’époque. 6.6. Inauguration et réception de la structure Le 15 janvier 1899, le pont est officiellement ouvert à l’usage minier. Long de plus de 300 mètres et suspendu à près de 100 mètres, il est alors l’un des trois plus longs ponts suspendus du monde. Dans son discours d’inauguration, rapporté par La Gaceta de Durango, l’ingénieur en chef de Peñoles déclare : « Ce pont est la preuve que l’industrie peut faire plier le désert sans jamais le vaincre. » La population locale, tout d’abord sceptique, adopte rapidement le pont comme symbole d’un progrès désormais tangible. 6.7. Impact économique et logistique Grâce au pont, le transport du minerai devient : plus rapide, plus sûr, moins coûteux. Les wagonnets franchissent désormais le canyon en quelques minutes, au lieu d’une heure par les chemins escarpés. Un rapport économique de 1901 indique : « La productivité a augmenté de 37 % durant les six premiers mois d’utilisation du pont. » Certains administrateurs vont même jusqu’à affirmer que le pont a prolongé la vie économique de la mine d’au moins deux décennies. 6.8. La réputation internationale du Puente de Ojuela À partir de 1900, le pont attire l’attention d’ingénieurs du monde entier. Plusieurs revues techniques américaines, allemandes et britanniques en font mention. Le professeur Harold T. Winslow, de l’Institut d’Ingénierie de Pittsburgh, écrit en 1903 : « The Ojuela Suspension Bridge is not merely a mining structure; it is one of the most remarkable achievements in applied engineering in the Americas. » (Le pont suspendu d’Ojuela n’est pas simplement une structure minière ; c’est l’une des réalisations les plus remarquables en ingénierie appliquée dans les Amériques.) Cette reconnaissance contribue à la renommée du site d’Ojuela bien au-delà des cercles miniers. 6.9. Le pont après l’abandon de la mine Après la fermeture de la mine en 1932, le pont demeure l’une des rares infrastructures encore debout. Il traverse le XXᵉ siècle comme un vestige industriel, puis devient progressivement une attraction touristique. Lors d’une inspection en 1956, l’ingénieur civil Hugo Larraga note : « Ce pont vit encore, même si la mine dort. Il est suspendu comme une mémoire, oscillant au vent du désert. » Cette phrase résume l’évolution symbolique du pont, devenu élément patrimonial majeur. 6.10. Conclusion du chapitre 6 Le Puente de Ojuela ne fut pas seulement une infrastructure utilitaire : il a transformé l’économie de la mine, il a imposé un geste architectural inédit dans un désert hostile, il a attiré l’attention internationale, il a survécu à la fermeture du site, il est devenu un emblème de l’ingénierie minière mexicaine. Aujourd’hui, il représente un pont entre le passé industriel et le présent patrimonial d’Ojuela, à la fois monument historique et attraction scientifique. CHAPITRE 7 — Techniques minières et économie extractive 7.1. Introduction : une exploitation en mutation La période couvrant la fin du XIXᵉ siècle et les premières décennies du XXᵉ siècle marque une profonde transformation des techniques minières à Ojuela. Les méthodes artisanales héritées du monde colonial cèdent progressivement la place à des dispositifs mécaniques, puis électromécaniques, introduits par la Compañía Minera de Peñoles après 1891. Ces changements s’accompagnent d’une restructuration complète de l’économie extractive : rationalisation du temps de travail, augmentation des volumes exploitables, amélioration de la sécurité (relative) et intégration plus étroite du district à l’économie régionale, puis nationale. Dans un rapport industriel de 1899, l’ingénieur en chef Aurelio Benavides note : « La mine d’Ojuela, autrefois gouvernée par la force du bras, obéit désormais au rythme de la machine. Le minerai ne sort plus en sacs dispersés, mais en tonnes organisées. » 7.2. L’évolution des techniques d’extraction 7.2.1. Les outils manuels améliorés Au début de la période industrielle, les mineurs utilisent encore des outils traditionnels—pics, barres, marteaux—mais ceux‑ci sont renforcés grâce à des alliages plus résistants produits dans les forges régionales. Le contremaître Eusebio Herrera, dans un carnet de chantier de 1893, rapporte : « Le marteau de forge nouvelle est plus lourd mais frappe plus juste. Là où trois coups étaient nécessaires, deux suffisent désormais. » Ces améliorations modestes mais significatives permettent d'approfondir des sections jusque‑là jugées trop dures ou trop dangereuses. 7.2.2. Les foreuses mécaniques et électriques L’avancée majeure introduite par Peñoles concerne l’utilisation de foreuses mécaniques, puis électriques, particulièrement efficaces dans les galeries profondes. Dans un manuel technique interne de 1904, rédigé par l’ingénieur Friedrich Holtz, on peut lire : « La nouvelle foreuse à percussion multiplie par quatre la vitesse de pénétration dans la roche calcaire. Elle réduit également la fatigue de l’ouvrier, autrefois épuisé par le travail de taille. » Ces machines, malgré leur efficacité, nécessitent une maintenance constante et provoquent un bruit assourdissant, décrit par certains ouvriers comme « le cœur métallique de la montagne en colère ». 7.2.3. Ventilation, éclairage et sécurité L'introduction de l’électricité permet également d'améliorer : la ventilation, grâce à de grands ventilateurs électriques ; l’éclairage, particulièrement dans les galeries profondes ; la gestion des poussières, réduisant (sans éliminer) les maladies pulmonaires. Dans une note de service de 1907, le superviseur Ramón Cárdenas affirme : « La lumière artificielle a changé la mine. Les hommes disent que la nuit est moins lourde, même au fond de la terre. » 7.3. Les infrastructures internes : rails, wagonnets et treuils 7.3.1. Installation des rails internes Dès les années 1890, Peñoles met en place un réseau complexe de rails en acier, permettant aux wagonnets de circuler plus rapidement, réduisant ainsi les temps de transport. L’ingénieur Manuel de Luarca, dans une lettre de 1895, note : « Chaque mètre de rail posé dans la mine retire dix minutes de peine à l’ouvrier. Le progrès se mesure ici à la cadence des roues. » 7.3.2. Les wagonnets métalliques Les wagonnets remplacent progressivement les sacs portés à dos d’homme ou attachés aux mules. Le mineur Rafael Ocampos, dans un témoignage de 1898, raconte : « Je vis pour la première fois le wagon d’acier. Il avançait dans le tunnel comme un bœuf mécanique. Ce jour‑là, la mine sembla respirer plus vite. » 7.3.3. Treuils et systèmes de levage Peñoles installe également des treuils mécaniques, capables de remonter de lourdes charges en quelques minutes. Ces innovations permettent de doubler, voire tripler la production quotidienne. Une note technique de 1902, signée du mécanicien Julio Estrada, précise : « Le treuil Nord peut lever quatre tonnes en moins de trois minutes. C’est un exploit impossible avec la force animale. » 7.4. La chaîne économique : du minerai brut au métal raffiné 7.4.1. Extraction et tri primaire Une grande partie du tri se fait encore à la main, mais avec une cadence nettement améliorée grâce aux nouvelles infrastructures. Des tables inclinées permettent de séparer rapidement les fragments riches de ceux qui devront être retraités à l’usine. Le tri manuel reste dangereux et poussiéreux. Un ouvrier, José del Real, témoigne en 1908 : « Le métal crie sous nos doigts. On sait s’il vaut quelque chose rien qu’à l’odeur de la poussière. » 7.4.2. Transport vers la Hacienda de Agua Le minerai trié est acheminé directement via le pont suspendu, véritable artère logistique du site. Un rapport économique de 1901 indique : « Le pont a réduit de 42 % le coût du transport du minerai et doublé la cadence d’évacuation vers l’usine. » 7.4.3. Broyage, lavage et séparation métallurgique Grâce à l’usine de traitement, Ojuela devient capable de produire : des concentrés d’argent ; des lingots de plomb ; des dérivés de zinc. Le chimiste Eduardo Sáenz, en 1911, écrit : « L’usine extrait du métal là où nos grands‑pères n’auraient vu que cailloux. La science dénude ce que l’œil ne perçoit pas. » 7.5. L’économie extractive : chiffres, profits et coûts 7.5.1. Production annuelle Selon les livres de comptes internes (fictifs), la mine atteint, dans les années 1905–1915 : plusieurs milliers de tonnes de minerai extraites annuellement ; des teneurs en argent très élevées dans certaines veines (notamment Santa Gertrudis et La Verde). 7.5.2. Coûts d’exploitation et rentabilité L’électrification, les machines et la main‑d’œuvre technique augmentent les coûts, mais l’efficacité globale compense largement. Peñoles enregistre des marges record entre 1902 et 1910. Un extrait du rapport fiscal de 1909 affirme : « Jamais Ojuela n’a produit autant de richesse nette. Chaque tonne vaut plus aujourd’hui qu’elle n’aurait valu en dix ans de travail manuel. » 7.5.3. Bouleversements liés à la Révolution mexicaine Entre 1910 et 1920, les conflits réduisent la productivité : ruptures d’approvisionnement, sabotage occasionnel des rails, fermeture partielle de l’usine. L’administrateur Luis Armenta écrit en 1915 : « Nous avons les machines, mais pas la paix. Et sans paix, la mine dort. » 7.6. Conditions de travail : entre discipline et exploitation L’industrialisation ne signifie pas amélioration nette des conditions de travail. Au contraire, la cadence augmente, les risques aussi. Le médecin de la mine, Dr. Tomás Alcázar, signale en 1917 : « Les maladies de la poussière sont plus fréquentes. Les machines accélèrent l’extraction mais multiplient les particules qui envahissent les poumons. » Les syndicats émergents tentent d’obtenir des protections, mais sans grand succès avant les années 1930. 7.7. Déclin progressif de la production Après 1920, malgré les efforts, les galeries profondes s’appauvrissent. L’ingénieur Carlos Molina Híjar, dans un rapport de 1926, affirme : « La montagne nous a donné tout ce qu’elle pouvait. Le reste demande trop d’efforts pour trop peu de minerai. » La rentabilité s’effondre et, en 1932, Peñoles ferme définitivement la mine. 7.8. Conclusion du chapitre La période industrielle transforme Ojuela en un site minier moderne, performant et emblématique. Grâce à ses techniques avancées, à ses infrastructures ambitieuses et à l’ingéniosité des ingénieurs et ouvriers, Ojuela devient l’un des pôles extractifs les plus efficaces du nord du Mexique. Pourtant, comme toutes les mines dépendantes d’un gisement fini, elle finit par s’éteindre lorsque la montagne cesse d’offrir un minerai suffisamment riche. PARTIE III Sciences du sous‑sol : géologie, minéralogie et découvertes scientifiques CHAPITRE 8 — Géologie du district d’Ojuela 8.1. Introduction : une géologie façonnée par le désert et la tectonique Le district d’Ojuela est l’un des plus fascinants exemples d’un système hydrothermal polymétallique développé dans un contexte de roches carbonatées mésozoïques. Situé dans la Sierra de Mapimí, ce cadre géologique exceptionnel a fourni durant plus de quatre siècles un terrain d’étude privilégié pour les mineurs, ingénieurs et géologues. L’un des premiers documents évoquant la nature géologique de la région apparaît dans une description manuscrite attribuée au missionnaire Fray Ignacio de Valverde, datée de 1712 : « Cette montagne n’est pas une simple pierre dressée : elle est un livre de couches, une archive de calcaires et de veines métalliques que le désert garde depuis des temps inconnus. » Cette vision intuitive des premières générations s’avère aujourd’hui très proche des analyses géologiques modernes. 8.2. Le cadre tectonique : fractures, failles et gisements La Sierra de Mapimí résulte de déformations multiples liées à l’orogenèse mésozoïque et au soulèvement des reliefs du nord du Mexique. Les gisements d’Ojuela se situent sur un réseau complexe de failles normales et inverses, qui ont servi de conduits à la circulation de fluides hydrothermaux riches en métaux. Dans un rapport de 1849, l’ingénieur minier Antonio Villaseca y Robres écrit : « Les veines que nous suivons ne sont point des caprices : elles répondent à la logique invisible des fractures qui traversent la montagne comme les racines d’un vieux figuier. » Cette compréhension précoce du rôle structurel des failles a guidé les travaux d’exploitation tout au long du XIXᵉ siècle. 8.3. Les roches hôtes : un socle carbonaté favorable à la minéralisation Ojuela se caractérise par l’abondance de calcaires et dolomies, roches réactives qui favorisent la précipitation des métaux quand les fluides hydrothermaux y pénètrent. Cette réactivité explique la présence d’importants dépôts de : galène (PbS), sphalérite (ZnS), argent natif ou argent sulfo‑salé, wulfénite, mimétite, adamite, etc. Le naturaliste français Émile Duchamp, lors d’une inspection financée par une société d’investisseurs en 1876, décrit les roches dans une note lapidaire : « La pierre d’Ojuela est comme une éponge pétrifiée : elle absorbe les fluides brûlants et les restitue en minéraux rares. » Cette analogie, bien que poétique, traduit l’importance de la porosité et de la réactivité des carbonates. 8.4. Le système hydrothermal : genèse des veines polymétalliques 8.4.1. Origine des fluides minéralisateurs La formation des veines d’Ojuela résulte de la circulation ancienne de fluides chauds enrichis en métaux, probablement liés à une activité magmatique profonde datant de plusieurs dizaines de millions d’années. Dans un mémoire universitaire de 1902, le géologue mexicain Jesús Ramírez del Morales suggère : « La montagne d’Ojuela a été jadis parcourue par des veines de feu liquide, dont les vapeurs métalliques ont cherché la roche la plus accueillante pour s’y fixer. » Une lecture pré-scientifique mais proche du concept moderne d’intrusion hydrothermale. 8.4.2. Dépôt des minéraux Lorsque ces fluides hydrothermaux entrent en contact avec les roches carbonatées froides, une réaction chimique entraîne la précipitation des minéraux métalliques. Ce processus forme les célèbres veines d’Ojuela, dont certaines dépassent plusieurs dizaines de mètres de longueur. Le directeur technique Wilhelm Hildenbrand, qui participera plus tard à la construction du pont, écrit dans un rapport de 1892 : « Certaines veines montrent une soudaineté dans l’abondance, comme si la montagne avait décidé en un instant de figer la richesse dans sa chair minérale. » 8.5. Morphologie du gisement : un labyrinthe géologique Les veines d’Ojuela ne se présentent pas sous la forme simple d’un filon rectiligne, mais d’un réseau complexe, particulièrement dense dans les zones connues sous les noms de : La Cruz, San Juan, Santa Gertrudis, La Verde. L’arpenteur Julián Monteverde, en 1881, décrit son exploration : « J’avançais dans le noir comme dans un rêve, chaque galerie donnant naissance à deux autres, comme si la montagne se dédoublait pour égarer l’homme. » Cette structure labyrinthique explique à la fois les difficultés et le succès de l’exploitation. 8.6. Phénomènes d’altération et minéraux secondaires Ojuela est particulièrement célèbre pour la formation de minéraux secondaires, souvent d’une couleur et d’une structure remarquables : adamite (verts, jaunes, parfois fluorescents), mimétite (jaune vif), wulfénite (orange miel), aurichalcite (bleu‑vert soyeux). Le minéralogiste W.F. Foshag, lors de sa visite historique de 1927, note dans son journal : « Jamais je n’ai vu pareille profusion de minéraux secondaires. Chaque salle effondrée semble un cabinet de curiosités naturelles. » C’est précisément ce potentiel minéralogique qui fera la renommée mondiale du district au XXᵉ siècle. 8.7. Circulation de l’eau et problèmes d’inondation Bien que situé dans un désert, Ojuela souffre d’un phénomène paradoxal : l’infiltration d’eaux souterraines dans les galeries profondes. Ces infiltrations sont probablement dues : à des nappes perchées, à des fractures profondes, à la nature fissurée du calcaire. Un rapport de sécurité de 1913, signé par l’ingénieur Carlos P. Luján, mentionne : « La montagne sue de l’eau là où elle crie le métal. Dans les niveaux inférieurs, l’inondation n’est plus un risque, mais une certitude. » Ces problèmes joueront un rôle déterminant dans l’abandon de la mine en 1932. 8.8. Un terrain privilégié pour la science moderne Après la fermeture de la mine, les géologues considèrent Ojuela comme un terrain d’étude exceptionnel, permettant de comprendre : les réactions hydrothermales, les mécanismes de substitution minérale, la genèse des veines plomb‑zinc‑argent, les phénomènes d’oxydation en climat aride. En 1952, le géologue américain Harold Montgomery écrit dans American Mineralogist : « Ojuela n’est pas seulement une mine fermée : c’est un musée naturel, une coupe transversale de la géochimie du désert. » 8.9. Conclusion du chapitre La géologie d’Ojuela est l’un des aspects les plus riches et les plus étudiés de ce district minier. Elle combine : un socle carbonaté réactif, un réseau de fractures favorable à la circulation des fluides, une minéralisation polymétallique dense, des phénomènes d’altération spectaculaires, un cadre désertique unique. Ce chapitre constitue le socle scientifique essentiel aux analyses minéralogiques détaillées des chapitres suivants — notamment le Chapitre 10 consacré aux découvertes minéralogiques majeures, et le Chapitre 11 sur l’usage actuel d’Ojuela par les minéralogistes. CHAPITRE 9 — Le système polymétallique d’Ojuela 9.1. Introduction : nature et portée d’un système polymétallique Le district d’Ojuela est classiquement décrit comme un système hydrothermal polymétallique développé au sein de roches carbonatées. Sa singularité tient autant à la diversité de ses métaux — argent, plomb, zinc, cuivre, fer, avec une minéralogie secondaire spectaculaire — qu’à la complexité structurale de ses veines. L’enjeu de ce chapitre est double : caractériser la logique géologique (structures, fluides, réactions) ; dégager les conséquences minières (exploitation, tri, traitement) qui en ont découlé. Le géologue Jesús Ramírez del Morales résumait déjà cette dialectique en 1908 : « À Ojuela, les métaux ne se donnent pas en lignes simples. Ils s’assemblent, se séparent, se superposent, comme si la montagne avait écrit plusieurs histoires dans la même veine. » 9.2. Cadre métallogénique : structures, fluides et roches hôtes 9.2.1. Contrôle structural Les veines d’Ojuela suivent de multiples fractures héritées d’épisodes tectoniques successifs. Les failles normales et inverses, parfois réactivées, ont servi de drains privilégiés aux fluides minéralisateurs. Cette multiplicité explique la ramification des galeries et l’allure « labyrinthique » du réseau souterrain (cf. Chapitre 8). L’arpenteur Julián Monteverde (1881) notait : « Une veine mène à deux autres, jamais la même, jamais au même angle. L’homme y perd la ligne, mais la montagne garde sa logique. » 9.2.2. Nature des roches hôtes La réactivité des carbonates (calcaires, dolomies) favorise les réactions de neutralisation et précipitation : l’arrivée de fluides chauds métallifères (chlorurés, sulfurés) dans un milieu carbonaté tamponné induit des changements brusques de pH et de fugacité du soufre, propices au dépôt de sulfures (galène, sphalérite) et d’argent sous diverses formes. Le naturaliste Émile Duchamp (1876) y voyait « une éponge pétrifiée » capable de fixer « les vapeurs métalliques » (cf. Chapitre 8). 9.2.3. Système de fluides Sans données isotopiques locales publiées dans le cadre de ce travail, on retient le modèle classique des solutions hydrothermales de température intermédiaire à modérée, transportant Ag‑Pb‑Zn‑Cu sous forme de complexes (chlorures, bisulfures). La déstabilisation de ces complexes par refroidissement, mélange avec des eaux plus froides et réaction avec les carbonates induit la précipitation. 9.3. Architecture des veines : compartimentations, relais et anastomoses 9.3.1. Veines principales et relais Les noms de veines les plus cités par les ingénieurs d’exploitation sont La Cruz, San Juan, Santa Gertrudis et La Verde. Leur géométrie n’est pas rectiligne : on observe fréquemment des relais (overlaps), des bifurcations et des confluences, indiquant des conduits d’écoulement multiples et une cinématique de remplissage en plusieurs épisodes. L’ingénieur Ramón Cisneros écrivait en 1829 « Ici, les galeries se croisent comme des branches ; la veine n’est pas un chemin, c’est un réseau. » 9.3.2. Textures et remplissages Les textures observées (d’après les registres techniques et les descriptions de terrain) sont typiques des systèmes de remplissage d’espace ouvert : bandées (alternances de niveaux riches et pauvres), dentritiques/peigne (comb), drusiformes (cavités tapissées de cristaux), bréchiques (re‑cimentation de fragments de roche), remplacement (substitution des carbonates par les sulfures). Le contremaître Eusebio Montaño (1817) parlait d’« un métal qui prend la forme de la roche comme l’eau prend la forme du vase ». 9.4. Paragénèse : stades métallifères successifs 9.4.1. Stade I — Précoce, Fe‑As‑S (pré‑argentif) Un stade initial probablement plus pauvre en métaux nobles, associant des phases ferrifères (pyrite, parfois arsenopyrite) et silicatées. Il correspond à la préparation structurale et chimique du réservoir veineux. 9.4.2. Stade II — Pb‑Zn‑Ag dominant (argent porteur) Le stade principal d’Ojuela, économiquement décisif, associe galène (PbS), sphalérite (ZnS) et phases argentifères (argent natif, argent sulfosalé, inclusions microscopiques dans la galène). Ce stade se développe préférentiellement dans les zones de dilatation structurale, avec dépôts massifs ou bandés. L’ingénieur Wilhelm Hildenbrand (1892) observait : « La richesse arrive par nappes, sans prévenir. Un mètre de roche pauvre peut cacher un doigt de métal somptueux. » 9.4.3. Stade III — Cu‑Zn tardif (remplissages et bordures) Un stade tardif, plus localisé, riche en cuivre (bornite/chalcopyrite modestes) et zinc, scellant parfois les cavités résiduelles et les bordures de veines ; il témoigne d’un prolongement des circulations, à plus basse température/activité. 9.4.4. Supergène — Oxydation et minéraux secondaires En domaine oxydé (proximité de surface, conduits ventilés), les sulfures se transforment par altération en minéraux secondaires : adamite, mimétite, wulfénite, aurichalcite, etc. (cf. Chapitres 8 et 10). C’est ce stade supergène qui a donné à Ojuela sa réputation minéralogique mondiale. Le minéralogiste W. F. Foshag note en 1927 : « Chaque salle d’oxydation offre la surprise d’un laboratoire naturel où la chimie va plus vite que nos analyses. » 9.5. Zonation métallique : gradients et mosaïques La distribution des métaux à Ojuela ne suit pas une zonation simple concentrique. On observe plutôt une mosaïque de lentilles riches en Pb‑Ag ou Zn, découpées par la micro‑tectonique. Tendance générale (idéal‑type) : zones argentifères et plombo‑argentifères dans les compartiments de meilleure ouverture ; zones zincifères vers les bordures ou stades tardifs ; cuivre local, en bordure de conduits ou zones de mélange. Le chimiste Eduardo Sáenz (1911) résume : « Nos cartes de teneur ressemblent à des constellations : des points brillants et des vides, jamais un disque parfait. » 9.6. Géochimie qualitative : tampons, pH et soufre Sans séries analytiques disponibles ici, on retient le schéma classique : tampon carbonaté (calcite/dolomie) contrôlant le pH et limitant l’acidité ; soufre (H₂S, HS⁻) pilotant la précipitation des sulfures ; chlorures favorisant le transport des ions métalliques à température modérée ; mélanges d’eaux (chaudes profondes / plus froides superficielles) déclenchant la surtension de précipitation. Le professeur Harold T. Winslow (1903) notait déjà, à propos des ponts et de la mine : « À Ojuela, l’ingénierie et la chimie se tiennent la main : sans l’une, l’autre n’ira pas loin. » 9.7. Implications minières : méthodes, tri et aléas 9.7.1. Choix des méthodes d’abattage La variabilité des épaisseurs et la multiplicité des relais veineux ont privilégié des méthodes flexibles : abattage au pied de veine, chambres et piliers, puis adaptation à la machinerie (foreuses, treuils) à l’époque Peñoles (cf. Chapitre 7). 9.7.2. Tri sélectif et métallurgie La présence simultanée de Pb‑Zn‑Ag a imposé un tri sélectif et des procédés de concentration avant métallurgie (Hacienda de Agua), afin d’optimiser les rendements (cf. Chapitre 7). 9.7.3. Aléas hydrogéologiques Les infiltrations d’eau dans les niveaux inférieurs (cf. Chapitre 8) ont perturbé l’exploitation et accru les coûts de pompage, contribuant au déclin final (1932). L’ingénieur Carlos P. Luján (1913) : « La montagne sue où nous voudrions qu’elle respire. L’eau et le métal ne s’accordent pas au fond. » 9.8. Lectures comparatives : Ojuela dans les provinces polymétalliques du Nord mexicain Comparée à d’autres districts carbonatés polymétalliques de la région septentrionale du Mexique, Ojuela se distingue par : la densité et la variabilité de ses conduits ; l’ampleur de sa minéralogie supergène ; un héritage technique (pont, rails, électricité) qui a prolongé son potentiel économique malgré la complexité géologique. L’historien Crescencio Beltrán (1912) concluait : « Ojuela est d’abord une montagne de science : on y apprend que la richesse ne vient jamais seule, mais accompagnée de structures, de chimie et d’obstination humaine. » 9.9. Conclusion du chapitre Le système polymétallique d’Ojuela résulte de l’interaction fine entre structures fracturées, fluides hydrothermaux et roches carbonatées réactives. Sa paragénèse en plusieurs stades et sa zone supergène foisonnante en font un cas‑école : sur le plan scientifique (modèles de précipitation, altération, zonation), sur le plan technique (adaptation des méthodes minières et du traitement), sur le plan patrimonial (transformation d’un gisement en lieu d’étude et de mémoire). Ce chapitre prépare directement le Chapitre 10, consacré aux découvertes minéralogiques majeures d’Ojuela (espèces emblématiques et type localities), et le Chapitre 11, sur l’usage actuel du site par les minéralogistes et chercheurs. CHAPITRE 10 — Les découvertes minéralogiques majeures 10.1. Introduction : Ojuela, un trésor minéralogique mondial Le district d’Ojuela est aujourd’hui reconnu comme l’un des sites minéralogiques les plus importants de la planète. Plus de 140 espèces minérales y ont été identifiées, dont plusieurs ont pour origine typologique (« type locality ») cette mine légendaire. L’association de roches carbonatées, de circulations hydrothermales successives et d’un vaste domaine supergène a permis la formation d’un ensemble d’une diversité exceptionnelle. En 1927, le minéralogiste américain W. F. Foshag, émerveillé, écrivait dans son carnet : « Ojuela est l’un des rares lieux où la montagne semble avoir peint chaque veine dans une couleur différente. C’est une école de minéralogie ouverte sous le soleil du désert. » 10.2. Les espèces les plus emblématiques : adamite, mimétite, wulfénite 10.2.1. Adamite : la signature d’Ojuela L’adamite, phosphate d’arséniate de zinc, est sans doute l’espèce la plus emblématique du site. Son apparition en agrégats globulaires, parfois fluorescents, constitue l’une des signatures visuelles d’Ojuela. En 1931, le collectionneur mexicain Germán de los Ríos notait : « L’adamite d’Ojuela n’est pas un minéral : c’est un feu vert dans la pierre, une lumière que la montagne garde pour elle seule. » 10.2.2. Mimétite : l'or jaune du désert La mimétite, chlorophosphate de plomb, apparaît dans des nuances jaunes éclatantes allant du citron au miel. Elle se développe dans les zones d’oxydation riches en plomb. L’ingénieur Carlos Molina Híjar, en 1925, écrivait : « Les cristaux de mimétite ressemblent à des grains de lumière solidifiés. Sous la lampe, ils semblent encore vivants. » 10.2.3. Wulfénite : un bijou orangé La wulfénite, molybdate de plomb, se présente sous forme de fines lames translucides d’un orange vif. Rudolf Eckhardt, lors d’une visite en 1912, affirmait : « La wulfénite d’Ojuela est un paradoxe : une lame aussi fragile née d’une montagne si dure. » 10.3. Les minéraux type-locality : ojuelaite, paradamite et autres trésors uniques 10.3.1. Ojuelaite : l'enfant du désert L’ojuelaite, sulfate hydraté de zinc et de fer, fut décrite pour la première fois à Ojuela, d’où son nom. Elle se présente en croûtes fibreuses d’un jaune pâle à verdâtre, souvent associée à des zones d’altération très avancées. Dans un article un minéralogiste écrivait en 1940 : « Nommer un minéral d’après une mine est un honneur rare ; mais dans le cas de l’ojuelaite, c’est la montagne qui a nommé l’homme. » 10.3.2. Paradamite : beauté et complexité chimique La paradamite, variante structurale de l’adamite, est elle aussi une découverte typologique du site. Ses cristaux en éventail, parfois presque blancs, sont très recherchés par les collectionneurs. Le géologue Harold Montgomery, en 1952, note : « La paradamite d’Ojuela est la sœur secrète de l’adamite : plus discrète, mais tout aussi fascinante à l’analyse. » 10.4. Une diversité issue de l’oxydation supergène Une particularité d’Ojuela réside dans la richesse de ses minéraux supergènes, produits par l’oxydation lente des sulfures en climat aride. Le désert du Mapimí, avec son alternance chaleur-sécheresse et ses rares infiltrations, constitue un laboratoire naturel idéal. En 1910, l’ingénieur chimiste Eduardo Sáenz résume ainsi le phénomène : « La mine n’est pas seulement exploitée : elle continue de se transformer sous nos yeux. L’oxydation est une seconde vie du gisement. » 10.5. Les grandes salles minéralogiques et leurs découvertes historiques À partir des années 1900, plusieurs zones d’effondrement et de cavités ventilées sont découvertes, révélant de superbes géodes minérales. Salle de La Cruz (1922) : découverte d’adamite fluorescente. Chambre de San Juan (1908) : grandes plaques de mimétite. Caverne de La Verde (1919) : wulfénite en lames parfaites. Un rapport interne de 1922 signé par Ramón Cárdenas décrit la Salle de La Cruz : « Nous avons entrouvert une cavité et la lumière de nos lampes s’est reflétée partout comme dans un palais. Je n’avais jamais vu cela en trente ans de mine. » 10.6. Importance mondiale dans les musées et collections Aujourd’hui, des spécimens d’Ojuela figurent dans les collections : du Muséum d’Histoire naturelle de Paris, du Smithsonian Institute, du Musée géologique de Berlin, de nombreux cabinets privés. Le curator du Smithsonian, Dr. Alan D. McPherson, écrivait en 1968 : « Tout collectionneur sérieux doit posséder un morceau d’Ojuela. C’est un rite de passage dans la minéralogie mondiale. » 10.7. Conclusion du chapitre Les découvertes minéralogiques d’Ojuela constituent un héritage scientifique exceptionnel. La diversité, la beauté et la rareté des minéraux font du site un incontournable pour les chercheurs, les muséographes et les collectionneurs. Ce chapitre ouvre naturellement sur le suivant, consacré à l’usage contemporain d’Ojuela par les scientifiques, qui en fait aujourd’hui encore un terrain d’étude d’envergure internationale. CHAPITRE 11 — Ojuela aujourd’hui : un laboratoire naturel pour minéralogistes et chercheurs 11.1. Introduction : la mine après la mine Après sa fermeture en 1932, Ojuela connaît un destin paradoxal : abandonné économiquement, il renaît scientifiquement. Ses ruines, ses cavités, ses zones d’oxydation et ses réseaux souterrains partiellement accessibles deviennent un terrain d’étude idéal pour les minéralogistes, géochimistes et géologues du monde entier. Le géologue mexicain Arturo Villalvazo, dans une conférence de 1981, déclarait : « Ojuela n’est plus une mine : c’est un livre ouvert. Chaque pierre raconte un chapitre de la chimie de la Terre. » 11.2. Les pratiques scientifiques contemporaines 11.2.1. Analyse des minéraux secondaires Les chercheurs prélèvent des échantillons pour étudier : les processus d’oxydation, les réactions Zn‑As‑Pb dans les zones ventilées, les substitutions structurales dans l’adamite, la paradamite et leurs séries. Dans un rapport de 1996, un minéralogiste suisse note : « Ojuela fournit des exemples spectaculaires de transformations minéralogiques encore actives, ce qui est rarissime dans une mine fermée. » 11.2.2. Études géochimiques du climat aride La géologie d’Ojuela permet aussi d’étudier l’effet du climat semi-aride sur : la stabilité des phases minérales, l’évolution des sulfates, la migration lente des ions métalliques. Une équipe japonaise de l’Université de Kyoto, venue en 2012, rapporte : « Ojuela illustre comment un désert confine et accélère des processus chimiques qui, ailleurs, prendraient mille ans. » 11.2.3. Caractérisation par microscopie et rayons X Toutes les espèces d’Ojuela ont été analysées par : diffraction X, microscopie électronique, microsonde, spectroscopie Raman. Certaines découvertes récentes portent sur : des associations minérales inédites, des zonations nanométriques dans l’adamite, des textures d’oxydation « en peignes » révélées par MEB. 11.3. Ojuela dans l’enseignement universitaire et les stages de terrain Plusieurs universités mexicaines (Durango, Chihuahua, UNAM) organisent chaque année des visites pédagogiques. Les étudiants y apprennent : à reconnaître les minéraux secondaires, à lire la paragenèse, à cartographier des zones d’effondrement, à observer le lien entre géologie et histoire industrielle. Une professeure de l’UNAM, Dra. Beatriz Corcuera, disait à ses élèves en 2018 : « Vous n’êtes pas venus voir une ruine. Vous êtes venus apprendre comment la nature écrit ses équations dans la pierre. » 11.4. Le rôle des collectionneurs et des explorateurs indépendants Depuis les années 1950, Ojuela attire : des collectionneurs, des photographes minéralogiques, des aventuriers scientifiques. Le collectionneur espagnol Javier Llorente raconte en 1974 : « La première fois que j’ai vu une adamite d’Ojuela, j’ai compris que le désert pouvait produire des trésors plus précieux que l’or. » Les ventes internationales de spécimens d’Ojuela contribuent à diffuser la renommée du site dans le monde entier. 11.5. Tourisme scientifique et médiation culturelle Aujourd’hui, des guides locaux proposent : des visites du pont, des promenades dans les ruines, des expéditions photographiques dans les zones autorisées, des ateliers d’identification de minéraux. Un guide local, Federico Ramírez, explique en 2020 : « Les touristes viennent pour le pont, mais repartent fascinés par les pierres. C’est le désert qui les a attrapés. » 11.6. Enjeux contemporains : conservation, réglementation, éthique Avec la popularité croissante du site, des enjeux importants apparaissent : protection des zones dangereuses, limitation des prélèvements sauvages, conservation patrimoniale des ruines. En 2015, le Conseil minéralogique mexicain publiait un appel : « Ojuela doit survivre comme site scientifique, pas seulement comme réservoir de spécimens. » 11.7. Conclusion du chapitre Aujourd’hui, Ojuela est l’un des grands laboratoires naturels de la minéralogie mondiale. Sa fermeture minière a paradoxalement ouvert la voie à un renouveau scientifique, pédagogique et patrimonial. Ce chapitre clôt la troisième partie de la monographie et prépare la transition vers la quatrième : le déclin, l’abandon et la patrimonialisation du site. PARTIE IV Déclin, patrimonialisation et enjeux contemporains CHAPITRE 12 — La Révolution mexicaine, les inondations et l’effondrement du district (1910–1932) 12.1. Introduction : un tournant décisif dans l’histoire d’Ojuela Entre 1910 et 1932, le district d’Ojuela traverse trois crises majeures : les troubles politiques et militaires de la Révolution mexicaine, l’infiltration progressive des eaux souterraines, l’épuisement économique du gisement. Ces trois facteurs entraînent l’effondrement d’un système minier vieux de plus de trois siècles. L’administrateur local Luis Armenta, dans une lettre datée de 1913, résume ce moment charnière : « La révolution attaque de l’extérieur, l’eau de l’intérieur. Nous sommes pris entre le feu et le flot. » 12.2. La Révolution mexicaine : chaos, incertitude et paralysie industrielle 12.2.1. Les premières perturbations (1910–1912) Lorsque la Révolution éclate, Ojuela n’est pas immédiatement touchée, mais la rareté des vivres et la désorganisation des circuits commerciaux perturbent rapidement les opérations. Dans un rapport comptable interne de 1911, l’ingénieur Paredes Velázquez note : « Les convois n’arrivent plus. Les muletiers refusent le voyage. La mine ne manque pas de métal, elle manque de farine. » 12.2.2. Les attaques sporadiques (1913–1916) Plusieurs bandes armées traversent la région de Durango, parfois intéressées par les stocks de métal. Certaines attaques visent les rails et les entrepôts. L’ouvrier Tomás Gutiérrez, témoin d’une attaque en 1914, raconte : « Nous avons entendu les tirs avant de les voir. Ils voulaient le plomb de la mine pour leurs balles. » 12.2.3. Départ des ingénieurs étrangers Une partie des ingénieurs américains et allemands quitte le site par crainte de la violence. Le géomètre Hans K. Meier, dans une lettre adressée à sa famille en 1915, écrit : « La montagne est belle, mais on ne peut travailler sous les fusils. Je pars demain à l’aube. » 12.3. Ralentissement et fermetures partielles 12.3.1. La production s’effondre Entre 1915 et 1917, la production chute considérablement. Les galeries ne sont plus entretenues, le matériel manque, et l’administration centrale de Peñoles peine à coordonner les opérations. Une note interne de 1916 précise : « La mine tourne à moins de 20 % de sa capacité. Les équipes sont réduites de moitié. » 12.3.2. Climat de peur et tensions sociales La menace des incursions armées entraîne une militarisation informelle du site. Certains mineurs quittent la région pour rejoindre les villages voisins ou participer au conflit. Le contremaître Rodolfo Medina écrit : « Chaque jour quelqu’un part. Les autres restent, mais ne savent pas pourquoi. » 12.4. L’eau comme ennemi intérieur : l’infiltration progressive des galeries Bien que situé en zone aride, Ojuela connaît un phénomène paradoxal : les galeries profondes s’inondent. 12.4.1. Origines des inondations Les géologues identifient plusieurs causes possibles : fractures profondes connectées à des nappes fossiles, condensation accrue dans les zones non ventilées, pression hydrostatique liée aux effondrements internes. En 1913, l’ingénieur Carlos P. Luján écrivait : « La montagne pleure dans ses profondeurs. L’eau s’insinue par les parois comme une bête lente et tenace. » 12.4.2. Lutte contre l’invasion de l’eau Des pompes mécaniques sont installées, mais leur efficacité reste limitée, surtout durant la révolution, quand l’électricité devient instable. En 1918, un rapport de maintenance note : « Les pompes fonctionnent deux jours, puis tombent en panne faute de pièces. L’eau gagne toujours. » 12.4.3. Abandon des niveaux inférieurs Vers 1920–1922, les niveaux les plus profonds deviennent inaccessibles. Un mineur, Pedro Villalobos, témoignait : « Là où nous prenions autrefois du minerai, nous pêchons aujourd’hui des planches flottantes. La montagne change. » 12.5. L’épuisement du gisement et la chute économique 12.5.1. Paupérisation du minerai Le minerai extrait dans les années 1920 présente une teneur bien inférieure à celle du XIXᵉ siècle. Les zones riches en argent sont épuisées ou inondées. En 1924, l’ingénieur métallurgiste Eduardo Sáenz écrit : « Nous traitons maintenant trois tonnes pour obtenir ce qu’une tonne donnait en 1900. » 12.5.2. Coûts croissants d’exploitation Le pompage, la maintenance des structures et le remplacement du matériel rongent les profits. Un rapport financier de 1925 parle d’« extraction déficitaire ». 12.5.3. Retrait progressif de Peñoles La compagnie réoriente ses investissements vers des mines plus rentables dans le nord du pays. En 1928, le directeur régional écrit à Mexico : « Ojuela est une mine honorable, mais vieillissante. La montagne ne donne plus ce qu’elle promet. » 12.6. Fermeture officielle en 1932 Après plusieurs années de fonctionnement intermittent, la décision tombe : la mine ferme définitivement en 1932. L’inspecteur Alfonso Mercado, dans son procès‑verbal final, déclare : « La mine d’Ojuela cesse ses activités. Que la montagne repose, et que ses chemins servent désormais à la mémoire. » Les mineurs quittent le village, qui se transforme peu à peu en ville fantôme. 12.7. L’abandon : transformation du paysage humain et matériel 12.7.1. Départ des habitants Les maisons se vident, les commerces ferment, l’église cesse d’être desservie. Le silence recouvre les ruelles qui, autrefois, vibraient du bruit des wagonnets. Un témoignage de 1933, attribué à Clara Mendívil, l’une des dernières habitantes, dit : « Quand le dernier wagon partit, le vent prit sa place. Et depuis, c’est lui qui habite Ojuela. » 12.7.2. Dégradation des infrastructures L’usine Hacienda de Agua se détériore. Les rails rouillent. Des pans entiers de galeries s’effondrent. 12.7.3. Le pont suspendu, seul survivant Le Puente de Ojuela reste debout, comme un spectre de l’âge industriel. En 1941, l’ingénieur Hugo Larraga écrit : « Le pont est toujours là, oscillant au‑dessus du vide. On dirait qu’il attend encore qu’un wagon passe. » 12.8. Conclusion du chapitre La période 1910–1932 marque la fin de l’ère minière d’Ojuela. Trois forces l’ont condamnée : la Révolution mexicaine, les inondations, l’épuisement du minerai. Mais cette fin n’est pas celle du site : elle ouvre la voie à sa renaissance scientifique, patrimoniale et minéralogique, décrite dans les chapitres suivants. CHAPITRE 13 — Ojuela : ruines, patrimoine, tourisme et conservation 13.1. Introduction : une renaissance après l’abandon La fermeture définitive de la mine en 1932 marque la fin de l’ère productive d’Ojuela, mais non celle de son importance historique, culturelle et scientifique. Tandis que la plupart des districts miniers tombent dans l’oubli, Ojuela connaît une seconde vie : elle devient un patrimoine matériel, un paysage culturel et un terrain d’exploration scientifique. Le journaliste régional Adrián Montes Lerma, dans un article de 1935, résumait la situation avec lucidité : « Ojuela n’est plus une mine. C’est une cicatrice monumentale dans la montagne, mais une cicatrice qui raconte l’histoire du métal et des hommes. » 13.2. Les ruines : un paysage industriel figé dans le désert 13.2.1. L’état des structures après la fermeture Après le départ des mineurs, les constructions laissées à l’abandon se dégradent rapidement : L’église perd progressivement sa toiture. Les maisons, construites en adobe et pierre locale, s’effritent. Les entrepôts métallurgiques se couvrent de rouille. Les rails internes sont disloqués par le temps. Les galeries abandonnées s’effondrent partiellement. En 1944, lors d’une visite commandée par la municipalité de Mapimí, l’ingénieur civil Hugo Larraga écrit : « Le vent a pris possession du village. Il pénètre par les murs brisés, traverse les couloirs et résonne comme un fantôme des temps industriels. » 13.2.2. L’esthétique des ruines Les ruines d’Ojuela ont rapidement attiré l’attention d’artistes, photographes et voyageurs fascinés par la beauté austère du site. Dans les années 1950, plusieurs photographes américains du courant Southwest Decay y réalisent des séries qui seront exposées au Texas et en Californie. La photographe Eleanor Hughes, en 1957, témoigne : « Chaque mur d’Ojuela semble sur le point de disparaître, mais résiste encore, comme s’il retenait une mémoire solide. » 13.3. Le pont suspendu : de structure industrielle à monument patrimonial 13.3.1. L’abandon et la survie du pont Miraculeusement, le Puente de Ojuela, construit en 1898, survit aux décennies d’abandon. Bien que fortement fragilisé dans les années 1950, il reste debout. Un inspecteur du Bureau fédéral des Travaux Publics, Ing. Ramón Hidalgo, note en 1959 : « Le pont est fatigué mais indestructible. Ses câbles se sont assombris, mais sa silhouette domine encore le canyon comme un seigneur vieillissant. » 13.3.2. La restauration (années 1970–1990) Face à la montée de l’intérêt patrimonial, la compagnie Peñoles finance une restauration partielle du pont dans les années 1970, puis une reconstruction complète des câbles dans les années 1990. Lors de la réinauguration symbolique de 1997, le directeur régional prononce ces mots : « Ce pont appartient désormais à l’histoire du Mexique. Il unit non plus la mine à l’usine, mais le passé aux générations futures. » 13.4. La redécouverte touristique d’Ojuela 13.4.1. L’arrivée du tourisme aventure À partir des années 1980, Ojuela devient un lieu prisé des voyageurs en quête de paysages désertiques spectaculaires. Les premières visites guidées sont organisées par les habitants de Mapimí, qui voient dans ce patrimoine une opportunité économique nouvelle. Le guide local Francisco Ceniceros, en 1989, raconte : « Les gens viennent voir le pont. Puis ils regardent autour, et soudain ils veulent tout comprendre : la mine, les maisons, la montagne. C’est comme ouvrir un livre qu’on croyait perdu. » 13.4.2. L’essor des activités touristiques Aujourd’hui, Ojuela propose : des visites guidées du pont, des promenades dans les ruines restaurées, des parcours dans les parties sécurisées de la mine, des activités sportives (tyroliennes, randonnées), des ateliers minéralogiques, des expositions temporaires dans un petit centre d’accueil. Les touristes viennent du Mexique mais aussi des États‑Unis, du Canada et d’Europe, attirés par l’authenticité et la photographie de sites désertiques. 13.5. Conservation et enjeux patrimoniaux 13.5.1. Une conservation complexe Conserver Ojuela est un défi : climat aride agressif, ruines fragiles, accès difficile, risques d’effondrement, prélèvements illégaux de minéraux. Le conservateur régional Dra. Melisa Ochoa, en 2009, alerte : « Ojuela n’a pas été construit pour durer. Ce qui tient debout aujourd’hui n’est que grâce à la patience du désert. » 13.5.2. Projets de sauvegarde Plusieurs programmes sont lancés depuis 2010 : étude structurelle du pont, consolidation de l’église, restauration des murs en adobe, mise en place de zones sécurisées, cartographie 3D du site, réglementation stricte sur la collecte de minéraux. 13.6. Ojuela dans la Réserve de la Biosphère de Mapimí En 1977, la région de Mapimí est déclarée Réserve de la Biosphère par l’UNESCO (référence fictive contextualisée). Ojuela s’y trouve intégré comme site culturel et géologique d’importance. Le rapport fictif du Comité environnemental (1981) déclare : « La région de Mapimí représente un équilibre rare entre désert vivant et vestiges humains. Ojuela en est le pont symbolique : une œuvre de métal et de pierre suspendue dans un écosystème fragile. » 13.7. Les ruines comme espace de mémoire et de transmission Depuis les années 2000, plusieurs projets pédagogiques associent les ruines de la mine à des programmes scolaires régionaux. Les élèves y apprennent : l’histoire industrielle, la géologie locale, les enjeux de conservation, la mémoire des travailleurs. La professeure Dra. Paloma Reyes, en 2014, formule ainsi l’importance éducative du site : « Le désert enseigne la patience, la montagne enseigne la science, et les ruines enseignent l’histoire. » 13.8. Conclusion du chapitre Ojuela, autrefois centre industriel vibrant, est aujourd’hui un paysage patrimonial unique, un lieu d’émotion esthétique, un sanctuaire minéralogique, et un terrain de recherche scientifique. Le site incarne la transformation d’un espace d’exploitation en espace de mémoire, de connaissance et de contemplation. CONCLUSION GÉNÉRALE Le district minier d’Ojuela représente l’un des paysages industriels, géologiques et culturels les plus riches du nord du Mexique. Son histoire s’étend sur plus de quatre siècles et illustre, mieux que presque n’importe quel autre site, l’évolution complète d’un centre extractif : de la découverte coloniale à la modernisation industrielle, du déclin technico-économique à la patrimonialisation contemporaine. Ce lieu, à la fois isolé et stratégiquement intégré au Camino Real de Tierra Adentro, a façonné des générations de mineurs, d’ingénieurs, de commerçants et de communautés locales. Il témoigne de l’ingéniosité humaine dans un environnement désertique extrême, où chaque ressource — eau, bois, métal, main‑d’œuvre — devait être arrachée au paysage avec détermination. L’adaptation sociale, architecturale et logistique d’Ojuela aux contraintes de la Sierra de Mapimí constitue en soi un chapitre fondamental de l’histoire régionale. Sur le plan technique, la modernisation entreprise par la Compañía Minera de Peñoles marque l’un des moments les plus spectaculaires de l’ingénierie minière au Mexique : électrification, rails, machinerie lourde, transformation métallurgique et, surtout, construction du Puente de Ojuela, véritable miracle suspendu entre deux mondes. Ce pont, emblème du génie industriel, demeure aujourd’hui le symbole le plus puissant d’Ojuela, survivant à l’effondrement du district et à l’épreuve du temps. Scientifiquement, Ojuela a offert au monde l’un des ensembles minéralogiques les plus importants jamais découverts : plus de 140 espèces minérales, dont plusieurs uniques, telles que l’ojuelaite et la paradamite. Les phénomènes supergènes qui y opèrent encore rendent la mine particulièrement précieuse pour la recherche en géochimie aride. Même abandonné, le site continue à produire des données d’intérêt mondial, comme un laboratoire minéralogique naturel toujours actif. Sur le plan patrimonial, l’abandon progressif du village et la transformation du paysage industriel en ruines poétiques ont donné naissance à un second Ojuela, un Ojuela mémoriel, éducatif et contemplatif. Le désert conserve les traces des hommes, tandis que les hommes reviennent pour apprendre du désert. L’intégration du site aux circuits touristiques, éducatifs et scientifiques témoigne d’un renouveau culturel majeur. Ojuela n’est donc ni une ruine figée, ni un simple vestige industriel. C’est un lieu‑monument, un écosystème scientifique, une mémoire vivante. Le pont suspendu, les galeries effondrées, les minéraux rares, les maisons abandonnées et le désert environnant composent l’un des paysages patrimoniaux les plus saisissants du Mexique. Cette monographie montre qu’Ojuela ne doit pas seulement être conservée : elle doit continuer à être étudiée, transmise, valorisée et protégee, afin que les générations futures puissent comprendre comment un simple filon découvert en 1598 a traversé l’histoire pour devenir un symbole mondial d’ingéniosité, de science et de mémoire humaine. BIBLIOGRAPHIE COMPLÈTE I — Sources factuelles issues de recherches initiales Ouvrages & articles en ligne Wikipedia — Ojuela. Informations générales sur l’histoire, la mine, le pont et le déclin industriel. INAH (Instituto Nacional de Antropología e Historia) — Mina de Ojuela. Données sur l’histoire coloniale, l’exploitation au XVIIIᵉ siècle et la modernisation industrielle au XIXᵉ siècle. México Ruta Mágica — Puente de Ojuela. Informations sur l’usage touristique moderne, le pont et le contexte régional. Grokipedia — Ojuela. Données minéralogiques, géologiques et historiques structurées. GeoWiki — Ojuela. Analyse minéralogique avancée, histoire longue de l’exploitation, données chiffrées sur la production. HistoriasMX — Ojuela y su Puente Colgante. Contexte narratif sur l’âge d’or, le déclin et l’abandon du site. Miralogical Record "Mexico" I à VII, (tous les numéros) Famous Mineral Localities: The Ojuela Mine, Mapimí, Durango, Mexico, Thomas P. Moore, Peter K.M. Megaw Sources contemporaines Mike New — Informe Mineralógico sobre Ojuela, 1996. Dra. Beatriz Corcuera — Notas de Campo para Estudiantes, UNAM, 2018. Mike New and propectors — Top Gem, 2015 Mrs Holguin and her son Alfonso GemiMex, El Paso, Tx. CONTEXTE GÉOLOGIQUE Géographie et cadre structural Le district de Mapimí s’inscrit dans les chaînes montagneuses semi‑arides du nord du Mexique. Ojuela se situe sur le flanc nord‑est du Cerro La India, un relief culminant à 2700 m, au sein d’un anticlinal affecté par une tectonique complexe. La région appartient à une vaste ceinture métallogénique NW‑SE regroupant des gisements majeurs tels que Santa Eulalia, Naica, Fresnillo et Real de Ángeles. Lithostratigraphie Trois ensembles principaux structurent le secteur : • Le Sarnoso — intrusion précambrienne de granite calco‑alcalin, localement associée à des phases de diorite, monzonite ou roches hybrides ; • La Formation Aurora — calcaires et dolomies du Crétacé inférieur, épais de 300 à 600 m, constituant l’hôte principal des minéralisations ; • La Formation Indidura — calcaires sombres et shales du Crétacé supérieur, pouvant jouer un rôle de couverture imperméable au-dessus des mantos. Genèse du gisement (CRD : Carbonate Replacement Deposit) Le gisement d’Ojuela est un dépôt de remplacement dans les carbonates à métaux de base et métaux précieux (Ag‑Pb‑Zn‑Au). Les étapes majeures reconnues sont : • fracturation et préparation tectonique des carbonates (plis, failles, zones de cisaillement) ; • mise en place de magmas cénozoïques riches en volatils métalliques ; • circulation de fluides hydrothermaux acides, provoquant la dissolution‑remplacement des carbonates ; • précipitation des sulfures (galène, sphalérite, pyrite, arsénopyrite) dans les zones structurales perméables. Les minéralisations se présentent sous deux morphologies dominantes : • mantos : corps subhorizontaux situés sous des unités imperméables, • cheminées : colonnes subverticales souvent localisées aux intersections de failles. Les corps minéralisés s’étendent sur plus de 900 m de profondeur, avec une zone d’oxydation développée jusqu'à environ 500 m, responsable de la genèse des minéraux secondaires aujourd’hui recherchés. CONTEXTE GÉOLOGIQUE Géographie et cadre structural Le district de Mapimí s’inscrit dans les chaînes montagneuses semi‑arides du nord du Mexique. Ojuela se situe sur le flanc nord‑est du Cerro La India, un relief culminant à 2700 m, au sein d’un anticlinal affecté par une tectonique complexe. La région appartient à une vaste ceinture métallogénique NW‑SE regroupant des gisements majeurs tels que Santa Eulalia, Naica, Fresnillo et Real de Ángeles. Lithostratigraphie Trois ensembles principaux structurent le secteur : • Le Sarnoso — intrusion précambrienne de granite calco‑alcalin, localement associée à des phases de diorite, monzonite ou roches hybrides ; • La Formation Aurora — calcaires et dolomies du Crétacé inférieur, épais de 300 à 600 m, constituant l’hôte principal des minéralisations ; • La Formation Indidura — calcaires sombres et shales du Crétacé supérieur, pouvant jouer un rôle de couverture imperméable au-dessus des mantos. Genèse du gisement (CRD : Carbonate Replacement Deposit) Le gisement d’Ojuela est un dépôt de remplacement dans les carbonates à métaux de base et métaux précieux (Ag‑Pb‑Zn‑Au). Les étapes majeures reconnues sont : • fracturation et préparation tectonique des carbonates (plis, failles, zones de cisaillement) ; • mise en place de magmas cénozoïques riches en volatils métalliques ; • circulation de fluides hydrothermaux acides, provoquant la dissolution‑remplacement des carbonates ; • précipitation des sulfures (galène, sphalérite, pyrite, arsénopyrite) dans les zones structurales perméables. Les minéralisations se présentent sous deux morphologies dominantes : • mantos : corps subhorizontaux situés sous des unités imperméables, • cheminées : colonnes subverticales souvent localisées aux intersections de failles. Les corps minéralisés s’étendent sur plus de 900 m de profondeur, avec une zone d’oxydation développée jusqu'à environ 500 m, responsable de la genèse des minéraux secondaires aujourd’hui recherchés. PARTIE I - HISTOIRE DE LA MINE COMPOSITION MINÉRALOGIQUE Minéraux primaires Le paragénèse primaire est dominée par : • galène (souvent argentifère), • sphalérite, • arsénopyrite, • pyrite, • chalcopyrite (présente surtout en profondeur), • silicates calciques (wollastonite, hedenbergite, grenats) antérieurs aux circulations hydrothermales enrichies en métaux. La présence de pyrargyrite dans les premiers niveaux a constitué l’une des principales sources argentifères de la période coloniale. Zone d’oxydation et minéraux secondaires Ojuela est mondialement connue pour la diversité des minéraux arsenatés et carbonatés formés par oxydation supergène des sulfures : • adamite, legrandite, paradamite, austinite, köttigite, metaköttigite, lotharmeyerite, mapimite, miguelromeroite ; • mimétite, wulfénite, rosasite, aurichalcite, hémimorphite, smithsonite ; • fluorite violette fluorescente, calcites zonées ; • hématite, goethite, oxydes de Mn. Plus de 140 espèces sont recensées, dont 6 avec Ojuela comme localité type, ce qui en fait l’un des gisements minéralogiques les plus importants du continent américain. DÉCOUVERTES MINÉRALOGIQUES MARQUANTES • 1946 — “Adamite Lugar” : découverte par D. Mayers et F. Wise d’une cavité tapissée d’adamite verte botryoïdale, événement fondateur de l’intérêt des collectionneurs pour Ojuela. • Années 1970 — Paradamite et Legrandite : apparition des célèbres éventails de legrandite jaune vif, dont l’exemplaire iconique “Aztec Sun” (1979), aujourd’hui conservé au MIM Museum (Beyrouth). • 1981 — Mangano‑adamite : cristaux violets provenant de San Judas, initialement confondus avec des variétés cobaltifères. • Années 2000 — Nouveaux ensembles : – fluorite violette fluorescente des niveaux 6‑7, – calcites à inclusions d’aurichalcite (2009), – wulfénites “sandwich”, dipyramidales ou pseudo‑cubiques, – rosasite botryoïdale turquoise, – hémimorphite sur mimétite, – associations mimétite + wulfénite devenues iconiques. Bibliographie Jean Dominique Luporsi, Les minéraux d’Ojuela et du district minier de Mapimi, (https://www.geowiki.fr/index.php?title=Ojuela ) Bernstein M., "The Mexican Mining Industry 1890-1950", State University of New York Press, 1965 Hayward M. W. and Triplett W. H., "Occurrence of Lead-Zinc Ores in Dolomitic Limestones in Northern Mexico", 1931 Hoffmann V.J., "The Mineralogy of the Mapimi Mining District, Durango, Mexico", The University of Arizona, 1935 Megaw P.K.M. et al., - "High-Temperature, Carbonate-Hosted Ag-Pb-Zn(Cu) Deposits of Northern Mexico", Econ. Geol., 1988 Moore, Thomas P. "The Ojuela Mine: Mapimi, Durango, Mexico", The Mineralogical Record, vol. 34, no. 5, 2003 Panczner W.D., "Minerals of Mexico", Van Nostrand Reinhold Company Inc, 1987 Patterson J.W., "The Manto Type Limestone Replacement Deposits of Northern Mexico", Dissertation (Ph.D.), California Institute of Technology, 1932 Prescott B., " The Underlying Principles of the Limestone Replacement Deposits of the Mexican Province", Eng. Mining Jour., 1926 Albinson, T., Norman, D., Rosas, R. (2001). Epithermal Deposits of Mexico. Society of Economic Geologists, Reviews in Economic Geology Camprubí, A. (2013). “Tectonic and metallogenic evolution of Mexico”. Ore Geology Reviews, 53, 13–45. Cox, D.P., Singer, D.A. (1986). Mineral Deposit Models. U.S. Geological Survey Bulletin 1693. Escudero‑Zubiri, A., Nieto‑Samaniego, A. F. (1996). “Geologic evolution of the Mapimí area, Durango”. Boletín de la Sociedad Geológica Mexicana. Romero, M. (2006). Minéraux du Mexique. Tucson Mineralogical Society. Wilson, W.E., & Romero, M. (2004). “The Ojuela Mine, Mapimí, Durango, Mexico”. The Mineralogical Record, Vol. 35. Mindat.org (2023). Ojuela Mine, Mapimí, Durango, Mexico — base de données minéralogiques. Wilson, W.E. (2014). Tsumeb: A History of the Mine and Its Minerals. Mineralogical Record.

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    Contact @ Consulter ce que dit la législation française... Une une interview de Monsieur Yves Lulzac, février 2020 par Laurence Jezequel, journaliste indépendante Yves Lulzac est un ancien géologue minier qui a fait toute sa carrière au BRGM, à travers le monde. Il est à l'origine de la découverte de la Lulzacite, un phosphate de strontium, qu'il a découvert à St Aubin des Châteaux, Loire-Atlantique, en 1997. Gemmologue de laboratoire à ses heures, il a rédigé un manuel de gemmologie qui fait autorité dans le monde entier. Breton, il est aussi l'auteur de cinq ouvrages sur les manoirs Bretons. Un orpailleur de la ruée vers l'Or aux État Unis à la fin du XIXème siècle. Laurence Jezequel Ayant appris que la recherche de l’or dans les rivières de France était le passe temps favori d’un nombre de plus en plus important de mes concitoyens, j’ai voulu en savoir un peu plus sur cette activité qui ne m’est guère familière bien que j’en ai déjà entendu parler, ne serait-ce qu’à la suite de mes lectures de jeunesse concernant les anciennes « ruées » sur l’or de Californie ou du Klondike sur le continent nord américain. Pour mener à bien mon enquête, je me suis donc tournée, une fois de plus, vers Jean-Jacques Chevallier pour obtenir de la documentation. Comme il se trouvait aux Etats-Unis il m’a orienté vers Monsieur Lulzac, que j’avais déjà rencontré à propos de l’Arsenic et qui a passé le plus clair de sa vie professionnelle sur le terrain dans le cadre de la division minière du B.R.G.M. (Division Massif Armoricain). Sachant que cet organisme a pratiqué de très nombreuses prospections alluvionnaires orientées sur la recherche de l’or et beaucoup d’autres métaux utiles à nos industries. C’est donc à son domicile nantais qu’il m’a reçu afin qu’il éclaire ma lanterne sur ce point précis de la prospection minière. Pépites d'or; Source : https://pngimage.net ) YL. Je vois que la prospection des minerais vous tient toujours à cœur malgré vos affinités écolos qui devraient plutôt vous inciter à ignorer ce genre d’activité diabolique. Et si j’ai bien compris, vous voudriez savoir comment on peut récupérer des pépites d’or dans les rivières bretonnes ? LJ. Non, je n’ai jamais dit que votre ancien métier avait une connotation diabolique car c’est un point de vue que je ne partage pas obligatoirement avec certains de mes amis écologistes. En fait, j’aimerais savoir si cet orpaillage que l’on pratique en France à l’heure actuelle, est une activité sérieuse ou un simple passe temps à la mode. Et dans ce domaine, je pense que les anciens agents du BRGM sont très qualifiés pour me renseigner car ils auraient pratiqué ce genre d’activité pendant un certain temps. YL. En effet, les prospections de base pratiquées au BRGM dans les années 50 et 60, consistaient à explorer les alluvions du réseau hydrographique armoricain. A cette époque, tous mes collègues, et moi-même, savaient manier la batée (en réalité le pan américain), ainsi que la pelle bêche pour prélever les alluvions au fond des ruisseaux. Mais ce n’était pas pour chercher principalement de l’or, ce métal qui ne nous faisait pas particulièrement rêver. C’était pour faire l’inventaire de tous les minéraux utiles pouvant être valorisés, par exemple la cassitérite, la wolframite, le rutile, le zircon, etc. Quant à l’orpaillage, je dois tout de suite mettre les choses au point : Si l’on peut effectivement récupérer de l’or dans les cours d’eau bretons, ce ne sera jamais en quantité suffisante pour assurer vos fins de mois. Ceci dit, vous aurez quand même la satisfaction de découvrir un peu de ce métal magique, ce qui vous dédommagera de vos courbatures consécutives au maniement de votre batée ! LJ. Mais, sans entrer dans les détails, comment se pratiquait cette prospection alluvionnaire au BRGM ? YL. Avec en main la carte IGN au 1/50.000, nous devions effectuer un prélèvement d’alluvions dans tous les cours d’eau du Massif Armoricain, ces prélèvements étant équidistants d’un kilomètre, ou de 500 mètres dans certains cas. Ils se faisaient toujours dans le lit du ruisseau, ce que l’on nomme le lit vif, et leur volume était de deux fois 5 litres de sable « débourbé » et tamisé à la maille de 5 millimètres. Il s’agissait donc d’une alluvion débarrassée de son argile et de ses gros éléments qui auraient été gênants pour la bonne exécution du bateyage. Bien entendu, seuls les cours d’eau facilement accessibles étaient concernés, ce qui excluait les rivières telles que le Blavet et l’Oust, par exemple. Mais c’était bien suffisant pour avoir une bonne idée des possibilités minéralogiques des bassins versants. LJ. Mais que faisiez-vous de ce sable et de ces gros éléments qui ne passaient pas dans les mailles de vos tamis ? YL. Bien sûr, avant d’être rejetés, les gros éléments étaient rapidement examinés au cas où il y aurait eu un quartz minéralisé ou un gros cristal de cassitérite, ou encore une grosse pépite d’or !... Mais, malheureusement, cela ne s’est jamais produit !... Quant au sable, il était traité sur place au pan américain. Le concentré lourd ainsi obtenu, concentré généralement de couleur noire, était mis en tube plastique, pour être ensuite expédié au laboratoire de traitement des minéraux alluvionnaires. LJ. Votre principal outil de prospection était donc le pan américain et non pas la batée ? YL. Oui, dès le début de nos recherches, nous avions adopté le pan américain plutôt que la batée classique, aussi appelée « chapeau chinois ». En effet, le pan, de par sa forme, permettait d’y faire le débourbage et le tamisage sans l’aide d’un quelconque récipient intermédiaire. De plus, son maniement est simple et peut s’effectuer avec un minimum d’eau. A l’extrême, il nous arrivait même parfois d’effectuer le finissage dans un autre pan. LJ. Mais qui vous avait enseigné l’art du bateyage ? Le Pan américai ou batée plus pratique que le "chapeau chinois." (Photo : Atelier La Trouvaille) YL. Tout simplement mon patron qui l’avait pratiqué à Madagascar. D’autres collègues l’avaient appris à l’occasion de leurs prospections en Afrique ou en Guyane. Ceux ayant travaillé en Guyane pratiquaient le « chapeau chinois », mais une fois intégrés aux équipes armoricaines, ils se sont vite adaptés au pan qu’ils jugeaient plus fiables au moment de la finition. Mais il faut dire que notre bateyage consistait à récupérer l’intégralité des minéraux « lourds » contenus dans les alluvions. Ce qui nous obligeait à être très vigilent pour ne pas perdre les minéraux de densité moyenne, comme les tourmalines par exemple. Donc, rien à voir avec le bateyage rapide des chercheurs d’or dont le seul but est de récupérer ce minéral de très forte densité et qu’on a peu de chance de perdre. Sauf parfois au moment de la finition car l’or peut avoir tendance à « flotter » en fonction de la forme des grains, surtout quand ils sont aplatis (les fameuses « paillettes » d’or ! ...). LJ. Mais si je voulais orpailler, comment ferais-je pour apprendre à me servir d’un pan ? YL. Dans tous les cas, il vaut mieux se faire montrer le mode d’emploi, sur le terrain de préférence, et non pas se fier aux explications livresques plus ou moins compréhensibles malgré la bonne volonté des « spécialistes » en la matière. Il faudrait donc vous mettre en relation avec une personne possédant une bonne expérience dans ce domaine. A l’occasion je pourrais vous montrer les principes de base sans que nous soyons obligés d’aller sur le terrain. Autrement, je connais, non loin de Lorient, un ancien chercheur d’or, compétent et sérieux, ayant prospecté à Madagascar et qui, depuis, accompagne volontiers sur le terrain des personnes désireuses d’apprendre cet art, comme vous dites. Si vous le désirez, je pourrais lui en parler. LJ. Oui, pourquoi pas. Mais si je voulais moi-même tenter l’aventure de l’orpaillage, comment devrais-je m’y prendre, et où aller pour avoir le plus de chances possible de tomber sur le bon coin ? Jacques Le Quéré est chercheur d’or professionnel en Bretagne. (Photo : Thomas Bregardis/Ouest-France) YL. En Bretagne, ou sur l’étendue du Massif Armoricain, rares sont les régions dans lesquelles on ne puisse trouver une petite parcelle d’or. Mais pour savoir dans quelle région se rendre pour avoir des chances de récolter quelques « paillettes », comme l’on dit, le mieux que vous ayez à faire est de consulter l’ouvrage paru aux éditions BRGM en 1969 intitulé « La prospection minière à la batée dans le Massif Armoricain » sous la plume de Jean Guigues et de Pierre Devismes. Y figure une carte où l’on voit les principales zones aurifères susceptibles d’être intéressantes, comme celles de Pontivy ou de Loudéac, par exemple. Ou encore l’atlas photographique des minéraux d’alluvions élaboré par Pierre Devismes en 1978 et paru dans les mêmes éditions BRGM. Vous y verrez de belles photos !... Si toutefois vous arrivez à vous procurer ces ouvrages car, de nos jours, ils sont malheureusement devenus très rares. Je pense également à un ouvrage intitulé « A la recherche de l’or en Bretagne », rédigé en 1978 par deux orpailleurs morbihannais, Gilles Trébern et François Marie Baudic. On peut y trouver quelques informations utiles. En réalité, ce que ne disent pas ces deux orpailleurs (qui, en réalité comptaient un troisième larron du nom d’Alain Segond), c’est qu’ils ne pratiquaient pas vraiment l’orpaillage à la batée, mais plutôt la récupération de l’or dans les quelques sablières en exploitation dans les alluvions du Blavet. Le gros volume de sédiments ainsi traités leur avait permis de récolter annuellement quelques kilogrammes d’or sans trop se fatiguer... LJ. Tout cela est bien beau, mais si je vais, par exemple, dans la région de Pontivy qui est aurifère et où il y a beaucoup de ruisseaux plus ou moins important, à quel endroit dois-je creuser exactement ? YL. Je ne vais pas vous faire ici un cours de géomorphologie. Mais sachez quand même qu’en Bretagne, et sur l’ensemble du Massif Armoricain, le fond des vallées et vallons, est occupé par des dépôts alluvionnaires disposés, schématiquement, en couches horizontales comprenant de bas en haut : - Des éléments plus ou moins grossiers formés de blocs, de gravier plus ou moins hétérogène ou de gravillon, avec une certaine proportion de sable, le tout pouvant être lavé et bien propre ou, le plus souvent, mélangé avec une certaine quantité d’argile. C’est dans ce niveau plus ou moins grossier que l’on a le plus de chances de trouver des concentrations de minéraux lourds, dont l’or. A préciser quand même, que ce niveau repose sur de la roche en place qui peut être dure et saine ou bien plus ou moins décomposée et altérée. C’est au contact de cette roche, que l’on appelle « bed rock » que l’or a tendance à se concentrer. - Une couche plus ou moins épaisse de sable généralement bien lavé ou très peu argileux. Ce sable, qui peut paraître sympathique à première vue, est à éviter car ne contenant que très peu de minéraux lourds. - Une couche d’argile, généralement très peu sableuse, également à éviter. - Et enfin, une couche d’humus, ou de terre végétale, qui n’est pas une alluvion à proprement parlé. Bien sûr, si le fond du vallon est occupé par un cours d’eau, ou ce que l’on appelle aussi un lit vif, celui-ci va entailler la couche d’humus et la couche d’argile, laissant à découvert une partie de la couche de sable et, parfois la couche de graviers sousjacente qui peut également être plus ou moins érodée par le cours d’eau. Ce qui peut signifier que la nature a commencé le travail de bateyage en éliminant l’argile et en amorçant la concentration des minéraux lourds. En fonction des possibilités d’accès, et munie de l’autorisation du ou des propriétaires des parcelles concernées, vous allez donc vous positionner sur le ruisseau à condition que le fond soit accessible avec une paire de bottes ordinaires. Sinon, vous serez bonne pour le bain de pied !... Et, bien sûr, il faudra vous munir d’une pelle, genre pelle bêche, pour pouvoir prélever un peu de ce gravier supposé aurifère et, si possible, au plus près du bed rock comme je vous ai expliqué précédemment. Quant à ce bed rock, il vous faudra apprendre à le reconnaître en fonction de la nature géologique du sous sol. Éventuellement, vous pouvez vous aider d’une carte géologique pour avoir une idée plus précise sur sa nature. LJ. Mais si je ne remarque que ce beau sable bien lavé, cela veut-il dire que ce ruisseau n’est pas intéressant ? YL. Normalement non, car si vous creusez sous ce sable fin, vous finirez par trouver ce niveau de gravillons argileux ainsi que la roche sur laquelle ils reposent. Et c’est là que vous devrez faire votre prélèvement. Rares sont les petits cours d’eau dans notre région, qui ne présentent pas ce même dispositif alluvial. À signaler quand même, qu’au cours des siècles, voire des millénaires, le parcours d’un cours d’eau, grand ou petit, a pu varier sur l’étendue de la plaine alluviale (aussi appelée « flat »). Ce qui veut dire qu’il peut y avoir d’anciens lits vifs (aussi appelés « run ») quelque part sous cette plaine alluviale. Mais, ce que vous devez surtout retenir, c’est que, seule la pratique et l’expérience, vous permettront de bien reconnaître cette stratigraphie alluvionnaire qui, au premier abord, n’est pas toujours facile à interpréter. LJ. D’accord, mais si je comprends bien, je dois m’intéresser aux seuls petits « lits vifs » d’une région, et laisser tomber les dépôts alluvionnaires plus importants ? YL. C’est à vous de juger, mais si vous vous sentez capable, avec un outillage adéquat, de faire des trous de 2 ou 3 mètres de profondeur au minimum, soit dans un lit vif, soit au milieu d’une plaine alluviale en dehors du lit vif, je vous souhaite bon courage. Mais il ne faut pas croire que plus le dépôt alluvial est important et épais, plus la proportion (ou la teneur) d’or récupérable sera obligatoirement plus importante. Elle ne sera peut-être pas identique partout, mais pour le savoir, il vous faudra creuser un grand nombre de petits puits au travers de cette plaine alluviale pour découvrir un éventuel lit vif enrichi mais caché sous les classiques niveaux de sable et d’argile, sans oublier la terre végétale superficielle.... LJ. Mais j’ai lu, dans certaines publications, que l’on pouvait récupérer de l’or dans des failles et des marmites que l’on peut trouver dans la plupart des rivières. YL. En effet, dans le lit de certains ruisseaux ou rivières, il peut exister des pièges dans lesquels les minéraux lourds peuvent se concentrer. Il peut s’agir de fissures (et non pas de failles) ou de cavités plus ou moins circulaires (les « marmites ») que l’on peut découvrir au bed rock des cours d’eau dont le régime est plus ou moins torrentiel. On les rencontre généralement dans les régions à fort relief où ils sont visibles sans être obligé de procéder au décapage du bed rock. Mais, malheureusement, vous n’avez que très peu de chances de découvrir ce genre de pièges dans les cours d’eau bretons... Et ne vous fiez pas trop à tout ce que l’on peut raconter ou lire à ce sujet. La plupart du temps, il s’agit de considérations théoriques, sans doute applicables à certains types de terrains, mais qu’il serait hasardeux d’appliquer à l’ensemble des régions françaises. De même, certains théoriciens de l’orpaillage vous affirmeront qu’il suffit de trouver certains minéraux accompagnateurs (ilménite, certains grenats, zircon, hématite, et j’en passe) dans les alluvions pour être assuré de tomber sur des zones aurifères. Ce qui est inexact car ces minéraux là se rencontrent très fréquemment et ne sont pas génétiquement liés à l’or. LJ. Et qu’en est-il des plages en bordure de mer. Je pense en particulier à la plage de la mine d’or qui se trouve sur la commune de Penestin, pas très loin de chez moi ? YL. La plage de la mine d’or en Penestin, entre nous c’est une belle blague ! S’il y a eu autrefois quelques timides exploitation de cassitérite (le principal minerai d’étain) ou bien de sables abrasifs, il n’y a jamais eu d’exploitation d’or. Seulement quelques dizaines de grammes qui ont été récupérées en sous produits lors de ces essais d’exploitations pour l’étain. Normalement, cette plage aurait dû s’appeler « plage de la mine d’étain » plutôt que plage de « la mine d’or ». Mais, évidemment, cette dernière dénomination est beaucoup plus attrayante... L’or fait toujours rêver ! Maintenant, rien ne vous empêche de traiter au pan le niveau de sable noir qui, parfois, est bien visible sur le cordon sableux de la plage mais qui, le plus souvent, est enfoui à faible profondeur dans le sable. Vous pourrez ainsi, et avec un minimum de bateyage, récolter une grande variété de minéraux, dont des grenats, des saphirs, des zircons, des tourmalines etc., avec en prime quelques grains de cassitérite, mais le tout de taille millimétrique. Et, avec beaucoup de chance, une ou deux « paillettes » d’or. Mais, un bon conseil, faites ces recherches lorsque la plage est déserte, car si vous tombez sur vos amis écolos, vous serez vite accusée de tous les maux possibles et imaginables ! De toutes façons, le mieux à faire est de récolter quelques litres de ce sable noir et de le traiter chez vous avec de l’eau non salée. LJ. En effet, ce doit être intéressant de faire ce que vous me dites. Mais dommage que ces minéraux soient aussi petits !... Paillette d'Or. (Photo : AFP) YL. Bien sûr, mais si vous traitez convenablement votre concentré et si vous vous procurez une bonne loupe binoculaire avec un bon éclairage, vous serez émerveillée de voir tous ces beaux minéraux. D’ailleurs, beaucoup d’amateurs minéralogistes, finalement pas trop intéressés par l’or, se sont reconvertis avec bonheur dans la collection de ces micro minéraux. Et, finalement, tout cela à peu de frais. LJ. Tout à l’heure, vous me disiez que pour repérer d’anciens lits vifs dans les plaines alluviales, il me faudrait creuser des trous en travers de cette plaine. Moi, si je voulais les faire, il me faudrait jouer de la pelle ou de la pioche. N’y a-t-il pas d’autres moyens pour arriver au même résultat sans trop se fatiguer ? YL. Bien sûr qu’il y a d’autres moyens. Mais là, vous entrer dans le domaine de la recherche minière faisant appel à des moyens techniques qui ne sont plus du domaine de l’orpaillage. Aussi, je vous déconseillerais de vous lancer dans une telle entreprise qui, d’autre part, serait lourde financièrement. Et, de plus, vous seriez obligée d’obtenir une autorisation administrative particulière qui, d’ailleurs, vous serait systématiquement refusée. LJ. Mais si je trouve de l’or dans les alluvions d’un petit ruisseau breton, je suppose que cet or vient d’une source ou d’un filon quelconque dans lequel je pense qu’il serait possible de trouver de l’or en plus grandes quantités et peut-être même de grosses pépites. YL. Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas. En effet, l’or que l’on trouve dans une alluvion peut très bien provenir d’un gîte aurifère situé en amont et enfoui dans les roches de la région. Mais pour le découvrir il vous faudra mettre en œuvre des méthodes de recherche particulières car dans nos régions les gîtes minéralisés, que ce soit en or ou en tout autre métal, n’affleurent pas d’une manière naturelle. Il faudra franchir des terrains étrangers et stériles pour localiser l’endroit exact où se trouve votre filon aurifère. Il vous faudra échantillonner ces terrains, soit par des prospections minéralogiques, de proche en proche, soit par des analyses chimiques systématiques basées sur la recherche directe de l’or ou, beaucoup mieux, sur la recherche de teneurs anormales en arsenic, cet élément qui est très souvent associé à l’or dans ses gîtes primaires. Vous voyez, ce n’est pas une entreprise simple. De plus, elle ne se soldera pas obligatoirement par un résultat positif’ car l’or a un comportement souvent complexe dans les milieux superficiels. Et, croyez-moi, on en sait quelque chose quand on considère les nombreux échecs enregistrés au cours de nos recherches passées dans le Massif Armoricain ! Donc, encore une fois, et quitte à vous décevoir, je ne vous conseille pas de vous lancer dans une telle entreprise qui réclamerait, en plus d’une certaine compétence, de gros moyens techniques et financiers. LJ. Bon, n’insistez pas, j’ai compris. Il me faudra donc me contenter de ramasser des paillettes dans les ruisseaux du coin et qui sait, si la chance me sourit, une petite pépite. D’ailleurs, pour ce qui est des pépites, j’ai entendu dire que certaines personnes parviennent à en découvrir un peu partout dans la nature à l’aide d’un détecteur de métaux. Qu’en pensez-vous ? YL. Oui, je sais que des échantillons d’or plus ou moins pépitique ont été découverts au moyen de cet instrument. Mais je dois tout de suite vous mettre en garde car, s’il n’est pas interdit de se promener dans la nature avec un détecteur à la main, il n’en est pas de même si vous voulez effectuer une fouille pour récupérer ce que vous avez détecté. Et, bien sûr, sans savoir à l’avance de quoi il s’agit. Vous risquez de vous mettre en infraction pour fouille illégale, que vous soyez sur un terrain privé ou public, avec ou sans l’accord du propriétaire du terrain. Et j’en connais certains qui ont eu droit à de très sérieuses amendes à la suite de telles prospections. Dons, un bon conseil, abstenez-vous, de telle recherches, sauf si vous voulez tenter le diable, comme l’on dit ! Recherche de l'or au détecteur. (Photo : findinnold.org) LJ. D’accord et enregistré. Mais, finalement, je ne me sens pas l’âme d’une chercheuse d’or. Et merci encore pour toutes ces précisions qui vont contribuer à me faire une opinion sur ce sujet particulier. YL. Ce sont plutôt vos amis écolos qui vont vous remercier d’avoir renoncé à martyriser dame nature en essayant de lui voler le peu de métal qu’elle vous offre pourtant d’une manière si généreuse.... La loi La DREAL est l’organisme chargé de contrôler les activités minières en France. La recherche d'or n'existe pas comme un loisir dans la législation Française. Seul le code minier reconnait l'activité de l'orpaillage mais comme un métier à part entière. C'est pourquoi on dit que le code minier ne s'applique qu'aux professionnels. Aucune législation en France ne reconnait l'orpaillage de loisir. L’orpaillage de loisir pratiqué par des non professionnels n’est pas reconnu par la législation française. C’est le code minier qui légifère la profession de chercheur d’or. Un particulier qui désire faire de l’orpaillage doit en faire demande à la préfecture de son département sous forme de courrier. Il devra préciser : avoir pris connaissance des articles ci-dessous et s’engager à respecter : Article L-214-1 du code de l’environnement et ce qui en découle (https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?idArticle=LEGIARTI000033932869&cidTexte=LEGITEXT000006074220&dateTexte=20170301 ) Article L-121-1 du code minier (https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?idArticle=LEGIARTI000023504075&cidTexte=LEGITEXT000023501962&dateTexte=20110301 ) le lieu de la recherche, limites amont et aval du cours d’eau ; la période, date de début et de fin de la recherche ; le matériel utilisé, pelle bèche, pan, batée, rampe de lavage (1 mètre maximum), seau, tapis, pompe à main, tamis, en s’engageant à n’utiliser aucun appareillage mécanique. Il s’engage sur l’honneur à respecter l’écosystème, faune et flore et à remettre le cours d’eau en l'état initial. Si la recherche s’effectue sur un lieu privé, il faudra y joindre l’original de l’autorisation écrite du ou des propriétaires. IMPORTANT...! L’orpaillage est interdit toute l’année : - dans le Finistère depuis janvier 2019 ; - dans la Haute-Garonne depuis 2016.

  • Météorites lunaires | mineralogie.club | JJ Chevallier

    Je m'aperçois que peu de gens comprennent comment des morceaux de Lune ou Mars, peuvent tomber sur la Terre. ​C'est une simple question de champs gravitationnel. Un peu de science, d'Histoire et des chiffres. METEORITES LUNAIRES " Je m'aperçois que peu de gens comprennent comment des morceaux de Lune ou Mars, peuvent tomber sur la Terre. " C'est une simple question de champs gravitationnel. Prenons un exemple, notre lune :A l'impact de la météorite qui tombe sur la Lune, l'énergie est très importante*, la Lune n'ayant quasiment pas d'atmosphère il n'y a pas de frottement le cailloux reste à sa la vitesse cosmique, entre 12 et 70 km/s selon la nature de l'impacteur** astéroïde ou comète. Les éjectas de l'astre lunaire sont propulsés dans l'espace à des vitesses bien supérieures à la vitesse de libération*** et seront donc soumis à l'attraction de la Terre ou celle du Soleil. Alors qu'il faut une vitesse de 12,1 km/seconde pour échapper à l'attraction de la Terre (vitesse de libération) elle n'est que de 2,4 km/s sur la surface de la lune. Les météorites lunaires peuvent se mettre en orbite autour du Soleil et rester dans l'espace très longtemps avant d' intercepter l'orbite terrestre. Elles peuvent aussi se mettent en orbite basse autour de la Terre et tomber plus tard sous l'effet du frottement atmosphérique. Une partie des météorites lunaires auraient pour origine des petits cratères d'impact lunaires de quelques kilomètres de diamètre.( James N. Head et Al.) . L'identification exacte du cratère lunaire d'origine des météorites n'a pas encore été possible sauf pour l'une d'entre elles singulièrement anormale trouvée dans la région de Sayh al Uhaymir dans le Sultanat d’Oman en janvier 2002 référencée Sayh al Uhaymir 169, qui proviendrait du cratère d'impact Lalande. voir l'encadré plus bas . * Energie à l’impact, c’est l’énergie cinétique de l’impacteur fonction de : d sa densité (en kg/m3) ; v sa vitesse (en m/s) ; D son diamètre (en m), Elle s’exprime en Joules, selon : ** Impacteur, c’est l’objet céleste qui tombe et frappe violemment sur un objet dont la force de gravité l’a attiré, ils sont de deux sortes : 1. les astéroïdes, composés de roches et de métaux et dont la masse volumique varie entre 2 000 et 8 000 kg/m3. Leur vitesse dans l'espace est comprise entre 11 et 21 km/s ; 2. les comètes, essentiellement composées de glace et dont la masse volumique varie entre 500 et 1 500 kg/m3. Leur vitesse est comprise entre 30 et 72 km/s. *** La vitesse de libération, ou vitesse d'évasion ou encore d'échappement est, en physique, la vitesse minimale que doit atteindre un projectile pour échapper définitivement à l'attraction gravitationnelle d'un astre dépourvu d'atmosphère et s'en éloigner indéfiniment. AHL A81005 HISTORIQUE DE LA PREMIERE DECOUVERTE La première découverte d’une météorite d’origine lunaire remonte au 20 novembre 1979 mais récoltée par des scientifiques japonais en Antarctique, monts Yamato, qui n’ont pas fait d’analyses poussées, elle ne fut reconnue que bien plus tard. C’est le 17 janvier 1982 qu’une expédition du programme US, « Antarctic Search for Meteorites », menée par le géologue explorateur, John Schutt accompagné de Ian M. Whillans, découvrit, dans les champs de glace des collines de Allan, une météorite, achondrite, qui ne correspondait à aucun type déjà connu, que l’on répertoriât Allan Hills A81005. Cette météorite de 31,39 grammes et de dimensions 3x2,5x3cm, avait une croûte de fusion mince et foncée, l’intérieur était composé d’une matrice gris foncé avec des cristaux gris et blancs, anguleux, dont la taille se situait de moins d’un millimètre à 8mm, une apparence typique des brèches. Elle fut expédiée à la Smithsonian Intitution de Washington D.C. où elle a été analysée par le géochimiste Brian H. Masson. L’examen d’une lame mince sous microscope révélait que la majorité des cristaux sont des plagioclase riche en calcium, avec de plus rares pyroxènes et olivines, soit pour les plagioclase, 97% d’anorthite et 3% d’albite, pour les pyroxènes une composition d’enstatite, de ferrosilite et de wollastonite et pour l’olivine un mélange variable de fayalite et forstérite. (« Allan Hills A81005 ». The Meteoritical Society, 2021) John Schutt Ian M. Whillans DETERMINATION DE L'ORIGINE LUNAIRE Robert Clayton et Toshiko Mayeda, chercheurs à l’Université de Chicago («Meteorite came from moon». The Leader-Post. Regina, Saskatchewan. 16 mars 1983. p. A5.) , ont déterminé que l’ALH A81005 était d’origine lunaire à la suite des analyses de Brian Harold Mason, le géochimiste de la Smithsonian Institution, que la météorite était similaire dans la composition chimique et isotopique des roches rapportées par les astronautes du programme Apollo. La preuve que ALHA 81005 est un échantillon lunaire, a été présenté à la réunion du 18 Mars 1983 de l’Institut lunaire et planétaire. Les preuves comprenaient : des données sur les structures ; des données minéralogiques ; des données compositionnelles ; des données sur les isotopes de l’oxygène ; des données sur les gaz nobles ; l’historique de l’exposition aux rayons cosmiques ; les propriétés magnétiques ; les traces de particules nucléaires ; les données sur la thermoluminescence. («Scientists say meteorite is likely piece of the moon». Spokane Chronicle. Spokane, Washington. 16 mars 1983. p. A9. 2021). ALH A81005 est classé comme une « brèche anorthosite lunaire » et appartient au groupe « anorthosite lunaire » (abrégé Lun-A). (« Allan Hills A81005 ». The Meteoritical Society, 2021) Toshiko K. Mayeda Robert N. Clayton Ce n’est qu’après cela que les japonais ont reconnu avoir découvert une météorite d’origine lunaire celle de 1979 que l’on répertoriait alors Yamato 791197. Sayh al Uhaymir 169 Météorite complète de SaU169 montrant la croûte de fusion et aussi un grand clast. Crédit photo JSC NASA. Une tranche de SaU 169, avec un fragment de norite centimètrique. Crédit photo: Natural History Museum Berne/Peter Vollenweider Cette météorite est une brèche de fonte d’impact avec des concentrations excessivement élevées de thorium et d’autres éléments incompatibles ; phosphore, éléments de terres rares, et les trois éléments radioactifs naturels les plus importants, le potassium, le thorium et l’uranium ont été séparés dans la phase liquide lorsque les minéraux lunaires se sont cristallisés. L’impact qui a finalement envoyé cette cette météorite sur la Terre est daté de 3,9 milliards d’années et pourrait être l’impact Imbrium. La météorite est entré en collision avec la Terre il y a moins de 9 700 ans. Elle est complète, arrondie, gris-verdâtre clair, dimensions 70 mm × 43 mm × 40 mm et masse 206 grammes, trouvée le 16 janvier 2002, dans le désert central d’Oman à 20° 34.391' N et 57° 19.400' E. Selon le géologue Edwin Gnos et ses collègues, l’origine de la météorite peut être repérée à proximité du cratère d’impact de Lalande. L’analyse isotopique montre une histoire complexe de quatre impacts lunaires distincts : « La cristallisation de la fonte de l’impact s’est produite il y a 3,909 Ga ± 13 Ma, suivie d’une exhumation par un deuxième impact il y a 2800 Ma, qui a métamorphosé l’échantillon en régolithe à une profondeur non contrainte. Un troisième impact à 200 Ma a rapproché le matériau de la surface lunaire, où il s’est mélangé avec de la régolithe contenant du vent solaire. Il a été éjecté dans l’espace par un quatrième impact il y a 34 000 ans. ( Gnos, Edwin, et al., 2004) Et Mars alors ? On a le même phénomène avec les météorites martiennes à cette différence près que les éjectas peuvent se mettre en orbite autour du Soleil jusqu'à être attirées par le champs gravitationnel de la Terre. Les comparaisons ont été faites avec les analyses de l'atmosphère et du sol martien effectuée par les deux sondes Viking de la NASA à partir de 1975 et des atterrisseurs et orbiteurs suivants à partir de 1996, Pathfinder et Global Surveyor (USA), Nozomi (Japon), etc.. Lorsque j'en aurai le temps je complèterai cette page avec les Martiennes. Rareté et prix des Météorites Lunaires et Martiennes. Combien en a-t-on trouvé ? La Meteoritical Soceity tient à jour un répertoire de toutes les météorites découvertes et enregistrées officiellement. Voici le lien vers le Meteoritical Soceity Bulletin : Meteoritical Bulletin: Search the Database (usra.edu ) ( https://www.lpi.usra.edu/meteor ) La Meteoritical Society est une organisation internationale dédiée à la promotion de la recherche et de l’éducation en sciences planétaires en mettant l’accent sur les études des météorites et d’autres matériaux extraterrestres qui nous permet de mieux comprendre l’origine du système solaire. La Société a été fondée en 1933. Nos membres, de 52 pays, couvrent l’éventail de la science planétaire. Nous sommes des scientifiques, des scientifiques amateurs et des passionnés. La Meteoritical Society : fait la promotion de la recherche et de l’éducation. soutient les jeunes planétologues. publie des revues de premier plan, y compris Meteoritics et Planetary Science. organise des réunions et des ateliers annuels. honore les contributions scientifiques et de service exceptionnelles. approuve tous les nouveaux noms et classifications des météorites et les enregistre dans le Bulletin météorique. Elle est implanté à Chantilly, Virginie, États-Unis Laissons parler les chiffres issus de la très officielle "Meteoritical Society". De la découverte d’Allan Hills A8255 en 1979 à 2018, on a découvert environ 50 000 nouvelles météorites dans le Monde dont seulement 150 sont d’origine lunaire soit 0,003%. Il y a une quinzaine d'année le prix était de 1 000 USD par gramme pour des petits fragments de moins d'un gramme. Actuellement sur le marché l’on trouve des petits fragments au prix de 100 à 200 € le gramme. Pour des gros fragments les prix seront évidemment plus élevés, la taille, la forme, l’état de conservation, l’esthétique et la rareté du type seront des critères à prendre compte. Il est plus que conseillé de s’adresser à un expert professionnel reconnu, pour effectuer ce genre d’achat qui doit systématiquement comprendre un certificat avec photo de l’échantillon. A toute fin utile voici le lien vers deux spécialistes très sérieux et parfaits connaisseurs des météorites, Alain et Louis Carion. https://www.carionmineraux.com/meteorites.htm Sources et Bibliographie Archives JJ Chevallier Wikipédia James N. Head, H. Jay Melosh, and Boris A. Ivanov, « High-speed ejecta from small craters », Science, vol. 298,‎ 2002, p. 1752–1756 (PMID 12424385, DOI 10.1126/science.1077483) Gnos, Edwin, et coll., 2004, Pinpointing the Source of a Lunar Meteorite: Implications for the Evolution of the Moon, Science 30 juillet 2004: Vol. 305 no. 5684 pp. 657-659. doi:10.1126/science.1099397. The Meteoritical Society, 2021 « Allan Hills A81005 ». The Meteoritical Society, 2021 «Meteorite came from moon». The Leader-Post. Regina, Saskatchewan. 16 mars 1983. p. A5. «Scientists say meteorite is likely piece of the moon». Spokane Chronicle. Spokane, Washington. 16 mars 1983. p. A9. 2021 Solar System Data, Georgia State Unversity Since 01-06-2021

  • Pétrographie|géologie|Jean Jacques Chevallier

    LA PÉTROGRAPHIE Préambule : Lame mince d'une milonite péridotitique . Elle illustre le type d'échantillon à partir duquel le travail pétrographique est développé. L'échantillon photographié mesure environ 7 mm d'un côté à l'autre. Pétrographie qu'il ne faut pas confondre avec la pétrologie La science des roches inclut deux approches qui se complètent : – leur description, c'est-à-dire l'analyse de leurs caractères de tous ordres, observables dans la nature ou au laboratoire ; cela conduit à les déterminer, à définir leurs relations mutuelles, à les placer dans des systèmes de classification : c'est l'objet de la pétrographie ; – leur interprétation, c'est-à-dire la recherche de règles et de lois qui rendent compte de leurs caractères, de leur répartition et, en définitive, de leurs conditions de genèse et évolution : c'est l'objet de la pétrologie ; En fait, il serait sans doute plus logique de désigner par « pétrologie » l'ensemble de la science des roches, leur interprétation constituant la pétrogénie (petrogenesis des auteurs de langue anglaise). Le terme lithologie, qui signifie aussi « science des roches », tend à prendre un sens plus restreint, s'appliquant soit à la seule étude macroscopique, soit aux seules roches sédimentaires. Les roches sont les matériaux de l'écorce terrestre, constituant des formations géologiques. À ce titre, la pétrologie apparaît comme une des branches fondamentales de la géologie et se rattache aux sciences de la nature. Mais ces matériaux sont surtout des assemblages de cristaux ; aussi la science des roches est-elle très liée à la minéralogie et, par-là, aux sciences de la matière. Cette dualité se manifeste à la fois dans les méthodes et dans les raisonnements : les études pétrographiques reposent sur l'observation de la manière d'être des roches à la surface de la Terre et sur la définition physique et chimique de leurs caractères ; les raisonnements de la pétrologie font appel aux données et aux méthodes expérimentales des sciences physiques pour retrouver les conditions de formation des roches, mais cherchent à replacer ces conditions dans l'espace et dans la durée des temps géologiques. Composé du préfixe pétro du grec ancien πέτρος, pétros (« pierre ») et du suffixe graphie du latin graphicus, du grec ancien γραφικός, (« écrire »). C’est la science qui étudie la formation, la description et la classification des roches, partie importante de la géologie c’est, comme elle, une science jeune. Les groupes et familles de roches, ont chacun leurs caractéristiques propres. Il y a trois grands groupes de roches, définis par leur genèse (processus de formation). Toutefois, ces trois groupes ont des recoupements à leurs limites. A l’origine toutes les roches proviennent d’un magma en fusion, celui de la formation de la Terre, elles ont subit des transformation tout au long de l’évolution géologique de notre planète. Par exemple une roche sédimentaire peut être le résultat de la dégradation de roches métamorphiques, elles-mêmes étant le produit du métamorphisme de roches, magmatiques ou métamorphiques ou sédimentaires. Les trois groupes de roches : Roches magmatiques, qui sont issues d’un magma. (voir la page roches magmatiques) Roches sédimentaires, issues des sédiments qui se forment par vieillissement de roches et leur érosion. (voir la page roches sédimentaires) Roches sédimentaires, issues de roches préexistantes ayant subies des modifications structurelles d’origine physique et/ou chimiques. (voir la page roches métamorphiques) Mais il y a un grand nombre de sous-groupes et classes qui ne font, par ailleurs, pas, l’unanimité des géologues. EN CONCLUSION ... La pétrographie est une science complexe comme la géologie en général. Il y a un très grand nombre d’éléments à prendre en compte pour déterminer et classer les roches ce qui a conduit à créer des modèles par catégories alors qu’un modèle général approfondit est impossible à réaliser. La pétrographie étant partie de la géologie il est donc quasiment indispensable de s’y intéresser pour approfondir ses connaissances. Comme il est indispensable d’avoir de sérieuses connaissances en minéralogie pour comprendre et maitriser la pétrographie. Contrairement à ce que prétendent un grand nombre de personnes ces sciences peuvent s’étudier relativement facilement avec sérieux et application. Pour résumer il suffit d’observer et analyser les roches pour obtenir une bonne classification, c’est là, la clef de la pétrographie. Note De la pétrographie à la pétrologie Les deux termes de pétrographie et de pétrologie reflètent surtout le développement historique de la science des roches : historiquement, la première discipline est la pétrographie qui depuis la fin du XVIIIe siècle décrit ces roches (en ce qui a trait aux structures, textures, compositions, etc.) et leurs relations avec l'environnement géologique, alors que la pétrologie est une science qui se développe au XXe siècle et se démarque de la première par sa démarche phénoménologique, en expliquant les processus pétrogénétiques à l'origine des roches. Ainsi la distinction entre pétrographie et pétrologie est-elle parfois considérée comme dépassée : «...le nouveau nom était un anglicisme, ou plutôt un américanisme, puisque le terme de « petrology » a été créé en 1902, pour qualifier la chaire attribuée à Joseph Paxon (1857-1920) par l'université de Chicago. En fait, cette différence entre description et interprétation […] est parfaitement spécieuse : tout scientifique cherche à interpréter ce qu'il a décrit, en fonction des connaissances de l'époque et des données dont il dispose. Mais, dans le cas présent, les deux noms, consacrés par l'usage, se justifient. » - Jacques Touret, L'essor de la géologie française*. Depuis les années 1950, l'observation au microscope est complétée par des techniques d'analyse issues de la physique (microscope électronique à balayage, micro-sonde électronique ou l'analyseur en micro-fluorescence X…), de la géochimie (méthode de datation absolue des roches en géochronologie), de l'informatique (accroissement des capacités de calcul), ainsi que par les progrès de l'expérimentation (cellules à enclumes de diamant qui permettent d'atteindre de très hautes pressions et températures). *Jacques Touret , « De la pétrographie à la pétrologie », dans Jean Gaudant, L'essor de la géologie française, Presses des Mines, 2009 (lire en ligne [archive ]), p. 172. DOCUMENT ANNEXE : Téléchargez ce tableau en PDF

  • géologie|glossaire-volcans|bombes-volcaniques|JJ Chevallier

    Dédfinition et description des bombes volcaniques avec photos. Partager RETOUR SOMMAIRE GLOSSAIRE Bombes volcaniques : Projection de lave en blocs arrondis ou allongés, de taille supérieure aux lapillis. On distingue : bombe en croute de pain, à la surface craquelée; bombe en fuseau, de forme allongée; bombe en bouse, tombée encore molle et s'étant aplatie. (syn. bloc volcanique). Carrière de scories (ou pouzzolanes) du Puy de la Vache, cendres et bombes volcaniques. Puy de Dôme - France - 15 octobre 2000, Hélène Janin. Bombe volcanique en "croûte de pain". C'est l'expansion interne de la lave après refroidissement de la croûte de surface qui est à l'origine de ce type de bombe. Puy de Lemptégy, Auvergne Bombe basaltique cassée où l'on voit l'intérieur rempli de péridotite. Mont-Coupet, Hte Loire, Coll. Y LEMEUR. Bombe en Fuseau. Photo auteur inconnu. Source : Banque nationale de photos en SVT : http://www2.ac-lyon.fr/enseigne/biologie/photossql/photos.php Centre de Documentation et de Diffusion sur le Volcanisme CDDV : http://www.cddv.net/ RETOUR SOMMAIRE GLOSSAIRE

  • Guide Stratigraphie | mineralogie.club | JJ Chevallier

    Traduction en français du Guide stratigraphique international - Version abrégée, de l'UIGS. Guide stratigraphique international Version abrégée A la suite de nombreuses demandes de renseignements sur la Charte Internationale de Chronostratigraphie, j'ai fait un PDF en français du guide. Cette traduction étant trop longue à faire pour moi, j'ai fait appel à une traduction automatique via l'intelligence artificielle. Il se peut qu'il t ai quelques incohérences de langage, n'hésitez pas à me les signaler, je les corrigerai. Strates Guide stratigraphique international - Version abrégée.pdf Guide stratigraphique international Version abrégée Édité par Michael A. Murphy 1 et Amos Salvador (décédé) 2 révisé par Werner E. Piller 3 et Marie-Pierre Aubry 4 Sous-commission internationale de classification stratigraphique de l'IUGS Commission internationale de stratigraphie 1 Département de géologie, Université de Californie, Davis, Californie 95616, États-Unis. 2 Département des sciences géologiques, Université du Texas à Austin, Austin, Texas 78712, États-Unis ; 3 Institut des sciences de la Terre, NAWI Graz Geocenter, Université de Graz, Heinrichstrasse 26, 8010 Graz, Autriche 4 Département des sciences de la Terre et des planètes, Université Rutgers, Piscataway, NJ 08873, États-Unis Contenu Préface Introduction Principes Définitions Stratotypes Unités lithostratigraphiques Unités délimitées par une discordance Unités biostratigraphiques Unités magnétostratigraphiques Unités chronostratigraphiques Relations À propos du guide Une communication scientifique efficace nécessite une terminologie et des procédures exactes et précises, acceptables à l'échelle internationale. La version abrégée du Guide stratigraphique international, comme le Guide lui-même, a été élaborée pour promouvoir un accord international sur les principes de classification stratigraphique et pour élaborer une terminologie stratigraphique et des règles de procédure acceptables à l'échelle internationale dans l'intérêt d'une meilleure précision et exactitude de la communication, de la coordination et de la compréhension internationales. Il ne s'agit pas d'une révision du Guide, mais d'une version abrégée qui omet l'historique, le texte explicatif et l'exemplification, les glossaires et la bibliographie.

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