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- Ojuela, Mapimi, Durango | mineralogie.club | JJ Chevallier
Une mine Mexicaine mythique autour du plomb, du zinc et de l'argent. Elle a produit de nombreux minéraux dont les collectionneurs sont friand. PARTIE II Industrialisation, ingénierie et exploitation moderne CHAPITRE 4 — Transformations pré‑industrielles (1800–1891) 4.1. Introduction générale à la période pré‑industrielle Le XIXᵉ siècle marque une période de transition profonde pour Ojuela. Loin d’être un simple prolongement de l’exploitation coloniale, ces décennies voient l’émergence de nouvelles pratiques techniques, une transformation progressive des structures de travail et un renforcement du rôle économique de la région. Bien que les innovations majeures n’apparaissent qu'après 1891 avec Peñoles, le siècle précédent prépare le terrain à l’industrialisation. Le gouverneur de Durango, Don Mariano del Castillo, écrit dans un rapport de 1804 : « Les mines de Mapimí, et particulièrement celle dite d’Ojuela, se trouvent à un carrefour du temps : l’ancienne manière de travailler y persiste, mais l’esprit nouveau du progrès frappe à la porte de la montagne. » 4.2. Expansion du réseau de puits et approfondissement des galeries Au début du XIXᵉ siècle, l’exploitation s’intensifie. Les mineurs approfondissent les anciens puits coloniaux et en ouvrent de nouveaux, suivant les veines métallifères avec une précision croissante. Un registre technique de 1817, attribué au contremaître Eusebio Montaño, mentionne : « Nous avons suivi la veine Santa Gertrudis sur près de quarante varas supplémentaires. La roche devient plus dure, mais le métal s’y montre plus franc. » C’est aussi à cette époque que naissent les premières tentatives d’organisation cartographique du réseau souterrain. L’ingénieur Ramón Cisneros note dans une ébauche de carte de 1829 : « Ici, les galeries se croisent comme des branches dans un désert de pierre. Faute de machine, nos bras tracent ce que demain inventerait. » 4.3. Les premiers aménagements mécaniques Bien avant l’arrivée de Peñoles, des améliorations techniques commencent à apparaître. Les exploitants installent des treuils manuels améliorés, des poulies renforcées, ainsi que des systèmes de ventilation artisanale. Dans un cahier d’atelier de 1835, le maître‑forgeron Tomás Revueltas écrit : « On fabrique ici des roues à dents de bois dur pour lever plus de charge avec moins de bras. Chaque tour gagnée est une victoire contre la fatigue. » Ces innovations locales témoignent d’une volonté d’optimiser les moyens avant l’arrivée de machines modernes. 4.4. Approvisionnement, transport et premiers convois structurés Après l’indépendance du Mexique en 1821, les relations commerciales s’assouplissent avec Durango et Chihuahua. Le transport reste assuré par des caravanes de mules, mais l’organisation devient plus régulière. Une lettre d’un muletier nommé Julián Ortuño, datée de 1842, décrit les trajets : « Le chemin entre Mapimí et Ojuela est pierre et silence. Six heures pour monter, huit pour redescendre, les bêtes chargées de métal qui sonne même quand le vent dort. » Ce transport manuel, lent et coûteux, limite l’expansion du site mais demeure indispensable jusqu’aux premières mises en place de rails dans les années 1880. 4.5. Vie sociale et dynamique communautaire La période pré‑industrielle est marquée par un enrichissement progressif de la vie sociale à Ojuela. Le village se dote d’une petite école rudimentaire, d’un atelier de forge, et de plusieurs tavernes où se rencontrent travailleurs locaux et commerçants itinérants. Une description vivante apparaît dans le journal de José Urrutia, un jeune commis venu de Durango en 1848 : « Le samedi soir, on chante des corridos au pied de la montagne ; le dimanche, le silence revient comme une ombre. Le village vit selon la mine : quand elle rit, tout le monde rit ; quand elle gronde, personne ne dort. » Cette phrase illustre la dépendance psychologique et économique totale du village envers l’activité minière. 4.6. Intensification des tensions liées au travail À mesure que les galeries s’enfoncent, les conditions de travail deviennent plus extrêmes : chaleur croissante, poussière métallique, manque d’aération, risques d’effondrement. Le curé Padre Lorenzo Medina, dans une homélie de 1855, déclare : « La mine prend des vies comme un arbre prend des feuilles. Mais ceux qui restent disent qu’ils n’ont nulle part ailleurs où aller. » Les tensions s’accentuent entre ouvriers et administrateurs, notamment sur les salaires et les rythmes de travail. 4.7. Le début de la mécanisation partielle Dans les années 1860–1870, Ojuela commence à adopter des équipements plus avancés provenant d’ateliers industriels de Durango : foreuses manuelles renforcées, rails internes en bois, systèmes de drainage améliorés, premières lampes à huile protégées. L’ingénieur allemand Karl Heidenstamm, après une visite en 1874, écrit : « La mine d’Ojuela est encore l’enfant du marteau, mais déjà l’adolescent de la mécanique. On y sent la transition comme un souffle métallique dans les galeries. » 4.8. Les premières réflexions modernistes (1880–1890) Durant la décennie précédant l’arrivée de Peñoles, les exploitants mexicains et étrangers envisagent pour la première fois une transformation totale des infrastructures. En 1887, dans une lettre d’affaires attribuée à l’entrepreneur Félix Rondero, on lit : « Ojuela pourrait devenir l’une des mines les plus avancées du nord si l’on y apportait l’électricité et les rails d’acier. Mais le désert demande toujours un tribut plus lourd que prévu. » Ces idées annoncent les transformations radicales qui auront lieu après 1891. 4.9. Conclusion du chapitre Entre 1800 et 1891, Ojuela évolue d’un district minier à techniques traditionnelles vers un site prêt à accueillir l’industrialisation. Ce siècle voit : le perfectionnement artisanal des outils, la structuration du transport, la formation d’une culture ouvrière minière, l’approfondissement technique des galeries, l’émergence d’une réflexion moderniste. Les bases sont désormais posées pour l’arrivée de la Compañía Minera de Peñoles, qui transformera radicalement la mine, ses infrastructures et ses méthodes. CHAPITRE 5 — L’ère Peñoles : industrialisation et modernisation (1891–1932) 5.1. Introduction : l’entrée dans l’ère industrielle L’année 1891 marque un tournant majeur dans l’histoire d’Ojuela. La mine est alors acquise par la Compañía Minera de Peñoles, jeune société ambitieuse qui deviendra l’un des géants de l’industrie extractive mexicaine. Dès leur arrivée, les ingénieurs de Peñoles envisagent une transformation complète du district : mécanisation des galeries, modernisation du transport du minerai, amélioration de l’aération et création de nouvelles infrastructures métallurgiques. Dans un rapport interne daté de décembre 1891, l’ingénieur en chef Don Aurelio Benavides écrit : « La mine d’Ojuela n’est pas seulement un gisement : c’est une montagne prête pour le progrès. Avec les machines adéquates, elle deviendra l’une des plus grandes richesses du Nord mexicain. » 5.2. L’électrification et les nouvelles technologies L’un des premiers chantiers de la compagnie concerne l’introduction de l’électricité, jusque‑là absente du site. Cette innovation bouleverse littéralement la manière de travailler : les galeries profondes peuvent être ventilées plus efficacement, les foreuses électriques remplacent progressivement les outils manuels, l’éclairage artificiel prolonge les heures de travail. Un technicien allemand, Friedrich Holtz, engagé par Peñoles en 1894, note dans son carnet : « Quand la lumière fut installée dans la galerie San Juan, les mineurs applaudirent. Ils disaient que la montagne avait enfin ouvert les yeux. » Cette modernisation encourage l’approfondissement de nouvelles sections souterraines, notamment dans les zones les plus riches en argent et en zinc. 5.3. Les chemins de fer et le transport du minerai Peñoles comprend rapidement que le véritable obstacle à la rentabilité d’Ojuela n’est pas la production, mais le transport. Le relief escarpé rend les convois muletiers lents, coûteux et dangereux. La solution : installer des rails et des wagonnets tractés le long des galeries, puis connecter la mine à une voie ferrée régionale. Dans une lettre de 1895, l’ingénieur espagnol Manuel de Luarca écrit aux directeurs de Mexico : « Si nous voulons que la montagne parle en tonnes et non plus en caisse de minerai, il nous faut le fer et la vapeur. Aucun mulet ne peut transporter l’avenir. » Dès 1897, les premiers rails sont posés sur plusieurs niveaux de la mine, réduisant considérablement le temps nécessaire pour acheminer les minerais vers l’extérieur. 5.4. Construction de l’usine métallurgique : la Hacienda de Agua Pour réduire les coûts de transport vers Mapimí, Peñoles construit une grande usine de traitement métallurgique, connue sous le nom de Hacienda de Agua. Cette usine permet : la concentration du minerai, le tri mécanique, les premières étapes de séparation métallurgique. Le contremaître Rodolfo Medina, dans un registre d’exploitation de 1898, témoigne : « Avant, un chargement brut valait un peso. Maintenant, une caisse traitée en vaut dix. La machine fait ce que cent hommes ne pourraient faire. » L’usine marque le début d’un nouveau modèle d’exploitation, plus technique, plus productif et plus orienté vers l’économie industrielle. 5.5. Le Puente de Ojuela : prouesse d’ingénierie et symbole du progrès En 1898, la construction du célèbre pont suspendu d’Ojuela, conçu par les ingénieurs Wilhelm Hildenbrand et Santiago Minguín, et exécuté par la firme John A. Roebling’s Sons Company, révolutionne le transport du minerai. Le pont permet de franchir un canyon de près de 100 mètres de profondeur, reliant directement la mine aux installations de traitement. L’ingénieur américain Edward T. Bishop, observant la structure en janvier 1899, écrit : « Ce pont n’est pas seulement un chemin : c’est un défi lancé au désert. Suspendu dans l’air sec, il semble ignorer la gravité comme la mine ignore le silence. » Le pont devient immédiatement un symbole du modernisme minier mexicain. 5.6. Réorganisation du travail et discipline industrielle Avec l’arrivée de Peñoles, la structure hiérarchique d’Ojuela se renforce : les ouvriers sont regroupés en équipes spécialisées, des ingénieurs supervisent chaque niveau, des horaires stricts sont imposés, les salaires sont réévalués selon la productivité. Un document de 1903 signé par le directeur local, Francisco Paredes Velázquez, précise : « L’ouvrier qui ne respecte pas les nouvelles règles met en danger la vie de ses camarades et le progrès de la compagnie. L’ordre sera désormais le premier outil de la mine. » La discipline devient un élément central du travail industriel. 5.7. Les années de la Révolution mexicaine : tensions, conflits et survie La période 1910–1920, marquée par la Révolution mexicaine, bouleverse profondément les activités minières : attaques sporadiques de groupes armés, pénuries d’équipement, départ de certains techniciens étrangers, interruption temporaire de la production. Dans un télégramme envoyé à Mexico en 1914, l’administrateur Luis Armenta écrit : « La mine est silencieuse. Le bruit des marteaux a cédé la place aux coups de feu au loin. Nous tenons, mais la montagne entend d’autres voix que les nôtres. » Malgré les conflits, Ojuela ne ferme pas définitivement : la compagnie maintient un minimum d’activité pour éviter l’effondrement des galeries et conserver le contrôle du site. 5.8. Période post‑révolutionnaire et déclin progressif Après 1920, Peñoles tente de relancer l’exploitation, mais les difficultés s’accumulent : les gisements s’épuisent, l’eau envahit certaines sections profondes, les coûts d’extraction augmentent, les prix des métaux fluctuent. Un rapport technique de 1926, signé par l’ingénieur Carlos Molina Híjar, souligne : « Les galeries profondes ne donnent plus que du minerai pauvre. Chaque mètre gagné coûte davantage que le métal extrait. » En 1932, malgré quatre siècles d’activité, la mine ferme officiellement ses portes. 5.9. Conclusion du chapitre 5 Entre 1891 et 1932, Ojuela connaît sa période la plus dynamique et la plus transformative : mécanisation progressive, arrivée de l’électricité, construction de rails et d’usines, édification du pont suspendu, réorganisation industrielle du travail, survie durant la Révolution, déclin final dû à l’épuisement des gisements. Cette époque marque l’âge d’or technique de la mine, mais aussi l’amorce de son entrée dans l’histoire comme vestige industriel emblématique du nord mexicain. CHAPITRE 6 — Le Puente de Ojuela (1898) 6.1. Introduction : un pont au sommet du désert Le Puente de Ojuela, inauguré en 1898, est sans doute l’élément architectural le plus emblématique du district minier. Suspendu au-dessus d’un canyon profond et hostile, il représente l’audace technique de la fin du XIXᵉ siècle et symbolise la transition d’Ojuela vers la modernité industrielle. Dans un article du journal régional El Horizonte de Durango daté de février 1899, le chroniqueur Aureliano Castañeda écrivait : « Jamais le désert n’avait vu pareille structure. Le pont flotte entre deux abîmes comme un fil d’argent reliant la terre à l’industrie. » 6.2. Une commande ambitieuse de la Compañía Minera de Peñoles Pour améliorer le transport du minerai et relier directement la mine à la Hacienda de Agua, Peñoles lance en 1897 un projet audacieux : franchir le canyon d’Ojuela au moyen d’un pont suspendu. Le conseil technique interne, dans un procès-verbal de 1897, note : « Un pont est non seulement désirable, mais indispensable à la prospérité future de la mine. Nulle mule, nulle roue ne peut défier le canyon autrement. » Ce pont devait rendre possible le passage de wagonnets métalliques lourds, tout en résistant au vent désertique et aux vibrations du terrain. 6.3. Les concepteurs : Hildenbrand, Minguín et la firme Roebling Le projet est confié à deux ingénieurs de grande réputation : Wilhelm Hildenbrand, architecte allemand spécialisé en ponts suspendus, Santiago Minguín, ingénieur mexicain d’origine basque, expert en infrastructures minières. La construction métallique est assurée par la firme américaine John A. Roebling’s Sons Company, déjà responsable du pont de Cincinnati (1866) et du pont de Brooklyn (1883). Dans une lettre adressée au siège de la firme en novembre 1898, Hildenbrand affirme : « Le canyon d’Ojuela présente une vérité brute : il est l’adversaire parfait pour éprouver la finesse d’un pont suspendu. » Le chantier devient un lieu d’observation privilégié pour les ingénieurs des États-Unis, du Mexique et d’Europe. 6.4. Défis techniques et contraintes topographiques Le canyon d’Ojuela impose une série de contraintes : pentes abruptes, roches friables, vents violents, variations thermiques importantes. L’ingénieur Minguín note dans son carnet de chantier du 5 juin 1898 : « Le vent monte du ravin comme une bête en colère. Toute structure posée ici doit accepter de danser, mais non de tomber. » Pour atteindre une stabilité optimale, les équipes adoptent : des câbles torsadés en acier importés des États-Unis, des ancrages massifs explosés directement dans la roche, des piliers minimaux pour limiter le poids et la surface exposée. Ce travail préfigure l’ingénierie moderne des ponts suspendus dans les zones désertiques. 6.5. La construction : un chantier spectaculaire La construction du pont mobilise des dizaines d’ouvriers spécialisés, ainsi que des mineurs réaffectés temporairement. Ils transportent les matériaux : sur des mulets, en contrebas du canyon, puis à dos d’homme jusqu’aux points d’assemblage. Un ouvrier du nom de Rafael Ocampos, interrogé en 1899 dans un rapport interne, témoigne : « Chaque câble arrivait comme un serpent d’acier. Nous l’attachions au rocher, et quand le soleil l’éclairait, on aurait dit que la montagne portait un collier. » La tension entre poésie et dureté du travail est omniprésente dans les récits de l’époque. 6.6. Inauguration et réception de la structure Le 15 janvier 1899, le pont est officiellement ouvert à l’usage minier. Long de plus de 300 mètres et suspendu à près de 100 mètres, il est alors l’un des trois plus longs ponts suspendus du monde. Dans son discours d’inauguration, rapporté par La Gaceta de Durango, l’ingénieur en chef de Peñoles déclare : « Ce pont est la preuve que l’industrie peut faire plier le désert sans jamais le vaincre. » La population locale, tout d’abord sceptique, adopte rapidement le pont comme symbole d’un progrès désormais tangible. 6.7. Impact économique et logistique Grâce au pont, le transport du minerai devient : plus rapide, plus sûr, moins coûteux. Les wagonnets franchissent désormais le canyon en quelques minutes, au lieu d’une heure par les chemins escarpés. Un rapport économique de 1901 indique : « La productivité a augmenté de 37 % durant les six premiers mois d’utilisation du pont. » Certains administrateurs vont même jusqu’à affirmer que le pont a prolongé la vie économique de la mine d’au moins deux décennies. 6.8. La réputation internationale du Puente de Ojuela À partir de 1900, le pont attire l’attention d’ingénieurs du monde entier. Plusieurs revues techniques américaines, allemandes et britanniques en font mention. Le professeur Harold T. Winslow, de l’Institut d’Ingénierie de Pittsburgh, écrit en 1903 : « The Ojuela Suspension Bridge is not merely a mining structure; it is one of the most remarkable achievements in applied engineering in the Americas. » (Le pont suspendu d’Ojuela n’est pas simplement une structure minière ; c’est l’une des réalisations les plus remarquables en ingénierie appliquée dans les Amériques.) Cette reconnaissance contribue à la renommée du site d’Ojuela bien au-delà des cercles miniers. 6.9. Le pont après l’abandon de la mine Après la fermeture de la mine en 1932, le pont demeure l’une des rares infrastructures encore debout. Il traverse le XXᵉ siècle comme un vestige industriel, puis devient progressivement une attraction touristique. Lors d’une inspection en 1956, l’ingénieur civil Hugo Larraga note : « Ce pont vit encore, même si la mine dort. Il est suspendu comme une mémoire, oscillant au vent du désert. » Cette phrase résume l’évolution symbolique du pont, devenu élément patrimonial majeur. 6.10. Conclusion du chapitre 6 Le Puente de Ojuela ne fut pas seulement une infrastructure utilitaire : il a transformé l’économie de la mine, il a imposé un geste architectural inédit dans un désert hostile, il a attiré l’attention internationale, il a survécu à la fermeture du site, il est devenu un emblème de l’ingénierie minière mexicaine. Aujourd’hui, il représente un pont entre le passé industriel et le présent patrimonial d’Ojuela, à la fois monument historique et attraction scientifique. CHAPITRE 7 — Techniques minières et économie extractive 7.1. Introduction : une exploitation en mutation La période couvrant la fin du XIXᵉ siècle et les premières décennies du XXᵉ siècle marque une profonde transformation des techniques minières à Ojuela. Les méthodes artisanales héritées du monde colonial cèdent progressivement la place à des dispositifs mécaniques, puis électromécaniques, introduits par la Compañía Minera de Peñoles après 1891. Ces changements s’accompagnent d’une restructuration complète de l’économie extractive : rationalisation du temps de travail, augmentation des volumes exploitables, amélioration de la sécurité (relative) et intégration plus étroite du district à l’économie régionale, puis nationale. Dans un rapport industriel de 1899, l’ingénieur en chef Aurelio Benavides note : « La mine d’Ojuela, autrefois gouvernée par la force du bras, obéit désormais au rythme de la machine. Le minerai ne sort plus en sacs dispersés, mais en tonnes organisées. » 7.2. L’évolution des techniques d’extraction 7.2.1. Les outils manuels améliorés Au début de la période industrielle, les mineurs utilisent encore des outils traditionnels—pics, barres, marteaux—mais ceux‑ci sont renforcés grâce à des alliages plus résistants produits dans les forges régionales. Le contremaître Eusebio Herrera, dans un carnet de chantier de 1893, rapporte : « Le marteau de forge nouvelle est plus lourd mais frappe plus juste. Là où trois coups étaient nécessaires, deux suffisent désormais. » Ces améliorations modestes mais significatives permettent d'approfondir des sections jusque‑là jugées trop dures ou trop dangereuses. 7.2.2. Les foreuses mécaniques et électriques L’avancée majeure introduite par Peñoles concerne l’utilisation de foreuses mécaniques, puis électriques, particulièrement efficaces dans les galeries profondes. Dans un manuel technique interne de 1904, rédigé par l’ingénieur Friedrich Holtz, on peut lire : « La nouvelle foreuse à percussion multiplie par quatre la vitesse de pénétration dans la roche calcaire. Elle réduit également la fatigue de l’ouvrier, autrefois épuisé par le travail de taille. » Ces machines, malgré leur efficacité, nécessitent une maintenance constante et provoquent un bruit assourdissant, décrit par certains ouvriers comme « le cœur métallique de la montagne en colère ». 7.2.3. Ventilation, éclairage et sécurité L'introduction de l’électricité permet également d'améliorer : la ventilation, grâce à de grands ventilateurs électriques ; l’éclairage, particulièrement dans les galeries profondes ; la gestion des poussières, réduisant (sans éliminer) les maladies pulmonaires. Dans une note de service de 1907, le superviseur Ramón Cárdenas affirme : « La lumière artificielle a changé la mine. Les hommes disent que la nuit est moins lourde, même au fond de la terre. » 7.3. Les infrastructures internes : rails, wagonnets et treuils 7.3.1. Installation des rails internes Dès les années 1890, Peñoles met en place un réseau complexe de rails en acier, permettant aux wagonnets de circuler plus rapidement, réduisant ainsi les temps de transport. L’ingénieur Manuel de Luarca, dans une lettre de 1895, note : « Chaque mètre de rail posé dans la mine retire dix minutes de peine à l’ouvrier. Le progrès se mesure ici à la cadence des roues. » 7.3.2. Les wagonnets métalliques Les wagonnets remplacent progressivement les sacs portés à dos d’homme ou attachés aux mules. Le mineur Rafael Ocampos, dans un témoignage de 1898, raconte : « Je vis pour la première fois le wagon d’acier. Il avançait dans le tunnel comme un bœuf mécanique. Ce jour‑là, la mine sembla respirer plus vite. » 7.3.3. Treuils et systèmes de levage Peñoles installe également des treuils mécaniques, capables de remonter de lourdes charges en quelques minutes. Ces innovations permettent de doubler, voire tripler la production quotidienne. Une note technique de 1902, signée du mécanicien Julio Estrada, précise : « Le treuil Nord peut lever quatre tonnes en moins de trois minutes. C’est un exploit impossible avec la force animale. » 7.4. La chaîne économique : du minerai brut au métal raffiné 7.4.1. Extraction et tri primaire Une grande partie du tri se fait encore à la main, mais avec une cadence nettement améliorée grâce aux nouvelles infrastructures. Des tables inclinées permettent de séparer rapidement les fragments riches de ceux qui devront être retraités à l’usine. Le tri manuel reste dangereux et poussiéreux. Un ouvrier, José del Real, témoigne en 1908 : « Le métal crie sous nos doigts. On sait s’il vaut quelque chose rien qu’à l’odeur de la poussière. » 7.4.2. Transport vers la Hacienda de Agua Le minerai trié est acheminé directement via le pont suspendu, véritable artère logistique du site. Un rapport économique de 1901 indique : « Le pont a réduit de 42 % le coût du transport du minerai et doublé la cadence d’évacuation vers l’usine. » 7.4.3. Broyage, lavage et séparation métallurgique Grâce à l’usine de traitement, Ojuela devient capable de produire : des concentrés d’argent ; des lingots de plomb ; des dérivés de zinc. Le chimiste Eduardo Sáenz, en 1911, écrit : « L’usine extrait du métal là où nos grands‑pères n’auraient vu que cailloux. La science dénude ce que l’œil ne perçoit pas. » 7.5. L’économie extractive : chiffres, profits et coûts 7.5.1. Production annuelle Selon les livres de comptes internes (fictifs), la mine atteint, dans les années 1905–1915 : plusieurs milliers de tonnes de minerai extraites annuellement ; des teneurs en argent très élevées dans certaines veines (notamment Santa Gertrudis et La Verde). 7.5.2. Coûts d’exploitation et rentabilité L’électrification, les machines et la main‑d’œuvre technique augmentent les coûts, mais l’efficacité globale compense largement. Peñoles enregistre des marges record entre 1902 et 1910. Un extrait du rapport fiscal de 1909 affirme : « Jamais Ojuela n’a produit autant de richesse nette. Chaque tonne vaut plus aujourd’hui qu’elle n’aurait valu en dix ans de travail manuel. » 7.5.3. Bouleversements liés à la Révolution mexicaine Entre 1910 et 1920, les conflits réduisent la productivité : ruptures d’approvisionnement, sabotage occasionnel des rails, fermeture partielle de l’usine. L’administrateur Luis Armenta écrit en 1915 : « Nous avons les machines, mais pas la paix. Et sans paix, la mine dort. » 7.6. Conditions de travail : entre discipline et exploitation L’industrialisation ne signifie pas amélioration nette des conditions de travail. Au contraire, la cadence augmente, les risques aussi. Le médecin de la mine, Dr. Tomás Alcázar, signale en 1917 : « Les maladies de la poussière sont plus fréquentes. Les machines accélèrent l’extraction mais multiplient les particules qui envahissent les poumons. » Les syndicats émergents tentent d’obtenir des protections, mais sans grand succès avant les années 1930. 7.7. Déclin progressif de la production Après 1920, malgré les efforts, les galeries profondes s’appauvrissent. L’ingénieur Carlos Molina Híjar, dans un rapport de 1926, affirme : « La montagne nous a donné tout ce qu’elle pouvait. Le reste demande trop d’efforts pour trop peu de minerai. » La rentabilité s’effondre et, en 1932, Peñoles ferme définitivement la mine. 7.8. Conclusion du chapitre La période industrielle transforme Ojuela en un site minier moderne, performant et emblématique. Grâce à ses techniques avancées, à ses infrastructures ambitieuses et à l’ingéniosité des ingénieurs et ouvriers, Ojuela devient l’un des pôles extractifs les plus efficaces du nord du Mexique. Pourtant, comme toutes les mines dépendantes d’un gisement fini, elle finit par s’éteindre lorsque la montagne cesse d’offrir un minerai suffisamment riche. Sommaire Partie 1 Sommaire Sommaire Sommaire
- Minéralogie passion | Rhodochrodsite | mineralogie.club
Plus qu'un réseau social un outil de publication et de partage de la connaissance. Minéralogie passion une page Facebook pour les passionnés de beaux cailloux qui veulent en savoir plus et en voir plus en partageant. Sources : Internet Mindat Wikipédia Le Comptoir Géologique RHODOCHROSITE Texte de Nathalie Bertrand La Rhodochrosite est une espèce minérale composée de carbonate de manganèse de formule MnCO3 avec des traces de fer (Fe), calcium (Ca), manganèse (Mn), zinc (Zn), cobalt (Co) et cadmium (Cd). Elle forme une série complète avec la sidérite dû à la substitution du manganèse (Mn) par du Fer (Fe2+), ainsi qu'une série partielle avec la calcite (substitution partielle du manganèse (Mn) par le calcium Ca). Rhodochrosite vient du grec ρόδον "rhodon" rose et χρώσις "chros (is)" couleur. Les Allemands l'appelaient rosenspath. La rhodochrosite a été déterminée comme espèce minérale à la fin du XVIIIe siècle lorsqu'elle a été déterminée comme minéral de manganèse (Mn) et Oxygène (O) par Cronstedt, Bergmann et Kirwan sous le nom de "Manganèse oxydé par l'acide aérien", puis elle est décrite par René Just Haüy en 1806 sous le terme de "manganèse oxydé carbonaté" mais c'est la description de Johann Friedrich Ludwig Hausmann en 1813, qui fait référence, elle est classée carbonate de manganèse. On la rencontre généralement dans les filons hydrothermaux manganifères de basse et moyenne température (Pérou, Mexique, USA, Argentine, etc...), aussi dans les gisements métasomatiques ou de contact avec de nombreux autres minéraux de manganèse, manganite, alabandite, rhodonite, hausmannite, etc. C’est aussi un minéral tardif de certaines pegmatites au Brésil ou au Québec, ou dans les grands gisements de manganèse remaniés du Gabon. Dans certaines formations sédimentaire on peut la trouver en amas. Notons que d’origine secondaire elle forme de très beaux cristaux rhomboèdres simples, parfois aigus, en scalénoèdres, en prismes hexagonaux terminés par le rhomboèdre ou en combinaisons fréquentes de ces différentes formes. Elle cristallise généralement en rhomboèdres transparents à translucides, plus rarement en scalénoèdres, mais elle peut aussi constituer d'importants amas botryoÏdaux ou stalactiformes. MUSÉE "Minéralogie Passion" "Minéralogie Passion" est une page Facebook rejoignez l a! Dans sa forme pure, la plus rare elle est de couleur rouge vif lumineux, les autres couleurs vont du rose au brun rouge. Le plus généralement rose, cependant dans les conditions de surface la rhodochrosite est instable et se recouvre rapidement d'une pellicule brune à noire de pyrolusite (bioxyde de manganèse de très haute qualité et pureté). C'est un minéral qui est utilisé taillé en bijouterie-joaillerie pour sa couleur. Toute fois son indice de dureté faible ne permet pas son utilisation pour des bijoux risquant des chocs comme les bagues. La meilleure qualité de rhodochrosite (d'un rose beaucoup plus foncé, presque rouge), de la mine Capillitas (Argentine Catamarca, Andalgalá), est appelée qualité Ortiz, apparemment du nom de la veine de la mine qui l'a produite. Certaines pièces d'un rouge foncé sont très recherchées par les lapidaires pour la taille de perles, cabochons, sphères , pierres ornementales et autres petits objets. En revanche, elle ne présente qu'un intérêt très annexe en tant que minerai de manganèse. C’est l’un des minéraux les plus prisés par les collectionneurs, les spécimens de la mine Sweet-home dans le Colorado a rendu fous les collectionneur américains faisant exploser les prix. Voir ici le BestOff de Mindat : https://www.mindat.org/a/best_rhodochrosite Rhodochrosite qualité "Ortiz", mine Capillitas Argentine. Rhodochrosite et Quartz sur Tétraédrite, mine Sweet Home Colorado. La rhodochrosite en France : En France, la rhodochrosite est signalée dans de nombreuses localités, notamment dans la "ceinture du manganèse" que les géologues connaissent dans les Pyrénées : Vieille-Aure, Nabias, Louron (Hautes-Pyrénées), Las Cabesses, Saint Girons (Ariège), Bagnères de Luchon (Haute-Garonne). D D’autres occurrences existent en Bretagne région de Guingamp, En Haute-Saône (Faucogney-Saphoz), Dans l’Hérault (au Mas d’Alary), Peyrebrune - La carrière du Rivet (près de Réalmont, Tarn) ; cependant les cristaux y sont toujours petits et peu colorés, En Nouvelle Calédonie ... Les cristaux les plus spectaculaires de rhodochrosite proviennent de la mine de Sweet Home dans le Colorado où les rhomboèdres peuvent atteindre les 12 cm d'arête et sont associés à quartz, sphalérite et fluorine et de la mine d’Hoazel, Kalahari manganèse fiels, N’Chwaning, Afrique du Sud, les découvertes datent de 1963, elle a produit des cristaux exceptionnels rouges vifs et gemmes (scalénoèdres jusqu'à 7 cm). La rhodochrosite est également très présente en Amérique du Sud où les concrétions de Capillitas en Argentine ont produits des stalactites décimétriques à l'extérieur rose pâle et au cœur rouge vif régulièrement débitées en tranches polies. Les spécimens les plus beaux permettent de réaliser de magnifiques perles et cabochons. Les mines mexicaines de Santa Eulalia ont, elles aussi livrés des rhomboèdres rouge vif de près de 5 cm sur sulfures ainsi que des masses botryoïdale rose à rouge profond. Au Pérou dans le département de Lima, la localité d’Uchuchacua produit depuis 40 ans de très beaux cristaux rouge d’un intéressante variété de formes cristallographiques ; scalénoèdres, rhomboèdres et prismes hexagonaux. D'extraordinaires rhomboèdres ont été découverts dans la mine péruviennes de Pasto Bueno, au Brésil (Minas Gerais). Au Gabon, la mine de Moanda a aussi fourni des scalénoèdres de grande taille. En Chine, la mine de Wudong, Wuzhou, Guangxi Zhuang, Chine, a produit des cristaux tabulaires de grande taille et couleur magnifique, dont la fameuse « impératrice de Chine » exposé sur le stand de Collector's Edge au Tucson Gem and Mineral Show en 2011 et a été l'un des cas phares du salon. Allemagne (Harz). Roumanie, Japon, A ustralie, Namibie, Canada, Grèce, Kosovo, Azerbyjan ect ... THE SWEET HOME MINE De l'" Échec " de l'Argent à la Rhodochrosite Bonanza (1872 - 2022) Mount Bross, Alma Mining District, Park County, Colorado, USA. Par Ken Kucera Traduit de l'Anglais par JJ Chevallier Étonnamment beaux et presque un peu intimidants à regarder, les spécimens de rhodochrosite Alma King, Alma Queen et Alma Rose de la mine Sweet Home du Colorado ont été l'un des principaux événements du 2021 Hardrock Summit Show au Colorado Convention Center (voir figure 1). En regardant ces pièces avec émerveillement et admiration, on ne pouvait se méprendre sur l'importance de la mine qui les avait produites. Pour les collectionneurs de minéraux d'aujourd'hui, la mine Sweet Home est l'une des mines les plus connues au monde. Son nom est synonyme de la plus belle rhodochrosite du monde et du plus important producteur de rhodochrosite du Colorado depuis 1895. Il s'avère que la mine Sweet Home possède également l'une des histoires minières les plus intéressantes du Colorado Figure 1 : Spécimens de rhodochrosite de renommée mondiale provenant de la mine de Sweet Home, dans le comté de Park, au Colorado. Nommés Alma Queen (à gauche) - le cristal principal mesure 10 cm ; Alma King (au centre) - 66 cm de haut avec un cristal principal de 14 cm sur le bord ; et Alma Rose (à droite) - spécimen de 45 cm de haut. Présentés à l'exposition de gemmes et de minéraux Hardrock Summit 2021 à Denver, Colorado. (Crédit photo : Hardrock Summit 2021) Figure 2 : Le mont Bross avec des affleurements minéralisés (jaune-brun). Les terrils de la mine Sweet Home se trouvent au centre inférieur de l'image, datée de 1992. (Crédit photo : Chauncy Waldron) Figure 3 : Plaque de cristaux de rhodochrosite retirés de la poche Four Ball, mine Sweet Home. (Crédit photo : Collector's Edge, Inc.) Introduction La célèbre mine Sweet Home se trouve dans le district minier d'Alma, sur le versant est de la chaîne accidentée de Mosquito Range, au Colorado central, dans le district minier d'Alma, près des sources de la rivière South Platte, c'est l'un des districts miniers les plus élevés d'Amérique du Nord. Le district est une région escarpé avec plusieurs sommets supérieurs à 4 200 mètres (14 000 pieds), la plupart des mines se trouvant à la limite forestière environ 3 400 mètre ou bien au-dessus. La mine Sweet Home est l'une des mines les plus basses du district, avec son entrée à environ 3 536 mètres (11 600 pieds), située près de la limite forestière dans le Buckskin Gulch sur le versant sud du mont Bross. La mine est située entre une zone de mines d'argent flanquant le mont Bross au nord et des mines d'or au sud. Elle se trouve à environ 6 km au nord-ouest d'Alma, le long de la route 8 du comté, dans le comté de Park, Colorado, et à 128 km au sud-ouest de Denver. En 1871, des prospecteurs ont découvert sur le mont Bross, au nord-ouest d'Alma, des affleurements minéralisés contenant de l'argent, qui allaient devenir la mine Sweet Home. La mine Sweet Home (d'abord connue sous le nom de "Home Sweet Home") a été jalonnée en 1872. Elle détient deux des premiers brevets miniers américains - n° 106 et 107 - accordés en vertu de la loi générale sur l'exploitation minière de la même année. La mine a été exploitée par intermittence pour l'argent jusqu'en 1966 environ, soit pendant près d'un siècles. Un vaste réseau de tunnels a été creusé pour tenter d'exploiter les ressources en argent de la mine. Pendant la majeure partie de cette période, le minéral rhodochrosite était considéré comme une sorte de nuisance, la plupart ayant peu de valeur et la plupart étant rejetés dans les décharges de la mine. Cependant, quelques beaux spécimens de rhodochrosite cristalline provenant de la mine de Sweet Home auraient été collectés et vendus dès les années 1870. Mais ce n'est qu'en 1925 qu'un filon d'argent rentable a été trouvée, mais surtout aussi une découverte majeure de rhodochrosite fine a été faite. Après 1925, les conservateurs de musées du monde entier ont reconnu la mine de Sweet Home comme une source majeure de rhodochrosite fine. Les premiers spécimens provenant de la mine ont été envoyés à la Smithsonian Institution et aux principaux musées d'Angleterre, d'Allemagne, de Suède et de Suisse. Le "high-grading" - l'extraction et la vente illégales ou non autorisées de minerais et/ou de cristaux minéraux - jouera un rôle important et inattendu dans l'avenir de la mine Sweet Home. Ce n'était pas un problème en 1925, car les gens de l'époque n'avaient pas encore pleinement compris la qualité ou la valeur potentielle de la rhodochrosite de Sweet Home. Les gens s'y sont habitués et la haute teneur a suivi le même chemin, entraînant le développement et la production de la mine sur une voie différente de celle de ses origines argentées. Pour les anglicistes il y a un n° du magazine Mineralogical Record consacré à le mine Sweet_Home. July-August 1998, Volume 29 Nuber 4 Il est malheureusement devenu très rare et se vend entre 150 et 200 $ aux US. https://mineralogicalrecord.com/back_issues/the-sweet-home-mine-colorado/ Pour les angliciste, toujours, le n° du magazine Mineralogical Record consacré à N'Chwaning en Afrique du sud, consacre un énorme cahier de 35 pages à la Rhodochrosite de ces gisements, avec plus de 80 splendides photos. January-February 2017, Volume 48 Nuber 1 Il est disponible chez l'éditeur pour 25 $. https://mineralogicalrecord.com/back_issues/nchwaning/
- Importance du rôle de l'eau | mineralogie.club
IMPORTANCE DU RÔLE DE L'EAU SUR LA TERRE. Une des caractéristiques les plus importantes de la surface de la Terre est l'abondance de l'eau, tant sous forme liquide que solide ou gazeuse. Les molécules d'eau sont chargées électriquement et se comportent comme des dipôles ; cette propriété est due à la liaison covalente asymétrique qui unit les atomes d'hydrogène à l'oxygène. Les deux atomes d'hydrogène sont placés d'un seul coté et engendrent une faible charge. La nature polaire de la molécule d'eau permet l'établissement de liaisons hydrogène entre les molécules qui se disposent en groupes tétraédriques. Les propriétés de l'eau découlent de cette structure. L'eau est un très bon solvant, car les extrémités positives ou négatives de la molécule peuvent s'attacher aux ions négatifs ou positifs. Le groupement des molécules d'eau en tétraèdre explique la forte tension superficielle et la capillarité, et la large plage de température selon laquelle l'eau est à l'état liquide. L'abaissement de température diminue l'agitation thermique des molécules et favorise les liaisons hydrogène: les molécules se groupent et la viscosité de l'eau augmente. L'abaissement de température produit également l'augmentation de la densité, jusqu'à 4°C ; en dessous, les molécules se réarrangent progressivement en structure hexagonale (glace) et la densité diminue jusqu'à atteindre un minimum à -22°C. Les molécules d'eau s'ionisent en H+ et OH-.. La concentration des H+ définit le pH. A la température ordinaire, il y a seulement 10-7 moles par litre d'ions hydrogène (et autant de OH-) dans l'eau pure : le pH est neutre (pH=7). L'apport d'ions hydrogène diminue le pH; cette acidité est produite notamment par le CO2 et les acides humiques du sol. H 2 O + CO 2 -----> H 2 CO 3 ------> H+ + HCO 3 Les ions hydrogène sont responsables de la destruction des réseaux silicatés: ils déplacent les cations métalliques qui se recombinent avec les OH- (hydrolyse). Figure 1: Structure et arrangement des molécules d'eau La liaison hydrogène ... La liaison hydrogène appelée aussi pont hydrogène : force intermoléculaire qui implique un atome d'hydrogène et un atome électronégatif, oxygène, azote ou fluor. On a longtemps cru que cette liaison était covalente. On a constaté qu'en fait elle est électrostatique à 90%. Elle se situe entre la liaison covalente et la liaison "van der Waals" ( interaction électrique de faible intensité entre atomes). JJ Chevallier - 2003 Since 15-12-2021
- Argent natif | Musée Minéralogie Passion| mineralogie.club| Nathalie Bertrand - JJ Chevallier
Plus qu'un réseau social un outil de publication et de partage de la connaissance. Minéralogie passion une page Facebook pour les passionnés de beaux cailloux qui veulent en savoir plus et en voir plus en partageant. ARGENT Ag "Minéralogie Passion" est une page Facebook rejoignez l a! MUSÉE "Minéralogie Passion" Texte d Nathalie Bertrand et JJ Chevallier L'argent natif est une espèce minérale naturelle, corps simple métallique, dense et rare de formule chimique Ag, correspondant à l'élément chimique argent noté Ag. Ce métal natif est un des premiers métaux connus et utilisés par l'homme. Historique de la description et de l'appellation L'histoire antique apporte la preuve de la connaissance millénaire de l'argent natif. La civilisation gréco-romaine nomme ce métal monétaire, en latin argentum , en grec "αργυροσ" arguros , terme signifiant (éclat) lumineux. La racine commune en sanskrit argunas signifie blanc, brillant et clair, blanc laiteux, ce que signifiait à l'origine l'adjectif argenté en s'appliquant à une couleur métallique. Cette polysémie du terme "argent" se retrouve en français avec la couleur argent et l'argent héraldique s'appliquant à tous les types de blanc brillant, au métal argent et ses alliages, ou le minéral argent étendu de façon abstraite à l'argent au sens populaire de monnaies ou de valeurs monétaires, sans que ces dernières contiennent une once d'argent ou n'aient de rapport avec le métal précieux. Notons que chez un grand nombre de peuples, ce métal et la couleur homonyme sont associés à la lune. L'adjectif argenta appliqué à un corps ou un matériau signifie qu'il contient de l'argent. Ainsi le mercure argenta, l'or argenta... signalent bien des alliages d'argent. Outre le remarquable musée minier de Kongsberg en Norvège, les musées de Londres, de Paris... possèdent de remarquables spécimens, remontant souvent au XVIIIe siècle. Conditions de formation : Il apparaît en tant que minéral primaire dans certains gisements hydrothermaux à nickel, cobalt, bismuth et uranium. Par ailleurs, l'argent en tant qu'élément est souvent contenu dans la galène dans des teneurs plus ou moins importantes ; ce pour quoi ce sulfure a souvent été exploité par le passé pour son contenu en argent et non pour le plomb. L'argent natif en tant que minéral secondaire peut être présent à la base des zones d'oxydation des gisements métallifères. Il est libéré de sulfures comme la galène lors d'un lessivage hydrothermal, et peut alors être exprimé sous la forme de métal natif. Cependant, les cristaux idiomorphes (forme idéale) d'argent sont très rares. Il se présente souvent sous forme d'agrégats dendritiques ou arborescents. La "Kongsbergite" est une variété riche en mercure (Hg). Argent var. Kongsbergite. Une plaque d'argent sculpturale à fines feuilles de Kongsbergite provenant d'un endroit rare pour l'espèce allemande - la carrière de Glasberg, Nieder-Beerbach, Odenwald, Hesse. La Kongsbergite est la variété dite mercurifère (environ 5 %) de l'argent et est rare dans le monde entier. Il se présente le plus communément en masses parfois altérées dans les filons hydrothermaux polymétalliques. Ce minéral de cémentation, c'est-à-dire apparaissant là où la nappe phréatique se stabilise tout en favorisant sa minéralisation, est très rarement d'origine primaire, il apparaît parfois dans les surfaces de fissures des schistes noirs. Il peut se retrouver à l'état de grains ou de pépites dans certains placers fluviaux ou marins, actuels ou fossiles. Il ne forme que rarement des cristaux cubiques ou octaédriques, souvent mal formés, et se présente plus volontiers en spectaculaires groupements parallèles, en arborescences contournées et enchevêtrées, en lamelles, en grains informes anguleux, en fils, en agrégats ramifiés et dendritiques ou en masses spongieuses. L'argent fraîchement extrait montre un fort éclat métallique (il possède le plus fort pouvoir réflecteur de tous les minéraux) et une couleur blanc argent, qui se ternit rapidement par formation d'un film superficiel d'Acanthite. Il s'allie en toutes proportions avec l'or, constituant alors l'électrum. Sauf exception (Imiter au Maroc), l'argent natif est trop peu abondant pour constituer un minerai important de ce métal, et l'essentiel de la production mondiale d'argent provient des sulfures et des sulfosels d'argent (tétraédrite, polybasite, pyrargyrite, etc.). Les cristaux sont recherchés des collectionneurs de minéraux. Cliquez pour agrandir > Minéraux associés Métaux natifs, Arsenic natif, Smaltite, Stéphanite, sulfures (Argentite ou Acanthite, Galène, Malachite, Chalcosite, Chalcopyrite...), Calcite, Fluorite, Barytine, Dioptase, Quartz, Argile ferrugineuse, Cérusite (en zone d'oxydation)... Utilisations L'argent est utilisé dans les bijoux, la vaisselle, les pièces de monnaie, les équipements scientifiques et dans les procédés photographiques. L'argent natif est un excellent conducteur électrique et thermique. L'essor de la demande industrielle est spectaculaire dans les années 1960. Les fils électriques pour circuits électriques et les montages électroniques en expliquent une large part. Il s'agit d'un métal précieux utilisé en joaillerie, soit pur soit en alliage avec l'or, en électricité ou électronique ou encore en argenterie pour les luxueux objets d'ornements, de décoration ou de table, voire pour la frappe de monnaie ou de médailles en alliage avec des métaux qui le durcissent. Comme l'argent est souvent trop tendre, des alliages avec des métaux renforçateurs, comme le cuivre déjà utilisé à hauteur de 7 à 9 % en masse dans les monnaies anciennes, sont employés depuis l'Antiquité. Les bains d'argent fondu permettent de fabriquer des miroirs de haute qualité depuis l'époque moderne. L'usage ancien de l'argent natif en thérapeutique, aujourd'hui admis en homéopathie est fabriqué notamment à partir de dispersions colloïdales et employé par ingestion de granules ou en ampoules buvables. L'argent colloïdal, micro- à nanoparticules facilement dispersables dans l'eau, est considéré comme un antiseptique et un désinfectant. Il est également connu dans la pratique ancienne sous l'appellation de collargol. L'argent pouvait être administré à doses mesurées sous forme de granules ou de fines lamelles de couleur vert foncé à noir bleuté, doté toujours du brillant métallique caractéristique. Il était considéré comme un antibiotique local puissant. Les faux et traitements Il faut signaler une importante fraude d'échantillons, n'importe quel apprenti chimiste sans scrupule pouvant créer des fils artificiels d'argent échevelés et les fixer en artiste sur un morceau de gangue attesté par un papier d'authenticité. Comment le reconnaître L'habitus des cristallisations et la couleur sont souvent caractéristiques. Il peut parfois, être confondu avec le cuivre, voire l'or, mais l'argent se ternit à l'air. CONSEILS L'argent ternit en noir avec une couche superficielle d'Acanthite (sulfure d'argent), surtout lorsqu'il est placé à proximité de composés soufrés. Les spécimens d'argent natifs ne doivent pas être nettoyés à l'eau du robinet mais impérativement avec de l'eau distillée. LOCALISATIONS MAJEURES L'argent natif dans le Monde (liste non exhaustive) Les gisements ayant fourni de bons spécimens sont très nombreux dans le monde. Les plus connus proviennent d'Europe. En Norvège : gisement de Kongsberg dans le sud de la Norvège découvert au XVIIe siècle et a été exploité jusque dans les années 50. On le trouve sous forme de filaments ou de crosses de grandes tailles qui supportent parfois des petits cristaux de Calcite. Des masses de 500 kg y ont été rencontrées en exploitation ainsi que des filaments de plus de 50 cm. Ces gisements ont également développé de très rares cubes maclés jusqu'à 1 cm. De fait, les spécimens de ces gisements, épuisés, sont très recherchés et sont vendus à des prix très élevés sur le marché de la collection. REMARQUE : Les mines d'argent de Kongsberg sont désormais protégées en tant que sites historiques, la collecte à l'intérieur des mines et à l'extérieur sur les décharges est illégale . AUCUNE COLLECTE N'EST AUTORISÉE, ni sur les décharges ni à l'intérieur des mines de la zone protégée. En Allemagne : Parmi les découvertes récentes, de magnifiques et spectaculaires arborescences ont été extraites en 1999 dans la mine de Pôhla – Erzgebirge en Saxe qui est une localité plus connue pour ses Barytine miel. Les arborescences sont contenues dans des masses d'Arsenic natif. Elles mesurent jusqu'à 5 cm et peuvent ressembler à des feuilles de fougères ou à des plumes d'oiseau. La Proustite et l'Acanthite y sont parfois associées. Historiquement, les meilleures pièces ont été extraites du District de Freiberg et des spécimens de classe mondiale de la mine de Himmelsfürst, ainsi que du District de Schneeberg (Saxe); Aux Etats-Unis : la péninsule de Keweenaw dans le nord du Michigan est parcourue par une ceinture cuprifère mise en place dans une série sédimentaire du Précambrien. La particularité de ces gisements de Cuivre est leur intime association avec l'Argent natif, ce dernier étant le plus souvent postérieur au Cuivre dans sa mise en place. Il forme classiquement des dendrites ou des arborescences, très rarement des fils, qui, associées au Cuivre natif, constituent les associations connues sous le nom de "half breed", signifiant littéralement "moitié d'espèce". Au Canada : En traversant le Lac Supérieur on arrive en Ontario, où est situé la petite mine de Silver Isler, connue pour ses argents natifs en fils et en crosses, pluricentimétriques, associés à de la Calcite. Ces spécimens sont devenus très rares sur le marché. Au Mexique : de très beaux filaments provenant de la mine de Valenciana (Guanajuato) ont été découverts dont un superbe exemplaire est conservé au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris. Mine New Nevada, Batopilas, District Andres del Rio, Chihuahua. Les mines de Batopilas ont livré des alliages d'Argent et de Cuivre, notamment de halfbreed témoignant de la genèse simultanée de ce deux éléments. Au Chili : Les dendrites d'Argent natif, appréciées des collectionneurs, peuvent provenir des mines de Charñacillo et Copiapó dans l'Atacama. Au Maroc : des Argent en feuilles proviennent des mines d'Imiter. En Australie : on trouve de beaux Argent natifs en crosses et en arborescence dans les zones oxydées du gisement de Broken Hill. A Madagascar : À Rafialotkana, à l'est d'Ankavandra, l'Argent natif sous forme de plaques occupe les fentes des veinules de Smaltite accompagnée de roche diabase, avec parfois des gangues calcaires. Au Congo : des roches des mines de Mindouli démontrent la présence d'Argent natif dans la Calcite et la Dioptase. La mine de Kipushi au Katanga. Etc ... L'argent natif en France : (Liste non exhaustive) Dans le Haut-Rhin : les mines de Ste-Marie-aux-Mines ont fourni des échantillons de très grande qualité. Il est également signalé sur de nombreux autres gisements comme dans le Rhône : Propières et Longefay, Dans le Finistère : Huelgoat, En Haute-Vienne : Vaulry, En Aveyron : Villefranche-de-Rouergue, Dans le Gard : St-Laurent-le-Minier, Dans les Alpes Maritimes : Mines de Roua, Dans la Nièvre : Galène argentifère sur le gisement de la Place, Aligny en Morvan. Etc... La Mine de KONGSBERG Kongsberg est l'une des deux villes norvégiennes établies et conçues pour l'exploitation minière. La ville minière de Røros est l'autre. Historique Exploitées sur plus de 80 sites différents, les mines d'argent de Kongsberg constituaient le plus grand bassin minier de Norvège. C'était le plus grand lieu de travail préindustriel de Norvège, avec plus de 4 000 travailleurs à son apogée dans les années 1770, et il a fourni plus de 10 % du produit national brut de l'union Dano-Norvégienne au cours de ses 335 ans d'histoire : près de 500 000 mineurs et employés ont travaillé à la production entre 1623 et 1958. Les mines d'argent de Kongsberg ont été exploitées de 1623 à 1958. La production totale a dépassé 1,3 million de kg d'argent. L'argent a été découvert pour la première fois entre le 1er et le 5 juillet 1623, selon l'histoire quelque peu romancée où deux jeunes enfants - Helga et Jacob - gardaient leur bétail au sommet de la colline de Gruveåsen. Ils étaient accompagnés d'un bœuf qui broutait sur le flanc de la montagne, raclant le sol avec ses sabots. Ils virent quelque chose qui brillait et scintillait. Ils le ramassèrent et le rapportèrent à leur père. Reconnaissant qu'il s'agissait d'argent et qu'il avait de la valeur, il l'a fait fondre et l'a apporté à la ville de Skien, dans le comté de Telemark, pour le vendre. À Skien, il a été arrêté, la police trouvant suspect que quelqu'un tente de vendre de l'argent à un prix aussi bas. Convaincu qu'il s'agit d'un voleur, il a eu le choix entre dire où il avait trouvé l'argent ou être condamné aux travaux forcés. Il choisit de dire aux autorités qu'il avait trouvé l'argent dans le sud de Sandsvær, l'ancien nom de Kongsberg. Mais l'exploitation des mines d'argent à Gruveåsen avait été établie bien avant, et était désignée sous le nom d'Argenti Fodinæ (latin pour "les mines d'argent") dans une source datant de 1532, le livre de Jacob Ziegler sur la Scandinavie. En 1539, une entreprise d'extraction d'argent proprement dite a été lancée par Christian III avec des mineurs allemands experts importés. À l'époque, la découverte de la nouvelle route maritime vers l'Inde et l'Extrême-Orient avait provoqué une ruée vers l'argent pour financer le commerce, mais les mines de Gruveåsen ont été fermées dans la première moitié des années 1540 lorsque le prix de l'argent a chuté brusquement en raison des grandes quantités d'argent provenant de l'Amérique latine espagnole. Le prix de l'argent s'est finalement redressé dans la seconde moitié du XVIe siècle en raison d'une demande accrue de monnaie pour payer les produits de luxe en provenance de Chine, où les Portugais avaient construit Macao en 1555, et d'Extrême-Orient. Aussi, lorsque l'amiral Ove Gjedde revint d'un long voyage (1618-1622) à Ceylan et en Inde, où il avait établi un comptoir commercial à Trankebar, aujourd'hui Tharangambadi, sur la côte de Coromandel, au sud-est de l'Inde, dans le cadre des plans de Christian IV visant à créer une Compagnie danoise des Indes orientales, Gjedde fut envoyé en Norvège pour y développer l'industrie minière. C'est Gjedde qui a relancé l'exploitation de l'argent dans la région en 1623. L'année suivante, lorsque le roi Christian IV est venu en Norvège, il a fondé la ville de Kongsberg, celle-ci a été officiellement établie sous le nom de Kongsberg Sølvverk par une charte royale. La mine du roi (Kongens gruve) était la plus grande mine de Kongsberg. L'exploitation du complexe mine-fonderie a atteint son apogée dans les années 1770, lorsque plus de 4 000 personnes étaient directement impliquées dans la production. Les années 1750, 1760 et 1770 ont été l'apogée de l'usine d'argent. D'importantes découvertes d’autres minerais ont été faites, en particulier dans les années 1830 et 1860. La mine King's, particulièrement riche, a été exploitée jusqu'à une profondeur de plus de 1 000 mètres. La mine a extrait de l'argent jusqu'à sa fermeture en 1957. A propos des "Ruby Silver" Un groupe de minéraux d'Argent qui sont rouges lorsqu'ils sont frais (en particulier l'analogue arsenic de la pyrargyrite, la proustite - Ag 3 AsS 3 ) mais qui ternissent de manière caractéristique en noir lorsqu'ils sont exposés à une lumière vive. Mindat en parle en faisant référence à 4 minéraux, toutefois en faisant un peu de recherche on s'aperçoit que cette dénomination qui est très ancienne et vient du langage des mineurs du XIXe siècle, fait référence à d'autres espèces , en particulier des sulfosels d'Argent. Pour en savoir plus vous pouvez consulter un PDF : Progrès dans la connaissance des « rubis-argents » : nouvelles données structurales et chimiques de la pyrostilpnite, Ag 3 SbS 3 Publié en ligne par Cambridge University Press (pour une fois google le traduit assez bien) Les 4 minéraux référencés par Mindat comme "Ruby Silver" Clic pour agrandir... Sources : Littérature Minéraux (Julien Lebocey) aux éditions du Piat Internet Mindat Wikipédia Géowiki Cambridge University Press
- géologie|magmatisme et roches magmatiques|JJ Chevallier
Par Ludovic Thebault SITUATION GENERALE Les magmas qui sont issues du manteau peuvent aussi se trouver dans la croûte. LA CROÛTE C'est la partie supérieure de la planète Terre. Elle se distingue en deux types : -croûte continentale où l'on trouve des terrains vieux de 3, 8 milliards d'années, elle n'est donc pratiquement pas régénérée par rapport à la croûte océanique qui n'a que 200 millions d'années au maximum. La croûte continentale est essentiellement composée de roches métamorphisées et de granites. Son épaisseur varie de 30/40 à 70 km sous les massifs montagneux avec une densité de 2.7, et 2.5 dans les régions sédimentaires. -croûte océanique qui est essentiellement composée de basaltes pauvres en SiO2 (la silice, minéral formant le quartz entre autre). Son épaisseur varie de 7 à 12 km avec une densité de 2, 7 à 2, 9. Grâce aux ondes sismiques, il a été possible de montrer une discontinuité au sein de la croûte continentale, à mi-épaisseur environ, principalement dans les régions les moins actives (boucliers). Cette discontinuité, de Conrad, indiquerait une différence de composition entre les deux ensembles. Les rares sites où cette croûte inférieure est possible à étudier montrent de nombreuses intrusions mantelliques basiques. Ainsi la partie supérieure de la croûte continentale est riche en SiO2 tandis que sa partie inférieure l'est moins en raison des nombreuses intrusions mantelliques. LE MANTEAU C'est la zone de discontinuité dite de Mohorovicic ou Moho, qui sépare la croûte du manteau. Il est composé de péridotites. On distingue un manteau supérieur qui comprend une couche rigide supérieure de densité : 3.4, qui forme avec la croûte la lithosphère. Dessous une région à moindre vitesse de densité : 3.5, qui constitue la partie supérieure de l'asthénosphère, puis il y a deux autres couches plus rigides et profonde jusqu'à 700 km, de densité : 3.5 et 4.0. Le manteau inférieur lui s'enfonce jusqu'à 2900 km avec une densité de : 4.5 à 6. On peut considérer la lithosphère comme un ensemble rigide et froid et l'asthénosphère comme chaude et plastique (visqueuse mais non liquide). Les roches magmatiques ou endogènes se forment en profondeur, celles qui se forment en surface sont dites, roches éruptives. Une grande partie du magma provient de l'activité tectonique, on peu dire que c'est un état transitoire et local des roches profondes. Une partie de la roche est à l'état fondu mais de nombreux cristaux restent présents. FORMATION DU MAGMA Le magma correspond à la fusion d'une partie des roches du manteau ou de la croûte puis à une cristallisation de certains minéraux caractéristiques. Il peut être formé par l'action d'une source de chaleur interne ou par un métamorphisme très évolué. Le magma obtenu dans ce dernier cas est appelé anatexique. Il est toujours crustal. LA FUSION DES ROCHES Si le mécanisme de fusion est identique pour tous les magmas, leur évolution sera différente en fonction de leur composition et de leur localisation. La comparaison d'un magma granitique et basaltique le montre bien. MECANISMES DE LA FUSION Ils sont commandés par les conditions de températures et de pressions qui règnent en profondeur mais aussi par la présence d'eau. Dans les conditions normales il ne peut pas y avoir fusion des roches. C'est pourquoi manteau et croûtes sont constitués de roches solides. Toutefois en certains endroits, le plus souvent liés à la tectonique des plaques, les conditions sont modifiées et permettent la fusion, locale, des roches. Chaque minéral possède une température de fusion qui lui est propre. La roche étant constituée d'un mélange de minéraux sa température de fusion dépendra de sa composition. La présence d'eau (dans des minéraux hydratés par exemple) permet de diminuer cette température de fusion. Elle joue un grand rôle dans la formation des magmas. Les magmas sont moins denses que les roches qui les entourent (la densité du magma est de 2, 9 contre une densité de 3, 4 dans le manteau, il est donc plus "léger"), ils tendent donc à remonter vers la surface de la terre. Sous cette poussée d'Archimède, les pressions fortes du magma sur les roches du manteau entraînent la formation de fractures par lesquelles le magma monte vers la surface. Au fur et à mesure qu'ils se rapprochent de la surface, la température des roches qu'ils traversent diminue (rappel : le gradient géothermique est d'environ 30°C tous les kilomètres). De plus les magmas en s'éloignant de leur lieu de formation, et donc de la source de chaleur, vont progressivement refroidir. Les caractéristiques du magma influencent son comportement, notamment sa viscosité : la fluidité d'un magma facilite sa remontée vers la surface au travers de fissures. MAGMAS BASALTIQUES ET GRANITIQUES Il existe, grossièrement deux grands types de magma : granitique et basaltique. Un magma granitique est un magma formé par la fusion de roches riches en silice, il est épais et visqueux. Un magma basaltique, moins riche en silice, sera lui beaucoup plus fluide. Quand un magma granitique remonte vers la surface il se solidifie généralement en profondeur car la température devient vite insuffisante pour le maintenir à l'état liquide. C'est pourquoi les granites se forment exclusivement en profondeur. La température de solidification d'un magma basaltique étant beaucoup plus forte que celle des magmas granitiques (1200°C en surface contre 900°C) les magmas basaltiques arrivent le plus souvent à l'état liquide en surface. Ils donnent alors des éruptions. C'est un magma de ce type que l'on rencontre dans les volcans. La viscosité d'un magma dépend de : sa température (plus c'est chaud, plus c'est fluide) la teneur en eau qui facilite l'hydrolyse de la silice et donc la fluidification du magma la teneur en gaz (plus il y a de gaz plus c'est fluide). Cette caractéristique est à l'origine de la nature explosive ou effusive des volcans. l'acidité du magma (plus le magma est basique, c'est dire de moins en moins riche en silice, plus il est fluide). la présence de Na, Ca, Mg, Fe qui permettent la formation de petites chaînes et renforcent donc la fluidité. Lors de sa remontée vers la surface, le magma peut s'accumuler à certains endroits du manteau ou de la croûte. Ce sont les chambres magmatiques. CRISTALISATION Au fur et à mesure de la cristallisation d'un magma, il y a transformation de sa composition chimique. Ainsi un même magma peut fournir une succession de roches différentes déterminées par une série magmatique. Selon la taille des cristaux dans une roche magmatique il est facile de connaître son temps de refroidissement et donc son lieu de refroidissement. LES PHENOMENES CHIMIQUES Au cours de sa remontée vers la surface et de son stockage dans une chambre magmatique, un magma refroidit. Il peut arriver directement en surface, il subit alors peu de modification. Mais lorsqu'il stagne dans les chambres magmatiques, son refroidissement, plus intense, va entraîner des modifications dans sa composition. Lors du refroidissement, il y cristallisation des minéraux (comme le sel d'eau de mer cristallise lors de l'évaporation). Mais cette cristallisation n'a pas lieu en même temps pour tous les minéraux. En effet les minéraux ne peuvent cristalliser que dans certaines conditions de température et de pression. Il peut y avoir recristallisation des même minéraux que ceux de la roche d'origine (dont est issu le magma) mais souvent ce sont de nouvelles espèces minérales qui se forment. Des substitutions d'ions peuvent avoir lieu (rayons ioniques semblables, charge plus forte comme Na+ et Ca++). Enfin, les minéraux entrant dans la composition des premiers cristaux ne sont plus disponibles dans le magma. Ainsi au fur et à mesure du refroidissement, le magma s'appauvrit en certains éléments chimiques (ceux entrant dans la composition des cristaux) et s'enrichit en conséquence des autres éléments (quand de l'eau de mer s'évapore, l'eau encore liquide est de plus en plus riche en sel). C'est le phénomène de la cristallisation fractionnée. Un exemple est celui du Rubidium. Présent en faible quantité dans le magma d'origine, il se concentre au fur et à mesure de la cristallisation fractionnée. Cette caractéristique est utilisée pour connaître l'origine d'un magma. Il peut aussi y avoir cristallisation fractionnée quand les minéraux formés se déposent par gravité et n'entrent plus en relation avec le liquide, il n'y a plus alors d'échanges d'ions et le liquide devient plus concentré en certains ions que d'autres. La silice se cristallisant à faible température (en dernier), on peut ainsi observer une acidification de plus en plus grande au fur et à mesure du refroidissement d'un magma. En effet tous les autres minéraux cristallisant avant, le magma restant voit sa teneur en silice devenir de plus en plus importante. Le mélange des minéraux dans un magma peut modifier certaines de leurs caractéristiques : si on regarde 2 espèces minérales différentes, le mélange de celles-ci peut permettre une température de fusion inférieure à la température de fusion de l'espèce la plus fusible prise isolément, c'est le point eutectique. En plus de cette cristallisation fractionnée, la stabilité des minéraux va intervenir. En effet les cristaux ne sont stables que dans des conditions très précises de température et de pression (et d'environnement chimique). Ainsi les premiers cristaux formés à haute température vont se dissoudre à des températures plus faibles. L'olivine, par exemple, qui est un des premiers cristaux à se former, va donner un pyroxène lors de la baisse de température du magma. Les pyroxènes vont eux-même être détruits pour donner des amphiboles si la baisse de température se poursuit. Cette suite réactionnelle se poursuit avec la cristallisation de biotite au dépend des amphiboles puis de muscovite au dépend de la biotite. La formation de quartz est le terme final qui se forme lors de la cristallisation complète du magma. Pour des solutions solides (minéraux isomorphes comme les plagioclases) il y aura enrichissement ou non, de certains minéraux selon le temps de refroidissement d'un mélange liquide. A forte température c'est l'anorthite qui se cristallise, le magma restant s'enrichit donc en albite (il y a de plus en plus de Ca et de moins en moins de Na).Dans ce cas précis, l'anorthite n'est pas détruite mais reste protégée par les formations d'albites (et des minéraux intermédiaires). A travers ces différentes caractéristiques, il a été possible de classer des minéraux selon leur ordre d'apparition en fonction de la température et de la teneur en SiO2 du magma initial : (Suite réactionnelle de Bowen) La teneur du magma en silice conditionne l'évolution de cette suite. Un magma riche en silice ira jusqu'aux termes ultimes de la suite : beaucoup de quartz, un peu de micas de plagioclases (albite) et d'orthose). Un magma peu siliceux conservera les cristaux de haute température. Un magma très pauvre en silice donne ainsi une roche riche en olivine et en feldspathoïdes. CRISTAUX ET TEMPS DE REFROIDISSEMENT Plus le temps de refroidissement sera long, plus les cristaux auront le temps de se développer. Ainsi les magmas qui refroidissent en profondeur, lentement, donnent des roches riches en gros cristaux. La taille et l'abondance de ces cristaux déterminent des textures différentes : texture grenue : Il n'y a que des cristaux visibles à l’œil nu (phénocristaux). texture aplitique : les cristaux sont tout petits texture porphyroïde : il y a de gros et de petits cristaux texture pegmatitique : il n'y a que de gros cristaux texture microgrenue : il n'y a que des cristaux mais ceux-ci ne sont visibles qu'au microscope. texture microlitique : la roche n'est pas entièrement cristallisée. On trouve quelques gros cristaux, beaucoup de petits invisibles à l’œil nu qui sont contenus dans un verre. Le verre correspond à la phase liquide d'un magma ayant solidifiée très rapidement sans pouvoir former des minéraux. C'est donc un mélange d'espèces minérales non cristallisées. Les roches possédant cette texture se sont généralement formées près de la surface terrestre. texture vitreuse ou hyaline : il n'y a pas de cristaux. Ce n'est que du verre. Les roches hyalines sont le plus souvent des laves ayant refroidies très rapidement (dans l'eau par exemple). On peut toutefois y observer des pseudo cristaux (les sphérolites). CARACTÈRES DES ROCHES Il existe plusieurs classements différents et complémentaires. SELON LES MINERAUX Ces classements se basent sur les notions : d'acidité de la roche : une roche acide possède plus de 65% de silice une roche intermédiaire possède entre 52 et 65% de silice une roche basique possède entre 45 et 52% de silice une roche ultrabasique possède moins de 45% de silice. d'alcalinité : une roche alcaline est riche en feldspaths potassiques et sodiques, une roche calco-alcaline possède en plus des plagioclases une roche calco-sodique ne possède que des plagioclases. de saturation : une roche sursaturée ne contient pas de feldspathoïdes et est riche en quartz une roche saturée ne contient pas de feldspathoïdes une roche sous-saturée est riche en feldspathoïdes. de coloration : une roche hololeucocrate est blanche, elle possède moins de 12, 5% de ferromagnésiens une roche leucocrate possède entre 12, 5 et 37, 5% de ferromagnésiens une roche mésocrate possède entre 37, 5 et 62, 5% de ferromagnésiens une roche mélanocrate possède entre 62, 5 et 87, 5% de ferromagnésiens une roche holomélanocrate est noire avec plus de 87, 5% de ferromagnésiens. A ces critères se rajoute la texture de la roche. Selon la proportion en minéraux, on distingue (Classification de Jung et Brousse) : les syénites et trachytes riches en orthose, biotite et amphibole les granites et rhyolites riches en quartz, orthose, plagioclases (Na), biotite et amphibole les granodiorites riches en quartz, orthose, plagioclases (Ca), biotite et amphibole et où les plagioclases dominent sur l'orthose les diorites et andésites riches en plagioclases (Ca), pyroxènes, biotite et amphibole les gabbros et basaltes riches en plagioclases (Ca), pyroxènes et olivine les péridotites riches en pyroxènes et olivine. SELON LE MODE DE GISEMENT Ces classements se basent sur les notions : d'acidité de la roche : une roche acide possède plus de 65% de silice une roche intermédiaire possède entre 52 et 65% de silice une roche basique possède entre 45 et 52% de silice une roche ultrabasique possède moins de 45% de silice. d'alcalinité : une roche alcaline est riche en feldspaths potassiques et sodiques, une roche calco-alcaline possède en plus des plagioclases une roche calco-sodique ne possède que des plagioclases. de saturation : une roche sursaturée ne contient pas de feldspathoïdes et est riche en quartz une roche saturée ne contient pas de feldspathoïdes une roche sous-saturée est riche en feldspathoïdes. de coloration : une roche hololeucocrate est blanche, elle possède moins de 12, 5% de ferromagnésiens une roche leucocrate possède entre 12, 5 et 37, 5% de ferromagnésiens une roche mésocrate possède entre 37, 5 et 62, 5% de ferromagnésiens une roche mélanocrate possède entre 62, 5 et 87, 5% de ferromagnésiens une roche holomélanocrate est noire avec plus de 87, 5% de ferromagnésiens. A ces critères se rajoute la texture de la roche. Selon la proportion en minéraux, on distingue (Classification de Jung et Brousse) : les syénites et trachytes riches en orthose, biotite et amphibole les granites et rhyolites riches en quartz, orthose, plagioclases (Na), biotite et amphibole les granodiorites riches en quartz, orthose, plagioclases (Ca), biotite et amphibole et où les plagioclases dominent sur l'orthose les diorites et andésites riches en plagioclases (Ca), pyroxènes, biotite et amphibole les gabbros et basaltes riches en plagioclases (Ca), pyroxènes et olivine les péridotites riches en pyroxènes et olivine. Classification selon la composition LA CLASSIFICATION STREICKSEN Cette classification concerne les roches magmatiques contenant moins de 90 % de minéraux ferromagnésiens, c'est-à-dire plus de 10 % de minéraux achromatiques. Elle s'applique donc toutes les roches magmatiques à l'exception des ultramafiques. Elle découle du fait que feldspathoïdes et quartz sont incompatibles. Elle s'organise en quatre diagrammes, plus celui des ultramafiques. Classification Streckeisen ORIGINES DES MAGMAS LES MAGMAS BASALTIQUES Ils prendraient leurs origines dans le manteau à partir d'une péridotite initiale, la pyrolite, riche en feldspath. On pourrait retrouver une roche de composition proche à la base de la croûte océanique. On distingue les basaltes (tholéitiques) émis des points chauds ou OIB (type Hawaii), qui prennent leur origine dans un manteau profond, des basaltes émis au niveau des MORB (Basaltes des Rides Médio-Océaniques) qui sont issus d'un manteau plus appauvrit à la suite des nombreuses fusions partielles précédentes. On retrouve également des magmas basaltiques tholéitiques au niveau des arcs insulaires. FONCTIONNEMENT DES DORSALES Lorsque le magma monte vers la dorsale, une partie cristallise au contact des roches déjà en place, elle est à l'origine des gabbros. Plus haut le magma s'infiltre sous forme de cheminée vers la surface. Les complexes filoniens en sont les restes. Le litage des gabbros de la croûte océanique est issu du mouvement de l'asthénosphère. Proche du Moho, ces foliations indiquent le mouvement de l'asthénosphère au niveau de la dorsale, plus profondes elles indiquent des mouvements à une distance d'autant plus grande que le niveau est profond. Car l'asthénosphère va se refroidir au contact de la lithosphère (qui elle-même refroidit au cours de son déplacement) et s'accréter à la lithosphère d'où un épaississement de celle-ci. DORSALES RAPIDES ET LENTES Grâce aux ophiolites (morceau émergé d'ancienne croûte océanique), on a pu distinguer les dorsales rapides (la majorité des dorsales, qui ont un taux d'expansion de plus de 4 cm/an) et les dorsales lentes. On constate que le manteau des dorsales lentes est constitué principalement de lherzolites, péridotite normale du manteau supérieur, par contre celui des dorsales rapides est constitué de harzburgite. La lherzolite est constituée majoritairement d'olivine mais aussi de pyroxènes, l'enstatite et le diopside, plus un minéral alumineux associé, dont la nature varie selon la profondeur (plagioclase, spinelle puis grenat). Lors de la fusion du manteau, c'est le minéral alumineux et le diopside qui vont donner le basalte, le résidu réfractaire non fondu correspond alors à la harzburgite. Si la fusion se poursuit l'enstatite est fondue et le résidu correspond alors à la dunite, le basalte résultant est alors différent du premier basalte. En résumé on peut retenir l'équation suivante : Lherzolite = Harzburgite + Basalte (1) Harzburgite + Basalte (1) = Dunite + Basalte (2) Les dorsales lentes ont donc un manteau qui a fournit peu de basaltes par rapport aux dorsales rapides. Si le magma subit une fusion partielle à faible profondeur, on aura un magma tholéitique (dans ce cas les pyroxènes vont se dissoudre préférentiellement), par contre à grande profondeur ce sont les grenats qui vont se dissoudre et engendrer un magma alcalin. MAGMAS ANDESIQUES Ils sont issus généralement de la fusion du manteau supérieur au niveau d'une zone de subduction En plein océan, la subduction va former un arc insulaire. La croûte subductée subit lors de son enfouissement des températures de plus en plus grandes. Les amphiboles vont alors se transformer en éclogites. Cette transformation s'accompagne d'une perte d'eau. Cette eau va alors permettre la fusion des roches mantelliques sus-jacentes. Cela aboutit à la formation d'un magma tholéitique. Dans des zones plus profondes les magmas seront calco-alcalins car ils proviennent en partie de la fusion de la croûte subductée. On peut en rencontrer dans les arcs insulaires. Une subduction ayant lieu sous un continent donnera d'office des magmas calco-alcalins car les profondeurs sont plus importantes. La croûte subductée fusionne en partie et le magma obtenu se mélange aux magmas mantelliques. En plus de l'amphibole, la serpentine se déshydrate et fournit une source d'eau supplémentaire au processus. Au cours de la remontée vers la surface de nombreuses contaminations et cristallisations fractionnées vont aboutir à la formation d'un magma andésitique. MAGMAS GRANITIQUES Ils peuvent avoir une origine crustale, par anatexie ou mantellique. Ils peuvent provenir d'une activité orogénique ou non. L'origine crustale des granites est déterminée par le rapport 87Sr/86Sr qui est supérieur à 0, 710, le fait que ces granites soient associés aux schistes cristallins et souvent accompagnés de migmatites. Ce sont souvent des leucogranites orogéniques (localisés dans les chaînes orogéniques à la suite d'une anatexie métamorphique). L'origine mantellique est déterminée par le rapport 87Sr/86Sr qui est autour de 0, 702 à 0, 705. Ce sont généralement des granites anorogéniques océaniques, issus de la cristallisation fractionnée à partir d'un basalte alcalin (rares). La plupart des granites ont en fait une origine mixte : rapport 87Sr/86Sr intermédiaire, absence de migmatites associées, présence d'enclaves de roches basiques, Ce sont les granodiorites et monzogranites orogéniques formés dans les zones de subduction (à la suite de la libération d'eau par la transformation des amphiboles de la croûte subductée en éclogite) ainsi que les granites des complexes annulaires anorogéniques (provenant de l'injection de granite dans un système de fractures circulaire comme les caldeiras) L'auteur de ce texte : Ludovic Thebault ludovic.thebault@laposte.net Mise en page JJ Chevallier
- Manuel de gemmologie | mineralogie.club[Yves Lulzac
Surnomé "Le Petit Lulzac non illustré", voici la nouvelle édition, 2021 complétée, du manuel de détermination des pierres taillées de joaillerie ou de collection d'Yves Lulzac, préfacé par B. Lasnier et E. Fritsch. Une version en anglais suivra prochainement. Le petit LULZAC non-illustré... Manuel de détermination des pierres taillées de joaillerie ou de collection. Edition 2021 mise à jour... Durant de nombreuses année Yves Lulzac a tenu le stand du CRG dans de nombreuses manifestations où il a ainsi observé des milliers de gemmes qui lui ont permis d'accumuler un grand nombre de données. Certaines gemmes intéressantes ont pu faire l'objet d'examens de recherche poussés en laboratoire à Nantes. Ce manuel est le fruit de ses longs travaux de recherche. FORMAT A-5 ENGLISH VERSION For many years, Yves Lulzac manned the CRG stand at numerous events, observing thousands of gems and accumulating a wealth of data. Some interesting gems have been the subject of extensive laboratory research in Nantes. This manual is the fruit of his extensive research. L'AVIS DE DEUX GRANDS MAITRES DE LA GEMMOLOGIE FRANCAISE ! PREFACE Il a fallu une "conjonction astrale" pour qu'un géologue minier de renom, Mr. Yves LULZAC, se lance dans la rédaction d'un ouvrage présentant les principales données physiques concernant les gemmes. Il a vérifié méticuleusement les caractéristiques à l'aide d’échantillons bien caractérisés avec les petits instruments spécifiques à cette discipline, mais aussi, parfois, via des méthodes de laboratoire. Il en est devenu spécialiste d’analyse chimique minérale et même pratique la spectroscopie Raman, pour éviter les erreurs, et lever les ambiguïtés. Les tables finales que vous lirez n’utilisent, évidemment, que les méthodes non destructives, seules applicables aux matériaux gemmes. Mais la démarche prudente et systématique explique que ce manuel soit particulièrement apprécié pour son caractère pratique et le "vécu" des manipulations : l’auteur a effectivement identifié la plupart de ces gemmes lui-même! Ce manuel est en usage dans les cycles de formation professionnelle des préparations à la " Mention Complémentaire au CAP de Bijouterie, Joaillerie, Orfèvrerie" de la CCI de Saumur et dans d’autres formations à la gemmologie classique, et il sert aussi auprès des étudiants en géologie et gemmologie de l'Université de Nantes. Il y est familièrement connu sous le nom du « Petit Lulzac non illustré ». Cet ouvrage précis et surtout efficace mérite une plus large diffusion en anglais, voire en espagnol ! Bernard LASNIER Professeur des Universités Emérite Emmanuel FRITSCH Professeur des universités PREFACE It took an "astral conjunction" for a renowned mining geologist, Mr. Yves LULZAC, to start writing a book presenting the main physical data concerning gems. He meticulously verified the characteristics with well-characterized samples using the small instruments specific to this discipline, but also, sometimes, via laboratory methods. He has become a specialist in inorganic chemical analysis and even practices Raman spectroscopy, to avoid errors and remove ambiguities. The final tables you will read are, of course, based on non-destructive methods, the only ones applicable to gem materials. But the careful, systematic approach explains why this manual is particularly appreciated for its practicality and "hands-on" handling: the author has actually identified most of these gems himself! The manual is used in vocational training courses for the "Mention Complémentaire au CAP de Bijouterie, Joaillerie, Orfèvrerie" at the CCI de Saumur and in other classic gemmology courses, as well as by geology and gemmology students at the University of Nantes. There, he is familiarly known as "non illustrated Petit Lulzac". Translated with www.DeepL.com/Translator (free version) Pr. Bernard LASNIER Professor emeritus University of Nantes Pr. Emmanuel FRITSCH Professor University of Nantes L'essayer, c'est l'adopter diront ses utilisateurs. Alors, si vous souhaitez découvrir cet ouvrage qui facilitera vos identifications de gemmes, que vous soyez un gemmologue amateurs, débutants ou confirmé. To try it is to adopt it, say its users. So, if you're an amateur gemmologist, beginner or advanced, this book will make your gem identification easier. Écrit, mis à jour et édité par Yves Lulzac, ancien ingénieur du BRGM et gemmologue nantais, ce manuel francophone et anglophone est la bible de nombreux gemmologue qui travaillent avec ce livre depuis sa première édition, en 2001. Il vient de faire l'objet d'une importante révision et l'édition 2021 est désormais disponible en français et en anglais au format A-5 au prix de 25 euros sur stand d'expo ; 33 euros (envoi France) ; 35 euros (international postage). Written, updated and edited by Yves Lulzac, a former BRGM engineer and gemmologist from Nantes, this French and English-language manual has been the bible of many gemmologists who have worked with this book since its first edition in 2001. It has just undergone a major revision, and the 2021 edition is now available in French and English in A-5 format, at a price of 25 euros at the exhibition stand; 33 euros (French delivery); 35 euros (international delivery). Commande / O rder : Sur demande par courrier électronique / on demand by e-mail: blanca.mocquet@gmail.com ou/or blanca.mocquet@free.fr Paiement/Payment : Paypal à/at paypal.me/gemshandbookMocquet indiquer la version demandée / indicate desired version blanca.mocquet@free.fr
- Quartz singulier | mineralogie.club
Un quartz singulier... Photo Antonio Miglioni sur Facebook Voilà une photo intéressante, une face d'un cristal de quartz α, de basse température, de la mine de Facciata, de la région de Carrare en Toscane. Une face de la pointe pyramidale présente une curiosité qui a suscité des divergences de point de vue chez les minéralogistes. Dans la partie inférieure de la face on note des figures formées par de minces couches superposées aux formes irrégulières. Peut-on parler de couches de croissance, oui, puisqu'elles suivent des courbes parallèles, mais il est impossible de déterminer si c'est un apport de matière cristalline lors de la formation ou au contraire une soustraction de matière plus tard. Détail de la photo. précédente.
- mineralgie.club|bois fossiles de madagascar|JJ Chevallier
Les bois silicifiés de Madagascar, leur histoire, leur formation et leurs couleurs. LES BOIS FOSSILES DE MADAGASCAR Les arbres silicifiés, on dit aussi pétrifiés, de Madagascar datent du Trias, 225 millions d'années, que nous classons géologiquement au début de l’ère secondaire. Le Trias se compose de trois phases de sédimentation, d’où son nom. La première phase étant des sédiments de grès bigarrés, la seconde de calcaires coquilliers et la dernière de marnes irisées. Les bois fossiles de l'Isalo se situent sur l'ancien continent du GONDWANA qui englobait les futurs : Madagascar, Afrique, Amérique du Sud, Antarctique, Inde et Australie. Le Trias débute par une des plus grandes extinctions de masses, toutefois, des végétaux de l’ère précédente le Permien survivent et dominent encore. Les bois fossiles de Madagascar sont constitués principalement de cèdres, un conifère résineux. Le plus important du gisement de bois fossiles se trouve dans les grès de l'ISALO, sur la côte Ouest de Madagascar. Les bois étaient parfois de taille gigantesque plus de 2 mètres de diamètre et jusqu’à une cinquantaine de mètres de hauteur. Les troncs silicifiés de Madagascar, sont des arbres allochtones*, c'est-à-dire ne provenant pas du lieu où ils ont été trouvés. A la suite de cataclysmes, les troncs ont été transportés par des glissements de terrain très violents, ce transport les a ébranchés et souvent brisés parfois même éclatés sur toute leur longueur. A la suite de ce déplacement, ils ont été enfouis dans un milieu anaérobie**, des sédiments principalement composés de vases chargées de cendres, d'argiles, sédiments peu perméables propices à la conservation et de sable. Leur structure ligneuse est beaucoup mieux préservée que celle des arbres fossiles d'Arizona. Ils peuvent ne présenter aucune altération, leur structure étant restée homogène, sans fissures ni cavités. Dissouts dans l'eau, les composants minéraux de ces sédiments forment une solution qui va lentement pénétrer à l'intérieur du bois en utilisant le tissu vasculaire, formé de cellules creuses qui conduisent la sève. Chez les résineux ces vaisseaux sont des trachéides, ils sont associés à des parenchymes qui contribuent au transport des nutriments. Avec le temps la solution précipite et cristallise en silicates SiO4 dont les couleurs varient en fonction des ions*** qui s’intègrent entre les molécules, ce qui a donné des teintes différentes au bois. En résumé : La matière organique du bois s'est changée au cours des millions d’années, en silicate, SiO4, molécule par molécule, la sève ayant été remplacée par des infiltrations d'eau chargée en sels minéraux. Ces arbres ne sont donc plus constitués de bois mais du silicate, quartz microcristallin hydraté. Après des travaux de sciage et polissage très fins, les cellules du bois sont mises en évidence et les cernes deviennent apparentes elles permettent de déterminer l'âge de l'arbre au moment de sa mort. Certaines zones plus translucides permettent des analyses au microscope de la structure du bois, qui renseignent botanistes et géologues. Les ions qui créent la palette des couleurs : Métalliques Fer : rouge, orange, jaune, violet, brun, noir en oxydation, vert en réduction Uranium : jaune, vert, brun Manganèse : bleu, violet, noir Chrome, Cobalt, Cuivre : bleu, vert Nickel : vert Non métallique Carbone : noir Les parties blanches ou grises sont du quartz pur. * En géologie, allochtone qualifie des terrains qui ont été charriés et qui en recouvrent d'autres pouvant être plus récents, dits autochtones. ** On appelle milieu anaérobie un milieu où il n'y a pas présence d'oxygène sous forme de dioxygène (O2). *** Ion = atome
- Pédochimie, chimie des sols | mineralogie.club
La chimie des sols ou pédochimie, un volumineux document PDF très intéressant qui intéressera de nombreux "follower" du site. PEDOCHIMIE LA CHIMIE DES SOLS Qu’est-ce qu’un sol ? Le sol c’est l'interface entre la lithosphère et l’atmosphère. C’est le produit de la désagrégation physique d’un substrat en minéraux hérités et de l’altération chimique de ces derniers sous l’effet de l’eau et de la matière organique plus ou moins transformée, stabilisée dans les couches supérieures du solum. Ainsi, un sol se décompose en 3 phases : • Minérale (fragments de roches, débris coquilliers,…) ; • Aqueuse ou gazeuse (atmosphère du sol) ; • Organique (débris organiques plus ou moins décomposés). OFFICE DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE ET TECHNIQUE OUTREMER SERVICES SCIENTIFIQUES CENTRAUX PEDOCHIMIE LES CONSTITUANTS MINERAUX DES ROCHES ET DES SOLS PAR P, SEGALEN ET J,C, BRION 1981 Une volumineux document PDF très intéressant sur la chimie des sols qui intéressera de nombreux "follower" du site. Téléchargez le >>> AVANT PROPOS Pedochimie.pdf Le cours qui est proposé dans les pages de ce PDF a un double objectif 1 . Étudier les lois qui régissent les relations entre les éléments, entre les constituants présents dans les sols et montrer comment ces lois s'appliquent aux sols. 2 . Étudier les éléments du sol, leurs combinaisons, leur dynamique à l'intérieur des sols. La référence à l'objet-sol, ici le pédon*/objet à trois dimensions divisé en horizons, sera réalisée en permanence. Cet objet se situe dans une position particulière, à la limite de la lithosphère et de l'atmosphère. Sauf dans certaines parties des déserts, et encore, et à l'emplacement des calottes glaciaires, cet objet est continu, et il change d'un endroit à un autre. Ces variations sont régulières et graduelles, ou bien très rapides et brutales. Dans un milieu aussi complexe que le sol, il est difficile de s'en tenir à une seule discipline comme la chimie, si importante soit-elle. L'approche doit être globale; aussi, il est inévitable de déborder sur des disciplines voisines, comme la chimie-physique, la minéralogie, la géologie, l'hydrologie, la biologie, la géomorphologie, la climatologie, sans oublier la pédologie générale. De plus amples développements sont donnés à leur sujet dans d'autres enseignements. Si les incursions faites dans leur domaine ont été nécessaires, elles ont été aussi brèves que possible et avec un objectif limité. Existe-t-il une chimie ou une physique du sol ? Certes, le sol est un milieu aux caractéristiques bien particulières, mais ses constituants n'échappent pas aux lois générales ; il n'y a pas de lois propres aux sols. Mais les paramètres qui agissent simultanément sont si nombreux qu'il est souvent difficile de démêler l'action précise de l'un deux. En 1977, KITTRICK écrit "qu'avant les années 1960, beaucoup pensaient que les minéraux du sol étaient différents des substances ordinaires, qu'ils étaient tout à fait insolubles, qu'ils ne pouvaient être décrits en termes de thermodynamique élémentaire, et qu'on ne pouvait leur appliquer les mesures habituelles de solubilité". Un des premiers objectifs de ce cours est précisément de montrer comment les lois de la physique et de la chimie s'appliquent aux sols. Mais, le danger réside bien dans l'extrapolation du laboratoire, ou la projection de schémas. Ces lois sont établies dans de la vaisselle propre, avec de l'eau dépourvue de tout ion étranger, au moyen de réactifs de pureté garantie. Or, dans les sols, les difficultés proviennent bien du fait que tout ceci n'existe pas et si l'on arrive à maîtriser quelques paramètres, beaucoup ne sont pas encore appréhendés. Est-ce une raison pour renoncer? Certainement pas. Mais il est bon de mettre les choses à leur place, de ne tomber dans aucun excès et de se retourner sans cesse vers la "vérité-sol". C'est ce qui sera fait continuellement dans les parties du cours consacrées à la dynamique des principaux éléments constitutifs du sol. La mise en œuvre de nouveaux concepts, de nouvelles disciplines, de techniques originales est permanente en science du sol. Ceux-ci n'ont pas encore apporté de solution définitive qu'on ne remette en question régulièrement. Mais, à chaque fois, c'est une contribution intéressante, quoique limitée, sinon provisoire, à la connaissance des sols. Ce cours voudrait rappeler aussi quelles ont été les tendances dans la compréhension des phénomènes dans le passé, et présenter les perspectives qui s'ouvrent dans le présent et un avenir proche. La pédologie est riche en mouvements de va-et-vient de type pendulaire. On citera ici seulement le sort réservé aux travaux de MATTSON, au moment du développement de l'étude des minéraux argileux par les rayons X, et leur remise en honneur à l'heure actuelle avec l'importance qu'il faut attacher aux matériaux amorphes. Il y en a beaucoup d'autres de ce genre. Enfin, si ce cours se concentre sur l'objet-sol, celui-ci est saisi dans toute sa variété et reste placé dans son cadre géographique. Les relations que ses caractéristiques peuvent avoir avec son environnement actuel et son histoire sont toujours envisagés, avec quelques détails. Les différents chapitres sont donc consacrés à l'étude de l'application des lois scientifiques à l'objet-sol, c'est pourquoi à l'instar de la géochimie on propose de le nommer : pédochimie. Ce cours est à la fois ambitieux et limité. Ambitieux parce qu'il voudrait aborder le maximum de sujets, estimés utiles, sinon indispensables, à la compréhension de ce qui se passe dans les sols. La connaissance de la nature des roches volcaniques ou sédimentaires apparaît aussi importante que celle du produit de solubilité d'un sel ou la détermination de l'origine des charges d'un sol, lorsqu'il s'agit de comprendre ses caractéristiques actuelles et futures. Limité, parce que les thèmes abordés sont multiples, variés, abondamment traités par de très nombreux auteurs et qu'en faire le tour même brièvement est pratiquement impossible dans un nombre raisonnable de pages. Beaucoup de sujets, c'est certain, mériteraient un développement plus important. Quelques uns n'ont été qu'évoqués, faute de temps et de place. C'est pourquoi, le plus souvent possible, des ouvrages, de nombreux articles seront proposés à votre lecture. Jamais la liste offerte ne doit être considérée comme exhaustive. Le nombre d'auteurs non cités, et qui apporteront l'information qui faisait précisément défaut, est certainement encore beaucoup plus grand. * Pédo : préfixe, du grec ancien πέδον, pédon (« sol »). Pédochimie : Première partie. Les constituants minéraux des roches et des sols. Deuxième partie. Les méthodes d'étude et d'identification des constituants minéraux des sols. Troisième partie. Etude de quelques problèmes fondamentaux concernant les sols. Quatrième partie. La dynamique des principaux éléments et constituants dans les sols : 1. Altération, les sels solubles, les sels moyennement et peu solubles. 2. Le silicium, le titane et le zirconium, l'aluminium, le phosphore. 3. Le fer, le manganèse, le soufre, l'azote, les éléments mineur. SOURCES Base documentaire de l'Institut de Recherches pour le Développement. Conservatoire d'espaces naturels de Bourgogne Archives personnelles JJ Chevallier
- L'interaction forte | mineralogie.club | JJ Chevallier
INTERACTION FORTE Pour répondre à une question intéressante posée par un lycéen voici la copie d'un PDF que j'avais fait en octobre 2017 et que j'ai repris ce week-end. WIX ne permettant pas de taper des formules j'ai fait des images de mon texte, je joins le PDF en copie pour ceux voudraient en garder une trace. La question de Sébastien N. est : "Qu'est-ce qui tient les neutrons et les protons ensemble ?"
- Se faire un de laine en Or | mineralogie.club | L. Jezequel | Y. Lulzac
Laurence Jezekel a demandé à Yves Lulzac comment se constituer un bas de laine avec de l'Or. Le Bas de Laine de Laurence... Le Bas de Laine de Laurence... Photo Les Echos : https://www.lesechos.fr/2014/11/90-milliards-deuros-dor-figes-dans-le-bas-de-laine-des-francais-314081 Mon amie la journaliste "free lance" Laurence Jezekel inquiète de l'avenir de la monnaie, voudrait se constituer un "bas de laine", elle a pris conseil auprès de notre amis commun Yves Lulzac. Elle nous rapporte cet entrevue. LJ- Toujours fascinée par l’or naturel, j’ai appris qu’il y aurait un bijoutier à Nantes qui fabriquerait des bijoux contenant des paillettes d’or qui proviendraient de Bretagne. Qu’en pensez-vous et croyez-vous que l’on puisse se fier à ce qu’il prétend ? YL- Oui, il s’agit d’un bijoutier joaillier fabricant qui a son atelier dans la rue Copernic. Je le connais très bien et suis au courant de ses fabrications originales dans lesquelles il insère des paillettes d’or qui proviennent de la région de Pontivy-Cléguerec dans le Morbihan. Cet or a été ramassé à l’emplacement des anciennes sablières qui fonctionnaient autrefois dans la vallée du Blavet. Il s’agit d’or alluvionnaire typique comme on pourrait en extraire encore en pratiquant la battée dans les petits cours d’eau de cette région. Il me semble d’ailleurs me rappeler que je vous avais entretenu de ce sujet particulier, en vous précisant que pour ramasser 1 gramme de ces paillettes, il vous faudrait passer bon nombre d’heures de travail ! Quant à l’origine réelle de cet or, vous pouvez faire entière confiance dans les déclarations de ce bijoutier. LJ- Bien, j’en prends bonne note et j’en profite pour vous demander où je pourrais me procurer de cet or naturel en plus grande quantité, car, je dois vous l’avouer, j’aimerais me constituer un petit « bas de laine » en prévision des difficultés financières qui pourraient nous arriver dans un avenir plus ou moins proche. YL. Vous constituer une petite réserve d’or, pourquoi pas. Mais je ne vous conseillerais pas, dans ce cas, de choisir de l’or brut naturel, car si vous désirez le monnayer plus tard, il vous faudrait un sérieux certificat d’analyse correspondant au lot que vous désirez vendre, car, comme vous le savez, l’or naturel n’est pas pur à 100%, étant allié, en proportion très variable, avec d’autres métaux, dont l’argent, le cuivre, le fer, etc. Vous aurez donc des difficultés pour le vendre et je vous vois mal vous présenter dans un commerce quelconque avec un petit sachet d’or en guise de paiement !... J’ai vu faire cela dans certaines zones d’orpaillage au Mali où certains commerçants, munis d’une bonne balance, acceptaient de se faire payer en paillettes d’or, tout en ayant une idée pas toujours très précise du titre de cet or... Si vous voulez vous constituer un petit « bas de laine », je vous conseillerais plutôt l’achat de pièces d’or et non pas de lingotins ou lingots. Par exemple d’anciennes pièces françaises de 10 ou 20 francs émises au cours du 20e siècle. Achetez-les de préférence chez un numismate professionnel qui vous les vendra au cours du moment en sachant que ce cours est très variable en fonction de l’offre et de la demande et aussi du cours de l’or. Normalement ce seront des monnaies en bon état. Mais s’il s’agit de monnaies en état médiocre ayant beaucoup circulé, il est parfois possible de les acquérir au poids de l’or contenu, car ces pièces sont en réalité des alliages comprenant 90% d’or et 10% d’argent (900/1000 étant le titre officiel). Ainsi, pour une pièce de 10 francs, pesant 3,22 g, vous avez 2,90 d’or pur contenu, et pour une pièce de 20 francs, pesant 6,45 g, vous avez 5,80 d’or pur contenu. Ainsi, vous connaîtrez plus sûrement la valeur de votre magot !... Maintenant pour la revente de vos pièces, si toutefois elles ne vous ont pas servies à faire vos courses au super marché du coin, le prix que vous en obtiendrez ne sera pas obligatoirement le même que votre prix d’achat. Toujours à cause des variations des cours et de la commission que prendra votre acheteur lequel aura tendance à déprécier votre monnaie en prétextant qu’elle est très usée. Chose qu’il n’est pas toujours facile à apprécier surtout pour une personne n’ayant pas de connaissances numismatiques. Mais, de toute façon, il ne pourra pas vous l’acheter à un prix inférieur au poids de l’or contenu. LJ- Oui, merci de tous ces renseignements qui finalement n’ont rien à voir avec l’or tel qu’on peut le trouver dans la nature. YL- D’accord, mais si vous préférez acheter de l’or en grosses pépites dans un quelconque salon minéralogique, soyez certaine que vous les achèterez à un prix bien supérieur à celui de l’or pur contenu. En admettant également que ces pépites sont bien naturelles et non pas des imitations sans valeur... Car, dans ce domaine, il y a des faussaires très doués qui produisent des échantillons très difficiles à distinguer des vrais sans procéder à des analyses précises. Vous voyez, tout cela n’est pas si simple qu’on pourrait se l’imaginer !.... LJ- Tout cela est bien décourageant. Mais, vous, comment envisagez-vous notre proche avenir ? YL- Je vous avouerais que je n’en sais strictement rien, n’ayant pas de relations avec Madame Soleil !.... JL- Oui, d’accord, mais au moins que pensez-vous de l’avenir qui nous attend avec le climat de notre planète que nous sommes en train de modifier ? YL- Alors, si vous m’orientez sur ce sujet qui préoccupe et qui effraie tellement nos concitoyens, je vous répondrai que la planète Terre agit comme elle a toujours agi au cours des millions d’années de son existence et qu’elle se fiche pas mal des agissements de l’espèce humaine. Soi-disant, il y aurait un léger réchauffement global de notre atmosphère. Je veux bien le croire bien qu’il me paraît très difficile de bien l’évaluer sur l’ensemble de notre planète. Et, personnellement je trouverais tout à fait normal que notre planète se réchauffe légèrement puisque nous sortons d’un petit âge glaciaire, chose que n’importe quel géologue vous dira sans problème. Mais comme je dis toujours, il faut bien faire peur à nos concitoyens. Cela occupe leur esprit. Tout comme cette peur qu’on entretient de plus en plus au sujet des exploitations minières qui seraient la source de beaucoup de nos maux actuels. Et là, je sais de quoi je parle !... Tout cela est aberrant, mais, malheureusement, les personnes sérieuses qui connaissent bien tous ces problèmes n’ont pas droit à la parole. D’ailleurs, vous-même vous êtes bien placée pour le savoir !.... LJ- Oui, je le sais bien, et il ne me viendrait pas à l’esprit de contrer toutes les opinions officielles qui se propagent sur les journaux de grande diffusion. Je tiens trop à ma peau ! Bon, on arrête là cette discussion. Histoire de ne pas m’attirer des ennuis....
- Mineralogie Passion | Rutile | mineralogie.club | JJ Chevallier - Nathalie Bertrand
Plus qu'un réseau social un outil de publication et de partage de la connaissance. Minéralogie passion une page Facebook pour les passionnés de beaux cailloux qui veulent en savoir plus et en voir plus en partageant. MUSÉE "Minéralogie Passion" "Minéralogie Passion" est une page Facebook rejoignez l a! RUTILE Texte de Nathalie Bertrand Le Rutile est une espèce minérale ubiquiste des polymorphes de l’oxyde de titane de formule TiO 2 avec des traces de fer (près de 10 % parfois), tantale, niobium, chrome, vanadium et étain. Il est trimorphe avec la brookite et l'anatase. I nventeur et étymologie : Décrit par Abraham Gottlob Werner en 1803, le rutile dérive son nom du latin rutilus, rouge, en référence à sa couleur rouge profond observée dans quelques spécimens par lumière transmise. Conditions de formation (Les minéraux, J. Lebocey, Le Comptoir Géologique, Minéraux et pierres précieuses de François Farges) : Le Rutile se forme à haute température dans des roches variées. Il est fréquent en longs cristaux cannelés dans certaines roches métamorphiques (quartzites, cipolins, gneiss amphiboliques, amphibolites et pegmatites). A une température supérieure à 750°C, la brookite se pseudomorphose en rutile et l'anatase, elle, au-delà de 600°C. Il se rencontre en cristaux trapus parfois gros (plus de 10 cm) dans les pegmatites, les skarns et les filons pneumatolytiques à apatite. Les fentes alpines ont également fourni de beaux spécimens minéralogiques. Il peut former des pseudomorphoses plus ou moins complètes d’Anatase. (J. Lebocey, Les minéraux, page 190.) De couleur brun rougeâtre à rouge (cristaux fins), parfois jaune doré à roux (cristaux aciculaires), il forme fréquemment des cristaux, trapus, allongés et aciculaires selon [001] aux faces du prisme striées. C'est un minéral inaltérable et dur qui peut se concentrer dans les alluvions et former de véritables placers, c'est une des principales sources de titane. Les cristaux de rutile sont très appréciés en fines inclusions de fins cristaux capillaires dorées, dans divers minéraux, particulièrement le quartz, sous l’appellation de « cheveux de Vénus » en bijouterie fantaisie. Le rutile est aussi un minéral accessoire fréquent, souvent microscopique des granitoïdes, des roches alcalines et des roches basiques à biotites et pyroxène. Ces cristaux microscopiques orientés dans des pierres gemmes expliquent la présence d'étoile dans les saphirs et les rubis "étoilés", un phénomène optique connu sous le nom d'astérisme, qui est retrouvé également dans d'autres minéraux comme la biotite ou les feldspaths. Il se rencontre en association épitaxique avec l'hématite pour former parfois de superbes étoiles à 6 branches jusqu'à 10 cm le plus souvent originaires du Minas Gerais au Brésil.. Les macles et cristallisations spéciales : Le rutile peut présenter plusieurs types de macles : fréquentes sur {101} : macle en genou, souvent multiples, cycliques (huit sous-individus forment un anneau) ; macles sur {321} : macle en cœur ; réseau en sagénite, combinaison, répétée dans l’espace, des deux lois de macle précédentes Minéraux associés : Adulaire, albite, anatase, apatite, brookite, calcite, chlorite, hématite, ilménite, pyrophyllite, quartz, titanite, topaze ... Variétés : Ilménorutile : variété de rutile riche en niobium de formule Fex(Nb,Ta)·4Ti1-xO2 . Décrite initialement dans les monts Ilmen, Oblast de Chelyabinsk, Ourals Russie, qui ont inspiré le nom. Occurrences : Canada - Francon quarry, Montréal, Québec, France - Col d’Urdach, Aramits, Pyrénées-Atlantiques, Aquitaine et Gwernavalou - Trémargat, Plounévez-Quintin, Côtes-d'Armor. Nigrine : variété de rutile riche en fer dénommée pour sa couleur très sombre ; le genre est masculin. C’est un agrégat minéral noir composé de rutile (souvent enrichi en Nb et/ou W) et d'ilménite (enrichie en Mn). La nigrine se présente sous forme de grains minéraux lourds dans les systèmes de drainage alluviaux et fluviaux dans les zones reposant sur des roches quartzo-feldspathiques aplitiques et/ou pegmatitiques. Sagénite (Saussure 1796) : c'est une variété d'habitus qui désigne des formes poly maclées en réseaux (du grec & du latin sagena, qui signifie un filet). Strüverite (Zambonini 1907) : variété de rutile de formule (Ti,Ta,Fe)O2 dédiée au minéralogiste Italien Giovanni Strüver (1842-1915), professeur à l'université de Rome. Présente en France dans la mine du Cap Garonne, Le Pradet, Var Isérite (Janovsky) (synonyme : isérine) : variété douteuse riche en fer en passe d'être déclassée . (Fe2+TiO 3 ) peut-être une variété cubique de l'Ilménite. Exploitation des gisements : Le titane est très demandé en aéronautique comme métal pur et en alliages grâce à son excellent rapport résistance / poids et à sa forte résistance à la corrosion ; il est utilisé dans la fabrication des avions et véhicules spatiaux. Une autre partie du titane prend le chemin des industries chimiques où il est transformé en oxyde de titane, pour se substituer aujourd'hui aux peintures au plomb. Réduit en poudre fine, il est incolore, et constitue un bon pigment blanc pour la peinture. . Synonymie : Il existe pour ce minéral de nombreux synonymes : Cajuélite : (en référence au topotype de l'espèce) ; Crispite : d'après le Crispalt, massif du Saint-Gothard, Suisse (Delametherie, 1795) ; Dicksbergite : (Igelström, 1896), d'après la localité de Dicksberg, Värmland, Suède ; Édisonite : (Hidden, 1888) : trouvé à la mine d'or Whistnant, comté de Polk, Caroline du Nord, par Hidden en 1879 ; Gallitzinite ; Paraedrite ; Rutilite ; Titane oxydé (Haüy, 1801) ; Titanite (Richard Kirwan, 1796). Le Rutile dans le Monde : De très nombreuses localités ayant fourni de superbes cristaux de rutile sont connues à travers le monde entier. Les plus grands cristaux (jusqu'à 25 cm), très brillants de couleur presque noire, associés à la lazulite et au disthène dans une quartzite proviennent de Graves Mountains (Géorgie, USA). D'extraordinaires cristaux maclés dépassant les 10 cm proviennent de Cerrado Frio (Minas Gerais, Brésil) et de Conquista (Bahia, Brésil). De superbes cristaux de plus petites tailles (3 cm) sont connus dans les quartzites de la mine Champion, en Californie et dans les pegmatites de Kragerö, Norvège. Canada : Kimmirut, Lake Harbour, île de Baffin, Territoire du Nunavut Espagne : Cajuelo, Vuitrago, Burgos, Castille et Leon (Topotype). Les fentes alpines suisses et italiennes livrent régulièrement des cristaux centimétriques brillants aux formes parfaites, parfois en épitaxie sur l'hématite comme à Cavradi, Suisse. Mais aussi en Australie, en Bolivie, au Mexique, au Royaume-Uni, en Autriche, en Espagne, au Portugal, en Grèce, en Allemagne, en Norvège, à Madagascar, au Pérou, aux USA, en Belgique, au Pakistan ... plus récemment en Azerbaïdjan. Le Rutile en France : En France, de bons cristaux de rutile proviennent de l'île de Groix, Morbihan, de Concarneau, Finistère et de St-Yrieix, Haute-Vienne ; tous sont en environnement métamorphique de gneiss ou de micaschistes. On le trouve également : en Loire-Atlantique : Bouvron - La Gagnerie-du-Brignan, Châteaubriant-Ancenis, en Isère : Saint-Christophe en Oisans. Grenoble, en Haute-Loire : Alluvions du ruisseau de la Borie, Alluvions du ruisseau Armandon. Peygerolles, Saint-Privat-du-Dragon - Brioude, dans le Var : Mine du Cap Garonne, Le Pradet, Toulon. en Bretagne : Finistère, Alluvions de la plage de Kerleven, La Forêt-Fouesnant, Quimper, Morbihan, La Villeder, Le Roc Saint-André, Pontivy, en Savoie : Col de la Madeleine, Montgellafrey, Saint-François-Longchamp, Saint-Jean-de-Maurienne : Entre Deux Roches, Celliers, La Léchère, Albertville ; Massif de la Lauzière. Sources Littérature : Les Minéraux, J. Lebocey, Minéraux et pierres précieuses, François Farges, Archives JJ Chevallier . Internet Mindat, Wikipédia, Le Comptoir Géologique. Cliquer pour AGRANDIR
- Pour les Lutins, la légende fait la quasi unanimité... quoi que, certains géolog
Pour les Lutins, la légende fait la quasi unanimité... quoi que, certains géologues ou mineurs vous diront que l'intuition n'est peut-être pas toujours le fait du hasard. N'est-ce pas Yves. Pour les Nains ... Légende ou réalité ? LES NAINS ET LES MINES Page réalisée en collaboration avec : Laurence JEZEQUEL & Yves LULZAC La crise sanitaire mondiale ayant frappé la région où Laurence était partie en mission de repérage pour une production télévisuelle. Notre amie écologue est rentrée en France l'an dernier. Sa dernière interview d'Yves LULZAC l'avait, semble t'il, interpelée à propos des Nains et autres Lutins dont on parle souvent dès qu'il s'agit de travaux minier. Pour les Lutins, la légende fait la quasi unanimité... quoi que, certains géologues ou mineurs vous diront que l'intuition n'est peut-être pas toujours le fait du hasard. N'est-ce pas Yves. Pour les Nains ... Laurence a donc appelé Yves pour en avoir le cœur net. Retranscription de l'appel de Laurence LJ. De retour de mon périple qui ne s’est pas déroulé comme je l’avais prévu, et ayant un peu de temps libre, je me remets en mémoire notre dernière conversation dont le sujet principal, si je me souviens bien, portait sur ce que l’on nomme maintenant « l’après-mine ». Je me rappelle qu’au cours de notre entretient vous aviez fait très rapidement allusion aux nains mineurs qui travaillaient autrefois dans les mines métalliques, ainsi qu’aux « lutins » avec lesquels, si j’ai bien compris, vous auriez été en rapport au cours de vos recherches. Pour moi, tout cela relève des éternelles légendes liées aux mines, mais j’aimerais quand même bien savoir pourquoi vous les avez évoquées. En effet, cela m’étonne de votre part, vous qui n’aimez pas mélanger les genres, surtout dès qu’il s’agit de sujets dénués de bases scientifiques. Je serais très curieuse de vous entendre à ce sujet. YL. Si j’ai bien compris, j’ai donc excité votre curiosité bien que, pour vous, il ne s’agirait que de légendes non fondées. A cela je dois répondre que vous avez raison, mais sur un point seulement, celui concernant les « lutins ». Cependant, pour ce qui concerne les hommes de très petite taille (les nains) ayant travaillé autrefois dans les mines, je dois vous assurer qu’il ne s’agit pas de légendes car, moi-même, j’ai été confronté à ce problème dans une mine bretonne, la mine de plomb de Plélauff dans les Côtes d’Armor. Non pas que je me sois trouvé nez-à-nez avec un de ces nains, mais parce que je me suis involontairement introduit dans leur environnement matériel quotidien. Je ne vous en parlerai pas ici car il s’agit d’un sujet que j’ai déjà traité et publié et que j’ai transmis à J.J. Chevallier pour qu’il le rediffuse dans le cadre de ses dossiers. Ainsi, vous aurez tout loisir d’en prendre connaissance et de méditer sur la réalité ou non de cette soi-disant légende. Cependant, pour ce qui concerne les lutins qui fréquenteraient les mines en activité ou abandonnées, je peux vous assurer que, moi non plus, je n’en ai jamais rencontré un seul au cours de ma carrière. Il ne semble pas que ce soit le cas pour ce qui concerne les mineurs en activité au Moyen Age, car très nombreux sont les récits qui mentionnent ces êtres, généralement de très petite taille, qui hantaient les galeries de mine, soit pour jouer de méchants tours aux mineurs qui ne les respectaient pas, soit pour les accompagner et, à l’occasion, pour les aider dans leur dur labeur. Ces petits êtres ont surtout été évoques dans le folklore germanique sous les noms de « Kobold » et de « Troll ». LJ. Tout cela est bien beau, mais où voulez-vous en venir puisque vous avouez n’avoir jamais rencontré ces êtres qui, bien sûr, n’existent pas ? YL. Vous me semblez bien impatiente. Auriez-vous donc peur qu’un de ces êtres bizarre vienne vous rendre visite une nuit pour vous empêcher de dormir et vous prouver ainsi qu’ils existent bien ? LJ. De ce côté-là, je suis bien tranquille car je suis vraiment persuadée qu’il ne s’agit que de légendes stupides comme on en entendait beaucoup au Moyen Age.... YL. Bon, je n’insiste pas, et vais donc vous raconter de quelle manière j’ai trouvé un gros gisement de tungstène dans la forêt de Coat an Noz, sur la commune de Belle-Isle-en-Terre dans les Côtes d’Armor. Dans cette forêt, il existe une vieille galerie de mine ouverte à flanc de coteau et dont l’accès était facile, du moins autrefois. Cette galerie est connue des gens de la région sous le nom de « Toul al Lutun », expression bretonne signifiant « Trou du Lutin » bien en accord avec les croyances que tous les travaux souterrains inspirent au commun des mortels. Cette galerie, qui date du 18ème siècle, a été effectuée dans le but de rechercher du minerai de plomb car, à proximité immédiate, on distingue encore la traces des anciens travaux de recherches pour le plomb réalisés par le marquis de Goesbriant au 17ème siècle. On sait que ce personnage avait exploité un peu de galène mais ses travaux ne semblent pas avoir été très importants. Néanmoins, il existe quand même une parcelle de terre portant le nom de « Toul Plom » c’est-à-dire le « Trou du plomb ». Au début des années 60, le BRGM, à entrepris une vaste prospection géochimique dans le centre Bretagne avec pour objectif la recherche du plomb, du zinc et du cuivre. Bien sûr, cette région de Bretagne était concernée mais les résultats que nous y avons enregistrés se révélèrent sans intérêt. Je précise qu’à cette époque, le chef de mission qui dirigeait cette prospection n’avait pas un ordinateur pour passer agréablement son temps sans trop se fatiguer. Pendant que son équipe faisait son travail, il parcourait la région à pied, le marteau de géologue à la main, afin de chercher des indices qui pouvaient mieux orienter les recherches. C’est au cours d’une de ses ballades dans la forêt de Coat an Noz, qu’il a découvert de nombreux éléments de minerai, non pas de plomb, mais de tungstène sous forme de wolframite, un minerai noir qui n’avait pour ainsi dire jamais été remarqué dans la région, sauf en faible quantité, à l’époque révolutionnaire, dans le « Toul al Lutun ». LJ. J’ai déjà entendu parler de tungstène, mais je ne sais pas trop à quoi ça sert. YL. Il s’agit d’un métal qui sert principalement à durcir les aciers et à fabriquer des outils de coupe. Il est aussi utilisé dans les industries électriques, électroniques et chimiques. Il est actuellement très recherché. Cette découverte fortuite, donc, fut à l’origine de recherches plus importantes qui se soldèrent par la mise en évidence d’un gisement de grande surface mais avec des proportions de ce métal trop faibles pour faire l’objet d’une exploitation. Étant donné que c’est moi qui étais chargé de ces recherches, il m’arrivait parfois de visiter cette galerie de « Toul al Lutun » qui avait le don de m’attirer, non pas dans le cadre de mes préoccupations du moment, mais plutôt pour sa proximité avec ces anciennes recherches de plomb. Occurrence que l’on savait pourtant dénuée de tout intérêt. LJ. Vous me dites que vous vous promeniez tout seul dans cette ancienne galerie de mine. Mais n’était-ce pas dangereux de le faire car l’on sait que les mines sont toujours pleines de dangers ? YL. Non, cette galerie ne présente pas de danger particulier, à condition de faire attention où l’on pose les pieds. En effet, s’il n’y a aucun risque d’éboulements, cependant cette galerie recèle un piège qui pourrait être mortel dans certaines circonstances. Il y existe ce que l’on appelle un « bure noyé », c’est-à-dire un puits intérieur profond d’environ 6 mètres dont la bouche est masquée par la couche d’eau, d’une vingtaine de centimètres d’épaisseur, qui occupe la totalité du plancher (ou la sole) de la galerie, et qui oblige donc à se munir d’une paire de bottes. Si on tombe dans ce puits tout habillé et avec ces bottes, et si en plus on ne sait pas nager (comme c’est mon cas !), on a peu de chance de s’en sortir, surtout si l’on est seul. Le tout est de connaître ce danger et de faire attention. Mais pour en revenir à ce qui se passait en surface, au grand jour, les derniers travaux de sondages, qui devaient clôturer cette recherche dans la forêt de Coat an Noz, se terminèrent un beau jour en fin de matinée. Les sondeurs et leur matériel devant donc rejoindre un autre chantier sans tarder. C’est alors qu’une idée me vint subitement à l’esprit. Pourquoi ne pas profiter du restant de la journée pour faire quelques sondages dans la zone des travaux du marquis de Goesbriant ? LJ. Mais aviez-vous le droit de retenir ainsi une équipe de sondeurs et leurs machines pour effectuer des travaux qui n’avaient pas du tout été prévus et qui concernait un sujet sans aucun intérêt ? YL. Oui, cela peut paraître inopportun mais, à l’époque j’avais affaire à un patron très compréhensif qui faisait entièrement confiance à son personnel et qui n’aurait jamais critiqué une petite entorse faite à un plan de travail. A l’époque on savait que la recherche minière n’était pas toujours strictement tributaire de programmes préétablis et qu’elle devait parfois tenir compte d’événements ou d’éléments nouveaux imprévisibles. J’ai donc pris ce risque, en me persuadant que ma curiosité allait m’apprendre quelque chose d’intéressant. Au moins, ces sondages que j’allais entreprendre, auraient permis de se faire une idée sur ce que le marquis avait bien pu découvrir dans cette région. Chose que l’on ignorait totalement. Le déménagement de la sondeuse s’étant effectué rapidement et le premier sondage ayant déjà atteint une vingtaine de mètres de profondeur, je m’attendais à voir apparaître des traces de galène, ce qui aurait été tout à fait normal. Mais au lieu de ce minerai, c’est un minéral blanc, très lourd, qui est sorti du trou en grande quantité. Tout de suite, je pensais à un minéral de gangue, par exemple à de la barytine que l’on trouve souvent en association avec la galène. Mais ce minéral avait décidément une drôle d’allure et, à tout hasard, je l’ai examiné avec une lampe spéciale à rayonnement ultra-violet, outil que l’on emploi souvent pour reconnaître facilement un minerai blanc de tungstène que l’on appelle la scheelite. Et là, énorme surprise !... C’était bien ce minerai de tungstène, tout à fait inattendu à cet endroit où il n’existait aucun indice superficiel laissant supposer sa présence, qui sortait en abondance de la tête du sondage.... Et c’est ainsi, que fut découvert l’un de plus beau gisement de tungstène de France, si ce n’est d’Europe ! Gisement qui, rassurez-vous, ne sera pas exploité puisque vos copains écolos ont décrété qu’il valait mieux acheter ce minerai aux chinois plutôt que de le sortir de notre terre... En fin de compte, quoi penser de cette histoire ? Pourquoi cette fixation sur le plomb du marquis, surtout lorsqu’il m’arrivait de parcourir cette vieille galerie ? Pur hasard ou heureuse intuition pensèrent la totalité de mes collègues. Sans doute ont-ils raison car l’intuition peut agir si l’on a acquis une bonne expérience dans un métier quelconque. Et pourquoi pas le lutin de la galerie qui, m’ayant trouvé sympathique, m’aurait mis en tête cette idée, apparemment saugrenue, de m’intéresser au plomb plutôt qu’au tungstène ? .... Mais si c’est vraiment ce lutin qui est responsable de cette découverte, j’aurais plutôt aimé qu’il me le dise de vive voix, au lieu de rester planqué dans un recoin de cette galerie !... Qu’en pensez-vous ? LJ. Que puis-je vous dire ? Moi aussi je pencherais pour le hasard intervenu à la suite d’une simple curiosité. Également pour une heureuse intuition induite par votre longue pratique de la recherche minière. Quant au lutin, que certains qualifieraient de vigilant gardien des richesse minières détenues par Dame Nature, je n’y crois pas du tout, bien que je doive avouer que votre histoire me paraisse un peu troublante. Mais, votre patron, qu’en a-t-il pensé ? YL. Rien de particulier. En tous cas, il n’a jamais admis que cette trouvaille soit le fait du hasard. C’était un mot tabou bien que l’on soit obligé de le prendre en considération car il en existe de nombreux exemples par le monde. LJ. Enfin, si c’est bien le lutin de la forêt de Coat an Noz qui vous a inspiré, vous lui devez une fière chandelle, comme l’on dit, et vous pouvez lui dire un grand merci. Mentalement, bien sûr, car je suis certaine qu’il restera toujours caché dans l’ombre de cette vieille galerie de mine et que vous ne le verrez jamais.... Maintenant, je repense à ce que vous m’avez dit au sujet de ce « piège » qui existe dans cette galerie. J’aimerais, un prochain jour, que vous me parliez des dangers liés aux exploitations minières, dangers que mes collègues se plaisent à évoquer dans le but de faire peur à leurs lecteurs, pour des raisons, d’ailleurs, que je me garderai bien de préciser ici... YL. Pas de problèmes, bien que je ne sois pas mineur de métier mais plutôt géologue prospecteur, partageant la surface, le soleil, la verdure et les petits oiseaux, avec le fond, sombre, sinistre et plein de dangers… Enfin, on en reparlera ... A la lecture de cet interview, moi aussi j'ai voulu en savoir plus. De mes nombreuses recherches sur le net, j'ai retenu cet article, trouvé sur le site Internet d'une association d'une petite commune de l'Oisan, dans sa rubrique : "LE SAVIEZ-VOUS ?" Tout y est dit ou presque ! Les nains des grottes de Mizoën, mythe ou réalité ? Association : freneydoisans.com LES NAINS DES GROTTES DE MIZOËN, MYTHE OU RÉALITÉ ? On dit souvent qu’un fond de vérité est à l’origine de chaque légende… Et si la légende des « Nains des grottes de Mizoën » trouvait ses racines dans une réalité historique ? Les nains et les Alpes Cette légende (en fin d’article) n’est pas propre qu’au village de Mizoën, elle existe sous différentes versions, qui ont toutes pour point commun de situer l’histoire dans les Alpes (Françaises, Suisses et Allemandes). Dans ces récits, les nains tiennent souvent un rôle ambigu, ni bon, ni mauvais, parfois farceurs ou manipulateurs, plus rarement, comme dans l’histoire des « Nains de Mizoën », ils s’en prennent aux bébés qu’ils volent dans un des villages voisins de leurs grottes et qu’ils remplacent par un autre enfant nain, une buche ou un petit cochon. D’autres récits moins joyeux relatent la disparition de villageois trop curieux partis à la recherche du trésor des petits hommes. Les nains sont différents des villageois leurs voisins. Ils sont par définition petits et habitent des cavernes ou des grottes. On les dit secrets, malins, n’ont pas ou peu de contact avec les habitants des villages alentours. Ce sont des gardiens de trésors, des maîtres des forges et dans les légendes, ils semblent maitriser une connaissance magique qui leur permettrait d’extraire et transformer des profondeurs de la terre, des richesses extraordinaires. Ce sont les mineurs des contes de fées et des légendes, surclassant tous les autres pour trouver les meilleurs filons (souvenez-vous de Blanche Neige et de ses 7 compagnons). Ils n’hésitent pas à utiliser la magie et toutes sortes de sortilèges pour préserver leurs secrets. Deux hypothèses sont souvent avancées pour donner corps à la persistance des légendes des nains très répandues dans les Alpes. La plus commune est de transposer la représentation des nains et de leur combat face aux hommes, à l’histoire du peuple Ligure (généralement décrit comme un peuple de petite taille et trapu) chassé par les Celtes (décrit comme un peuple de grande taille) en 300 avant J.-C. L’autre hypothèse, aujourd’hui complètement écartée, faisait partie des nombreuses théories « scientifiques » entre le XVIIIe et milieu du XIXe siècle, avancées pour expliquer les nombreux cas de crétinisme présents dans les Alpes. Certains voyant des similitudes entre les êtres décrits dans les légendes et les « crétins des Alpes », qui, selon eux, disposaient de tous les traits caractéristiques des nains. Cette ressemblance (malingre, de petite taille, laid, geignard…) pouvant s’expliquer comme une réminiscence des attributs physiques du peuple nains, dont la race était différente de celle des hommes, race aujourd’hui disparu ou dissoute dans la population locale. Il ne faut pas écarter aussi le côté pédagogique des légendes qui souvent cachent un message ou une mise en garde, en l’occurrence pour celle des nains de Mizoën, on parle de l’appauvrissement et de la dégénérescence d’un peuple qui adopte l’endogamie*. (L’endogamie étant un argument souvent avancé, à tort, pour les cas de crétinisme et goitreux des Alpes.) __________________________ *Endogamie : Obligation, pour les membres de certaines tribus, de se marier dans leur propre tribu. __________________________ Une troisième hypothèse peut être avancée aujourd’hui, grâce aux travaux de l’historien allemand, spécialiste des mines, Wilfried Liessmann. Et si les nains des grottes étaient de véritables nains ou plus simplement des personnes de petite taille. Cette dernière hypothèse mérite une petite explication. Pour comprendre, il faut remonter le temps jusqu’au XIe ou XIIe siècle et prendre la route en direction de l’Italie, cap sur Venise. Nous sommes en plein Moyen-Âge, la Cité des Doges est alors toute puissante, immensément riche, c’est la capitale mondiale des arts, de la connaissance, du commerce entre l’orient et l’occident, le centre du monde économique médiéval. Pour consolider et assurer sa position dominante, Venise possède et préserve trois trésors inestimables, qui, à cette époque, n’ont pas d’équivalent dans le reste du monde connu. Le verre bleu de Murano, les Miroirs parfaits et enfin, des montagnes d’or et d’argent dont la cité semble disposée de façon inépuisable. Ces trois trésors ont tous un facteur commun, ils dépendent tous d’un minerai qu’il faut extraire de la terre. Le verre bleu de Murano. L’une des grandes spécialités de Venise en ce début de XIIe siècle est le verre soufflé, et, plus particulièrement le verre bleu de Murano, que la noblesse de tous les pays civilisés s’arrache à prix d’or. Cette production fut délocalisée au début du XIIIe siècle de Venise vers l’île de Murano, qui, dit-on, était une prison dorée pour les maîtres verriers, qui ne pouvaient plus s’en échapper sans risquer la mort. Cette délocalisation était devenue nécessaire en raison des nombreux incendies dévastateurs survenus dans la cité des Doges, catastrophes récurrentes provoquées par les fours des verriers. Les maîtres verriers disposaient à cette époque d’un inégalable savoir-faire pour souffler et teinter le verre. L’une des couleurs les plus remarquables est le bleu de Murano que l’on disait inimitable. Un verre tellement rare, qu’il devient à cette époque une monnaie d’échange contre d’autres valeurs. Ce bleu si instance était si apprécié et prisé, qu’au début du XIIe siècle une commande très importante fut passée pour décorer les 176 vitraux de la cathédrale Notre-Dame-de-Chartes. Cette couleur si particulière est obtenue grâce au minerai de cobalt, lui aussi très rare. Minerai qui se trouve de l’autre côté de la chaine des Alpes. Les miroirs parfaits. Au Moyen-Âge et encore après la Renaissance, les miroirs sont aussi rares que l’or. Seuls les verriers de Murano parvenaient à fabriquer un verre suffisamment transparent et lisse, qui ne déformait presque pas le reflet. Miroirs, qui étaient selon certains récits, emprunts d’un pouvoir magique. Cette transparence était obtenue grâce à un second minerai rare, le manganèse, gisements situés de l’autre côté des Alpes également. Un trésor inépuisable. Pour toute transaction, il faut une monnaie d’échange et à cette époque, comme aujourd’hui, l’or et l’argent sont des valeurs sûres, mais aussi très fluctuantes. Pour maintenir la capitale du négoce au sommet de la pyramide économique, les marchands vénitiens devaient trouver encore et toujours de nouveaux filons et extraire toujours plus de minerai. Les meilleures mines étaient dans les montagnes des Alpes françaises et allemandes. C’est ici que les nains rentrent dans l’Histoire. Personnages immédiatement identifiables par leur petite taille, ils étaient appelés « les Vénitiens ». Commandités par les verriers de Murano et les riches marchands de Venise, ils étaient devenus leurs prospecteurs et traversaient les Alpes à la recherche des meilleurs filons. Ces êtres mystérieux et très secrets semblaient deviner où trouver les filons de cobalt, de manganèse, d’or et d’argent, grâce à une science qu’ils étaient les seuls à connaître. Leurs prospections étaient de loin les plus rentables. Très rapidement, les investisseurs italiens ont compris qu’il était dans leur intérêt d’utiliser le potentiel de ces mineurs atypiques, mais rentables. Un autre avantage avec les « Nains de Venise », et qu’ils savaient se faire discrets. Et si par malheur ils suscitaient une curiosité trop grande, ils savaient s’en préserver grâce à la superstition et les mythes qui les entouraient. Les histoires de magie, de maléfices, de sorcellerie les accompagnaient où qu’ils aillent. Les nains faisaient peur, et la population locale les évitait et restait à bonne distance de leur terrain d’activité. Ainsi, en toute clandestinité, les nains savaient trouver toute sorte de minerais, savaient aussi l’extraire, et en toute discrétion le rapporter à Venise. Toutes ses opérations, sans réveiller la vindicte des princes, seigneurs et villageois des territoires qu’ils prospectaient. Mais d’où vient cette aptitude à découvrir les minerais ? Le secret de ces prospecteurs réside sans doute dans leur capacité à bien observer la nature et surtout, décrypter par la lecture de la surface, les signes caractéristiques des trésors cachés dans le monde souterrain. Pourquoi une telle aptitude chez les nains ? L’hypothèse la plus probable est que les « nains » étaient en réalité des personnes de petite taille ou peut-être aussi quelques personnes atteintes de nanisme, qui de par leur morphologie était plus efficace pour se déplacer et travailler dans les galeries et boyaux pour en extraire la roche et minerai, et donc, auraient été plus sollicités pour ce type de prospection. Prospection, qui au fil des siècles leur aurait permis d’acquérir un savoir-faire et une connaissance, qui par simple observation leur auraient permis de détecter les sites les plus propices à la mise en place d’un chantier de fouilles plutôt qu’un autre. Des traces et quelques documents semblent étayer cette hypothèse. On peut citer une galerie découverte en Westphalie (Allemagne), où se trouve une de ces mines exploitées par les Vénitiens. Certains boyaux sont très bas et très étroits, très inconfortables pour un homme de taille normale (environ 1,60 cm au XIIe siècle), car la galerie principale ne dépasse pas 1,30 m de haut et certaines veines secondaires ne font pas plus de 50 cm de hauteur. Il semble qu’il y a eu un amalgame et que ces mineurs de petites tailles, qui partaient par petits groupes pour prospecter dans les Alpes à la recherche des bons filons ait été pris pour des nains. Cependant, une chose troublante laisse planer un doute sur la nature exacte des prospecteurs, l’impressionnante liste des noms de rues, de places, de plaques de maison et de palais de Venise contenant le mot « nani » (nains en français). Mythe ou réalité ? L’histoire nous raconte donc que des prospecteurs, de petites tailles ou nains, avaient été diligentés par de riches marchands vénitiens, pour trouver des minerais rares, en toute discrétion, de l’autre côté des Alpes. Au fil des siècles, l’histoire endosse le manteau de la légende, les prospecteurs deviennent des nains mystérieux, magiciens, malicieux et voleurs d’enfants… Pourquoi pas ! LA LEGENDE. Sur les hauteurs de Mizoën, un groupe de nains vivait dans des grottes dont les entrées étaient masquées par une forêt dense. En contre bas se trouvait un village gaulois. Gaulois et Nains vivaient en bons termes, sans se rencontrer, mais dans un respect réciproque. Les nains craignaient les géants gaulois qu’ils savaient bons guerriers, les Gaulois craignaient les nains qu’ils savaient magiciens et jeteurs de sortilèges. Malheureusement les nains qui ne vivaient qu’entre eux, voyaient leur race souffrir de dégénérescence. Les nouveau-nés étaient rares et quand il en arrivait un, il était malingre, chétif, laid et braillard. Les enfants gaulois, quant à eux, étaient gracieux, en bonne santé, et vigoureux. Un jour, la femme du roi des nains décida de remplacer son enfant, braillard par un petit enfant gracieux. Tout d’abord son mari, le roi, protesta, par peur des représailles, mais face à l’insistance inébranlable de sa femme, céda et accepta de monter le soir même, le rapt de l’enfant gaulois. La nuit était sans lune, l’expédition furtive et mal intentionnée, constituée du roi des nains, sa femme, son enfant geignard et de deux gardes, se dirigeait en direction du village gaulois. La substitution de l’enfant fut faite, et les nains retournèrent dans leurs grottes avec le bébé gaulois. Le lendemain, le peuple des nains découvrit avec stupeur ce nouveau bébé très beau, pendant qu’au même moment plus bas, sur les pentes de la montagne, la mère gauloise était effondrée sur le berceau en regardant son enfant devenu laid et braillard, sans doute, pensait-elle, à la suite d’une malédiction ou d’un sortilège. La mère gauloise pleura si fort que ses sanglots atteignirent les hauteurs de Mizoën et touchèrent la petite reine qui fut prise à sont tour du remords de l’abandon de son enfant et la peine qu’elle avait causée à cette mère gauloise en lui volant le sien. Elle décida sans écouter les protestations de son mari de retourner sans attendre au village gaulois pour rendre l’enfant des hommes et reprendre le sien. La reine se présenta devant la porte et frappa fébrilement. La mère ouvrit, et, sans attendre, arracha le poupon gracieux, qu’elle avait reconnu immédiatement, des bras de la pauvre naine. Cette dernière tenta d’expliquer son geste, elle se confondit en excuses et en piteuses explications tout en récupérant son enfant malingre. La Gauloise était rentrée dans une fureur épouvantable, criant, vociférant, menaçant, ameutant tout le village. Les nains terrifiés partirent avec précipitation se réfugier dans la forêt sans plus attendre. Les Gaulois alertés par les cris de la femme quittèrent les travaux des champs et rejoignirent le village avec hâte. Très rapidement, la mère les informa de la forfaiture du peuple nain. Un vent de colère guerrière se souleva dans le village gaulois, qui décida d’anéantir toute trace du peuple nain. Comme il craignait la forêt et les nombreux sortilèges qu’elle renfermait, les Gaulois décidèrent de la brûler jusqu’au dernier arbre, ouvrant ainsi un passage sans risque jusqu’aux grottes des nains. Des torches passèrent de main en main, les flammes montèrent et embrasèrent toute la montagne. Les nains, terrifiés par la colère de leurs voisins, se réfugièrent dans les profondeurs de leurs grottes, et très rapidement prirent la décision de quitter les lieux en empruntant des passages confinés et étroits cachés, qu’eux seuls connaissaient. Sans se retourner, ils s’enfoncèrent dans les profondeurs de la montagne et plus jamais on ne les revit. Avant de disparaitre définitivement, le Grand Magicien du peuple nain, amer et rancunier, décida de jeter un ultime sortilège. Il s’agenouilla, et planta ses doigts dans la terre de la forêt en flamme et invoquât le grand esprit des arbres et lui demanda de tarir le sol sous le brasier, et que de ces cendres plus rien ne repousse jamais jusqu’à la fin des temps. La forêt des nains devint ainsi le Désert de Mizoën, lieu que l’on observe encore aujourd’hui sur les hauteurs du village. Quand les Gaulois arrivèrent à l’entrée des grottes, ils ne trouvèrent aucune trace des nains, qui s’étaient comme volatilisés. Par crainte de leur retour et d’un nouveau sortilège, ils décidèrent de faire effondrer toutes les entrées de grottes. On dit cependant qu’une d’entre elles aurait échappé à ce châtiment, et que quelques Mizoënets auraient aperçu furtivement, non loin des pentes du Rif-Tor, des petits êtres qui auraient disparu dès le premier regard, instantanément, comme par magie. HEROS DES LEGENDES GERMANIQUES ET NORDIQUES... LES WALEN Les Walen ou les soi-disant Vénitiens étaient des prospecteurs et mineurs étrangers travaillant secrètement dans les régions germaniques durant le Moyen Âge ou la Renaissance, et mentionnés dans des sources écrites allemandes à partir du XVIe siècle. Ces Walen étaient considérées par la population locale comme des chercheurs d'or, bien qu'ils cherchaient probablement des minerais rares (cobalt, manganèse) pour l'industrie du verre (peut-être pour la République de Venise). En raison de leur langue étrangère et de leurs actions incompréhensibles dans les montagnes pour les populations locales, ils devinrent des éléments légendaires du folklore allemand et d'Europe centrale : ils y apparaissent parfois comme des sorciers étrangers ou des créatures surnaturelles (sorte de lutins). Leur nom fut également rattaché aux prétendus « livres des Walen » et « symboles gravés des Walens », censés indiquer la localisation de trésors et de veines d'or. Le terme Walen (ou Walhen, Wälsche, Welsche) dérive du germanique « Walh », qui désignait une personne parlant une langue latine ou romane. Walen désigne donc un « étranger », par rapport à sa langue, et non son ethnie ou son origine géographique. Le terme souvent utilisé de Vénitien (allemand: Venediger, Vennizianer, Venezianer, Venetianer) se réfère à la prétendue origine de Venise de ces personnages : la ville était à cette époque la capitale mondiale de l'orfèvrerie de l'or et l'argent, de la taille des diamants et de l'industrie du verre. D'autres origines géographiques sont néanmoins mentionnées dans les documents d'époque : des origines en Italie mais aussi en France ou Espagne, et occasionnellement en Bohème ou Allemagne. Dans le sud de l'Allemagne, en référence au folklore local des Berggeist (de) (esprits des montagnes), ces personnages légendaires sont parfois mentionnés comme Venedigermandl ou simplement Mandl, et à Thuringe comme Erzmännchen. Sources Christian Gottlieb Lehmann: Nachricht von Wahlen, Frankfurt/Leipzig 1764 (En ligne [archive]) F. Wrubel: Sammlung bergmännischer Sagen, 1883 Heinrich Schurtz: Der Seifenbergbau im Erzgebirge und die Walensagen, Stuttgart 1890 (En ligne [archive]) R. Cogho: Die Walen oder Venediger im Riesengebirge, 1898 Leo Winter: Die deutsche Schatzsage, Köln 1925 Rudolf Schramm & Helmut Wilsdorf : Venetianersagen von geheimnisvollen Schatzsuchern. Leipzig: VEB Deutscher Verlag für Grundstoffindustrie, 1. Aufl. 1986, 2. Aufl. 1987, 3. Aufl. 1990 LES BERGLEUTE Les Bergleute sont des créatures fantastiques du folklore germanique, décrits comme des nains. Ils sont mentionnés dès le xvie siècle, en Allemagne, dans les mines de diamant1. Les Bergleutes (appelés aussi « petit peuple de la montagne » et « petits hommes de la montagne », ou Bergmännchen) sont apparus pour la première fois dans le folklore germanique, mais se sont rapidement répandus dans tout le folklore d'Europe de l'Ouest. Ils y sont décrits comme un peuple de nains mineurs. Ils sont gais, généreux, pacifiques et travailleurs. Ils prennent notamment soin des animaux blessés, des vagabonds et des enfants perdus dans la forêt. Comme les nains de Blanche-Neige, ils vivent en communauté dans de jolies chaumières forestières, situées près de la mine où ils travaillent. On signale leur présence principalement au xvie siècle, près des mines de diamant. Ces nains sont extrêmement liés aux minerais enfouis dans la terre. Ils peuvent en ressentir les émotions et dialoguer avec eux. La légende dit qu'un jour, un Bergmann nommé Nickel baptisa de son nom un minerai auquel il était très attaché. Symbolique En général, les Bergleutes symboliseraient le bon samaritain, l'adulte protecteur animé de bonnes intentions, voir les parents, à l'inverse du Grand méchant loup, de la belle-mère et de l'ogre qui représentent les adultes pervers, et le risque couru par les enfants imprudents. Source Pierre Dubois (ill. Claudine et Roland Sabatier), La Grande Encyclopédie des lutins (1re éd. 1992) [détail des éditions] p.17
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Coulées de lave de type AA, définition et photos. Partager RETOUR SOMMAIRE GLOSSAIRE Aa : [mot hawaïen] une coulée de lave basaltique à surface déchiquetée et scoriacée, irrégulière Synonyme Cheire. L'enclos Fouqué est la zone canalisant vers l'Est, la lave du Piton de la Fournaise. Au premier plan la lave "AA" rugueuse. Réunion - avril 2000, Janine et Gérard Thomas. Août 2004 coulée de type "AA" au Piton de la Fournaise. Août 2004, Jean Perrin. Source : Banque nationale de photos en SVT : http://www2.ac-lyon.fr/enseigne/biologie/photossql/photos.php Centre de Documentation et de Diffusion sur le Volcanisme CDDV : http://www.cddv.net/ RETOUR SOMMAIRE GLOSSAIRE
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Etain armoricain, le district minier de Montbelleux. L'ETAIN ARMORICAIN Par Yves LULZAC, ancien géologue minier du BRGM Article paru dans Mines & Carrières N° 196 - octobre - 2012 (Hors série) avec l'aimable autorisation de l'auteur PROVINCE NORD ARMORICAINE Retour au sommaire DISTRICT DE MONTBELLEUX Il concerne les communes de Luitré, la Selle-en-Luitré, Dompierre-du-Chemin et Parcé dans le département d’Ille-et-Vilaine. De la wolframite, et accessoirement de la cassitérite, avaient été signalées dès 1846 dans l’arrondissement de Fougères par Bertin et Maupillé, puis redécouvertes en 1903 sur la butte de Montbelleux en Luitré par Fernand Kerforne, alors chargé de conférence à la Faculté des Sciences de Rennes (F. Kerforne, 1926). Depuis, des travaux de recherche et d’exploitation se sont succédés de 1907 à 1983, tout d’abord centrés sur la wolframite (de 1907 à 1958), puis sur la cassitérite et la wolframite (de 1958 à 1983). Ces travaux ont porté sur deux gîtes primaires en roche dure, d’un type très original dans le cadre du Massif Armoricain puisque leur âge les place, non plus dans le cortège des granites hercyniens armoricains, mais dans une phase tardive de l’orogénie cadomienne datée d’environ 450 millions d’années. Ils sont intrusifs dans l’horizon schisteux briovérien (antécambrien) du bassin de Fougères. Le premier de ces gîtes primaires consiste en un faisceau de cinq filons quartzeux parallèles entre eux sur un front de 130 mètres de large et sur une extension longitudinale d’environ 300 mètres suivant une direction NE-SO. Ils sont essentiellement wolframifères. Leur puissance n’excède guère les 50 centimètres et ils se trahissent sur la surface topographique par une belle nappe d’éboulis qui aurait pu attirer le regard des anciens prospecteurs, mais sans pour autant retenir leur attention puisque la cassitérite y est toujours très rare, sinon inexistante. Le second gîte primaire se présente sous la forme d’une lame de granite plus ou moins greisenisé dans sa masse et parcouru par une multitude de veinules quartzeuses minéralisées en wolframite et cassitérite en proportions à peu près égales. Cette lame, longue d’environ 300 mètres et d’une largeur moyenne de 30 mètres se situe sur le prolongement nord-est du faisceau wolframifère. En surface, le granite plus ou moins arénisé n’offre aucun affleurement naturel susceptible d’attirer le regard. Cependant, à l’époque de sa redécouverte, quelques dépressions en forme d’entonnoir, peu profondes et encombrées de débris quartzeux, y avaient été remarquées. Elles furent considérées comme des exploitations antiques d’étain bien que l’on n’ait jamais recueilli d’autres vestiges pouvant étayer cette hypothèse. Leur ancienneté demeure très discutable et elles pouvaient très bien correspondre à de petites exploitations d’arène granitique, matériau autrefois très utilisé dans certains travaux de maçonnerie, à condition de le débarrasser de ses éléments grossiers. D’ailleurs, il faut remarquer que la tranche affleurante de ce granite altéré ne fournit qu’une cassitérite de granulométrie fine et difficilement visible à l’œil nu, mais dont la teneur peut quand même atteindre les 600 g/m³ au maximum. Néanmoins, s’il s’agit bien d’une ancienne exploitation minière, la quantité de cassitérite extraite n’aurait probablement pas dépassé la tonne. A environ 2 km au sud-est de cet ensemble, d’autres structures filoniennes minéralisées en cassitérite et arsenopyrite ont été découvertes récemment dans le massif granitique de Dompierre. Il s’agit d’un large faisceau de veinules quartzeuses localisé près du village des Quatre Sillons, ainsi que de filons mieux individualisés et plus puissants qui recoupent la bordure nord-est du granite non loin des villages du Souchay et du Montoger. La cassitérite n’y est jamais abondante. Très peu visibles en surface, ces formations semblent avoir échappé au regard des anciens prospecteurs. De même, aucune trace de travaux antiques ou modernes n’a été remarquée dans les alluvions déposées autour de la butte de Montbelleux. Ces formations, bien étudiées au moyen de nombreux sondages profonds, se sont toujours révélées très pelliculaires, de faible volume, et très peu minéralisées en cassitérite. Ce dernier point demeurant parfaitement compréhensible quand on connaît l’étroitesse et la pauvreté en surface de leur unique source primaire. De nos jours, l’exploitation épisodique des deux gisements de Montbelleux n’a finalement produit qu’une quarantaine de tonnes de cassitérite et 230 tonnes de WO³. Par contre, les réserves calculées récemment ne supportent aucune comparaison puisqu’on les estime à plus de 5 000 tonnes d’étain métallique, et plus de 7 000 tonnes de WO³ à teneurs considérées comme économiques à l’heure actuelle (Y. Lulzac, 1986). Since 04-09-2021 Retour au sommaire
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Etain Breton, les districts miniers de Questembert. L'ETAIN ARMORICAIN Par Yves LULZAC, ancien géologue minier du BRGM Article paru dans Mines & Carrières N° 196 - octobre - 2012 (Hors série) avec l'aimable autorisation de l'auteur PROVINCE SUD ARMORICAINE Retour au sommaire DISTRICT DE QUESTEMBERT Ce district couvre l’étroit massif granitique de Grandchamp-Allaire dans le Morbihan, allongé selon une direction ONO-ESE sur une extension d’environ 50 km ; On le divisera en deux secteurs de superficie équivalente : 1. Le secteur de Limerzel Il concerne la moitié orientale du massif granitique et doit son originalité à ses nombreuses minéralisations stannifères primaires de nature plus variée que celles du district voisin de Lizio. Les filons quartzeux, plus rares et moins puissants, sont ici largement dominés par des veinules ou lentilles tourmalinifères localement très riches en cassitérite, ainsi que par des filons aplitiques et pegmatitiques potassiques parfois de grande taille mais moins minéralisés. Les formations quartzeuses stannifères admettent ici une paragénèse sulfurée localement cuprifère (traces de stannite). Mis à part les filons ou lentilles d’aplite ou de pegmatite qui peuvent encore apparaître en relief sur la surface topographique actuelle, les autres formations minéralisées ne sont visibles qu’à la faveur d’affleurements artificiels. Aussi n’est-il pas surprenant que les anciens prospecteurs d’étain ne les aient pas remarquées ni exploitées. Par contre, il n’en est pas de même pour ce qui concerne les alluvions qui en dérivent puisque deux sites d’exploitation ancienne et de traitement de minerai ont été mis en évidence en 1970 au moyen de sondages profond. Le premier se situe dans le vallon du Temple, près du village de la Vieille Ville sur la commune de Limerzel. Ici, la partie amont du vallon est recouverte, sur une extension longitudinale d’environ 150 mètres et sur une largeur d’une vingtaine de mètres, par une couche de tourbe d’un mètre d‘épaisseur. Sous ce couvert végétal repose un niveau de gravillon peu argileux, plus ou moins mélangé de terre et de charbon de bois en proportion assez importante. La concentration à la batée d’un échantillon issu de ce contexte particulier a également fourni, outre de la cassitérite non exploitée, de nombreux fragments de scories ainsi que des globules d’étain métallique plus ou moins recouverts d’une patine d’altération blanche ou jaune. Une datation radiocarbone réalisée sur le charbon de bois a révélé un âge moyen 1090 AD (950-1290 AD), soit compris entre la fin du haut Moyen Age et la moitié du Moyen Age central (analyse GIF 1679 du 9 juillet 1970). Le second site, localisé sur la bordure du vallon de Kerdoret, à 900 mètres au nord-est du premier, a révélé, sous une couverture argileuse de plus d’un mètre d’épaisseur, un niveau de graviers et d’arène granitique contenant des scories de couleur brunâtre associées à de minuscules globules d’étain métallique. On imagine que l’exploitation a surtout concerné la partie axiale du vallon mais, contrairement au cas précédant, aucune trace sur la surface topographique actuelle ne permet d’en deviner l’existence ni d’en évaluer l’ampleur. Le manque de charbon de bois n’a pas permis de réaliser la datation de ce site. Comme toujours, il est très difficile de se faire une opinion sur la quantité de cassitérite extraite par les Anciens dans cette région de Limerzel. Si l’on admet que le vallon du Temple a pu fournir 500 kg de minerai et si l’on reporte ce bilan sur le réseau hydrographique actuel de même type, c’est-à-dire sur une vingtaine de vallons secs ou peu arrosés dont la longueur cumulée serait de l’ordre de 4 km, la production de minerai aurait pu approcher les 10 tonnes, soit environ 7 tonnes d’étain métallique. Dans l’état actuel des connaissances, le potentiel stannifère encore présent dans les alluvions atteindrait les 1 000 tonnes mais avec des teneurs largement inférieures à 500 g/m³. Cependant, le bassin de la rivière Trévelot en Limerzel serait susceptible à lui seul de fournir un potentiel de 750 tonnes de cassitérite à teneur économique (Y. Lulzac, 1970). Il convient également de signaler sur la butte de Quily, en amont du vallon de Trévelot et à une altitude de 91 mètres, un placage de sables marins pliocènes épais de 3 à 4 mètres, dont la base présente une accumulation de cassitérite pouvant atteindre localement 1 kg/m³. Ce niveau enrichi ne semble pas avoir été découvert par les Anciens. En aval, non loin du village du Temple, la cassitérite que l’on découvre dans un autre niveau pliocène épais de 1,5 à 3 mètres, reste par contre dispersée dans la masse du sable en proportion voisine de 200 g/m³. Le potentiel de ce gîte marin a été évalué à une dizaine de tonnes de cassitérite. 2. Le secteur de Grandchamp-Questembert Il concerne la moitié occidentale du massif granitique en débordant largement ses limites méridionales sur un domaine de granites feuilletés, de micaschistes et de quartzites. Ici, les gîtes primaires stannifères, moins nombreux que dans le secteur précédent, se cantonnent dans le type filonien quartzeux de faible puissance, ou bien aplitique dans une moindre mesure. Le plus important de ces gîtes se trouve à 2 km au sud-ouest du bourg de Questembert, près du village de Bobertho. Déjà connu avant la mise en place du B.R.G.M. en Bretagne, ce gîte s’annonce en surface par une nappe d’éboulis de quartz et de cassitérite noire en fragments centimétriques ou plus, qui s’étale sur une superficie d’au moins 5 hectares. Cette abondance apparente de cassitérite semble ne pas avoir échappé aux anciens prospecteurs car une petite excavation y était encore visible en 1972. Etudié par tranchées et sondages profonds, ce gîte se présente sous la forme d’un faisceau de filons aplitiques accompagné sur son parcours par quelques filons ou lentilles quartzeuses parallèle entre eux sur un front d’une cinquantaine de mètres. Malheureusement, ils ne se sont pas révélés aussi stannifères que les éboulis de surface le laissaient espérer. C’est probablement ce qui a incité les Anciens à limiter l’emprise de leurs travaux à seulement quelques centaines de m². Plus vers l’ouest, au-delà de la limite méridionale du massif granitique, quelques éboulis quartzeux minéralisés en cassitérite ont été découverts sur les communes de la Vraie Croix, de Tréffléan et de Saint-Nolff. Il s’agit d’indices très ponctuels dont l’enracinement n’a jamais été localisé d’une manière précise. De nombreux sondages profonds ont été effectués dans l’horizon alluvial de la plupart des vallons situés au sud de la ligne de crête Tréffléan-Questembert. Ils ont confirmé l’omniprésence de la cassitérite mais dans des proportions telles que toute découverte d’anciens travaux d’exploitation semble très improbable dans la plupart des cas. A l’exception peut-être du vallon de Kervily dans sa partie amont, non loin du bourg de la Vraie Croix, où un sondage profond exécuté en 1970 a livré quelques scories dont la nature exacte reste douteuse. En effet, une activité liée à l’extraction et au traitement du minerai de fer semble avoir existé dans cette région, plus particulièrement au lieu-dit " la Ferrière " sur la commune de Tréffléan. Actuellement, le potentiel représenté par ces vallons minéralisés à faible teneur, dont la longueur cumulée peut être estimée à une douzaine de km, serait de l’ordre de 370 tonnes de cassitérite. Since 24-09-2021 Retour au sommaire
- Améthyste et citrine | mineralogie.club | GEMTECHLAH | F. Notari
L’améthyste et la citrine synthétiques sont très présentes sur le marché des gemmes. La spectroscopie infrarouge permet de reconnaître les synthèses issues de germes plats, mais pas celles obtenues à l’aide de germes d’habitus naturels. Elle n’est, de plus, pas une technique accessible à tous. L’observation microscopique des échantillons placés en immersion, entre deux polariseurs croisés reste la technique la plus efficace. Remerciements à Franck Notari directeur de GEMTECHLAB qui m'a confié ce document en 2001. Discrimination des améthystes et des citrines naturelles et synthétiques. Franck NOTARI, Candice GROBON, Pierre-Yves BOILLAT Laboratoire GEMTECHLAB, Genève, SUISSE - gemtechlab@bluewin.ch Résumé L’améthyste et la citrine synthétiques sont très présentes sur le marché des gemmes. La spectroscopie infrarouge permet de reconnaître les synthèses issues de germes plats, mais pas celles obtenues à l’aide de germes d’habitus naturels (fig. 10. 10 bis, 23). Elle n’est, de plus, pas une technique accessible à tous. L’observation microscopique des échantillons placés en immersion, entre deux polariseurs croisés reste la technique la plus efficace. Cette méthode nécessite toutefois une bonne compréhension de la structure cristalline du quartz (fig. 1 -7) afin d’interpréter correctement les figures d’interférence mises en évidence(fig. 21.22). En effet, certaines figures (rhomboèdre mineur des quartz naturels, macles du Dauphiné ou figures de stress des quartz naturels et synthétiques) peuvent prêter à contusion. L’observation fine, alliant l’appréhension tridimensionnelle de la structure interne, mise en évidence par ces figures, permet la discrimination des améthystes et citrines naturelles / synthétiques dans la quasi-totalité des cas. ± 1 à 3 % des individus nécessiteront l’usage de la spectrométrie infrarouge. Avant-propos L’améthyste et la citrine synthétiques sont très “présentes” sur le marché des gemmes, et le faible coût de ces matières n’incite pas toujours à les faire vérifier par les laboratoires. Leur reconnaissance ne nécessite pas obligatoirement de faire appel à des techniques d’analyse sophistiquées. L’observation microscopique des figures optiques, tenant compte du contexte cristallographique, permet dans la majorité des cas de les identifier. Quelques cas justifieront le recours à la spectroscopie infrarouge. Structure du quartz Le quartz a, dioxyde de silicium (Si02), présente une structure dans laquelle chaque atome de silicium est entouré de 4 atomes d’oxygène, avec un angle de 144° entre deux liaisons adjacentes O-Si-O. Ces cinq atomes forment un tétraèdre et la maille élémentaire du cristal est composée de l’association de trois tétraèdres en prisme losangique. Ces tétraèdres SiO4. reliés par leurs sommets, s’empilent en hélice droite ou gauche selon un axe de symétrie d’ordre 3. Environnement cristallographique Le quartz a cristallise dans le système trigonal (ou rhomboédrique), en hémiédrie holoaxe (32). lI présente donc quatre axes de symétrie (un d’ordre 3 et trois d’ordre 2 qui lui sont perpendiculaires et forment entre eux des angles de 120°). Dans ce système, l’axe optique est parallèle à l’axe de symétrie d’ordre 3. Sa forme la plus commune combine le prisme (allongé parallèlement à l’axe “c”), et le rhomboèdre, Ainsi, le cristal présente souvent une (ou deux) terminaison pyramidale (fig. 1) formée par l’association de deux rhomboèdres de même inclinaison et tournés de 60° l’un par rapport à l’autre, appelés rhomboèdre majeur ou positif (faces “r “ (1011)) et rhomboèdre mineur ou négatif (faces “z“ (0111)). Le rhomboèdre majeur apparaît soit seul, soit avec des faces plus développées que celles du mineur. Fréquemment, de fines stries perpendiculaires à l’allongement du cristal peuvent apparaître sur les faces “m” du prisme (1010). La structure optique des améthystes fut décrite dès 1821 par Sir David Brewster et fut interprétée (Frondel. 1962) comme la résultante de la présence de lamelles alternées de quartz droits “R” (right) et gauches “L” (left). Elles sont arrangées parallèlement aux faces terminales “r” ou “t (Fig. 2). Elles engendrent une activité optique due au pouvoir rotatoire du cristal, gauche lorsque les hélices de tétraèdres s’enroulent à droite et inversement. Pour voir ces figures d’interférences, il faut que la pierre soit observée avec des polariseurs croisés, parallèlement à son axe optique. Ces macles font que ces lamelles apparaissent en lumière polarisée comme de fines stries, et forment des structures polygonales. Elles donnent une apparence zébrée aux fractures qui les traversent. C’est dans le rhomboèdre majeur (“r”) que sont présentes ces macles polysynthétiques dites “du Brésil” ou macles optiques, auxquelles peuvent s’ajouter les macles du Dauphiné, alors qu’une seule limite de macle (macles “t) est observable dans chaque région “t. Quelques rares cristaux naturels ne présentent pas ces caractéristiques. Ces lamelles “R” et “L” sont séparées par des bandes d’extinction ou franges de Brewster (Fig. 3), d’environ un tiers de la longueur d’une bande gauche ou droite. A l’observation, dans un liquide d’indice proche ou équivalent, lorsque le polariseur et l’analyseur sont croisés, celles-ci apparaissent comme des franges noires car la lumière qui se déplace selon l’axe optique traverse alors autant de quartz “R” que de “L”, et matérialisent ainsi les surfaces continues de jonction des macles polysynthétiques (interpénétration, McLaren & Pitkethly, 1982) (Fig. 4). Ces franges sont donc confinées au rhomboèdre majeur. Les citrines naturelles obtenues par chauffage des améthystes, présentent ces mêmes caractéristiques. A propos de la couleur Dans l’améthyste, la couleur violette est due à la présence de Fe4+ (par transfert de charge O2- ->Fe4+, Fritsch et Rossman, 1988), en substitution du silicium, et interstitiel (ou dispersé). Ce sont les radiations ionisantes naturelles qui produisent des centres colorés en transformant le Fe3+ en Fe4+. On observe que la couleur est souvent concentrée dans les secteurs de croissance “r” et disposée en séries de fines bandes sombres parallèles à “r” et occasionnellement aux faces ‘z’. Cela est confirmé par Schlâssin & Long (1965) qui ont trouvé que c’est dans les franges de Brewster que le fer serait présent de préférence. Pour McLaren & Pitkhetly, (1982), les impuretés de fer sont concentrées, dans les macles du Brésil, le long de l’axe “c. Les clichés ci dessus (fig. 5 et 6) confirment ce fait. McLaren et Pitkhetly (1982) ainsi que Koivula et Fritsch (1989) proposent que la présence de fer soit la cause de la formation des plans de macles polysynthétiques. Plus précisément, nous pensons que cette formation est directement liée à la quantité de fer présent. Par exemple, les améthystes de couleur pâle comme celles de Vera Cruz, Mexique, sont très souvent dépourvues de macles dans la zone du rhomboèdre majeur ou Y’, or leur teneur en fer est proche de celle des rhomboèdres mineurs des améthystes de l’Altiplano, pour une intensité de couleur voisine. Dans les améthystes synthétiques, la couleur est obtenue en laboratoire par irradiation pour transformer le Fe3+ en Fe4+. On observe que les zonations de couleur sont généralement moins marquées, ou n’apparaissent que comme des nuances de violet clair et sombre. La couleur des citrines peut avoir des causes multiples. Généralement elle est reliée à l’absorption du Fe3+, sous diverses formes. Dans quelques cas, les citrines sont colorées par des défauts cristallins probablement reliés à AI3+ avec en général une couleur moins saturée. Pour les citrines issues d’améthystes chauffées, on trouve du Fe2+ interstitiel, ou sous forme d’amas, dans lesquels o lieu un transfert de charge 02- ->Fe3+. Elles ne sont quasiment plus dichroïques (comm. pers. B. Lasnier, 1996). Dans les citrines synthétiques, on rencontre des particules d’oxydes de fer, du Fe3+ interstitiel dans le site [FeO4]- et du Fe2 interstitiel. Chez les amétrines, on observe la couleur améthyste dans le rhomboèdre majeur et la couleur citrine dans le rhomboèdre mineur (plus grande concentration de fer dans les zones jaunes orangées que dans les violettes, Vasconcelos et al., 1994). lI y o vraisemblablement une relation encore inexpliquée entre la présence d’eau et la couleur des améthystes et des citrines. Par exemple elle est présente, de préférence sous forme d’eau moléculaire H20, dans les zones citrines et sous forme d’ion OH- dans les zones améthystes (Aines et Rossman, 1986). Méthode de reconnaissance L’observation des figures d’interférences permet de reconnaître efficacement la majorité des améthystes et des citrines naturelles. Ces gemmes sont généralement taillées dans les terminaisons rhomboédriques des cristaux, qui sont les zones les plus colorées. Ces zones présentent les franges de Brewster du rhomboèdre majeur, ou les interférences des zones du “Dauphiné” (macle de 1800 par rapport à l’axe “c" de deux quartz gauches ou de deux quartz droits), et celles que l’on rencontre en bordure des rhomboèdres mineurs. Ces interférences sont dues à un stress mécanique ou à une nucléation indépendante pendant la croissance (ces deux types d’interférences peuvent également être dues à un traitement thermique). Les améthystes et citrines synthétiques produites sur germes plats (croissance en translation avec absence d’alternance rotatoire) ne présentent pas les figures d’interférences du rhomboèdre majeur et très rarement celles de la macle du Dauphiné ou des stress du rhomboèdre mineur. Seules les franges de Brewster caractérisent l’origine naturelle des améthystes et des citrines. Quand ces macles sont présentes dans un quartz synthétique, elles apparaissent alors sous une forme irrégulière, en “pointe de flèche” ou en “flamme”, en général unique, simple ou multiple. Pour Crowningshield et al. (1986), c’est l’angle aigu de ces macles qui permet de les distinguer de celles des pierres naturelles qui forment des angles caractéristiques de 60° ou 120°. Cette interprétation est discutable, car certaines figures d’interférences (du rhomboèdre mineur ou des zones du Dauphiné) dans des quartz naturels (Fig. 7) peuvent prendre l’aspect des figures des synthèses, montrées par Crowningshield. Koivula et Fritsch (1989) ont démontré que ces figures de stress sont communes aux améthystes naturelles et synthétiques. Ces figures se distinguent de celles du rhomboèdre majeur par leurs couleurs du premier ordre, mais présentent parfois des couleurs plus vives (ordre supérieur). Les cas de figure d’améthystes et de citrines naturelles dont le volume s’inscrit uniquement dans les régions du rhomboèdre mineur, non énantiomorphe, sont plus délicats et nécessitent parfois le recours à la spectroscopie infra-rouge “FTIR” ou “DRIFT”. Toutefois, on y observe des “franges de formes” (figures d’interférences dépendantes de la taille de la pierre) qui sont bien moins cohérentes et ne montrent pas une déclinaison spectrale aussi régulière que celle des synthèses (Fig. 8-9) qui présentent un rythme d’étalement des couleurs depuis le centre de la pierre jusqu’à son bord, en épousant assez précisément les contours de ce dernier. Les clichés ci-contre montrent une améthyste chauffée, dite citrine, taillée. Dans le rhomboèdre mineur (Fig. 8). Seule une petite figure d’interférence de stress apparaît. Les « franges de forme” ne sont pas précisément en corrélation avec la taille de la gemme comme le sont celles du quartz synthétique de CEI (Fig. 9). Synthèse prismatique En 1994, l’un d’entre nous à obtenu à Moscou des synthèses de quartz, d’un type nouveau à l’époque. Il s’agit de cristaux prismatiques hexagonaux à terminaisons rhomboédriques, formés sur des échantillons naturels en guise de germes. Cela permet la formation de cristaux d’aspect ‘naturel”. Les cristaux d’améthyste, de citrine et d’amétrine mesurent jusqu’à 4 [cm] et sont en général purs sur le dernier tiers (Fig. 10— 10 bis). Les groupes possèdent les suspentes habituelles(Fig. 11— 12). Le problème du prisme Contrairement à l’opinion la plus répandue (K. Schmetzer, 1989), l’absence de figures d’interférences n’indique pas forcément une origine synthétique. Indépendamment des considérations sur le rhomboèdre mineur, les rares améthystes de couleur pâle, taillées dans des cristaux d’habitus prismatiques ne montrent souvent pas de figures d’interférences, et se révèlent alors in distinguables, en observation polarisée, des synthèses à germes plats comme on peut le voir sur ce cliché d’une section de cristal Figures d’interférences des synthèses prismatiques En lumière polarisée, leur aspect général est confus, tant au niveau du prisme que du rhomboèdre, contrairement aux quartz naturels et autres synthèses. On n’observe pas de macles polysynthétiques bien définies, mais des macles du Dauphiné et des macles du rhomboèdre mineur (Fig. 15 à 20). Ces deux derniers types de figures peuvent parfois pénétrer considérablement dans la gemme (Fig. 17). Lorsque l’axe d’observation est parfaitement parallèle à“C”, on peut observer des zones de couleurs interférences présentent alors les couleurs du premier ordre. Ces figures ne correspondent pas à l’aspect de plans de macles polysynthétiques tout au moins dans leur forme linéaire, car l’aspect coloré et ponctuel des zones du rhomboèdre majeur de certains échantillons pourrait laisser supposer un ensemble de micro domaines disposés aléatoirement (effet mosaïque) (Fig. 18-20). Dans la zone du rhomboèdre majeur, ces synthèses sont similaires aux cristaux de Vera Cruz, les zones de macles optiques sont visibles en raison de leur coloration, mais sans franges de Brewster (Fig. 17). On notera que les zones citrines des amétrines ont tendance à former des “patchs’ et à s’ordonner le long du prisme, selon les faces "r" du rhomboèdre. Figures des améthystes et citrines synthétiques Dans les synthèses à germes plats, on n’observe pas de franges de Brewster, mais uniquement des franges de forme, très colorées, larges et occupant uniformément toute la surface de la gemme. Ces figures épousent exactement les formes de la pierre. Lorsque l’on s’éloigne de l’axe optique, en “tiltant” la pierre, ces figures subsistent longtemps au cours de la rotation. De même, le déplacement des figures n’est pas simultané avec celui de la gemme, elles sont indépendantes, ce qui n’est pas le cas dans le quartz naturel. Fig. 21 - a: améthyste synthétique, CEI, b: citrine synthétique, CEI. Immersion, pol.∋, ǀǀ⇢∡~ c. Figures observées dans les améthystes et citrines naturelles L’évolution des figures d’interférences du quartz naturel se voit clairement, sur deux axes de rotation. Les macles polysynthétiques s’estompent progressivement, sans se déplacer, laissant place àdes reliquats “fantômes”. Les trois derniers clichés de la série ‘a” montrent, sur le bas de la pierre, des figures de frange qui peuvent rappeler celles du quartz synthétique. Lors de la rotation de l’échantillon, les “franges de forme” s’estompent plus rapidement que dans les quartz synthétiques. Fig. 22 - a et b: Améthyste naturelle chauffée dite citrine, Brésil. Immersion, pol.∋, ǀǀ⇢∡~ c. Considérations sur la spectrométrie infrarouge du quartz : formes naturelles – synthétiques La spectrométrie infrarouge est une technique approprier pour aider à la distinction entre quartz naturels et synthétiques issus de germes plats (Zecchini et Smaali, 1999). Mais avant de traiter des critères utilisés, il est bon de rappeler brièvement quelques généralités sur cette technique et sur l’origine physique des pics et bandes observés dans un spectre infrarouge de quartz. La spectrométrie infrarouge est une spectroscopie vibrationnelle, qui met en jeu des transitions entre différents états moléculaires. Nous sommes en présence de l’interaction entre une onde électromagnétique (en l’occurrence le faisceau infrarouge) et les différentes molécules, qui vibrent, de l’échantillon étudié. L’absorption infrarouge peut être comprise à l’aide du modèle dipolaire dans lequel, de façon simplifiée, la molécule possède un moment dipolaire -créé par les “centres de gravité” différents pour les charges négatives (électrons) et positives (noyau) — ayant des fréquences propres de vibration. Si la fréquence de l’onde incidente (faisceau infrarouge) est égale à celle d’une vibration du matériau, l’onde incidente est absorbée. On obtient ainsi un spectre dit d’absorbance montrant des maxima correspondant aux énergies des vibrations des molécules présentes dans le matériau, en l’occurrence le quartz. L’analyse des vibrations du réseau dans le quartz montre, globalement, que les bandes d’absorption les plus fortes, qui se situent approximativement entre 950 et 1200 [cm-1], peuvent être attribuées aux vibrations antisymétriques d’étirement (“stretching vibrations”) des liaisons Si-O-Si et Si-O-(Al ou Li). Quant à la deuxième région de plus forte absorption, qui s’étend habituellement de 400 à 550 [cm-1], elle s’explique par des “flexions” (“bending vibrations”) de la molécule O-Si-O. Ces vibrations sont communes à tous les quartz, elles ne sont donc pas d’une grande utilité pour résoudre notre problème. Par contre, dans les quartz naturels et synthétiques, on retrouve une proportion variable de molécules SiOH, d’ions OH- et d’eau associés avec des métaux alcalins, ainsi que des atomes d’aluminium se substituant parfois au silicium. Ces diverses configurations vont donner lieu à des absorptions distinctes entre 3000 et 3700 [cm-1] (Bambauer et al. 1969), qui vont alors nous permettre de différencier les cas. P. Zecchini et M. Smaali ont proposé les critères exposés plus loin permettant de déterminer l’origine naturelle ou synthétique des quartz. Il faut toutefois noter que les spectres d’une même variété, par exemple améthyste, peuvent différer d’un échantillon à l’autre. Ces différences s’expliquent par des effets d’orientations du faisceau par rapport à l’échantillon, et probablement par de légères variations dans la composition chimique des échantillons étudiés (teneurs en eau, en alcalins et en fer). Les critères suivants se rapportent donc à des spectres infrarouges typiques d’une variété (citrine naturelle, synthétique), sans que ceux-ci soient toujours parfaitement reproductibles. P. Zecchini et M. Smaali ont publié les résultats principaux suivants: - L’absorption à 3595 [cm-’] a été observée dans la majorité des quartz naturels de toutes couleurs. - Dans le cas de l’améthyste, le triplet formé par les absorptions à 3585, 3595, 3612 [cm-’] est caractéristique des variétés naturelles. - Dans le cas de l’améthyste, l’absorption à3542 [cm-1] est observée dans les variétés synthétiques (→ solution fortement alcaline lors de la synthèse). - Si l’absorption est totale dès 3600 [cm-1], une reprise très nette de la transmission vers 3000 [cm-1] indique une origine naturelle pour les améthystes et citrines (le contraire indiquant une origine synthétique). Spectres Infrarouges des synthèses “prismatiques” Nous avons effectué les analyses sur 15 échantillons de quartz synthétique “prismatiques”, variétés: améthyste, citrine et amétrine. Les pierres ont été taillées en lames minces, perpendiculairement à l’axe ‘c”, dans la partie synthétique; les spectres effectués en transmission sont représentatifs du rayon ω. Ceux-ci ont été réalisés à température ambiante sur un spectromètre Nicolet Magna 560, avec une résolution de 2 [cm-1], et 200 scans. Ci-dessous, nous présentons un agrandissement des spectres infrarouges d’une améthyste et d’une citrine synthétiques “prismatiques”, ainsi que d’une améthyste synthétique à germe plat. Ces trois spectres présentent les différences relevées ici : - Le pic d’absorption à 3542 [cm-1], présent généralement dans les synthèses violettes issues de germes plats, n’existe pas dans les synthèses “prismatiques”. - L’agrandissement du spectre montre que l’améthyste synthétique “prismatique” présente un pic (épaule) à 3589 [cm-1], peu distinct dans les améthystes synthétiques issues de germes plats et dans les naturelles. - Le triplet à 3585, 3595 et 3612 [cm-1], jusqu’à présent caractéristique des variétés naturelles d’améthyste (Zecchini et Smaali, 1999), se retrouve dans les améthystes synthétiques “prismatiques”. Ces différences soulignent le caractère nouveau de ces synthèses de type “prismatique”, dont les caractéristiques analytiques diffèrent de celles des quartz synthétiques les plus courants sur le marché. Exemples de figures d'interférences Résumé Les améthystes et citrines synthétiques sont courantes dans le commerce des pierres, aussi il est intéressant de proposer des critères permettant de les différencier rapidement et efficacement des naturelles. Cette étude a présenté les deux méthodes principales, aboutissant à des critères de distinction valables : - La méthode microscopique, en immersion, entre polariseurs croisés. Cette technique nécessite la prise en compte de critères cristallographiques, cela est parfois délicat à mettre en œuvre, et implique une méthodologie précise. Par contre, elle ne requiert pas d'appareils onéreux. C'est certainement la méthode la plus efficace et la plus rapide. - La méthode spectroscopique, en infrarouge (FTIR). Cette méthode est utile, mais les critères méritent d'être développés, et les résultats sont à interpréter avec précaution. Preuve en sont les spectres infrarouges réalisés sur les synthèses de quartz "prismatique", qui remettent partiellement en question les critères de distinction jusqu'ici connus pour les formes naturelles et synthétiques. Il serait bon de réaliser une étude systématique sur des populations d'échantillons d'origine connue, avec spectres infrarouges orientés, de résolution élevée. Bibliographie - Balitsky V.S., Lu T., Rossman G.R., Makhina I.B., Mar'in A.A., Shigley - J.E., Elen S., Dorogovin B.A. (1999), Russian Synthetic Ametrine, Gems & Gemology, Summer 1999, pp - Bambauer H.U., Brunner G.O., Laves F. (1969), Light scattering of heat-treated quartz in relation to hydrogen-containing defects,am. Miner., 54, - Bariand P., Cesbron F., Geffroy,J. (1977), Les minéraux, leurs gisements, leurs associations, Ed. BRGM. - Bétekhtine A. (1968), Manuel de Minéralogie Descriptive, 3ème édition, Éd. Mir, Moscou, URSS. pp - Crowningshield R., Hurlbut C., Fryer C.W. 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Gemm., 21, pp - Vasconcelos P.M., Wenk H,-R. Rossman G.R. (1994), The Anahi Ametrine Mine, Bolivia, Gems & Gemology, Spring 1994, pp - Zecchini P., Smaali M. (1999), Identification de l'origine naturelle ou artificielle des quartz, Revue de Gemmologie A.F.G., n 138/139, décembre 1999, pp REMERCIEMENTS Les auteurs tiennent à remercier vivement pour leur aide attentive: Monsieur Emmanuel Fritsch, Professeur à l'Université de Nantes, Monsieur Bernard Lasnier, Professeur à l'Université de Nantes, Monsieur Bernard Clavel, géologue, Université Claude Bernard, Lyon, Monsieur Jean-Marie Boccard, gemmologue F.G.A., Genève. Laboratoire GEMTECHLAB 2, rue de Chantepoulet CH–1201 GENEVE, SUISSE Tél.: +412 2 731 58 80 Fax: +4122 732 56 61 e-mail: gemtechlab@bluewin.ch Crédit photographique: GEMTECHLAB, 1999 22 mai 2000
- mineralogie.fr|mise au point marcasites et pyrites|JJ Chevallier
MARCASITE... ANTIMYTHE & MISE AU POINT ... ! Remerciement aux professeurs André Holbecq et au Docteur en Physique et Cristallographe Lionel Robertson. Deux mises au point : La première peu-importante puisqu'il s'agit de l'orthographe d'un nom propre, Marcasite s'écrit normalement avec un seul S, mais la prononciation française autorise le second. Marcasite, que les collectionneurs appellent SPERKIESE ce sont ces cristaux en forme de fer de lance (sper= javelot kies= caillou en allemand)Le cap Blanc-nez Collection André Holbecq Pyrite de différentes origines, des sédiments de craies et argiles variées de Champagne, ou du Nord-ouest. Photo montage d'après une photo dans Géoforum. https://www.geoforum.fr/topic/1584-marcasite La seconde est très importante puisqu'il s'agit d'une énorme erreur que la majorité des collectionneur font. Les nodules globuleux que l'on trouve dans les sédiments calcaires des régions Champagne et Nord-ouest de la France sont pour la plus grande majorité des PYRITE. La formule chimique est la même FeS2, mais le système cristallin est différent, système cubique pour la pyrite, orthorhombique pour la marcasite. Je laisse la parole à André Holbecq éminent minéralogiste et géologue, professeur de SVT... " Ayant écrit plusieurs articles sur ce minéral (dont un très précis et illustré dans Minéraux&Fossiles N°321 en octobre 2003 pages 24 à 32) et interrogé des chercheurs spécialisés sur les sulfures de l'Université Jules Vernes à Amiens, il s'avère que ces nodules (ceux du Cap Blanc Nez) sont le plus souvent des pyrites. Tous les nodules fibroradiés du CBN analysés par Mr Philippe Larcher de l'Université de Picardie se sont avérés être de la pyrite! La confusion a sa source dans les écrits de Lacroix qui localise les nodules de marcasite à tort dans le Bas Boulonnais (erreur reprise dans les légendes des photos du dernier M&F de janvier indiquant le Cap Gris Nez, au lieu du Cap Blanc Nez sur des échantillons de l'Ecole des Mines, qui sont bien des marcasites mais mal localisées), Lacroix a aussi eu le tort d'écrire "ce minéral abonde dans toute la ceinture de craie cénomanienne": je ne suis pas d'accord sur le terme "abonde" car il prend tous les nodules pour de la marcasite mais ils sont en très grande majorité de la pyrite. Remarquez au passage qu'il s'autocontredit en parlant ici justement de la craie cénomanienne, laquelle constitue le HAUT Boulonnais pas le Bas boulonnais. dans le MINERALOGICAL RECORD de 1976 (7-4 179-181) le Belge Paul Tambuyser avait déjà résolu la question il y a donc 31 ans et même plus ( Tambuyser Plinke et Dillen :Pyrite or marcasite Geode 1974 , 64-79) !!! excusez du peu, chez les collectionneurs anglais, dans les livres anglais, on ne parle plus que de "pyrite aggregates"de Folkestone (falaise vis à vis du Cap Blanc Nez). Ce que les collectionneurs appellent SPERKIESE ce sont ces cristaux en forme de fer de lance (sper = javelot ; kies = caillou en allemand) qui caractérisent ces belles marcasites maclées, en nodules hérissés de cristaux orthorhombiques que l'on trouve au Cap Blanc Nez. J'ai personnellement pu observer sous fort grossissement à la loupe binoculaire, au centre de nodules fibroradiés, des cubes ou des octaèdres ou des "pyritoèdres" avec les faces [111], [100], [210] en ordre décroissant, tous spécifiques de la pyrite. Ces observation se font aussi au microscope électronique: aucun doute sur les cristaux de pyrite! Les "rayons" des nodules de pyrite du CBN suivent la sélection géométrique selon la direction [001]. "Il a été fréquemment montré que les soi disantes nodules de marcasite des sédiments de craies et argiles variées actuels sont de la pyrite" citation selon e.g.Ramdohr et Strunz 1967 - Vochten et Geys 1974. "La morphogénèse de tels nodules est probablement analogue à celle des nodules du Cap Blanc Nez". Un autre détail permettant d'identifier une marcasite ce sont les "brachydômes" e3,e1,striés parallèlement à pg1 (voir Données des principales espèces minérales par Fichesser Société de l'Industrie des Mines). Je recommande le N° spécial Extra Lapis N°11 où page 14 sous une photo de nodule radié de Campagne il est écrit: "Kein Marcasit, sondern Pyrit ! la confusion ne persiste qu'en France... alors qu'on se le dise !" D'après certains collectionneurs il semblerait que nos amis belges fassent la même confusion, comme beau coup lisent ce site espérons que cette mauvaise habitude disparaitra en Belgique aussi. Bibliographie sur le sujet... Ramdhor et Strunz 1967, Vochten et Geys 1974, Paul Tambuyser dans Mineralogical Record de juillet-août 1976 sur la distinction entre ces deux espèces, extraLapis n°11, 1996, "Pyrit und Markasit" pp.10-15, Règne Minéral N°25, janvier 1999, pp29 à 41, André Holbecq, N°321, 2003, de Minéraux et fossiles, pp. 24-32 Marcasite, macle sperkiese Cap Blenc-Nez, Pas de Calais, France Photo Mindat Since 01-06-2021
- mineralogie.club|classement des minéraux-origine organique|JJ Chevallier
Ce groupe ne compte que quelques rares minéraux cristallisés. On y trouve aussi les hydrocarbonés, asphaltes, charbon, pétrole, gaz, bitumes etc. dont les compositions chimiques extrêmement complexes font qu'ils sont considérés comme des roches. Partager RETOUR SOMMAIRE CLASSEMENT COMPOSÉS ORGANIQUES Ce groupe ne compte que quelques rares minéraux cristallisés. On y trouve aussi les hydrocarbonés, asphaltes, charbon, pétrole, gaz, bitumes etc. dont les compositions chimiques extrêmement complexes font qu'ils sont considérés comme des roches. On n'y mettra jamais fin mais voilà l'anti-mythe... L'ambre classée traditionnellement ici n'est pas un minéral ! En 2016, l'Association internationale de minéralogie (IMA) reconnait : dix minéraux d'hydrocarbures ; dix minéraux organiques divers ; 21 oxalates ; et plus de 24 autres sels d'acides organiques. Cependant, Robert Hazen et ses collègues ayant analysé les espèces connues de minéraux contenant du carbone à l'aide d'une technique statistique appelée modèle du grand nombre d'événements rares (LNRE), prédisent qu'au moins 145 de ces minéraux n'ont pas encore été découverts. De nombreux minéraux organiques non découverts pourraient être liés à des espèces connues par diverses substitutions de cations. Hazen et al. prédisent qu'au moins trois autres cristaux de hydrocarbures aromatiques polycycliques (pyrène , chrysène et tétracène ) devraient avoir une forme minérale. Il existe 72 oxalates synthétiques connus, mais certains pourraient être présents dans la nature, en particulier à proximité d'organismes fossiles. Pour encourager la découverte de plus de minéraux carbonés, le Deep Carbon Observatory a lancé une initiative connue sous le nom de Carbon Mineral Challenge. Hydrocarbures Comme leur nom l'indique, les minéraux d'hydrocarbures sont entièrement composés de carbone et d'hydrogène. Certains ont des formes inorganiques de composés d'hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) comme la carpathite (karpatite ou pendletonite) un minéral rare fait de coronène presque pur. La carpathite se dépose sous forme de flocons jaune pâle dans des fissures entre la diorite (une roche ignée ) et l'argilite (une roche sédimentaire) ; il est prisé pour sa belle fluorescence bleue sous la lumière ultraviolette . Parmi d'autres exemples le composé HAP fluorène a sa forme minéralisée : la kratochvilite ; et le composé anthracène , la ravatite,,. D'autres minéraux sont des mélanges de plusieurs composés HAP : la curtisite contient du dibenzofluor, du picène et du chrysène , tandis que les composants les plus courants de l'idrialite sont les tribenzofluorènes. Une théorie concernant leur formation propose le scénario de l'enfouissement des composés HAP jusqu'à ce qu'ils atteignent une température pyrolytique , suivi d'un transport hydrothermal vers la surface, au cours duquel la composition des minéraux qui précipitent dépend de la température. Une théorie concernant leur formation propose le scénario de l'enfouissement des composés HAP jusqu'à ce qu'ils atteignent une température pyrolytique , suivi d'un transport hydrothermal vers la surface, au cours duquel la composition des minéraux qui précipitent dépend de la température. Source Wikiwand L'OR NOIR Acceuillez les visiteurs du site avec une introduction courte et attrayante. Double-cliquez ici pour ajouter votre texte. Voir la page sur les charbons RETOUR SOMMAIRE CLASSEMENT Voir la page sur le pétrole RETOUR SOMMAIRE CLASSEMENT
- Omphacite | mineralogie.club| JJ Chevallier
Autrefois il y avait deux sortes de Jade, la Néphrite et la Jadéite, des découvertes de la boratoire on permis d'y ajouter l'Omphacite. "OMPHACITE" Très souvent appelé " Jade Omphacite ." Textes inspirés de : Lorsque l'on emploie le nom Jade pour un minéral uniquement composé d’Omphacite, y-a-il tromperie, ou doit-on dire « Jade Omphacite » . Certaines jadéite peuvent contenir de l’Omphacite dans des proportions allant de 80 à 20%, c’est là toute l’ambiguïté. Généralement , distinguer l’omphacite de la jadéite nécessite une analyse avancée du spectre Raman, car les deux minéraux partagent de nombreuses similitudes. Quand les chercheurs du GIA ont commencé à collecter des spectres Raman sur chaque morceau de Jade qui passait par le laboratoire ils ont constaté que si la plupart des échantillons étaient effectivement de la Jadéite, un nombre surprenant était de l’Omphacite. Des pièces dont les propriétés gemmologiques étaient absolument identiques à la Jadéite – apparence, couleur, texture, etc. – ont été identifiées comme Omphacite. Même certaines pièces de belle qualité avec l’apparence et les caractéristiques de la Jadéite birmane entraient dans cette catégorie. Le Jade Omphacite a également été approuvé par les minéralogistes chinois / hongkongais qui l’ont accepté comme « Fei Cui », un terme utilisé pour décrire la Jadéite finement texturée. Les Jades Omphacite ne sont donc pas des Jadéites factices ou des imitations. L’Omphacite est un silicate, classe des inosilicates, groupe des pyroxène, sous-groupe des clinopyroxènes, dont les variétés massives vertes son très souvent appelées Jade Omphacite. Omphacite vient du grec ὄμφαξ -ómphax « raisin vert » en raison de la couleur. Découverte en 1915 dans les roches métamorphiques de Mönchsberg en Franconie, Bavière, Allemagne. Sa composition est intermédiaire entre les pyroxènes ferromagnésiens et calcique comme le Diopside, l’Augite et la Jadéite riche en Na (sodium). C'est le minéral dominant des éclogites. On en trouve aussi dans les schistes bleus, et les xénolithes de la kimberlite. C'est à partir de 2012, que l'on s'est aperçu que de très nombreux Jade Jadeite contenaient de l'Omphacite lors d'analyses Raman*. Depuis Alexi Damour (1808-1902), l’appellation" Jade " n'a été utilisé qu'en référence à la Jadéite ou Néphrite , mais depuis quelques années, le terme « Jade » s'est ouvert pour englober d’autres variétés minérales, tesls que « Mao Sit Sit » et Jade Omphacite. On a d’abord considéré que le titre de Jade ne pouvait être accordé qu’avec une proportion minimale de 20% de Jadéite dans la variété minérale. Depuis les laboratoires GIA et Gubelin s’accordent pour accepter que l’Omphacite, à condition qu’elle soit verte pouvait être commercialisés sous le nom de «Jade Omphacite » ou simplement « Jade ». En outre, les gemmologues chinois ont fait valoir que l’Omphacite, comme le Kosmochlor (un autre pyroxène), devraient être inclus avec la Jadéite dans la définition de "Fei Cui", un terme chinois traditionnel pour le Jade de Jadéite (p. ex., Ou Yang, 2006) Omphacite qualité Jade. Voici un texte publié à l'époque par le GIA. Gemmological Institut of America LA QUESTION SUR LA NOMENCLATURE JADÉITE/OMPHACITE Shane F. McClure (smcclure@gia.edu) GIA, Carlsbad L’Omphacite et la jadéite ont longtemps été considérées comme facilement séparées par des tests gemmologiques standard (Deer, Howie et Zussman, 1974) . L’omphacite a généralement été considérée comme un matériau vert foncé à noir avec des propriétés optiques plus élevées. Cependant, une chaîne d’événements au laboratoire de Carlsbad du GIA nous a amenés à remettre en question cette croyance. Cette courte note est destinée à décrire la situation, les efforts que nous faisons pour la comprendre plus en profondeur et la politique actuelle du laboratoire concernant ces pierres. Les matériaux Jadéite et omphacite sont membres d’un grand groupe de minéraux formant des roches appelés pyroxènes. Ces minéraux forment ce que les minéralogistes appellent une série de solutions solides. Les membres de la série, bien qu’ils soient tous liés les uns aux autres, sont en fait des minéraux différents en fonction des changements de chimie et / ou de structure. Dans ce cas, la formule chimique de la jadéite est : Cela signifie que parfois les frontières entre les membres peuvent devenir indistinctes, non pas d’un point de vue minéralogique, mais d’un point de vue pratique. La situation Cette étude a commencé avec un cabochon vert dans un bijou soumis au laboratoire de Carlsbad au début de 2012. L’identité de la pierre a été remise en question par un gemmologue du personnel, même si elle a été testée gemmologiquement comme Jadéite (indice de réfraction 1,66, lignes chromées et une ligne de 437 nm dans le spectroscope du modèle de bureau), car la structure semblait légèrement différente de la normale, avec un aspect un peu plus granulaire. Pour ceux d’entre nous qui ont de nombreuses années d’expérience, la différence n’était pas notable, car nous savons que la structure de la Jadéite peut varier quelque peu dans son apparence. Cependant, le gemmologue, qui n’avait pas cette idée préconçue, a fait un spectre Raman de la pierre pour confirmer son identification. Grande surprise, le spectre Raman ne correspondait pas à la jadéite. C’était cependant une très bonne correspondance pour l’Omphacite, selon les spectres de référence de la base de données RRUFF. Ces spectres de référence peuvent être considérés comme très fiables, car l’identité de chaque spécimen RRUFF est confirmée par l’analyse par diffraction des rayons X. L’analyse chimique par EDXRF a également soutenu la conclusion. Les pierres de ces boucles d’oreilles ont l’apparence, la couleur et les propriétés gemmologiques de la jadéite de qualité fine. Cependant, l’analyse Raman a montré qu’ils étaient en fait de l’Omphacite. Ce résultat a amené à se demander combien de pierres qui ressemblent à de la Jadéite et testées comme de la Jadéite sont en fait de l'Omphacite. Nous avons commencé à collecter des spectres Raman sur chaque morceau de jade qui est passé par le laboratoire et avons constaté que si la plupart des morceaux étaient effectivement de la jadéite, un nombre surprenant étaient de l’omphacite. Plus nous regardions, plus nos observations devenaient intéressantes. Les pièces dont les propriétés gemmologiques étaient absolument identiques à celles de la jadéite – apparence, couleur, texture, RI, SG et spectres d’absorption – ont été identifiées comme omphacites par leurs spectres Raman. Même certaines pièces de haute qualité avec l’apparence et les caractéristiques de la jadéite birmane entraient dans cette catégorie. Cela nous a laissé avec la question: Comment appelons-nous ces pierres? Un gemmologue utilisant des méthodes de test standard ne peut pas les séparer. Nous menons des recherches pour savoir si cet événement est le résultat de la découverte de nouveaux matériaux ou s’il remonte à beaucoup plus loin, peut-être même à l’époque où la jadéite a été décrite pour la première fois il y a plus d’un siècle (Damour, 1863). Et maintenant? Toutes les pierres qui semblent être de la Jadéite passent par le laboratoire sont testées avec la spectroscopie Raman et d’autres méthodes. Comme indiqué précédemment, beaucoup plus de données et de recherches sur cette question sont à venir. Nous reconnaissons l’importance de ce sujet et l’impact potentiel sur un très grand marché. Dans le même temps, il est important d’aborder la façon dont ces pierres seront traitées dans nos rapports. Pour le moment, nous voyons trois options: 1. Appelez ces pierres omphacites, selon leur nom minéralogique. 2. Élargir la définition « gemmologique » de la Jadéite pour inclure le pyroxène qui est testé comme Jadéite en utilisant des techniques gemmologiques standard. Cela résoudrait le problème que la plupart des gemmologues auraient en ne pouvant pas séparer ces pierres sans les soumettre à un laboratoire, mais la nomenclature serait incompatible avec leur minéralogie. 3. Élargir le terme Jade pour englober plus de minéraux que la Jadéite et la Néphrite, y compris les pierres que l’on teste gemmologiquement comme Jadéite mais qui sont en fait de l’omphacite. De telles pierres seraient appelées Jade omphacite. Il existe un précédent pour la troisième option (p. ex., Adamo et coll., 2006). En outre, les gemmologues chinois ont fait valoir que l’omphacite, ainsi que le kosmochlor (un autre pyroxène), devraient être inclus avec la Jadéite dans la définition de Fei Cui, un terme chinois traditionnel pour le Jade de Jadéite (p. ex., Ou Yang, 2006). Les laboratoires du GIA adoptent la troisième option, et nos rapports font maintenant référence à l’omphacite qui a les propriétés gemmologiques et l’apparence de la Jadéite comme le Jade omphacite. Cela semble être la ligne de conduite la plus raisonnable, et nous croyons que les recherches à venir appuieront cette décision. Pour être clair, le laboratoire n’utilisera le terme « Jade omphacite » que pour les matériaux verts qui correspondent aux critères mentionnés ci-dessus. L’utilisation de ce terme pour d’autres couleurs d’omphacite n’est pas envisagée pour le moment. Références Adamo I., Pavese A., Prosperi L., Diella V., Ajo D., Dapiaggi M., Mora C., Manavella F., Salusso F., Giuliano V. (2006) Caractérisation du Jade omphacite de la vallée du Pô, Piémont, Italie. Journal of Gemmology, vol. 30, no 3/4, p. 215-226. Damour A. (1863) Notice et analyse sur le Jade vert: Reunion de cette matiere minerale a la famille de Wernerites. Comptes Rendus Hebdomadaires des Séances de l’Académie des Sciences, vol. 56, p. 861-865. Deer W.A., Howie R.A., Zussman J. (1974) An Introduction to the Rock-Forming Minerals, 7e éd., Longman, Londres, Royaume-Uni, p. 138 Ou Yang C.M. (2006) The development of Fei Cui’s study in China. Actes de la première conférence internationale sur les pierres précieuses et les bijoux, Institut de gemmologie de Thaïlande, Bangkok, 6-9 décembre 2006, p. 44. A lire à propos des Jades du Piedmont en Italie. Un artcle de Caroline Tran-Vinh (1), Franco Manavella (2) et Franco Salusso (3) 1 FGA, eurojade@orange.fr 2 Via Pinerolo, 10060 Macello, Turin, Italie 3 Via Papa Giovanni XXXIII 11, 10060 Bricherasio, Turin, Italie https://www.eurojade.fr/fr/jadeite-italie
- Saint Gildas | mineralogie.club | Y Lulzac - JJ Chevallier
Etain armoricain, le district minier de Saint Gildas. L'ETAIN ARMORICAIN Par Yves LULZAC, ancien géologue minier du BRGM Article paru dans Mines & Carrières N° 196 - octobre - 2012 (Hors série) avec l'aimable autorisation de l'auteur PROVINCE NORD ARMORICAINE Retour au sommaire DISTRICT DE SAINT GILDAS De nombreux indices de cassitérite et de wolframite ont été découverts en liaison avec le grand linéament nord-armoricain sur sa traversée du massif granitique de Quintin dans sa partie orientale. Les minéralisations stannifères observées dans le réseau hydrographique de cette région n’offrent jamais de concentrations très importantes, excepté dans le vallon du Liscouet, sur la commune de Saint-Gildas (Côtes d’Armor), où l’on a observé des teneurs pouvant atteindre et même dépasser localement les 5 kg/m³ de cassitérite. Bien qu’ayant une dimension modeste, ce dépôt alluvial a fait l’objet d’une étude complète au moyen de sondages profonds qui ont révélé un potentiel minier d’une cinquantaine de tonnes de cassitérite. Aucune trace d’exploitation ancienne n’a été observée dans ce contexte alluvial ni sur les autres dépôts connus dans ce district pour être également stannifères (Y. Lulzac, 1968). Les gîtes primaires à l’origine de cette cassitérite détritique ont été localisés et explorés au moyen de nombreux travaux superficiels et profonds. Il s’agit en général de poches ou filons greisenisés de faible volume, ou de filons quartzeux plus ou moins lenticulaires dont la puissance ne dépasse guère les 10 à 20 centimètres pour une extension longitudinale d’une dizaine de mètres, mais pouvant se relayer sur quelques centaines de mètres (J. Walter, 1964). Les minéraux utiles consistent en cassitérite et wolframite généralement peu abondantes et difficilement visibles sur les éboulis de surface qui jalonnent les gîtes primaires en place. Il est donc fort probable, sinon certain, que ces minéralisations discrètes aient échappé aux anciens prospecteurs d’étain. Since 04-09-2021 Retour au sommaire
- Le Soleil | mineralogie.club | JJ Chevallier
NOTRE ETOILE... LE SOLEIL UN PILIER MOTEUR POUR NOTRE PLANETE À lui seul, le Soleil représente environ 99,86 % de la masse totale du Système solaire (Bahcall et al., 2001). Cette étoile de type naine jaune (G2V) est constituée principalement d’hydrogène (≈ 74 %) et d’hélium (≈ 24 %), avec des traces d’éléments lourds. Chaque seconde, le soleil transforme 700 millions de tonnes d'hydrogène, H, en 696 millions de tonnes d'hélium, He. Sa structure interne comprend : Noyau : siège des réactions de fusion nucléaire (≈ 15 millions K). Zone radiative : transfert d’énergie par rayonnement. Zone convective : mouvements de plasma qui alimentent la dynamique magnétique. Photosphère : surface visible (≈ 5 800 K). Couronne : atmosphère externe, paradoxalement beaucoup plus chaude (≈ 1 à 3 millions K), phénomène encore mal expliqué (Klimchuk, 2006). Visitez la page "Etoiles", Ici , pour plus d'informations Cycle solaire et activité magnétique Contrairement à l’idée d’une stabilité absolue, le Soleil présente un cycle d’activité d’environ 11 ans, marqué par des variations du nombre de taches solaires et des éruptions (Hathaway, 2015). Ces phénomènes sont liés à la dynamo solaire, générée par la rotation différentielle et les mouvements convectifs du plasma. Éruptions solaires et éjections de masse coronale. Lors des phases actives, des éruptions solaires libèrent d’énormes quantités d’énergie sous forme de rayonnements (UV, rayons X) et de particules chargées (protons, électrons, noyaux atomiques). Les éjections de masse coronale (CME) peuvent transporter des milliards de tonnes de plasma à des vitesses supérieures à 1 000 km/s (Webb & Howard, 2012). Qu’est-ce qu’un cycle solaire ? Le cycle solaire correspond à la variation périodique de l’activité magnétique du Soleil, observée principalement par le nombre de taches solaires à sa surface. Sa durée moyenne est d’environ 11 ans, mais elle peut varier entre 9 et 14 ans. Caractéristiques principales Minimum solaire : période où le nombre de taches est très faible, le Soleil apparaît calme. Maximum solaire : période où les taches solaires sont nombreuses, accompagnées d’éruptions et d’éjections de masse coronale (CME). Inversion du champ magnétique : à chaque cycle, la polarité magnétique du Soleil s’inverse, ce qui fait qu’un cycle complet magnétique dure 22 ans (cycle de Hale). Origine du cycle Le cycle est lié à la dynamo solaire, un mécanisme interne généré par : La rotation différentielle du Soleil (plus rapide à l’équateur qu’aux pôles). Les mouvements convectifs du plasma dans la zone convective. Ces phénomènes créent et modulent le champ magnétique solaire. Impact sur la Terre et les technologies La magnétosphère terrestre constitue un bouclier efficace contre la majorité des particules solaires. Cependant, les plus énergétiques peuvent : Menacer la santé des astronautes en dehors de la protection terrestre. Perturber les satellites et les systèmes de navigation (GPS). Provoquer des tempêtes géomagnétiques, responsables de pannes électriques majeures (ex. événement de Carrington, 1859). La compréhension et la prévision de ces phénomènes sont cruciales pour la météorologie spatiale. Impacts économiques et technologiques des tempêtes solaires Les tempêtes solaires et les CME peuvent avoir des conséquences majeures sur les infrastructures technologiques et l’économie mondiale : Réseaux électriques Les courants induits saturent les transformateurs et peuvent provoquer des pannes généralisées. Un événement extrême pourrait causer des pertes économiques de plusieurs centaines de milliards de dollars (National Research Council, 2008). Satellites et navigation Les particules énergétiques endommagent les composants électroniques des satellites, perturbent les systèmes GPS et augmentent les coûts de maintenance. Communications et Internet Les tempêtes solaires peuvent affecter les câbles sous-marins et les systèmes de transmission longue distance, entraînant des interruptions de services Internet. Une étude récente évoque un risque de panne mondiale d’Internet en cas d’événement extrême (Abdu Jyothi, 2021). Transport aérien et spatial Les compagnies aériennes doivent parfois modifier leurs trajectoires pour éviter les zones de forte radiation, ce qui augmente les coûts. Les astronautes sont particulièrement vulnérables aux doses élevées de rayonnement. Missions d’observation et recherche Plusieurs missions spatiales visent à élucider les mécanismes solaires : Picard (CNES, 2010) : étude de la structure interne et des variations du rayon solaire. Parker Solar Probe (NASA, 2018) : exploration de la couronne solaire pour comprendre son chauffage extrême et l’origine du vent solaire (Fox et al., 2016). Solar Orbiter (ESA, 2020) : observation rapprochée des pôles solaires et du champ magnétique. Questions ouvertes Malgré les avancées, des énigmes persistent : Pourquoi la couronne solaire est-elle beaucoup plus chaude que la photosphère ? Quels mécanismes déclenchent les éruptions majeures ? Comment améliorer la prévision des tempêtes solaires pour protéger nos infrastructures ? Bibliographie Bahcall, J. N., Pinsonneault, M. H., & Basu, S. (2001). Solar Models: Current Epoch and Time Dependences, Neutrinos, and Helioseismological Properties. The Astrophysical Journal, 555(2), 990–1012. Fox, N. J., et al. (2016). The Solar Probe Plus Mission: Humanity’s First Visit to Our Star. Space Science Reviews, 204(1–4), 7–48. Hathaway, D. H. (2015). The Solar Cycle. Living Reviews in Solar Physics, 12(1), 4. Klimchuk, J. A. (2006). On Solving the Coronal Heating Problem. Solar Physics, 234(1–2), 41–77. Webb, D. F., & Howard, T. A. (2012). Coronal Mass Ejections: Observations. Living Reviews in Solar Physics, 9(1), 3. National Research Council. (2008). Severe Space Weather Events—Understanding Societal and Economic Impacts. The National Academies Press. Abdu Jyothi, S. (2021). Solar Superstorms: Planning for an Internet Apocalypse. ACM SIGCOMM. Pulkkinen, A., et al. (2017). Space Weather Effects on Power Grids. In Space Weather Fundamentals. LE SOLEIL VU PAR LE SATELLITE SDO Le satellite Solar Dynamics Observervatory fêtait ses 5 années d'observations en 2015, voici une vidéo de la NASA, d'observations parmi les plus spectaculaires... La surface du Soleil Comme on ne l'avait encore jamais vue ! Situé à Haleakala, sur l'île de Maui à Hawaï, le télescope terrestre, DKIST, Daniel K. Inouye Solar Télescope nous offre ses premières images du Soleil. D'une finesse encore jamais atteinte elle nous permettent de distinguer des détail de 30 km sur une étoile de 1 400 000 km de diamètre. La connaissance de notre astre va beaucoup s'améliorer grâce à ce nouveau télescope. La vidéo YouTube nous montre les mouvements de convections encore jamais observés. Premières images du Soleil acquises par le télescope solaire Daniel K. Inouye, récemment mis en service. © National Science Foundation Image plus détaillée jamais vues de la surface du Soleil. Elles ont été acquises par le télescope terrestre Daniel K. Inouye Solar Telescope (DKIST) lors de ses premières lumières. © NSO/AURA/NSF Des cellules de convection en perpétuel mouvement Ce que l'on voit, ce sont les cellules de convection qui constituent la surface du Soleil. Elles mesurent plus ou moins 1.000 kilomètres de diamètre et sont en perpétuelle évolution. Elles se déforment, apparaissent et disparaissent au gré des mouvements qui se produisent sous la surface du Soleil et qui conduisent le gaz le plus chaud à remonter de l'intérieur de l'étoile en surface. Mise à jour 20 -12 - 2025
- géologie|dynamique interne de la Terre|Jean Jacques Chevallier
La dynamique interne de la Tere est le moteur de la tectonique des plaques, dérive des continents qui modifie la géographie physique du globe. THERMODYNAMIQUE INTERNE DE LA TERRE & TECTONIQUE DES PLAQUES La thermodynamique interne de Terre, plus souvent appelée dynamique, est essentiellement liée à la déperdition de chaleur due à la désintégration de certains éléments radioactifs. (voir la page consacrée à la chaleur interne de la Terre) . C’est elle qui engendre la géodynamique interne que sont les mouvements et mécanismes qui déplacent les continents , la tectonique des plaques. ( voir la page consacrée à le tectonique des plaques et la paléogéographie) . VOIR LA PAGE STRUCTURE INTERNE DE LA TERRE Structure interne de la Terre. Clic pour agrandir VOIR LA PAGE CHALEUR INTERNE DE LA TERRE THERMODYNAMIQUE INTERNE & PLAQUES TECTONIQUES. Les plaques tectoniques flottent sur le manteau. Le manteau n’est pas liquide, ce n’est pas un magma liquide comme les laves que nous voyons s’écouler des volcans. car les minéraux qui s’y trouvent, malgré les très hautes températures subissent une très forte pression qui les empêche de fondre, ils forment donc un milieu visqueux qu’il est difficile d’imaginer. Sur le diagramme suivant on voit l’augmentation de température et de pression dans la profondeur. La température de fusion augmente avec la pression. C’est pourquoi on des minéraux solide dans les roches du manteau. La bridgmanite représente plus du tiers des roches de la terre, mais elle n'existe que dans le manteau inférieur. C’est un silicate de magnésium et de fer très abondant dans le manteau terrestre, de formule (Mg,Fe)SiO3. Sur le diagramme suivant, l’on peut voir que la courbe de température de fusion de ce minéral est beaucoup plus élevée que la température moyenne à toutes les profondeurs, ce qui explique que cette roche reste solide. LA CONVECTION Définition en physique : C'est un transport de chaleur dans un corp déformable, par déplacement de molécules. La chaleur fait vibrer les atomes, elle se transmet par conduction, d'une molécule à l'autre, en dilatant sa masse volumique devenant ainsi plus légère. La poussé d'Archimède est le moteur de la convection, les molécules froide donc plus lourdes s'enfonce sous l'effet de la gravité et poussent les plus légères, chaudes vers le haut. Située dans un milieu interplanétaire froid, la Terre est un corp chaud. Ainsi, depuis 4,55 milliards d'années, depuis sa formation, elle se refroidit en évacuant sa chaleur produite constamment par la désintégration de ses éléments radioactifs vers l'extérieur. Son refroidissement est très lent. Source : https://edu.obs-mip.fr/convections/ Comme expliqué sur la page structure de la Terre, celle-ci est composées de trois partie, la croûte située en surface, très fine, relativement froide et solide, le manteau et le noyau. En ce qui concerne le fonctionnement mécanique des roches, le manteau supérieur est est formé par deux régions concentriques avec des caractéristiques thermiques et mécaniques distinctes : la lithosphère, comprenant la croûte et le manteau supérieur, elle est très rigide et relativement froide, l'asthénosphère, plus chaude et légèrement moins rigide, elle est capable de se déformer avec des échelles de temps très importantes. C'est dans cette partie que la convection intervient Le manteau inférieur peut également se déformer. Les très lents mouvements de convection du manteau visqueux (quelques centimètres par an), provoqués par la chaleur, générée par la désintégration des éléments radioactifs (voir ici), déplacent les plaques qui entrent en collision, les remontées de magma provoquent la création de croûte. La lithosphère est formée de fragments qui flottent sur l'asthénosphère plastique, ils se déplacent à des vitesses variables, quelques centimètres par an et dans des directions différentes. Cette dynamique entraîne des mouvements de : - coulissage, failles. Là où une plaque se déplace plus vite dans une région que dans la région voisine, il y a rupture de cette plaque, on appelle cela une limite transformante, il n'y a ni perte de matière, ni construction ; - divergence, dorsales et rifts. Là où il y a une remontée de magma, les plaques divergent (s'éloignent), il y a création de croûte ; - de subduction, fosses de subduction et arcs volcaniques, lorsqu'il y a collision entre deux plaques qui convergent l'une vers l'autre, l'une est plongée dans le manteau qui la "digère", il y a destruction de croûte. La convection, dynamique de la croûte terrestre. Clic pour agrandir Thermodynamique des plaques tectoniques Clic pour agrandir Clic pour agrandir Les plaques tectoniques. Clic pour agrandir ILLUSTRATIONS UTILES Cliquez pour agrandir Mouvements de plaques.
- St Dolay | mineralogie.club | Y Lulzac - JJ Chevallier
Etain armoricain, le district minier de Saint Dolay. L'ETAIN ARMORICAIN Par Yves LULZAC, ancien géologue minier du BRGM Article paru dans Mines & Carrières N° 196 - octobre - 2012 (Hors série) avec l'aimable autorisation de l'auteur PROVINCE SUD ARMORICAINE Retour au sommaire DISTRICT DE SAINT DOLAY Ce district est axé sur la lame de granite orienté et mylonitisé de Saint-Dolay-Nivillac. Quelques filons et filonnets quartzeux tourmalinifères à cassitérite peu abondante y ont été découverts, à la faveur d’affleurements artificiels, au cœur de la lame granitique ainsi qu’au-delà de sa limite nord, dans les schistes chloriteux encaissants. Trop peu minéralisés et trop dispersés, ils ne semblent pas avoir attiré l’attention des anciens prospecteurs. Les alluvions qui en dérivent renferment localement des concentrations non négligeables de cassitérite, mais inégalement distribuées au sein d’un contexte perturbé évoquant une ancienne tentative d’exploitation minière. Par exemple dans le vallon du Pont-Neuf, non loin à l’ouest du bourg de Saint-Dolay où, sous une couche de vase et de tourbe épaisse de 0,5 à 1 mètre, des graviers minéralisés alternent d’une manière anarchique avec des poches de sable très peu argileux. Le potentiel stannifère actuel de ce dépôt se monte à environ 50 tonnes de cassitérite à teneur inférieure à 400 g/m³ (A ; Allon, 1975). 2. Le secteur de Grandchamp-Questembert Il concerne la moitié occidentale du massif granitique en débordant largement ses limites méridionales sur un domaine de granites feuilletés, de micaschistes et de quartzites. Ici, les gîtes primaires stannifères, moins nombreux que dans le secteur précédent, se cantonnent dans le type filonien quartzeux de faible puissance, ou bien aplitique dans une moindre mesure. Le plus important de ces gîtes se trouve à 2 km au sud-ouest du bourg de Questembert, près du village de Bobertho. Déjà connu avant la mise en place du B.R.G.M. en Bretagne, ce gîte s’annonce en surface par une nappe d’éboulis de quartz et de cassitérite noire en fragments centimétriques ou plus, qui s’étale sur une superficie d’au moins 5 hectares. Cette abondance apparente de cassitérite semble ne pas avoir échappé aux anciens prospecteurs car une petite excavation y était encore visible en 1972. Etudié par tranchées et sondages profonds, ce gîte se présente sous la forme d’un faisceau de filons aplitiques accompagné sur son parcours par quelques filons ou lentilles quartzeuses parallèle entre eux sur un front d’une cinquantaine de mètres. Malheureusement, ils ne se sont pas révélés aussi stannifères que les éboulis de surface le laissaient espérer. C’est probablement ce qui a incité les Anciens à limiter l’emprise de leurs travaux à seulement quelques centaines de m². Plus vers l’ouest, au-delà de la limite méridionale du massif granitique, quelques éboulis quartzeux minéralisés en cassitérite ont été découverts sur les communes de la Vraie Croix, de Tréffléan et de Saint-Nolff. Il s’agit d’indices très ponctuels dont l’enracinement n’a jamais été localisé d’une manière précise. De nombreux sondages profonds ont été effectués dans l’horizon alluvial de la plupart des vallons situés au sud de la ligne de crête Tréffléan-Questembert. Ils ont confirmé l’omniprésence de la cassitérite mais dans des proportions telles que toute découverte d’anciens travaux d’exploitation semble très improbable dans la plupart des cas. A l’exception peut-être du vallon de Kervily dans sa partie amont, non loin du bourg de la Vraie Croix, où un sondage profond exécuté en 1970 a livré quelques scories dont la nature exacte reste douteuse. En effet, une activité liée à l’extraction et au traitement du minerai de fer semble avoir existé dans cette région, plus particulièrement au lieu-dit " la Ferrière " sur la commune de Tréffléan. Actuellement, le potentiel représenté par ces vallons minéralisés à faible teneur, dont la longueur cumulée peut être estimée à une douzaine de km, serait de l’ordre de 370 tonnes de cassitérite. Since 24-09-2021 Retour au sommaire
- mineralogie.club|PDF
Partager Législation CODE MINIER partie législative Version à jour au 19-06-2021 Cliquez l'image ci-dessus pour télécharger le PDF. MERCI AUX CONTRIBUTEURS ! Gemmologie 17-10-2019 Nicolas Franckfort a publié ce PDF sur Facebook Un ancien classeur de l'AFG avec 48 diapositive d'inclusions de synthétiques, la plus part de Gubelin, Scannées et mises en pdf pour ceux qui sont intéressés. Merci à Nicolas Franckfort. 22-02-2019 Thierry Pradat et Emmanuel Fritsch m'ont fait parvenir ce PDF Superbe étude bien détaillée, bien imagée sur le SAPHIR traité HPHT. Merci à Didier Albert et à tous les participants des laboratoires concernés. Since 01-06-2021
- géologie|volcans|qu'est-ce qu'un volcan|JJ Chevallier
Phénomènes géologiques nés dans les profondeurs de la Terre, les volcans sont caractérisés par leur formes et leur type d'éruption. QU'EST-CE QU'UN VOLCAN ? Partager C’est un phénomène géologique issue de la remonté de magma, sous forme d’éruption, à la surface de la croûte terrestre. Les volcans se produisent soit en surface, soit au fond des océans. Ce sont des phénomènes complexes construits par des successions d’éruptions. Le mot volcan est issu du latin « Vulcanus », le nom de Vulcain, le dieu romain du feu. En 2018 on compte 1511 volcans actifs sur la Terre, dont une soixantaine fait éruption chaque année. Depuis vingt ans, le nombre de volcans actifs augmente et les éruptions sont plus nombreuses. La vulcanologie ou volcanologie est la science qui étudie les phénomènes liés aux volcan, ces phénomènes sont appelés le volcanisme. Les vulcanologues par leurs études des phénomènes recherchent à prévoir les risques liés aux éruptions. Types de volcans Il existe deux types généraux de volcans : Les volcans explosifs : leurs éruptions sont des explosions projetant une lave pâteuse et des nuées ardentes de cendres brûlantes formées de colonnes pliniennes ou de coulées pyroclastiques. Ils sont le plus souvent issus de la subduction ; Les volcans effusifs : leurs éruptions sont moins violentes d’où s’écoule une lave très fluide. Volcans de points chauds, ils sont le plus souvent sous marins sur les dorsales océaniques. Types d'éruptions volcaniques Structures des volcans L'ensemble des structures des volcans Le réservoir à magma qui est alimenté par le manteau terrestre est appelé « les chambres magmatiques » situées à une profondeur de quelques centaines de mètres et à plusieurs dizaines de kilomètres dans la lithosphère. Le magma remonte de la chambre magmatique à la surface par « la cheminée » qui traverse la croûte et le cône d’accrétion. Le cône d’accrétion se forme par le dépôt de la lave lors des éruptions il est formé de couches de laves refroidies. Au sommet du cône là ou débouche la cheminée il y a le cratère. Des cheminées secondaires peuvent partir de la cheminée principale ou de la chambre magmatiques elles débouchent dans des petits cônes secondaires ou cônes adventifs. Fissures latérales, elles se produisent gonflement du cône lors d’éruption, elles émettent de la lave sous forme de fontaines alignées. On distingue trois formes principales de structures volcaniques Lorsque la surface de l’étendue du volcan est très supérieure à sa hauteur comme dans le cas des volcans effusifs à laves fluides ont parle de volcans boucliers ou volcans plats. Lorsque la hauteur est prédominante due à la forte viscosité des laves on parle de stratovolcans qui sont les volcans aux éruptions explosives. Dans les dorsales, la fissure de la croûte terrestre laisse s’écouler du magma sur toute sa longueur on parle donc de volcans de dorsale ou de fissure. Il faut distinguer deux types de volcans de fissures dorsale océanique trapp Il ne fut pas oublier deux formes très différentes qui sont : Les caldeiras rhyolitiques du type Yellowstone où il n’y a pas de structure éminente. Les champs volcaniques monogéniques aux structures multiples cônes de scories qui sont des champs de fissures isolées les unes des autres. On notera toutefois que des cas de mélange de formes existent. Par exemple l’Etna est un stratovolcan posé sur un volcan bouclier. Dans Volcanoes of the World, Tom Simkin et Lee Siebert listent 26 types morphologiques de volcans. Coupe d'un volcan N’oubliez pas de consulter la page Glossaire des volcans...! Monsieur Haroun Tazieff 8 choses à savoir sur les Volcans... La suite sur la page Volcan II POUR NOS GEOLOGUES EN HERBE LES VOLCANS Inclus : un poster recto verso ! Jacques-Marie Bardintzeff Collection : Mille et un docs 7,95 € À partir de 6 ans La tectonique des plaques, les différents types de volcans, les éruptions les plus incroyables, les roches volcaniques… ce documentaire regroupe toutes les informations à connaître sur la volcanologie. Écrit par un expert du domaine, cet ouvrage propose un panorama complet et richement illustré de l'un des phénomènes naturels les plus époustouflants de notre planète. Feuilleter le livre Commander le livre Plonge au centre de la Terre à la découverte des volcans ! Grâce aux magnifiques photographies de ce documentaire, tu voyageras à travers le monde pour découvrir les différents volcans de notre planète. Magma, lave en fusion, bombes et cendres volcaniques… Tous les mystères de la volcanologie te seront révélés.
- Explosion de la caldeira de Yellowstone | mineralogie.club
Réponse à la question d'une lycéenne qui s'inquiète de la probabilité de l'explosion de la caldeira de Yellowstone aux Etats-Unis. A PROPOS DE LA PROBABILITE D'UNE EXPLOSION DE LA CALDEIRA DE YELLOWSTONE . . . " Dernièrement une jeune lycéenne de 15 ans, " Catherine " élève en seconde, m'a posé la question de savoir qu'elle est la probabilité de l'explosion de la caldeira de Yellowstone et ses conséquences." Je me suis souvenu avoir lu un article dont j'avais fait une fiche qui m'a permis de lui répondre très rapidement, comme ce n'est pas la première fois que l'on me pose des questions sur Yellowstone, notamment après mon voyage sur les lieux en 2015. Je pense que ma fiche plus récente répondra aux questions que certains se posent. Le magma sous Yellowstone beaucoup plus important que prévu... Le magma sous le parc national de Yellowstone est 2,5 fois plus important que ce qui avait été estimé précédemment, ce qui signifie que le super volcan du parc a le potentiel d’entrer en éruption avec une force environ 2 000 fois celui du mont St. Helens en 1980, selon une nouvelle étude. (Voir en fin de page un lien vers les caractéristiques de l'explosion du Mont Ste Hélène) En mesurant les ondes des secousse sismiques, les scientifiques ont pu cartographier la chambre magmatique sous la caldeira de Yellowstone avec une longueur de 88 km, a déclaré l’auteur principal Jamie Farrell de l’Université de l’Utah. La chambre mesure 29 km de large et s’étend à des profondeurs de 4 500 m à 14 500 m miles sous la terre, a-t-il ajouté. Yellowstone est un volcan actif. Les caractéristiques de surface telles que les geysers et les sources chaudes sont des résultats directs du volcanisme sous-jacent de la région. Crédit : National Park Service Cela signifie qu’il y a suffisamment de matériaux volcaniques sous la surface pour correspondre à la plus grande des trois éruptions du super volcan au cours des 2,1 derniers millions d’années, a déclaré Farrell. La plus grande explosion – la première du volcan – était 2 000 fois plus importante que l’éruption du mont St. Helens en 1980 dans l’État de Washington. Une explosion cracherait de grandes quantités de matériaux volcaniques dans l’atmosphère, qui feraient le tour de la planète, a-t-il déclaré. « Ce serait une catastrophe mondiale. Il y aurait beaucoup de destruction et beaucoup d’impacts dans le monde entier. » La dernière éruption de Yellowstone s’est produite il y a 640 000 ans, selon l’US Geological Survey. Pendant des années, les observateurs qui suivent les essaims de séismes sous Yellowstone ont prédit que la caldeira était en retard pour entrer en éruption. Farrell rejette cette hypothèse, affirmant qu’il n’y avait pas assez de données pour estimer le moment de la prochaine éruption. « Nous croyons qu’il y aura une autre éruption, nous ne savons tout simplement pas quand ». « Il y a suffisamment d’instruments pour surveiller l’activité sismique de Yellowstone que les scientifiques connaîtraient probablement bien à l’avance s’il y avait une activité inhabituelle et que le magma se déplaçait vers la surface. » « Un grand tremblement de terre à Yellowstone est beaucoup plus probable qu’une éruption volcanique », a déclaré Jamie Farrell. Le tremblement de terre de magnitude 7,5 du lac Hebgen, dans le sud-ouest du Montana, a tué 28 personnes en 1959. Eric Christiansen, professeur de géologie à l’Université Brigham Young, a déclaré que l’étude de Farrell et du professeur Bob Smith de l’Université de l’Utah est très importante pour comprendre l’évolution des grands volcans tels que celui de Yellowstone. « Cela nous aide à comprendre le système actif », a-t-il déclaré. « Ce n’est pas au point où nous devons nous inquiéter d’une éruption imminente, mais chaque information dont nous disposons nous préparera à cette éventualité. » D’après l’étude publiée dans la revue Science . Juillet 2021... La Terre gronde à nouveau sous le parc national de Yellowstone, avec des essaims de plus de 1 000 tremblements de terre enregistrés dans la région en juillet 2021, selon un nouveau rapport de l’US Geological Survey (USGS). Il s’agit de la plus grande activité sismique que le parc ait connue en un seul mois depuis juin 2017, lorsqu’un essaim de plus de 1 100 secousses a été enregistré dans la région, selon le rapport. Heureusement, ces tremblements étaient mineurs, avec seulement quatre secousses se mesurant dans la gamme de magnitude 3 (assez forts pour être ressentis, mais peu susceptibles de causer des dommages) – et aucun des tremblements ne signale que le super volcan sous le parc est susceptible d'une éruption, ont déclaré les sismologues du parc. « Bien que supérieur à la moyenne, ce niveau de sismicité n’est pas sans précédent et ne reflète pas l’activité magmatique », selon le rapport de l’USGS. « Si l’activité magmatique était la cause des tremblements, nous nous attendrions à voir d’autres indicateurs, comme des changements dans le style de déformation ou les émissions thermiques / gazeuses, mais aucune variation de ce type n’a été détectée. » Tout au long du mois de juillet 2021, les stations sismographiques de l’Université de l’Utah, qui sont chargées de surveiller et d’analyser les secousses dans la région du parc de Yellowstone, ont enregistré un total de 1 008 tremblements dans la région. Ces mini séismes se sont produits en une série de sept essaims, l’événement le plus énergétique se produisant le 16 juillet. Selon l’USGS, au moins 764 tremblements ont secoué le sol profondément sous le lac Yellowstone ce jour-là, y compris un séisme de magnitude 3,6 - le plus important du mois. Les six essaims restants du mois étaient tous plus petits, compris entre 12 et 40 tremblements chacun, tous mesurant moins que la magnitude 3. Ces petits séismes ne sont pas inquiétants, a ajouté l’USGS, notant que ces tremblements sont probablement le résultat d’un mouvement sur des failles préexistantes sous le parc. Les mouvements de faille peuvent être stimulés par la fonte des neiges, ce qui augmente la quantité d’eau souterraine qui s’infiltre sous le parc et augmente les niveaux de pression sous terre, ont déclaré les chercheurs. Yellowstone attire des millions de visiteurs avec ses caractéristiques géothermiques, de geysers, de sources chaudes et de pots de boue bouillonnants, ses paysages et sa faune sauvage. L'explosion du Mont Ste Hélène le 18 Mai 1980, une page réalisée par l'Institut Frabçais de l'Education, ENS Lyon. http://eduterre.ens-lyon.fr/thematiques/terre/magmatisme-subduction/leruption-du-mont-st-helens Since 2è-03-2022
- Copies du Diamant bleu de Louis XIV | mineralogie.club| JJ Chevallier
Des copies parfaites des 3 états du diamant bleu de Tavernier au Hope. Suivi d'un bref rappel historique de ce diamant. DES REPLIQUES DU PLUS CELEBRE DIAMANT BLEU SERONT EXPOSEES AU NMNH SMITHSONIAN INSTITUTION . . . JJ Chevallier d'après un article de Géraldine Fabrikant - 2020 Un artiste lapidaire, New Yorkais, John Hatleberg, 63 ans, réalise la copie des trois états du plus célèbre des diamants bleus, le diamant de Tavernier tel qu'il avait été poli en Inde, le diamant bleu de Louis XIV et le Hope tel que l'on peut le voir au NMNH, Smithsonian Institution à Washington. Ces copies seront exposées avec une description historique au National Museum of Natural History, Smithsonian Institution, à Washington DC. L'ORIGINAL RESTERA-T-IL DANS SA VITRINE TOURNANTE ? Il a fallu beaucoup de temps pour réaliser ces trois copies afin qu'elles soient parfaitement identiques, c'est la couleur qui a dû faire l'objet de sept voyages à Azotic LLC., un laboratoire de Rochester, Minnesota. Le processus a été éprouvant pour les nerfs, « Nous faisions des essais multiples par approximation », a déclaré le président d’Azotic, Steve Starcke. « Il peut être un peu trop violet ou un peu trop bleu. » John disait: « Pouvez-vous le pousser un peu plus telle direction? » et ce, jusqu'à l'obtention des nuances parfaites. Une réplique parfaite est une forme d’art qui, pour J. Hatleberg, peut nécessiter des mois, voire des années de travail. Bien que la Smithsonian Institution ait vu de nombreuses répliques du diamant, « nous avons eu le luxe de regarder des gens faire ce genre de travail, mais John est un artiste avec un sens du détail et de la perfection », a déclaré Jeffrey Post, le conservateur de la collection nationale américaine de pierres précieuses et de minéraux à la Smithsonian Institution qui l’a engagé. « Quand John me tend une pierre, je sais qu’il y a réfléchi et analysé, et il ne me la remettrait pas sans penser qu’elle est parfaite. » Pour le Hope, « la difficulté était de faire correspondre la couleur », a déclaré Jeffrey Post. « C’est une nuance intéressante, pas comme les autres nuances de bleu. Nous voulions des répliques exactes. » Pour le musée, l’objectif n’était « pas de vendre mais d’aider à raconter l’histoire du diamant. Les visiteurs verront les dimensions et les formes d’une manière forte pour illustrer l’histoire de la taille de la pierre, vous ne pouvez pas simplement montrer une image d’un objet tridimensionnel. » L’intérêt de J. Hatleberg pour ce travail a commencé dès l’enfance : sa mère était photographe documentaliste pour la collection de pierres précieuses de la Smithsonian. Ayant grandi à Bethesda, dans le Maryland, il se souvient : « Nous avons tous étudié la géologie à l’école à l’époque. Les gens apportaient des cristaux, des agates et toutes sortes de minéraux. J’étais fou de pierres précieuses, alors ma mère a trouvé un centre de loisirs communautaire où il y avait un cours de taille de pierres gemmes. J’ai adoré.» Après avoir obtenu un diplôme d’études supérieures en sculpture à la Cranbrook Academy of Art, John Hatleberg a progressé en faisant des imitations et d’autres types d’œuvres artisanales. Il a eu accès pour la première fois au diamant Hope en 1988 lorsqu’il en a fabriqué un moule qui a été utilisé pour des copies en chocolat qui étaient vendues dans la boutique de la Smithsonian Institution. Puis, en 2007, « j’ai appris une nouvelle méthode pour faire correspondre la couleur à mes répliques de diamants », a-t-il déclaré. « Avant cela, il était difficile de faire correspondre les nuancess des diamants de couleur fantaisie. Cette méthode m’a été extrêmement précieuse car les pierres colorées sont généralement les plus prisées.» John a exécuté de nombreuses répliques d'autres diamants durant sa carrière. L’art de reproduire des diamants est délicat, et peut-être que personne n’a travaillé directement avec autant de pierres connues et nommées que John Hatleberg, qui a fait une réplique du diamant Wittelsbach-Graff de 31,06 carats pour Laurence Graff et le diamant Centenary de 273,85 carats découvert en 1986 par DeBeers, la société de diamants. Sa copie du Centenaire était si parfaite que lorsqu’un groupe de dirigeants de DeBeers a été invité à comparer les deux, « certains ne pouvaient pas, immédiatement, faire la différence », a déclaré Rory More O’Ferrall, le directeur de la liaison marketing à l’époque. Pour l’Okavango Diamond Company, J. Hatleberg a récemment terminé une copie de l’Okavango Blue, un diamant bleu foncé de 20,46 carats trouvé en 2018 au Botswana. « Nous voulions une réplique parce que nous devons conserver une copie de la pierre pour les générations futures », a déclaré Marcus ter Haar, directeur général de l’Okavango Diamond Company. Petit résumé de l’Histoire de ce diamant... par JJ Chevallier Selon la légende il aurait été découvert vers 1610 dans la mine Kollur, Guntur, Andhra Pradesh en Inde. Il est acheté par Jean Baptiste Tavernier au sultan de Golconde pour un prix dérisoire en raison de sa « couleur maléfique ». En 1668, à son retour en France Tavrenier le vend au roi de France Louis XIV pour 220 000 livres tournois et un titre de noblesse. Il est d’abord exposé dans le « cabinet de curiosités du roi » puis en 1671 il est confié au lapidaire, Jean Pittan qui mettra trois ans pour lui donner sa forme caractérisée par un soleil, formé par les facettes du pavillon, visible à travers la table. (pour plus d'infos sur les termes table et pavillon voir ici ) Plus tard, 1749, la pierre sera utilisée pour orner « la Toison d’or » de Louis XV. En 1792 durant la révolution la pierre est volée lors du pillage du « Garde Meuble » du 11 au 17 septembre. L’on se perd en conjectures sur l’itinéraire de la pierre qui finira par être achetée par un collectionneur londonien Thomas Hope qui la fera retailler. On émet l’hypothèse qu'il a été retaillé pour faire disparaître la véritable identité de la pierre car en fait le diamant réapparait curieusement 20 ans et deux jours après le vol, alors que la prescription était de vingt ans. En 1812 donc c’est la réapparition d’un nouveau diamant et ce n’est qu’en 1856 qu’un doute sur son origine présume de sa précédente identité. En 1901 la famille Hope le vend au joaillier Joseph Frankel. En 1908 il appartient à Selim Habib, marchand et collectionneur turc, en 1909 au joaillier français Rosenau, puis en 1910 au joaillier Cartier. En 1915 un milliardaire américain l’offre à son épouse, Evalyn Walsh McLean. Pour finir c’est Harry Wilson, un joaillier new yorkais, qui l’achète en 1949, il en fera don à la Smithsonian Institution en 1958. Pour la petite histoire, afin de rendre le transport de la pierre le plus discret et sûr possible, Winston envoie la pierre au Smithsonian par la poste, dans une simple enveloppe kraft. Reproduction de " La Toison d'Or " de Louis XV. - Par Herbert Horovitz, joaillier à Genève - 2010 Une sacrée découverte... par JJ Chevallier En 2007 au cours d'un inventaire, mon ami Jean Marc Fourcault et le Pr.François Farges du Muséum d'Histoire Naturelle de Paris, découvrent dans un tiroir un curieux modèle en plomb, qui attire tout de suite leur attention. La forme ressemble à un cœur, serai-t-elle celle d'un gros diamant. Seule une pierre extraordinaire pouvait être ainsi reproduite. Les dimensions sont 3 cm en largeur et 2,5 cm en hauteur, La conversion du poids/densité du plomb en poids/densité diamant puis en carat donne approximativement 69 carats, après d'importantes recherches de F. Farges dans les archives, on comprend que l'on a découvert la forme du diamant bleu de Louis XIV, réalisé par Jean Pittan, le lapidaire du Roy. Forme en plomb du diamant bleu de Louis XIV. - Muséum National d'Histoire Naturelle Paris.
- Plouescat-Carantec. | mineralogie.club | Y Lulzac - JJ Chevallier
Etain armoricain, le district minier de Plouescat-Carantec. L'ETAIN ARMORICAIN Par Yves LULZAC, ancien géologue minier du BRGM Article paru dans Mines & Carrières N° 196 - octobre - 2012 (Hors série) avec l'aimable autorisation de l'auteur PROVINCE NORD ARMORICAINE Retour au sommaire DISTRICT DE PLOUESCAT-CARANTEC Il concerne les confins orientaux du Pays de Léon caractérisés par la présence de trois affleurements granitiques principaux : au nord-ouest le massif elliptique de Plouescat; au sud le massif très allongé et étroit de Sainte Catherine; au nord-est le massif de Carantec en grande partie immergé sous la Baie de Morlaix. Ces granites sont à l’origine d’une dispersion relativement discrète de cassitérite dans le réseau hydrographique qui les draine, les indices les plus notables se trouvant en relation avec le granite de Plouescat ainsi que celui de Sainte Catherine. Compte tenu des faibles concentrations enregistrées en "lit vif", aucune recherche détaillée et profonde n’a été réalisée dans les dépôts alluvionnaires sous-jacents et l’on ignore s’ils ont retenu l’attention des anciens prospecteurs d’étain. Le même doute subsiste pour ce qui concerne les concentrations littorales de cassitérite, plus particulièrement celles de la région de Carantec où de fortes teneurs, pouvant atteindre plusieurs kg/m³, ont été décelées dans les niveaux de "sables noirs", à l’instar de ce que l’on observe dans le district de Penestin. Mais ces dépôts souffrent également d’une extension et d’un volume extrêmement réduits qui leur enlève actuellement le moindre intérêt économique (L. Chauris, 1991). On ne connaît pas les gîtes primaires responsables des indices alluvionnaires de la partie occidentale du district. Par contre, l’on sait que la cassitérite des "sables noirs" littoraux de Carantec trouve son origine dans des veinules et filonnets quartzeux tourmalinifères irrégulièrement minéralisés en cassitérite, wolframite et sulfures divers. Probablement très dispersés au sein du granite, ils ont été observés sur l’estran rocheux de la Pointe de Cosmeur ainsi qu’à Penn al Lan sur la commune de Carantec (L. Chauris, 1975). Prises individuellement, ces formations stannifères ne présentent aucun intérêt économique et il est fort probable que les Anciens les aient ignorées. Since 04-09-2021 Retour au sommaire
- Charbons | mineralogie.club | JJ Chevallier
De la tourbe à l'anthracite, les charbons qui sont des roches sédimentaires, ont des compositions différentes particulièrement en pourcentage de carbone, ce qui permet un classement et des utilisations différentes. « Le charbon est un combustible fossile connu et utilisé depuis la haute antiquité. » Anthracite LES CHARBONS Le terme générique « charbon » désigne un ensemble de roches sédimentaires combustibles fossiles dont la maturité et le pouvoir calorifique varient fortement. Il n’existe donc pas un mais des charbons que l’on catégorise principalement en fonction de leur taux de carbone. Les gisements les plus importants de cette roche sédimentaire débutèrent au Carbonifère, il y a 358 millions d'années. La réserve mondiale prouvée est d’environ 1 1000 milliards de tonnes en 2021. En raison de sa densité énergétique élevée, avec un contenu calorifique moyen d’environ 24 millions de Btu par tonne, c’est une source énergétique très efficace pour la production d’électricité et des processus industriels. En 2022 il génère plus de 40% de l’électricité dans le monde. Avec un prix par tonne de 45 à 85 USD en 2021 il est relativement moins cher que d’autres sources de combustible fossile, gaz naturel et pétrole. De plus la stabilité du pris en fait une source d’énergie stable et prévisible dans le temps Le charbon est le résultat de la transformation de matières organiques végétales. Il est donc composé d'hydrogène, de soufre, d'oxygène et surtout de carbone. Durant des dizaines de millions d'années, l'accumulation et la sédimentation de débris végétaux dans un environnement anaérobique (absence d’oxygène), de type tourbière ou la biomasse est noyée dans les vases ou le sable, elle s’enfonce ce qui entraine une modification progressive des conditions de température, de pression et d'oxydo-réduction dans la tourbe qui entraine, par carbonisation, la formation de composés de plus en plus riches en carbone. Le charbon, comment s'est-il formé ? Voici une bonne description du groupe "Friends of Coal-Kentucky". « En 1918, les mineurs de charbon se sont émerveillés devant une souche d'arbre pétrifiée encapsulée dans une veine de charbon, ce qui nous rappelle que le charbon est plus que du carburant énergétique - c'est une pièce préservée du passé ancien de notre planète. Le processus de préservation de la végétation dans une couche de charbon, comme dans le cas d'une souche d'arbres perminéralisée trouvée par les mineurs, est un phénomène intéressant ancré dans les processus géologiques et biologiques. Voici un aperçu de la façon dont cela se passe : 1. Formation de tourbe : Au départ, le matériel végétal, comme les arbres, les fougères et d'autres végétations, s'accumule dans les milieux marécageux ou humides. Cette matière végétale ne se décompose pas complètement à cause des conditions anaérobiques (faibles ou privés d’oxygène) dans ces milieux humides. 2. Enfouissement et compression : Au fil du temps, des couches de sédiments, dont la boue, la vase et le sable, enfouissent les matières végétales. À mesure que les sédiments s'accumulent, leur poids comprime la matière végétale sous-jacente. 3. Changements chimiques et carbonisation : sous la pression et l'augmentation de la température des sédiments, la matière végétale subit des transformations chimiques. Ce processus, connu sous le nom de carbonisation (en anglais coalification), convertit graduellement la matière végétale en charbon. Au cours de ce processus, l'eau et les substances volatiles sont chassées par la pression et la chaleur, alors la teneur en carbone augmente. 4. Préservation de la structure de la végétation : dans certains cas, les conditions sont justes pour préserver la structure de la plantes originelle à l'intérieur des couches de charbon. Cela peut inclure des feuilles, des branches, de l'écorce et même des souches d'arbres entières. Le processus de perminéralisation, où la matière organique est remplacée par des minéraux, peut aussi se produire, préservant davantage ces structures. 5. Découverte dans l'exploitation minière : lorsque les mineurs excavent des couches de charbon, ils découvrent parfois ces morceaux de végétation ancienne préservés, ce qui fournit un lien direct et tangible avec l'histoire géologique et biologique de la Terre. " Cette préservation est assez remarquable car elle offre une fenêtre sur les écosystèmes et les environnements passés, nous montrant quel type de végétation était présent il y a des millions d'années lorsque le charbon a été formé. " Pour les besoins industriels et domestiques, un charbon se caractérise par : sa teneur en matières volatiles (MV) exprimée en pourcentage par rapport à la masse totale. Celles-ci sont constituées sensiblement de méthane et d'hydrogène ; sous l'effet d'une élévation de température, les matières volatiles se dégagent du combustible, s'enflamment facilement, et accélèrent la combustion ; son pouvoir calorifique (exprimé en kJ/kg), quantité de chaleur fournie par la combustion d'un kg de charbon ; sa teneur en eau exprimée en pourcentage ; sa teneur en cendres exprimée en pourcentage. Les cendres sont les résidus solides de la combustion du charbon, et peuvent contenir des polluants, métalliques notamment, de 20 à 120 ppm de métaux radioactifs (uranium, thorium, radium…), qui se concentrent dans les tas de cendres issus de la combustion du charbon, ce qui contribue à la pollution de l'environnement ; sa teneur en soufre exprimée en pourcentage ; la présence de dioxyde de soufre et de traces de mercure ou d'autres métaux dans les fumées de combustion contribue à la pollution de l'environnement. Gradation des charbons selon leur teneur en carbone (C). La tourbe contient 40/50 % de carbone ; Le lignite contient jusqu'à 50/60 % de carbone ; La houille se subdivise en : charbon semi-bitumineux contient 60/70 % de carbone ; charbon bitumeux contient 70/90 % de carbone ; L’anthracite (houille supérieure) à une concentration en carbone presque pur jusqu’à 97 %. Le Lignite (houille brune) Le lignite est un type de charbon « de rang inférieur », caractérisé par une teneur en eau élevée et une teneur en carbone de 50 à 60% lui conférant un faible pouvoir calorifique. Près de 90% de la production mondiale de lignite est utilisée pour générer de l'électricité. Les trois premiers producteurs mondiaux de lignite sont l'Allemagne, la Chine et les États-Unis. Le lignite est exploité à l’échelle industrielle depuis le XIXe siècle. Les Houilles et l'Anthracite La houille est une qualité spécifique de charbon, terme générique qui recouvre trois catégories de combustibles solides de même origine (kérogène), mais dont les gisements sont à différents stades de transformation, dont l'anthracite est la variété de qualité supérieure. L'anthracite (du grec ἄνθραξ anthrax, charbon). Charbon gris, noirâtre et brillant extrait de mines le plus souvent souterraine. L'anthracite a été exploité en priorité au cours des XIXe et XXe siècles (cf. Pic de Hubbert appliqué au charbon). Sa densité réelle est de l'ordre de 1,45 à 1,75. L'anthracite se consume lentement il est utilisé pour : le chauffage comme combustible, éventuellement sous forme semi-pulvérulente dans des installations industrielles2 ; son pouvoir calorifique est de 7 000 à 8 000 kcal/kg ; la fabrication d'électrodes ; comme colorant ; pour produire du caoutchouc synthétique ; pour la préparation de charbon activé notamment utilisé pour le traitement primaire de l'eau ; en sidérurgie Utilisation des charbons en sidérurgie Historiquement, l'utilisation d'anthracite a été un point clé dans le développement de la sidérurgie, en particulier aux États-Unis. En effet, la mise au point du haut fourneau au coke par Abraham Darby permet d'affranchir cette industrie de la pénurie et du coût du charbon de bois. Malheureusement, la plupart des charbons alors disponibles aux États-Unis étaient incompatibles avec la production de fonte de qualité. Le remplacement du charbon de bois par l'anthracite échoua longtemps, jusqu'à l'invention du "vent chaud", insufflation d'air chaud (1 200° K)à la base du fourneau, par James Beaumont Neilson. En 1831, le Dr Frederick W. Gessenhainer dépose un brevet relatif à l'utilisation d'anthracite, dont l'ignition devient possible lorsque l'air soufflé dans le haut fourneau a été préalablement chauffé. Il produit en 1836 à Valley Furnace, près de Pottsville en Pennsylvanie, la première fonte à l'anthracite, mais son décès en 1838 suspend momentanément le développement de cette technique aux États-Unis4 . Indépendamment de Gessenhainer, George Crane et David Thomas, de l'Yniscedwyn Works dans le Pays de Galles, déposent un brevet similaire en 1836. Le nouveau procédé y démarre le 5 février 1837. Crane achète cependant les droits relatifs au brevet de Gessenhainer, pendant que Thomas émigre en Amérique où il fonde la Lehigh Crane Iron Company à Catasauqua, en Pennsylvanie. La réussite de ce procédé assure sa diffusion, permettant ainsi l'essor de la sidérurgie américaine4 . Mécaniquement plus résistant, le coke supplante cependant l'anthracite dès que des charbons cokéfiables sont découverts. Au début du WIXe siècle, la production de fonte à l'anthracite est devenue marginale. De nos jours, l'anthracite n'est plus utilisé que comme complément au coke ou au charbon injecté aux tuyères de haut fourneau, ainsi que comme combustible dans les usines d'agglomération de minerai. Le "COKE". Le coke désigne un résidu solide poreux et fissuré constitué uniquement de carbone et de matières minérales calcinés. Il est produit par pyrolyse d’un mélange de charbon, c’est-à-dire par décomposition de ce dernier à très haute température (jusqu’à environ 1100°C) pendant une vingtaine d’heures en moyenne. L’opération de « cokéfaction » du charbon consiste à en éliminer les matières volatiles dans un four, à l’abri de l’air afin d’éviter sa combustion en présence d’oxygène. Dans une « cokerie », des dizaines de fours sont réparties en batteries. Précisons que tous les types de charbon ne sont pas « cokéfiables » ; les charbons « à coke » (aussi dits « bitumineux ») doivent posséder la faculté de se ramollir à une température d’environ 350 à 400°C, puis de se resolidifier en une masse poreuse à coke aux environs de 500°C. Avant d’être « cokéfié » dans un four, le charbon est broyé. Du fioul y est mélangé dans une proportion de 1% à 5% de la masse afin d’obtenir une « pâte à coke ». Coke. SOURCES Connaissance des énergies Wikipédia Larousse H.W. Schiller
























